L’OdyssĂ©e OFFENBACH, spĂ©cial anniversaire 2020

arte_logo_2013ARTE. L’Odyssée Offenbach : dim 29 déc 2019, 15h35. À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach en 2919 (lire notre grand dossier Offenbach 2029), ARTE lui dédie un portrait, soulignant le génial inventeur de l’opérette. La chaîne diffuse ensuite deux de ses plus grands succès: La Belle Hélène et La grande-duchesse de Gerolstein.

doustrac-offenabch-ortense-schnieder-arte-odyssee-offenbach-arte-critique-annonce-opera-classiquenewsNé en 1819 en Allemagne, le jeune Jacob Offenbach devient vite un virtuose du violoncelle en cachette de son père, chantre de la synagogue de Cologne. En outre, le jeune interprète révèle à 13 ans des dons de compositeur tout aussi inspirés. Jacob devenu Jacques, rejoint Paris dès 1833, quittant la Prusse. En 1858, il s’impose sur la scène parisienne et précisément en renouvelant le genre de l’opérette (déjà développé par Hervé son rival et collaborateur) grâce à la réussite musicale et dramatique du chef d’oeuvre néoantique Orphée aux enfers, critique visionnaire de l’académisme et de la société décadente du Second Empire. Evidemment, le talent d’Offenbach suscite la jalousie du milieu parisien. Offenbach fusionne musique raffinée et délire poétique, truculent, satirique, expérimental. Ses opéras bouffes cultive toutes les ressources d’un esprit fantaisiste, libre, humoristique dont la subtilité doit beaucoup à sa grande culture lyrique.
offenbach-jacques-concerts-opera-presentation-par-classiquenews-Jacques_Offenbach_by_NadarDivertissant, Offenbach l’est absolument comme il sait tisser à demi mots une critique acerbe et très argumentée sur la société de son temps, fustigeant l’armée et la guerre, le pouvoir et ses turpitudes maffieuses, l’empire de l’amour qui inféode le cœur des hommes et la coquetterie des femmes. Il y a bel et bien du Balzac chez Offenbach ; cet aspect d’un Offenbach psychologue méritait un développement supérieur. Le documentaire-fiction éclaire les nombreuses facettes d’un compositeur prolifique. Des chanteurs d’opéra et des comédiens donnent vie à une évocation dramatisée d’Offenbach : la mezzo rennaise Stéphanie d’Oustrac qui a chanté la Périchole entre autres, incarne ici notamment Hortense Schneider, diva et muse capricieuse, virtuose fantasque et davantage encore dans le cœur du compositeur. De nombreux extraits de spectacles attestent de l’époustouflante richesse du répertoire d’Offenbach et de son génie. Il a révélé aux parisiens, la grâce du rire.

 

 

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offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019ARTE. L’Odyssée Offenbach : dim 29 déc 2019, 15h35. Documentaire-fiction de François Roussillon (France, 2019, 1h33mn) – Auteurs : François Roussillon, Jean-Claude Yon – Collaboration à la mise en scène : Mariame Clément – Avec : Robert Hatisi (Jacques Offenbach), Stéphanie d’Oustrac (Hortense Schneider), Marianne Crebassa (Célestine Galli-Marié), Jodie Devos (Adèle Isaac), Michel Fau (Hippolyte de Villemessant) – Coproduction : ARTE France, François Roussillon & Associés

15h35 L’odyssée Offenbach
et en replay jusqu’au 29 avril 2020

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VOIR aussi deux opéras d’OFFENBACH

 

 

 

 

 

 

17h10. La Belle Hélène
et en replay jusqu’au 29 janvier 2020
À l’Opéra de Lausanne, l’extravagant Michel Fau s’empare du plus populaire des opéras-bouffes d’Offenbach dans une mise en scène très attendue, chaussant pour l’occasion les sandales du roi Ménélas.

 

 

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Ă€ Sparte, la reine HĂ©lène, Ă©pouse de MĂ©nĂ©las, a eu vent, comme toute la Grèce, de la promesse faite par VĂ©nus au prince troyen Pâris de lui offrir l’amour de la plus belle femme du monde. PrĂ©tendant au titre, HĂ©lène tremble de voir “cascader sa vertu” face au jeune et beau guerrier. Quand celui-ci survient pour se mesurer aux rois de la Grèce lors de joutes pacifiques, le coup de foudre a bien lieu, annonçant la guerre entre rois grecs menĂ© par Agamemnon et Troyens, appelĂ©e Ă  devenir fameuse…

Les poux de la reine et autres dĂ©lices. CrĂ©Ă©e en 1864, cette virevoltante satire a obtenu un succès immense et immĂ©diat. Sous couvert de pasticher les mythes de la Grèce antique, Offenbach et son librettiste fĂ©tiche, Ludovic HalĂ©vy, y pourfendent joyeusement les mĹ“urs frivoles du Second Empire. La belle HĂ©lène a inaugurĂ© pour le compositeur des annĂ©es fastes, et reste la plus reprĂ©sentĂ©e de ses Ĺ“uvres lyriques. La fantaisie du metteur en scène Michel Fau exploite les inusables trouvailles verbales et musicales d’une partition qui sait, aussi, faire place Ă  l’Ă©motion. Sa verve d’acteur est Ă©galement très attendue, puisque le metteur en scène s’est rĂ©servĂ© le rĂ´le de “l’Ă©poux de la reine, poux de la reine, poux de la reine : le roi MĂ©nĂ©las !“. L’un des derniers feux de l’annĂ©e Offenbach. Et quel feu !

Opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach – Livret : Ludovic Halévy et Henri Meilhac – Réalisation : Andy Sommer (Suisse/France, 2019, 2h30mn) – Direction musicale : Pierre Dumoussaud – Mise en scène : Michel Fau – Avec : Julie Robard-Gendre (Hélène), Julien Dran (Pâris), Paul Figuier (Oreste), Marie Daher (Bacchis), Michel Fau (Ménélas), Jean-Claude Saragosse (Calchas), Christophe Lacassagne (Agamemnon), Jean-Francis Monvoisin (Achille), Pier-Yves Têtu (Ajax Premier), Hoël Troadec (Ajax Deuxième), le Sinfonietta et le Chœur de l’Opéra de Lausanne – Chef de chœur : Jacques Blanc – Coproduction : Opéra de Lausanne, Opéra royal de Wallonie-Liège, Théâtre nationale de l’Opéra-Comique, ARTE/SSR

 

 

 

 

 

 

00h35. La grande-duchesse de Gerolstein
La mezzo-soprano Jennifer Larmore triomphe dans cette production enlevée de l’opéra de Cologne, qui fête en majesté l’enfant du pays Offenbach.
Opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach – Livret : Ludovic Halévy et Henri Meilhac – Réalisation : Marcus Richardt (Allemagne, 2019, 2h44mn) – Direction musicale : François-Xavier Roth – Mise en scène : Renaud Doucet – Avec : Jennifer Larmore (la grande-duchesse), Emily Hindirchs (Wanda), Dino Lüthy (Fritz), Miljenko Turk (le baron Puck), John Heuzenroeder (le prince Paul), Vincent Le Texier (le général Boum), le Gürzenich-Orchester et le Chœur de l’Opéra de Cologne – Chef de chœur : Rustam Samedov – Coproduction : Oper Köln, ARTE/WDR

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PARIS, exposition : Spectaculaire Second Empire au MusĂ©e d’Orsay

spectaculaire second empire catalogue presentation compte renduPARIS, EXPOSITION : MusĂ©e d’Orsay, Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 / du 27 septembre 2016 au 16 janvier 2017. Ne vous fiez pas au visuel gĂ©nĂ©rique de l’exposition Ă©vĂ©nement du MusĂ©e d’Orsay (illustration ci contre) : la pose tranquille, rĂŞveuse, et presque absente de Madame Moitessier par le peintre Ingres (1856), incarne bel et bien un âge d’or de la fĂŞte, orchestrĂ©e par NapolĂ©on III et ses cĂ©lĂ©brations collectives, d’un luxe et d’un retentissement uniques dans l’histoire de France. De 1852 Ă  1870, la France se reprĂ©sente donc et s’affirme en Europe gra^ce Ă  son image impĂ©riale, rĂ©alisant de somptueux travaux (nouvel urbanisme parisien, amorce de l’OpĂ©ra Garnier…), dynamisant tous les arts pour la seule gloire internationale du style impĂ©rial.

Le Second Empire expose ainsi au MusĂ©e d’Orsay, ses plus beaux joyaux, oĂą la famille impĂ©riale n’hĂ©site pas Ă  se mettre en scène. L’époque est celle d’un Ă©clectisme forcenĂ© qui Ă©rudit et foisonnant, se joue des rĂ©fĂ©rences puisĂ©es dans les styles passĂ©s (nĂ©o grec, nĂ©o gothique, nĂ©o Renaissance, nĂ©o Baroque, etc…), la photographie, les RĂ©fusĂ©s du Salon qui se regroupent et inventent l’art moderne, c’est Ă  dire aux cĂ´tĂ©s de Manet et de Degas, l’impressionnisme, jouent leur propre partition, affirmant de façon parfois provocatrice, l’essor et la justesse de leur approche, quand GĂ©rĂ´me – après Gleyre, rĂ©cemment exposĂ© Ă  Orsay, revendique un art total, acadĂ©mique et rĂ©aliste.

Exposition Ă©vĂ©nement au Palais Garnier : Verdi et Wagner Sur le plan musical, PARIS s’affirme en capitale incontournable, temple inespĂ©rĂ©, parfois inaccessible, toujours passionnĂ©ment envisagĂ© : pour les compositeurs de l’Europe entière, faire crĂ©er son opĂ©ra Ă  l’OpĂ©ra de Paris – AcadĂ©mie impĂ©riale de musique, indique la consĂ©cration. Ainsi le genre du grand opĂ©ra Ă  la française (inventĂ© par Rossini dans Guillaume Tell, puis Meyerbeer et HalĂ©vy) attire inĂ©vitablement les deux plus grands crĂ©ateurs romantiques de la seconde moitiĂ© du siècle : Wagner et Verdi dont respectivement TannhaĂĽser (1861), ou Don Carlos (crĂ©Ă© en 1867, conçu en français, après Les VĂŞpres Siciliennes de 1855) sont les offrandes spectaculaires pour le coup, Ă©laborĂ©s par leurs auteurs, au genre parisien (avec l’obligation codifiĂ©e des ballets, mais pas au premier acte, comme a osĂ© le faire Wagner en guise de critique acerbe du milieu français)… Les grands triomphateurs restent cependant, Ambroise Thomas (Hamlet, 1868) et Charles Gounod (Faust, 1869), gĂ©nie de l’opĂ©ra français au XIXè, dont la valeur attend toujours une juste reconnaissance.

exposition spectaculaire second empire vignette meissonier madame par ingres portrait second empire vignette classiquenewsL’exposition, riche en correspondances et approfondissements thĂ©matiques comble les attentes, celle des amateurs ou des curieux que l’art musical Ă  la fin du XIXè intĂ©resse particulièrement : une large section est rĂ©servĂ©e Ă  l’autre foyer de crĂ©ation lyrique et musicale, aux cĂ´tĂ©s de l’OpĂ©ra : le Théâtre Lyrique et Les Bouffes Parisiens. La veine dĂ©lirante, comique, proche de l’OpĂ©ra comique et de l’esprit des Foires, trouve en Offenbach, son gĂ©nie le plus riche et profond. C’est une seconde scène, plus libre, plus inventive sur le plan de la forme dont sortira triomphale mais après la mort de son auteur (et après la chute du rĂ©gime), Carmen de Bizet (1875). Le Second Empire est une cĂ©lĂ©bration collective (pour les nantis) mais aussi une pĂ©riode aux Ă©volutions tragiques car le rĂŞve s’achève brusquement en un double traumatisme, en 1870, avec la dĂ©faite française contre la Prusse, et dans le sang patriote des Communards.
La société du Second Empire est le première à diffuser et cultiver sa propre image (le portrait s’y renouvelle totalement, forcé à un nécessaire toilettage sous la pression de la photographie) : le spectacle, donc l’opéra et le théâtre musical y règnent sans partage : l’exposition événement au Musée d’Orsay le dévoile grâce à de nombreux témoignages : gravures d’époque, peintures, sculpture, maquettes, … Parcours incontournable.

 

PARIS, MusĂ©e d’Orsay. Spectaculaire Second Empire, 1852 – 1870. Jusqu’au 15 janvier 2017.

 

 

 

OpĂ©ra, rĂ©citals, bals et films d’opĂ©ras…

SPECTACLES au Musée d’Orsay… En complément à l’exposition, le Musée d’Orsay propose aussi un cycle d’événements musicaux :
- l’opéra « Un dîner avec Jacques », compilation truculente d’après les opéras de Jacques Offenbach (les 29 septembre puis 6, 8, 9 octobre 2016 / EN LIRE +),
- RĂ©citals lyriques, le 20 octobre (Marie-Nicole Lemieux), le 17 novembre 2016 (Karine Deshayes), Ă  20h,
- Les « Lunchtime », cycle de 7 concerts à 12h30, du 11 octobre au 13 décembre 2016 (les sœurs Bxzjak, pianistes ; le Trio Dali; Edgar Moreau, Deborah Nemtanu, Natacha Kudritskaya, Chiara Skerath…)
- Les Opéras filmés : cycle de projection d’opéras, du 5 novembre au 27 novembre 2016, soit 4 séances à 15h : L’Africaine de Meyerbeer, Roméo et Juliette de Gounod, Donc Carlos de Verdi (en version originelle française), Tannhaüser de Wagner (lopéra qui frappa Baudelaire lequel en écrivit un commentaire mémorable qui lança la vogue inépuisable et toujours actuelle du wagnérisme en France…)
- Bals dans la Salle des fĂŞtes, les dimanches de 11h Ă  17h, les 16 octobre et 13 novembre 2016

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site du MusĂ©e d’Orsay

Paris, MusĂ©e d’Orsay : Un dĂ®ner avec Jacques (Offenbach)

offenbach jacques portrait musee orsayPARIS, MusĂ©e d’Orsay. Un dĂ®ner avec Jacques (Offenbach). 29 septembre puis 6, 8 et 9 octobre 2016. PrĂ©rentrĂ©e OpĂ©ra Comique Ă  Orsay sur le thème du Second Empire. L’OpĂ©ra Comique (en travaux) et le MusĂ©e d’Orsay prĂ©sentent de concert, une nouvelle production autour de l’exposition « Spectaculaire Second Empire. 1852 -1870 » (du 27 septembre 2016 au 16 janvier 2017). Car ils ont en commun leur pĂ©riode de conception (en pleine esthĂ©tique Ă©clectique fin XIXè) illustrant une combinaison heureuse entre architecture industrielle et essor des arts dĂ©coratifs. Cet Ă©clectisme, Ă©crin des « nĂ©o » (nĂ©o gothique pour le sacrĂ©, nĂ©oclassique pour les administrations, nĂ©obaroque cĂ´tĂ© meuble… ) règne sans partage au sein de l’exposition prĂ©sentĂ© dans l’ancienne Gare d’Orsay, et aussi Ă  travers un spectacle rĂ©solument pluriel, propre Ă  l’art officiel dĂ©fendu par NapolĂ©on III. Au programme, des oeuvres du Mozart des boulevards, dont le dĂ©lire mordant, la fantaisie faussement insouciante (en cela frère jumeau de Johann Strauss Ă  Vienne) : Jacques Offenbach. Son opĂ©ra Fantasio est abordĂ© Ă  Orsay (avant d’ouvrir la prochaine nouvelle saison de l’OpĂ©ra Comique en 2017)

ingres-madame-moitessier-582-390-second-empire-exposition-orsay-presentation-annonce-resume-review-critique-classiquenewsIntrigue du spectacle au MusĂ©e d’Orsay : « Un dĂ®ner avec Jacques », opĂ©ra bouffe d’après Jacques Offenbach  :  au cours d’un souper dans un salon de la haute sociĂ©tĂ© du Second Empire, le jeu des apparences s’exacerbe puis les masques tombent grâce aux dĂ©lices du repas servi (influence / inspiration d’un Festin de Babette ?) – mĂ©tamorphose Ă  l’œuvre, oĂą le paraĂ®tre s’efface Ă  la faveur des chants dĂ©liĂ©s, qui osent exprimer leurs fantasmes les plus dĂ©lirants, excitĂ©s par la verve musicals du dieu Offenbach, maĂ®tre Bacchus des jeux et plaisirs de la bonne sociĂ©tĂ© d’empire…

Extraits des opĂ©rettes : Geneviève de Brabant, Madame l’Archiduc, La Rose de Saint-Flour, La Princesse de TrĂ©bizonde, … Julien Leroy dirige le collectif de nouveaux instrumentistes Ă  tempĂ©raments, Les FrivolitĂ©s Parisiennes dans une mise en scène de Gilles Rico. Programme repris au Théâtre de Bastia le 7 janvier 2017, au Théâtre ImpĂ©rial de Compiègne, le 20 janvier suivant, dans le cadre des Folies Favart.

PARIS, MusĂ©e d’Orsay. Un dĂ®ner avec Jacques (Offenbach). Auditorium du MusĂ©e d’Orsay, les 29 septembre puis 6, 8 octobre 2016  Ă  20h et le 9/10 Ă  16h.

Renseignements, rĂ©servations : MusĂ©e d’Orsay ; tĂ©l.: 01 53 63 04 63 ou www.musee-orsay.fr/fr/info/contact/demande-concernant-lauditorium.html

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

CD, annonce. Herculanum de FĂ©licien David (1859), 2 cd Ă©ditions Palazzetto Bru Zane

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, annonce. Herculanum de Félicien David (1859). Ressuscité en mars 2014, voici le disque qui prolonge la recréation d’Herculanum de Félicien David (1859).  Le succès d’Herculanum, en partie financé par les amis saint-simoniens du compositeur, permet d’assoir le génie lyrique de Félicien David à Paris; méditation, rêverie, mais aussi violence théâtrale voire frénésie dramatique (tam-tam satanique) : il y a tout dans l’opéra de David, qui est une commande de l’Opéra de Paris. Suivront les sommets de sa carrière à la scène : Lalla-Roukh (1862) puis Le Saphir (1865), son ultime ouvrage lyrique. David, d’une certaine manière, assimilant Verdi, réalise le passage du grand opéra à effets (Meyerbeer et Auber), au romantisme lyrique réformé de Gounod, Thomas, Bizet, Massenet. Dans le Paris du Second Empire, l’Opéra comme les autres institutions officielles favorise les œuvres qui permettent par leur sujet et les moyens mis en œuvre, de rechristianiser les foules (à Paris comme en Province) : comme un précédent inédit révélé par le Palazzetto, Le Paradis Perdu de Dubois - de 30 ans postérieur-, Herculanum, apparemment fresque antique et romaine, développe clairement des intentions d’évangélisation dont témoigne avec force entre autres (outre le choeur des chrétiens), la figure de Lilia. Satan, réincarné dans la personne du Proconsul (final du II) menace directement l’humanité pécheresse, chrétiens et romains : en dépit de l’éruption et de la malédiction satanique, seules les deux âmes méritantes, Lilia et Hélios, dans la mort, sont comme délivrés (du poids de leur existence terrestre) : après la catastrophe, pour eux, le ciel et la félicité après la mort (le ciel, c’est la vie).

David_Felicien_DavidTemps fort du festival Félicien David défendu (avril-mai 2014) par le Palazzetto Bru Zane, cet Herculanum était affiché tel un événement lyrique. Nombre de critiques ont boudé leur plaisir : œuvre démonstrative et tonitruante, plus spectaculaire que profonde… ; pourtant mieux que Le Vaisseau Fantôme de Dietsch en 2013 (qui ne méritait pas la résurrection dont il fut l’objet), Herculanum est une œuvre forte qui vaut mieux que la promesse du spectaculaire éruptif que laisse supposé son titre (comme dans La Muette de Portici d’Auber, créée en 1828, le spectateur est tenu en haleine jusqu’à l’irruption du Vésuve) : mais ici, dès l’ouverture et les premières scènes, le grondement des éléments et la présence sourde de la catastrophe sont permanents.  Proche de Thomas, Félicien David s’y montre fin mélodiste, d’un dramatise ardent, flamboyant parfois, efficace toujours : au cœur de l’intensité de l’action, la sirène païenne Olympia se dresse telle une pythie magnifique contre les chrétiens : l’italianisme de ses airs contrepointant la déclamation française de ses ennemis.

david felicienAujourd’hui, le disque est d’autant plus nĂ©cessaire pour mesurer l’intĂ©rĂŞt de l’oeuvre que, pour le concert de la recrĂ©ation, la cantatrice Karine Deshayes, sous la direction d’HervĂ© Niquet,  avait Ă©tĂ© diminuĂ©e par un mauvais coup de froid, empĂŞchant la juste expression du personnage central. Or FĂ©licien David avait Ă©crit le rĂ´le d’Olympia spĂ©cialement pour le grand mezzo dramatique AdelaĂŻde Borghi-Mamo (43 ans alors), sorte de contralto rossinien Ă  tempĂ©rament (qui savait surtout vocaliser). Face Ă  elle, droite comme une Ă©lue investie, VĂ©ronique Gens incarne la chrĂ©tienne Lilia avec d’autant plus de conviction que la maĂ®trise dĂ©clamatoire (signature de la soprano) s’accompagne – l’âge aidant- d’une ampleur charnue du timbre absent Ă  ses dĂ©buts et très justement assortie au profil du rĂ´le. TĂ©nor engagĂ© et naturellement puissant, Edgaras Montvidas fait un vaillant HĂ©lios, quant Nicolas Courjal dĂ©ploie sa magnifique et profonde basse en Nicanor et Satan. Alors partition attachante et nuancĂ©e ou fresque hollywoodienne, solennelle et pompeuse ? RĂ©ponse dans la prochaine grande critique du double cd d’Herculanum de FĂ©licien David, collection OpĂ©ra français / Palazzetto Bru Zane.

 

 

 

LIRE aussi notre présentation d’Herculanum en concert (mars 2014)

Cd, annonce.
FĂ©licien David : Herculanum 2 cd – sortie annoncĂ©e le 8 septembre 2015.
Opéra en quatre actes, livret de Joseph Méry et Térence Hadot
Créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1859

Lilia: VĂ©ronique Gens
Olympia: Karine Deshayes
HĂ©lios : Edgaras Montvidas
Nicanor: Nicolas Courjal
Magnus: Julien Véronèse

Chœur de la Radio Flamande
Brussels Philharmonic
Direction musicale
Hervé Niquet

2 cd Palazzetto Bru Zane / collection French Opera / Opéra français. Enregistré à Bruxelles  en mars 2014. Consulter la page du cd Herculanum de Félicien David sur le site du Palazzetto Bru Zane