TOURS : Concert événement des 30 ans de DOULCE MÉMOIRE

Doulce-Memoire-1-denis-raisin-dadre-30-ans-annonce-concert-opera-de-tours-critique-concert-critique-opera-classiquenewsTOURS, Opéra, le 19 juin 2019. DOULCE Mémoire, les 30 ans. Artiste en résidence, l’ensemble Doulce Mémoire fondé par Denis Raisin-Dadre fête mercredi 19 juin 2019 (20h), sur la scène de l’Opéra de Tours, ses 30 ans d’activité artistique et musicale. Plateau exceptionnel avec la participation de Jean-François Zygel. Le propre de l’ensemble fondé par Denis Raisin Dadre est d’approcher le très large répertoire de la Renaissance en impliquant toutes les disciplines, la musique évidemment et la pratique instrumentale propre aux XVè, XVIè siècles principalement ; mais aussi, la peinture et la littérature. Le geste défendu par Denis Raisin Dadre s’enrichit d’une culture élargie qui interroge à partie de la musique, tous les arts, si féconds à cette période.
Le dernier recueil discographique est un somptueux livre cd dédié à Leonardo da Vinci (célébration de son génie comme musicien et compositeur, opportun en 2019 qui marque le 500ème anniversaire de la mort du peintre et scientifique en 1519) pour lequel Denis Raisin Dadre a conçu un programme musical constitué de laudes et motets, recercare, mélodies signé Frater Petrus, Marchetto Cara, Josquin Desprez, Francesco Patavino, Jean L’Héritier, Jacob Obrecht, Hayne van Ghizeghem… dont les notes et les textes mis en musique savent dialoguer avec une collection de dessins et de tableaux conçus par Leonardo. Toujours la vision rétablit le sens des pièces ainsi exhumées dans le contexte qui les inspire et les porte. denis Raisin Dadre rétablit les correspondances, ressuscite le contexte, approfondit toujours le sens et les enjeux multiples des œuvres choisies.
Concernant Leonardo da Vinci (joueur virtuose de lira da bracio et grand concepteur des divertissements à la Cour des Sforza à Milan), Denis Raisin Dadre fait sonner « la musique secrète », celle qui ne se voit pas, mais se devine grâce à la seule éloquence silencieuse des rapports harmoniques, suscités par la composition picturale (c’est le cas précisément de La Vierge aux rochers dont les anges musiciens sont délicatement « relégués » sur le côté… une mise à l’écart qui cependant laisse toute sa place à la musique.

A l’Opéra de Tours, Denis Raisin Dadre réunit un plateau exceptionnel avec la coopération de Jean-François Zygel pour célébrer les 30 ans de son ensemble Doulce mémoire.

Programme surprise.

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Plus que jamais depuis ses débuts, Doulce mémoire a fait siennes les qualités de la Renaissance : universalité et générosité, découvertes, inventions, voyage, créativité… Ce goût de l’aventure se concrétise aussi dans l’art des rencontres que l’ensemble a su favoriser et cultiver, toujours dans le souci des équilibres et du raffinement sonore. La pratique instrumentale, le goût des timbres et des couleurs en partage demeure un champs d’expérimentation jamais négligé, stimulant…

 

 

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Les 30 ans de Doulce MĂ©moireDOULCE MEMOIRE 30 ANS JUIN 2019 classiquenews concert evenement visuel-anniversaire-500x500
Opéra de Tours, mercredi 19 juin 2019, 20h
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/doulce-memoire#la-renaissance-dans-tous-ses-etats

Pour ses 30 ans Doulce Mémoire vous convie à un évènement exceptionnel sous le signe de la Renaissance et de la fête. Avec de nombreux artistes et des invités surprenants (mais qui ont marqué les grandes réalisations de Doulce Mémoire), notamment Jean-François Zygel en invité spécial.

 

Tarifs de 7 à 35€

Réservation au guichet du Grand Théâtre de Tours du mardi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h à 17h45.

Ou par téléphone au 02 47 60 20 20

 

 

 

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Approfondir

 

 

 

VOIR : reportage exclusif les 25 ans de DOULCE MEMOIRE, salle Gaveau à Paris (février 2014)
https://www.classiquenews.com/grand-clip-video-les-25-ans-de-doulce-memoire-paris-salle-gaveau-fevrier-2014/

LIRE notre critique du livre cd musique secrète de Leonardo da Vinci
http://www.classiquenews.com/5-mai-2019-500-ans-de-la-mort-de-leonardo-da-vinci/

LIRE notre critique du livre cd Magnificences de François Ier
http://www.classiquenews.com/magnificences-de-francois-ier-par-doulce-memoire/

Illustrations : © Rodolphe Marics / Doulce Mémoire 2019

 

 

 

 

TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, OpĂ©ra. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Les Ĺ“uvres de Weill sont marquĂ©es par le sceau du gĂ©nie et de l’invention théâtrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un crĂ©ateur atypique, audacieux, rĂ©volutionnaire et visionnaire. Il a dĂ» quittĂ© l’Allemagne hitlĂ©rienne, rejoint Paris (oĂą sont crĂ©Ă©s les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, … dans un incomprĂ©hension totale hĂ©las, et suscitant les foudres des antisĂ©mites particulièrement virulents alors). Weill fut un auteur prĂ©coce Ă©crivant ses Quatuor, premier opĂ©ra, lieder) dès l’adolescence. Il s’est formĂ© Ă  Berlin (Musikhoschule), auprès de Ferrucio Busoni (AcadĂ©mie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court âge d’or des arts du spectacle des annĂ©es Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen… ), soit pendant une dĂ©cennie, celle des annĂ©es 1920 et le dĂ©but des annĂ©es 1930 (jusqu’en 1933, en mars prĂ©cisĂ©meent oĂą il rejoint la France). A Paris, Les 7 PĂ©chĂ©s prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, cĂ©lĂ©brĂ©s : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)…

 

 

 

Nouveau théâtre musical
créé à Paris sur la scène du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de créer à la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas élitiste ; pour se faire il croise l’opéra classique, le ballet, le jazz… d’où une invention mélodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantés par tous. Il reste à Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scène Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scène parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 péchés capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre américaine, Weil évoque le vertige des villes des Etats-Unis, avec à défaut d’y avoir encore vécu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 péchés incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dédie à la comédie américaine à Broadway (il devient citoyen américain en 1943), grâce aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragédie de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent à réinventer le genre musical et théâtral dans la première moitié du XXè.
Face au sérialisme bon teint d’une élite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill représente aujourd’hui cette veine poétique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, à su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaître aujourd’hui la modernité et la singularité de son théâtre : poétique, délirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mélodies inoubliables (Mack the Knife tiré de l’Opéra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship…) : il illustre un genre indétrônable et inusable dont la saveur et la noirceur, le réalisme cynique et la grâce poétique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opéra ballet Les 7 péchés capitaux qui démentiront cette qualité.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’OpĂ©ra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scène : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
Lumière : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La Mère : Frédéric Caton
Le Père : Carl Ghazarossian
Les Frères : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la réalisation d’un rêve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sœurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes américaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle cité chaque année. Anna II tentée, sollicitée manquent de succomber aux 7 péchés (la paresse, l’orgueil, la colère, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnée et mesurée, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposés, les frasques de leur progénitures en mal de sensations : à chaque ville explorée, sa tentation capitale… la première ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colère) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, après sept ans, les deux Annas ont engrangé un beau pactole ; rentrées en Louisiane, elles permettent que la famille édifie enfin la maison familiale tant espérée.

 
 

TOURS, Benjamin Pionnier et Gilles Apap jouent Mozart et Arriaga

APAP-Gilles-Apap-violon--concert-annonce-evenemnt-sur-classiquenews-mars-2018-gaveau-paris-28-marsTOURS, les 1er, 2 déc 2018 : MOZART, ARRIAGA. Le chef d’orchestre et directeur de l’Opéra de Tours, Benjamin Pionnier poursuit le cycle des concerts symphoniques à Tours et propose début décembre un très prometteur programme comprenant des œuvres de Mozart (ouverture de Cosi fan tutte le dernier des opéras de la trilogie Da Ponte), ARRIAGA (jeune prodige mort trop jeune : symphonie en ré majeur). En vedette de ce concert réjouissant, le violoniste hors normes, véritable personnalité charismatique qui décloisonne l’image de la musique classique, par sa décontraction et sa générosité vers le public, Gilles Apap (Concerto pour violon et orchestre n°5 de Mozart ; Airs Bohémiens de Pablo de Sarasate). Gilles Apap qui sait nourrir sa propre expérience musicale en jouant les musiques populaires, a trouvé une voie enivrante, réconfortante, entre extrême virtuosité technicienne et beauté intérieure du son. C’est donc comme l’affiche du concert l’indique, un Mozart décomplexé, désemperruqué, et finalement « pop » qui assure l’intérêt du programme à Tours, et très probablement sa réussite… Concert événement.

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TOURS, concert Mozart, Arriagaboutonreservation
Gilles Apap, violon
Samedi 1er dĂ©cembre 2018 – 20h
Dimanche 2 dĂ©cembre 2018 – 17h

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Programme :

Wolfgang Amadeus MOZART
Ouverture de Cosi fan tutte

Concerto pour violon et orchestre n° 5 en la majeur KV.219
Gilles Apap, violon

Pablo de SARASATE
Airs Bohémiens pour violon et orchestre Op.20

Juan CrisĂłstomo de ARRIAGA
Symphonie en ré majeur

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

Conférences de présentation au concert symphonique de décembre à TOURS

Samedi 1er dĂ©cembre – 19h
Dimanche 2 dĂ©cembre – 16h
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar / EntrĂ©e gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

 mozart concert opera de tours decembre 2018 apapa annonce critique classiquenews

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TOURS. Premier concert symphonique de Benjamin Pionnier dans son théâtre

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'OpĂ©ra de ToursTours. Les 5 et 6 novembre 2016 : Elgar, Tanguy, Rachmaninov. Nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Tours, Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre « maison », dans un programme apparemment Ă©clectique, mais en rĂ©alitĂ© riche en filiations tĂ©nues, en Ă©chos et correspondances d’une pièce Ă  l’autre. A la diversitĂ© affichĂ©e, le programme sait aussi proposer Ă  l’écoute des oeuvres aussi rares que somptueuses, tels les Variations Enigma de Elgar, – dont rĂ©cemment Daniel Barenboim a enregistrĂ© les superbes Symphonies 1 et 2 chez Decca avec la Staatskapelle de Berlin. Lectures enthousiasmantes qui expriment au plus juste la caractère intĂ©rieure, le raffinement instrumental et la grande finesse mĂ©lodique d’Elgar. Les Variations Enigma opus 36 sont crĂ©Ă©es Ă  Londres Ă  la fin du siècle industriel, soit 1899. Le triomphe immĂ©diat de la partition affirme le gĂ©nie de l’auteur, alors quadragĂ©naire (42 ans). Il y a bien 2 Ă©nigmes musicales dont la clĂ© et le secret se trouvent prĂ©servĂ©s dans la musique elle-mĂŞme: la première (6 mesures en sol mineur pour cordes seules) serait ĂŞtre le contrepoint d’un hymne cĂ©lèbre (God save the King?) ; la seconde englobe les 14 variations qui suivent et qui, selon Elgar, dresse le portrait intime de ses proches. Chacun devait alors se reconnaĂ®tre… La facĂ©tie, l’humour et l’allusion n’écarte pas un sentiment de grandiose et de solennel qui inscrit naturellement Elgar tel le compositeur de l’Empire Britannique, chantre de la grandeur du règne de la Reine Victoria…
Autre temps forts de ce programme riche et diversifiĂ©, la Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 43, qui permet Ă  l’Orchestre de s’associer le feu trĂ©pidant de la jeune pianiste Lise de la Salle : Ă©crit en Suisse, crĂ©Ă© Ă  Baltimore en 1934, la Rhapsodie tĂ©moigne du dernier Rachma pianiste compositeur, car la partition est bien son ultime et 5ème Concerto pour piano … L’intensitĂ© du morceau, sa forme libre, proche de l’improvisation inspira Ă  Fokine un ballet qui fut rĂ©alisĂ© avec l’accord de l’auteur en 1939. La Rhapsodie cumule 24 variations sur le thème du 24è Caprice de Paganini : un dĂ©fi pour le compositeur et une transe progressive pour l’interprète. C’est aussi l’affirmation d’un principe crĂ©ateur qui joue de la Variation comme d’un cadre Ă  la fois inspirant et pourtant conforme au canevas de dĂ©part. En somme Rachmaninov suit la mĂŞme règle que Brahms dans ses Variations sur un thème de Haydn. De sorte que cohĂ©rent et divers pourtant, le programme porte bien son titre : « Variations ». Premier concert de la saison symphonique 2016 – 2017 de l’OpĂ©ra de Tours.

OpĂ©ra de Tours, saison symphonique 2016 – 2017
Concert inaugural : « Variations »
Samedi 5 novembre 2016 – 20h
Dimanche 6 novembre 2016 – 17h

Conférences : présentation des oeuvres au programme :
Samedi 5 novembre – 19h
Dimanche 6 novembre – 16h
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Johannes BRAHMS
Variations sur un thème de Haydn – Op.56

Edward ELGAR
Variations Enigma – Op.36

Eric TANGUY
Adagio pour cordes (2009)

SergueĂŻ RACHMANINOV
Rhapsodie sur un thème de Paganini – Op.43 pour piano et orchestre
Lise de la Salle, piano

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours
02.47.60.20.00

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 Ă  12h00 / 13h00 Ă  17h45

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theatre-billetterie@ville-tours.fr

TOURS, rĂ©cital lyrique : Annick Massis chante Bellini, Gounod, Verdi…

massis-annick-soprano-coloratoure-recital-opera-classiquenewsTOURS, Opéra. Récital Annick Massis, vendredi 16 septembre 2016, 20h. Coloratoure exceptionnelle, la soprano Annick Massis est l’une des rares cantatrices française à maîtriser autant le bel canto italien (Rossini impeccables et de grand style ; Bellini murmuré, précis, enivré) que les grands rôles du romantisme française (Gounod, Massenet). Avec Véronique Gens, nous tenons les chanteuses soucieuses d’articulation comme de justesse expressive. A Tours, avec la complicité de l’orchestre maison, la diva française ouvre la nouvelle saison de façon magistrale par ce récital lyrique incontournable : elle rend hommage aux maîtres de l’opéra romantique français et italien, en un chant raffiné, aux phrasés spécifiques d’une grande diseuse, à la ligne vocale au souffle maîtrisé…
De Norma (Bellini), Annick Massis exprime l’ineffable air de la prêtresse gauloise (comme Velléda) amoureuse d’un romain mais trahie par lui… air à la lune qui recueille ses espoirs perdus mais reste porté par sa force morale intacte (casta diva) ; puis, la soprano est Juliette (Gounod) : ardente et passionnée, d’une juvénilité conquérante malgré la tragédie qui l’emporte. De Verdi, voici Violetta Valéry, défaite, déchirante au II (Addio del passato), où la courtisane qui a trouvé le pur amour, doit renoncer à tout bonheur… Enfin, Annick Massis choisit l’air le plus pyrotechnique qui soit de l’opéra français fin de siècle (air du Cours la Reine de Manon de Massenet, air de triomphe marqué par l’insouciance de la jeunesse) enfin la diva française ressuscite la dignité tragique de Maria Stuarda (Donizetti). Récital ambitieux mais passionnant par l’une de nos plus grandes chanteuses actuelles.

Oeuvres de Donizetti, Bellini, Rossini, Massenet, Gounod, Debussy. L’orchestre de l’Opéra (Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours) est dirigé par le nouveau directeur du Théâtre de Tours, Benjamin Pionnier.

tours-opera-orchestre-grand-theatre-benjamin-pionnier-saison-2016-2017-clic-de-clasiquenewsOpéra de Tours
RĂ©cital de la soprano Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
RESERVEZ

Programme

• Vincenzo Bellini :
- Norma :
- Ouverture
- Casta Diva
- Capuleti e Montecchi. Eccomi… o quante volte
- Adelson e Salvini – Sinfonia

• Charles Gounod : Roméo et Juliette
- Entr’acte de l’acte II
- Air du poison : Dieu quel frisson
- Le Sommeil de Juliette
- Valse de Juliette : Je veux vivre.

• Giuseppe Verdi :
- I Vespri Siciliani – Sinfonia
- La Traviata : Addio del passato

Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo

Jules Massenet : Manon : Le Cours la Reine

Gioachino Rossini : Ouverture de Semiramide

• Gaetano Donizetti :  Maria Stuarda : Oh, nube, che lieve

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlèvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scène.

Nouvel Enlèvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra. Mozart: L’enlèvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux Lumières de la fraternitĂ© et de l’amour… La nouvelle production de l’Enlèvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours (crĂ©e en Allemagne et bientĂ´t reprise Ă  Toulouse) convainc par sa cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scène. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrète, intime dès la première scène d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cĹ“ur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©.

Tout d’un coup, la figure de maĂ®tre oriental en son sĂ©rail, s’adoucit et sa relation avec sa belle captive Konstanz, vraie figure de la fidĂ©litĂ© amoureuse, gagne en intensitĂ©. A mesure que la jeune femme confirme son amour pour le seul Ă©lu de son cĹ“ur : Belmonte, le Pacha ne cesse de redoubler son dĂ©sir de possĂ©der Konstanz en laquelle il voit l’incarnation de cette femme idĂ©ale qu’il a perdu ; d’oĂą en ouverture, et sur la musique du lever de rideau, les ombres du Pacha et des jeunes femmes qui dĂ©filent entre ses mains (Ă  la manière du prince en quĂŞte de Cendrillon) : toujours trouver celle qui l’obsède.  L’importance rĂ©servĂ©e au personnage de Selim rĂ©Ă©quilibre la partition et Ă©vite bien des traitements caricaturaux, vus et revus ailleurs, entre Occidentaux et Musulmans.

Le plateau vocal très solide oĂą rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu théâtral, la comĂ©die en musique oĂą le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂŞme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, associant chant et théâtre pur, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂą le personnage central, moteur est un rĂ´le parlĂ© ; oĂą le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂ´lier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂ´le). On assiste enthousiaste aux dĂ©buts de la pĂ©tillante Jeanne Crousaud en Blonde, double apparemment lĂ©ger mais en vĂ©ritĂ© clairvoyant de Konstanz, qui sait manipuler l’odieux Osmin… L’homogĂ©nĂ©itĂ© de la distribution permet de mieux goĂ»ter encore les Ă©quilibres dramatiquement entraĂ®nant prĂ©servĂ©s par le chef… Tout avance ici avec une attention Ă  la double nature de l’ouvrage, comique et sĂ©rieux Ă  la fois. Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfèvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ©e opère, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’Enlèvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlèvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scène. Encore une date Ă  TOURS, mardi 1er mars 2016. A ne pas manquer.

Opéra de Tours

Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

L’Enlèvement au SĂ©rail de Mozart

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’après Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne

Direction musicale : Thomas Rösner
Mise en scène : Tom Ryser
DĂ©cors : David Belugou
Costumes : Jean-Michel Angays et Stéphane Laverne
Lumières : Marc Delamézière

Konstanze : Cornelia Götz
Blonde : Jeanne Crousaud
Belmonte : Tibor Szappanos
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

L’Enlèvement au SĂ©rail Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opĂ©ra des femmes ?Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’Enlèvement au SĂ©rail. Les 26,28 fĂ©vrier et 1er mars 2016. Au dĂ©but des annĂ©es 1780, en pleine vogue orientalisante, la turquerie lyrique de Mozart tient l’affiche de l’OpĂ©ra de Tours en fĂ©vrier et mars 2016. Propre au Siècle des Lumières, et aux idĂ©aux humanistes cultivĂ©s dans les cercles maçonniques que Mozart a frĂ©quentĂ©s, L’Enlèvement au SĂ©rail est un chef d’oeuvre de vertiges amoureux, entre retrouvailles et Ă©preuves (comme en tĂ©moignent les deux couples Constanze et Belmonte et leurs serviteurs, Pedrillo et Blonde) ; c’est aussi sous un prĂ©texte orientaliste (turquerie dans le goĂ»t du XVIIIè : Mozart compose une musique typĂ©e orientale), la dĂ©nonciation de tous les totalitarismes, des pratiques indignes de la torture, tels qu’ils apparaissent sous les figures du Pacha Selim (rĂ´le parlĂ©) et de son serviteur zĂ©lĂ© et d’une perversitĂ© terrifiante s’il n’Ă©tait son caractère loufoque et bouffon, Osmin, gardien du sĂ©rail et ici, dans la galerie des portraits mozartiens, basse comique d’une agilitĂ© redoutable.

La partition est tout Ă  la fois une mĂ©ditation sur la conquĂŞte amoureuse et une charge contre l’oppression et toutes les tyrannies. Mais cet ordre de la barbare violence doit finalement s’incliner devant la force de l’amour (Amor vincit omnia). L’ouvrage offre aussi l’occasion au compositeur de rĂ©former le genre lyrique lui-mĂŞme, mi théâtre, mi opĂ©ra puisque le rĂ´le central du Pacha est parlĂ© et non chantĂ©. Depuis son opĂ©ra seria, Idomeneo, dont le chant de l’orchestre confère Ă  l’ĂŞuvre théâtral un souffle symphonique, L’Enlèvement Ă©blouit par sa parure instrumentale, l’une des plus raffinĂ©es de Mozart, qui aime choisir avec soin, chaque timbre selon la couleur Ă©motionnelle du personnage, dans la situation prĂ©cise concernĂ©e.
L’Empereur Joseph II aurait applaudi lors de la crĂ©ation tout en reprochant au compositeur une surabondance de notes… comme il fut reprocher Ă  Rameau, gĂ©nie de l’opĂ©ra antĂ©rieur, qu’il avait Ă©crit avec son premier ouvrage (Hippolyte et Arice de 1733), suffisamment de musique pour 10 ouvrages. GĂ©nĂ©rositĂ©, verve inspirĂ©e, flux musical jusqu’au dĂ©bordement… seraient)ce lĂ  les symptĂ´mes du gĂ©nie musical ?

boutonreservationL’Enlèvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours
3 dates incontournables
Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

ConfĂ©rence / PrĂ©sentation de l’opĂ©ra L’enlèvement au SĂ©rail de Mozart
Samedi 20 fĂ©vrier 2016 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’après Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne
Editions Bärenreiter-Verlag Kassel . Basel . London . New York . Praha

Direction musicale : Thomas Rösner *
Mise en scène : Tom Ryser *
DĂ©cors : David Belugou *
Costumes : Jean-Michel Angays * et Stéphane Laverne *
Lumières : Marc Delamézière

Konstanze : Cornelia Götz *
Blonde : Jeanne Crousaud *
Belmonte : Tibor Szappanos *
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper *
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser *

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Infos et rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

PIANO ENCHANTEUR : Adam Laloum Ă  ToursLe clou de ce dernier programme symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours est le 2ème Concerto pour piano de Johannes Brahms. Soliste annoncĂ©, le laurĂ©at du Prix Clara Haskil 2009, Adam Laloum (nĂ© en 1987), Ă©lève au CNSMD de Paris, de Michel BĂ©roff. Adam Laloum, le poète des pianistes français et certainement le plus mĂ©ditatifs d’entre tous fait l’affiche de ce concert prometteur : on sait jusqu’à quels piani introspectifs le chef Jean-Yves Ossonce (dont le public de Tours vit le dernier cycle symphonique ici mĂŞme depuis l’annonce de dĂ©mission) aime conduire son orchestre tourangeau : telle capacitĂ© allusive, jouant sur le murmure timbrĂ©, mettant en avant la couleur de chaque instrument exposĂ©, s’est entendue prĂ©cĂ©demment dans des TchaĂŻkovski pour nous devenus mĂ©morables (LIRE notre compte rendu de la Symphonie n°6 de Tchaikovski en novembre 2014 par Jean-Yves Ossonce). La combinaison du pianiste dĂ©jĂ  invitĂ© Ă  Tours et du maestro sur la scène de l’OpĂ©ra pouvait nous laissait espĂ©rer l’impossible.

Or l’alchimie a bien eu lieu … et le jeu miroitant, diaphane, ciselé, d’une tendresse enfantine et amoureuse surtout dans l’Andante du jeune pianiste français s’est déployé sans masque si ce n’est celui assumé de la pudeur. Tout le Concerto pour piano n°2 de Brahms d’une ampleur symphonique affirmée (avec ses 4 mouvements), laisse pourtant le chant du clavier s’épanouir, entre la tragédie sombre à peine voilée, la digression facétieuse (en particulier dans le dernier mouvement grazioso où scintille les motifs populaires, rythmes hongrois réservés aux cordes), et au cœur de la sensibilité brahmsienne, une hypersensibilité affective qui est la clé de cette noblesse qui retourne toujours à l’intime et à la pudeur blessée. L’agilité faune, la versatilité dynamique, la caresse du piano d’Adam Laloum font le miel d’une soirée d’une très haute musicalité à Tours où chaque mouvement berce par une sincérité de ton qui d’un épisode à l’autre, rétablit la grande cohérence du cycle orchestral dans son entier.

On sait grĂ© au chef de nous servir avec une finesse d’élocution tĂ©nue, l’admirable combinaison de certains timbres appareillĂ©s (cor Ă©videmment, hautbois, sans omettre le violoncelle au dĂ©but et Ă  la fin de l’Andante qui respire alors au diapason du clavier complice : mĂŞmes vibrations accordĂ©es entre les deux instruments. Un très grand moment de plĂ©nitude … purement musicale (pour plaire au critique Eduard Hanslick, dĂ©fenseur acharnĂ© et souvent partisan de Brahms).  Le piano enivrĂ©, extatique, parfois rugissant d’Adam Laloum s’accorde Ă  l’engagement du chef. Ce Brahms ambivalent, Ă  la fois solaire et crĂ©pusculaire, combinant la tĂ©nèbre et la grâce lumineuse ressuscite ainsi en un acte d’une complicitĂ© accomplie.

 

 

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Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

La Belle HĂ©lène d'Offenbach Ă  ToursProchain Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours : La Belle HĂ©lène d’Offenbach, les 26,27,30 et 31 dĂ©cembre 2015. LIRE notre prĂ©sentation complète : … ElĂ©gance, souplesse, ivresse mĂ©lodique … pour Pisani, La Belle HĂ©lène rassemble toute les qualitĂ©s d’une grande Ĺ“uvre : une opĂ©rette dont la subtilitĂ© se rapproche de l’opĂ©ra;  politiques vĂ©reux mais très arrogants, dĂ©esses dĂ©vergondĂ©es et bergers complices portĂ©s sur la cabriole… Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau dans sa formidable PlatĂ©e (prĂ©figuration de la future comĂ©die musicale Ă  venir, dĂ©jĂ  en 1745….) nous tend le miroir : la sociĂ©tĂ© portraiturĂ©e dans La Belle HĂ©lène sous couvert de gags Ă  gogo et de tableaux dĂ©lirants …

 

 

 

Tours, Grand Théâtre. Samedi 7 novembre 2015. Butterworth, Tchaikovsky, Massenet, De Falla. Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours. Sarah Nemtanu, violon (Tchaikovski). Jean-Yves Ossonce, direction.

Compte rendu, concert. Tours, OpĂ©ra. Le 7 novembre 2015 : Tchaikovski, Massenet, De Falla. OSRCVDLT, Jean-Yves Ossonce, direction. PoĂ©sie et richesse des folklores Ă  l’OpĂ©ra Théâtre de Tours. GĂ©nĂ©reuse offrande que celle du chef de l’OSRCVDL-T, c’est Ă  dire Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours, rebaptisĂ© rĂ©forme territoriale oblige : le redĂ©coupage de la carte des rĂ©gions agrandit les territoires et les titres en consĂ©quence, sans pour autant augmenter les budgets de fonctionnement… Qu’importe, le maestro Jean-Yves Ossonce en place depuis 1999, -bientĂ´t absent Ă  compter de septembre 2016, depuis la dĂ©claration de sa dĂ©mission volontaire-, nous offre de fait une gĂ©nĂ©reuse soirĂ©e symphonique dont l’Ă©clectisme apparent, vrai tour europĂ©en des styles : russe avec Piotr Ilitch, français acadĂ©mique avec Massenet, furieusement ibĂ©rique grâce Ă  De Falla, enfin britannique poĂ©tique avec Butterworth, ne doit pas occulter la profonde cohĂ©rence ; car c’est surtout un hommage Ă  cette inspiration que l’on s’obstine Ă  vouloir anecdotique voire artificielle, pourtant essentielle pour l’Ă©panouissement des tempĂ©raments ou des Ă©critures : le folklore.

 

 

 

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Rien de dĂ©coratif Ă  l’Idyll n°1 de Butterworth mais l’expression d’une rĂŞverie qui passe surtout par la virtuositĂ© toute intĂ©rieure des instruments en particulier l’Ă©lĂ©gance du hautbois, chantre d’un pastoralisme très sĂ©duisant, jouĂ© chantant et suggestif.

Puis c’est le clou de la soirĂ©e : le Concerto pour violon de Tchaikovski, dĂ©ferlement sensible et si tendre d’un cri du cĹ“ur, probablement celui du compositeur lui-mĂŞme, alors foudroyĂ© par les suites presque tragiques de son mariage ratĂ© avec Antonina Milyukova. En 1879, Piotr Ilitch retrouve un regain de crĂ©ativitĂ© et compose son Concerto unique et singulier, peut-ĂŞtre sĂ©duit par la personnalitĂ© du jeune violoniste Iosif Kotek, son Ă©lève et ami qui l’avait rejoint. En mars 1879, naĂ®t ainsi ce chef d’oeuvre d’une tendresse Ă  la fois Ă©perdue et solaire, d’une Ă©lĂ©gance inouĂŻe que la soliste invitĂ©e, premier violon solo du National de France, Sarah Nemtanu, elle-mĂŞme fille de musiciens chevronnĂ©s, aborde avec une assurance indiscutable, s’affranchissant d’emblĂ©e de toute tiĂ©deur douceâtre pour inscrire le Concerto dans une dĂ©termination Ă  la parfaite musicalitĂ©. La violoniste observe un corps Ă  corps musclĂ©, parfois très tranchĂ© avec l’orchestre, mais elle sait aussi Ă©blouir par sa musicalitĂ© introspective et des couleurs d’une pudeur profonde voire grave en particulier dans la Canzonetta ou second mouvement : l’Ă©pisode en parfaite complicitĂ© avec chef et instrumentiste prend alors des allures de rĂŞverie nocturne, soulignant le repli et la mĂ©ditation oĂą s’affirme le chant suave irrĂ©sistible lui aussi de la clarinette… La soliste aborde ensuite le dernier mouvement Rondo final avec la vivacitĂ© requise, celle d’une exploratrice Ă  la fois dominatrice et passionnĂ©e, vĂ©ritablement emportĂ©e par le feu de cette danse devenue transe oĂą le chant du violon se fait cri de victoire. Le spectateur suit l’Ă©loquence du violon d’une agilitĂ© trĂ©pidante, relevant les dĂ©fis spectaculaires d’une partition qui ayant Ă©tĂ© estimĂ©e “injouable”, ne fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne intĂ©gralement et dans sa version pour orchestre qu’en novembre 1881.

Les deux compositeurs qui suivent (après l’entracte) dĂ©montrent l’appĂ©tit du chef, sa curiositĂ© rare, et l’implication des instrumentistes de l’orchestre Ă  le suivre : c’est toujours sur le thème de la soirĂ©e, un hommage Ă  l’inspiration musicale portĂ©e par la richesse des folklores ; si l’on veut bien reconnaĂ®tre chez Tchaikovski, une certaine idĂ©e parfaitement russe de la mĂ©lancolie et de l’ivresse romantique ; chez Butterworth, ce pastoralisme inspirĂ© par la beautĂ© des comtĂ©s britanniques, d’emblĂ©e Massenet impose le motif provincial (dans le titre mĂŞme de sa Suite pour orchestre) : Scènes alsaciennes qui crĂ©Ă©es en 1882 par Edouard Colonne au Châtelet, claironne aussi tel un manifeste politique clairement nostalgique : l’Ă©poque est au patriotisme, renforcĂ© chez les musiciens par la crĂ©ation de la SociĂ©tĂ© nationale de Musique (fondĂ©e en 1871 par Camille Saint-SaĂ«ns au lendemain de la dĂ©faite française). AnnexĂ©e Ă  la Prusse depuis 1870, l’Alsace est une terre fraternelle, dĂ©sormais perdue que le poète compositeur chante et regrette : convoquant le dimanche matin Ă  l’heure des offices, le tapage joyeux du Cabaret sur la grand rue, l’Ă©treinte amoureuse du couple sous les tilleuls (dialogue enivrĂ©e, murumurĂ©e entre le violoncelle et la clarinette)… Jean-Yves Ossonce a la baguette vive et nerveuse, sachant jouer des dynamiques et des couleurs d’un orchestre franc, expressif, d’une couleur parfois militaire ; d’ordinaire  placĂ© plus bas, dans la fosse aux heures de la saison lyrique du mĂŞme théâtre l’orchestre se trouve ce soir sur la scène faisant valoir sa dĂ©fense d’une partition aujourd’hui disparue ; et d’ailleurs, l’acuitĂ© du trait, la facilitĂ© des passages intimistes et triomphants voire bruyants (l’ivresse Ă  peine masquĂ©e des bois dans Au Cabaret) rappellent cette plasticitĂ© dramatique qui chez Puccini rĂ©cemment (Il Trittico, mars 2015 : reportage vidĂ©o) et les Français (Ravel pour L’Heure espagnole et La Voix Humaine de Poulenc, la saison dernière : reportage vidĂ©o, avril 2015) sans omettre un Massenet de mĂŞme euphorie (ThaĂŻs, reportage vidĂ©o, octobre 2011), font la sĂ©duction d’un collectif tout autant impliquĂ© pour l’opĂ©ra.

Somptueuse conclusion, et d’une fluiditĂ© plus envoĂ»tante encore, grâce Ă  une sonoritĂ© plus cohĂ©rente, la Suite n°2 du Tricorne de Manuel De Falla (1921) convainc totalement tout en servant elle aussi parfaitement le thème choisi : De Falla y assemble en un puzzle irrĂ©sistible de couleurs et de rythmes, un festival de danses espagnoles, chacune marquant d’un tempĂ©rament fort, la carrure et le dĂ©veloppement de chaque Ă©pisode ; ainsi castillane est la noblesse courtoise (urbaine) de Los Vecinos : car c’est bien une SĂ©guedille qui ouvre ce triptyque d’une Ă©poustouflante vivacitĂ© entre grâce et nerf ; puis orchestre et chef impriment Ă  la danse virile, Farruca (provenant de Galice), son expressivitĂ© âpre et très contrastĂ©e, cependant que le finale, – Jota des plus passionnĂ©es et flamboyantes (avec castagnettes trĂ©pidantes)-, emporte tout l’orchestre dans un dĂ©ferlement d’accents et de scintillements eux aussi victorieux. Le geste est clair et carrĂ©, l’attention aux timbres, constante, et Ă  travers la cohĂ©rence du programme et le caractère de certains Ă©pisodes qui d’un compositeur Ă  l’autre, se rĂ©pondent indiscutablement (Au Cabaret de Massenet et cette Joa endiablĂ©e, ivre, de De Falla), s’impose Ă  Tours un goĂ»t sĂ»r pour les partitions hautement colorĂ©es, subtilement introspectives.

Jean-Yves Ossonce sait entretenir le feu symphonique, d’autant que le prochain rendez-vous promet un Ă©gal engagement en complicitĂ© avec un soliste de premier plan :  Adam Laloum, le poète des pianistes, dans le Concerto pour piano de Brahms, couplĂ© avec Mort et transfiguration de Richard Strauss et La Valse de Ravel… nouveaux dĂ©fis, nouveaux accomplissements. Les 5 et 6 dĂ©cembre 2015 Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

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Illustration : Poésie et richesse des Folklores, lyrisme éperdu et tendre de Tchaikovski à Tours : la violoniste Sarah Nemtanu et le chef Jean-Yves Ossonce : accord parfait dans le Concert pour violon de Tchaikovski (DR : © G. Proust / Opéra de Tours novmebre 2015).

 

Tchaikovski, Massenet… Concert Symphonique Ă  Tours

ossonce jean yves osrct symphonique toursTours. Concert Tchaikovski, Massenet, Falla. Les 7 et 8 novembre 2015.  AffinitĂ©s tchaikovskiennes… On se souvient d’une exceptionnelle Symphonie n°6 de Tchaikovski par Jean-Yves Ossonce et l’Orchestre tourangeau : sur le plan interprĂ©tatif : profondeur, gravitĂ©, tendresse et introspection. Sur le plan artistique, complicitĂ©, entente, Ă©coute rĂ©ciproque. Un accomplissement rĂ©alisĂ© en novembre 2014 et qui pourrait se renouveler un an après… les 7 et 8 novembre prochains, pour le concert d’ouverture de la nouvelle saison symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours, tant chefs et instrumentistes s’entendent visiblement dans l’expression de la sensibilitĂ© tchaikovskienne. Le Concerto pour violon, sommet de la sensibilitĂ© romantique version russe est l’affiche du programme de l’OpĂ©ra de tours, constituant sa pièce maĂ®tresse oĂą la violoniste Sarah Nemtanu assure la partie solistique. LIRE notre compte rendu critique du concert 6ème Symphonie de Tchaikovski par Jean-Yves Ossonce et l’Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours.

 

 

 

Tchaikovski romantique, Massenet nostalgique

 

Temps fort et séance inaugurale de la saison symphonique de l'Opéra de Tours avec par Jean-Yves Ossonce, la 6ème "Pathétique" de Tchaikovski : les 15 et 16 novembre 2014

Temps fort et sĂ©ance inaugurale de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours avec par Jean-Yves Ossonce, le Concerto pour violon de Tchaikovski : les 7 et 8 novembre 2015

Concerto pour violon de Tchaikovski : Clarens, 1878. Après son mariage raté et la séparation qui en découle, avec Antonina Milukova, Tchaïkovski, dépressif, se retire en Suisse, à Clarens, en 1878. A 38 ans, le compositeur se recentre sur une nouvelle oeuvre, probablement inspirée par la Symphonie espagnole d’Edouard Lalo.
Le compositeur pensait dédier son Concerto au violoniste Leopold Auer qui refusa cet honneur, trouvant l’oeuvre inexécutable! Adolf Brodsky, qui le joua et oeuvra pour sa notoriété auprès du public, en devint le dédicataire. Dans l’Allegro moderato, la virtuosité du violon solo conduit le développement mélodique. La Canzonetta fait entendre une nouvelle ampleur mélodique, autour d’un thème nostalgique, très vocal, dans le ton de sol mineur. Le dernier mouvement, Allegro vivacissimo impose un début tzigane bondissant, puis se succèdent motif nerveux et brillant à la Mendelssohn, et éléments de danse populaire, au caractère affirmé.

Massenet jules cherubin Jules_Massenet_portraitEgalement Ă  l’affiche de ce programme Ă©clectique, d’autant plus captivant, les pages mĂ©connues du Massenet symphoniste : Scènes Alsaciennes dont le sujet pourrait bien contester de façon nostalgique et pacifiste, l’annexion de l’Alsace Ă  l’Empire germanique depuis 1870. Au moment de la crĂ©ation d’HĂ©rodiade Ă  Bruxelles en 1881, Massenet a l’idĂ©e de composer son ultime cycle de musique symphonique pure : les Scènes Alsaciennes crĂ©Ă©es en 1882 : suivant la trame romanesque du texte de Daudet (Contes du lundi : “Alsace, Alsace”), le compositeur cĂ©lèbre avec vivacitĂ© l’acuitĂ© sensible de l’âme alsacienne : appel de la clarinette et de la flĂ»te un dimanche matin au moment de la messe (Ă©pisode serein), gaietĂ© franche et contrastĂ©e dans Au cabaret au rythme tripartite, volontairement rustique ; tendresse de Sous les tilleuls oĂą se prĂ©cise l’Ă©vocation d’un couple amoureux ; enfin l’entrain de la dernière scène, Dimanche soir, associe folklore et fanfare militaire pour une cĂ©lĂ©bration expressive elle aussi criante de vĂ©ritĂ©.

 

 

 

George Butterworth
English Idyll n°1
La saison symphonique s’ouvre sur la diversité de la musique européenne et de ses sources populaires, tout autant que sur le poids de l’histoire. George Butterworth, compositeur anglais, engagé volontaire dès 1914, fut tué pendant la bataille de la Somme le 5 août 1916. Nous lui rendons hommage avec cette English Idyll, qui plonge ses racines dans sa terre natale. Une stèle a été élevée à sa mémoire à Pozières, et son corps ne fut jamais retrouvé.

Piotr Ilitch TchaĂŻkovski
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 35
Concentré d’âme slave, le Concerto de Tchaïkovski sera interprété par Sarah Nemtanu, plus jeune violon solo jamais nommé à l’Orchestre National de France, qui l’a enregistré pour le film Le Concert et avec son orchestre dirigé par le grand Kurt Masur. À noter que la saison lyrique sera l’occasion de redécouvrir Eugène Onéguine, autre chef d’oeuvre de la même période.

Jules Massenet
Scènes alsaciennes, Suite pour orchestre n°7
Rareté que les Scènes Alsaciennes, où Massenet mêle son sens mélodique et orchestral à des effluves patriotiques (l’Alsace était alors depuis la guerre de 1870 occupée par l’Allemagne).

Manuel de Falla
Le Tricorne, Suite n°2
Les Danses du Tricorne, symbole de la musique espagnole dans son acception la plus authentique, conclueront ce programme dĂ©diĂ© Ă  l’histoire et Ă  la culture europĂ©ennes “de l’Atlantique Ă  l’Oural”.

 

 

 

Sarah Nemtanu, violon
Jean-Yves Ossonce, direction

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

boutonreservationSamedi 7 novembre – 20h
Dimanche 8 novembre – 17h
Conférence : présentation aux œuvres, les 7 novembre à 19h, 8 novembre à 16h
Grand théâtre, Salle Jean Vilar, entrée gratuite

 

 

Madama Butterfly Ă  Tours

pucciniTours, OpĂ©ra. Puccini : Madama Butterfly. Les 7,9,11,13 octobre 2015. Familier de l’OpĂ©ra de Tours, le metteur en scène Alain Garichot s’empare de la tragĂ©die amoureuse qui met en scène la jeune japonaise Cio-Cio-San, abandonnĂ©e par son Ă©poux rĂ©cemment rencontrĂ©, l’officier amĂ©ricain (Pinkerton), mais la jeune femme dĂ©soeuvree se voit contrainte au suicide par son sens de l’honneur, car le bel Ă©tranger qui l’avait Ă©pousĂ©e sans y croire, reparaĂ®t Ă  Nagazaki mais au bras de sa vĂ©ritable Ă©pouse amĂ©ricaine … Madama Butterfly est un drame exotique qui passionna Puccini. La force du sentiment exprimĂ© dĂ©passe le fait divers.  Après l’extase amoureuse et l’ivresse sensorielle d’un mariage de pacotille auquel elle est seule Ă  croire sincèrement, Cio Cio San bientĂ´t enceinte, est condamnĂ©e Ă  l’abandon et Ă  l’attente… solitude, dĂ©sespoir, trahison, humiliation sont les Ă©tapes d’un cĹ“ur juvĂ©nile et tendre qui avait cru Ă  la sincĂ©ritĂ© des sentiments Ă©changĂ©s avec l’Ă©poux Ă©tranger…
Exotique, l’opĂ©ra de Puccini Ă©carte les ficelles et les clichĂ©s d’un orientalisme anecdotique ou simplement dĂ©coratif : comme Turandot, autre drame extrĂŞme oriental (qui se dĂ©roule en Chine et qu’il laissera inachevĂ©), Puccini Ă©labore un langage orchestral inouĂŻ par son raffinement instrumental et ses harmonies imprĂ©vues, aussi moderne et colorĂ© que les partitions de Ravel et Debussy.
La force poignante de Butterfly, tragĂ©die intime dessine une gĂ©ographie personnelle et pudique que Puccini exprime avec une sensibilitĂ© inĂ©dite Ă  l’opĂ©ra. De sorte que grâce Ă  la musique, l’Ă©pisode devient drame universel. Les vertiges de la jeune japonaise atteignent convulsions et grandeur des hĂ©roĂŻnes du grand opĂ©ra. OpĂ©ra Ă©vĂ©nement Ă  Tours et qui inaugure la nouvelle saison lyrique 2015-2016 du théâtre tourangeau.

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015Pourquoi ne pas manquer cette production de Butterfly Ă  Tours ? Pour la direction toujours cohĂ©rente, dramatique et dĂ©taillĂ©e de Jean-Yves Ossonce, le travail du metteur en scène Alain Garichot toujours clair et respectueux de la partition, et dans le rĂ´le-titre, la soprano intense et fine musicienne Anne-Sophie Duprels, que les tourangeaux avaient pu dĂ©couvrir la saison dernière dans la production mĂ©morable de La Voix humaine, couplĂ©e Ă  l’Heure espagnole… (Voir le reportage vidĂ©o : La Voix humaine et L’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours). Illustration : Anne-Sophie Duprels dans La Voix Humaine de Cocteau / Poulenc Ă  l’OpĂ©ra de Tours en avril 2015.

 

 

 

boutonreservationTours, Opéra. Puccini : Madama Butterfly
4 représentations à ne pas manquer
Mercredi 7 octobre 2015 – 20h00
Vendredi 9 octobre – 20h00
Dimanche 11 octobre – 15h00
Mardi 13 octobre – 20h00

 

 

Billetterie, ouverte du mardi au samedi : 10h-12h, 13h-17h45
02 47 60 20 20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Production Opéra de Tours
Décors, costumes et accessoires réalisés dans les ateliers de l’Opéra de Tours

 

 

 

Tragédia giapponese en trois actes
Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
Création le 17 février 1904 à Milan
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Alain Garichot
DĂ©cors : Denis Fruchaud
Costumes : Claude Masson
Lumières : Marc Delamézière

Cio-Cio-San : Anne-Sophie Duprels
Suzuki : Delphine Haidan
Kate Pinkerton : Pascale Sicaud Beauchesnais
F. B. Pinkerton : Avi Klemberg *
Sharpless : Jean-SĂ©bastien Bou
Goro : Antoine Normand
Oncle Bonze : Luc Bertin-Hugault *
Commissaire : Ronan Nédélec

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Présenté en italien, surtitré en français
* débuts à l’Opéra de Tours

 

 

 

Conférence Madama Butterfly de Puccini
Samedi 3 octobre 2015,  14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

Opéra, compte-rendu critique. Tours, Grand Théâtre, le 26 mai 2015. Giuseppe Verdi : La Traviata. Eleonore Marguerre, Sébastien Droy, Kristian Paul. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Nadine Duffaut, mise en scène

Cette Traviata qui clôt la saison de la maison tourangelle, c’est avant tout une histoire d’amour entre un chef et sa Violetta. Rarement on aura vu une baguette à ce point se mettre au service d’une chanteuse, la soutenir autant, suivre la moindre de ses inflexions pour lui permettre d’aller au bout de ses sons et de ses mots. C’est le miracle opéré ce soir par Jean-Yves Ossonce et Eleonore Marguerre, pour les premiers pas de la soprano allemande dans ce rôle mythique.

 
  

Triomphe pour Eleonore Marguerre dans le rôle de Violetta Valéry

Un chef amoureux de sa très grande Violetta

 

traviatat2Un coup d’essai, véritable coup de maître, qui nous fait traverser toute la représentation des larmes aux coins des yeux.  On se souvenait d’Eleonore Marguerre en Fée dans la Cendrillon de Massenet à l’Opéra du Rhin voilà plus de dix ans, on l’avait aperçue furtivement dans le rôle de Ghita à Nancy au cours d’un mémorable Nain de Zemlinsky il y a deux ans, quelle évolution depuis ! Ce que l’instrument a perdu dans le suraigu, il l’a acquis dans un médium somptueux qui conduit à un aigu aussi riche qu’aisé, de superbes notes hautes n’empêchant en rien un grave habilement poitriné. Mais plus encore que la technicienne, d’une sécurité totale, c’est devant l’artiste, immense, qu’il convient de s’incliner bien bas. Le rôle semble avoir été pensé et mûri depuis bien longtemps, tant l’incarnation frappe avec évidence par sa justesse et sa sincérité. Dès les premières notes de « E strano », chantées dos au public, le regard perdu au milieu des flocons qui tombent le long des vitres du décor, on pressent que cette Violetta sera de celles qui comptent. « Ah fors’è lui » bouleverse : le phrasé est déployé avec une élégance, une grâce de mozartienne ; les mots sont ciselés comme rarement, chaque syllabe empreinte de sa propre force, presque recitar cantando, et pourtant chaque son demeure pleinement chanté, vibrant et pleinement incarné. Les couleurs se succèdent, toujours très proches, jamais vraiment identiques, au gré des strophes et des affects, jusqu’à une reprise de « Sempre libera » à la tendresse inédite, comme finalement conquise par l’amour tant redouté.

 

Le deuxième acte met en valeur la tragédienne, toute de douleur contenue, culminant avec un « Dite alla giovine » à fleur de lèvres et de cœur, et un « Amami Alfredo » débordant d’amour.

Le troisième acte achève en apothéose ce portrait déjà pleinement abouti de la courtisane verdienne. La lecture de la lettre, presque murmurée – y compris le funeste « E tardi » qu’elles sont trop nombreuses à jeter au silence dans un cri de désespoir –, amène naturellement à un « Addio del passato » comme éclairé par la lumière du Dieu dont elle implore la clémence, et achevé sur une messa di voce infinie, du très grand art. Jusqu’au bout, on souffre avec cette Violetta ivre de vie et pourtant fragile comme un oiseau tombé d’une branche.

 
 

CR TRAVIATA

 
 

Mais pareille réussite n’aurait pas été possible sans Jean-Yves Ossonce, qui couve sa Violetta comme un trésor.  Il faut l’entendre tisser un véritable tapis sonore sous les pas de sa chanteuse, lui tendre ses notes, guider l’orchestre au milieu de ses soupirs.  Un exemple entre mille : dans le duo « Parigi o cara », lorsque la soprano reprend le thème, qu’il est bon de voir le chef ralentir sensiblement sa battue et ajuster son tempo afin de lui permettre ses plus beaux pianissimi, dans une osmose musicale totale.

 

traviatat5Face Ă  cette communion, le reste de la distribution demeure quelque peu en retrait, malgrĂ© d’excellentes performances. SĂ©bastien Droy incarne un Alfredo très attachant, excellent musicien et semblant avoir gagnĂ© en aisance dans l’aigu, mais dont l’émission audiblement très couverte et un rien engorgĂ©e manque de rayonnement. Il faut attendre le dernier duo et la dĂ©licatesse dans les piani qu’il permet pour profiter pleinement d’un chant simple et naturel de la part du tĂ©nor français. A ses cĂ´tĂ©s, Kristian Paul – remplaçant Enrico Marrucci initialement prĂ©vu – ne fait qu’une bouchĂ©e du rĂ´le de Germont grâce Ă  sa voix aussi imposante que sa stature de gĂ©ant. Si le mĂ©dium apparaĂ®t parfois charbonneux, l’aigu en revanche est d’une aisance totale, et l’interprète ose de très belles nuances, peignant un portrait finalement touchant du terrible patriarche. Tous les seconds rĂ´les sont bien tenus, de la Flora veloutĂ©e de Pauline Sabatier au docteur percutant de Guillaume Antoine, en passant par l’omniprĂ©sente Annina de la sonore Blandine Folio Peres. La mise en scène bien connue de Nadine Duffaut fonctionne toujours, depuis sa crĂ©ation Ă  Massy en 2006. Situant l’action au cĹ“ur de l’HĂ´tel Lutetia durant l’Occupation, Violetta expirant, le crâne tondu, Ă  la LibĂ©ration, cette scĂ©nographie vaut surtout par ses somptueux dĂ©cors et ses beaux costumes, le talent des solistes et la musique de Verdi faisant le reste. Le maĂ®tre de Busseto est superbement servi ce soir, grâce aux chĹ“urs maison, toujours impeccablement prĂ©parĂ© par Emmanuel Trenque – dont c’était la dernière production Ă  Tours, la suite de sa carrière se dĂ©roulant dĂ©sormais Ă  Marseille –, et Ă  l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours en pleine forme, distillant de remarquables soli, notamment un superbe hautbois.

Le chef galvanise ses troupes, offrant une partition très complète, incluant toutes les strophes des airs, y compris cabalettes et reprises, un vrai régal.

Une grande soirée durant laquelle l’émotion nous aura pris par surprise, grâce à la découverte d’une nouvelle Violetta, d’ors et déjà une très grande Violetta.

 

 

 

 

Tours. Grand Théâtre, 26 mai 2015. Giuseppe Verdi : La Traviata. Livret de Francesco Maria Piave d’après Alexandre Dumas. Avec Violetta : Eleonore Marguerre ; Alfredo : SĂ©bastien Droy ; Germont : Kristian Paul ; Flora : Pauline Sabatier ; Annina : Blandine Folio Peres ; Gastone : Yvan Rebeyrol ; Baron Douphol : Ronan NĂ©dĂ©lec ; Marquis d’Obigny : François Bazola ; Docteur Grenvil : Guillaume Antoine. ChĹ“urs de l’OpĂ©ra de Tours ; Chef de chĹ“ur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours. Jean-Yves Ossonce, direction musicale ; Mise en scène : Nadine Duffaut. Assistante mise en scène : Patricia Horvarth ; Emmanuel Favre ; Costumes : GĂ©rard Audier ; Lumières : Jacques Chatelet ; Assistant lumières : Olivier Verecchia ; ChorĂ©graphie : Tatiana Gomez ; Chef de chant ; Vincent Lansiaux

 

Illustrations: © François Berthon / Opéra de Tours 2015

 
 

Nouvelle Traviata Ă  Tours

verdi La TraviataTours, OpĂ©ra. Verdi : La Traviata. Les 20,22,24,26 mai 2015. InspirĂ©e de La Dame aux CamĂ©lias (Alexandre Dumas Fils), La Traviata est avant tout une histoire d’amour bouleversante et rĂ©aliste, dans laquelle le rĂ´le principal, -focus scandaleux-, est rĂ©servĂ©, pour la première fois, Ă  une courtisane. Elle est jeune, jolie, surtout malade donc condamnĂ©e. Dumas fils doit faire mourir son hĂ©roĂŻne pour qu’elle expie ses fautes commises par irrĂ©vĂ©rence des convenances, au mĂ©pris de la morale bourgeoise…
Sobre et essentiellement intimiste, c’est Ă  dire huit clos Ă  3 personnages : la soprano amoureuse, le tĂ©nor “trahi”, le baryton (père la morale) -, La Traviata (la fourvoyĂ©e en italien), bouleverse par le sacrifice consenti par la pècheresse, soucieuse de se sacrifier pour sauver l’honneur de la famille Germont, le fils qu’elle a aimĂ©, et le père qui le lui demande.

 

 

 

Reprise de La Traviata Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Violetta, mythe sacrificiel

 

Vague verdienne en juin 2014Verdi construit le drame par Ă©tape, chacune accablant davantage la prostituĂ©e qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, Ă  Paris, dans les salons dorĂ©s de la vie nocturne : c’est lĂ  que Violetta se laisse sĂ©duire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rĂ©tablir les biensĂ©ances : souhaitant marier sa jeune fille, le dĂ©shonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette Ă  la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur rĂ©conciliation finale scelle le salut et peut-ĂŞtre la rĂ©demption de cette Madeleine romantique. LIRE notre dossier spĂ©cial La Traviata Ă  Tours

 

 

 

boutonreservationLa Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Nadine Duffaut, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Reprise d’une production reprĂ©sentĂ©e Ă  Avignon en 2002

Mercredi 20 mai 2015 – 20h
Vendredi 22 mai 2015 – 20h
Dimanche 24 mai 2015 – 15h
Mardi 26 mai 2015 – 20h

Opéra en quatre parties
Livret de Francesco Maria Piave, d’après Alexandre Dumas Fils
Création le 6 mars 1853 à Venise
Editions Salabert-Ricordi (Ă©dition critique)

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Nadine Duffaut

Violetta Valéry : Eleonore Marguerre *
Flora Bervoix : Pauline Sabatier
Annina : Blandine Folio Peres *
Alfredo Germont : SĂ©bastien Droy
Giorgio Germont : Enrico Marrucci
Baron Douphol : Ronan NĂ©delec
Docteur Grenvil : Guillaume Antoine *
Gastone : Yvan Rebeyrol
Le Marquis : François Bazola

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

*débuts à l’Opéra de Tours

 

 

Reprise de La Traviata Ă  Tours

verdi La TraviataTours, OpĂ©ra. Verdi : La Traviata. Les 20,22,24,26 mai 2015. InspirĂ©e de La Dame aux CamĂ©lias (Alexandre Dumas Fils), La Traviata est avant tout une histoire d’amour bouleversante et rĂ©aliste, dans laquelle le rĂ´le principal, -focus scandaleux-, est rĂ©servĂ©, pour la première fois, Ă  une courtisane. Elle est jeune, jolie, surtout malade donc condamnĂ©e. Dumas fils doit faire mourir son hĂ©roĂŻne pour qu’elle expie ses fautes commises par irrĂ©vĂ©rence des convenances, au mĂ©pris de la morale bourgeoise…
Sobre et essentiellement intimiste, c’est Ă  dire huit clos Ă  3 personnages : la soprano amoureuse, le tĂ©nor “trahi”, le baryton (père la morale) -, La Traviata (la fourvoyĂ©e en italien), bouleverse par le sacrifice consenti par la pècheresse, soucieuse de se sacrifier pour sauver l’honneur de la famille Germont, le fils qu’elle a aimĂ©, et le père qui le lui demande.

 

 

 

Reprise de La Traviata Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Violetta, mythe sacrificiel

 

Vague verdienne en juin 2014Verdi construit le drame par Ă©tape, chacune accablant davantage la prostituĂ©e qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, Ă  Paris, dans les salons dorĂ©s de la vie nocturne : c’est lĂ  que Violetta se laisse sĂ©duire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rĂ©tablir les biensĂ©ances : souhaitant marier sa jeune fille, le dĂ©shonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette Ă  la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur rĂ©conciliation finale scelle le salut et peut-ĂŞtre la rĂ©demption de cette Madeleine romantique.
En Ă©pinglant l’hypocrisie de la morale bourgeoise, Verdi règle ses comptes avec la lâchetĂ© sociale, celle qu’il eut Ă  combattre alors qu’il vivait en concubinage avec la cantatrice Giuseppina Strepponi : quand on les croisait dans la rue, personne ne voulait saluer la compagne scandaleuse. La conception de l’opĂ©ra suit la dĂ©couverte Ă  Paris de la pièce de Dumas en mai 1852. L’intrigue qui devrait se dĂ©rouler dans la France baroque de Mazarin, porte au devant de la scène une femme de petite vertu mais d’une grandeur hĂ©roĂŻque bouleversante. Figure sacrificielle, Violetta est aussi une valeureuse qui accomplit son destin dans l’autodĂ©termination : son sacrifice la rend admirable. Le compositeur rĂ©invente la langue lyrique : sobre, Ă©conome, directe, et pourtant juste et intense. La grandeur de Violetta vient de sa quĂŞte d’absolu, l’impossibilitĂ© d’un amour Ă©prouvĂ©, interdit. Patti, Melba, Callas, Caballe, Ileana Cotrubas, Gheorghiu, Fleming, rĂ©cemment Annick Massis ont chantĂ© les visages progressifs de la femme accablĂ©e mais rayonnante par sa solitude digne. L’addio del passato au II, qui dresse la sacrifiĂ©e contre l’ordre moral, est le point culminant de ce portrait de femme Ă  l’opĂ©ra. Un portrait inoubliable dans son parcours, aussi universel que demeure pour le genre : MĂ©dĂ©e, et avant elle Armide et Alceste, puis Norma.

 

 

 

boutonreservationLa Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Nadine Duffaut, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Reprise d’une production reprĂ©sentĂ©e Ă  Avignon en 2002

Mercredi 20 mai 2015 – 20h
Vendredi 22 mai 2015 – 20h
Dimanche 24 mai 2015 – 15h
Mardi 26 mai 2015 – 20h

Opéra en quatre parties
Livret de Francesco Maria Piave, d’après Alexandre Dumas Fils
Création le 6 mars 1853 à Venise
Editions Salabert-Ricordi (Ă©dition critique)

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Nadine Duffaut

Violetta Valéry : Eleonore Marguerre *
Flora Bervoix : Pauline Sabatier
Annina : Blandine Folio Peres *
Alfredo Germont : SĂ©bastien Droy
Giorgio Germont : Enrico Marrucci
Baron Douphol : Ronan NĂ©delec
Docteur Grenvil : Guillaume Antoine *
Gastone : Yvan Rebeyrol
Le Marquis : François Bazola

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

*débuts à l’Opéra de Tours

 

 

Compte rendu, opéra. Tours, Opéra, le 10 avril 2015. Poulenc : La Voix humaine. Ravel : L’Heure Espagnole. Anne-Sophie Duprels, Elle. Aude Estremo (Concepcion)… OSRCT. Jean-Yves Ossonce, direction. Catherine Dune, mise en scène.

Familière de la scène tourangelle, la soprano Catherine Dune – qui chantait cette saison Despina de Cosi  fan Tutte de Mozart, offre ici sa première mise en scène Ă  Tours. La sensibilitĂ© et l’humanitĂ© de l’artiste se ressentent  dans l’approche du diptyque choisi par le chef et directeur Jean-Yves  Ossonce : en associant les deux drames en un acte, La voix humaine puis L’Heure espagnole, de Poulenc et Ravel respectivement, il s’agit bien Ă  travers chaque hĂ©roĂŻne : “Elle ” puis la femme  de l’horloger Torquemada, Concepcion, de deux portraits de femmes que la question du dĂ©sir et de l’amour taraude, exalte, exulte, met au devant de la scène.

 
 

Nouvelle production convaincante Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Deux portraits du désir féminin

 

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015Deux espaces clos, lieux de l’enfermement, unissent les deux univers lyriques mais le poids Ă©touffant du huit clos – vĂ©ritable billot sentimental  et cathartique oppresse chanteuse et spectateurs dans La Voix humaine quand les dĂ©lices doux amers, tragico comiques de la dĂ©licieuse comĂ©die  de Ravel, produisent un univers tout autre :  magique et onirique surtout fantastique et surrĂ©aliste. C’est ce second volet qui nous a le plus  sĂ©duit. … non pas tant par sa durĂ©e : presque une heure quand La voix humaine totalise  3/4 d’heure,  que par la profonde cohĂ©rence qu’apporte la mise en scène.
L’Heure espagnole impose sa durĂ©e impĂ©rieuse au couple dĂ©luré  et si mal appareillĂ© de l’horloger Torquemada (en blouse et Ă  lunettes, sorte de voyeur de laboratoire), et de son Ă©pouse la belle brune Concepcion dont l’excellente Aude Estremo fait une prodigieuse incarnation : tigresses toute en contrĂ´le, la pulpeuse collectionne les amants sans ĂŞtre satisfaite, -frustration inconfortable qui on le comprend en cours de soirĂ©e n’est pas sans ĂŞtre cultivĂ©e par son Ă©poux lui-mĂŞme dont Catherine Dune fait l’observateur assidu mais discret des frasques de sa femme. La sensibilitĂ© extrĂŞme de la metteure en scène sait aussi cultiver la pudeur et l’innocence quand surgit l’amour vĂ©ritable entre Concepcion et le muletier Ramiro dont le charme direct et physique contraste avec le poète Gonzalvo, bellâtre mou des corridas d’opĂ©rettes, aux Ă©lans amoureux toujours vellĂ©itaires (impeccable Florian Laconi).
Dans cet arène  de pure fantasmagorie, Didier Henry a le ton juste du songe ; le baryton Alexandre Duhamel (Ramiro),  celui naturel  du charme sans esbroufe, et c’est surtout la mezzo Aude Estremo, dĂ©cidĂ©ment qui en donnant corps au personnage central,  rend son parcours très convaincant d’autant que la voix est sonore, naturellement puissante et finalement articulĂ©e. Son piquant et son tempĂ©rament L’univers dĂ©lurĂ© fantasque dĂ©fendu ici  souligne avec finesse les multiples joyaux dont la partition est constellĂ©e ; c’est un travail visuel qui s’accorde idĂ©alement Ă  la tenue de l’orchestre dont le raffinement permanent et le swing hispanisant convoquent le grand opĂ©ra : l’air de Concepcion,  qu’elle aventure qui marque le point de basculement du personnage (son coup de foudre troublant vis Ă  vis du muletier) fait surgir une vague irrĂ©pressible de candeur et de sincĂ©ritĂ© dans une cycle qui eut paru artificiel par sa mĂ©canique rĂ©glĂ©e Ă  la seconde  (les sacs  de sable que l’on Ă©ventre pour en faire couler la matière comme un sablier).

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015En première partie de soirĂ©e (La Voix humaine), Anne-Sophie Duprels sĂ©duit indiscutablement par son chant velouté  et puissant Ă  la diction parfois couverte par l’orchestre. Sur un matelas dĂ©multipliĂ©, ring de ses ressentiments sincères amères, le chant se libère peu Ă  peu dans une mise en scène Ă©purĂ©e presque glaçante dont les lumières accusent la progression irrĂ©pressible : la cage qui enserre le coeur meurtri de l’amoureuse en rupture s’ouvre peu Ă  peu Ă  mesure que les cordes qui la composent et qui descendent depuis les cintres, sont levĂ©es, ouvrant l’espace ; rĂ©vĂ©lant l’hĂ©roĂŻne Ă  elle-mĂŞme en une confrontation ultime : dire, exprimer et nommer la souffrance, c’est se libĂ©rer. C’est au prix de cette Ă©preuve salvatrice – essentiellement cathartique-,  qu‘Elle prend conscience de sa force et de sa volontĂ© ; volontĂ© de dire : tu me quittes. Soit je l’accepte. Laisser faire, lâcher prise, renoncer. … autant d’expĂ©riences clĂ©s que la formidable soprano Ă©claire de sa prĂ©sence douce et carressante, nuancĂ©e et intense.

Dans la fosse, en maĂ®tre des couleurs et des teintes atmosphĂ©riques, Jean Yves Ossonce fait couler dans la Voix humaine le sirop onctueux et ductile de l’ocĂ©an de sensualitĂ© dont a parlĂ© Poulenc,  lequel semble compatir avec Elle ; le chef trouve aussi le charme d’une dĂ©contraction Ă©lĂ©gantissime de l’Heure Espagnole, dont le dialogue idĂ©al avec la mise en scène et les dĂ©cors suscite un formidable cirque nocturne, enchanteur et rĂ©aliste Ă  la fois. La profondeur se glisse continĂ»ment dans cet Ă©loge feint de la lĂ©gèreté… La rĂ©ussite Ă©tant totale, voici après le formidable Trittrico de Puccini prĂ©sentĂ© en mars dernier (prĂ©cision et sĂ©duction cinĂ©matographique), la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours  qui crĂ©e lĂ©gitimement l’Ă©vĂ©nement dans l’agenda lyrique de ce printemps. A voir au Grand Théâtre de Tours les 10, 12 et 14 avril 2015.

 

 

 

APPROFONDIR : voir notre clip vidĂ©o La Voix humaine et l’Heure espagnole au Grand théâtre de Tours les 10,12,14 avril 2015

 

 

TOURS-aude-estremo-concepcion-heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-clic-de-classiquenews-avril-2015

 

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

Tours, OpĂ©ra : La Voix humaine, L’heure espagnole, les 10,12,14 avril 2015

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015VIDEO,clip. Tours: La Voix humaine,L’heure Espagnole. Les 10,12,14 avril 2015. Catherine Dune met en scène deux portraits du dĂ©sir fĂ©minin : La Voix humaine sur un vaste lit, sorte de ring oĂą s’exacerbent les jalons d’une catharsis Ă©motionnelle ; puis L’Heure espagnole dont le dispositif visuel plonge dans une fantasmagorie onirique d’une profonde cohĂ©rence. Deux interprètes se distinguent : Anne-Sophie Duprels qui incarne “ELLE”, âme dĂ©vastĂ©e certes mais promise Ă  une renaissance imprĂ©vue ; puis Aude Estremo dont le personnage de Concepcion, sauvage et fragile Ă  la fois, dominateur et contrĂ´lĂ© n’est pas sans rappeler par sa finesse de ton et sa forte intĂ©rioritĂ©, les femmes chez Bunuel… Nouvelle production Ă©vĂ©nement au Grand Théâtre de Tours. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015. LIRE aussi notre prĂ©sentation de La Voix humaine et de L’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015

 

 

Sensible et en tension, la soprano Anne-Sophie Duprels incarne “Elle”, la voix palpitante et sur le fil,  de Poulenc et Cocteau (illustrations © CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

 

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

   
Catherine Dune, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théâtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte 
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Anne-Sophie Duprels

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’après sa pièce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry

La Voix humaine et l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

tours-opera-voix-humaine-heure-espagnole-ravel-poulencTours. OpĂ©ra. La Voix humaine, L’Heure espagnole, les 10, 12, 14 avril 2015.  Après nous avoir rĂ©galer avec une Ă©blouissante nouvelle production du Trittico de Puccini (1918) en mars 2015 (voir notre reportage Il Trittico de Puccini Ă  l’OpĂ©ra de Tours), le Grand Théâtre tourangeau enchaĂ®ne les cycles de drames en un acte avec ce qui pourrait ĂŞtre l’Ă©quivalent français du théâtre Puccinien : deux actions lyriques en un acte, l’une tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©e : La voix humaine de Poulenc ; la seconde, espiègle, spirituelle, facĂ©tieuse donc plus lĂ©gère : L’Heure Espagnole de Ravel. Les deux “comĂ©dies” excellent Ă  articuler un texte savoureux qui exige des acteurs certes, surtout des interprètes totalement engagĂ©s dans l’expressivitĂ© intelligible.

Poulenc, 1938
POULENC_francis_francis-poulenc_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95-1TragĂ©die lyrique certes, surtout drame intime. Celui d’une femme qui rompt avec son amant qu’elle aime encore. RĂ©aliste et amère, tendre et dĂ©sespĂ©rĂ©, le mĂ©lodrame pour une seule voix et orchestre, La Voix Humaine, d’après le texte de Cocteau (Ă©crit pour Berthe Bovy en 1938), dĂ©peint toutes les facettes de la dĂ©raison ampoureuse. “Elle” est une femme au bord de l’hystĂ©rie, trahie, abandonnĂ©e, humiliĂ©e… qui cherche en vain des motifs de plainte puis de renoncement : au tĂ©lĂ©phone, elle exprime toute sa profonde et impuissante solitude ; l’amour bafouĂ© et rompu suscite la folie comme la dĂ©raison ; rĂŞve ou cauchemar Ă©veillĂ©, ou soliloque autosacrificiel, la scène se borne uniquement au ressentiment de l’hĂ©roĂŻne.

Ravel, 1911
Maurice_Ravel_1925Egalement en un acte, la comĂ©die musicale de Ravel est crĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique en mai 1911. A Tolède au XVIIIè, L’Ă©pouse de l’horloger Torquemada, Concepcion, s’ennuie ferme et se dĂ©sespère que son soupirant le poète Gonzalve lui rĂ©cite des vers… Heureusement survient celui que l’on attendait pas, Ramiro le muletier qui entreprend la belle… avec succès.
De quiproquos en rebondissements, Concepcion cache ses soupirants et amant indĂ©sirables dans les horloges du magasin, et trop naĂŻf pour ne pas ĂŞtre cocu, Torquemada demande Ă  Ramiro de revenir ainsi chaque matin… LIRE notre prĂ©sentation complète de La Voix humaine et de l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

  
Catherine Dune, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théâtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

 

 

 

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Anne-Sophie Duprels *

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’après sa pièce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry

OPERA. Tours : Trittico superlatif de Puccini, les 13, 15 et 17 mars 2015

TOURS : nouveau Trittico, 1918 par Jean-Yves OssonceTours, OpĂ©ra. Il Trittico de Puccini. Les 13, 15 et 17 mars 2015. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette fine et dramatiquement souple de Jean-Yves Ossonce. Sur la scène tourangelle, les chanteurs dirigĂ©s par le metteur en scène Paul-Emile Fourny Ă©blouissent par leur incarnation saisissante, d’autant que la rĂ©alisation scĂ©nographique et visuelle d’une justesse cinĂ©matographique, souligne le gĂ©nie du dernier Puccini : les 3 actes courts et tous diffĂ©rents du Trittico (Triptyque, crĂ©Ă© Ă  New York en 1920), tous singuliers et si diffĂ©rents, composent cependant une unitĂ© théâtrale qui rĂ©sume les affres tragiques et comiques de la comĂ©die humaine.

 

 

 

Tragique et sincère pétillant et délirant, le théâtre de Puccini triomphe à Tours

Triptyque / Trittico Ă©tincelant Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

Tours : Jean-Yves Ossonce dirige la 7ème Symphonie de DvorakLa production crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie fait escale avant Metz, (horizon 2016) Ă  Tours : elle est magnifiquement portĂ©e par une troupe de chanteurs et surtout d’acteurs parfaitement prĂ©parĂ©s, pilotĂ©s, engagĂ©s. Parmi un collectif au chant et jeu de scène ciselĂ©s, ne manquez surtout pas la bouleversante Suor Angelica de la soprano qui monte : Vannina Santoni, son timbre angĂ©lique et poignant transfigure le pauvre cĹ“ur de la sĹ“ur cloĂ®trĂ©e Ă  son insu, SĹ“ur AngĂ©lique ; c’est aussi l’excellent baryton, Tassis Christoyannis aussi suggestif et profond dans la tragĂ©die d’Il Tabarro (Michele), que fin et truculent en Gianni Schichi : l’interprète a tout pour sĂ©duire, captiver, transporter : la gouaille burlesque, la subtilitĂ© d’un jeu mozartien et rossinien, la fluiditĂ© sincère pour chaque sentiment et chaque situation… A leurs cĂ´tĂ©s, les amateurs retrouvent le tĂ©nor vaillant et solide Florian Laconi… Tours rĂ©unit donc la crĂŞme du chant lyrique pour honorer comme rarement le théâtre puccinien. Le dernier Puccini Ă©gale  le dernier Verdi, en sensibilitĂ©, justesse, tendresse (bien sĂ»r Schichi fait penser Ă  Falstaff… voire en plus cynique et glaçant). Quant aux actes qui prĂ©cèdent : si Il Tabbaro est un concentrĂ© stupĂ©fiant de vĂ©risme nuancĂ© (la fin dans cette production est… glaçante), Suor Angelica (le volet central), suscite la compassion cathartique, celle portĂ©e, incarnĂ©e par la jeune religieuse recluse et culpabilisĂ©e, dont les Ă©lans du cĹ“ur et le cri lyrique si mesurĂ© et contenu, rappellent et synthĂ©tisent les larmes dĂ©chirantes de Madama Butterfly (Cio Cio San) : Paul-Emile Fourny signe l’une de ses meilleures mises en scène, d’autant Ă©loquente sous la direction musicale du chef Jean-Yves Ossonce. Production incontournable. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de l’opĂ©ra Il Trittico de Giacomo Puccini, prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 13, 15, 17 mars 2015.

 

 

boutonreservationTours, Opéra à l’Opéra de Tours. 3 dates événements :
Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)
Nouvelle production

Vendredi 13 mars 2015 – 20h
Dimanche 15 mars 2015 – 15h
Mardi 17 mars 2015 – 20h

Conférence Il Trittico de Puccini :
Samedi 7 mars – 14h30 – Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Compte rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni… Jacques Duparc, mise en scène. Jean-Yves Ossonce, direction.

tours-opera-chauve-souris-bal-acte-II-ossonce-Une production dĂ©licieusement cohĂ©rente. C’est un opĂ©ra construit sur l’accomplissement d’une vengeance,  celle de Falke (Michal Partyka) qui entend bien ainsi laver l’humiliation que lui a infligĂ© Eisenstein (très efficace Dider Henry) – vrai petit bourgeois sans relief, Ă©poux infidèle dĂ©mangĂ© par la bagatelle…. de fait un piège lui est tendu avec la complicitĂ© d’un collectif aux apparences hĂ©tĂ©rogènes mais aux motivations et convergences bien soudĂ©es : la propre femme de chambre qui rĂŞve dĂ©jĂ  de briller sur la scène des théâtres (Adèle), le directeur de la prison Franck,  jusqu’au prince Orlofsky (excellente Aude Extremo),  jeune millionnaire asexuĂ© dĂ©sabusĂ© parfaitement dĂ©pressif que l’argent ennuie mais que grise l’idĂ©e de railler un petit prĂ©tentieux : Le portrait idĂ©al d’un jeune oligarche dĂ©bauchĂ© ?. Il occupe le devant des planches Ă  l’acte II.

 

 

 

Epatante Chauve Souris Ă  Tours

 

En organisant un bal costumĂ© au II (rĂ©gal visuel en place des habituels fracs noirs et robes de mariĂ©es vues habituellement, façon Jean BĂ©raud), le jeune prince permet Ă  chacun de changer d’identitĂ© – mais on en est pas au vrai travestissement et identitĂ© inversĂ©e comme dans les meilleurs opĂ©ras vĂ©nitiens (voyez les ouvrages de Cesti ou Cavalli,  les deux suiveurs de Monteverdi). Ici chacun devient ce qu’il veut,  “chacun Ă  son goĂ»t” comme le prĂ©cise non sans cynisme et malice le mĂŞme Orlofsky. Adèle devient une très honorable lady de la haute : Olga qui se rĂŞve actrice (III : voir son trio avec Ida et Franck ; celui lĂ  mĂŞme y devient le Chevalier Renard. …); et Eisenstein qui devrait ĂŞtre en prison, a son habit de galant vert, sous le titre de marquis Renard.

Le tableau ne serait pas complet sans la figure de l’Ă©pouse dĂ©laissĂ©e,  vraie desperate housewife emmurĂ©e Ă  Pontoise (- l’opĂ©ra de Strauss adapte un boulevard parisien La RĂ©ception) : Rosalinde. Celle-ci ne dĂ©roge pas Ă  la règle du masque… pour le bal d’Orlofsky au II, elle devient donc une comtesse hongroise en transit : le compositeur inspirĂ© par le sentiment nostalgique et patriote lui dĂ©die logiquement le seul grand air de la soirĂ©e, sublime Czardas qui pourrait faire l’air de concert parfait d’un programme de concert  (Mireille Delunsch s’y impose en actrice dĂ©lurĂ©e).

C’est elle qui piège son «  mufle » de mari: en se laissant courtiser par lui,  elle se fait offrir sa fameuse montre,  piège Ă  filles ; en possession de l’épouse vengeresse, l’objet dĂ©lictueux lui permet au III, de dĂ©voiler l’infidĂ©litĂ© du coquin : la honte de l’Ă©poux dĂ©masquĂ© fera la vengeance de Falke.

tours-opera-chauve-souris-jacques-duparc-582En cours de soirĂ©e, le spectacle va crescendo: le I est clairement et très efficacement d’exposition; le II se savoure comme une coupe de champagne, – en prĂ©sence de leur hĂ´te Orlofsky,  les convives masquĂ©s fĂŞtent et trinquent Ă  la santĂ© du «  roi Champagne » (un tableau rĂŞvĂ© pour les directions marketing de tous les producteurs champenois) et une succession de perles solistes et chorales signĂ©es du roi de la valse;  le III captive par sa verve théâtrale oĂą perce l’intelligence du metteur en scène Jacques Duparc dont le talent d’acteur,  dĂ©voilĂ© au I en policier cleptomane,  s’affirme davantage dans l’acte de la prison : il fait du chef geĂ´lier  Frosch, un loup dĂ©sabusĂ©, dĂ©jantĂ©, hilare, portĂ© sur la bouteille (son sketch sur la « fine » est mĂ©morable), qui rĂ©tablit le théâtre Ă  gags,  dĂ©lirant,  raffinĂ©,  un contrepoint purement théâtral dans l’enchaĂ®nement des airs chantĂ©s en allemand.

 

 

Épatante Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Vannina Santoni, épatante Adèle / Olga

 

 

La rĂ©vĂ©lation de la soirĂ©e – dans toute production il y en a forcĂ©ment une-, reste la pĂ©tulante et si subtile Adèle/Olga de Vannina Santoni, nature incandescente pour l’indomptable et malicieuse servante qui se rĂŞve actrice. Au I, son Adèle est capricieuse et indiscrète ; au II, elle du chien en aristocrate improvisĂ©e. Puis son air du III dans lequel elle veut convaincre Franck d’ĂŞtre son protecteur est un sublime moment de fragilitĂ© virtuose, dans lequel l’actrice pĂ©tille et convainc par ses dons d’imitatrice versatile : une vĂ©ritable soeur de Zerbinette dans l’opĂ©ra Ariadne auf Naxos de l’autre Strauss (Richard). Quel timbre gĂ©nĂ©reux et fruitĂ©,  suavement articulĂ©,  aux aigus agiles, faciles, colorĂ©s. Sa performance est saisissante. Car l’actrice dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans le Cosi fan tutte de Mozart ici mĂŞme,  avait Ă©tĂ© tout autant convaincante.

Dans la fosse,  Jean-Yves Ossonce dĂ©livre le parfum sensuel et voluptueux,  les couleurs nostalgiques d’une partition parmi les plus raffinĂ©es qui soient. Vrai plus de la production,  si les dialogues sont en français,  tous les airs sont en allemand: de quoi mieux comprendre enjeux et situations comme s’il s’agissait d’une comĂ©die de boulevard tout en savourant les dĂ©lices de chaque air dĂ©fendu dans la prosodie originelle. De quoi confirmer l’Ă©tonnante sensibilitĂ© de Strauss sur la scène lyrique.  De quoi aussi constater l’excellence artistique de l’opĂ©ra de Tours: une vraie troupe et un chef dĂ©fendent ici l’art lyrique et symphonique avec engagement et finesse. Preuve est faite pour qui en doute toujours que les initiatives lyriques en province tiennent très haut les promesses de leur affiche. Production idĂ©ale pour fĂŞter l’an neuf 2015.  La Chauve Souris de Johann Strauss prĂ©sentĂ© par l’OpĂ©ra de Tours les 27, 28, 30 et 31 dĂ©cembre 2015.

Comte-rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni… Jacques Duparc, mise en scène. Jean-Yves Ossonce, direction.

 

 

Illustrations : © Fr. Berthon pour l’OpĂ©ra de Tours 2014

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours en dĂ©cembre 2014

Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Tours, OpĂ©ra. Johann Strauss II : La Chauve Souris. Les 27,28,30, 31 dĂ©cembre 2014. FĂŞtez la fin 2014 avec La Chauve Souris de Johann Strauss fils : la finesse des situations rĂ©pond ici au raffinement d’une partition orchestrale totalement enivrante et pĂ©tillante comme une flĂ»te de champagne. Au dĂ©part, il s’agit d’une vengeance, celle de Falke qui ridiculisĂ© par Eisenstein : – il fut obligĂ© de traverser toute la ville habillĂ© en chauve souris avec un bec jaune -, invite son « ami » devenu cible au bal du prince Orlofsky : Eisenstein croit y sĂ©duire de nouvelles sirènes (alors qu’il est mariĂ© Ă  Rosalinde) mais il tombera dans un piège dĂ©voilant sa nature infidèle.

 

 

 

Fêtez le passage 2014-2015 à l’Opéra de Tours

La Chauve souris, joyau de Johann Strauss II

 

prinet 1905 le_balconSa propre épouse grimée en princesse hongroise se laisse séduire par lui et accepte qu’il lui offre sa montre : un objet qui permettra à la jeune femme de démontrer l’infidélité crasse de son mari… Au terme d’un soirée grisante où l’on change d’identité comme de partenaires, où la soubrette Adèle (servante des Eisenstein) s’émancipe en actrice délurée (Olga)-, Falke et son parieur Orlofsky rient d’Eisenstein copieusement ridiculisé mais trompé finalement en un dernier chœur où l’ivresse et l’insouciance collective apportent une conclusion apparemment festive et apaisée. Pourtant rien n’est résolu… Malgré la réjouissance affichée et la réconciliation des amis, Rosalinde est plus que jamais désireuse de divorcer de son époux volage.

Nouvelle Chauve Souris de Johann II Strauss à l'Opéra de ToursRien n’égale le double jeu, les apparences trompeuses, l’ambivalence d’une partition d’une séduction infinie. Au cœur de la réussite de La Chauve Souris, se déploie le génie mélodique et orchestral de Johann Strauss, heureux rival de son père, et qui ne reconnaissait qu’un seul maître : son propre frère, Josef dont on s’obstine à écarter toujours valses et poèmes symphoniques. Le roi de la valse, Johann II, a toujours reconnu la supériorité du génie de son cadet Josef, alors que ce dernier aurait préféré s’adonner à la recherche et l’ingénierie. Quoiqu’il en soit de la valeur de Johann II ou de Josef, La Chauve Souris est une opérette parmi les mieux écrites de tout le répertoire lyrique ; sous sa sémillante légèreté se cachent des joyaux d’élégance et de raffinement. Une comédie ciselée qui n’a jamais perdu de son charme ni de sa profondeur depuis sa création en avril 1874 à Vienne. Toute nouvelle production de La Chauve Souris offre une immersion dans l’ivresse musicale la plus exquise. Gageons que cette promesse se réalise particulièrement à l’Opéra de Tours en décembre 2014…

 

Jean-Beraud-An-Argument-in-the-Corridors-of-the-Opera-1889

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (édition critique) – Chantée en Allemand, dialogues en français, surtitré en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

 
Nouvelle Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Illustration : une scène Ă  l’OpĂ©ra par Jean BĂ©raud, 1889. Une soirĂ©e, 1878 (DR)

Les Caprices de Marianne d’Henri Sauguet

Tours, Opéra. Sauguet : Les Caprices de Marianne. Les 13, 15 et 17 février 2015. Oriol Tomas, mise en scène. Claude Schnitzler, direction. Théâtre des passions et des sentiments contrastés, l’opéra d’Henri Sauguet (1901-1989), créé en 1954, marque les esprits par sa langue ciselée, dévoilant en contrastes soulignés, les vertiges du cœur. Souffrance, jalousie, voire folie, les protagonistes de la comédie qui est aussi un drame tragique, suivent l’intrigue de la pièce originelle de Musset (1833). L’auteur lui-même en couple avec George Sand, impétueuse maîtresse, connut les affres de la passion amoureuse digne de ses héros fictionnels. 

sauguet-franceL’œuvre a été créée au festival d’Aix en Provence. Inspirée de Musset, elle permet aux classes et leurs professeurs d’approfondir un travail spécifique sur l’adaptation des oeuvres littéraires à l’opéra. En l’occurrence il s’agit de voir comment le librettiste de Sauguet, Jean-Pierre Grédy, a adapté le texte de Musset pour la scène lyrique. Sauguet fut un habitué de ce genre de transposition : La Contrebasse d’après Tchekov (livret de Henri Troyat), La Chartreuse de Parme d’après Stendhal créé à l’Opéra de paris, puis La Gageure imprévue d’après Sedaine en 1943, précède l’expérience des Caprices.  Suivra encore en 1978, Boule de suif d’après Maupassant… Comment expliquer la mise à l’écart dont souffre toujours Sauguet, comme Honegger ou Milhaud ? La résurrection des Caprices met en valeur l’efficacité d’une écriture dramatique, polytonale, d’une superbe concision harmonique sachant caractériser chacune des très nombreux épisodes de l’action. Le travail des répétiteurs dès les premières sessions se concentrent sur l’articulation du français, un élément clé de l’opéra à cette époque.

 

 

 

A quoi sert la mort de CĹ“lio ?

 

autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxLa tension dramatique s’inscrit dans les choix scéniques du metteur en scène : imaginé dans le texte originel de Musset «  sous le règne de François Ier », le drame s’inscrit dans cette nouvelle production à Naples, la menace du Vésuve, élément sourd et permanent qui annonce la mort de Cœlio, ce jeune homme amoureux qui n’a de cesse de conquérir le cœur de Marianne : l’indice tragique y colore jusqu’à la fin cet opéra du drame amoureux. Allusivement, c’est une guerre politique et sociétale qui se joue, un conflit de générations et d’esthétiques : les vieux bourgeois détenteurs du pouvoir contre la jeunesse rebelle et romantique… Le décor reproduit pour partie la fameuse galerie urbaine et bourgeoise Umberto I à Naples : formidable parabole du carcan social qui recouvre et étouffe avec son dôme en verre. La perspective accentué évoque aussi le labyrinthe du théâtre Olympique de Vicence et ses dédales impossibles où se perd la raison des héros. Ici règne le soupçon délirant et la jalousie criminelle, ceux de l’époux de Marianne (le juge Claudio) qui sent tout autour de la maison conjugale, une épouvantable et pourtant irrépressible « odeur d’amants ». Le ton est donné. Il est vrai que Cœlio entreprend divers stratagème pour séduire la belle Marianne, utilisant tour à tour la vieille Ciuta, puis surtout le cousin du juge, Octave, dépravé libertin auquel Marianne finira par faire quelques avances… Au final, à quoi sert l’amour non partagé de Cœlio pour Marianne ? Car celle-ci lui préfère le cœur d’Octave. Musset ajoute à la tragédie, le poison du cynisme. En Cœlio, il faut avoir ce héros romantique que sa jeunesse et ses aspirations rendent décalé, un inadapté dans le monde réel. Si Marianne est froide et indifférente, seul Octave son ami, renonce à l’amour de Marianne ça dil ne veut pas trahir son ami. La verve et les délices de la langue imaginé par Musset, transcrits dans l’opéra de Sauguet concernent surtout les confrontations entre Marianne et Octave chez qui bouillonnent et tempêtent des sentiments contradictoires mais qu’unit un vrai sentiment amoureux, avoué ou refoulé.

Qu’en sera-t-il sur les planches des théâtres accueillant la production ? Réponses à travers les différentes dates de la tournée, en France et en Suisse. A l’Opéra de Tours, pour 3 dates : les 23, 15 et 17 février 2015. 

sauguet henri sauguet les_caprices_de_marianne_770 opera de tours tournee france 2015La production en tournée en France, est portée par les jeunes chanteurs lauréats des auditions organisées par le Centre Français de Promotion Lyrique, avec une équipe de production canadienne. Saluons l’initiative qui permet de défendre une perle lyrique française méconnue, de la faire connaître d’un large public en la programmant dans une dizaine de théâtres d’opéra : au total 14 salles françaises accueillent la production. Soit 40 représentations jusqu’en 2016 (deux distributions en alternance). Avant Les Caprices de Marianne, le CFPL avait inauguré un tel projet lyrique collégial avec le Voyage à Reims de Rossini en 2009-2010.

 

 

Les Caprices de Marianne à l’Opéra de Tours
les 13, 15 et 17 février 2015
Opéra-comique en deux actes
Livret de Jean-Pierre GrĂ©dy, d’après la pièce d’Alfred de Musset
Création le 20 juillet 1954 à Aix-en-Provence

Direction : Claude Schnitzler
Mise en scène : Oriol Tomas
Assistant mise en scène : Emilie Martel
DĂ©cors : Patricia Ruel *
Costumes : Laurence Mongeau
Lumières : Etienne Boucher *

Marianne : Zuzana Markova *
Hermia : Sarah Laulan *
Octave : Philippe-Nicolas Martin *
Coelio : François Rougier *
Claudio : Norman Patzke *
Tibia : Raphaël Bremard
L’aubergiste : Jean-Christophe Born *
Le chanteur de sérénade : Guillaume Andrieux *
La Duègne : Julien Brean *

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Présenté en français, surtitré en français

* débuts à l’Opéra de Tours

 

En savoir + sur Henri Sauguet 

 

 

Illustration : Autoportrait d’Edgar Degas : CĹ“lio, le portrait du jeune hĂ©ros romantique, sacrifiĂ© dans le drame de Musset.

 

Compte rendu, concert symphonique. Tours. Opéra, le 15 novembre 2014. Magnard, Tchaikovski (6ème Symphonie). OSRCT Orchestre Symphonique Région Centre Tours. Jean-Yves Ossonce, direction.

ossonce jean yves osrct symphonique toursTrilogie originale que celle inaugurant la nouvelle saison symphonique 2014-2015 de l’OpĂ©ra de Tours. Leonore III de Beethoven permet aux musiciens et au chef de mesurer leur capacitĂ© dans l’exposition d’une ouverture passionnĂ©e offrant toute l’exaltation de l’idĂ©al fraternel et humaniste dĂ©fendu et dĂ©veloppĂ© dans l’opĂ©ra qui suit, Fidelio. La rage et la dĂ©termination ouvertement tournĂ©es vers la lumière composent le plus bel hymne Ă  la fidĂ©litĂ© amoureuse, Ă  la loyautĂ© qui fait la grandeur humaine, autant d’idĂ©aux que Beethoven inscrit en lettres d’or sur le fronton de la scène.  L’âpretĂ© motorique des premiers violons, le chant aĂ©rien de la flĂ»te, la tendresse hĂ©roĂŻque du hautbois entre autres, lancent le formidable chant de victoire qui transforme peu Ă  peu la violence du drame en ferveur exaltĂ©e, une transe instrumentale que Jean-Yves Ossonce conduit sans sourciller ni sans faiblir jusqu’Ă  sa libĂ©ration finale. C’est ce mĂŞme orchestre qui porte tout au long de l’annĂ©e l’une des programmations lyriques les plus intĂ©ressantes de l’Hexagone : leur expĂ©rience et leur engagement comme orchestre lyrique, s’entendent nettement ici.

ORCHESTRE TOURS CHATELETMĂŞme tension fraternelle et vive opposition de deux thèmes contrastĂ©s dans la seconde partition plutĂ´t rare ailleurs, mais emblème d’une curiositĂ© propre Ă  Tours Ă  prĂ©sent car les Ĺ“uvres d’AlbĂ©ric Magnard (mort en 1914) y sont rĂ©gulièrement jouĂ©es grâce Ă  la curiositĂ© du chef : il y a quelques mois (avril 2014), rĂ©sonnait avec une vivacitĂ© envoĂ»tante, ce wagnĂ©risme français parfaitement maĂ®trisĂ© dans l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice (voir notre reportage vidĂ©o sur l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours), rĂ©vĂ©lation totale oĂą l’ouvrage dĂ©ploie un symphonisme particulièrement texturĂ©, des audaces harmoniques qui suivent très scrupuleusement la mĂ©tamorphose psychique des protagonistes (ici BĂ©rĂ©nice, phare moral pourtant rĂ©pudiĂ©e, et l’empereur Titus qui Ă  son contact vit un bouleversement personnel d’une dignitĂ© tragique rare). D’une architecture parfaitement Ă©laborĂ©e, l’Hymne Ă  la justice crĂ©Ă© en 1902 est l’acte de dĂ©nonciation qui est l’Ă©quivalent musical du ” J’accuse ” de Zola, en pleine affaire Dreyfus. A la violence qui s’y dĂ©gage dans l’Ă©noncĂ© de la barbarie humaine rĂ©pond le scintillement lumineux du thème de la justice avec l’utilisation de la harpe dont Franck dans sa fameuse Symphonie en rĂ© fait un usage tout aussi rĂ©flĂ©chi au moment le plus spirituellement clĂ©. DouĂ© d’une grande motricitĂ© expressive, l’orchestre conduit le flux expressif tout en rĂ©vĂ©lant la plĂ©nitude rayonnante des timbres solistes (flĂ»te, basson, clarinette…). L’Ă©quilibre des rĂ©ponses entre les pupitres, la clartĂ© de la progression dramatique, la fluiditĂ© vive de la direction de Jean-Yves Ossonce au service d’une Ĺ“uvre rare, magnifiquement Ă©crite, dĂ©fendent avec une passion constante, la redĂ©couverte de Magnard.

 

tchaikovski-583-597Le clou de la soirĂ©e est dans sa seconde partie, la 6ème Symphonie de TchaĂŻkovski (crĂ©Ă©e en 1893). Pièce maĂ®tresse de l’orchestre symphonique russe Ă  son sommet romantique, dont les sĂ©quences sont autant de traversĂ©es sombres mais Ă©purĂ©es de l’autre cĂ´tĂ© du miroir. Voici assurĂ©ment l’une des Symphonies les plus intimes, sombres, graves jamais Ă©crites : un miroir noir pourtant fascinant par ses failles et ses Ă©lans instrumentalement ciselĂ©s. La conclusion (IV. Allegro lamentoso) d’un lugubre grave d’une totale poĂ©sie, Ă©tend son voile pianissimo jusqu’Ă  l’infime souffle de vie : il s’agit de la dernière partition de Tchaikovski dont Jean-Yves Ossonce aura peu Ă  peu abordĂ© l’intĂ©grale des Symphonies au cours des dernières saisons de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours (OSRCT). Chef et instrumentistes ont rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©nergie maĂ®trisĂ©e, jouant lĂ  encore sur les dĂ©licats Ă©quilibres entre les pupitres, l’Ă©loquence amère et voluptueuse des timbres (dont Ă©videmment les pointes grimaçantes et sardoniques des cors bouchĂ©s en fin d’expĂ©rience : le chef fait battre la cadence d’un cĹ“ur condamnĂ© dès les première notes.
Dans ce sublime parcours funèbre, le second mouvement allegro (con grazia) prend des allures de remise en ordre, de discipline reconquise, aux Ă©lans Ă©perdus mais qui ne peuvent au final empĂŞcher le lent effondrement progressif jusqu’Ă  l’anĂ©antissement des dernières mesures du cycle. La dĂ©sespĂ©rance, la dĂ©pression, le dĂ©lire et la transe s’expriment dans une langue raffinĂ©e dont les interprètes soulignent la richesse des combinaisons, les effluves remarquablement orchestrĂ©s d’une lente et inĂ©luctable agonie. Le martèlement obsessionnel puis allĂ©gĂ© jusqu’Ă  l’innocence du second mouvement, la valse du troisième embrumĂ©e et voilĂ©e elle aussi de profonds ressentiments,  la chute finale et les dernières saccades d’un cĹ“ur mis Ă  mort, font le mĂ©rite d’une lecture tendue et fruitĂ©e qui n’a pu se dĂ©ployer ce soir sans une rĂ©elle complicitĂ© entre le chef et ses musiciens. Une entente capable de dĂ©passements en concert que l’on aime suivre pas Ă  pas, et demain peut-ĂŞtre dans de nouveaux champs d’exploration, de recherche, d’ajustement comme les 6 et 7 dĂ©cembre, ce Walton inconnu, ou nous l’espĂ©rons chez Sibelius, ou Mahler… sans omettre les symphonistes français mĂ©connues : Bizet, Franck, D’Indy, Lalo, Dukas, et tant d’autres dont nous ne doutons pas que Jean-Yves Ossonce, en symphoniste affĂ»tĂ©, rĂ©vĂ©lera bientĂ´t les qualitĂ©s oubliĂ©es.

Compte rendu, concert symphonique. Tours. Opéra, le 15 novembre 2014. Magnard, Tchaikovski (6ème Symphonie). OSRCT Orchestre Symphonique Région Centre Tours. Jean-Yves Ossonce, direction.

Prochain concert symphonique de l’OSRCT Ă  l’OpĂ©ra de Tours : les 6 et 7 dĂ©cembre 2014. Mozart (Ouverture des Noces de Figaro, Concerto pour piano n°25), Walton (Symphonie n°1) : OSRCT. Igor Tchetuev, piano. Emmanuel Joel-Hornak, direction

Prochain opĂ©ra Ă  l’affiche du Grand Théâtre de Tours : la sublime Chauve Souris de Johann Strauss fils qui associe dĂ©lire théâtral et orchestration Ă©lĂ©gantissime : un Ă©vĂ©nement pour les fĂŞtes et une nouvelle production sous la baguette de l’excellent Jean-Yves Osonce : 4 reprĂ©sentations pour la fin de l’annĂ©e et l’avènement de 2015. Les 27, 28, 30 et 31 dĂ©cembre 2014. Jacques Duparc, mise en scène. Avec Mireille Delunsch (Rosalinde), Vannina Santoni (Adèle), Didier Henry (Eisenstein), Aude Extremo (Orlovsky), Jacques Duparc (Frosch)… Nouvelle production

 

 

Illustrations : © GĂ©rard Proust 2014. Jean-Yves Ossonce et l’OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours

Tours. Concert Tchaikovski:6ème Symphonie. OSRCT, JY Osonce, les 15,16 novembre 2014

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Tours, concert. Magnard, Tchaikovski : OSRCT, Ossonce, les 15,16 novembre 2014. Pour lancer sa saison symphonique 2014 – 2015, l’OpĂ©ra de Tours propose pour son premier concert, les 15 et 16 novembre prochains, un programme passionnant couplant Magnard (une spĂ©cialitĂ© locale dĂ©fendue depuis de nombreuses annĂ©es par le chef Jean-Yves Ossonce), Beethoven et surtout TchaĂŻkovski – autre compositeur favori (6ème Symphonie, “PathĂ©tique”)… Concert Ă©vĂ©nement. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les concerts symphoniques Ă  l’OpĂ©ra de Tours sont devenus des Ă©vĂ©nements incontournables tant par l’originalitĂ© des programmes prĂ©sentĂ©s souvent très ambitieux, et toujours remarquablement Ă©quilibrĂ©s, que l’engagement des musiciens en prĂ©sence, canalisĂ©s par la direction vive et affĂ»tĂ©e de Jean-Yves Ossonce.  Pour son premier concert de la saison symphonique 2014-2015, l’OSRCT, Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours propose un programme rugissant, lyrique et pathĂ©tique : les facettes expressives des Ĺ“uvres ainsi enchaĂ®nĂ©es offrent un panel impressionnant de climats Ă  rĂ©ussir : Leonore III est plus qu’une ouverture ; outre sa parure et sa construction très Ă©laborĂ©es qui sont l’aboutissement de plusieurs rĂ©Ă©critures de la part de Beethoven : composĂ©e en 1806, il s’agit après moult essais, d’un rĂ©sumĂ© redoutablement efficace du drame qui en prolonge les dĂ©clarations multiples : hymne Ă  l’amour souverain, contestation de la tyrannie, sur le ton et dans une Ă©toffe orchestrale des plus raffinĂ©s. LIRE notre prĂ©sentation complète du concert inaugural de la saison symphonique 2014-2015…

 

La 6ème de Tchaikovsky ouvre la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours

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Tours,OpĂ©ra. Magnard, Tchaikovski : OSRCT, Ossonce, les 15,16 novembre 2014. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les concerts symphoniques Ă  l’OpĂ©ra de Tours sont devenus des Ă©vĂ©nements incontournables tant par l’originalitĂ© des programmes prĂ©sentĂ©s souvent très ambitieux, et toujours remarquablement Ă©quilibrĂ©s, que l’engagement des musiciens en prĂ©sence, canalisĂ©s par la direction vive et affĂ»tĂ©e de Jean-Yves Ossonce.  Pour son premier concert de la saison symphonique 2014-2015, l’OSRCT, Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours propose un programme rugissant, lyrique et pathĂ©tique : les facettes expressives des Ĺ“uvres ainsi enchaĂ®nĂ©es offrent un panel impressionnant de climats Ă  rĂ©ussir : Leonore III est plus qu’une ouverture ; outre sa parure et sa construction très Ă©laborĂ©es qui sont l’aboutissement de plusieurs rĂ©Ă©critures de la part de Beethoven : composĂ©e en 1806, il s’agit après moult essais, d’un rĂ©sumĂ© redoutablement efficace du drame qui en prolonge les dĂ©clarations multiples : hymne Ă  l’amour souverain, contestation de la tyrannie, sur le ton et dans une Ă©toffe orchestrale des plus raffinĂ©s.

Prolongement des rĂ©cents concerts donnĂ©s par l’Orchestre au cours des trois dernières annĂ©es (LIRE entre autres notre prĂ©sentation de la Symphonie n°4 jouĂ©e en janvier et fĂ©vrier 2012), la Symphonie ultime de Tchaikovski, PathĂ©tique, accomplit tout un cycle orchestral d’une rare et exceptionnelle introspection : comme les opus de Mahler, les Ĺ“uvres de Tchaikovski ont un fort contenu autobiographique. Comme une prĂ©monition de sa mort prochaine, le compositeur russe y peint une sĂ©rie de paysage crĂ©pusculaire, marquĂ©s par l’anĂ©antissement des forces vitales, Piotr Illyitch, marquĂ© par un terrible secret (celui de son homosexualitĂ©) ayant toujours Ă©tĂ© enclin Ă  la dĂ©pression et Ă  la solitude. La richesse et le raffinement de l’orchestration, l’architecture globale de l’opus 74 laissent l’impression d’une traversĂ©e sans retour, une plongĂ©e âpre et enivrĂ©e de l’autre cĂ´tĂ© du miroir. Entre la première sous la direction de l’auteur (Saint-PĂ©tersbourg le 16 octobre 1893), accueillie froidement (la baguette de TchaĂŻkovski n’a jamais Ă©tĂ© très convaincante) et sa reprise sous la direction toute autre de Napravnik, qui apporte le succès, TchaĂŻkovski s’éteint probablement sous la pression d’un scandale liĂ© Ă  sa vie intime. Suicide ou empoisonnement, nul ne le saura peut-ĂŞtre jamais mais cette 6 ème dite ” PathĂ©tique ” est davantage, un Requiem symphonique composĂ©e dans les affres et les vertiges paniques d’une dĂ©route personnelle. S’y dĂ©verse tel un flot Ă©ruptif d’une solennitĂ© toute martiale et pleine de panache la rĂ©sistance aussi d’un homme atteint, viscĂ©ralement inscrit dans le dĂ©sespoir. L’opus 74 est dĂ©diĂ© Ă  son neveu Vladimir Davydov, sa bouĂ©e de sauvetage dans l’une des pĂ©riodes les plus tourmentĂ©es et difficile de sa vie.

 

Beethoven : Leonore, ouverture III opus 72c
Magnard : Hymne Ă  la justice opus 14
Tchaikovski : Symphonie n°6 “PathĂ©tique”

Tours, Grand Théâtre Opéra
Samedi 15 novembre – 20h
Dimanche 16 novembre – 17h
RĂ©servez votre place

DĂ©couvrir la saison symphonique 2014 – 2015 sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

Conférence sur le programme du concert des 15 et 16 novembre 2014
Samedi 15 novembre – 19h00
Dimanche 16 novembre – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

Compte rendu, Opéra. Tours. Opéra, le 12 octobre 2014. Mozart : Cosi fan tutte. Jean-Yves Ossonce, direction. Gilles Bouillon, mise en scène

Compte rendu, OpĂ©ra. Tours. OpĂ©ra, le 12 octobre 2014. Mozart : Cosi fan tutte. Jean-Yves Ossonce, direction. Gilles Bouillon, mise en scène. Saluons ce qui fait le charme immĂ©diat de cette nouvelle production de l’opĂ©ra de Tours et qui ouvre très positivement sa nouvelle saison 2014-2015 : son Ă©vidence et sa vivacitĂ© théâtrale. Le travail du metteur en scène, Ă  prĂ©sent familier de la scène tourangelle, Gilles Bouillon, offre une lecture très rafraĂ®chissante de l’opĂ©ra mozartien qui malgrĂ© sa charge comique (l’Ă©pisode de Despina maquillĂ© en mĂ©decin appliquant les prĂ©ceptes de Mesmer sur les corps apparemment empoisonnĂ©s des deux garçons Ă  la fin du I) n’en saisit pas moins par sa justesse cynique : comĂ©die doux-amer, Cosi fan tutte plonge dans la vĂ©ritĂ© des entiments Ă©prouvĂ©s : la farce Ă©pingle surtout l’inconstance des coeurs amoureux. Les serments d’hier sont trahis par le dĂ©sir nĂ© dans l’élan d’un nouvel instant. Terrible leçon de rĂ©alisme sentimental, marivaudage amer et sans alternative… Fiordiligi et Dorabella, deux beautĂ©s napolitaines sont inconsolables depuis le dĂ©part de leurs deux fiancĂ©s Ă  la guerre : jeu de dupes pour mieux les rendre sensibles aux charmes de deux prĂ©tendants orientaux (en fait leurs ex amants dĂ©guisĂ©s…). Tout le drame s’appuie sur la complicitĂ© entre les hommes et le public, dont le seul but est de piĂ©ger les jeunes femmes : lesquelles rĂ©sistent d’abord, puis s’offrent aux deux nouveaux venus.

 

 

 

COSI-FAN-TUTTE-opera-Tours---photo-francois-Berthon

 

 

 

D’un plateau vocal globalement homogène, se distinguent nettement la Dorabella naturellement puissante et idĂ©alement subtile de la jeune mezzo Karine SĂ©chaye que nous avions applaudie ici mĂŞme pour un somptueux Aiglon d’Honegger ; mĂŞme aplomb vocal et jeu tout en fine facĂ©tie du Guglielmo d’Alexandre Duhamel. Le baryton nous offre mĂŞme en accord avec la gĂ©nĂ©rositĂ© du chef, l’air si rare “Rivolgete”, pourtant essentiel dans la dĂ©roulement comique de ce Cosi très rĂ©ussi. Ils sont d’autant mieux portĂ©s dans leur mouvement et leur jeu respectif grâce aux piliers Alfonso / Despina qu’incarnent respectivement Franck Leguerinel (au chant presque inaudible parfois) et Catherine Dune dont l’intelligence de l’actrice ne peut masquer l’usure de la voix.

AffĂ»tĂ©, d’une constante sensibilitĂ©, en chef lyrique expĂ©rimentĂ©, Jean-Yves Ossonce veille Ă  l’Ă©quilibre plateau / fosse, ciselant un Mozart, intensĂ©ment dramatique, expressivement chambriste, d’une grâce et d’une fluiditĂ© rayonnante qui elle aussi, contribue Ă  la rĂ©ussite de cette nouvelle production, vraie performance théâtrale, oĂą le profil individuel de chaque protagoniste gagne une prĂ©sence progressive ; oĂą l’enjeu de chaque situation est Ă©vidente et parfaitement exposĂ©. Les quintettes et les sextuors qui manifestent la suavitĂ© et le vertige des coeurs qui se dĂ©voilent brusquement, sont subtilement conduits, faisant surgir cette tendresse dĂ©sormais irrĂ©sistible et d’une sincĂ©ritĂ© singulière qui fonde la beautĂ© et le mystère de la musique mozartienne. Très convaincante rĂ©alisation.

Illustration : Cosi fan tutte à l’Opéra de Tours en octobre 2014 © François Berthon

 

 

tours-opera-opera-de-tours-582BON PLAN Ă  Tours (repĂ©rĂ©/testĂ© par CLASSIQUENEWS) : avant, après la reprĂ©sentation Ă  l’OpĂ©ra de Tours, un nouveau lieu de restauration, Ă©galement salon de thĂ©, Ă  2 pas de l’OpĂ©ra vient d’ouvrir (face Ă  l’entrĂ©e principale, sur le trottoir de gauche)  : “La DĂ®nette“. Accueil et service très agrĂ©ables, cadre lumineux et raffinĂ©. La DĂ®nette, 3 rue Corneille 37000 Tours. TĂ©l rĂ©servation, horaires : 09 83 30 20 30.

Tours, Opéra : Portes ouvertes toute la journée samedi 4 octobre 2014

tours-opera-opera-de-tours-582Tours, OpĂ©ra : Portes ouvertes en accès libre toute la journĂ©e samedi 4 octobre 2014. En pleine prĂ©paration de son prochain opĂ©ra Ă  venir, Cosi fan tutte de Mozart – le dernier ouvrage que Wolfgang Amadeus compose avec le librettiste Da Ponte-, l’OpĂ©ra Théâtre de Tours rend accessible ses espaces – coulisses et salle de spectacle, Ă  l’adresse de tous les publics, pour une grande journĂ©e de dĂ©couverte de l’univers lyrique. Toute la journĂ©e de demain, samedi 4 octobre 2014, Ă  partir de 9h, l’OpĂ©ra de Tours accueille les visiteurs, en entrĂ©e libre, de 9h Ă  12h puis de 13h15 Ă  22h. Chacun y est invitĂ© Ă  dĂ©couvrir les espaces techniques qui forment les coulisses d’une reprĂ©sentation, les rĂ©pĂ©titions de l’orchestre dans la fosse le matin. Les plus jeunes sont conviĂ©s Ă  un atelier les sensibilisant aux Ă©lĂ©ments de dĂ©cors imaginĂ©s pour la production de Cosi. L’après-midi, le public pourra assister Ă  la rĂ©pĂ©tition en costumes de l’opĂ©ra de Mozart, puis participer Ă  une rencontre avec l’Ă©quipe artistique. A 14h30, confĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutte… puis de 19h Ă  22h, rĂ©pĂ©tition en costumes (dans la limite des places disponibles). Cosi fan tutte de Mozart est Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Tours, les 10,12,14 octobre 2014.

programme complet de la journée :

Portes ouvertes Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Evènement annuel et festif, les portes ouvertes sont l’occasion, en dĂ©but de saison de visiter le théâtre-opĂ©ra de Tours, salle Ă  l’italienne, et d’assister Ă  des rĂ©pĂ©titions publiques de l’opĂ©ra d’ouverture de saison (Cosi fan tutte de Mozart) comme de rencontrer les professionnels du spectacle.

MATIN

9h : ouverture des portes
Visites libres du Théâtre : coulisses, dessous de scène, plateau, cintres, foyers, loges, ateliers et stock costumes
Exposition de quelques costumes dans l’enceinte du théâtre
9h30 à 12h30 : répétition de l’orchestre en fosse : Cosi fan Tutte

Ateliers jeune public
9h45 et 11h : « Le départ des soldats amoureux » : fabrication d’un bateau inspirés des maquettes du décor de
Cosi fan tutte (durée : 1h / 12 places, inscription le jour même). Avec Justine Auroy, pour les enfants de 6 à 12 ans

9h15 et 10h30 : « Jouons sur des airs de Mozart » : atelier musical (durée : 1h / 15 places, inscription le jour
même). Avec Julie Boudsocq, pour les enfants de  7 à 12 ans
12h : fermeture des portes

APRES-MIDI

13h15 : ouverture des portes
Coulisses, dessous de scène, plateau, cintres, loges, ateliers et stock costumes ne sont plus accessibles

13h45 à 16h45 : répétition costumée de la mise en scène de Cosi Fan Tutte (Acte 2)
A l’issue, échange avec l’équipe artistique

14h30 : conférence organisée par l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours
Présentation de Cosi Fan Tutte par Bernard Pico, dramaturge

17h : atelier découverte du chant choral avec Emmanuel Trenque, chef de chœur (durée : 45 min)

19h à 22h : répétition costumée avec orchestre de Cosi Fan Tutte (dans la limite des places disponibles)

+ d’INFOS : visitez le site de l’OpĂ©ra de Tours

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Cosi fan tutte de Mozart Ă  Tours

Mozart portraitXTours, OpĂ©ra. Mozart : Cosi fan tutte. Les 10,12,14 octobre 2014. CrĂ©Ă© en 1790 Ă  Vienne, Cosi fan tutte, opĂ©ra du cynisme amoureux, incarne l’ultime offrande du duo lĂ©gendaire Da Ponte et Mozart. sur le traces de l’opĂ©ra vĂ©nitien fixĂ© par Cavalli et son librettiste Faustini ; Da Ponte imagine deux couples dont les membres se croisent en un imbroglio amoureux dĂ©routant et amer. Les serments d’hier se brisent face au dĂ©sir nouveau, et constatant la fragilitĂ© des sentiments amoureux, le vieux philosophe, sorte de libertin cynique, Alfonso peut remporter le pari dont est issue l’action première. Le marivaudage dĂ©voile, fait misogyne flagrant, l’infidĂ©litĂ© des femmes… quand la roublardise des hommes est tout autant active et responsable des Ă©vĂ©nements. Mozart lui-mĂŞme fut amoureux de deux sĹ“urs : ne pouvant Ă©pouser Aloysia, il se marie avec Constanz…  Le compositeur que l’amour inspire toute sa vie, Ă©tait lui-mĂŞme fin connaisseur du labyrinthe des passions humaines. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  Tours.

Mozart : Cosi fan tutte
Opéra-bouffe en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Création le 26 janvier 1790 à Vienne
Editions Bärenreiter

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
Dramaturgie : Bernard Pico

Fiordiligi : Vannina Santoni
Dorabella : Carine SĂ©chaye
Despina : Catherine Dune
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Alexandre Duhamel *
Don Alfonso : Franck Leguérinel

Opéra de Tours
nouvelle production
Vendredi 10 octobre – 20h
Dimanche 12 octobre – 15h
Mardi 14 octobre – 20h

ConfĂ©rence gratuite sur l’opĂ©ra de Mozart, le 4 octobre 2014, Grand Théâtre, Salle Jean Vilar. Places attribuĂ©es dans la limite des sièges disponibles.

Nouveau Falstaff de Verdi Ă  Tours

Verdi à Paris : Jérusalem, Don Carlos à l'OpéraTours. Verdi : Falstaff. Les 23,25,27 mai 2014. Jean-Yves Ossonce interroge le dernier Verdi, celui génial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique à la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-même, un être ambivalent, vieux bouffon antisocial mais généreux et enfantin… Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une épave et un corsaire ; un joueur invétéré, un fieffé menteur, sacré manipulateur affublé de ses deux compères, toujours prêts à le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardé son âme de séducteur, parfois crédule, infantile. Se faire berner malgré lui, voilà la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffonet Magnifique nous tend notre miroir : une leçon de vérité à l’adresse de tous. Cette victime placardée et vilipendée pourrait tôt ou tard chacun de nous. Falstaff dévoile l’inhumanité et nous invite à cultiver l’humanité.

Les bons bourgeois de Windsor, époux jaloux et pervers des fameuses commères en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, défait tout un système où règne la perfidie, l’hypocrisie, la stupidité, la duplicité et l’intérêt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta épouser le docteur Caïus, mpeme si ce dernier pourrait être son arrière grand père !…).

Comédie dans la comédie, la pseudo féerie du chêne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne où la société semble recouvrer une âme d’enfance… fées, lutins, reine angélique à l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre. Dans la fosse, héritier des facéties mordantes et piquantes signées avant lui par Rossini, Donizetti, Verdi offre à l’orchestre une partition constellée de joyeux comiques à sens multiples.  Un feu crépitant qui danse et dénonce. C’est un compositeur octogénaire qui enfante ce Falstaff à la fois léonin et enfantin, créé à la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspiré musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vérité, de satire enivrée.

Verdi : Falstaff à l’Opéra de Tours
vendredi 23 mai 2014, 20h
dimanche 25 mai 2014, 15h
mardi 27 mai 2014, 20h

Conférence gratuite de présentation de Falstaff, samedi 17 mai 2014, 14h30 au Grand Théâtre de Tours, Salle Jean Vilar. Dans la limite des places disponibles.

Falstaff de Verdi, opéra en trois actes
Livret de Arrigo Boito, d’après Shakespeare (Les joyeuses commères de Windsor)
Création le 9 février 1893 à Milan. Présenté en italien, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil
Dramaturgie : Bernard Pico

Sir John Falstaff : Lionel LhĂ´te
Ford : Enrico Marrucci
Mrs Alice Ford : Isabelle Cals
Nannetta : Norma Nahoun
Fenton : SĂ©bastien Droy
Mrs Quickly : Nona Javakhidze
Mrs Meg Page : Delphine Haidan
Bardolfo : Antoine Normand
Pistola : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Coproduction dĂ©cors, costumes et accessoires OpĂ©ra de Tours/Conseil GĂ©nĂ©ral d’Indre & Loire – RĂ©alisĂ©e dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

Toutes les modalités de réservations, les infos pratiques sur le site de l’Opéra de Tours 

Falstaff de Verdi Ă  Tours

Verdi à Paris : Jérusalem, Don Carlos à l'OpéraTours. Verdi : Falstaff. Les 23,25,27 mai 2014. Jean-Yves Ossonce interroge le dernier Verdi, celui génial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique à la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-même, un être ambivalent, vieux bouffon antisocial mais généreux et enfantin… Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une épave et un corsaire ; un joueur invétéré, un fieffé menteur, sacré manipulateur affublé de ses deux compères, toujours prêts à le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardé son âme de séducteur, parfois crédule, infantile. Se faire berner malgré lui, voilà la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffonet Magnifique nous tend notre miroir : une leçon de vérité à l’adresse de tous. Cette victime placardée et vilipendée pourrait tôt ou tard chacun de nous. Falstaff dévoile l’inhumanité et nous invite à cultiver l’humanité.

Les bons bourgeois de Windsor, époux jaloux et pervers des fameuses commères en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, défait tout un système où règne la perfidie, l’hypocrisie, la stupidité, la duplicité et l’intérêt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta épouser le docteur Caïus, mpeme si ce dernier pourrait être son arrière grand père !…).

Comédie dans la comédie, la pseudo féerie du chêne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne où la société semble recouvrer une âme d’enfance… fées, lutins, reine angélique à l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre. Dans la fosse, héritier des facéties mordantes et piquantes signées avant lui par Rossini, Donizetti, Verdi offre à l’orchestre une partition constellée de joyeux comiques à sens multiples.  Un feu crépitant qui danse et dénonce. C’est un compositeur octogénaire qui enfante ce Falstaff à la fois léonin et enfantin, créé à la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspiré musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vérité, de satire enivrée.

Verdi : Falstaff à l’Opéra de Tours
vendredi 23 mai 2014, 20h
dimanche 25 mai 2014, 15h
mardi 27 mai 2014, 20h

Conférence gratuite de présentation de Falstaff, samedi 17 mai 2014, 14h30 au Grand Théâtre de Tours, Salle Jean Vilar. Dans la limite des places disponibles.

Falstaff de Verdi, opéra en trois actes
Livret de Arrigo Boito, d’après Shakespeare (Les joyeuses commères de Windsor)
Création le 9 février 1893 à Milan. Présenté en italien, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil
Dramaturgie : Bernard Pico

Sir John Falstaff : Lionel LhĂ´te
Ford : Enrico Marrucci
Mrs Alice Ford : Isabelle Cals
Nannetta : Norma Nahoun
Fenton : SĂ©bastien Droy
Mrs Quickly : Nona Javakhidze
Mrs Meg Page : Delphine Haidan
Bardolfo : Antoine Normand
Pistola : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Coproduction dĂ©cors, costumes et accessoires OpĂ©ra de Tours/Conseil GĂ©nĂ©ral d’Indre & Loire – RĂ©alisĂ©e dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

Toutes les modalités de réservations, les infos pratiques sur le site de l’Opéra de Tours 

CLIP vidĂ©o. BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours

BERENICE OpĂ©ra de Tours avril 2014 © François Berthon  6145CLIP vidĂ©o : BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  Tours. RecrĂ©ation majeure Ă  l’OpĂ©ra de Tours : la nouvelle production de l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice d’AlbĂ©ric Magnard (1911) crĂ©Ă©e l’Ă©vĂ©nement les 4,6 et 8 avril 2014. D’une grandeur humaine raffinĂ©e, ciselĂ©e comme une Ă©pure tragique, l’Ă©criture de Magnard assimile et Wagner et Massenet avec une sensibilitĂ© instrumentale et une vitalitĂ© rythmique, originales, souvent inouĂŻes. Dans la fosse, Jean-Yves Ossonce, dĂ©taillĂ©, dramatique, rĂ©unit un plateau idĂ©al : Catherine Hunold et Jean-SĂ©bastien Bou, dans les rĂ´les principaux : BĂ©rĂ©nice et Titus, offrant aux figures antiques, une intensitĂ© poĂ©tique très convaincante.

Ayant perdu sa mère alors qu’il n’avait que 4 ans, Magnard peint dans le portrait de BĂ©rĂ©nice, une figure de femme admirable, mesurĂ©e, loyale, d’une intĂ©gritĂ© morale exemplaire qui laisse la place peu Ă  peu au renoncement ultime après avoir Ă©tĂ© passionnĂ©ment amoureuse. Saisi par Tristan und Isolde de Wagner, dĂ©couvert Ă  Bayreuth en 1886, Magnard se destine Ă  la musique, devenant l’Ă©lève de Dubois, le proche de Ropartz. La pulsation rythmique rappelle Roussel, les raffinements harmoniques, Dubois ; et le caractère langoureux extatique, le Wagner de Tristan et de la Walkyrie. BĂ©rĂ©nice est une Isolde française, un hommage personnel et puissamment original Ă  l’Ĺ“uvre wagnĂ©rienne.

Nouvelle production événement. CLIP vidéo exclusif CLASSIQUENEWS.COM

Lire notre compte rendu critique de BĂ©rĂ©nice d’AlbĂ©ric Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours avec Catherine Hunold et Jean-SĂ©bastien Bou

Compte rendu, opéra. Tours. Grand Théâtre, le 4 avril 2014. Albéric Magnard : Bérénice. Catherine Hunold, Jean-Sébastien Bou, Nona Javakhidze, Antoine Garcin. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Alain Garichot, mise en scène

BERENICE Opéra de Tours avril 2014 © François Berthon  6145Pour le centenaire de la disparition d’Albéric Magnard, l’Opéra de Tours a eu le nez fin en programmant pour trois soirées sa rare Bérénice (4,6, 8 avril 2014), ces représentations n’étant que les secondes depuis la création de l’œuvre en décembre 1911. En 2001, l’Opéra de Marseille avait osé redécouvrir cette tragédie lyrique après la lettre, et puis plus rien.
Disciple de Jules Massenet, Théodore Dubois et Vincent d’Indy, échaudé par l’échec de ses ouvrages lyriques précédents, Yolande et Guercœur, et peinant à trouver un nouveau sujet pour la scène, Magnard se voit suggérer en 1904 la figure de Bérénice, qui finit par le hanter tout à fait.
Plutôt que mettre en musique les vers de Racine, geste qu’il considérait comme un affront au génie de l’auteur, le compositeur décide d’écrire son propre livret en s’inspirant de diverses sources, allant jusqu’à puiser dans une Bérénice égyptienne. C’est ainsi que la reine de Judée se trouve rajeunie, que Titus ne monte sur le trône de son père défunt qu’au deuxième acte, et que Bérénice achève l’œuvre en offrant sa chevelure, symbole de sa féminité, à la déesse Vénus, comme un renoncement à ses charmes fermant ainsi pour toujours son cœur à l’amour.

Racine à l’opéra

La partition s’ouvre par une introduction respirant le large et les embruns, résumant à elle seule les thèmes qui seront développés durant le drame, servie par une écriture qui rappelle irrésistiblement Berlioz et son Île inconnue.

 

 

BERENICE Opéra de Tours avril 2014 © François Berthon  6018

         

 

 

Par la suite, le langage utilisé par le compositeur est celui de la déclamation mélodique, couvrant un large ambitus mais toujours au service du texte, sous lequel se tisse une harmonie qui rappelle aussi bien Wagner que Debussy, et préfigurant par instants déjà Poulenc. Racine est bien entendu présent, par la majesté des personnages, en particulier le rôle-titre, à la fierté impériale, alors que Titus ploie sous les doutes et les tourments. Un ouvrage qui se noue comme un dialogue, les répliques des autres personnages ne venant que conforter les deux protagonistes dans leurs choix et leurs résolutions.
La richesse de l’orchestration met en valeur le travail effectué par Jean-Yves Ossonce et son Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, débordant de la fosse jusqu’à occuper les loges supérieures de l’avant-scène. La cohésion des musiciens se révèle remarquable, sans faiblesse du début à la fin malgré la densité de l’écriture musicale et les difficultés qui en découlent. Tout au plus pourrait-on souhaiter encore davantage de subtilité et de liquidité dans les accents des cordes, mais la performance de l’ensemble est à saluer bien bas.
Invisibles, les chœurs servent avec bonheur leurs parties, chansons calomniant Bérénice autant que voix des marins manœuvrant les rames du navire emportant la jeune femme loin de Rome.
Tenant les rênes de cette soirée, le chef confirme ses affinités avec ce répertoire, dont il souligne autant les filiations que les particularités et qu’il sert avec un bonheur communicatif.
Grâce à douze années passées à la Comédie Française, Alain Garichot connaît bien ce sujet célèbre entre tous, et sert son illustration lyrique avec un immense respect. Il imagine une scénographie dépouillée et intemporelle, offrant à voir tantôt une colonne dorique, tantôt une statue, l’ouvrage culminant sur une proue de bateau couronné de sa voile, représentation simple et efficace du départ de Bérénice sur les flots. Des images dont la majesté conviennent admirablement à l’œuvre et qui permettent à la musique de se déployer pleinement.
La direction d’acteurs est à l’avenant, centrée sur les deux amants déchirés par le devoir. Bérénice demeure toujours altière, mesurée dans ses mouvements, retenue jusque dans la colère, les sentiments la dévorant de l’intérieur sans qu’elle laisse paraître son trouble autrement que par ses mots ; contrairement à Titus qui ne cesse de se mouvoir, agité par son trouble, implorant, à genoux, étendu aux pieds de sa maîtresse, sans parvenir à trouver la paix. Une opposition saisissante, qui fait écho à la partition, d’une grande justesse.
Entourant le couple central, les seconds rĂ´les remplissent parfaitement leur rĂ´le.
Nona Javakhidze incarne une Lia aussi bien maternelle que sévère, faisant admirer son beau mezzo rond et ample, mais que davantage de luminosité aurait aidé à servir ce répertoire dans toute sa clarté. Mucien au cœur sec, Antoine Garcin met à profit la profondeur de sa voix de basse pour incarner le devoir, rude et inflexible.
L’ouvrage trouvant sa palpitation au cœur de la passion qui anime les deux amants, il fallait trouver deux interprètes à même de rendre justice à cette musique. Aussi dissemblables que complémentaires, Jean-Sébastien Bou et Catherine Hunold délivrent une prestation d’une qualité exceptionnelle.
Lui confirme la place qu’il occupe actuellement dans le paysage lyrique français, grâce à sa voix de baryton claire et puissante, jamais grossie mais toujours percutante, à l’aise dans l’aigu, ciselant son texte avec la précision de ses grands aînés. Il se donne tout entier dans ce Titus torturé par le devoir, abhorrant le pouvoir avant d’avoir régné, d’une grande vérité dramatique dans sa vulnérabilité.
Elle démontre une fois encore qu’elle est bien ce soprano dramatique à la française qu’il nous manquait depuis longtemps. L’instrument se déploie peu à peu, paraissant grandir au fur et à mesure que le drame se joue, mais jamais au détriment des mots, énoncés à fleur de lèvres. Si le bas-médium et le grave surprennent par leur peu d’appui – sécurité pour permettre au registre supérieur de durer tant en vaillance qu’en longévité ? – l’aigu éclate, solide et puissant, d’un impact tétanisant. Parfois un rien tendu dans les sauts d’intervalles, il trouve sa plénitude dans les longues tenues lorsqu’il est préparé et détendu, ainsi que l’exigent les grandes voix. L’abandon devenant inéluctable, la fureur s’apaise, laissant place à d’ineffables nuances, faisant irradier un « je t’aimerai toujours » suspendu, comme arrêtant le temps, à la sincérité bouleversante.
Dotée d’un port de reine et d’un magnétisme scénique évident, elle occupe le plateau par sa seule présence, stature d’airain et noblesse jusque dans le sacrifice. Tant de qualités qui nous font rêver à une Reine de Saba de Gounod et, dans un tout autre répertoire, à une Norma qui augure du meilleur.
Une redécouverte majeure, un pari risqué de la part de l’Opéra de Tours mais remporté haut la main, qui réhabilite l’originalité d’Albéric Magnard. A quand Guercœur ?

Tours. Grand Théâtre, 4 avril 2014. Albéric Magnard : Bérénice. Livret du compositeur d’après Racine. Avec Bérénice : Catherine Hunold ; Titus : Jean-Sébastien Bou ; Lia : Nona Javakhidze ; Mucien : Antoine Garcin. Chœurs de l’Opéra de Tours et Chœurs Supplémentaires ; Chef de chœur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Direction musicale : Jean-Yves Ossonce. Mise en scène : Alain Garichot ; Décors : Nathalie Holt ; Costumes : Claude Masson ; Lumières : Marc Delamézière

Illustrations : © François Berthon 2014

9ème Symphonie de Gustav Mahler de Tours

9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursTours, les 12 et 13 avril 2014. Mahler : Symphonie n°9. ORSCT, Jean-Yves Ossonce. Symphonie d’un adieu pacifié. Malade, presque cinquantenaire, affaibli mais pas exténué, Gustav Mahler compose sa Symphonie n°9. La conscience de la mort, la souffrance de la perte, les crises intérieures, multiples, toujours vivaces, inspirent au compositeur, l’une de ses partitions les plus autobiographiques, et l’aboutissement d’un chemin personnel et mystique parcouru depuis sa Première Symphonie “Titan”. La partition est écrite au même moment que son Chant de la Terre, hymne au mystère de la nature, terrifiante et stimulante, à la fois lamento bouleversant à la suite de la mort de sa fille Maria et aussi, suprême aspiration à la paix. De sorte que sa Dixième Symphonie serait si l’on intègre son Chant de la terre dans le cycle des oeuvres orchestrales, comme un Dixième opus.
Conçue de l’été 1908 au début de l’année 1909, la Symphonie n°9 embrasse toute l’expérience acquise, vécue, souhaitée, détestée. Mahler y mêle tous les sentiments en un vaste cycle épique, dont le souffle, l’énergie, l’élévation semblent rejoindre le “grand tout”. C’est un désir de témoigner et aussi, un effort de détachement. Intensité, recul. Engagement, détente. Renoncement et adieux, détente, oubli, apaisement… action, philosophie et examen critique. Le compositeur y laisse un adieu, inspiré par la quête d’une sérénité finalement atteinte.

L’Orchestre Symphonique Région Centre Tours OSRCT sous l’impulsion de son chef attitré Jean-Yves Ossonce perpétue ainsi l’active tradition symphonique à Tours qui compte déjà plusieurs accomplissements comme les Symphonie de Brahms,  Magnard,   surtout un récent cycle Tchaïkovski qui s’est révélé passionnant et dont classiquenews a rendu compte régulièrement. En lire +

 

Opéra de Tours
Saison symphonique 2013-2014.
Grand Théâtre-Opéra, les 12 et 13 avril 2014
Gustav Mahler : Symphonie n°9 en ré majeur
OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

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BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours

berenice_titus_Racine_magnardTours, OpĂ©ra. Magnard : BĂ©rĂ©nice, 1911. Les 4,6,8 avril 2014. En s’inspirant très librement de Racine, Magnard compose son chef-d’oeuvre lyrique entre 1905 et 1909. Le symphoniste rĂ©vĂ©lĂ© et magnifiquement servi par Jean-Yves Ossonce, tourne le dos Ă  l’opĂ©ra Ă  la mode Ă  son Ă©poque. Inflexible et exigeant, Magnard, Ă©lève de D’Indy, revendique la souverainetĂ© de la “musique pure”, la modernitĂ© du “style wagnĂ©rien”, tout en reconnaissant l’idĂ©al classique et romantique de Gluck et de Berlioz.
Dans la partition oĂą règne l’orchestre, Magnard cisèle le profil austère et grave des deux protagonistes : Titus et BĂ©rĂ©nice, ici Jean-SĂ©bastien Bou, baryton et Catherine Hunold.
La nouvelle production portĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours rend hommage Ă  Magnard dont 2014 marque le centenaire.
Outre Bérénice, les concerts de musique de chambre proposent son Trio et sa Sonate pour violoncelle et piano (2 février 2014). Une page rare de César Franck (Rédemption) est programmée dans la saison symphonique, avec le 2e Concerto de Saint-Saëns (15 et 16 février 2014). Enfin, la Neuvième Symphonie de Mahler, contemporaine de Bérénice, clôturera la saison symphonique (12 et 13 avril 2014).  

BĂ©rĂ©nice (nĂ©e vers 28 après JC) est une figure illustre de l’histoire romaine : multiple Ă©pouse au rang prestigieux, elle rejoint finalement son frère Agrippa II Ă  JĂ©rusalem et exerce le pouvoir Ă  ses cĂ´tĂ©s comme reine.
En GalilĂ©e, elle se rapproche de Titus (30 ans), futur empereur alors qu’il mate la rĂ©sistance des juifs (66-70) et devient sa maĂ®tresse (elle en a 40).
Telle Esther devant Assuerus, BĂ©rĂ©nice prend la dĂ©fense du peuple juif et tente d’adoucir la rĂ©pression des romains.  En 70, le temple de JĂ©rusalem est rĂ©duit en cendres et la JudĂ©e devient province romaine. L’union de Titus et BĂ©rĂ©nice est mentionnĂ©e et commentĂ©e par SuĂ©tone et Tacite.

 

 

aimer ou rĂ©gner …

 

De retour Ă  Rome Titus rappelle BĂ©rĂ©nice (75), promet de l’Ă©pouser, mais face au scandale de leur mariage, renonce Ă  elle et la renvoie auprès de son frère en GalilĂ©e en 79, alors qu’il est devenu empereur. Fière et digne, politicienne et patricienne fortunĂ©e, BĂ©rĂ©nice incarne une figure fĂ©minine forte mais humaine que l’amour a blessĂ© et profondĂ©ment marquĂ©. Titus renonçant Ă  celle qu’il aime devient lui aussi cĂ©lèbre, frappant les esprits par son sens du devoir au mĂ©pris de l’amour…  Titus et BĂ©rĂ©nice donne Ă  rĂ©flĂ©chir sur l’antagonisme entre politique et amour.  Racine et Corneille ont traitĂ© son histoire, devenu un mythe théâtral avant que Magnard ne la choisisse pour son unique opĂ©ra.
Racine choisit de fixer son action Ă  Rome alors que le vainqueur de JudĂ©e, ayant ramenĂ© avec l’Ă©trangère, veut recevoir l’hommage du SĂ©nat. Mais il se confronte Ă  l’hostilitĂ© des sĂ©nateurs quant Ă  son mariage avec BĂ©rĂ©nice. D’un Ă©pisode psychologique assez peu dramatique, Racine rĂ©ussit un tour de force : Ă©crire une tragĂ©die en 5 actes dont la langue dĂ©finit le modèle de la grandeur classique nĂ©o antique. Racine ajoute le personnage d’Antiochus, le meilleur ami de Titus, qui lui aussi aime mais en vain la belle BĂ©rĂ©nice. L’empereur a dĂ©jĂ  fait son choix mais timide, il prĂ©fère que se soit Antiochus qui annonce Ă  la Reine de Palestine, qu’empereur il ne peut l’Ă©pouser…  L’acte IV est celui oĂą l’amoureuse se dĂ©voile Ă  sa tristesse : elle songe au suicide tant il lui est difficile voire insurmontable d’imaginer la vie sans Titus. A la fin de la tragĂ©die, Racine brosse le portrait de trois solitaires qui aiment et souffrent rĂ©signĂ©s ; c’est lĂ  la grandeur tragique de la pièce. L’homme fĂ»t-il empereur ou prince n’est pas le maĂ®tre de son destin : il doit sacrifier ce qu’il aime et rĂ©gner sans bonheur. On est loin ici des amours scandaleuses mais victorieuses de NĂ©ron et PoppĂ©e qui dans le cĂ©lèbre opĂ©ra de Monteverdi (1642) inflĂ©chissent tous les pouvoirs : Amor vincit omnia (l’amour vainc tout). Le thème de Titus et BĂ©rĂ©nice en serait l’antithèse la plus frappante. Quand il Ă©crit sa tragĂ©die en 1670, Racine se serait inspirĂ© des amours sans lendemains de Louis XIV et de sa maĂ®tresse Marie Mancini.

 

720px-Salon_de_Vénus-TITUS_ET_BERENICEBérénice. Tragédie en musique en trois actes
Livret d’AlbĂ©ric Magnard, d’après Racine
Création le 15 décembre 1911 à Paris
Editions Salabert
Présenté en français, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Alain Garichot
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Claude Masson
Lumières : Marc Delamézière

Bérénice : Catherine Hunold
Titus : Jean-SĂ©bastien Bou
Lia : Nona Javakhidze
Mucien : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Nouvelle production

Tours, Opéra
Vendredi 4 avril 2014 – 20h
Dimanche 6 avril 2014 – 15h
Mardi 8 avril 2014 – 20h

 

 

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Samedi 22 mars Ă  14h30 • Grand Théâtre de Tours – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Illustration : Versailles, angle du plafond du salon de Vénus. Titus et Bérénice ; carton de Lebrun, peinture de Houasse, vers 1678.

Titus et Bérénice
Albéric Magnard

Résurrection. Bérénice : l'opéra oublié d'Albéric Magnard (1909)De l’aveu du compositeur lui-même, humble serviteur de la musique qui osa mettre en musique le sujet inspiré par Racine, Bérénice a été composé dans le style wagnérien. Ni dramatise exacerbé, ni huit clos étouffant, Bérénice est un opéra classique et équilibré qui s’inspire de la mesure racinienne où l’on ressent cette « tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». Le langage de Magnard est celui d’un défenseur ardent de musique pure soucieux de clarté et de structure : coupe symphonique de l’ouverture, forme concertante pour le duo achevant le I; douce harmonie du canon à l’octave pour toutes les effusions amoureuses ; final de sonate pour le retour de Titus au III… Admirateur des grands dramaturges pour le théâtre, Magnard resserre, épure, allège dans le sens d’un « débat de conscience », entre la grandeur d’âme et la vaillance admirable de Bérénice et la lâcheté de Titus… Le compositeur a voulu exprimer le regret d’un empereur mort très jeune à 40 ans, celui d’avoir abandonné et trahi celle qui l’aimait pourtant d’un amour absolu. En sacrifiant le don de la vie le plus précieux, Titus fût-il bien conseillé et sincère dans sa félonie amoureuse, méritait le châtiment suprême. L’opéra de Magnard entend surtout, et si tendrement, ressusciter le visage de l’amoureuse d’autant plus adorable qu’elle est ici affrontée à l’esprit du calcul d’un amant trop politique. Pour confesser Bérénice, Magnard invente le personnage de sa suivante et nourrice, Lia. Musicalement, le musicien veille à diffuser depuis la fosse un parfum «  d’harmonie douloureuse, de tendresse sacrifiée ».

De Wagner à Virgile : composer Bérénice

Pour rendre sa figure plus éclatante encore, Maganrd imagine son héroïne jeune et conquérante, âgé d’une vingtaine d’années, en rien cette quinqa déjà flétrie qui cependant a régné un temps sur le cœur de son impérial cadet. Il fusionne aussi deux légendes : la reine de Judée et une autre Bérénice, celle-ci égyptienne, laquelle lui offre la grandeur poétique de son tableau final : pour hâter le retour de son aimé, l’amoureuse enivrée coupe sa chevelure et l’offre en sacrifice à Vénus Aphrodite. Un acte d’une beauté idéale qui rétablissant l’union de l’esthétique et de la tragédie ressuscite l’esprit de Virgile. Comme le souhaitait Magnard.

Compte rendu, opéra. Tours. Grand Théâtre, le 18 mars 2014. Benjamin Britten : The Turn of the Screw. Isabelle Cals, Hanna Schaer, Cécile Perrin, Jean-Francis Monvoisin. Ariane Matiakh, direction musicale. Dominique Pitoiset, mise en scène

Le Tour d'ecrou Opéra de Tours mars 2014 © François Berthon  4895Initiative courageuse de la part de l’Opéra de Tours que de monter The Turn of the Screw – Le Tour d’écrou – de Britten, ouvrage encore insuffisamment joué dans l’Hexagone. Composé d’après la nouvelle du même nom écrite par Henry James et créé à la Fenice de Venise en septembre 1954, cet opéra en deux actes et un prologue nous narre les déboires d’une gouvernante – dont on ne saura jamais le nom – aux prises avec les esprits des anciens serviteurs de la maison désireux d’entraîner avec eux les deux enfants dont elle a nouvellement la garde. Une intrigue propice aux audaces harmoniques et aux couleurs inquiétantes, dont a parfaitement tiré parti le compositeur, créant une atmosphère angoissante, dont l’étau se resserre tel un écrou toute la soirée durant, pour un moment fort de vrai théâtre musical. C’est par un long silence que la représentation débute, laissant résonner le théâtre de tous ses murmures comme autant de fantômes, et ce n’est qu’ensuite que la musique peut occuper l’espace sonore.

Un Tour de très haut niveau

La maison tourangelle a servi cette pièce avec les honneurs qu’elle mérite, réunissant une distribution en tous points exemplaire et aux vocalités généreuses. Isabelle Cals coule sans effort son superbe soprano dans le personnage tourmenté de la Gouvernante, déployant sa voix riche et ronde, incarnant parfaitement cette figure complexe, dont on ignore si les spectres ne naissent pas uniquement dans son imagination.
Elle est secondée par une Hanna Schaer idéale en Mrs Grose, un rôle qu’elle a déjà incarné de nombreuses fois. On ne peut que se réjouir devant la fraicheur et la puissance de la voix de la mezzo suisse – qualités que sa Mistress Benson dans Lakmé ne laissait pas soupçonner – ne faisant qu’un avec ce personnage dépassé par les évènements et tout de tendresse maternelle.
Superbe également, le couple fantomatique. Cécile Perrin incarne une Miss Jessel à l’âme torturée, mélancolique et effrayante à la fois, à la présence scénique aussi magnétique que son instrument large et étendu, emplissant sans effort la salle. A ses côtés, Jean-Francis Monvoisin joue des particularités de son timbre pour dépeindre un Peter Quint menaçant, utilisant toutes les possibilités de sa voix pour un résultat saisissant. Et ce tableau ne serait pas complet sans deux enfants très convaincants, dont la performance est à saluer : Louise Van der Mee et Samuel Miles, tous deux d’une crédibilité redoutable, jusqu’aux couleurs inquiétantes qu’ils parviennent à trouver, notamment le jeune garçon, aussi ambigu qu’insondable.
Tous se révèlent en outre stylistiquement impeccables, et s’expriment dans un anglais au-dessus de tout reproche, une performance pour une distribution exclusivement francophone.
Et c’est avec évidence que les chanteurs évoluent dans la mise en scène réglée au cordeau par Dominique Pitoiset. Le scénographe a imaginé un lieu unique, le salon d’une maison des années 60 à la décoration sobre et dont la grande baie vitrée donne sur un petit jardin enneigé, au haut mur bordé de thuyas. Un véritable huis clos rendu plus étouffant encore par les éclairages remarquables de Christophe Pitoiset. La direction d’acteurs se révèle à la hauteur du cadre de scène, éblouissante de précision et de tension, tout temps mort paraissant interdit, sinon impossible.

Dans la fosse, les treize musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Tours s’en donnent à cœur joie, chacun en position de soliste, et créent avec un plaisir évident les ambiances irrespirables imaginées par Britten. Participant activement au drame, Ariane Matiakh couve les instrumentistes de sa baguette et leur insuffle son énergie, prenant cette partition, qu’elle dirige pour la première fois, très à cœur. Une très belle soirée d’opéra, un ouvrage dramatiquement et musicalement très fort, de grandes voix, une mise en scène intelligente ainsi que des musiciens profondément impliqués, que demander de plus ?

Tours. Grand Théâtre, 18 mars 2014. Benjamin Britten : The Turn of the Screw. Livret de Myfanwy Piper, d’après la nouvelle éponyme de Henry James. Avec La Gouvernante : Isabelle Cals ; Mrs Grose : Hanna Schaer ; Miss Jessel : Cécile Perrin : Narrateur / Peter Quint : Jean-Francis Monvoisin ; Flora : Louise Van der Mee ; Miles : Samuel Mallet. Chœurs de l’Opéra de Tours ; Chef de chœur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Ariane Matiakh, direction musicale ; Mise en scène et scénographie : Dominique Pitoiset ; Costumes : Nathalie Prats ; Lumières : Christophe Pitoiset ; Assistant mise en scène : Stephen Taylor ; Chef de chant : Matthieu Le Levreur.

Britten : Le tour d’Ă©crou Ă  l’OpĂ©ra de Tours

britten_jeune_piano-570Tours, OpĂ©ra. Britten: The Turn of the screw. Les 14,16,18 mars 2014. Monde rĂ©el et fantĂ´mes, inquiĂ©tude, refoulement, questions, conscient et inconscient, enfance en danger, sacrifiĂ©e, bafouĂ©e, se conjuguent dans le monde de Benjamin Britten d’après l’extraordinaire nouvelle d’Henry James. Accessible et novatrice, toute en couleurs sans cesse renouvelĂ©es, la musique habite cet univers prenant, protĂ©iforme Ă  laquelle la rĂ©alisation signĂ©e par Dominique Pitoiset, dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©e Ă  Bordeaux, apporte un Ă©clat intĂ©rieur, lumineux et hypnotique. Peu Ă  peu, la musique et l’architecture dramatique nourrissent l’emprise du pervers Quint sur Miles, le jeune garçon, pourtant dĂ©fendu (vainement) par la nouvelle gouvernante…

Le Tour d’Ă©crou est crĂ©Ă© Ă  Venise en septembre 1954 Ă  la Fenice. Entre fantastique et horreur, l’action dĂ©peint la lente possession de deux enfants par deux fantĂ´mes pernicieux, Peter Quint et Miss Jessel, chacun infĂ©odant le jeune Miles et sa soeur Flora. Britten se passionne surtout pour la figure de l’Ă©trangère, la gouvernante qui très attachĂ©e au jeune garçon, tente vainement de le protĂ©ger de la figure diabolique de Peter Quint : si le fantĂ´me s’efface, il laisse dans les bras de la gouvernante, le petit corps de Miles… sans vie. ComposĂ© de 8 tableaux strictement agencĂ©s et ponctuĂ©s lĂ  aussi d’interludes musicaux particulièrement suggestifs, The Turn of the screw reste l’opĂ©ra de chambre, inventĂ© par Britten le plus saisissant par sa progression lente et oppressante, sa parfaite construction dramatique. Un modèle, avec The Rape of Lucretia et aussi le peu connu Owen Windgrave, dans le genre du théâtre intimiste. Le huit clos est saisissant, l’action prĂ©cise, fulgurante, et la musique d’une âpretĂ© poĂ©tique et mordante.

Tours, Opéra
Les 14,16,18 mars 2014
Benjamin Britten : The Turn of the screw

Conférence
Samedi 8 mars Ă  14h30
Grand Théâtre de Tours
Salle Jean Vilar • Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Opéra en deux actes avec prologue
Livret de Myfanwy Piper, d’après la nouvelle d’Henri James
Création le 14 septembre 1954 à Venise
Editions Boosey et Hawkes
Présenté en anglais, surtitré en français

Direction : Ariane Matiakh
Mise en scène et scénographie : Dominique Pitoiset
Costumes : Nathalie Prats
Lumières : Christophe Pitoiset
Assistant mise en scène : Stephen Taylor

Narrateur / Peter Quint : Jean-Francis Monvoisin
Gouvernante : Isabelle Cals
Mrs Grose : Hanna Schaer
Miss Jessel : CĂ©cile Perrin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Production Décors, costumes et accessoires Opéra de Bordeaux

Le Tour d’Ă©crou de Britten Ă  Tours

britten_jeune_piano-570Tours, OpĂ©ra. Britten: The Turn of the screw. Les 14,16,18 mars 2014. Monde rĂ©el et fantĂ´mes, inquiĂ©tude, refoulement, questions, conscient et inconscient, enfance en danger ou bafouĂ©e, se conjuguent dans le monde de Benjamin Britten d’après James. Accessible et novatrice, toute en couleurs sans cesse renouvelĂ©es, la musique habite cet univers prenant, protĂ©iforme Ă  laquelle la rĂ©alisation signĂ©e par Dominique Pitoiset, dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©e Ă  Bordeaux, apporte un Ă©clat intĂ©rieure lumineux et hypnotique.

Le Tour d’Ă©crou est crĂ©Ă© Ă  Venise en septembre 1954 Ă  la Fenice. entre fantastique et horreur, l’action dĂ©peint la lente possession de deux enfants par deux fantĂ´mes pernicieux, Peter Quint et Miss Jessel, chacun infĂ©odant le jeune Miles et sa soeur Flora. Britten se passionne surtout pour la figure de l’Ă©trangère, la gouvernante qui très attachĂ©e au jeune garçon, tente vainement de le protĂ©ger de la figure diabolique de Peter Quint : si le fantĂ´me s’efface, il laisse dans les bras de la gouvernante, le petit corps de Miles… sans vie. ComposĂ© de 8 tableaux strictement agencĂ©s et ponctuĂ©s lĂ  aussi d’interludes musicaux particulièrement suggestifs, The Turn of the screw reste l’opĂ©ra de chambre, inventĂ© par Britten le plus saisissant par sa progression lente et oppressante, sa parfaite construction dramatique.

Tours, Opéra
Les 14,16,18 mars 2014
Benjamin Britten : The Turn of the screw

Conférence
Samedi 8 mars Ă  14h30
Grand Théâtre de Tours
Salle Jean Vilar • Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Opéra en deux actes avec prologue
Livret de Myfanwy Piper, d’après la nouvelle d’Henri James
Création le 14 septembre 1954 à Venise
Editions Boosey et Hawkes
Présenté en anglais, surtitré en français

Direction : Ariane Matiakh
Mise en scène et scénographie : Dominique Pitoiset
Costumes : Nathalie Prats
Lumières : Christophe Pitoiset
Assistant mise en scène : Stephen Taylor

Narrateur / Peter Quint : Jean-Francis Monvoisin
Gouvernante : Isabelle Cals
Mrs Grose : Hanna Schaer
Miss Jessel : CĂ©cile Perrin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Production Décors, costumes et accessoires Opéra de Bordeaux

Tours : L’OSRCT joue Dvorak et Brahms

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsTours, OpĂ©ra : Les 22 et 23 mars 2014. OSRCT. Jean-Yves Ossonce. Brahms : Symphonie n°1. Deux grands pages romantiques pour ce programme symphonique dĂ©fendu par l’Orchestre tourangeau (Orchestre symphonique RĂ©gion centre Tours) sous al direction de son chef principal Jean-Yves Ossonce : le Concerto de Dvorak permet le retour du violoncelliste Yan Levionnois, après son sensationnel succès avec l’OSRC-T dans Chostakovitch en novembre 2011.L’oeuvre de Dvorak est le grand concerto romantique pour violoncelle par excellence, reflet de l’âme musicale de l’Europe Centrale, exigeant puissance, intĂ©rioritĂ©, tendresse et profondeur. L’infinie nostalgie, la couleur des bois et des cordes, les envolĂ©es et les contrastes, la puretĂ© des intentions musicales … en font un chef d’oeuvre. La 1ère Symphonie de Brahms marque la conclusion du cycle de la saison dernière : l’occasion de mesurer Ă  quel point cette musique parle Ă  chacun, Ă  toutes les Ă©poques. Grands frissons symphoniques et romantiques garantis !

 

Antonín Dvorák
Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op.104

Johannes Brahms
Symphonie n°1 en ut mineur, op.68

Yan Levionnois, violoncelle
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 22 mars 2014 – 20h
Dimanche 23 mars 2014 – 17h
Tours, Opéra Théâtre

Conférence sur le thème du programme :
samedi 22 mars Ă  19h00
Dimanche 23 mars Ă  16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

La première Symphonie de Brahms recueille les fruits d’une longue maturation de près de 20 annĂ©es ! Gestation lente et progressive qui fructifie Ă©videmment les bĂ©nĂ©fices de sa relation intime avec le couple Schumann. Le jeune Johannes rencontre Robert Schumann Ă  DĂĽsseldorf après 1854. L’opus 68 est crĂ©Ă© Ă  Karlsruhe Ă  la fin de l’annĂ©e 1876. L’agitation et la nervositĂ© d’essence tragique du premier mouvement affirme un tempĂ©rament puissant et très grave, voire angoissĂ© : sentiment dont toutes les oeuvres de Brahms, habitĂ© par la mort, tĂ©moignent irrĂ©sistiblement. L’Andante sostenuto semble un temps se libĂ©rer du fatum, comme le presque scherzo rĂ©solument pastoral et assagi, d’une candeur sereine. L’Ă©criture de Brahms se souvient alors de la 9ème de Beethoven dont le souvenir et la complexitĂ© contrapuntique animent tout le dernier mouvement qui se rapproche aussi de la carrure brucknĂ©rienne. La puissance et la densitĂ© de la facture, l’Ă©nergie conflictuelle qui se dĂ©tache de la riche texture orchestrale ne doivent pas voiler la très fine texture et les couleurs originales de l’orchestration. Ce point est souvent gommĂ© par les chefs qui prĂ©fèrent en gĂ©nĂ©ral soigner le souffle parfois Ă©pais, plutĂ´t que l’expressivitĂ© instrumentale dans la filiation de Mendelssohn et de Schumann. Or Brahms sait Ă  la fois architecturer son propos et ciseler l’arĂŞte vive de chaque pupitre. C’est un vrai dĂ©fi pour les orchestres.
Programmer Dvorak aux côtés de Brahms est tout à fait légitime car après la mort de Schumann, Brahms se passionne pour les œuvres de Dvorak rencontré en 1878.

RĂ©servations, informations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

Bérénice de Magnard

berenice_titus_Racine_magnardTours, OpĂ©ra. Magnard : BĂ©rĂ©nice, 1911. Les 4,6,8 avril 2014. En s’inspirant très librement de Racine, Magnard compose son chef-d’oeuvre lyrique entre 1905 et 1909. Le symphoniste rĂ©vĂ©lĂ© et magnifiquement servi par Jean-Yves Ossonce, tourne le dos Ă  l’opĂ©ra Ă  la mode Ă  son Ă©poque. Inflexible et exigeant, Magnard, Ă©lève de D’Indy, revendique la souverainetĂ© de la “musique pure”, la modernitĂ© du “style wagnĂ©rien”, tout en reconnaissant l’idĂ©al classique et romantique de Gluck et de Berlioz.
Dans la partition oĂą règne l’orchestre, Magnard cisèle le profil austère et grave des deux protagonistes : Titus et BĂ©rĂ©nice, ici Jean-SĂ©bastien Bou, baryton et Catherine Hunold.
La nouvelle production portĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours rend hommage Ă  Magnard dont 2014 marque le centenaire.
Outre Bérénice, les concerts de musique de chambre proposent son Trio et sa Sonate pour violoncelle et piano (2 février 2014). Une page rare de César Franck (Rédemption) est programmée dans la saison symphonique, avec le 2e Concerto de Saint-Saëns (15 et 16 février 2014). Enfin, la Neuvième Symphonie de Mahler, contemporaine de Bérénice, clôturera la saison symphonique (12 et 13 avril 2014).  

BĂ©rĂ©nice (nĂ©e vers 28 après JC) est une figure illustre de l’histoire romaine : multiple Ă©pouse au rang prestigieux, elle rejoint finalement son frère Agrippa II Ă  JĂ©rusalem et exerce le pouvoir Ă  ses cĂ´tĂ©s comme reine.
En GalilĂ©e, elle se rapproche de Titus (30 ans), futur empereur alors qu’il mate la rĂ©sistance des juifs (66-70) et devient sa maĂ®tresse (elle en a 40).
Telle Esther devant Assuerus, BĂ©rĂ©nice prend la dĂ©fense du peuple juif et tente d’adoucir la rĂ©pression des romains.  En 70, le temple de JĂ©rusalem est rĂ©duit en cendres et la JudĂ©e devient province romaine. L’union de Titus et BĂ©rĂ©nice est mentionnĂ©e et commentĂ©e par SuĂ©tone et Tacite.

 

 

aimer ou rĂ©gner …

 

De retour Ă  Rome Titus rappelle BĂ©rĂ©nice (75), promet de l’Ă©pouser, mais face au scandale de leur mariage, renonce Ă  elle et la renvoie auprès de son frère en GalilĂ©e en 79, alors qu’il est devenu empereur. Fière et digne, politicienne et patricienne fortunĂ©e, BĂ©rĂ©nice incarne une figure fĂ©minine forte mais humaine que l’amour a blessĂ© et profondĂ©ment marquĂ©. Titus renonçant Ă  celle qu’il aime devient lui aussi cĂ©lèbre, frappant les esprits par son sens du devoir au mĂ©pris de l’amour…  Titus et BĂ©rĂ©nice donne Ă  rĂ©flĂ©chir sur l’antagonisme entre politique et amour.  Racine et Corneille ont traitĂ© son histoire, devenu un mythe théâtral avant que Magnard ne la choisisse pour son unique opĂ©ra.
Racine choisit de fixer son action Ă  Rome alors que le vainqueur de JudĂ©e, ayant ramenĂ© avec l’Ă©trangère, veut recevoir l’hommage du SĂ©nat. Mais il se confronte Ă  l’hostilitĂ© des sĂ©nateurs quant Ă  son mariage avec BĂ©rĂ©nice. D’un Ă©pisode psychologique assez peu dramatique, Racine rĂ©ussit un tour de force : Ă©crire une tragĂ©die en 5 actes dont la langue dĂ©finit le modèle de la grandeur classique nĂ©o antique. Racine ajoute le personnage d’Antiochus, le meilleur ami de Titus, qui lui aussi aime mais en vain la belle BĂ©rĂ©nice. L’empereur a dĂ©jĂ  fait son choix mais timide, il prĂ©fère que se soit Antiochus qui annonce Ă  la Reine de Palestine, qu’empereur il ne peut l’Ă©pouser…  L’acte IV est celui oĂą l’amoureuse se dĂ©voile Ă  sa tristesse : elle songe au suicide tant il lui est difficile voire insurmontable d’imaginer la vie sans Titus. A la fin de la tragĂ©die, Racine brosse le portrait de trois solitaires qui aiment et souffrent rĂ©signĂ©s ; c’est lĂ  la grandeur tragique de la pièce. L’homme fĂ»t-il empereur ou prince n’est pas le maĂ®tre de son destin : il doit sacrifier ce qu’il aime et rĂ©gner sans bonheur. On est loin ici des amours scandaleuses mais victorieuses de NĂ©ron et PoppĂ©e qui dans le cĂ©lèbre opĂ©ra de Monteverdi (1642) inflĂ©chissent tous les pouvoirs : Amor vincit omnia (l’amour vainc tout). Le thème de Titus et BĂ©rĂ©nice en serait l’antithèse la plus frappante. Quand il Ă©crit sa tragĂ©die en 1670, Racine se serait inspirĂ© des amours sans lendemains de Louis XIV et de sa maĂ®tresse Marie Mancini.

 

720px-Salon_de_Vénus-TITUS_ET_BERENICEBérénice. Tragédie en musique en trois actes
Livret d’AlbĂ©ric Magnard, d’après Racine
Création le 15 décembre 1911 à Paris
Editions Salabert
Présenté en français, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Alain Garichot
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Claude Masson
Lumières : Marc Delamézière

Bérénice : Catherine Hunold
Titus : Jean-SĂ©bastien Bou
Lia : Nona Javakhidze
Mucien : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Nouvelle production

Tours, Opéra
Vendredi 4 avril 2014 – 20h
Dimanche 6 avril 2014 – 15h
Mardi 8 avril 2014 – 20h

 

 

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Samedi 22 mars Ă  14h30 • Grand Théâtre de Tours – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Illustration : Versailles, angle du plafond du salon de Vénus. Titus et Bérénice ; carton de Lebun, peinture de Houasse, vers 1678.

Titus et Bérénice
Albéric Magnard

De l’aveu du compositeur lui-même, humble serviteur de la musique qui osa mettre en musique le sujet inspiré par Racine, Bérénice a été composé dans le style wagnérien. Ni dramatise exacerbé, ni huit clos étouffant, Bérénice est un opéra classique et équilibré qui s’inspire de la mesure racinienne où l’on ressent cette « tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». Le langage de Magnard est celui d’un défenseur ardent de musique pure soucieux de clarté et de structure : coupe symphonique de l’ouverture, forme concertante pour le duo achevant le I; douce harmonie du canon à l’octave pour toutes les effusions amoureuses ; final de sonate pour le retour de Titus au III… Admirateur des grands dramaturges pour le théâtre, Magnard resserre, épure, allège dans le sens d’un « débat de conscience », entre la grandeur d’âme et la vaillance admirable de Bérénice et la lâcheté de Titus… Le compositeur a voulu exprimer le regret d’un empereur mort très jeune à 40 ans, celui d’avoir abandonné et trahi celle qui l’aimait pourtant d’un amour absolu. En sacrifiant le don de la vie le plus précieux, Titus fût-il bien conseillé et sincère dans sa félonie amoureuse, méritait le châtiment suprême. L’opéra de Magnard entend surtout, et si tendrement, ressusciter le visage de l’amoureuse d’autant plus adorable qu’elle est ici affrontée à l’esprit du calcul d’un amant trop politique. Pour confesser Bérénice, Magnard invente le personnage de sa suivante et nourrice, Lia. Musicalement, le musicien veille à diffuser depuis la fosse un parfum «  d’harmonie douloureuse, de tendresse sacrifiée ».

De Wagner à Virgile : composer Bérénice

Pour rendre sa figure plus éclatante encore, Maganrd imagine son héroïne jeune et conquérante, âgé d’une vingtaine d’années, en rien cette quinqa déjà flétrie qui cependant a régné un temps sur le cœur de son impérial cadet. Il fusionne aussi deux légendes : la reine de Judée et une autre Bérénice, celle-ci égyptienne, laquelle lui offre la grandeur poétique de son tableau final : pour hâter le retour de son aimé, l’amoureuse enivrée coupe sa chevelure et l’offre en sacrifice à Vénus Aphrodite. Un acte d’une beauté idéale qui rétablissant l’union de l’esthétique et de la tragédie ressuscite l’esprit de Virgile. Comme le souhaitait Magnard.

Tours, Grand Théâtre. Concert Saint-Saëns, Franck, OSRCT. 15, 16 février 2014

franck_cesar_orgue_symphonie_reTours, Grand Théâtre. Concert Franck, Saint-SaĂ«ns… les 15 et 16 fĂ©vrier 2014. L’OSRCT (l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours) offre un bain symphonique et concertant, associant Franck, Saint-SaĂ«ns et Dvorak. Franck fut un des professeurs de Magnard, dont l’OpĂ©ra de Tours programme dĂ©but avril BĂ©rĂ©nice. ImprĂ©gnĂ© de mysticisme, dans la lignĂ©e de la musique religieuse de Liszt, l’intermède de son oratorio RĂ©demption se fait rare dans les programmations, et c’est dommage. Le deuxième Concerto pour piano de Saint-SaĂ«ns est une merveille d’Ă©criture, de pyrotechnie pianistique et de clartĂ© dans l’Ă©locution musicale : l’autre face de cette Ă©cole française sera dĂ©fendue par Carole Carniel. DĂ©jĂ  invitĂ©e pour PĂ©trouchka, la pianiste pianiste est une des animatrices de la vie musicale rĂ©gionale, en particulier au sein de l’Atelier Musical de Touraine. DirigĂ© par Claude Schnitzler,fidèle chef invitĂ© Ă  Tours, le programme se conclut par une des symphonies rarement jouĂ©es de Dvorak, pleine des Ă©chos de sa terre natale et portĂ©e par une Ă©criture Ă©clectique oĂą s’affirment les germaniques, de Brahms Ă  Wagner…

Interlude RĂ©demption
Programme allĂ©chant car il inscrit une oeuvre très rare et pourtant Ă©blouissante signĂ© CĂ©sar Franck. RĂ©demption est un interlude symphonique de moins de 15 mn Ă  l’origine conçu comme un oratorio pour mezzo seule dans un version de 1873 qui cependant ne suscita aucun enthousiasme. L’oeuvre augmentĂ©e d’un choeur dans une seconde version suscitera enfin un tonnerre d’applaudissements, mais Franck Ă©tait mort avant de vivre son succès; Il y est question du salut de l’humanitĂ© sauvĂ© par un Ă©lan fraternel (ce mĂŞme sentiment qui inspire le dernier mouvement de la 9è de Beethoven). Aujourd’hui le texte de l’oratorio trop manifestement emphatique, est dĂ©laissĂ©… pour l’interlude purement orchestral qui en a Ă©tĂ© extrait : datĂ© de 1873, la matière de l’interlude d’un wagnĂ©risme rĂ©assimilĂ©, superbement original, annonce l’Ă©criture de la Symphonie en rĂ©, sommet symphonique beaucoup plus tardif (1889).

La Symphonie n°5 en fa majeur, op.76 de Dvorak est crĂ©Ă© Ă  Prague en mars 1879 affirme une puissance d’inspiration en particulier dans son ultime mouvement qui annonce la grande rĂ©ussite de la Symphonie new yorkaise du Nouveau Monde n°8, crĂ©Ă© au Carnegie Hall en dĂ©cembre 1893. Dans l’Andante règne la douce et mĂ©lancolique rĂŞverie slave (doumka) ; dans le dernier mouvement (allegro molto), Dvorak semble prĂ©parer le rayonnement d’une joie pleine et irrĂ©sistible d’autant plus expressive et saisissante que lui prĂ©cède un balancement imprĂ©visible entre ivresse, exaltation et angoisse aux racines certainement autobiographiques. La Symphonie profite de la rencontre Ă  Vienne avec Brahms dès 1873, lequel l’inspire musicalement et l’aide concrètement Ă  Ă©diter ses oeuvres… C’est un pĂ©riode dĂ©cisive pour le compositeur nĂ© en BohĂŞme qui peu Ă  peu gagne une stature europĂ©enne. Plus composite que celle de Smetana, l’Ă©criture de Dvorak profite de son ouverture vers les auteurs germaniques : il fixe d’emblĂ©e le cadre et les enjeux de la symphonie tchèque, tout en cultivant la très forte spĂ©cificitĂ© slave et hongroise en rapport avec ses origines. De retour dans en TchĂ©koslovaquie, Dvorak accentue et colore encore davantage son Ă©criture symphonique avec Russalka de 1900, clair manifeste d’une âme musicienne qui a la nostalgie Ă©merveillĂ©e de sa propre culture.

CĂ©sar Franck
RĂ©demption, interlude symphonique

Camille Saint-Saëns
Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur, op.22

Antonín Dvorák
Symphonie n°5 en fa majeur, op.76

Carole Carniel, piano
Claude Schnitzler, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 15 fĂ©vrier 2014 – 20h
Dimanche 16 fĂ©vrier 2014 – 17h

conférences autour du concert
Samedi 15 fĂ©vrier Ă  19h00 – Dimanche 16 fĂ©vrier Ă  16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Concert Franck, Saint-SaĂ«ns, Dvorak Ă  l’OpĂ©ra de Tours

franck_cesar_orgue_symphonie_reTours, Grand Théâtre. Concert Franck, Saint-SaĂ«ns… les 15 et 16 fĂ©vrier 2014. L’OSRCT (l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours) offre un bain symphonique et concertant, associant Franck, Saint-SaĂ«ns et Dvorak. Franck fut un des professeurs de Magnard, dont l’OpĂ©ra de Tours programme dĂ©but avril BĂ©rĂ©nice. ImprĂ©gnĂ© de mysticisme, dans la lignĂ©e de la musique religieuse de Liszt, l’intermède de son oratorio RĂ©demption se fait rare dans les programmations, et c’est dommage. Le deuxième Concerto pour piano de Saint-SaĂ«ns est une merveille d’Ă©criture, de pyrotechnie pianistique et de clartĂ© dans l’Ă©locution musicale : l’autre face de cette Ă©cole française sera dĂ©fendue par Carole Carniel. DĂ©jĂ  invitĂ©e pour PĂ©trouchka, la pianiste pianiste est une des animatrices de la vie musicale rĂ©gionale, en particulier au sein de l’Atelier Musical de Touraine. DirigĂ© par Claude Schnitzler,fidèle chef invitĂ© Ă  Tours, le programme se conclut par une des symphonies rarement jouĂ©es de Dvorak, pleine des Ă©chos de sa terre natale et portĂ©e par une Ă©criture Ă©clectique oĂą s’affirment les germaniques, de Brahms Ă  Wagner…

Interlude RĂ©demption
Programme allĂ©chant car il inscrit une oeuvre très rare et pourtant Ă©blouissante signĂ© CĂ©sar Franck. RĂ©demption est un interlude symphonique de moins de 15 mn Ă  l’origine conçu comme un oratorio pour mezzo seule dans un version de 1873 qui cependant ne suscita aucun enthousiasme. L’oeuvre augmentĂ©e d’un choeur dans une seconde version suscitera enfin un tonnerre d’applaudissements, mais Franck Ă©tait mort avant de vivre son succès; Il y est question du salut de l’humanitĂ© sauvĂ© par un Ă©lan fraternel (ce mĂŞme sentiment qui inspire le dernier mouvement de la 9è de Beethoven). Aujourd’hui le texte de l’oratorio trop manifestement emphatique, est dĂ©laissĂ©… pour l’interlude purement orchestral qui en a Ă©tĂ© extrait : datĂ© de 1873, la matière de l’interlude d’un wagnĂ©risme rĂ©assimilĂ©, superbement original, annonce l’Ă©criture de la Symphonie en rĂ©, sommet symphonique beaucoup plus tardif (1889).

La Symphonie n°5 en fa majeur, op.76 de Dvorak est crĂ©Ă© Ă  Prague en mars 1879 affirme une puissance d’inspiration en particulier dans son ultime mouvement qui annonce la grande rĂ©ussite de la Symphonie new yorkaise du Nouveau Monde n°8, crĂ©Ă© au Carnegie Hall en dĂ©cembre 1893. Dans l’Andante règne la douce et mĂ©lancolique rĂŞverie slave (doumka) ; dans le dernier mouvement (allegro molto), Dvorak semble prĂ©parer le rayonnement d’une joie pleine et irrĂ©sistible d’autant plus expressive et saisissante que lui prĂ©cède un balancement imprĂ©visible entre ivresse, exaltation et angoisse aux racines certainement autobiographiques. La Symphonie profite de la rencontre Ă  Vienne avec Brahms dès 1873, lequel l’inspire musicalement et l’aide concrètement Ă  Ă©diter ses oeuvres… C’est un pĂ©riode dĂ©cisive pour le compositeur nĂ© en BohĂŞme qui peu Ă  peu gagne une stature europĂ©enne. Plus composite que celle de Smetana, l’Ă©criture de Dvorak profite de son ouverture vers les auteurs germaniques : il fixe d’emblĂ©e le cadre et les enjeux de la symphonie tchèque, tout en cultivant la très forte spĂ©cificitĂ© slave et hongroise en rapport avec ses origines. De retour dans en TchĂ©koslovaquie, Dvorak accentue et colore encore davantage son Ă©criture symphonique avec Russalka de 1900, clair manifeste d’une âme musicienne qui a la nostalgie Ă©merveillĂ©e de sa propre culture.

CĂ©sar Franck
RĂ©demption, interlude symphonique

Camille Saint-Saëns
Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur, op.22

Antonín Dvorák
Symphonie n°5 en fa majeur, op.76

Carole Carniel, piano
Claude Schnitzler, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 15 fĂ©vrier 2014 – 20h
Dimanche 16 fĂ©vrier 2014 – 17h

conférences autour du concert
Samedi 15 fĂ©vrier Ă  19h00 – Dimanche 16 fĂ©vrier Ă  16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite