CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals

DECCA SOUND couverture classiquenews 55 great vocal recitals opera classiquenews clic de classiquenews juin 2016 MI0004055710CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Une affiche à faire pâlir toutes les maisons d’opéra : le coffret DECCA SOUND 55 great vocal recitals offre une récapitulation des plus grandes voix du siècle dernier et de celui commençant, synthèse entre les XXè et XXIè, qui place de fait Decca parmi les labels qui ont le plus compté dans l’émergence et la diffusion des tempéraments vocaux et lyriques les plus sidérants. Ce sont les archives du label d’Universal music, un filon inestimable qui retrace les gloires passées des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990… jusqu’aux étoiles contemporaines : Kaufmann ou Calleja, deux ténors en or. Dans les domaines enviables et impressionnants tant ils exigent profondeur, finesse, agilité ou legato, soit opéra italien et français, Wagner et les lieder et mélodies, voici les grandes voix admirables qui nous ont bercé, qui ont façonné aussi notre goût, touts et toutes uniques dans leur spécificité incarnée, parfois d’une vérité criante ou d’une blessure envoûtante à jamais mémorable. Decca ne fait que livrer une partie infime de son immense catalogue vocal. Ce premier volet en appelé d’autres : nous en sommes déjà impatients.

55 récitals, 55 voix légendaires

Ici, chaque chanteur, tempérament singulier, révélant sa propre identité sonore, sa marque artistique forte dans un répertoire désormais bien délimité, enregistre chez Decca relève d’un accomplissement et d’une reconnaissance semblable aux pianistes qui donnent un récital à Carnegie Hall : un tremplin formidable et déjà, un statut à part. De là à passer au statut de légende vivante, le pas est souvent vite franchi. Voyez ainsi dans les oeuvres qu’ils ont profondément marqué par la justesse de leur incarnation : pour les années 1950 : Ferrier, Corena…; pour les 60’s : Berganza, Nilson, Crespin… ; pour les 70’s : Pavarotti, Södeström…; pour les 80’s : Kanawa, Bartoli… pour les 90’s : Gheorghiu, Fleming, …

DECCA SOUND 55 great recital singers for Decca coffret box cd review critique cd CLASSIQUENEWSChanteurs par date d’enregistrement de leur récital titre : Suzanne Danco (1950-1956), Kathleen Ferrier (1950-1952), Cesare Siepi (1954-1958), Fernando Corena (1952-1956), Mario del Monaco (1952-1956), Kirsten Flagstad (1956-1958), Lisa della Casa (1952-1956), Giuletta Simionato (1955-1961), Gérard Souzay (1950-1956), Carlo Bergonzi (1957-1965), Giuseppe di Stefano (1958), John Sutherland (1959-1962), Regina Resnik (1960-1967), Hilde Gueden (1951-1969), Teresa Berganza (1959-1962), Tom Krause (1965-1967), Peter Pears (WIntereise de Schubert avec au piano Benjamin Britten, 1963), Birgitt Nilson (1962-1963), Marilyn Horne (1964-1966), Renata Tebaldi (1958-1972), Hermann Prey (Schwanengesang de Schubert de 1963 avec Gerald Moore au piano), Elena Souliotis (1965-1967), Régine Crespin (1963-1967), Gwyneth Jones (1966-1968), Luciano Pavarotti (1964-1976), Nicolai Ghiaurov (1962-1974), Sherill Milnes (1971-1978), Hans Hotter (lieder et mélodies, 1973), Sylvia Sass (1977-1978), Pilar Lorengar (1966-1978), Elisabeth Söderström (mélodies russes avec Vladimir Ashkenzay au piano 1974-1977), Mirella Freni et Renata Scotto en duo (1978), Martti Talvela (1969, 1980), Paata Burchuladze (1984), Leo Nucci (1986), Susan Dunn (1987), Cecilia Bartoli (1988), Kiri Te Kanawa (1989), Brigitte Fassbaender (1990), Sumi Jo (1993), Angela Gheorghiu (1995), Andreas Scholl (1998), René Fleming (Mozart, Tchaikovski, Strauss… avec Solti, 1996), Barabara Bonney (1999), Matthias Goerne (2000), Juan Diego Florez (2002), Jonas Kaufmann (avec Claudio Abbado en 2008), Joseph Calleja (2010).

CLIC_macaron_2014Sans omettre les moins connus Virginia Zeani, Jennifer Vyvyan, Robert Merril et James McCracken (duo, 1963-1965), Huguette Tourangeau (1970-1975), Maria Chiara (1971-1977), Josephine Barstow (1989), Kiri Te Kanawa (1989)… CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

Livres. Michel Schneider : Voix du désir

Livres. Michel Schneider : Voix du désir, Eros et opéra, Buchet Chastel.   Tout en partant du refus de Freud et de son dogme souverain (que tout est nécessairement sexué ou sexuel), Michel Schneider approfondit son exploration psychanalytique de l’opéra. Il la tenait à distance, ne sachant pas comment l’explorer ni l’expliquer ; aveu d’impuissance ou de trop grande fascination en vérité … Freud s’est toujours préservé de la musique : un langage qui lui était viscéralement inconnu, étranger.
La force émotionnelle qui agit directement sur l’esprit au point de terrifier ou troubler (dans le cas de Freud) inscrit la musique et surtout le chant au nombre des grandes perturbatrices que Michel Schneider analyse et suit à la trace : à la différence de Freud, l’auteur semble d’autant plus inspiré par la musique et spécifiquement le chant lyrique qu’il a déjà développé de pertinentes analyses sur le sujet dans un ouvrage précédent (” Prima donna : opéra et inconscient ” , avec déjà Maria Callas l’assoluta en couverture … chez Odile Jacob, 2001) : on y pouvait lire de subtils commentaires entre autres sur La Femme sans ombre de Strauss – le texte qui nous avait alors le plus intéressé eu égard à la fascination de la partition).

 

 

Les voix du désir à l’opéra

 

Schneider_michel_voix_du_desir_buchet_chastel_musiqueMichel Schneider poursuit ses investigations à la manière d’un enquêteur, soupesant les personnages en présence et les situations qui les révèlent consciemment ou consciemment. C’est donc comme une suite de miroirs aux surprenantes révélations, y trouvant des révélateurs quant au fonctionnement du désir caché, aux enjeux sexuels latents, à la révélation du non dit mais du constamment et de l’intensément éprouvé.
Dans Voix du désir,  éros et opéra, l’auteur poursuit un chemin déjà riche en enseignements : il applique au livret et à la musique des opéras, une grille psychanalytique qui en révèle des aspects insoupçonnés. Souvent lumineuse pour qui souhaite comprendre les mécanismes de la magie lyrique, la plume démêle les écheveaux dramatiques, dévoile un nouveau sens où chaque personnage gagne une individualité propre grâce au dévoilement de ses désirs. Le théâtre du désir masculin se fait entendre et se fait voir ainsi, révélant à son tour ce chant premier, des origines où s’inscrivent trois figures primordiales que Freud avait identifiées à travers mythes et légendes : la mère, l’amante, la mort. Les quatre tessitures du chant d’opéra (soprano, alto, ténor, baryton) à l’oeuvre sur la scène et dans la musique réactivent le complexe d’Oedipe.
L’apport principal du texte concerne les opéras ainsi filtrés sous le regard d’un oeil critique et analytique : le Faust de Gounod partage bien des facettes identitaires avec Don Giovanni ; La Traviata de Verdi croise le destin de … Marylin ; puis ce sont Vanessa (Barber), Russalka (Dvorak) et au chapitre (dernier) de la Mort : Orphée et Eurydice ou Peter Grimes  et surtout Carmen qui surgissent ici sous un regard inconnu, inédit. Sitôt la lecture terminée, on s’impatiente à réécouter tous les ouvrages abordés pour y relever et retrouver ce qu’on y a lu.  Passionnant.

 

Michel Schneider : Voix du désir, Eros et opéra. Date de parution : 03/10/2013. Format : 14 x 20,5 cm, 240 pages, 20.00 €. ISBN 978-2-283-02703-5. Editions Buchet Chastel.