mercredi 14 octobre 2026

42ème Printemps des Arts de Monte-Carlo : 11 mars – 19 avril 2026. « UTOPIES – opus 1 » : 80 œuvres, 50 compositeurs, 12 créations mondiales…

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Intitulée « Utopies – opus 1 », la 42ème édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo propose plus 80 œuvres de 50 compositeurs différents, interprétées par plus de 260 artistes. 12 créations mondiales seront présentées au public. Le Festival 2026 promet bien des (re)découvertes en questionnant en particulier les instruments. « Les Italiens les « font sonner », les Espagnols les « touchent » ; Français et Anglo-Saxons en « jouent ». Qu’ils soient alto, hautbois ou vibraphone, les instruments sont les vecteurs du langage musical, ils sont nécessaires pour matérialiser la pensée du compositeur et donc transmettre l’œuvre et l’émotion que cette dernière porte en elle… », souligne Bruno Mantovani, directeur artistique, tout en précisant la diversité des approches selon les sensibilités nationales. Le Festival 2026 inscrit davantage dans la programmation, cette quête du sens si rare de nos jours ; il amorce un nouveau cycle  » Utopies  » (qui engage un questionnement sur les enjeux de la composition), tout en promettant surprises, découvertes, partages…

 

L’organologie : les instruments en question

 

La question de l’organologie est donc au cœur de la programmation 2026. Elle éclaire la relation entre instrument et esthétique, l’évolution du langage musical, les particularismes géographiques. Le cycle musical qui s’annonce à Monaco, est « un véritable tourbillon, un éloge de la vitesse et de la transcendance, du mouvement et de la trajectoire ». Si le violon n’a guère changé depuis le XVIè, en revanche le piano ou les vents n’ont cessé d’évoluer, pour davantage de puissance, révélant de nouvelles qualités bien éloignées des instruments qu’ont connu les compositeurs à leur époque. « Quant aux percussions, (…) elles ont connu un développement spectaculaire accompagnant l’émergence des langages contemporains ». Ainsi l’édition 2026 fait-elle dialoguer lutheries anciennes et modernes à travers les époques et les esthétiques les plus diverses. Photo ci dessus, Bruno Mantovoni DR.

Le public est invité à réviser ses classiques et affiner encore son acuité auditive : les Quatuors Danel et Mosaïques confrontent cordes en boyau et cordes métalliques, archets courbes et archets droits (les 28 et 29 mars) ; quand Les Ambassadeurs ~ la Grande Écurie, formation historiquement informée, accompagnent clavecin et pianoforte dans les concertos de Mozart et de la famille Bach : Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel (jeudi 26 mars, Auditorium Rainier III, 19h30).

Sorcier du clavier, le pianiste Jean-Frédéric Neuburger, « musicien protéiforme », est à l’honneur en proposant un marathon : il réalise la création du Concerto pour piano de Marc Monnet, (ancien directeur du Printemps des Arts, de retour au Festival, jeudi 12 mars, 19h30, Auditorium Rainier III, avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Pascal Rophé), s’engage tout autant dans la populaire et monumentale Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen (sam 4 avril, 19h30, Grimaldi Forum, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Kazuki Yamada) ; sans omettre les monuments pianistiques de Pierre Boulez (Deuxième sonate) ou de Ludwig van Beethoven (Sonate opus 111), dim 15 mars, One Monte-Carlo, 17h ; un dialogue prometteur entre Niccolò Paganini (avec le violoniste Tedi Papavrami, sam 14 mars, 19h30, One Monte-Carlo) et ses transcripteurs pianistiques (Robert Schumann et Franz Liszt).

Même itinéraire tout en virtuosité audacieuse avec la violoniste Alice Julien-Laferrière (photo ci contre, DR) et son Ensemble Artifices qui voyagent au sein de corpus « techniquement exigeants de la fin du XVIIe siècle » (Biber, Sonates du Rosaire…, sam 21 mars, Théâtre national de Nice, 19h30). Le saxophone de Vincent David, instrumentiste et compositeur, déploie sa palette expressive dans son concerto Mécanique céleste (avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Bruno Mantovani, sam 4 avril, Grimaldi Forum, 19h30). Il propose aussi avec le violoncelliste Éric-Maria Couturier un programme contemporain à découvrir à la Collection de Voitures de S.A.S. le Prince de Monaco (dim 15 mars, 11h).

Comme à chaque édition, l’orgue occupe une place spécifique. Ainsi Olivier Latry, titulaire à Notre-Dame de Paris offre à la Cathédrale de Monaco un programme aussi divers qu’expressif (mercredi 1er avril, 19h30). Quant au jazz, il sera incarné par le pianiste franco-arménien Yessaï Karapetian (nouveau programme réunissant une formation traditionnelle et les instruments de son pays d’origine dont le duduk, dim 22 mars, 17h, Théâtre Princesse Grace).

 

 

Voix chantées, voix parlées

Le concert d’ouverture (mercredi 11 mars, 20h, Église Saint-Charles) souligne aussi la plasticité enivrante de la voix : l’ensemble La Venexiana (photo ci dessous, DR) chante les madrigaux de Claudio Monteverdi et Carlo Gesualdo (en alternance avec des œuvres pour deux accordéons, véritables orgues miniatures, jouées par le duo XAMP). Pour le 150e anniversaire de la représentation diplomatique de la Principauté de Monaco en Espagne, le festival accueille une production des Rois Mages, opéra de chambre écrit et dirigé par le compositeur madrilène Fabián Panisello (sam 28 mars, Th. des Variétés, 19h30).
Enfin, l’ensemble I Gemelli mené par le ténor Emiliano Gonzalez Toro invitent à une véritable « battle » entre un ténor et un contre-ténor s’opposant dans le répertoire vivaldien (« la grande Battle« , musée océanographique, ven 13 mars, 19h30). Quoi de plus virtuose ?
L’Odyssée TransAntarctic (célébration de l’Antarticque), spectacle s’adressant à tous les publics composé par Graciane Finzi, met en lumière la voix parlée ; quand la pianiste Claire Désert et le Quintette Moraguès proposent des transcriptions d’Hector Berlioz, alternés avec des lectures de chroniques écrites par le compositeur, (sélectionnées et déclamées par le dramaturge Dorian Astor).

 

Concert d’ouverture (mercredi 11 mars, 20h, Église Saint-Charles)
avec l’ensemble La Venexiana (photo DR)

 

 

Fabuleux laboratoire

 

 

 

Plus que jamais le Festival est un fabuleux laboratoire, explorant de nouveaux métissages et dans les formes les plus inventives… Au rayon des transgressions instrumentales, la pianiste Claudine Simon créée un nouveau spectacle autour de la déconstruction d’un piano et de son répertoire réunissant musique, lecture de textes de Bastien Gallet et effets visuels (Jeudi 2 avril, Théâtre des Variétés, 19h30).
L’ensemble Caravaggio propose la création d’un nouvel opus imaginé par les compositeurs et instrumentistes Benjamin de la Fuente et Samuel Sighicelli ( » Thirteen ways of being a blackbird « , ven 20 mars, Théâtre des Variétés, 19h30); réunissant instruments acoustiques, électroniques et déclamation. Enfin, François Salès, son hautbois acoustique et sa version électronique, imaginent un savoureux spectacle tout public où il résume la Tétralogie de Richard Wagner en une heure ! – sam 21 et dim 22 Mars 2026, à 16h30 et 11h, Théâtre des Muses).
En postlude, l’édition 2026 affiche aussi la reprise de deux des Miniatures chorégraphiées en 2005 par Jean- Christophe Maillot ainsi que la création de quatre nouveaux mouvements mettant à l’honneur quatre compositeurs majeurs de notre temps (du jeudi 16 au dim 19 avril 2026, Opéra de Monte-Carlo).

 

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TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes et des artistes invités, les créations et les spectacles sur le site du Printemps des Arts de Monte-Carlo 2026 : https://www.printempsdesarts.mc/

 

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN VIDÉO

Présentation vidéo par Bruno Matovani / Printemps des Arts de Monte-Carlo 2026

 

Présentation du programme 2026 du Printemps des Arts de Monte-Carlo par Bruno Mantovani, directeur artistique du Festival – Intitulée « Utopies – opus 1 », la 42è édition propose plus 80 œuvres de 50 compositeurs différents, interprétées par plus de 260 artistes. 12 créations mondiales seront présentées au public.
NOUVEAU : Les concerts sont au tarif unique de 20€*
Le festival est gratuit pour les moins de 25 ans* (sur réservation)
Réservez vos places dès à présent sur printempsdesarts.mc

 

* Sauf pour les concerts avec l’OPMC et les ballets (voir sur le site printempsdesarts.mc)

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entretien

ENTRETIEN avec BRUNO MANTOVANI, directeur artistique à propos de l’édition 2026 du Printemps des Arts de Monte-Carlo…. nouveau cycle « Utopies », mise en avant des partitions et des interprètes, recherche constante du « sens », continuité et renouvellement, Bruno Mantovani précise en quoi le Festival défend une singularité saisissante, complémentaire aux autres institutions musicales à Monaco.

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit cette nouvelle édition par rapport aux précédentes ?

Bruno Mantovani : Elle reprend à la fois certains principes des éditions passées comme les cartes blanches à des solistes ou groupes de musique de chambre, et une forte thématisation mais ouvre un  cycle que j’ai intitulé « Utopies ». C’est donc un nouveau chapitre du festival qui débute avec cette programmation axée sur les principaux enjeux compositionnels que nous déclinerons pendant plusieurs années.

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi de mettre en lumière l’instrument ? Qu’avez-vous souhaité exprimer et partager ?
De quelle façon s’invitent aussi la place et l’activité de l’interprète ?

Bruno Mantovani : L’évolution de l’organologie accompagne celle des langages. Si Maurice Ravel avait disposé uniquement du piano de Beethoven, il n’aurait jamais pu écrire certaines oeuvres. Si les violonistes jouaient exclusivement des cordes en boyaux, ils ne pourraient pas atteindre la puissance sonore nécessaire pour la musique contemporaine par exemple. Le tout est de proposer les bons interprètes pour les bons répertoires et les instruments les plus adéquats dans une volonté de placer les oeuvres au centre de la réflexion générale.

 

Bruno Mantovani : CLASSIQUENEWS : Quels parcours sonores, quelles expériences pour le festivalier s’annoncent à travers entre autres, les concerts du pianiste JF Neuberger ou des Ambassadeurs ?

Bruno Mantovani : Jean-Frédéric Neuburger va nous permettre d’explorer différents types de virtuosité à travers un très large répertoire et nous réfléchirons avec lui à la notion d’étude. Les Ambassadeurs, eux, présenteront plusieurs concertos pour claviers qui nous feront mieux comprendre le passage du clavecin au piano à la fin du 18ème siècle. Il y aura, je suis sûr, énormément de découvertes pour notre public.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte votre expérience de chef, de compositeur, dans la direction du Festival ?

Bruno Mantovani : Pour moi, le programmateur, le compositeur, le chef d‘orchestre, le directeur d’institutions se nourrissent mutuellement. C’est la notion de rhétorique qui est au centre de ma vie, elle s’exprime de façons multiples selon que j’écrive ou que je mette en relation des oeuvres d’époques différentes. Mais j’aime ce qui a du sens.

 

CLASSIQUENEWS : La diversité des formes, des effectifs, des sensibilités invitées chaque année, enrichit chaque édition du Printemps des Arts. De quelle façon ce fourmillement prolonge-t-il l’histoire et l’identité du Festival ?

Bruno Mantovani : La mission du Printemps des arts est de proposer de l’inédit, de l’inouï. Il y a déjà de magnifiques institutions musicales en Principauté avec notamment l’Opéra ou l’Orchestre Philharmonique…, le festival est là pour faire entendre encore autre chose. Il est aussi un laboratoire.

 

les œuvres sont
les héroïnes de cette programmation

 

CLASSIQUENEWS : Dans quelle direction un festival dans l’époque qui est la nôtre, doit-il s’orienter ?

Bruno Mantovani : Le Printemps des arts est une institution qui se pose la question du sens et qui résiste au star-system actuel qui touche trop souvent la musique savante occidentale. Ce sont les oeuvres qui sont les héroïnes de cette programmation.

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote ou un souvenir emblématique de la période où vous avez préparé et conçu la programmation 2026 ?

Bruno Mantovani : Elaborer une programmation est aussi une aventure humaine. Parmi les anecdotes, j’ai croisé Jean-Frédéric Neuburger l’été dernier dans un festival où je dirigeais la musique de Pierre Boulez. Il est venu me dire qu’il n’avait pas réalisé combien nos projets monégasques étaient d’une densité extrême et relevaient plus d’une suite de marathons que d’un paisible voyage musical ! Mais c’est un homme de défi et je pense qu’au fond, il est très heureux de le relever !

Propos recueillis en février 2026

 

 

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