CD événement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics

arne artaxerxes ian page mozartists cd 2009 critque cd review classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics. L’excellent chef Ian Page conduit ses troupes mozartiennes en terres lyriques primitives, quand simultanĂ©ment Ă  Gluck (Orfeo), le compositeur national Thomas ARNE proposait une version anglaise de l’opĂ©ra seria (italien), avec originalitĂ© et cohĂ©rence comme en tĂ©moigne son Artaxerxes, opĂ©ra seria chantĂ© en anglais, crĂ©Ă© Ă  Covent Garden en 1762.

D’une AntiquitĂ© orientale revisitĂ©e, le compositeur et son librettiste (sur le texte de Metastase) retiennent ici deux couples princiers (Artaxerxes / Semira et Arbaces / Mandane) dont l’union et le sort sont mis Ă  mal par l’ambition haineuse du gĂ©nĂ©ral intriguant Artabanes (pĂšre d’Arbace). C’est compter sans la loyautĂ© d’Arbace pour le fils de Xerxes, Artaxerxes
 en lieto final heureux- poncif du genre, les amants peuvent s’aimer alors que le mĂ©chant est exilĂ© Ă  vie de la Cour perse.
La partition restait jusque lĂ  difficile Ă  remonter car il y manquait bon nombre de recitatifs et la fin de l’acte III malgrĂ© un livret parvenu complet ; c’est Ă  partir de ce dernier que Ian Page a restituĂ© le matĂ©riel musical manquant, permettant de mesurer l’impact dramatique de l’ouvrage dans sa continuitĂ© musicale ainsi reconstruite.
Au dĂ©but des annĂ©es 1760, le style de Arne recueille toute la saveur des operas et oratorios haendĂ©liens conçus pour l’audience londonienne avant lui ; il infĂ©ode le cadre de l’aria napolitaine Ă  l’expression naturel du sentiment ; ainsi la succession des airs est moins mĂ©canique, elle acquiert une fluiditĂ© Ă©motionnelle qui annonce directement 
.le jeune Wolfgang. Il Ă©tait donc important que Ian Page et les Mozartists, interprĂštes fameux des premiers opĂ©ras de Mozart, rĂ©tablissent ainsi le contexte dans lequel Wolfgang s’est « formé », apportant sur le terreau de l’opera seria, sa propre culture : Ian Page aura exprimĂ© en un geste trĂšs engagĂ© l’originalitĂ© des opĂ©ras mozartiens de jeunesse et sa premiĂšre contribution (avant Idomeneo) au genre italien seria : Bastien und Bastienne / Grabmusik, Apollo et Hyacinthus, Zaide, Il Sogno di Scipione, Mitridate, Re di Ponto, Il Re pastore, sans omettre le programme Die Schuldigkeit des ersten Gebots ou l’album thĂ©matique « MOZART IN LONDON » 
CLIC_macaron_2014Sans voix graves (ni baryton ni basse chantantes comme chez Haendel mais 2 tĂ©nors), la palette vocale privilĂ©gie Ă©videmment les voix hautes : 2 castrats pour les personnages clĂ©s – viriles- du rĂŽle-titre Artaxerxes (ici le contre tĂ©nor Christopher Ainslie ; d’Arbaces (chantĂ© ici par la mezzo Caitlin Hulcup); la distribution rĂ©unie en 2009 dont rend compte cet enregistrement comme chez Hane en avril 2021 souligne la tendresse du style et la sensibilitĂ© d’ARNE dans le style galant, expressif et pathĂ©tique, offrant des arias courtes d’une grande fraĂźcheur juvĂ©nile. Ce souci de caractĂ©risation, privilĂ©giant le naturel et la sincĂ©ritĂ© des arias selon chaque situation psychologique et dramatique accrĂ©dite la prĂ©sente lecture et confirme l’affinitĂ© des Mozartists avec le rĂ©pertoire « mozartien », en particulier la pĂ©riode artistique propre aux annĂ©es 1760, celle qui entre Haendel et Mozart, est contemporaine du thĂ©Ăątre gluckiste. Passionnante Ɠuvre de dĂ©frichement mozartien. A suivre.

CD Ă©vĂ©nement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics – parution : mi mai 2021 – enregistrĂ© Ă  Londres nov 2009, avril 2010. CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2021.

VISITEZ le site des MOZARTIST / IAN PAGE :
https://www.mozartists.com

CD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019)

Betulia-Liberata-mozart-talens-lyriquesCD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019). Betulia liberata, K. 118 (1771), azione sacra ou drame sacrĂ©, est l’oeuvre d’un compositeur de 
 15 ans. Etonnante prĂ©cocitĂ© et maturitĂ© de Wolfgang, qui y approfondit dĂ©jĂ  une hypersensibilitĂ© Ă©motionnelle ; la langue est traversĂ© d’éclairs sturm und drang et de formules europĂ©ennes apprises dans l’esprit de Mannheim (arias fermĂ©s da capo empruntĂ©s Ă  l’opĂ©ra seria). La Betulia est Ă©crite pour le Prince d’Aragon Ă  Padoue, mais n’y fut probablement jamais donnĂ©e. Vivaldi avait dĂ©jĂ  traitĂ© le sujet de la juive Judith, dĂ©capitant le gĂ©nĂ©ral assyrien Holopherne afin de libĂ©rer BĂ©thulie. Les Talens Lyriques sculptent la matiĂšre dramatique de l’oratorio avec toute l’expressivitĂ© requise, et les solistes savent caractĂ©riser chaque profil du Livre de Judith (Ancien Testament) : le gouverneur Ozias, la noble Amital, et la voluptueuse Judith (convaincante Teresa Iervolino), visage exaltĂ©, passionnĂ© et bras armĂ©, victorieux des IsraĂ©lites contre l’Assyrien. Les instrumentistes Ă©clairent cette Ă©volution majeure dans l’écriture mozartienne qui propre aux annĂ©es 1770 « prĂ©classiques », rĂ©alisent les premiers opĂ©ras ciselĂ©s, menant d’ Ascanio in Alba (Milan, oct 1771) au dĂ©jĂ  romantique et trĂšs goĂ©thĂ©en Lucio Silla (mars 1774, contemporain des Souffrances du jeune Werther). A travers les types bibliques, Wolfgang devient Mozart, peintre unique du cƓur humain, vertiges et passions, mais ici fortement individualisĂ©s selon la capacitĂ© spĂ©cifique de chaque chanteur avec lequel il travaille et sait s’accorder. Lecture prenante qui s’appuie sur une distribution trĂšs homogĂšne et crĂ©dible. + d’infos sur le site des Talens Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/discographie/betulia-liberata/ – parution : 25 sept 2020.

CD Ă©vĂ©nement, critique. DUEL : Porpora / Handel in London. Le Concert de l’Hostel Dieu / Giuseppina Bridelli / Franck-Emmanuel COMTE, direction (1 cd ARCANA, juin 2018)

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. DUEL : Porpora / Handel in London. Le Concert de l’Hostel Dieu / Giuseppina Bridelli / Franck-Emmanuel COMTE, direction (1 cd ARCANA, juin 2018). Londres : 1733-1737. Les annĂ©es 1730 marquent l’essor du seria italien Ă  Londres. Au point que les spectateurs londoniens arbitrent une Ă©mulation inĂ©dite entre deux crĂ©ateurs, d’un thĂ©Ăątre Ă  l’autre, chacun selon ses ressources propres. Deux compositeurs, deux goĂ»ts, deux esthĂ©tiques
 Porpora le napolitain, Haendel / Handel le Saxon prĂ©sentent simultanĂ©ment Ă  Londres leurs ouvrages respectifs, dans un esprit dĂ©fricheur et d’estime rĂ©ciproque, dont tĂ©moignent leurs opĂ©ras « italiens », goĂ»tĂ©s par l’élite et le public londoniens. La guerre n’aura pas lieu, d’ailleurs comme le rappelle les interprĂštes ici, elle n’eut jamais lieu.
« Stille amare », extrait du Tolomeo de Handel Ă©tait trĂšs admirĂ© de Porpora
 dont les cantates opus 1 Ă©taient bien connues et plutĂŽt trĂšs apprĂ©ciĂ©es de Haendel. Estime rĂ©ciproque avĂ©rĂ©e vous disait-on. De fait, le geste de Franck-Emmanuel Comte, fondateur de son ensemble sur instruments historiques, Le Concert de l’Hostel Dieu, souligne la noblesse des Ă©critures, surtout leur plasticitĂ© expressive et leur essence dramatique.

En choisissant la soliste Giuseppina Bridelli, la rĂ©alisation insiste aussi sur l’articulation saisissante du texte, dans ses Ă©claircissements vocaux propres : la jeune diva proposant mĂȘme sa propre rĂ©solution des vocalises, selon le tĂ©moigne de contemporains qui au XVIIIĂš ont laissĂ© des Ă©crits sur le chant des castrats 
 napolitains Ă©videmment, pour lesquels ont composĂ© Porpora comme Handel (cf variations da capo et section B pour Scherza infida d’Ariodante de Handel : superbe rĂ©vĂ©lation du programme).
En 1733, Handel qui rĂšgne sur la scĂšne lyrique londonienne doit subir la concurrence de l’Opera of Nobility qui invite Porpora. Le Prince de Galles Frederick souhaite mettre Ă  l’affiche les plus grands chanteurs d’alors Francesca Cuzzoni, Senesino, Antonio Montagnana, et bien sĂ»r Farinelli, dans des piĂšces composĂ©es directement par les Italiens, surtout Napolitains
 d’oĂč Porpora. DĂšs lors une rivalitĂ©, souvent exacerbĂ©e par les medias de l’époque, s’impose aux deux compositeurs ; Handel allant mĂȘme jusqu’à dĂ©montrer son ouverture stylistique en intĂ©grant des ballets français, avec le concours de la ballerine vedette Marie SallĂ© (cf les ballets ici jouĂ©s de l’acte II d’Ariodante).
PORPORA HANDEL concert hostel dieu bridelli opera italien classiquenewsDramatique et d’une Ă©tonnante sensibilitĂ© orchestrale, Handel varie ses effets comme dans Alcina (Sta nell’ircana pietrosa tana) oĂč Ruggiero en chasseur hĂ©sitant (alors chantĂ© par Carestini) brille par sa virtuositĂ© technique, une flexibilitĂ© vocale dont Giuseppina Bridelli transmet le feu et l’énergie expressive. Assurent alors pour sa performance incarnĂ©e, habitĂ©e, les instrumentistes du Concert de l’Hostel Dieu. C’est pour le chef et l’orchestre un retour Ă©loquent aux sources de l’opĂ©ra baroque, une maniĂšre de revisiter ce qu’ils connaissaient dĂ©jĂ , et qu’ils rĂ©investissent avec feu et vĂ©ritĂ©.

 
 
 

LONDRES, 1733

Handel / Porpora : essor du verbe incarné
Giuseppina Bridelli et Le Concert de l’HOSTEL DIEU

 
 
 

Le grand succĂšs de ses annĂ©es pour Porpora demeure Polifemo (Ă©crit simultanĂ©ment Ă  Ariodante de Handel) qui regroupe les divos et divas d’alors : Cuzzoni, Mantagnana, Farinelli, Senesino, Francesca Bertolli, Maria Segatti. Giuseppini Bridelli en chante l’air de Calypso, amoureuse Ă©perdue et admiratrice lumineuse d’Ulysse dont elle raconte alors l’exploit sur le cyclope gĂ©ant PolyphĂšme (Il gioir qualor s’aspetta, plage 10). Tout l’art de la jeune mezzo sait y fusionner la chair agile, ductile de sa technique et la justesse de ses intonations, celles d’un chant clair et explicite, qui suit avec intelligence et variations de nuances, le sens du texte (l’attente et l’espĂ©rance alimentent l’ardeur du dĂ©sir).
Mais l’échec global de la venue de Porpora Ă  Londres tient aux limites de la langue italienne : les rĂ©citatifs fussent-ils aussi ciselĂ©s que ceux de David dans l’oratorio (unique) David e Bersabea, ne suffirent pas Ă  convaincre l’audience londonienne, trop volage ; on sait avec quel talent Handel recompose totalement son style en adoptant des recitatifs plus courts et en anglais. Le sens du verbe incarnĂ© dĂ©fendu par Giuseppina Bridelli, la souple ardeur du continuo comme sculptĂ©, nerveux, mordant, bondissant par Franck-Emmanuel Comte rĂ©ussissent pourtant une superbe scĂšne amoureuse (David exprime son amour naissant pour BethsabĂ©e qu’il rencontre alors). Entre Ă©moi et ravissement, le travail sur le texte et les couleurs de l’orchestre tĂ©moignent d’une vision et d’une conception trĂšs fouillĂ©es de la part des instrumentistes et du chef du Concert d’Hostel Dieu.

CLIC_macaron_2014On ne cesse de pesner, du dĂ©but Ă  la fin de ce programme, qu’ils ont eu bien raison de revenir aux fondamentaux du Baroque lyrique, le thĂ©Ăątre Ă  la fois linguistique et coloratoure de Handel. L’intonation poĂ©tique sert avant tout le sens de la situation dramatique et la direction du texte : la franchise du chef de ce point de vue, son efficacitĂ© et sa poĂ©sie soulignent aussi chez Handel comme chez Porpora, Ă  travers les exemples que nous avons mis en avant, tout ce qui caractĂ©rise et distingue l’un par rapport Ă  l’autre. Entre un Handel obligĂ© au renouvellement, et un Porpora ductile, naturellement agile mais contraint lui aussi Ă  une nouvelle exigence dramatique et vocale, nous tenons dans ce rĂ©cital lyrique, une claire Ă©vocation d’un Ăąge d’or du seria italien Ă  Londres. Magistrale rĂ©alisation pour un sujet original, idĂ©alement explicitĂ©. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 
 
 
 
 
 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. DUEL : Porpora / Handel in London. Le Concert de l’Hostel Dieu / Giuseppina Bridelli / Franck-Emmanuel COMTE, direction (1 cd ARCANA, juin 2018) – CLIC de CLASSIQUENEWS du mois d’avril 2019.

 
 
 
 
 
 

LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cd DUEL / PORPORA vs HANDEL – Le Concert de l’Hostel Dieu / Giuseppina Bridelli / Franck-Emmanuel COMTE, direction (1 cd ARCANA, juin 2018)
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-duel-porpora-and-handel-in-london-le-concert-de-lhostal-dieu-franck-emmanuel-comte-1cd-arcana-2018/

 
 
 
 
 
 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. DUEL, Porpora and Handel in London (Le Concert de l’HOSTEL DIEU, Franck Emmanuel Comte (1cd Arcana 2018)

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. DUEL, Porpora and Handel in London (Le Concert de l’HOSTEL DIEU, Franck Emmanuel Comte (1cd Arcana 2018). Dans les faits, la rivalitĂ© entre les compagnies d’opĂ©ra dirigĂ©es par Handel et Porpora Ă  Londres (1734-1737) s’expose outrageusement. La rĂ©alitĂ© est autres, car sur le plan strictement musical, il est plus appropriĂ© de parler d’estime rĂ©ciproque car chacun d’eux admirait la musique de l’autre. Leur rivalitĂ© produit des effets artistiques majeurs : les opĂ©ras nouveaux Ariodante de Handel et Polifemo de Porpora sont des sommets lyriques (mĂȘme si le second est moins jouĂ© que le premier
). Les compositeurs rivalisent de trouvailles et de nouvelles formes pour renouveler le genre et sĂ©duire le public londonien. Chacun peut s’appuyer sur le talent des chanteurs de sa troupe dont les fameux castrats (Farinelli, Senesino, Carestini
).

Le nouvel enregistrement du Concert de l’Hostel Dieu, dirigĂ© par Franck-Emmanuel Comte Ă©voque les mĂ©andres et les apports d’une relation intellectuelle et artistique complexe : plus qu’un duel, l’équation Handel / Porpora prĂ©cise une Ă©tonnante Ă©mulation qui a profitĂ© Ă  l’expressivitĂ© du genre lyrique; les interprĂštes proposent plusieurs exemples Ă©loquents de chaque style (restituant aussi la vocalisation d’époque dans les reprises) ; offrent un tour d’horizon Ă©loquent et superbement caractĂ©risĂ© de l’art vocal et lyrique au dĂ©but du XVIIIĂš dans le genre seria. Chef et instrumentistes s’associent au mezzo-soprano ductile, expressif, articulĂ© de Giuseppina Bridelli qui relĂšve les dĂ©fis de partitions aussi intenses dramatiquement que virtuoses sur le plan technique. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

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Tracklisting :

George Frideric Handel (1685-1759)
1. Sta nell’ircana pietrosa tana – Alcina HWV 34 (London, 1735)
Nicola Porpora (1686-1768)
2. Nume che reggi ’l mare – Arianna in Naxo (London, 1733 )
3. Dolce Ăš su queste alte mie logge a sera – David e Bersabea (London, 1734)
4. Fu del braccio onnipotente – David e Bersabea (London, 1734)
5-7. Ouverture – Polifemo (London, 1735)
8. A questa man verrĂ  – Calcante e Achille (London, 1735)
George Frideric Handel
9. Scherza infida – Ariodante HWV 33 (London, 1735)
Nicola Porpora
10. Il gioir qualor s’aspetta – Polifemo (London, 1735)
George Frideric Handel
11-14. Suite de ballet – Ariodante HWV 33
Nicola Porpora
15. Alza al soglio i guardi – Mitridate (London, 1736)
George Frideric Handel
16. Inumano fratel, barbara madre – Tolomeo HWV 25 (London, 1728)
17. Stille amare, giĂ  vi sento – Tolomeo HWV 25 (London, 1728)
18. Quando piomba improvvisa saetta – Catone in Utica HWV A7 (London, 1732)

 

 

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DUEL : PORPORA ET HANDEL À LONDRES
Giuseppina Bridelli, mezzo-soprano
LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU
Franck-Emmanuel Comte, direction
1 CD ARCANA – A 461 – 1 CD TT : 1h05mn

 

 

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LA VIDEO du cd DUEL

https://youtu.be/5RWzXj5y6Nw

 

 

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CONCERTS 2019
Duel, Handel vs Porpora :

Felicia Blumental International Festival, Tel Aviv (30 mars) I
Salle MoliĂšre, Lyon (7 avril) |
Handel Festival, Londres (8 avril) |
Handel-Festspiele, Halle (9 juin)
Festival Bach de Saint-Donat (11 août)

Folia : Theaterhaus, Stuttgart (2-3 juillet) |

Festival 1001 Notes en Limousin, Zenith de Limoges (20 juillet)
Sinfonia en Périgord, Périgueux (24 août)

 

 

+ d’infos sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU

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TOURCOING, nouvelle La Clémence de Titus de Mozart

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 fĂ©vrier 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino MazzolĂ  d’aprĂšs Pietro Metastasio, l’opĂ©ra « La ClĂ©mence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandĂ© l’annĂ©e de sa mort, pour le couronnement de LĂ©opold II sacrĂ© roi de BohĂšme. L’Ɠuvre de circonstance devient par le gĂ©nie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mĂ©sestimĂ©, et qui illustre l’idĂ©al du politique vertueux, une vision influencĂ©e par l’esprit des LumiĂšres, Leopold, alors qu’il Ă©tait Grand-Duc de Toscane, dĂ©cide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le mĂ©tier de son autre chef d’oeuvre, la FlĂ»te enchantĂ©e, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La FlĂ»te, mais le thĂ©Ăątre destinataire (l’opĂ©ra de Prague) a Ă©tĂ© construit pour produire des opĂ©ras italiens (il y a crĂ©Ă© Don Giovanni).
Mozart imagine Ă  Rome, Titus, vertueux, est promis Ă  BĂ©rĂ©nice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes
). Or dans la capitale impĂ©riale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nƓud passionnel et politique, Titus rĂ©vĂšle sa valeur : la responsabilitĂ©, la justice, la clĂ©mence. A son contact, mĂȘme la perfide et haineuse Vitellia se transforme et Ă©volue. En associant Ă©motion, sentiment et devoir, Mozart rĂ©alise un sommet de l’inspiration seria. La ClĂ©mence de Titus est un opĂ©ra Ă  rĂ©Ă©valuer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthÚse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (oĂč l’intrigante bascule en une rĂ©vĂ©lation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour Ă©crire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximitĂ© avec son frĂšre de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste
 il a inventĂ© la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mĂšne Ă  la scĂšne finale, Ă©loquente manifestation des vertus du pouvoir : la clĂ©mence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner Ă  tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondĂ©ment fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dùs 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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‹Tito / Titus : JĂ©rĂ©my Duffau, tĂ©nor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

ChƓur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scÚne : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

Compte-rendu, opéra. LiÚge, Opéra, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Ayrton Desimpelaere / Stefano Mazzonis di Pralafera.

cimarosa il matrimonio segreto le mariqge secret 1008450-Domenico_CimarosaCompte-rendu, opĂ©ra. LiĂšge, OpĂ©ra, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Ayrton Desimpelaere / Stefano Mazzonis di Pralafera. FidĂšle Ă  son credo de prĂ©senter des « mises en scĂšne qui respectent le public », c’est-Ă -dire Ă©loignĂ©e de la regietheater Ă  l’allemande, Stefano Mazzonis di Pralafera reprend l’un de ses tout premier spectacle prĂ©sentĂ© depuis son arrivĂ©e en 2007, en tant que directeur gĂ©nĂ©ral et artistique de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge. La saison initiale de son mandat avait dĂ©montrĂ© tout son goĂ»t pour un rĂ©pertoire italien dĂ©laissĂ©, osant mettre Ă  l’affiche Cherubini, Rinaldo di Capua et Cimarosa dans trois intermezzi savoureux, avant de rendre ensuite hommage Ă  la gloire locale Gretry, avec Guillaume Tell (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-liege-opera-royal-de-wallonie-le-7-juin-2013-gretry-guillaume-tell-1791-marc-laho-guillaume-tell-anne-catherine-gillet-madame-tell-claudio-scimone-direction-stefano-mazz/) et Zemire et Azor, notamment.

1.-Ayrton-Desimpelaere-1400x1400Avec cette reprise du Mariage secret, on ne se plaindra pas de retrouver l’incontestable chef d’oeuvre (voir ici notre prĂ©sentation : http://www.classiquenews.com/il-matrimonio-segreto-de-cimarosa) de Cimarosa, dont Rossini fit son miel, mĂȘme si on aimerait aussi un intĂ©rĂȘt plus poussĂ© pour les autres ouvrages (plus de soixante-dix!) qui ont jalonnĂ© la carriĂšre du Napolitain. Si la crĂ©ation de cette production, captĂ©e au dvd, avait fait appel Ă  l’expĂ©rimentĂ© Giovanni Antonini Ă  la baguette, la direction est cette fois confiĂ©e Ă  Ayrton Desimpelaere (nĂ© en 1990) dont c’est lĂ  la toute premiĂšre production lyrique, aprĂšs trois ans passĂ©s en tant qu’assistant chef d’orchestre Ă  l’OpĂ©ra de LiĂšge. Quelques dĂ©calages, sans doute dus au stress, sont audibles en premiĂšre partie, avant de se rĂ©sorber ensuite : gageons que les prochaines reprĂ©sentations sauront lui donner davantage d’assurance. Sa lecture privilĂ©gie des tempi allants qui mettent admirablement en valeur l’ivresse rythmique et le sens mĂ©lodique de Cimarosa, au dĂ©triment de certains dĂ©tails peu fouillĂ©s, ici et lĂ  – dĂ©laissant le rĂŽle de l’orchestre dans le piquant et la verve moqueuse. Peut-ĂȘtre qu’une opposition plus prononcĂ©e entre les diffĂ©rents pupitres de cordes aiderait avantageusement Ă  stimuler un orchestre trĂšs correct, mais dont on aimerait entendre davantage la personnalitĂ© et le caractĂšre.

6.-CĂ©line-MellonLe meilleur de la soirĂ©e se trouve au niveau du plateau vocal, d’une trĂšs belle homogĂ©nĂ©itĂ©, surtout chez les femmes. MalgrĂ© les quelques interventions dĂ©calĂ©es avec la fosse, CĂ©line Mellon (Carolina / photo ci contre) s’impose au moyen d’une Ă©mission ronde et souple, permettant des vocalises d’une facilitĂ© dĂ©concertante, autour d’une interprĂ©tation toute de charme et de fraĂźcheur. Sophie Junker n’est pas en reste dans le rĂŽle de sa soeur Elisetta, donnant davantage de mordant et de couleurs en comparaison. Annunziata Vestri (Fidalma) fait valoir de beaux graves, malgrĂ© une agilitĂ© moindre dans les phrasĂ©s. C’est lĂ  le grand point fort de Patrick Delcour (Geronimo), par ailleurs irrĂ©sistible dans ses rĂ©parties comiques. Son timbre un peu fatiguĂ© convient bien Ă  ce rĂŽle de barbon moquĂ© par tous ceux qui l’entourent. Matteo Falcier (Paolino) a pour lui une ligne gracieuse, tout en laissant entendre quelques imperfections dans l’aigu. C’est sans doute l’un des interprĂštes les moins Ă  l’aise de la soirĂ©e avec Mario Cassi (Comte Robinson), seul rescapĂ© de la production de 2008. Le baryton italien qui a chantĂ© avec les plus grands (Abbado, Muti…), manque de projection, compensant cette faiblesse par une ligne de chant dĂ©licate et une interprĂ©tation toujours Ă  propos.

On terminera rapidement sur la mise en scĂšne de Stefano Mazzonis di Pralafera qui reprend dĂ©cors et costumes Ă  l’ancienne pour proposer un spectacle convenu et sans audace. S’il semble difficile de faire le choix d’une transposition ici, on aurait aimer davantage de folie et d’imagination, au moins au niveau visuel, Ă  mĂȘme de nous dĂ©montrer que cette histoire reste on ne peut plus actuelle. Quoiqu’il en soit, le travail proposĂ© (particuliĂšrement variĂ© et rĂ©ussi au niveau des Ă©clairages) est d’une probitĂ© sans faille, acclamĂ© par un public visiblement ravi en fin de reprĂ©sentation par les aspects bouffes mis en avant ici.

 
 
 

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A l’affiche de l’OpĂ©ra de LiĂšge jusqu’au 27 octobre 2018, puis au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 7 novembre 2018.
 
 
 

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Compte-rendu, opĂ©ra. LiĂšge, OpĂ©ra de LiĂšge, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Patrick Delcour (Signor Geronimo), CĂ©line Mellon (Carolina), Sophie Junker (Elisetta), Annunziata Vestri (Fidalma), Matteo Falcier (Paolino), Mario Cassi (Comte Robinson). Orchestre de l’OpĂ©ra royal de Wallonie, Ayrton Desimpelaere, direction musicale, / mise en scĂšne, Stefano Mazzonis di Pralafera. A l’affiche de l’OpĂ©ra de LiĂšge jusqu’au 27 octobre 2018, puis au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 7 novembre 2018.

Lucio Silla ou Mozart en ado romantique

mozart_portrait-300Mozart : LUCIO SILLA. Les 23, 25, 27 et 29 avril 2016. En 1772 aprĂšs son Ă©blouissant Mitridate le jeune Mozart adolescent  (il termine alors sa 16 Ăšme annĂ©e), s’intĂ©resse au labyrinthe amoureux faisant Ă©voluer encore et encore le genre seria dont il enrichit la forme (ajout du choeur, rĂ©citatifs soignĂ©s, orchestre raffinĂ©); qu’il acclimate Ă  un langage musical qui suit avec une acuitĂ© racinienne chaque vertige ou Ă©lan du coeur; c’est un thĂ©Ăątre sentimental d’une profondeur jamais Ă©coutĂ©e auparavant car chaque personnage y souffre et palpite avec une force nouvelle;  aucun doute alors que Goethe finit alors Les Souffrances du jeune Werther, Mozart dĂ©ploie une exceptionnelle maturitĂ© pour inventer l’opĂ©ra
 romantique: ce Lucio milanais, crĂ©Ă© en dĂ©cembre 1772 au lendemain de la NoĂ«l (soit le 26 dĂ©cembre) affirme le gĂ©nie du jeune compositeur habitĂ© par la question du sentiment et du dĂ©sir.

Lucio : c’est Mozart en ado romantique

Si le prince Lucio Silla aime Giunia, celle ci lui prĂ©fĂšre Cecilio. Les deux amants menacĂ©s fomentent un complot contre l’autoritĂ© : ils envisagent l’assassinat du despote Silla : mais leur projet est Ă©ventĂ© et se prĂ©sentant devant le tribunal, Giunia et Cecilio sont prĂȘts Ă  mourir. Devant tant de courage et de force morale, Lucio Silla
 de tyran devient tĂ©moin humanisĂ© ; il renonce Ă  Giunia et mĂȘme abandonne le pouvoir au peuple de Rome;  l’Ă©poque est alors Ă  la cĂ©lĂ©bration du prince politique Ă©clairĂ© dont la transfiguration espĂ©rĂ©e, fantasmĂ©e dans le cadre de la reprĂ©sentation, est exprimĂ©e exaltĂ©e par la musique de Mozart.

mozart_portraitChaque production de Lucio Silla doit rĂ©unir une distribution de personnalitĂ©s touchantes voire bouleversantes par la subtilitĂ© de leur caractĂ©risation. L’orchestre doit commenter, exprimer et parfois contredire ce que dit les acteurs. Jamais Mozart n’a mieux compris la vĂ©ritĂ© des passions humaines : les Ă©pisodes psychologiques y sont ciselĂ©s, affinĂ©s encore par des rĂ©citatifs particuliĂšrement audacieux – vrai dĂ©fi pour les belcantistes auto dĂ©clarĂ©s;  Lucio Silla annonce la sincĂ©ritĂ© de la trilogie Mozart et Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan gutte), tout en abordant le thĂšme central du despote magnanime (bientĂŽt traitĂ© dans son dernier sedia de 1791, soit presque 20 ans aprĂšs Lucio), La ClĂ©mence de Titus.

Mozart: LUCIO SILLA, 1772
Insula Orchestra / Laurence Equilbey, direction
Avec Franco Fagioli (Cecilio), Paolo Fanale (Lucio Silla), Olga Pudova (Giunia)

Tournée

Le 23 avril 2016
PARIS, Philharmonie 2 / Cité de la musique, 20h30

Le 25 avril 2016
LE HAVRE, Le Volcan, 19h30

Le 27 avril 2016
VIENNE (Autriche), Theater an der Wien, 20h

Le 29 avril 2016
Aix en Provence, Grand Théùtre de Provence, 20h30

d’infos, rĂ©servations sur le site Insula Orchestra

LIRE notre compte rendu complet développé de LUCIO SILLA, présenté par ANGERS NANTES OPERA en mars 2010