lundi 28 septembre 2026

CRITIQUE, opéra. SAINT-ÉTIENNE, Grand-Théâtre Massenet, le 12 nov 2025. MOZART : La Flûte enchantée. Norma Nahoun, Luigi De Donato, Marlène Assayag… Cédric Klapisch [mise en scène] / Giuseppe Grazioli [direction]

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Créée en 2023, La Flûte enchantée version Cédric Klapisch joue à fond la carte populaire [au sens le plus noble du terme], au parlé direct, expressions de djeuns à la pelle, avec foison de gags parfois [trop] décalés (la Reine de la nuit ce soir shootée aux tisanes végétales…).  Ni enchantement ni féerie sur scène, mais du rythme [jusque dans le choix des couleurs sur scène : vives voire électriques], de la fantaisie comme improvisée, et cet humour tendre qui reste emblématique du réalisateur d’ « un air de famille« .

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Photos © Cyrille Cauvet – Opéra de Saint-Étienne

 

 

 

 

MOZART AYANT CRÉÉ L’OPÉRA ALLEMAND POUR TOUS, en langue vernaculaire, y retrouvera ses petits, dans ce jeu en situation continu, avec dialogues parlés en français, réécrits par le cinéaste. Les connaisseurs y retrouveront les profils qui font le succès inusable du dernier opéra de Wolfgang [1791]. En particulier ceux servis par d’éminents chanteurs dont le style éclaire l’action dramatique et le symbolisme moral lié à leur trajectoire sur les planches.

 

 

La Reine de la Nuit (Marlène Assayag)

 

Palmes spéciales dans ce sens, au Papageno de Riccardo Novaro, bien chantant et clair dans chacune de ses scènettes ; héros par excellence malgré son profil plebeien, c’est lui qui évolue de façon exemplaire : du menteur filou, irresponsable et autocentré, l’oiseleur devient homme conscient de sa valeur et respectueux des autres : il mérite donc sa Papagena en fin de drame ; même à propos et tout en noblesse impériale, le Sarastro de Luigi De Donato, au timbre somptueux, fin et racé, puissant et grave, se distingue nettement : en lui s’incarnent les valeurs de respect et de fraternité, idéal humaniste qui sont au cœur de l’action. Peu à peu se précise le caractère sage et bienveillant du Vénérable en son Temple, protecteur lumineux pour Tamino et Pamina, dans leur rituel initiatique.

 

 

Sublime Pamina
de Norma Nahoun

Pamina justement rayonne littéralement grâce au chant fluide, fruité, agile de l’excellente soprano Norma Nahoun dont on ne cesse de suivre le parcours passionnant de production en production. Tous ses duos – parmi les plus bouleversants, dont le fameux  » Man und weib » [avec Papageno], touchent par leur sincérité et la finesse du chant.
À leurs côté aucun soliste ne démérite y compris les 3 Dames très bien appareillées et dont le jeu scénique lui aussi, reste engagé et continuement habité [Camille Poul, Reut Ventorero, Eleonore Gagey]. Comme les deux prêtres / hommes d’armes [Denis Boirayon et Cotentin Backès] qui accompagnent les deux âmes en cours d’initiation [Tamino et Papageno]. Le Tamino de Léo Vermot-Desroches est héroïque et ardent ; la Reine de la nuit de Marlène Assayag dont la [superbe] coiffe et la robe toute d’or à traîne, fait référence à la bonne fée de Delphine Serig dans Peau d’âne de Jacques Demy, réussit ses airs spectaculaires en particulier le 2e, manipulation vocale stratosphérique où la diablesse entend faire de sa fille, la meurtrière de Sarastro.

La 2ème partie [après l’entracte] met en avant l’excellence du chœur maison [Chœur lyrique Saint-Étienne Loire] : clair, précis, intense… C’est un modèle choral qui convainc de bout en bout.

La réalisation visuelle gagne en cohérence justement à l’acte II, avec ces grandes arches, leur structure métallique, qui selon la lumière, deviennent transparentes ; leur dessin classique et sobre, évoquant clairement le Temple, inscrit mieux l’action sur un plan métaphorique, celui spirituel propre à l’idéal des Lumières qui nourrit tout le livret et les airs originels. Photo ci contre : les 3 Dames.

Remarqué pour sa direction alerte et vive dans un Mozart précédent [L’Enlèvement au sérail dans l’excellente mise en scène esthétique et épurée de Jean-Christophe Mast, JUIN 2025 – LIRE notre critique complète : https://www.classiquenews.com/critique-opera-saint-etienne-le-17-juin-2025-mozart-lenlevement-au-serail-ruth-iniesta-marie-eve-munger-kaelig-boche-giuseppe-grazioli-jean-christophe-mast/], le chef principal, Giuseppe Grazioli, veille autant à la précision qu’à l’expressivité, sachant exploiter cet équilibre sonore naturel propre à la salle du grand Théâtre Massenet, – sauf les violons dans l’air des clochettes de Papageno, à la peine et pas très justes. Infime réserve face à une équipe complice et bien investie. Les spectateurs font un triomphe justifié aux interprètes. Encore 2 représentations incontournables : vendredi 14 (20 heures) et dimanche 16 novembre  2025 (15 heures). Toutes les infos sur le site de l’Opéra de Saint-Étienne :

 

Norma Nahoun / Luigi De Donato (Pamina et Sarastro, couple solaire)

 

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CRITIQUE, opéra. SAINT-ÉTIENNE, Opéra, le 12 nov 2025. MOZART : la Flûte enchantée. Norma Nahoun, Luigi De Donato,… Cédric Klapisch [mise en scène] / Giuseppe Grazioli [direction].

 

 

LIRE aussi notre présentation de La Flûte enchantée version Cédric Klapisch : https://www.classiquenews.com/opera-de-saint-etienne-mozart-la-flute-enchantee-les-12-14-16-nov-2025-giuseppe-grazioli-direction-cedric-klapisch-mise-en-scene/

 

 

TEASER VIDÉO
La Flûte enchantée par Cédric Klapisch (2023)

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