dimanche 4 octobre 2026

CRITIQUE, opéra-bouffe. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 17 décembre 2025. HERVÉ : Le Petit Faust. C. Mesrine, A. Merlin, M. Ortscheidt… Sol Espeche / Sammy El Ghadab

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Après Coup de Roulis de Messager en 2023, les Frivolités parisiennes s’associent une nouvelle fois avec la metteure en scène Sol Espeche pour une opérette plus ancienne parodiant le chef d’oeuvre lyrique de Gounod, avec Le Petit Faust. Elle nous livre ici une version loufoque qui nous plonge dans l’univers ringard des jeux télévisés des années 80-90.

 

Le Petit Faust d’Hervé est une œuvre légère dont la musique est plaisante et sans complexité avec des références plus ou moins discrètes à la musique de Gounod, par exemple avec l’ouverture-valse, la ballade du roi de Thuné (et non Thulé…) ou encore plus subtilement pour le chœur du troisième acte dans le même esprit que le chœur du troisième acte de Gounod. Les références à l’œuvre originale sont également présentes dans le livret qui les tourne évidemment en dérision. Marguerite dans sa valse d’entrée n’est plus une jeune fille pure mais une spécialiste du libertinage, et la mort de Valentin est tout à fait agréable et polie. Dans ce spectacle, le livret – y compris parlé – est presque entièrement repris, mais augmenté d’une quantité considérable de textes modernes qui malheureusement ne peut pas se confondre avec le texte original. Les acteurs semblent contraints de dire le texte original dont la saveur comique n’est pas toujours goûtée. La metteure en scène n’ayant visiblement pas trouvé d’intérêt aux ressorts comique de Crémieux et Jaime (les librettistes), elle a inventé sa propre histoire, son propre contexte et ses propres blagues. Malheureusement le décalage entre les deux est trop grand et le texte original, tant parlé que chanté, arrive souvent comme un cheveu sur la soupe. Cela donne au spectacle un caractère décousu et fait tomber le soufflé de l’humour lié à la parodie. La parodie est chose difficile, d’autant plus avec une œuvre ancienne dont le public a perdu les codes. Sol Espeche fait ici la louable tentative de parodier quelque chose de plus proche de nous, les jeux télévisés, dans le but de rendre à la parodie son but et sa force.

Charles Mesrine interprète un Faust idiot et simple. Un personnage touchant qui au fond n’a que faire des jeux de Méphisto n’ayant de penchant que pour la mélancolie. Parfaitement intelligible quand il chante, il est un moins bon acteur lorsqu’il parle, défaut commun à la grande majorité des chanteurs de notre temps. Anaïs Merlin est une Marguerite dévergondée et garçonne, mal à l’aise dans sa grande robe de mariée. Elle est vocalement moins convaincante que dans d’autres répertoires apparemment plus exigeants mais encore une fois, la parodie est difficile. Mathilde Ortscheidt est une excellente actrice, aux allures de Liza Minnelli. Mephisto mène les différents jeux avec cynisme et détachement ; au début du spectacle, Philippe Brocard est caché parmi les spectateurs et se scandalise de la nullité du spectacle avant de se lever et de monter sur scène pour frapper Faust à qui il présente finalement sa petite sœur Marguerite. Il est sûrement l’un des meilleurs chanteurs de la production notamment quant à la projection pour passer l’orchestre. Doublé d’excellentes qualités d’acteur, il est parfaitement adapté au rôle du grand gaillard. Patrick Lepion, originellement dans le livret, un pion (rôle parlé) est interprété par Maxime Le Gall qui campe un chauffeur de salle absolument insupportable. Enfin, le chœur composé de Céleste Lejeune, Camille Brault, Louise Pingeot, Lucile Komitès, Guillaume Beaudoin, Mathieu Septier, Max Latarjet, Célian d’Auvigny, et Charles Fraisse rassemble des solistes très doués pour leurs interventions solistes mais peu adapté aux chœurs.

Les Frivolités Parisiennes sous la direction de l’excellent Sammy El Ghadab sont comme toujours pétillantes de vie, connaissant sur le bout des doigts les répertoires légers. Sammy El Ghadab est une véritable chef d’opéra aussi attentif à son plateau qu’à l’orchestre.

 

 

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CRITIQUE, Opéra-bouffe. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 17 décembre 2025. HERVÉ : Le petit Faust. C. Mesrine, A. Merlin, M. Ortscheidt… Sol Espeche / Sammy El Ghadab. Crédit photographique  © Christophe Raynaud de Lage

 

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