Compte-rendu, opĂ©ra. Bruxelles. ThĂ©Ăątre Royal de La Monnaie. Le 8 fĂ©vrier 2015. Georg Friedrich Haendel : Tamerlano. Christophe Dumaux, Jeremy Ovenden, Sophie KarthĂ€user, Delphine Galou, Ann Hallenberg, Nathan Berg, Caroline d’Haese. Pierre Audi, mise en scĂšne. Christophe Rousset, direction.

Les opĂ©ras de Haendel ont subi, plus que tout autre compositeur, la fantaisie trop souvent gratuite des metteurs en scĂšne. Quel plaisir d’assister enfin – dans le magnifique Ă©crin que constitue le ThĂ©Ăątre Royal de La Monnaie – Ă  une reprĂ©sentation oĂč la rĂ©alisation rejette l’anecdotique et les trop dĂ©risoires « tics » du Regietheater pour se mettre au service de l’intrigue, de la vĂ©ritĂ© psychologique, et bien entendu de la musique, ce avec la plus grande Ă©conomie de moyens.

haendel_handel_costume_portraitCela, la superbe mise en scĂšne de Pierre Audi Ă  Bruxelles vient de le rappeler : ici, pas de transposition dans le temps, ni de lieu, pas de tanks sur le plateau ni de tĂ©lĂ©phones portables, mais une proposition scĂ©nique dĂ©pouillĂ©e, avec comme seul cadre une enfilade de cinq arcades grises aux contours dorĂ©s, qui s’achĂšve par une paroi Ă  l’identique. Toute l’attention se concentre sur les protagonistes du drame (magnifiquement habillĂ©s par Patrick Kinmonth) : leur gestuelle expressive, les postures expressionnistes, voire torturĂ©es, et rĂ©vĂ©latrices des sentiments, des rapports et des tensions. Tout est ici mis au service de la vĂ©ritĂ© psychologique et de l’agencement dramatique, particuliĂšrement sensible dans une deuxiĂšme partie de l’opĂ©ra qui tient le public en haleine. A tel point que nous n’avons guĂšre de souvenir de reprĂ©sentation d’opĂ©ra de Haendel d’une telle puissance…

 

 

 

Exquise Asteria de Sophie KarthÀuser

 

Tamerlano2Il faut dire que le tĂ©nor britannique Jeremy Ovenden, qui incarne Bajazet, le sultan turc vaincu et vrai hĂ©ros de l’opĂ©ra, offre une composition saisissante de son personnage ; il compense par l’intensitĂ© dramatique, les limites des moyens, comme lorsqu’il maudit sa fille, ou Ă  la fin de l’ouvrage, dans la grande scĂšne oĂč, littĂ©ralement possĂ©dĂ©, il campe un Bajazet sombrant dans la fureur et la dĂ©raison, vĂ©hĂ©mence qu’interrompent soudain, murmurĂ©s de cette voix blessĂ©e, ses douloureux Ă©lans de tendresse vers Asteria. La force de cette interprĂ©tation ne doit pas faire oublier que toute la distribution est du plus haut niveau, Ă  commencer par Sophie KarthĂ€user : toute de simplicitĂ© et de naturel, avec son legato, les couleurs subtiles de son timbre, une ligne vocale parfaitement souple (et quels rĂ©citatifs expressifs !) ; la soprano belge est la plus exquise et la plus touchante des Asteria (sublime aria avec Andronico ou encore l’accompagnato et arioso « Padre amante… Folle sei »). Le contre-tĂ©nor français Christophe Dumaux est tout aussi remarquable en Tamerlano, un rĂŽle difficile car, si l’empereur des Tatares est le tyran victorieux, il ne contrĂŽle en rien ce drame : tout lui Ă©chappe. Le jeune contre-tĂ©nor est formidable d’arrogance et son grand air en feu d’artifice vocal « Ah, dispette d’un volto ingrato », est lancĂ© avec un insolent panache. La mezzo suĂ©doise Ann Hallenberg (Irene) confĂšre au personnage de la soupirante dĂ©laissĂ©e par Bajazet une place plus importante que prĂ©vue, grĂące Ă  une aisance scĂ©nique et un rayonnement vocal hors du commun. Andronico est un rĂŽle important, dont la puissance Ă  faire Ă©voluer et basculer l’intrigue l’emporte sur la prestation vocale requise : la talentueuse alto française Delphine Galou sĂ©duit, avec son timbre veloutĂ© et son phrasĂ© sensible, mais la voix manque nĂ©anmoins de projection et de volume. Enfin, habituĂ© des grandes basses de l’opĂ©ra baroque, Nathan Berg continue Ă  affiner un art dans lequel le timbre gagne en mobilitĂ©, en ligne de chant, en couleurs et en expressivitĂ©.

Christophe Rousset – Ă  la tĂȘte de ses Talens Lyrique – n’est pas seulement un maĂźtre d’Ɠuvre attentif, il est vĂ©ritablement inspirĂ© par la musique, et offre une lecture du chef d’Ɠuvre de Haendel d’un engagement et d’une expressivitĂ© rares.  A l’arrivĂ©e, un spectacle d’une aristocratique beautĂ©, celle-lĂ  mĂȘme dont l’opĂ©ra de Haendel cĂ©lĂšbre l’apothĂ©ose.

Compte-rendu, opĂ©ra. Bruxelles. ThĂ©Ăątre Royal de La Monnaie. Le 8 fĂ©vrier 2015. Georg Friedrich Haendel : Tamerlano. Christophe Dumaux, Jeremy Ovenden, Sophie KarthĂ€user, Delphine Galou, Ann Hallenberg, Nathan Berg, Caroline d’Haese. Pierre Audi, mise en scĂšne. Christophe Rousset, direction.

Festival Haendel Ă  Bruxelles : Tamerlano et Alcina

handel-haendel-portrait-classiquenews-582-507-homepage-coup-de-coeur-de-classiquenews-Alcina-Tamerlano-janvier-et-fevrier-2015Bruxelles, La Monnaie : Handel : Tamerlano, Alcina. 27janvier > 8 fĂ©vrier 2015. Festival Handel Ă  La monnaie de Bruxelles en ce dĂ©but d’annĂ©e 2015 : La Monnaie ouvre l’annĂ©e nouvelle en programmant deux ouvrages majeurs du sĂ©jour de Haendel Ă  Londres, sĂ©jour marquĂ© par sa propre conception du seria italien adaptĂ© pour l’audience londonienne…  Avec Tamerlano opĂ©ra en 3 actes crĂ©Ă© au King’s Teater de Londres en octobre 1724, Haendel offre une leçon de grandeur tragique, portant le seria italien vers un accomplissement dramatique et mĂ©lodique jaamis entendu auparavant ; le raffinement de l’orchestre, la beautĂ© des airs qui rendent hommage aux profils Ă©prouvĂ©s font les dĂ©lices d’une partition trĂšs intense qui comporte de nombreux instants irrĂ©sistibles : au cƓur du drame, la figure noble de Bajazet, tenu prisonnier par Tamerlano : ce dernier souhaite Ă©pouser la fille de Bajazet, Asteria qui aime Andronico. Tamerlano souhaite Ă©changer la libertĂ© du pĂšre contre le cƓur de la fille. Mais c’est compter sans la grandeur d’Ăąme du prince emprisonnĂ© qui se suicide en un tableau sombre mĂ©morable. Face Ă  cet acte de courage et d’abnĂ©gation (rester inflexible contre l’odieux chantage), Tamerlano renonce Ă  Asteria (qui peut Ă©pouser son aimĂ©) et se rapproche d’IrĂšne, qu’il avait un temps Ă©carter…

 

 

 

festival Haendel Ă  Bruxelles

La lyre tragique et amoureuse de Haendel
De Tamerlano et Alcina

 

 

 

Haendel, handel MessieAprĂšs la grandeur tragique du sublime Tamerlano, Haendel aborde le pathĂ©tique et la folie amoureuse inspirĂ©e par Roland furieux de L’Arioste : ainsi Alcina, crĂ©Ă© Ă  Covent Garden en Avril 1735, soit plus de 10 ans aprĂšs Tamerlano, s’intĂ©resse Ă  la magie impuissante de l’enchanteresse Alcina, qui sur son Ăźle et malgrĂ© ses sortilĂšges, ne peut s’assurer l’amour du chevalier Ruggiero (Ă  la crĂ©ation chantĂ© par le castrat Carestini). HĂ©ritage des opĂ©ras vĂ©nitiens du siĂšcle prĂ©cĂ©dent (Cavalli), Haendel met en scĂšne aussi les intrigues secondaires oĂč paraissent des rĂŽles travestis, comme celui de Bradamante, qui en dĂ©barquant sur l’Ăźle d’Alcina, se dĂ©guise en homme et devenant Ricciardo, suscite l’amour de la sƓur d’Alcina, Morgana. FidĂšle au thĂ©Ăątres des passions Ă©prouvĂ©es de L’Arioste, l’amour est un poison qui rĂ©alise un labyrinthe vertigineux oĂč se perdent les cƓurs sensibles.
Les proches de Ruggiero le rappellent Ă  son devoir et son premier amour (pour Bradamante) tandis que la magicienne Alcina, terrassĂ© par un amour sincĂšre, en a perdu tous ses pouvoirs : elle est dĂ©munie et vaincue. L’amour vainc tout, selon l’adage baroque. Ce n’est pas ce nouvel opĂ©ra foisonnant de Haendel qui le contestera.

Bruxelles, Festival Haendel Ă  La Monnaie

Tamerlano
Les 27,29,31 janvier, 4,6,8 février 2015
avec Dumaux, Ovenden, KarthaĂŒser, Galou, Hallenberg, N. Berg

Alcina
Les 28,30 janvier, puis 1er,3,5,7 février 2015
avec Piau, Beaumont, Noldus, Puertolas, briot, Behle, Furlanetto

Les Talens lyriques
Christophe Rousset, direction
Pierre Audi, mise en scĂšne

 

 

 

CD. Haendel : Tamerlano (Cencic, Gauvin, Ainsley… Minasi, 2013)

Haendel handel _TAMERLANO_Naive Ainsley gauvin cencicCD. Haendel : Tamerlano (Cencic, Gauvin, Ainsley… Minasi, 2013)… Plus ciselĂ©s et mordants, plus inventifs et renouvelĂ©s que Curtis par exemple, Riccardo Minasi et les instrumentistes d’Il pomo d’oro convainquent musicalement : leur caractĂ©risation du drame sombre voire hautement tragique de Tamerlano (1724) reste souvent saisissante (attĂ©nuation murmurĂ©e constamment souple, proche en cela du texte, colorant idĂ©alement les caractĂšres de chaque personnages selon la situation. Jamais le continuo des recitatifs ne s’enlise : il suit l’arc tendu du verbe et accuse le relief ou les vertiges des oppositions, confrontations, manipulations entre les personnages : un pĂšre (Bajazet) et sa fille (Asteria), proies impuissantes de la cruautĂ© la plus abjecte incarnĂ© par le repoussant Tamerlano qui en fait n’est pas le hĂ©ros de l’opĂ©ra,… plutĂŽt un faire valoir du rĂŽle immense de Bajazet, prince noir mais noble et digne… qui prĂ©fĂšre la morsure du poison et la dĂ©livrance finale qu’il promet, plutĂŽt que vivre l’Ă©tat d’humiliation et d’asservissement qu’aime cultiver contre lui et sa fille, l’ignoble Tamerlano.

Tamerlano chambriste, essentiellement vocal

CLIC D'OR macaron 200Contrairement au visuel de couverture ce n’est ni Tamerlano et son interprĂšte qui se hissent au sommet de la rĂ©alisation : mais plutĂŽt l’excellent Bajazet de John Mark Ainsley : prince noble et d’une grandeur morale admirable, attendrie encore par ce lien filial et tĂ©nue (ici trĂšs bien exprimĂ©) qui le rattache Ă  sa fille, double de souffrance Ă  ses cĂŽtĂ©s (trĂšs honnĂȘte Karine Gauvin dans un rĂŽle fĂ©minin riche en couleurs crĂ©pusculaires lui aussi). Rien Ă  dire non plus au fiancĂ© d’Asteria, l’Andronico de Cencic : vivant, palpitant, toujours hautement engagĂ© lui aussi. La version est intensĂ©ment vocale donc dramatiquement proche du thĂ©Ăątre cornĂ©lien, oĂč l’Ă©quilibre instruments et chant se rĂ©vĂšle idĂ©al. La comprĂ©hension du chef saisit par son intelligence, et la qualitĂ© globalement engageante des solistes dĂ©fend superbement l’opĂ©ra haendĂ©lien. Excellente surprise.

Georg Friederich Haendel (1685-1759): Tamerlano, HWV 18 (1731 version). Avec Xavier Sabata (Tamerlano), Max Emanuel Cenčić (Andronico), John Mark Ainsley (Bajazet), Karina Gauvin (Asteria), Ruxandra Donose (Irene), Pavel Kudinov (Leone). Il pomo d’oro. Riccardo Minasi, direction. EnregistrĂ© en Italie, en avril 2013.  3cd NaĂŻve V 5373.

Compte rendu, opĂ©ra. Versailles. OpĂ©ra Royal, le 5 avril 2014. Haendel : Tamerlano. Max-Emanuel Cencic. Il Pomo d’Oro

Max-Emmanuel-Cencic3AprĂšs avoir subjuguĂ© le public de l’OpĂ©ra Royal mi-mars avec une reprise de la production phare de l’annĂ©e 2012 de l’OpĂ©ra National de Lorraine, Artaserse, le contre tĂ©nor Max-Emanuel Cencic est revenu ce soir au ChĂąteau pour la premiĂšre de sa toute nouvelle production avec Parnassus ARTS Production (disque Ă  venir) :  Tamerlano de Haendel.

 

Tamerlano de rĂȘve

Disons le tout de suite, mĂȘme si le temps lui donnera plus de rondeur et de fluiditĂ©, la distribution rĂ©unie pour le CD et ici, sa version concert, est tout simplement superlative.

La soirĂ©e a toutefois dĂ©butĂ© par coup de thĂ©Ăątre qui aurait pu troubler musiciens et chanteurs si ces derniers n’avaient su rĂ©agir avec un grand professionnalisme, afin d’offrir au public une soirĂ©e inoubliable. Un spectateur victime d’un malaise a nĂ©cessitĂ© une interruption du concert, alors qu’il venait tout juste de commencer et l’intervention rĂ©active et efficace des pompiers du Domaine, dont il faut saluer la prĂ©sence active et le travail tout au long de l’annĂ©e sur le site.

DonnĂ© pour la premiĂšre Ă  Londres au King’s Theatre, le 31 octobre 1724, Tamerlano repose sur une histoire, qui se situe Ă  une pĂ©riode plus rĂ©cente, que les sujets antiques plus classiques dans le rĂ©pertoire de cette Ă©poque. Le livret de NiccolĂČ Francesco Haym s’inspire de celui qu’Agostino Piovene avait Ă©crit en 1711 pour Gasperini. Livret qui trouve sa source dans une tragĂ©die française que l’on doit Ă  un auteur aujourd’hui totalement oubliĂ© et qui tenta de copier Racine, Jacques Pradon. L’action est resserrĂ©e autour de six personnages aux caractĂšres profondĂ©ment marquĂ©s. La vĂ©ritable tragĂ©die ici est portĂ©e non par Tamerlano, un ancien berger devenu un perfide et amer guerrier mais par le personnage de Bajazet, prisonnier du premier et dont la mort est le moment phare de l’opĂ©ra.

La fille du roi prisonnier, Asteria est amoureuse d’Andronico. Mais Tamerlano a jetĂ© son dĂ©volu sur la jeune fille, tandis que son amant, dans un premier temps accepte de devenir l’alliĂ© de ce nouveau roi lorsque celui-ci lui propose le trĂŽne de Byzance, se voyant au passage attribuĂ© la main d’IrĂšne, jusqu’alors promise Ă  Tamerlano.

Ce qui marque dans cet opĂ©ra de Haendel, et ce malgrĂ© la beautĂ© des airs, c’est le sens dramatique dĂ©ployĂ© par le Caro Sassone. C’est une vĂ©ritable perle noire, qu’il nous offre oĂč les rĂ©citatifs accompagnĂ©s se multiplient pour mieux poser un sentiment Ă©trange de profond dĂ©sespoir, jusqu’au suicide de Bajazet. Et si le lieto fine intervient, il n’en souligne que plus fortement l’irrĂ©mĂ©diable fatalitĂ© ou l’incroyable lĂ©gĂšretĂ© du destin.

C’est en version concert que Tamerlano nous a Ă©tĂ© donnĂ©e ce soir. RĂ©unissant autour de lui, la distribution la plus idoine qui soit, Max-Emanuel Cencic, rĂ©ussit une fois de plus Ă  nous convaincre du premier de ses talents, et il en a beaucoup d’autres, celui d’un porteur de projets souvent inĂ©dits ou renouvelants notre regard sur les Ɠuvres proposĂ©s et rĂ©unissant autour de lui un casting de rĂȘve.

C’est au tĂ©nor anglais John Mark Ainsley que revient le rĂŽle redoutable et le plus difficile Ă©crit pour un tĂ©nor par Haendel de Bajazet. D’une grande justesse dramatique, la beautĂ© de son timbre qui nous rappelle qu’il fĂ»t un magnifique Orfeo, donne au suicide de Bajazet tout le pathĂ©tique souhaitĂ©. Le dernier souffle du Roi est un murmure bouleversant.

Dans le rĂŽle-titre du tyran, Tamerlano, Xavier Sabata traduit Ă  merveille toute l’ambiguĂŻtĂ© du rĂŽle. Son timbre acidulĂ©, son phrasĂ© vif et clair, fait ressortir la palette de l’Ă©quivoque avec brio : mĂ©lange de perversitĂ©, de cynisme, dominateur et sĂ©ducteur.

Dans le rĂŽle d’Andronico, Max-Emanuel Cencic se montre d’une dĂ©licatesse et d’un charme incomparable. DĂšs son premier lamento, accompagnĂ© par un violoncelle virtuose, il nous fait ressentir, par la beautĂ© de son timbre, ses graves au velours soyeux, les tourments d’un personnage qui n’ose aimer au grand jour et qui se laisse un temps fasciner par un tyran qui lui offre des rĂȘves de gloire. Les vocalises, la technique ici prennent Ăąme, celle d’un personnage dĂ©vorĂ© par une sensibilitĂ© Ă  fleur de peau.

La superbe basse russe Pavel Kudinov ferme ce quatuor masculin avec une fermeté, une assurance scénique et vocale, qui offre à Leone, rÎle secondaire, une présence incontestable.

Le duo fĂ©minin est un duo harmonieux. Sophie Karthauser donne Ă  Asteria tout son hĂ©roĂŻsme, qui cache ses failles par une fiĂšre constance. Vaillante dans les airs virtuoses, elle se montre touchante dans « Cor di padre ». Tandis que Ruxandra Donose est une IrĂšne fascinante et dĂ©terminĂ©e, au timbre rond et chaud d’une grande beautĂ©. La direction dansante, bondissante et enthousiaste d’un jeune chef russe que l’on dĂ©couvre Ă  cette occasion, Maxim Emelyanychev, galvanise l’ensemble italien Il Pomo d’Oro. Une bien belle soirĂ©e, magnifiquement servie par des interprĂštes sachant s’investir de tout leur cƓur.

Versailles. OpĂ©ra Royal, le 5 avril 2014. George Frideric Haendel(1685 – 1759) : Tamerlano, opĂ©ra en trois actes sur un livret de NiccolĂČFrancesco Haym d’aprĂšs Agostino Piovene. Tamerlano, Xavier Sabata ; Androcino, Max-Emanuel Cencic ; Bajazet, John Mark Ainsley ; Asteria, Sophie KarthaĂŒser ; IrĂšne, Ruxandra Donose. Leone, Pavel Kudinov. Il Pomo D’Oro, Maxim Emelyanychev, direction.