dimanche 4 octobre 2026

CRITIQUE, concert. EVRY, Conservatoire Yannis Xenakis, le 4 février 2026. Fanny MENDELSSOHN : Das Jahr / Marie VERMEULIN (piano)

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Quoi, il faut venir dans la ville nouvelle d’Evry, avec sa cathédrale ronde symbole d’architecture moderne et son conservatoire qui porte le nom de Xenakis, pour découvrir l’oeuvre de Fanny Mendelssohn ? Hier soir 4 février, dans ledit conservatoire, l’excellente pianiste Marie Vermeulin nous a fait découvrir l’éblouissant cycle Das Jahr qui n’est jamais joué, dans lequel la sœur de Félix Mendelssohn, si longtemps tenue dans l’ombre, évoque les douze mois de l’année.

 

Superbe découverte qui précède la sortie d’un disque en mars. On sait que le père et le frère de Fanny Mendelssohn avaient voulu la réduire au silence, la condamnant aux seules tâches domestiques. Quelle horreur ! Cette femme avait du génie et devait l’exprimer. Dans Das Jahr, les premières mesures de janvier, graves comme un ciel d’hiver, nous font entendre une âme qui s’exprime. Les mois de février et d’avril, auraient pu être écrits par Mendelssohn frère – mais c’est Fanny qui les a écrits. Le mois de juillet aurait pu être composé par Beethoven – mais c’est Fanny qui l’a composé. Le mois d’août aurait pu sortir de la plume de Schumann – mais c’est de celle de Fanny qu’il est sorti. Liszt aurait pu être l’auteur des mois de septembre ou de décembre – mais c’est Fanny qui l’a été. Quant au postlude, il réveille tranquillement le fantôme de Bach. On voit par là que Fanny Mendelssohn se hisse au niveau des plus grands.

Ce soir-là, Marie a tendu la main à Fanny. Et quelle main ! Une main souple, caressante, sûre, virtuose, énergique. En un mot une main – et même deux mains ! – de grande pianiste. Marie Vermeulin a mis en relief les pleins et déliés d’une musique qui est comme un journal intime, avec sa mélancolie profonde, ses joies éphémères, ses passages contemplatifs étalés tout au long de l’année. On croyait fanée l’oeuvre de Fanny. Marie lui a offert une sève nouvelle. Elle a fait mieux qu’interpréter sa musique, elle s’est glissée dans sa personne. Marie a incarné Fanny. Marie était Fanny. Et nous avons aimé cette Fanny d’Evry !

 

 

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CRITIQUE, concert. EVRY, Conservatoire Yannis Xenakis, le 4 février 2026. Fanny MENDELSSOHN : Das Jahr / Marie VERMEULIN (piano). Crédit photo (c) André Peyrègne

 

 

 

 

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