CRITIQUE CD événement. Les Noces royales de Louis XIV – Le Poème Harmonique (1 cd Château de Versailles – nov 2021)

noces-royales-louis-XIV-mazarin-poeme-harmonique-cavalli-cd-chateau-versailles-spectacles-cd-critique-review-cd-classiquenewsCRITIQUE CD événement. Les Noces royales de Louis XIV – Le Poème Harmonique (1 cd Château de Versailles – nov 2021) – Le Poème Harmonique exprime l’immense espoir que fait naître la Paix entre les puissances catholiques de France et d’Espagne (Paix de Pyrénées, 7 nov 1659) et la solennité de l’événement dynastique qui en résulte (négocié par Mazarin), le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, célébré en grande pompe le 9 juin 1660 sous la voûte de l’église de Saint-Jean Baptiste à St-Jean de Luz. Souffle majestueux, exaltation vivace presque dansante, collective essentiellement dont le spectacle Motet Jubilate Deo de Lully demeure l’emblème le plus juste : superbe gerbe heureuse, partagée et dans sa déclamation ample et précise, d’une rondeur toujours élégantissime. Solistes enivrés et acteurs autant que chanteurs (formidable Anne Quintans en dessus ; guide d’une joie triomphale).

 

Eclectisme stylistique pour les Noces de Louis

L’heure n’est pas encore à l’élaboration de l’opéra français mais la Cour de France a déjà le sens du spectacle : ce Mariage est une théatralisation d’un pouvoir qui entend démontrer sa grandeur active ; sens de l’articulation, force du groupe et mise en place scrupuleuse des individualités vocales, Le Poème Harmonique déploie d’éloquents arguments, égaux à ceux de leurs compétiteurs, Les Epopées, autre ensemble invité à Versailles et qui tout autant révolutionne aujourd’hui l’interprétation des Motets de Lully dans un cycle désormais décisif (Collection des Grands Motets de Lully / Les Epopées / Stéphane Fuget / CLIC de CLASSIQUENEWS).
En 1660, tout relève encore de la haute sensualité italienne dont témoignent les superbes pièces ici choisies, celles des vénitiens Salomone Rossi (très solennelle et presque grave Sinfonia); surtout le Magnificat de Cavalli, compositeur incontournable alors (qui allait livrer bientôt pour Paris, son Ercole Amante) dont le Magnificat expose les somptueuses effluves célébratives (jamais jouées cependant pour les noces royales mais plutôt pour une fête liturgique à Venise). Sans connaître précisément le programme musical de la Messe nuptiale de juin 1660, les pièces ici abordées évoquent le style général du goût clairement ultramontain partagé par Louis de France et son mentor Mazarin. Tout y paraît et se complète, en résonance avec les très nombreuses festivités qui ont accompagné le cortège royal français, descendu de Paris au pays basque et vice versa : chansons de circonstance des Français André de Rosiers et Nicolas CLIC D'OR macaron 200Métru ; langueur vénitienne comme l’atteste le solo tragique ou lamento extrait du Xerse de Cavalli ; et même théâtre picaresque délirant espagnol signé Juan Hidalgo. Le décorum n’empêche pas la caractérisation voire la surenchère dramatique : ce mariage offre un aperçu des styles divers ayant cours en France quand se marie le roi de France : éclectisme et sens du faste, spectacle et éloquente ferveur. Magistral.

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CRITIQUE CD événement. Les Noces royales de Louis XIV – Le Poème Harmonique / Vincent Dumestre, direction (1 cd Château de Versailles – enregistré à Versailles en nov 2021)  -  AGENDA : à l’affiche de la Chapelle royale de Versailles Dimanche 3 juillet 2022, 21h : 2 concerts en une soirée avec pyrotechnie finale : PLUS D’INFOS ici (directement sur le site de Château de Versailles Spectacles

TEASER VIDEO :

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PROGRAMME : Noces Royales de Louis XIV

Aux portes du temple
Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687) : Sonneries pour les trompettes du Roi

Entrée des délégations
Jean-Baptiste Lully : Entrée pour la Maison de France, Les Espagnols, Les Basques

Célébration de la paix
Jean Veillot (1600 – 1662) : Hymne O filii e filiae
Jean-Baptiste Lully : Motet pour la Paix Jubilate Deo, LWV 77

Le Mariage
Salomone Rossi (1570 – 1630) : Sinfonia grave
Francesco Cavalli (1602 – 1676) : Magnificat

Ballet des nations & Réjouissances
Francesco Cavalli : Xerse : “Lasciate mi morire”
André de Rosiers (actif 1634 – 1672) : Après une si longue guerre
Nicolas Métru (1600/1605 – 1663) : Ô France
Juan Hidalgo (1614 – 1685) : Celos aun del aire matan

 

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AUTRES CD du Poème Harmonique, Vincent Dumestre, critiqués / distingués par CLASSIQUENEWS :

sebastian-duron-coronis-alpha788 poeme harmonique druet bunel opera critique review cd review critique classiquenews CLIC de classiquenewsCRITIQUE. CD événement. DURÓN : Coronis (Le Poème Harmonique, 2 cd Alpha – PARIS, avril 2021)– Formidable production pour sa vitalité rayonnante, ses contrastes opulents, ses situations truculentes qui mêlent grâce à la seule inspiration de Sebastian Durón (1660-1716), langueur extatique, rage guerrière, réalisme satirique. Le Poème Harmonique, chanteurs et instrumentistes relèvent tous les défis de cette action mythologique certes, surtout carnavalesque et bouffone, aux airs de tendresse grave, en particulier au II (Jornada Segunda) où s’imposent dans la fresque délirante, la prière et la plainte bouleversante de Protée (si peu respecté malgré ses alertes et prédictions) et Triton (soupirant démuni, colérique, éconduit par la voluptueuse Coronis). Les solistes concernés ici, Cyril Auvity et Isabelle Druet composent de superbes tempéraments vocaux, doués de puissance et de justesse humaine, de profondeur comme de sincérité émotionnelle. A leurs côtés, rien à dire aux épatantes Ana Quintans dans le rôle-titre : sa plasticité diamantine incarne à la perfection la beauté langoureuse et active qui finalement décide du sort de la Thrace…

Le-Bourgeois-gentilhomme poeme harmonique lully 400 ans de moliere critique cd review clic de classiquenewsCRITIQUE, CD événement. Molière / Lully : musiques pour la comédie-ballet LE BOURGEOIS GENTILHOMME. Le Poème Harmonique (1 cd Château de Versailles Spectacles – avril 2021) – Intercalées dans la pièce de Molière, les musiques de scènes (ballets, divertissements, airs…) de Lully soulignent le génie facétieux du surintendant de la musique depuis 1661 ; sa verve n’a de limite que le génie de Molière ; chacun semble même rivaliser d’astuces expressives, de finesse parodique sur le thème d’un Bourgeois désireux d’être anobli… à l’heure où la Cour ne parle que des Turcs en audience près du Roi-Soleil. Les 2 Baptistes ont précédemment présenté (également à Chambord, devant la Roi) Monsieur de Pourceaugnac(1669). Pour cette restitution des parties intégrales que Lully a alors façonnées, le Poème Harmonique met en lumière l’articulation langoureuse des jeunes tempéraments du chant baroque actuel ; le Bourgeois Gentilhomme s’il moque l’exotisme des moeurs du Grand Turc à travers une charge contre son ambassade alors à Versailles pour une réception attendue, reportée auprès de Louis XIV, exprime d’abord au I, l’empire de l’amour sur des cœurs enivrés …

POEME-HARMONIQUE-ANAMORFOSI-allegri-monteverdi-marazzolli-mazzochi-cd-review-critique-cd-classiquenews-vincent-dumestreLIVE STREAMING : 11 déc, 20h30. ANAMORFOSI par Le Poème Harmonique. Concert en direct à vivre sur Youtube, vend 11 déc 20h30. Le Poème Harmonique explore l’Italie du Seicento, « où la langue musicale est celle des passions, profanes et sacrées »… Le programme a été l’objet d’un somptueux album discographique (enregistré en juin 2018) distingué par le CLIC de CLASSIQUENEWS : Cd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le Poème Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA) – «  Au carrefour du profane et du sacré, se développe une même musique, constante et touchante par ses aspérités passionnelles. En hymnes sacrés ou en vers madrigalesques, l’écriture musicale ne varie pas, mais elle modifie son sens selon les paroles associées : (…) les vertiges de la musique eux sont toujours invariables et constants.

FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : ANAMORFOSI

festival baroque de pontoise 2021 2022 concerts critiques annonces classiquenews MENSONGESPONTOISE, Festival Baroque 2021. Sam 23 oct 2021, 20h30. ANAMORFOSI. Le Poème Harmonique. Sacré, profane ; amour sacré, amour profane, ferveur et désir sensuel… s’égalent à l’âge baroque où les compositeurs n’hésitent pas à utiliser la même musique pour des textes différents, sacrés et profanes. Ecoutez le Pianto della Madonna où Monteverdi reprend note à note son bouleversant Lamento d’Arianna ne changeant que le texte, passant sans réserve aucune du sacré au lyrique profane ; ou encore à Sì dolce è’l martire qui garde la tendresse chaloupée d’une page amoureuse, Sì dolce è l’tormento. L’incarnation est ainsi : l’humain est au monde par une langue et des accents sensuels, quelque soit le contexte, sacré ou profane.

CLIC D'OR macaron 200Le programme présenté à Pontoise, reprend le sommaire d’un cd thématique qui fut en son temps (enregistré en 2018, édité en sept 2019) couronné par un CLIC de CLASSIQUENEWS : « … Au carrefour du profane et du sacré, se développe une même musique, constante et touchante par ses aspérités passionnelles. En hymnes sacrés ou en vers madrigalesques, l’écriture musicale ne varie pas, mais elle modifie son sens selon les paroles associées : il n’y a donc pas de « métamorphoses » comme nous l’explique le Poème Harmonique qui du reste nous parle aussi d’anamorphoses (le titre du cd : intitulé plus adapté à ce dont il est question : une même chose dont l’aspect varie selon le point de vue) ; tout du moins, il s’agit ici d’un changement de paroles, donc superficiel ; un changement d’enveloppe (linguistique) ; les vertiges de la musique eux sont toujours invariables, constants.
« Vers 1630 en Italie, un voyageur franchit le seuil d’une église. Double vertige ! Tandis que l’œil se perd dans la profusion baroque, l’oreille croit rêver. Quels sont ces bruits de bataille, ces plaintes amoureuses, ces disputes théâtrales qui ont remplacé les cantiques ? »…

Ainsi est résumé le prétexte de ce nouveau programme que l’ensemble de Vincent Dumestre a déjà éprouvé en concert. A quelques pertes de tension près et de faiblesses (bien anecdotique) dans le parcours musical, nous tenons là un cycle de perles baroques captivant, où brillent surtout les jeunes voix actuelles, la soprano Déborah Cachet en tête, voix aux fulgurances naturelles et sincères, irrésistible. Dramatiques et introspectives, articulées et flexibles…. ». Le programme inclut dans sa version étoffée le Miserere d’Allegri :  joyau polyphonique  transfiguré par un retour aux manuscrits, ainsi qu’une ornementation  exaltée. Ultime métamorphose, par l’improvisation, d’un faux-bourdon devenu chef-d’œuvre et quintessence du baroque.

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Samedi 23 Octobre 2021 | 20h30
Église Notre-Dame, Place Notre-Dame, 95300 Pontoise

INFOS & RÉSERVATIONS
https://www.festivalbaroque-pontoise.fr/fr/samedi-23-octobre-2021-20h30-le-poeme-harmonique-cathedrale-saint-maclou-pontoise

 

 

ANAMORFOSI
Œuvres de Allegri, Cavalli, Monteverdi, Rossi
Le Poème Harmonique
(direction : Vincent Dumestre) / 
Déborah Cachet, Marthe Davost, Marie Théoleyre, sopranos
Anaïs Bertrand, alto
Nicholas Scott, Jan Van Elsacker, ténors
BenoÎt Arnould, Romain Bockler, barytons
Virgile Ancely, basse
Fiona-Émilie Poupard, Mira Glodeanu, violons
Adrien Mabire, cornet
Lucas Peres, lirone
Françoise Enock, violone
Sara Agueda Martin, harpe
Marouan Mankar Bennis, orgue
Vincent Dumestre, théorbe

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POEME-HARMONIQUE-ANAMORFOSI-allegri-monteverdi-marazzolli-mazzochi-cd-review-critique-cd-classiquenews-vincent-dumestreLIRE aussi notre critique complète du CD ANAMORFOSI – CLIC de CLASSIQUENEWS de sept 2019 : … « le programme des afflictions sacrées, se poursuit avec les larmes de Marie au sépulcre (Monteverdi : « Maria quid ploras »), belle éloquence linguistique où chaque voix pèse, articule, nuance l’élan collectif. Même expressivité caractérisée et dans une ampleur suave et flexible dans le dernier épisode collectif, « Pascha concelebranda », prière à plusieurs qui captive par la diversité des effets et des nuances expressives du chant, entre drame profane, cantate sacrée, dramma opératique… tout en louant Jésus et le miracle final de sa Résurrection…. » :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-anamorfosi-allegri-marazzoli-monteverdi-le-poeme-harmonique-juin-2018-1-cd-alpha/

 

 

 

 

 

 

 

Cd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le Poème Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA)

POEME-HARMONIQUE-ANAMORFOSI-allegri-monteverdi-marazzolli-mazzochi-cd-review-critique-cd-classiquenews-vincent-dumestreCd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le Poème Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA) – Au carrefour du profane et du sacré, se développe une même musique, constante et touchante par ses aspérités passionnelles. En hymnes sacrés ou en vers madrigalesques, l’écriture musicale ne varie pas, mais elle modifie son sens selon les paroles associées : il n’y a donc pas de « métamorphoses » comme nous l’explique le Poème Harmonique qui du reste nous parle aussi d’anamorphoses (le titre du cd : intitulé plus adapté à ce dont il est question : une même chose dont l’aspect varie selon le point de vue) ; tout du moins, il s’agit ici d’un changement de paroles, donc superficiel ; un changement d’enveloppe (linguistique) ; les vertiges de la musique eux sont toujours invariables, constants. « Vers 1630 en Italie, un voyageur franchit le seuil d’une église. Double vertige ! Tandis que l’œil se perd dans la profusion baroque, l’oreille croit rêver. Quels sont ces bruits de bataille, ces plaintes amoureuses, ces disputes théâtrales qui ont remplacé les cantiques ? » Ainsi est résumé le prétexte de ce nouveau programme que l’ensemble de Vincent Dumestre a déjà éprouvé en concert. A quelques pertes de tension près et de faiblesses (bien anecdotique) dans le parcours musical, nous tenons là un cycle de perles baroques captivant, où brillent surtout les jeunes voix actuelles, la soprano Déborah Cachet en tête, voix aux fulgurances naturelles et sincères, irrésistible. Dramatiques et introspectives, articulées et flexibles.

Tout commence par une version assez déconcertante du Misere d’Allegri, en plusieurs séquences chorales, homorythmiques, d’un piétisme et dolorisme retenue, parfois tendu, d’un expressionnisme bien contorsionné (dissonances harmoniques manifestes au point crucial du texte). Retour aux sources soit, mais référence à une pratique (d’époque?) quand même, surornementée, à la limite de l’indigestion ; avec des variations très éloignées de ce que nous connaissons. Là est bien la métamorphose par contre, qui modifie considérablement le parcours même du texte, empruntant selon l’improvisation des chanteurs compositeurs improvisateurs, des circonvolutions qui demeurent caprices d’interprètes. A chacun de juger. Pas sûr qu’Allegri eût apprécié telle relecture de son texte originel. Serait-ce pour mieux troubler l’humble auditeur, frappé par la recueillement des chanteurs ? Les mélismes dans l’aigu expriment un mal être, une douleur infinie, jamais apaisée et tendue.
Des passions (trop) contenues, que libère autrement le choix des pièces qui suivent. Anamorfosi : le titre souligne combien une même musique dans le cas de Monteverdi par exemple ou Luigi Rossi peut sonner différemment, si l’on change uniquement les paroles. Du profane au sacré, la même intensité passionnelle s’y déploie, avec une sincérité égale.

Dans le Rossi («  Un allato messagier »), la mezzo Eva Zaïcik déroule une belle voix mais au relief linguistique trop lisse sur la durée. Pas assez de contrastes, de verbe mordant. Là encore une langueur douloureuse et insatisfaite. Le tempérament guerrier qui rappelle le Combattimento de Monteverdi, met du temps à chauffer (pour exprimer la douleur de Madeleine).

Justement dans « Si Dolce è’l martire » (de l’inestimable Monteverdi)Déborah Cachet éclaire l’angélisme et la tendresse de l’air Montéverdien ; l’incandescence et l’effusion d’une prière qui pleure Jésus (« mio Gesù » répété en scansion) ; témoignage d’une fervente saisie, touchée, brûlée par le Fils ; l’ardeur et l’expressivité mordante, qui fusionne flexibilité et brûlures du texte, commentées ensuite par le violon solo : l’acte de compassion, ce don d’une âme mystique à Jésus, incarné, défendu de façon aussi presque guerrière – transe amoureuse et langueur dévorante, par le soprano délicat mais puissant de Déborah Cachet, est assurément l’acmé de ce programme. Entre volupté et mysticisme, la soprano réussit une remarquable incarnation de la foi baroque.

Profane ou sacrée, la lyre du premier Baroque Italien
s’embrase grâce au soprano de Déborah Cachet…

On se délecte tout autant des dénuement et langueur des pénitents démunis dans les somptueuses prières de Domenico Mazzochi (sur la vie brève) puis de Marco Marazzoli, qui semblent fondre l’esprit mordant de la commedia, et la prière dolente des pêcheurs saisis, soit l’équation surprenante, inouïe de… la verve débridée et de la grâce la plus nuancée : aucun doute la leçon de la volupté montéverdienne est ici totalement assimilée, sublimée par deux écritures proches du sublimes.
La voici, ardente, fulgurante, la ferveur romaine du premier baroque. Marco Marazzoli, génie opératique, succède 3 duos d’un fini linguistique et poétique savoureux auquel répond l’écrin musical, languissant, contrasté, fervent, essentiellement amoureux, des instrumentistes et chanteurs. Les couples, surtout Déborah Cachet et le ténor Nicholas Scott, expriment avec une rare finesse et articulation, les multiples nuances du texte (« Chi fà che ritorni » : célébration du temps de l’innocence, perdu, si fragile, fugace…) aux instants de la jeunesse préservée où la vie dans sa candeur première, découvre l’élan du désir, morsure et vertige du plaisir… Preuve est encore faite de l’absolu génie de Marazzoli.

CLIC D'OR macaron 200Puis, le programme des afflictions sacrées, se poursuit avec les larmes de Marie au sépulcre (Monteverdi : « Maria quid ploras »), belle éloquence linguistique où chaque voix pèse, articule, nuance l’élan collectif. Même expressivité caractérisée et dans une ampleur suave et flexible dans le dernier épisode collectif, « Pascha concelebranda », prière à plusieurs qui captive par la diversité des effets et des nuances expressives du chant, entre drame profane, cantate sacrée, dramma opératique… tout en louant Jésus et le miracle final de sa Résurrection, les voix réalisent une crèche vivante et naturelle ; un théâtre sincère immédiatement émouvant. L’élégance du geste, la fine sensualité qui cisèle chaque arête du verbe, et qui fonde ici l’idée d’une conversation continue, accréditent davantage la complicité des solistes ici réunis, serviteurs du génie montéverdien. Le verbe se fait action et geste. Chant et musique, caresses tendres et délicieuses prières. On se croirait revenu au temps des pionniers baroques, à l’époque où Christie et Harnoncourt découvraient les mondes du premier baroque italien. Exaltant. Superbe programme. Donc CLIC de CLASSIQUENEWS

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Cd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le Poème Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA)

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Video
https://www.youtube.com/watch?v=q5RlIa6hSFg
ALLEGRI & MONTEVERDI: ANAMORFOSI, Le Poème Harmonique & Vincent Dumestre

Release date → September 2019  -  Stream//Download//Buy → https://lnk.to/AnamorfosiID

Allegri’s Miserere, its heartbreaking harmonies, its verses alternately cha…

ALLEGRI & MONTEVERDI: ANAMORFOSI par Le Poème Harmonique & Vincent Dumestre (EPK)