ARTE, CAVALLERIA RUSTICANA de MASCAGNI dans les rue de MATERA

arte_logo_2013mascagni-pietro-550ARTE, sam 3 août 2019, MASCAGNI : CAVALLERIA RUSTICANA (1890). Dans les rues du village de MATERA, l’opéra saisissant et tragique du jeune Mascagni, Cavalleria Rusticana (1890) se déploie, dans les airs jaloux de Sentuzza ; à travers l’amour réchauffé de Turiddu, rabiboché avec Lola. Mais c’est sans compter la haine frustrée et l’impuissante folie de Sentuzza qui dénonce l’adultère à l’époux de Lola, le riche Alfio dont le tempérament sanguin, bestial aura raison du jeune homme. Il a trahi Sentuzza : il doit le payer de sa vie. Mascagni signe un chef d’œuvre lyrique absolu, aussi court et fulgurant que passionnel et ardent. L’orchestration est somptueuse (et compte l’un des intermèdes les plus bouleversants de tout l’opéra italien) ; l’écriture moderne, réaliste et incandescente : le modèle dramatique, efficace et franc de Verdi est assimilé, mais dans cette veine vériste qui traite désormais les gens du petit peuple et les drames de la rue, plutôt que les romans chevaleresques ou les héros de la littérature « noble ». En Sicile, ainsi en ce dimanche de Pâques, la passion très profane d’une maîtresse délaissée et abandonnée se mue en horreur vengeresse…

 

 

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ARTE, sam 3 août 2019, 20h50.  MASCAGNI : CAVALLERIA RUSTICANA (1890). Dans les rues du village de MATERA

 

 

 

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SYNOPSIS
La jalousie dévorante et criminelle fait les bons drames passionnels en particulier sur la scène lyrique. En Sicile, le dimanche de Pâques, Santuzza se désespère, démunie et trahie : elle a perdu l’amour de son ancien amant Turiddu qui en aime une autre Lola, l’épouse du charretier Alfio. Santuzza a beau se confier à la propre mère de Turiddu (Mamma Lucia), rien ne peut adoucir le ressentiment et la haine, le désir de vengeance et la tentation du meurtre qui envahissent l’esprit de l’amoureuse humiliée. L’action se déploie comme un relief antique : sans dilution, droit au but, épure, expsoition, embrasement, catastrophe. Mascagni compose sa partition en 1890 (deux années avant I Pagliacci de Leoncavallo, autre partition courte et fulgurante avec laquelle Cavalleria est souvent couplée dans la même soirée) : c’est le manifeste de toute une esthétique à l’opéra. Franche, immédiate, réaliste : l’opéra vériste ou naturaliste est né sous sa plume car le drame est court, concis, resserré, d’une irrépressible activité et sur une durée très limitée (ici 1h10mn selon les versions). A la fin du siècle où se répand le poison du wagnérisme, l’Italie post verdienne a trouvé la forme lyrique capable de proposer une alternance à l’opéra allemand et français. Production 2019 du San Carlo de Naples / Juraj Valcuha, direction.

 

 

PÂQUES SANGLANTES

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GENESE et ENJEUX d’une partition éblouissante
L’ouvrage est une commande de l’éditeur Sonzogno, soucieux d’organiser un concours musical pour repérer de nouveaux talents. Pietro Mascagni (1863-1945) remporte haut la main la compétition: il n’a que 27 ans. Cavalleria Rusticana est créé au Teatro Costanzi de Rome le 17 mai 1890. La violence des passions, le huit clos s’intéressant aux petites gens de la campagne sicilienne, surtout les pages orchestrales qui rétablissent le drame dans le souffle des éléments, au sein d’une nature à la fois flamboyante mais indifférente, renforcent l’impact tragique et poétique de l’ouvrage sur les spectateurs. Cavalleria rusticana est un immense succès dès sa création et depuis lors jamais démenti.

Personnages
Santuzza, une jeune paysanne (soprano)
Turiddu, un jeune paysan (ténor)
Mamma Lucia, la mère de Turiddu (contralto)
Alfio, un charretier (baryton)
Lola, la femme d’Alfio (mezzosoprano)
Villageoises et villageois (chœurs)

Argument
Dès le début, Mascagni joue le contraste : l’ouverture développe le désespoir de Santuzza auquel succède la sérénade de Turiddu à Lola, sa nouvelle maîtresse; alors que le village entier rentre dans l’église en ce jour de Pâques, Santuzza interroge Lucia, vendeuse de vins, afin de savoir où se trouve son fils, Turiddu.
Survient Alfio le charretier qui désire boire du vin… mais Turiddu qu’il a pourtant aperçu près de chez lui, est parti en chercher pour sa mère Lucia.
Après qu’elle confesse à Lucia, son amour malheureux avec Turiddu, Santuzza se querelle avec ce dernier devant l’église. Le jeune homme la maltraite et Santuzza le maudit. Alfio sort alors de l’église et pour se venger, Santuzza lui apprend la liaison de sa femme Lola avec Turiddu : Alfio furieux et accablé quitte la place du village, Santuzza prise de remords part à sa suite.
Mascagni place alors un sublime intermezzo qui exprime et le souffle de la campagne, la violence du drame, et l’annonce de la catastrophe à venir…
De fait, sur la place, Turiddu propose un verre à Alfio mais celui ci refuse tout net, provoquant le jeune homme en duel au couteau. Les deux hommes se battent et Turiddu y laisse la vie : sur la place, sa mort est annoncée. Mamma Lucia et Santuzza pleurent leur désespoir.

 

 

 

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André Chénier à l’Opéra de Tours

GIORDANO Umberto_Giordano_by_Gaetano_Esposito_(color)TOURS, Opéra. GIORDANO : Andréa Chénier. Les 24, 26, 28 mai 2019. L’étonnante et audacieuse saison lyrique 2018 – 2019 de l’Opéra de Tours s’achève en mai 2019 avec la dernière (et quatrième) nouvelle production maison : Andrea Chénier d’Umberto Giordano (1896), en coproduction avec l’Opéra de Nice : 3 dates de mai, les 24, 26 et 28 mai 2019. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours ; avec Gustavo Porta dans le rôle-titre, Béatrice Uria-Monzon (Madeleine de Coigny), André Heyboer (Charles Gérard)…  Mise en scène : Pier Francesco Maestrini.
On ne saurait insister sur l’activité de la scène lyrique Tourangelle, qu’il s’agisse de défrichement (comme le récent spectacle des 7 péchés capitaux de Kurt Weill l’a montré fin avril, dévoilant le geste acide et poétique du compositeur berlinios de passage à paris dans les années 1930…), ou de productions courageuses qui nécessitent des moyens vocaux, orchestraux et visuels de premier plan. Le cas de ce Chénier le montrera encore, car s’agissant de l’ouvrage fétiche de Umberto Giordano, les défis sont multiples et plutôt élevés.

chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanoD’inspiration historique, l’ouvrage revisite l’histoire française et évoque le parcours à la fois héroïque et fatal du poète André Chénier (1762-1794). L’opéra nécessite toutes les ressources d’une maison d’opéra (le choeur y est très présent). Car derrière le huit clos sentimental qui rapproche le poète Chénier, – poète martyr, victime des dérives terrifiantes de la Révolution française-, Madeleine et Gérard, le compositeur vériste Giordano sait surtout évoquer le souffle et la terreur de la période révolutionnaire… Sens de la couleur orchestrale, dramatisme vocal, efficacité scénique… les talents de Giordano sont nombreux ; c’est assurément le plus doués des créateurs de la Jeune Ecole, particulièrement marqué par le modèle légué par Puccini. Giordano sait construire un opéra historique, évoquer la terreur parisienne et l’échec des révolutionnaires, auxquels il oppose la sincérité des valeurs de fraternité, de paix, de liberté. Giordano offre aux ténors, un rôle très complet, nécessitant profondeur, expressivité, drame et subtilité. Une performance que les plus grands chanteurs ont relevé, de Pavarotti, Domingo, Carreras à Cura et plus récemment, Jonas Kaufmann… L’action plonge au cœur de la Révolution française dont la face brutale et sanguinaire est exposée sans masque : Giordano aurait-il fait un opéra politique, dénonçant les dérives de ceux qui se frappent de bonnes intentions ; prêts à imposer un nouvel ordre de liberté, pour mieux assoir leur pouvoir despotique. N’y a t il pas duperie dans tout acte politique ? L’amour, la liberté et la fraternité ne sont-elles pas les clés d’une société libre justement ?

 

A l’acte I en 1789, acte de présentation des caractères, le poète Andréa Chénier est l’invité de la Comtesse de Coigny ; il improvise sur l’intransigeance du clergé et de la noblesse. Mais l’admirent la fille de la Comptesse, Madeleine, et aussi Gérard, serviteur, qui est épris de cette dernière.

Acte II : cinq ans ont passé (1795) et Giordano évoque ce Paris révolutionnaire des Incroyables et Merveilleuses, créatures hallucinantes mais figures bien historiques dont la mine et l’étoffe étudiés contrastent avec la terreur et la barbarie ordinaire : la Révolution a enfanté une période de doutes et de chaos… Chénier, bien que suspecté (alors qu’il défend les idées d’égalité et de fraternité), retrouve la belle Madeleine (superbe duo d’amour : « Ora suave »). jaloux, Gérard provoque Chénier et le blesse, puis devant la foule haineuse, l’innocente.

Acte III. Gérard devenu juge au tribunal révolutionnaire signe contre son gré l’accusation de Chénier : Madeleine qu’il aime, s’offre à lui s’il sauve le poète qu’elle adore (sublime prière crépusculaire « La Mamma morta »). Mais Chénier est condamné et Gérard jure de le sauver.

Acte IV. En prison, Chénier attend la mort (« Come un bel di di Maggio »). Gérard a aidé Madeleine pour approcher son aimé : les deux amoureux peuvent mourir, fortifiés par la splendeur du lien qui les unit (dernier duo « Vicino a te »).

La fresque est terrible et violente ; l’amour de Chénier et de Madeleine, tragique et irréversible. Contre la barbarie humaine, – fruit de la Révolution française, Giordano défend les valeurs de fraternité (Gérard / Chénier), d’amour (Chénier et Madeleine) ; la vanité et l’échec de tout système politique s’il ne sert pas l’amour et le bonheur des êtres.

 

Nouvelle production événement avec Les Fées du Rhin de Jacques Offenbach (création française) en ouverture de saison 2018 – 2019.

 

 

TOURS, Opéra. Giordano : Umberto Chénier, 1896
Les 24, 26 et 28 mai 2019

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