Compte rendu, concert. Toulouse. Saint-Pierre-des-Cuisines, le 12-01-2016 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio n°1, D.898, en si bémol majeur ; Trio n°2 ,D.929,en mi bémol majeur ; David Grimal, violon ; Anne Gastinel, violoncelle, Philippe Cassard, piano

philippe_cassardLa salle Bleue de l’Espace Croix- Baragnon de Toulouse s’est déplacée à l’Auditorium St-Pierre des Cuisines devant le succès attendu. Et c’est effectivement devant une salle comble que s’est produit Philippe Cassard, spécialiste indiscuté de Schubert, avec ses deux amis. David Grimal, au violon comme Anne Gastinel, au violoncelle sont des instrumentistes invités dans le monde entier et ont été dirigés par les plus grands chefs tout en faisant une belle carrière de chambriste. Ils étaient donc tous trois, très attendus dans les deux Trios de Schubert. La complicité entre les musiciens a été d’emblée perceptible. L’homogénéité des sonorités n’a pas été trouvée immédiatement mais s’est construite rapidement. Si les deux Trios sont beaux et agréables, il a été sage de débuter le concert par le Trio en si bémol. Plus léger, plus dansant il a été source de jubilation et de belles énergies.

Mais c’est bien avec le Trio en mi bémol majeur que l’osmose entre les instrumentistes, l’équilibre entre leurs sonorités atteignent des sommets. Cette partition si originale qui débute et se termine avec jubilation est proprement prodigieuse. Privilégiant la précision rythmique, l’ampleur des nuances et la variété des couleurs, nos trois amis musiciens  insufflent une vivifiante énergie à chaque instant. La beauté des phrasés et la délicatesse des moindres traits ont provoqué le bonheur du public. C’est bien le thème sublime de l’Andante con moto qui a porté le plus haut l’émotion. C’est de cet Andante qu’est tiré le fameux extrait du film Barry Lyndon qui ouvre et ferme l’histoire d’amour de Barry avec la belle Lady Lyndon. Mi mélancolique mi tendre et avec un charme fou, cette marche dansée concentre en son ambivalence, tout le génie de Schubert. Ce soir le retour du thème tant aimé dans le final avec les arabesques et les volutes du piano a été un moment magique.  Le public conquis a fait une belle ovation aux artistes. Le mouvement lent d’un trio de Beethoven a constitué un bis charmant et apaisant après ce bain d‘énergie musicale.

Le public est là pour de la musique de chambre. Une saison spécifique pourrait connaître un grand succès à Toulouse. L’auditorium St-Pierre des Cuisines est un écrin idéal. Le patient travail de commentaire que fait Philippe Cassard avec ses Notes du traducteur y est pour beaucoup. La saison de la salle Croix Baragnon avec son concert du mardi qui l’accueille régulièrement mérite d’être suivie. Nous en rendrons compte avec fidélité.

Compte rendu, concert. Toulouse. Saint-Pierre-des-Cuisines, le 12-01-2016 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio n°1, D.898, en si bémol majeur ; Trio n°2 ,D.929,en mi bémol majeur ; David Grimal, violon ; Anne Gastinel, violoncelle, Philippe Cassard, piano .

Illustration : Philippe Cassard © JB Millot