POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. SoirĂ©e symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grĂące Ă  la force de persuasion de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange en rĂ©sidence au sein du thĂ©Ăątre poitevin, comprenant un auditorium aux qualitĂ©s acoustiques exceptionnels, Ă  notre avis pas assez reconnues. A 20h30, rĂ©cital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord oĂč la cantatrice, experte en mĂ©lodies françaises, VĂ©ronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dĂ©dia Ă  sa passion pour son hĂŽtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a Ă©crit aussi les poĂšmes du cycle). Idylle consommĂ©e ou non, il nous reste plusieurs chants embrasĂ©s, oĂč s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mĂ©lodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrĂ©sistible langueur enivrĂ©e.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es interprĂšte le massif brucknĂ©rien qui doit tant Ă  
 Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le MaĂźtre de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires rĂ©fĂ©rences au monde chevaleresque mĂ©diĂ©val, 
( tristanesque ?)   « Ville mĂ©diĂ©vale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussĂ©, et mĂȘme Danse pour le repas de chasse ».
 Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clartĂ© dĂ©taillĂ©e et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuitĂ© des timbres instrumentaux, ce dans un format et des Ă©quilibres sonores affinĂ©s, comme le permet trĂšs justement la spĂ©cificitĂ© des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la QuatriĂšme ouvre le cycle des Symphonies brucknĂ©riennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validĂ©es par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier Ă  novembre 1874 et la dĂ©die au Prince Constantin Hohenlohe, espĂ©rant une protection. La pĂ©riode est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera rĂ©vĂ©lĂ©e au concert que dans sa version originelle Ă©ditĂ©e par Nowak
 en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, rĂ©Ă©crivait le finale. C’est cette derniĂšre version, la troisiĂšme, qui fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne, le 20 fĂ©vrier 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modĂšle



Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes
 comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknĂ©rien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner Ă©tait habitĂ© par l’idĂ©al chrĂ©tien, Ă©tant trĂšs croyant. RĂ©ponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

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Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

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boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

wesendonck-matilde-lieder-wagner-concerts
 

 

Mathilde Wesendonck inspire Ă  Ricahrd Wagner un amour considĂ©rable : les poĂšmes de la protectrice suscitent l’un des cycles les plus enchanteurs et amoureux du compositeur romantique (DR)

 

 

 

 

Jonas Kaufmann chante les Wesendonck lieder de Wagner

Jonas Kaufmann est RadamĂšsFrance Musique, jeudi 30 juin 2016, 20h. Jonas Kaufmann chante les Wesendoncklieder de Wagner
 Le rĂ©cital transmis par France Musique crĂ©e l’évĂ©nement : dĂ©jĂ  la prĂ©sence Ă  Paris de Jonas Kaufmann est un rendez vous incontournable mais s’ajoute Ă  cette prĂ©sence bienvenue, le choix de la partition : exceptionnelle, la version des Wesendonck lieder de Wagner pour voix de tĂ©nor, mais un tĂ©nor rauque et chaud, aux rugositĂ©s amples si incarnĂ©es et cuivrĂ©es. Tout cela contraste avec la version habituelle pour voix de femme, soprano ou mezzo. Dans un rĂ©cital discographique dirigĂ© alors par Claudio Abbado Ă©ditĂ© alors par Decca, Jonas Kaufman, Ă©blouissait dans Wagner (Sigmund bouleversant). Nul doute que l’engagement dramatique et l’acuitĂ© Ă©motionnelle, sa gravitĂ© et sa tendresse, ce caractĂšre embrasĂ© et ivre (Ă  l’instar de son modĂšle le tĂ©nor Jon Vickers) du tĂ©nor Kaufmann illumine la partition.

WAGNER REVOLUTIONNAIRE ET FUGITIF

MariĂ© Ă  Minna depuis 1836, Richard Wagner a fui Dresde et la rĂ©pression contre les libertaires rĂ©volutionnaires dont il faisait partie. Le compositeur recherchĂ© par les autoritĂ©s a trouvĂ© refuge au bord du lac de Zurich, en 1849. Sa rencontre avec Mathilde Wesendonck en fĂ©vrier 1852 restentit comme un Ă©lectrochoc. La jeune femme, ĂągĂ©e de 24 ans, est l’épouse d’Otto Wesendonck, industriel fortunĂ© qui doit son essor Ă  la maison des soieries qu’il a fondĂ©e Ă  New York. Au choc de cette rencontre humaine, Wagner Ă©prouve une crise artistique majeure que porte sa composition nouvelle Tristan und Isolde, Ă©laborĂ© en 1854, Ă  laquelle se mĂȘle aussi la lecture de Shopenhauer, son scepticisme fĂ©condant: le musicien ressent trĂšs profondĂ©ment la solitude de l’artiste, sa malĂ©diction et son impossibilitĂ© Ă  vivre pleinement tout amour salvateur: il a certes, la capacitĂ© d’identifier la force rĂ©demptrice de l’amour suscitĂ© par la femme, mais contradictoirement, ne peut en rĂ©aliser le principe salvateur ici bas. Omniscience, impuissance, solitude, plainte et malĂ©diction: pourtant l’art de Wagner loin de se mĂ»rer en un acte fermĂ© sur lui-mĂȘme, dans son aspiration exceptionnelle, engendre l’opĂ©ra de l’avenir dont Tristan marque l’avĂšnement: opĂ©ra romantique, opĂ©ra moderne. DĂšs dĂ©cembre 1856, vivant l’amour pour Mathilde qui est une nouvelle Ă©preuve de l’impuissance et de la frustration car cette liaison n’a aucun avenir, Wagner compose les premiĂšres esquisses de Tristan.

Le Crépuscule des dieux à l'Opéra Bastille, jusqu'au 16 juin 2013

EffondrĂ©, Wagner, victime de l’amour compose en Suisse deux oeuvres embrasĂ©es, du mĂȘme bois : les Wesendonck lieder et Tristan une Isolde…

REVE D’AMOUR EN SUISSE : DE TRISTAN aux WESENDONCK. Les deux cycles amoureux sont taillĂ©s dans le mĂȘme bois, sculptĂ©s par un compositeur traumatisĂ© par ses affres sentimentaux
 De Siegfried Ă  Tristan. L’attraction de Wagner pour Mathilde s’est violemment manifestĂ©e quand Otto Wesendonck, ignorant la situation amoureuse dont il est la victime aveugle, invite le couple Wagner dans l’une de ses villas, et mĂȘme encourage le compositeur Ă  Ă©crire de nouvelles oeuvres (avril 1857). ExaltĂ© par la prĂ©sence de celle qu’il vĂ©nĂšre secrĂštement, Wagner cesse la composition de Siegfried, et se passionne pour son nouvel opĂ©ra, Tristan. A l’étĂ© 1857, Wagner organise une premiĂšre lecture du poĂšme qu’il a rĂ©digĂ©, regroupant et synthĂ©tisant toutes les lĂ©gendes sur le sujet de Tristan. Dans l’audience privĂ©e qui recueille cette premiĂšre Ă©coute, se trouvent les 3 femmes de sa vie, Mathilde l’inaccesssible, Minna, sa compagne dĂ©sormais plus supportĂ©e qu’aimĂ©e, et sa future Ă©pouse, Cosima nĂ©e Liszt, qui est alors la femme du chef Hans von BĂŒlow.
wagner_richard_opera_tetralogie_nibelungeEn octobre 1857, Richard Wagner compose les Wesendonck lieder, cycle de mĂ©lodies qui est Ă  la fois, la dĂ©claration d’amour d’un coeur Ă  l’autre, et aussi pour le compositeur, le journal poĂ©tique de ses sentiments contradictoires, entre Ă©lan, dĂ©sir, et dĂ©pression. Mathilde a transmis les cinq poĂšmes, rĂ©digĂ©s d’aprĂšs les thĂšmes de Tristan. La musique que compose Wagner est ensuite rĂ©utilisĂ©e pour l’opĂ©ra Tristan: les deux cycles de compositions sont liĂ©s. D’ailleurs, quand il prĂ©pare la publication des Wesendonck lieder en septembre 1858, Wagner sous-titre l’opus: “Etudes pour Tristan und Isolde”. Nouri par son amour pour une muse, Wagner dĂ©pose le 31 dĂ©cembre 1857, la partition du premier acte de Tristan aux pieds de Mathilde, nouvelle Isolde pour un Tristan ennivrĂ©.
L’issue semble cependant inĂ©vitable: en janvier 1858, Minna intercepte un courrier entre Richard et Mathilde: elle exige des explications et dĂ©voile l’union scandaleuse Ă  Otto Wesendonck. Les deux couples se sĂ©parent: dĂ©chirements et tensions. Rupture. DĂ©pressif, meurtris, Wagner se retire Ă  Venise
 et compose les derniers actes de Tristan. Aucun doute, le sujet de la passion amoureuse, lĂ©guĂ© par la fable mĂ©diĂ©vale a marquĂ© de façon indĂ©lĂ©bile, la vie de Wagner, comme sur le plan musical, il fĂ©conde l’oeuvre du musicien qui en a transposĂ© la difficile mais radicale expĂ©rience dans deux oeuvres dĂ©sormais emblĂ©matiques: le cycle des Wesendonck lieder, puis l’opĂ©ra de la modernitĂ©, Tristan und Isolde.

 

 

 

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, jeudi 30 juin 2016, 20h. Jonas Kaufmann chante les Wesendoncklieder de Wagner
 Diffusion du concert enregistré le 19 mai 2016

 

 

Liszt: Orphée
Wagner:  Wesendonck-Lieder
Bruckner:  Symphonie n° 7
Jonas Kaufmann (ténor)
Orchestre National de France
Daniele Gatti (direction)

 

 

LIRE aussi le Parsifal de Jonas Kaufmann

CD, critique : JONAS KAUFMANN, so great arias (4 cd Decca)

 

 

Compte rendu, opéra. Montpellier. Opéra Berlioz, le 5 mai 2015. Wagner / Bartok : Wesendonck Lieder / Le Chùteau de Barbe-Bleue. Angela Denoke, Jukka Rasilainen. Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon. Pavel Baleff, direction. Jean-Paul Scarpitta, conception et mise en scÚne.

A Montpellier, Jean-Paul Scarpitta met en scĂšne les Wesendonck Lieder de Wagner ainsi que le seul opĂ©ra de BartĂłk, le ChĂąteau de Barbe-Bleue pour clĂŽturer la saison lyrique Ă  l’OpĂ©ra Orchestre National de Montpellier. Les spectateurs se retrouvent Ă  l’OpĂ©ra Berlioz / Le Corum pour cette conception que, mĂȘme si nous n’en comprenons pas la logique artistique, attise notre curiositĂ©. Les deux chanteurs engagĂ©s ainsi que l’Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon sont dirigĂ©s par le chef Pavel Baleff avec une Ă©tonnante prĂ©cision.

 

 

Wagner et BartĂłk chic-choc

 

Le seul opĂ©ra du compositeur hongrois BelĂĄ BartĂłk (1881 – 1945) est aussi le premier opĂ©ra en langue hongroise dans l’histoire de la musique. Le livret de BĂ©la BalĂĄzs est inspirĂ© du conte de Charles Perrault « La Barbe Bleue » paru dans Les Contes de Ma MĂšre l’Oye, mais aussi de l’Ariane et Barbe-Bleue de Maeterlinck et du thĂ©Ăątre symboliste en gĂ©nĂ©ral. Ici sont mis en musique Barbe-Bleue et Judith, sa nouvelle Ă©pouse, pour une durĂ©e approximative d’une heure. Le couple arrive Ă  peine au ChĂąteau de Barbe-Bleue, et dĂ©jĂ  Judith dĂ©sire ouvrir toutes les portes du chĂąteau « pour faire rentrer la lumiĂšre », dit-elle. Le duc cĂšde par amour mais contre son grĂ© ; la septiĂšme porte reste dĂ©fendue mais Judith manipule Barbe-Bleue pour qu’il l’ouvre et dĂ©couvre ainsi ses femmes disparues mais toujours en vie. Elle sera la derniĂšre Ă  rentrer dans cette porte interdite, sans sortie. Riche en strates, l’opĂ©ra se prĂȘte Ă  plusieurs lectures ; la musique trĂšs dramatique toujours accompagne, augmente, colore et sublime la prosodie trĂšs expressive du chant.

Mais comme un prĂ©lude mis en espace, nous avons les Wesendonck Lieder de Wagner. Ce cycle de lieder orchestraux sur lses poĂšmes de Mathilde Wesendonck, qui fut probablement amante du compositeur, lui-mĂȘme ami intime de son mari, est surtout notoire puisque deux des morceaux sont en vĂ©ritĂ© des Ă©tudes pour Tristan und Isolde, l’opĂ©ra qui rĂ©volutionnera l’harmonie au XIXe siĂšcle et qui verra le jour uniquement grĂące au soutien miraculeux de Louis II de BaviĂšre (Munich, 1865) ; le jeune souverain Ă©prouvant lui-aussi les plus forts sentiments pour le compositeur.

Le spectacle commence dans l’Ă©conomie absolue, plateau noir avec lumiĂšre « douche » qui baigne un coin de la scĂšne gargantuesque et limpide. ApparaĂźt la soprano allemande Angela Denoke, qui sort de l’ombre, toute habillĂ©e en noir aussi. Elle commence le premier morceaux du cycle des lieder « L’Ange » : sa voix puissante s’accorde merveilleusement avec l’orchestre et remplit la salle sans difficultĂ©. Comme un ange tombĂ© sur terre et qui apparaĂźt dans un rĂȘve, la silhouette incarnĂ©e se promĂšne subtilement sur scĂšne. Elle le fera jusqu’Ă  la fin du cycle. Les lumiĂšres changeront, elles aussi subtilement aprĂšs chaque lied. L’Ă©conomie scĂ©nique ne fait donc que magnifier l’impact de la musique. Si parfois le chromatisme des morceaux peut perturber les oreilles les plus fines, nous sommes ici devant une performance extraordinaire. Un Wagner Ă  la française, presque, oĂč la limpiditĂ© de la mise en espace permet Ă  l’auditoire de vivre trĂšs intensĂ©ment l’expĂ©rience lyrique traitĂ©e comme une Ă©pure.

 

 

BartĂłk l’incompris

 

bartok montpellier chateau de barbe bleue wagner wesendonck lieder angela denokeLe baryton-basse allemand Jukka Rasilainen rejoins le plateau aprĂšs l’entracte pour l’opĂ©ra de BartĂłk, jouant le rĂŽle de Barbe-Bleue. Denoke revient sur scĂšne en tant que Judith, femme de Barbe-Bleue. Nous sommes encore dans un espace Ă©purĂ©, oĂč seulement des nĂ©ons et les chanteurs sont sur scĂšne. Le jeu des fabuleuses lumiĂšres d’Urs Schönebaum est savant et intellectuel, parfois carrĂ©ment d’une frappante beautĂ©, mais touchant aussi un certain expressionnisme kitsch. Comme la mise en scĂšne d’ailleurs. Si au niveau vocal, la partition reprĂ©sente plus un dĂ©fi pour la soprano, elle rĂ©ussit Ă  incarner brillamment le rĂŽle de Judith, femme vengeresse et manipulatrice. L’expressionnisme un peu primaire et facile de ses gestes s’accorde pourtant bien Ă  sa musique intense et riche. Le Barbe-Bleue de Rasilainen dĂ©passe plus facilement la fosse, sa projection est plus que juste, le chant incarnĂ©, expressif. Il a tous les moyens de faire de Barbe-Bleue bien autre chose qu’une caricature. Or, comme c’est trĂšs souvent le cas (fait insupportable !), le metteur en scĂšne souhaite un Barbe-Bleue rustique, macho brutal sans profondeur, habitĂ© par un expressionnisme que, s’il ne s’agissait pas de l’incroyable musique de BartĂłk, serait vulgaire. Comme tous les opĂ©ras symbolistes celui-ci, aussi, est un opĂ©ra incompris. Soit c’est une incomprĂ©hension soit un manque d’inspiration. Le Barbe-Bleue de BartĂłk et de BalĂĄzs est trĂšs loin de celui de Perrault. Il s’agĂźt d’un homme solitaire et mystĂ©rieux mais complĂštement amoureux. sĂ©duit, envoĂ»tĂ©. Son regard sur Judith le rend Ă  l’humanité  Un Duc qui craint les dĂ©ceptions, qu’il a tant vĂ©cu. Pourquoi doit-il violenter Judith sur scĂšne ? Pourquoi se pourchassent-ils de droite Ă  gauche, dans l’espace vide illuminĂ© par des nĂ©ons ? C’est l’absence de dramaturgie ou le choc 
 Ă  quatre sous.

Cruel divorce entre le visuel et la musique. Car la performance purement musicale, ce soir Ă  Montpellier est d’une richesse et d’une grandeur inattendues ! Pavel Baleff dirige l’Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon dans la meilleure des formes. Nous l’entendons comme nous ne l’avons jamais entendu ! Dans le Wagner tout est bien dosĂ©, bien nuancĂ©, le chromatisme enivrant des morceaux demeure interprĂ©tĂ© parfaitement. Dans BartĂłk se rĂ©vĂšlent mille couleurs, si l’Ă©quilibre se perd parfois, notamment en ce qui concerne la soprano, le traitement de la partition et la performance restent incroyables. Sous la baguette de Baleff, l’orchestre montre une prĂ©cision et une clartĂ© Ă©tonnantes, mais aussi une force expressive riche en nuances, avec brillance et langueur. IrrĂ©prochable dans les cris et chuchotements, dans les mĂ©lodies et dissonances. Une rĂ©vĂ©lation ! Un spectacle pas comme les autres que, malgrĂ© nos rĂ©serves, clĂŽt la saison lyrique Ă  Montpellier en grandeur.