CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, Nézet Séguin (2016 – 1 cd DG Deutsche Grammophon).

nezet seguin symphonie 8 MAHLER cd critique concert critique classiquenews philadelphia 4837871CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, Nézet Séguin (2016 – 1 cd DG Deutsche Grammophon)  –  PARTIE I. Percutante et nerveuse, voire d’une véhémence clairement assumée, avec des tutti et une ligne des cordes marcato, la lecture de Nézet Séguin ne manque ni de dramatisme ni d’intensité, ni d’élans tendres voire éperdus, en particulier dans le « Veni Creator spiritus », dont il fait un appel, une aspiration au sublime et à la transcendance, avec un sentiment d’urgence collectif, absolument délectable. Les troupes trépignent même, jusqu’au début de 4 (Tempo 1) où les instruments marquent un premier jalon dans ce cheminement qui convoque des forces colossales à l’échelle du cosmos, avant que les solistes n’expriment une nouvelle phase de requête partagée (Infirma nostri corporis).

 

 

Mars 2016 : Les “Mille” à Philadelphie
Yannick Nézet-Séguin articule et cisèle
l’élan spirituel de la Symphonie n°8

 

 

En vrai chef lyrique, Nézet-Séguin aborde les « Mille » comme une vaste cantate, ou un oratorio d’une fraternité revendiquée, vindicative, dont la supplique et les prières sont amplifiées par les 6 solistes, d’autant que les choeurs (« Accende lumen sensibus ») savent non pas articuler le texte mais le projeter et le déclamer avec une acuité expressive, habitée, incarnée, superbe elle aussi. Le talent du chef bâtisseur et architecte s’impose dans la construction et la structuration ferme de cette séquence (la plus longue : plus de 5 mn)… abyssale et vertigineuse. La plus impressionnante de cette première partie. L’Apocalypse et le Jugement dernier s’y trouvent fusionnés en un sentiment de fièvre collective admirablement articulé, !parfois cependant trop continument forte), mais quel souffle et quelle sensation d’héroïsme et de fraternité combattive. Portée par une impérieuse nécessité, jusqu’à la conclusion de cet hymne de vie, vraie force jaillissante.

PARTIE II. Le début du Faust décrit très attentivement le dénuement dans la montagne, avec force détails et une belle acuité instrumentale là encore… digne d’un opéra, fantastique, romantique, habité par cette conscience panthéiste, proche d’un Berlioz, que fait scintiller la direction intense et dramatique de Nézet Séguin. Du grand art.
Les tempi sont larges et volontiers étirés pour que le grand souffle et l’alchimie du Mystère se réalisent. La séquence définit le format du paysage en question, lui aussi étagé, dans un espace étendu à perte de vue, vacuum aux perspectives infinies… aucun doute, Nézet-Séguin est un architecte hors normes. Tout le début respire et s’exhale avec une sérénité comme hallucinée, elle aussi très habitée, comme si nous nagions dans les cercles suspendus d’un Purgatoire que déssille bientôt chacun des airs solistes, traités comme dans un opéra : dès 12, avec l’air transi, amoureux de Pater Ecstaticus (le baryton – Markus Werba, est un peu droit et court), dont la vibration est encore davantage amplifiée par l’air de Pater Profundus qui suit, et ses évocations naturalistes (basse un peu écrasée et engorgée)…
Le flux orchestral exprime une énergie très bien canalisée qui témoigne du souci de clarté et de structuration du chef.
Fin et détaillé, le maestro se montre d’une tendresse ardente et vivifiante dans la conduite du choeur « Jene Rosen », dont l’allant, le brio, la tension sont impeccables. Dans la succession des tableaux avec le double choeur et les solistes, Mahler s’engage sur des cimes lyriques avant lui cultivées par Wagner et Richard Strauss : profusion active et nerveuse du flux orchestral, scintillement dans la texture, harmonies rares qui conduisent les choeurs (adultes et d’enfants), avant et après la vision du Doctor Marianus, face à la Mater rayonnante; littéralement embrasé par son évocation (plage 19), prémisse de son invocation à la Déesse Mater (plage 31, après l’intervention de Mater Gloriosa, plage 30).
Le comble de l’élégance tendre est atteint dans l’exposé de la Mater gloriosa, déité enfin visible et audible (plage 21), aux cordes et cors, souples, étirés (harpes caressantes)… en un flux melliflu d’une souplesse qui rayonne de lumineuse quiétude. L’élévation du corps transcendé de Faust, et son accueil dans le sein du Paradis final est réalisé dans la prière éthérée de Mater Gloriosa (soprano clair et naturel de Lisette Oropesa, de loin la meilleure soliste d’une distribution bancale), enfin dans l’air du ténor (Doctor Marianus), aux cordes océaniques et voluptueuses.
Dans la dernière séquence, celle de l’Apothéose de Faust (après celle de Marguerite), Nézet-Séguin opte pour un tempo extrêmement lent, qui cisèle chaque couleur, amplifie le geste du choeur implorant et miséricordieux.

 

 

VIDEO : 8è Symphonie de Mahler par Yannick Nézet-Séguin / Philadelphia Orchestra (mars 2016) :

 

 

 

 

De toute évidence malgré un plateau de solistes perfectibles (baryton, basse, ténor en particulier), la puissance et l’implication de cette lecture sont indéniables. Réalisé pour le centenaire de la création de la partition mahlérienne aux USA, par l’Orchestre de Philadelphie, cet enregistrement live, de mars 2016, confirme que Nézet-Séguin n’usurpe pas sa réputation de chef lyrique et symphonique ; il est doué d’une ferveur communicative et d’un sens évident de l’architecture et du drame. Sa vision éclaire ce en quoi la 8è symphonie de Mahler est bien cette formidable machine à rédemption, d’une fraternité enveloppante et irrésistible. Cet Everest en deux parties qui évoque l’élévation des corps mortels, accomplissant le destin final de Faust, enfin sauvé, est bien le sommet de son œuvre symphonique car tout ce qui a précédé, comme le dit Mahler lui-même, n’est qu’un préalable qui prépare à ce chef d’œuvre. Voici donc un opus captivant aux côtés des projets qui réunissent DG et le Philadelphia Orchestra autour de l’intégrale des Symphonies et des Concertos pour piano de Rachmaninov (avec pour soliste : l’excellent Daniil Trifonov : enregistrements déjà édités et critiqués sur classiquenews : Concertos pour piano 1 et 3 – CLIC de CLASSIQUENEWS). Parution annoncée le 31 janvier 2020.

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, Nézet Séguin (LIVE, mars 2016). Symphony No. 8 /«  Symphony of a Thousand » – Symphonie des Mille, n°8 – The Philadelphia Orchestra – Yannick Nézet-Séguin, direction.
Int. Release 17 Jan. 2020 – Parution France : 31 janvier 2020.
1 cd DG Deutsche Grammophon 0289 483 7871 5

Distribution :
Solistes : Angela Meade, Erin Wall, Elizabeth Bishop, Lisette Oropesa, Mihoko Fujimura, Anthony Dean Griffey, Markus Werba, John Relyea,

The American Boychoir,
Westminster Symphonic Choir,
The Choral Arts Society of Washington,
Philadelphia Orchestra,
Yannick Nézet-Séguin, direction

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La SYMPHONIE n°8 en VIDÉO :
VOIR notre reportage vidéo exclusif : Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille jouent la Symphonie n°8 des Mille de Gustav Mahler (Munich, 1910) au Nouveau Siècle de Lille (20, 21 nov 2019) :

 

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COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

HOMEPAGE-gustav-mahler-BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLa plus colossale, la plus spectaculaire et pourtant sous les effectifs impressionnants, (plus de 1000 musiciens à la création)… pénétrante, bouleversante, humaine. Le propre du chef Alexandre Bloch est de nuancer l’échelle spectaculaire de la symphonie « cosmique » que Mahler compose en quelque mois à l’été 1909 : le maestro, directeur musical du National de Lille, en exprime l’unité architecturale et l’irrépressible élan salvateur. S’il est bien une symphonie rédemptrice et élévatrice, celle ci serait un sommet. Car l’édifice est surtout spirituel, lié à la ferveur personnelle du compositeur : un acte de foi, une expérience de partage et de fraternité retrouvée où l’homme peut être sauvé s’il s’ouvre à l’Amour que lui accorde l’Eternel féminin. Voilà pour le sens général, ascensionnel et de moins en moins terrestre. Sur le plan de la réalisation, le chef est confronté à tous les défis.

QUE JAILLISSE L’ESPRIT CRÉATEUR… En latin, l’hymne chrétien de la Pentecôte, « Veni creator », exalte d’abord (première partie) toutes les forces d’espérance, les aspirations des fervents pour que jaillisse l’Esprit Créateur. En tant qu’auteur lui-même, Mahler devait être plus qu’aucun autre, concerné par le mystère de l’inspiration et de la création ainsi invoqué. Engagé et passionné par son sujet, le compositeur a souhaité inventer sa propre écriture en collant au texte ; sans référence à aucun motif préalable (ni valses, ni ländler ici contrairement à ses symphonies précédentes), il invente littéralement une nouvelle « prosodie orchestrale » où le chant et la parole des instruments articulent le texte latin. Alexandre Bloch détaille et explicite ce concept miroitant, autogénérateur…  de « variance » (1), où un même motif est recyclé en autant de déclinaisons possibles, produisant en parenté proche et semblable, une multitude d’épisodes divers. Tout est à la fois appareillé mais différent. L’architecture du contrepoint atteint un sommet de complexité (double fugue) que le chef éclaire de l’intérieur, veillant toujours au sens fraternel global, à la souveraine cohérence organique que le principe de “variance” préserve, malgré le colossal des effectifs réunis.
Pour se faire, le chœur britannique Philharmonia Chorus (impliqué, vivant, préparé par son chef Gavin Carr) relève les défis d’une partition qui saisit et même foudroie : ici l’incantation du verbe choral « terrasse » même ; il assoit la solidité de l’édifice qui se déroule et se déploie sous nos yeux, occupant un espace de plus en plus large ; idem pour les plus jeunes chanteurs (Jeune Chœur des Hauts de France, piloté par Pascale Dieval-Wils), apportant le scintillement vif argent des angelots, surtout des Enfants Bienheureux : dans la partie II, inspirée par Goethe, chacune de leur intervention y jalonne l’élévation du corps de Faust, vers son accomplissement spirituel complet, accueilli par Mater Gloriosa.

 

 

 

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La première partie est en soi une synthèse de toute la musique sacrée polyphonique depuis la Renaissance, mais avec ce laboratoire instrumental propre à Mahler (juif, lui-même converti au catholicisme). On sent bien que ce travail particulier fait écho à son cheminement personnel, le plus critique comme le plus exigeant.
Avec l’expérience de toutes les symphonies précédentes, l’Orchestre National de Lille et son chef en mesurent toutes les nuances, chaque aspiration et chaque vertige d’espérance ou de sidération panique, autant de tentatives, de souhaits vécus par le fervent, confronté à lui-même.

Suite de l'odyssée MAHLER par l'Orchestre National de LilleLE FAUST TRANSCENDÉ DE MAHLER… La Seconde partie est assurément le seul opéra que Mahler ait jamais composé. Directeur de l’Opéra de Vienne pendant une décade, le compositeur connaît le répertoire lyrique comme peu à son époque : de Mozart à Beethoven, de Strauss, Debussy à Wagner. Il faut remettre dans la genèse de chaque opus symphonique, le travail spécifique du chef, dirigeant les opéras des grands maîtres. Le second volet de la 8è recycle et Wagner et Strauss, mais dans l’écriture propre à Mahler, avec ces aspérités instrumentales, la diversité de séquences qui suivent à la lettre l’enjeu dramatique du sujet, dans le texte de Goethe (ultime scène, Faust II) : la machine orchestrale s’appuyant sur les ressources des choeurs et des 8 solistes expriment cette opération mystique qui assure l’élévation et la rédemption du héros ; là où Schumann et Berlioz ne parlaient que de damnation, ou, dans le cas d’une salvation, ils s’autorisaient à n’évoquer que celle de Marguerite, Mahler embrasse plus large ; récapitule la tradition romantique faustéenne et « ose » mettre en musique le salut final du héros qui avait pourtant pactisé avec le démon. Chance lui est offerte d’être sauvé par l’absolu pardon que permet l’Eternel Féminin (quelle soit ici Magna Peccatrix / Magdalena, Samaritana ou Mater Gloriosa) : déité souveraine, « reine du ciel » dont ici le docteur Marianus se fait le témoin, si ému, et si convaincant (un véritable intercesseur).
Alexandre Bloch n’oublie jamais l’échelle de l’humain en dépit du colossal effectif. Exploitant les facilités permises par la salle du Nouveau Siècle, les solistes d’abord dans l’orchestre pour le Veni Creator, car ils sont adorants comme la foule des chœurs, se présentent ensuite comme des acteurs sur le devant de la scène, chacun selon son air soliste et le personnage d’une action lyrique (Pater Ecstaticus, Pater Profundis), puis donc Doctor Marianus, témoin terrassé ; enfin les 3 femmes, pénitentes sublimes (trio féminin). Toujours, il s’agit d’amour et de compassion ; d’appels brûlant à l’amour. Le chef les porte, souligne chaque intervention (d’une activité wagnérienne), comme un témoignage s’adressant directement au public. L’exhortation exclamative du Veni Creator s’immisce insidieusement ainsi dans le texte de Goethe : il lui souffle son urgence, son ardeur embrasée. Et finalement, on perçoit l’étonnante cohérence qui respire d’une partie à l’autre.

ACCOMPLISSEMENT A LILLE… Ecriture picturale d’une invention prodigieuse, ce Faust mahlérien prolonge par ses couleurs et ses crépitements fauves, tout ce que les premiers romantiques Berlioz, Schumann, Liszt ont apporté au mythe. Il n’est que d’écouter ici l’ample prélude introductif qui dépeint la solitude de Faust ermite dans la montagne pour mesurer l’acuité et la profondeur de Mahler. Sa capacité à peindre et exprimer le drame du héros que la question taraude. On y détecte et la profonde insatisfaction de l’homme, et l’ample souffle de la Nature qui se dérobe.
Généreux comme à son habitude, engagé et mesurant aussi en délicats équilibres, l’impact de chaque pupitre traité en bloc agissant, détaillé, articulé (cuivres, cordes, vents et bois), Alexandre Bloch nous offre une superbe leçon d’éloquence orchestrale au service de ce cheminement progressif qui conduit Faust éreinté, des ténèbres à la lumière ; du terrestre au céleste, sous la caresse permanente de la Femme protectrice, compassionnelle, généreuse, omnisciente.

Pour assoir encore l’assise chtonienne de la cathédrale, le maestro opte comme à Vienne où a été triomphalement créée en 1910, la 8è, pour l’alignement des 10 contrebasses sur toute la rangée du fond de l’orchestre. Outre un son collectif puissant et volontaire, l’Orchestre National de Lille auquel se sont joints plusieurs membres complémentaires de l’Orchestre de Picardie, en un partenariat judicieux, démontre son haut niveau d’expertise solistique. Percent, ronds et actifs, clarinettes, flûtes, hautbois ; mais aussi le prodigieux cor solo, le premier violon (Fernand Iaciu), … c’est un collectif d’individualités qui se dressent, témoignent, exultent dans le partage, jusqu’à l’accomplissement final (choeur mysticus).

 

 

 

Jalon du cycle Mahler 2019, la symphonie des Mille
confirme l’évidente séduction de l’Orchestre National de Lille

Du colossal et du spirituel
L’ivresse fraternelle de la 8è par Alexandre BLOCH

 

 

 

 

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Parmi les solistes, d’une remarquable musicalité, les voix de Daniela Köhler (sop I : Magna Peccatrix), de Michaela Selinger (Samaritana) se distinguent particulièrement, par leur rondeur naturelle, leur projection évidente ; comme le Doctor Marianus du ténor Ric Furman, soucieux du texte. On y retrouve ce sens du relief et de l’incarnation, identique à celui qui inspirait Solti lorsqu’il optait pour des voix wagnériennes – amples mais articulées et très finement caractérisées.
Chacun défend sa partie comme celle d’un opéra, mais avec le souffle universel que véhicule le texte de Goethe. Alexandre Bloch n’en oublie pas pour autant audaces et singularités saisissantes de l’écriture de Mahler : l’orchestre en plusieurs passages dessinent comme un vortex sonore, aux couleurs et harmonies inédites dont le chromatisme et l’exacerbation prolongent Wagner et rejoignent aussi son contemporain – autre grand symphoniste et narrateur habile dans les fresques saisissantes : Richard Strauss (précisément celui de La Femme sans ombre, conçue dans la même décennie que la 8è).
On attend d’ailleurs Alexandre Bloch dans les œuvres symphoniques de ce dernier. Certainement un chantier complémentaire, jouant comme un double, en un autre cycle attendu, espéré… qui pourrait se révéler tout aussi passionnant que celui dédié cette année à Gustav Mahler.
L’ambition du chef, aujourd’hui directeur du National de Lille se confirme ainsi indiscutablement. Alexandre Bloch a ce caractère des grands guides, capable de fédérer autour d’un fil ambitieux : chaque jalon du « feuilleton » MAHLER l’a démontré. La réalisation d’une telle œuvre reste exceptionnelle ; elle est aussi redoutable que spectaculaire ; son enjeu spirituel fusionnant avec les effectifs pharaoniques requis pour l’exprimer. Sur chacun de ces plans, chef et musiciens ont offert au Nouveau Siècle de Lille, un indiscutable accomplissement. Mais pour se faire, il a fallu aussi associer les ressources locales et les rendre complémentaires. De sorte que cette 8è de Mahler est aussi la concrétisation d’une action exemplaire de concertation et d’implication de différents acteurs sur un même territoire : ici orchestres National de Lille, de Picardie, Jeune Chœur des Hauts de France. Le « terrassement » souhaité dans sa première partie ; le tournoiement des « soleils » et des « planètes », évoqués par Mahler à propos de son œuvre (dans une lettre adressée au chef Mengelberg), se sont bien réalisés à Lille sous la conduite d’Alexandre Boch. Il s’agit bien d’un jalon particulièrement convaincant (avec les 3è et 7è symphonies) de ce cycle désormais majeur dans la vie de l’Orchestre.

Prochain rv Mahler à Lille par l’Orchestre National de Lille, dernier épisode, Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020. Le cd de la 7è symphonie est annoncé au printemps 2020.

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COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / 
Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / 
Ténor: Ric Furman / 
Baryton: Zsolt Haja
 / Basse : Sebastian Pilgrim
Orchestre National de Lille
  /  Orchestre de Picardie
Philharmonia Chorus
 / Chef de chœur : Gavin Carr
Jeune Chœur des Hauts-de-France
Cheffe de chœur : Pascale Dieval-Wils
Illustrations : remerciements à © Ugo Ponte / ONL 2019

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Approfondir

 

 

 

La minute du chef : la 8ème Symphonie / l’écriture spécifique de Gustav Mahler expliquée par Alexandre Bloch (principe de “variance”, identifié par Adorno) (1)
https://www.youtube.com/watch?v=dKyM441oMGA

 

 

 

La 8ème Symphonie dans son intégralité
https://www.facebook.com/france3nordpasdecalais/posts/2861139047264898

 

 

 

LIRE aussi notre annonce de la Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020
http://www.classiquenews.com/symphonies-n8-des-mille-symphonie-n9-de-gustav-mahler-a-lille/

 

 

VIDEO – REPLAY / Revoir aussi (jusqu’en avril 2020), toutes les Symphonies de Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch sur le site YOU TUBE de l’ONL Orchestre National de Lille (avec de nombreux modules vidéo des musiciens et de témoins expliquant leur compréhension de l’univers malhérien)

https://www.youtube.com/user/ONLille

 

 

 

 

 

MAHLER : Symphonie des mille par l’ONL Orchestre National de Lille

bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsLILLE, ONL. MAHLER : Symph n°8, les 20 et 21 nov 2019. Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlérien : la 8è, dite des mille par référence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques… Certes Mahler n’a écrit aucun opéra. Pourtant la seconde partie de sa 8è Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tenté de traiter en musique : Faust. Après Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scène finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystère et le sens de la vie terrestre.
Le volet exige pas moins de 8 solistes, en plus des deux choeurs adultes, du choeur d’enfants, de l’orchestre aux effectifs ahurissants… Symphonie opéra, cantate symphonique, la 8è s’ouvre en première partie sur le texte de l’hymne particulièrement dramatique « Veni Creator spiritus », ample prière chantée en latin, à la gloire de Dieu, où le compositeur se confronte à toutes les ressources du contrepoint.

 

 

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SYMPHONIE COSMOS : planètes et soleils en rotation

 

 

mahler_profilLa partition cyclopéenne est conçue en 2 mois et créée à Munich, le 12 sept 1910 sous la direction du compositeur. C’est son dernier concert public et son plus grand triomphe en Europe. Elle est constamment chantée (sauf l’ouverture du second mouvement). La modernité de l’œuvre tient surtout à son plan, sans équivalent auparavant, Mahler innovant littéralement une nouvelle architecture, par séquences, selon le sens du texte, à la façon d’un roman. A la différence des opus qui ont précédé, la 8è n’a rien de tragique ni de subjectif : aucun doute, aucune angoisse, aucun trouble. Plutôt l’affirmation d’une joie intime et collective à l’échelle du cosmos. Car Mahler écrit lui-même au chef Mengelberg en août 1906 : « Imaginez l’univers entier, en train de sonner et de résonner. Il ne s’agit plus de voix humaines, mais de planètes et de soleils en pleine rotation ».  C’est donc l’aboutissement de tout un cycle orchestral où Mahler s’est battu avec la matière orchestrale ; s’y impliquant personnellement ; au terme de l’aventure – odyssée, il réalise l’œuvre final, total, synthèse et miroir d’une conscience aussi accomplie qu’universelle. La 8è symphonie est une symphonie cosmique. Et pour l’auditeur, l’une des expériences orchestrales les plus marquantes dont il puisse rêver.
Les interprètes en expriment le sens et l’ampleur avec d’autant plus de justesse qu’ils se sont jetés à corps perdus mais maîtrise totale et engagement permanent dans la réalisation des symphonies 1 à 8 depuis septembre 2018. Une expérience et une familiarité qui enrichissent encore leur approche du dernier vaisseau symphonique de Mahler, le plus impressionnant, le plus saisissant. 2 dates événements à Lille.

 

 

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Mercredi 20 novembre 2019, 20hboutonreservation
Jeudi 21 novembre 2019, 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siècle

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/la-symphonie-des-mille-symphonie-n8/

 

 

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / 
Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / 
Ténor: Ric Furman / 
Baryton: Zsolt Haja
 / Basse Sebastian Pilgrim

Orchestre National de Lille
  /  Orchestre de Picardie

Philharmonia Chorus
 / Chef de chœur : Gavin Carr
Jeune Chœur des Hauts-de-France
Cheffe de chœur : Pascale Dieval-Wils
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VIDEOS : les symphonies de MAHLER par l’Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH (intégrales et explications par Alexandre Bloch):
Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaîne Youtube ONLille ,
jusqu’en avril 2020.

 

 

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Présentation par l’Orchestre National de Lille :
Pour la première en 1910, il fallut construire une estrade spéciale dans la salle afin de pouvoir accueillir l’ensemble des musiciens. Nécessitant deux chœurs d’adultes, un chœur d’enfants, huit solistes et un immense orchestre symphonique, la Symphonie n°8 dite “Des Mille” est la symphonie la plus démesurée, la plus folle du cycle dans laquelle Mahler nous emporte d’un Veni creator ravageur à une scène faustienne qui mélange tous les genres musicaux connus. Venez vivre le gigantisme de cette œuvre unique qui réunira plus de 300 artistes sur scène sous la direction d’Alexandre Bloch. Lors de la première à Munich, Thomas Mann et Stefan Zweig, présents dans le public, en étaient restés sidérés.

The Symphony of a Thousand
Symphony No. 8, known as “The Symphony of a Thousand”, is the most monumental of Mahler’s symphonies. With its two adult choirs, children’s choir, eight soloists and immense symphony orchestra, this unique work has strucken since its very première in 1910.

 

 

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Autour du concert
à 18h45
Rencontre mahlérienne

20 novembre 2019:
Bertrand Dermoncourt, directeur de la musique de Radio Classique et auteur du Retour de Gustav Mahler réunissant deux textes de Stephan Sweig

21 novembre 2019 :
Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde

En partenariat avec la
Médiathèque Musicale Mahler
(entrée libre, muni d’un billet du concert)