LE FESTIVAL DE ROYAUMONT: 75 ANS, L’ÂGE DES AVENTURES! Du 7 septembre au 6 octobre 2019

ABBAYE DE ROYAUMONT, festival de Royaumont, du 7 septembre au 6 octobre 2019. « Aventures, nouvelles aventures », telle est la philosophie fidèle à ses principes du festival Royaumont 2019, qui pendant un mois, du 7 septembre au 6 octobre, élira domicile, chaque week-end du matin au soir, dans la célèbre abbaye à presque deux pas de Paris. L’arrière saison s’annonce agréable, pourquoi ne pas prolonger en musique les joies de l’été dans son cadre magnifique!

 

 

 

LE FESTIVAL DE ROYAUMONT:
75 ANS, L’ÂGE DES AVENTURES!

 

 

royaumontCurieux, cosmopolite, créatif, explorateur: le programme de cette édition sera aussi transversal, comme les années passées, unissant musique, danse, poésie. Lieu d’accordailles de toutes les expressions musicales, dans le temps et dans l’espace, la création et le répertoire historique s’y mêleront avec originalité. La musique européenne y croisera le Samaa marocain et le chant mozarabe (par l’ensemble Organum et des chanteurs marocains); on ne manquera pas le 22 la création « Luminescences » d’Amir ElSaffar: du flamenco, du Mâqam, et de l’électro! L’ensemble Les Métaboles et le quatuor Mivos interprèteront le 8 les œuvres des quatorze compositeurs de l’académie Voix Nouvelles, et deux créations mondiales des compositeurs Jack Sheen et Nuno Costa, lauréats 2018.
Côté piano, Maroussia Gentet donnera le 8 un concert alternant les Miroirs de Ravel et des pièces contemporaines, et Schumann sera à l’honneur le 28 sur pianos d’époque, avec Paulo Meirelles (lauréat 2017) Luca Montebugnoli, Laura Fernandez Granero et Edoardo Torbianelli accompagné par l’ensemble I Giardini.
Du baroque? Ce sera le 21 avec l’ensemble Les vieux galants, Aline Zylberajch, Aurélien Delage, G. Rebinguet-Sudre, Nima Ben David, et Jean-Luc Ho, qui nous inviteront dans l’atelier du facteur de clavecin Antoine Vater et à la cours de Frédéric II de Prusse, pour rencontrer Bach et Telemann. Ce sera aussi le 22, avec des cantates françaises par Eva Zaïcik et le Consort de Justin Taylor, puis Platée de Rameau par Les Ambassadeurs.
La danse contemporaine sera représentée par la jeune génération de chorégraphes avec Charlie-Anastasia Merlet, Hervé Robbe et Éloïse Deschemin dans des explorations inédites (le 14).
La poésie aura la voix d’Éléonore Pancrazi le 5, et sera portée haut par quatre  jeunes duos formés à la Fondation, dans une nuit de la mélodie et du lied.
Enfin le dernier jour, l’orgue Cavaillé-Coll de Royaumont sera fêté comme il se doit avec Bach, Franck, les compositeurs Raphaël Cendo et Thomas Lacôte, et 180 choristes!
On n’oublie surtout pas qu’à Royaumont on y vient en famille, car il y a des ateliers pour les petits et les grands, et les jardins pleins de surprises. Une formule week-end: ça vous dit?

 

Infos et réservations: 01 30 35 58 00 / royaumont.com

 

 

Compte rendu, concert. Royaumont. Réfectoire de l’Abbaye, le 11 octobre 2014. Rameau, Mondonville : Grands Motets. Les Arts Florissants. William Christie, direction.

christie-bill-william-grands-motets-rameau-concerts-2014C’est dans la majestueuse salle du Réfectoire de l’Abbaye de Royaumont que Willam Christie, le chœur et l’orchestre de ses Arts Florissants ont clôturé leur tournée estivale autour des Grands Motets.  Une salle comble attendait  religieusement l’arrivée des artistes sur la grande estrade montée en fond de la salle. Après une courte introduction orchestrale du Quam Dilecta de Rameau, la très belle voix de Rachel Redmond, jeune écossaise qui a déjà bien compris toutes les subtilités de la musique ramélienne, éblouit le public. Rachel Redmond a le don d’enchanter même avant ses première notes, on dirait que la grâce l’habite. La justesse et la souplesse de son chant sont remarquables, elle dispose d’une grande facilité pour rendre intelligible tous les ornements qui composent cette musique ; utilisant très peu de vibrato, elle arrive à nourrir les notes longues par un léger enrichissement du timbre, qui rend le texte et la ligne musicale d’une enivrante limpidité.

 

 

 

Rameau à Royaumont

 

Arts Florissants 1

 

Tous les solistes choisis pour ce concert ont été remarquables : la jeune Katherine Watson qui possède un chant bien plus dramatique, a très bien chanté la partie de deuxième soprano. Malgré une voix aussi aiguë que Rachel Redmond, elle a su assumer chacune de ses parties, avec une grande intelligence, en veloutant son timbre pour mieux servir les envolées de la soprano 1. Marc Mouillon et Cyril Auvity, deux sublimes chanteurs et complices des Arts Florissants confirment qu’ils sont des références pour le style français du 18ème siècle.

Le très jeune chanteur basse Cyril Costanzo est une belle recrue du Jardin des Voix, il possède déjà une belle présence vocale, son chant est toujours vivant et soucieux de son rôle d’accompagnateur : il faut vraiment  le féliciter.

Le Chœur des Arts Florissants déploie une pâte sonore ronde et bien puissante, qui a pu remplir la vaste salle choisie pour ce concert. Le pupitre de dessus ainsi que les hautes contres ont une magnifique présence vocale. Le choix d’avoir pris tous les solistes dans les parties du chœur permet d’avoir un groupe vocal qui parfois va bien au-delà des attentes, ce choix reste tout de même dangereux, car le programme était long et les voix solistes peuvent se fatiguer en cours de programme.

La voix de Rachel Redmond est restée très précise tout au long du concert, mais pour le dernier motet du (In Convertendo de Rameau) sa puissance et souplesse avaient considérablement diminué. Dommage car l’œuvre qui clôturait le concert est sans doute le Motet le plus grandiose de Rameau, celui, -fait unique parmi les quatre motets- qu’il a retouché dans sa maturité pour un concert parisien au Concert Spirituel.

William Christie a choisi de ne pas regrouper le chœur par pupitres, mais il a souhaité séparer tous les pupitres, en intercalant voix graves et voix aiguës. Cette disposition est fort intéressante, mais non sans risque : on gagne en spatialité et on oblige à chaque chanteur de bien intégrer sa partie. Mais il y a toujours un danger d’avoir de petit décalage dans les parties ornementales. De plus, toutes les entrées fuguées n’ont pas le même impact sonore quand le chœur est organisé par un pupitre uni. Les violons n’ont pas montré une grande précision dans ce programme, malgré tout le talent et l’expérience de Florence Malgoire en violon solo : la musicienne n’a pas su enthousiasmer son pupitre ; un jeu trop uniforme règne et les prises de parole indispensable dans les mesures de réponse au chœur était trop semblables aux parties d’accompagnement.

La seule présence du Maestro fait exalter tout musicien qui aime la musique française : il insuffle une vitalité qui a fait du concert un moment privilégié. A la tête de ses troupes, le fondateur des Arts Florissants, par son engagement, sa sensibilité, ses prises de risques (inimaginables chez d’autres) demeure un modèle dans ce répertoire.

Compte rendu, concert. Royaumont. Réfectoire de l’Abbaye, le 11 octobre 2014. Rameau, Mondonville : Grands Motets. Les Arts Florissants. William Christie, direction.