ORLÉANS, l’Orchestre Symphonique joue les Heures du jour

ORLEANS-heures-du-jour-concert-mars-2019-annonce-orchestre-symphonique-d-orleans-critique-annonce-classiquenews-musique-classique-actualites-annonce-vignette-2-et-3-mars-2019ORLÉANS, Orch symphonique : Les Heures du jour, les 2, 3 mars 2019. Nouvel épisode prometteur à Orléans grâce à ce programme éclectique mais cohérent autour de sa thématique temporelle : ‘les heures du jour »… Le chef Vincent Renaud invite à un cheminement en 7 épisodes signés Mozart, Haydn, Roussel, Delius, Debussy, Johann Strauss II et Von Suppé. Les œuvres ainsi retenues exigent beaucoup de l’orchestre ; des qualités de suggestion et de couleurs ajustées selon le caractère de chaque pièce : sérénade nocturne de Mozart, lever de soleil (Delius), matin (Symphonie n°6 de Haydn)… sans omettre deux sommets de la musique française à la fois impressionniste et pointilliste, Le festin de l’araignée, d’Albert Roussel (exceptionnelle évocation du monde animal de 1912), et surtout, l’ivresse érotique de Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy (1894), inspiré par le poème de Mallarmé. Enfin il fut beaucoup de flexibilité et de raffinement pour réussir les valses symphoniques de Johann Strauss fils et de son confrère Franz von Suppé… Depuis les Saisons de Vivaldi, les instruments de l’orchestre sont invités à exprimer la poésie des heures du jour et de la nuit. Voici venue l’heure de l’orchestre climatique et atmosphérique… Beau défi pour l’Orchestre Symphonique d’Orléans, et pour le public, c’est la promesse d’une expérience symphonique de premier plan.

 

 

 

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Les Heures du jour…boutonreservation
ORLEANS, Théâtre, salle Touchard
Samedi 2 mars 2019, 20h30
Dimanche 3 mars 2019, 16h

Orchestre Symphonique d’Orléans
Direction: Vincent Renaud

Réservez votre place
http://www.orchestre-orleans.com/concert/les-heures-du-jour/

 

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VINCENT RENAUD, chef d’orchestre engagé dans le domaine de la création, obtient en 2010 le Prix de la Révélation lors de la cérémonie des Orphées d’Or de l’Académie du Disque Lyrique, puis en 2012 le Prix Talent Chef d’Orchestre par l’ADAMI. Il assure la direction de ce concert à Orléans les 3 et 4 mars 2019.

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Programme détaillé

 

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Sérénade n°6 en ré majeur, dite « Serenata notturna » KV 239
La Sérénade Nocturne joue des effets alternés des deux formations orchestrales, offrant aux auditeurs un surprenant jeu de couleurs et de textures.

 

 

JOSEPH HAYDN
Symphonique n°6 en ré majeur, dite « Le Matin », Hob I :6
Matin, Midi et Soir. Les symphonies n°6, 7 et 8 forment une trilogie qui se distingue par l’utilisation des instruments en tant que solistes. Très évocatrice et d’un caractère pastoral, l’introduction de la 6è évoque le lever de soleil.

 

 

ALBERT ROUSSEL
Le Festin de l’araignée, op.17
En 1912, Roussel compose un ballet dont le sujet est la vie des insectes. La suite orchestrale est remarquable par le génie de son orchestration, le raffinement de ses couleurs.

 

 

FREDERICK DELIUS
A Song Before Sunrise (chanson avant le lever du soleil)
A l’été 1918, Delius, influencé par Debussy et surtout Grieg, imagine en peintre, l’activité fourmillante de la nature avant l’aurore.

 

 

CLAUDE DEBUSSY
Prélude à « L’après-midi d’un faune »
debussy-portrait-dossier-centenaire-2018Inspiré par le poème symboliste de Mallarmé (églogue de 1876, soit écrit presque 20 ans avant la musique du compositeur), Claude Debussy évoque reprend texte et tire du poète, “Prélude à l’après-midi d’un faune“, c’est à dire les péripéties d’un jeune faune, d’abord sommeillant au contact des nymphes, flûtiste rêveur puis séducteur novice, comme exalté par les milles beautés et miracles que lui offre la nature enchanteresse et foudroyante (vol des cygnes, bosquets et marécages,…), au moment d’un soleil éblouissant à son zénith (… »Inerte, tout brûle dans l’heure fauve… »)… : observation et contemplation, communion et fantasmes, désir et soupir, la musique exprime l’exaltation du jeune être qui s’éveille à l’amour et à la volupté : l’écriture de Debussy, picturale, d’une sensualité irrésistible produit un sommet de l’art symphonique français, suscitant un immense succès depuis sa création en 1894. D’autant que Mallarmé a validé la proposition musicale de Debussy sur son poème : adoubant le compositeur au génie onirique désormais indiscutable. Pour les Ballets russes de Diaghilev, la musique de Debussy est destinée à la chorégraphie elle aussi révolutionnaire du danseur créateur Nijinsky.

 

 

JOHANN STRAUSS
Intermezzo, Tausend und eine Nacht (Mille et une nuit)
Auteur du Beau Danube Bleu, Johann Strauss a donné à la valse symphonique ses lettres de noblesse, dépassant le cadre de la musique de danse pour composer des œuvre symphoniques qui sont de véritables poèmes en musique.

 

 

FRANZ VON SUPPÉ
Ouverture, Ein Morgen, ein Mittag und ein Abend in Wien (Matin, midi et soir à Vienne)
Si beaucoup de mélomanes connaissent ses opérettes viennoises, la délicieuse valse Ein Morgen, ein Mittag und ein Abend in Wien de Von Suppé, lumineuse, contrastée justifie d’être ainsi réhabilitée.

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La réservation se fait auprès du Théâtre d’Orléans,

Boulevard Pierre Ségelle – 45000 Orléans.
Ouverture au public de 13h à 19h, du mardi au samedi
Tél : 02 38 62 75 30 (à partir de 14h).

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CD. Stravinsky: Le sacre du printemps (Jordan, 2012)

CD. Philippe Jordan fête avec volupté les 100 ans du Sacre de Stravinsky   …   Enregistré en mai 2012 à l’Opéra Bastille, ce nouvel album (le 2è déjà) de Philippe Jordan avec l’Orchestre de l’Opéra national de Paris confirme les préludes amorcés entre chef et musiciens : une entente évidente, un plaisir supérieur pour vivre la musique ensemble. Depuis leur Symphonie Alpestre de Strauss, montagne philharmonique d’une prodigieuse narration sonore frappée du sceau de l’imagination climatique, les interprètes se retrouvent ici en mai 2012 pour deux autres sommets de la musique symphonique française et spécifiquement parisienne. Dans l’histoire des Ballets Russes, le Prélude comme le Sacre du printemps indiquent clairement un point d’accomplissement pour les deux compositeurs : l’ivresse érotique et l’enchantement semi conscient s’impose à nous dans un Prélude d’une délicatese infinie; quant au Sacre, voilà longtemps que l’on n’avait pas écouté direction aussi parfaite et équilibrée entre précision lumineuse (détachant la tenue caractérisée et fortement individualisée de chaque instrument protagoniste) et expressionnisme symboliste !

Le Sacre enchanté de Philippe Jordan

stravinsky_debussy_prelude_faune_sacre_printemps_naive_cd_philippe_jordan_opera_de_parisLa baguette de Philippe Jordan aime ciseler dans la suggestion mais aussi ici, mordre dans l’ivresse libérée des timbres associés d’une infinie inventivité ; le chef s’appuie sur la manière et le style supraélégant des instrumentistes parisiens dont les prédécesseurs en mai 1913 dans la fosse du TCE avaient fait la réussite révolutionnaire de la partition. Jordan ajoute une précision électrique et incandescente, une vision de poète architecte aussi qui sait unifier, structurer, développer une dramaturgie supérieurement aboutie… et frappante par son relief, sa vivacité, comme des teintes plus délicatement nimbées et voilées.
Fureur et ivresse des timbres associés. Comparée à tant d’autres versions soit rutilantes, soient sèches, soit littéralement narratives, Philippe Jordan apporte aussi le mystère et l’enchantement, toute la poésie libre des instruments sollicités. Quelle maestria ! Quelle conviction dans la tension progressive… La volupté de chaque épisode est nourrie d’un onguent magicien ; l’expérience lyrique du chef, directeur musical de l’Opéra, en est peut-être pour beaucoup et l’on se dit que Nicolas Joel n’aura pas tout rater à Paris: nommer le fils du regretté Armin Jordan, capable de vrais miracles à Paris, Philippe à la tête de l’orchestre maison aura été un acte convaincant qui porte aujourd’hui des fruits éclatants.  Voici du Sacre du printemps et pour le centenaire de l’oeuvre, une nouvelle version de référence sur instruments modernes. Le champion et pionnier dans le domaine s’agissant de la partition de Stravinsky demeurant évidemment le geste du français François-Xavier Roth, d’une maîtrise incomparable sur instruments parisiens d’époque (1913) et révélateur en ce sens des formats sonores et des timbres instrumentaux originels… après la tournée 2013, le disque devrait sortir fin 2013/printemps 2014.

Sur instruments modernes, le chant des instruments fait tout ici, et renforce la réussite magistrale de cet enregistrement dont on ne saurait trop souligner avec admiration le miracle de la volupté instrumentale.

Inscrire enfin le Boléro ravélien après les deux chefs d’oeuvre Debussyste et Stravinskien est de la meilleure inspiration : une claire confirmation que l’orchestre et leur chef se montrent très inspiré par la lyre symphonique française postromantique : Du Prélude au Sacre en passant par le Boléro, soit de Debussy, Stravinsky à Ravel se joue ici tout le délirant apanage, bruyant et millimétré du symphonisme français. Lecture réjouissante.

Debussy: Prélude à l’après-midi d’un faune. Stravinsky: le Sacre du printemps. Ravel : Boléro. Orchestre de l’Opéra national de Paris. Philippe Jordan, direction. 1 cd Naïve, enregistré à Paris, Opéra Bastille en mai 2012. Durée : 57mn. Naïve V 5332.