LILLE, ONL. JC CASADESUS / V REPIN. FASCINATIONS RUSSES

tchaikovsky portrait par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200LILLE, ONL, jeudi 17 janv 2019. JC CASADESUS / REPIN. FASCINATIONS RUSSES : Tchaikovsky / Glazounov : l’ñme russe Ă  Saint-PĂ©tersbourg. VoilĂ  le nouveau jalon de l’itinĂ©raire symphonique auquel nous convie Jean-Claude Casadesus, chef lĂ©gendaire et fondateur du National de Lille, au cours de cette saison 2018 – 2019. A mi parcours, le 17 janvier, l’idĂ©e est appĂ©tissante, en mettant en relation Tchaikovski le maudit et le classique et formellement lĂ©chĂ© Glazounov (mort Ă  Neuilly sur Seine, le 21 mars 1936). Au dĂ©but du siĂšcle, l’autodidacte magnifique, Ă©lĂšve privĂ© de Rimsky (avec lequel il orchestre l’opĂ©ra de Borodine, Prince Igor en 1887), compose son ballet Raymonda, quelques symphonies (n°3 Ă  7), et son Concerto pour violon, alors qu’il est devenu en 1899, professeur au Conservatoire de Saint-Petersbourg. Le programme du concert lillois permet de retrouver, serviteur zĂ©lĂ© et esthĂšte du son, le violoniste devenu rare en France Vadim Repin que l’on retrouve avec bonheur dans le Concerto de Glazounov.
REPIN vadim violon lille ONL concert jean claude casadesus fascinations russes 17 janv annonce concert classiquenews critique ©Repim_328px_18-19Le gĂ©nie orchestrateur du compositeur s’affirme ici, d’autant que Glazounov en 1904 est aussi sur le mĂ©tier de sa derniĂšre symphonie n°8. Instrumentiste habile, l’auteur s’essaye lui-mĂȘme aux rudiments du violon pour Ă©crire le Concerto : en deux mouvements enchaĂźnĂ©s (Moderato, andante / Finale : allegro), la partition redouble de virtuositĂ© solaire, d’un Ă©quilibre olympien qui exige beaucoup du soliste, en particulier dans la derniĂšre partie de l’Andante oĂč le jeu prodigieux du violoniste doit faire entendre deux instruments. Le feu conclusif, entre panache de la fanfare et Ă©nergie de la danse emporte toute rĂ©serve et pudeur, vers une cime joyeuse et Ă©blouissante.

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Concert «  fascination russe »boutonreservation
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 17 janvier 2019, 20h

http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/fascinations-russes/

CHOSTAKOVITCH
Ouverture de fĂȘte

GLAZOUNOV
Concerto pour violon et orchestre

TCHAÏKOVSKI
Symphonie n°6, “PathĂ©tique”

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION: JEAN-CLAUDE CASADESUS‹ / VIOLON: VADIM REPIN
AprĂšs le concert, bord de scĂšne
avec Jean-Claude Casadesus
et Vadim Repin
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

 

 

 

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Symphonie n°6 Pathétique de Tchaikovsky
tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855CrĂ©Ă©e Ă  Saint-PĂ©tersbourg le 16 octobre 1893, la 6Ăš symphonie est le sommet spirituel et introspectif de la littĂ©rature tchaikovskyenne : un Everest de la poĂ©sie intime et interrogative parfois inquiĂšte voire angoissĂ©e. Annonçant ce mĂȘme sentiment de terreur intĂ©rieure sublimĂ©e d’un Chostakovtich Ă  venir. La 6Ăš Symphonie captive de bout en bout par l’engagement des musiciens, qui doivent entre Ă©lectricitĂ© et embrasement mais intĂ©rieurs, exprimer la traversĂ©e dans l’autre monde
Dans le dernier mouvement (conçu comme un « long adagio », selon sa correspondance avec son neveu chĂ©ri Vladimir Davydov qui en le dĂ©dicataire), et au cours de l’exposition ultime, Ă©nigmatique, de la Sarabande finale, le chant orchestral entonne une danse sacrale, noire, vertigineuse, vĂ©ritable exposĂ© et mise Ă  nu, d’une vĂ©ritĂ© secrĂšte, sourde, qui terrasse finalement tout le cycle
 Cette conscience et cette sincĂ©ritĂ© dans l’intention globale et la construction de la symphonie ultime de Piotr Illiytch affirme une quĂȘte inĂ©dite, qui assure le passage du vivant au mort, en un renoncement obligĂ© pas toujours serein. Aux portes de sa prochaine agonie, la PathĂ©tique raconte la derniĂšre odyssĂ©e du compositeur Ă  la maniĂšre d’un Livre des morts, soit autant de paysages Ă  la fois intime, personnels (donc secrets voire Ă©nigmatiques), puis terrassĂ©s, angoissĂ©s, comme saisis par l’ineffable du tragique. La terreur se fait priĂšre.
Que sera le geste de JC Casadesus ? Il tĂ©moignera d’une expĂ©rience musicale unique Ă  ce jour, nourrie par sa complicitĂ© avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille. Entre la premiĂšre exĂ©cution (pilotĂ©e par l’auteur) dont la direction incertaine suscita un certain malaise, et la reprise sous la baguette de Napravnik, portĂ©e en triomphe, Piotr Illiytch Ă©tait mort, terrassĂ© par un scandale liĂ© Ă  la menace d’une rĂ©vĂ©lation de son homosexualitĂ©. Ainsi la 6Ăš recueille la derniĂšre pensĂ©e de l’immense synphoniste emportĂ© dans la nuit du 18 nov 1893.

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TOURNEE EN REGION

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Violon : Esther Yoo

Boulogne-sur-Mer Théùtre
vendredi 18 janvier 20h
Infos et réservations au 03 21 87 37 15 ou sur www.ville-boulogne-sur-mer.fr

Aire-sur-la-Lys Le ManĂšge
samedi 19 janvier 20h
Infos et réservations au 03 74 18 20 26

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, le 12 oct 2018. PĂ€rt, Prokofiev, Repin / Orch Philh de Monte-Carlo,Yamada.

repin_vadim violon russe par classiquenewsCompte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. PĂ€rt, Prokovief, TchaĂŻkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Yazuki Yamada. Un an aprĂšs avoir subjuguĂ© le public monĂ©gasque dans le Premier Concerto pour violon de SergueĂŻ Prokofiev, le grand violoniste russe Vadim Repin (nĂ© en 1971) Ă©tait de retour en PrincipautĂ© pour interprĂ©ter, cette fois, le DeuxiĂšme Concerto du cĂ©lĂšbre compositeur russe. Mais comme Ă  peu prĂšs dans toutes les salles de concert aujourd’hui, c’est par une piĂšce plus contemporaine que s’est ouverte la soirĂ©e, avec une exĂ©cution du superbe Fratres pour violon solo, orchestre Ă  cordes et percussion d’Arvo PĂ€rt, ici dans sa version remaniĂ©e de 1992. Fratres est un ouvrage de trĂšs belle facture polyphonique dont l’inspiration des Ɠuvres de Benjamin Britten n’est pas dissimulĂ©e et le propos trĂšs religieux. Typique du caractĂšre trĂšs rĂ©pĂ©titif de la musique balte, cette partition d’une dizaine de minutes fait ici appel Ă  un orchestre Ă  cordes dont la progression inĂ©branlable est rĂ©guliĂšrement parcourue par de calmes interventions de la grosse caisse et des claves.

Dans le concerto de Prokovief qui vient juste aprĂšs, Vadim Repin – tout autant que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigĂ© par son chef titulaire Kazuki Yamada – sĂ©duisent. MalgrĂ© une premiĂšre partie un peu moins bien conduite, mais que sa longueur rend de fait plus ardue d’exĂ©cution, la romance centrale est particuliĂšrement rĂ©ussie : en face d’un violon Ă  l’expressivitĂ© parfaite, l’accompagnement en pizzicati des cordes apparaĂźt comme lĂ©gĂšrement railleur. Quant au Finale, une sorte d’« espagnolade » rythmĂ©e par les castagnettes, il est livrĂ© avec une densitĂ© et une impĂ©tuositĂ© incroyables, qui dĂ©montrent que Repin possĂšde un art de la virtuositĂ© Ă  l’image de sa sensibilitĂ© musicale. MalgrĂ© l’insistance du public, il ne sacrifiera pas Ă  la tradition du bis…

kazuki-yamada-jc-vinaj-opmc-11AprĂšs l’entracte, la QuatriĂšme Symphonie de TchaĂŻkovski enthousiasme Ă©galement : si le thĂšme du fatum paraĂźt au premier abord peu terrifiant – l’inquiĂ©tude ne s’immisce pas moins de maniĂšre graduelle et subtile dans l’Ɠuvre, plus souvent Ă  travers le tempo (implacable dans la valse, ou qui se dĂ©chaĂźne subitement au dĂ©tour d’une phrase) que par celui des timbres, en tous points magnifiques. Le deuxiĂšme mouvement esquisse une immense arche mĂ©lodique, qui respire avec naturel grĂące Ă  la gradation des dynamiques et des articulations des voix intermĂ©diaires. C’est avec le scherzo que s’établit vĂ©ritablement un dĂ©but de frĂ©nĂ©sie rythmique qui ne s’interrompra plus : les pizzicati sont incroyablement dansants et volubiles, mettant en avant les touches folkloriques de la partition.

Que ce soit dans le concerto de Prokovief ou la symphonie de TchaĂŻkovsky – l’incisivitĂ© des attaques, les timbres magnifiquement opulents, la perfection formelle renforcĂ©e par une certaine dĂ©contraction -, tout laisse Ă  penser que le courant passe formidablement bien entre les musiciens et le chef japonais ! Illustrations : Vadim Repin / Kazuki Yamada (DR)

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Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. PĂ€rt, Prokovief, TchaĂŻkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada.

Compte rendu, concert. Paris. Théùtre des Champs Elysées, le 8 janvier. Philharmonia Orchestra. Vladimir Ashkenazy, direction. Vadim Repin, violon. 

TchaikovskiLe ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es marque le dĂ©but de 2014 avec deux concerts dĂ©diĂ©s Ă  Tchaikovsky. Le pianiste et chef d’orchestre Vladimir Ashkenazy dirige le Philharmonia Orchestra, ce soir accompagnĂ©s du violoniste virtuose Vadim Repin. Vladimir Ashkenazy est une des figures de la musique classique qui n’a pas besoin de prĂ©sentation. En tant que pianiste subtil, ses enregistrements de la musique russe sont nos favoris intemporels, mais pas seulement. Son art s’exprime avec autant de cƓur dans les concertos de Mozart (enregistrĂ©s avec le Philharmonia Orchestra dirigĂ© au piano), ou encore Brahms. Il s’initie Ă  la direction d’orchestre pendant l’essor de sa carriĂšre pianistique, et se partage toujours entre la direction d’orchestre et le piano, pour le grand bonheur de ses admirateurs.

Tchaikovsky Ă  fleur de peau, ma non troppo…

D’abord le cĂ©lĂšbre poĂšme symphonique intitulĂ© RomĂ©o et Juliette : Ouverture-fantaisie. La piĂšce d’une vingtaine de minutes commence avec une tension particuliĂšre sous la baguette d’Ashkenazy. Si nous trouvons les cordes du Philharmonia plutĂŽt lĂ©gĂšres (et pas forcĂ©ment brillantes), la performance des vents est, elle, rĂ©vĂ©latrice. Les cuivres sont puissants comme attendues et les bois, vraiment prodigieux. Le thĂšme d’amour gĂ©nĂ©rique de l’opus interprĂ©tĂ© avec candeur par le cor anglais et la flĂ»te est d’une beautĂ© redoutable. Nous remarquerons Ă©galement les percussions, assez sollicitĂ©es et toujours Ă  la belle prĂ©sence.
Ensuite vient le non moins cĂ©lĂšbre Concerto pour violon et orchestre en rĂ© majeur op. 35, avec le soliste virtuose Vadim Repin. DĂšs l’allegro moderato initial nous sommes sensibles Ă  la sonoritĂ© de l’instrument. L’interprĂ©tation est cependant riche en curiositĂ©s. Le tempo est un peu ralenti mais Repin accĂ©lĂšre pendant certains moments pyrotechniques, peut-ĂȘtre dans le but de rĂ©affirmer sa technique … excellente. Pourtant, l’effet est plus extravagant qu’extraordinaire. Il compense avec une cadence brillante et musicale (bien heureusement). La canzonetta qui suit est tout Ă  fait charmante. La performance du soliste correcte mais superficielle. Le Philarmonia sous la direction d’Ashkenazy accompagne avec un mĂ©lange d’Ă©lĂ©gance et caractĂšre. Chef et orchestre sont davantage prĂ©sents dans l’allegro vivacissimo qui clĂŽt le concerto. Il s’agĂźt du mouvement le plus rĂ©ussi et Ă©quilibrĂ© entre le soliste et l’orchestre, mais nous avons toujours l’impression que Vadim Repin, ce soir en tout cas, a trĂšs peu de nuances dans son jeu. Et ce malgrĂ© les interventions sur le tempo. Le public est tout de mĂȘme conquis par la musique de Tchaikovsky : il remplit la salle de bravos et d’applaudissements. Vadim Repin s’est peut-ĂȘtre rendu compte lui-mĂȘme que son interprĂ©tation n’a pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur de son talent et de sa trajectoire ; il dĂ©cide de ne pas faire de bis, contre l’ardent dĂ©sir de l’auditoire.

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AprĂšs l’entracte , place au point d’orgue de la Symphonie n°4 en fa mineur op.36. Pour le compositeur cette symphonie est une imitation de la CinquiĂšme de Beethoven, pas dans la forme mais dans le fond, c’est-Ă -dire l’apprĂ©hension du destin. Les deux compositeurs n’ont pas la mĂȘme vision ni la mĂȘme attitude envers le destin, certes, mais c’est ici, dans le premier mouvement, qu’apparaĂźt le thĂšme du destin. Le mouvement commence avec une fanfare aussi fĂ©roce que mĂ©lancolique. L’effet est trĂšs puissant. Les cordes pleines de brio sont exaltantes, les bois toujours Ă  la vive candeur. Ashkenazy nous offre une version magistralement nuancĂ©e, faisant preuve de brio et de sensibilitĂ© pendant les 4 mouvements. Le deuxiĂšme est d’une beautĂ© paisible non sans une grande nostalgie. Le troisiĂšme aux cordes jouant exclusivement en pizzicato a quelque chose de mondain et populaire, qui rappelle aussi Mahler. Dans le Finale, nous retrouvons le thĂšme du destin transfigurĂ©, vĂ©ritable tour de force instrumental, interprĂ©tĂ© de façon maestosa et avec panache par les musiciens du Philharmonia. Fortement ovationnĂ©s, ils nous offrent un bis inattendu : Snowdrop du recueil pour piano solo de Tchaikovsky « Les saisons », dans un arrangement pour grand orchestre rĂ©alisĂ© par l’un des instrumentistes. Un bis dĂ©licieux, oĂč la belle clarinette se distingue, trĂšs prĂ©sente et enchanteresse.

Ainsi se termine la série des deux concerts Tchaikovsky du Philharmonia Orchestra au Théùtre des Champs Elysées, sous la baguette toujours animée, chaleureuse de Vladimir Ashkenazy.

Illustration : Vladimir Ashkenazy © Sasha Gusov/Decca