Nina STEMME chante FIDELIO de BEETHOVEN

Nina StemmeBRUXELLES, PARIS : FIDELIO, les 25, 27 fev 2020. L’année Beethoven a bel et bien commencé… En voici un premier temps fort, son unique opéra porté ici par un plateau suédois, couronné par la soprano wagnérienne Nina Stemme (détentrice du prix Birgit Nilson 2018). S’il a composé plusieurs musiques de scène, Beethoven s’est concentré sur un seul opéra. Fidelio demeure son unique ouvrage lyrique. Célèbre et déjà estimé comme le prophète de la musique virile et moderne, Ludwig en écrit 3 versions. La première en 1805 comportait 3 actes, la deuxième en 1806 n’en comportait que 2. La troisième version créée le 23 mai 1814 à Vienne, a été représentée en France, à Paris à l’Odéon en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevé dans les versions précédentes. D’ailleurs, il n’était pas tout à fait prêt pour la première et il a continué à l’améliorer pour les dates suivantes. les diverses ouvertures Leonore fixe les avancées et modifications opérées version après version.

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS
BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Le succès n’a fait qu’augmenter au fur et à mesure des représentations. Révolutionnaire, Beethoven transmet dans cet opéra sa passion pour la liberté, au point d’assurer aujourd’hui à l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opéra de la liberté contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique. Comme l’hymne à la joie de Schiller, sublimé dans le finale de la 9è symphonie est le manifeste pour l’avènement de la société fraternelle, un idéal supérieur toujours utopique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est la paix armée, prête à en découdre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libérer de sa prison son époux incarcéré, Florestan. Elle doit vaincre la barbarie des géoliers dont surtout l’infect Pizzaro, aidé de Rocco…
Temps forts de l’action : le monologue tragique de Forestan dans l’obscurité de sa cellule (début du II), le duo d’amour entre Leonore / Fidelio et Florestan ensuite… le chœur de la liberté entonné par le peuple à la fin du drame.

Fin heureuse, les deux époux séparés se retrouvent et le prisonnier est libéré quand paraît le ministre Don Fernando, image du politique vertueux, inspiré par l’esprit des lumières. Du reste tout le final est porté par une irrépressible jubilation, victorieuse et lumineuse.

 

 

 

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A Bruxelles, Bozar
Mardi 25février 2020
version de concert
https://www.bozar.be/fr/activities/150959-fidelio-semi-concertante-premiere-en-belgique

Swedish Chamber Orchestra – Swedish Radio Choir – Thomas Dausgaard, direction – Nina Stemme, Leonore – Michael Weinius, Florestan – John Lundgren, Pizzaro – Malin Christensson, Marcellina – Johan Schinkler, Rocco – Karl Magnus Fredriksson, Don Fernando – Daniel Johannsen, Joaquino – Sam Brown, « mise en scène » – Bengt Gomér, décors, création lumières

 

 

 

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A Paris, TCE
Jeudi 27 février 2020
version de concert
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-en-concert-et-oratorio/fidelio

Nina Stemme, Leonore
Michael Weinius, Florestan
Malin Christensson, Marzelline
John Lundgren, Don Pizarro
Karl-Magnus Fredriksson, Don Fernando
Johan Schinkler, Rocco
Daniel Johannsen, Jaquino
Thomas Dausgaard, direction
Swedish Chamber Orchestra
Swedish Radio Choir

 

 

 

OpĂ©ra chantĂ© en allemand, surtitrĂ© en français et en anglais  -  PrĂ©sentation de l’opĂ©ra Fidelio de Beethoven sur le site du TCE / Paris :
La victoire de l’amour conjugal sur la tyrannie est le thème central de l’unique opéra de Beethoven, même si l’ouvrage connut une lente maturation avec une première version qui vit le jour sous le nom de Leonore, en l’honneur de son héroïne illustrant esprit de liberté et fidélité. Par sa forme, Fidelio appartient au genre du singspiel allemand dont la particularité est de faire alterner dialogues parlés (et non des récitatifs) et chant. Ici tout l’art de l’écriture pour orchestre du musicien s’y déploie avec majesté dès l’ouverture. Cet hymne à la liberté est également une partition redoutable pour les voix et une œuvre qui occupe aujourd’hui encore une place particulière par sa force et sa dimension « féministe » et politique. Un rôle-titre écrasant ici incarné par l’immense Nina Stemme.
Diffusion ultérieure sur France Musique.

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CinĂ©ma. L’Elektra de ChĂ©reau en direct du Met

TĂ©lĂ©, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice ChĂ©reauCinĂ©ma. Strauss : ELEKTRA, le 30 avril 2016, 18h45. En direct du Metropolitan opera New York, samedi 30 avril 2016,1845h. RĂ´le incandescent, voix hurlante embrasĂ©e proche de la rupture et du cri primal, animĂ©e par une fureur vengeresse … que seul son frère Oreste saura apaiser (en prenant sa dĂ©fense et l’aidant Ă  rĂ©aliser son projet), Elektra est l’un des rĂ´les pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’Ă©criture du chant, du fait a surtout de la prĂ©sence scĂ©nique du personnage quasiment toujours en scène (comme Suzanna dans les Noces de Figaro de Mozart ou Ă  prĂ©sent depuis la crĂ©ation mondiale rĂ©alisĂ©e Ă  Nantes le 19 avirl dernier, Maria Republica dans l’opĂ©ra Ă©ponyme signĂ© François Paris, d’après Agostin-Gomez Arcos). Il n’y a guère que lorsque sa mère paraĂ®t, criminelle irresponsable, Klytemnestre, que sa fille Ă©reintĂ©e, possĂ©dĂ©e, rentre dans le silence (pour mieux rugir ensuite).
Pas d’Ă©quivalent Ă  ce profil de jeune femme dĂ©truite et impuissante dont la fureur humiliĂ©e se dĂ©verse dans un chant Ă©ruptif et animal jamais Ă©coutĂ©, Ă©crit, dĂ©ployĂ© auparavant… Nina Stemme s’empare du personnage avec une intensitĂ© fĂ©line, organique, animale, dans la mise en scène – mythique-, de Patrice ChĂ©reau, laquelle fait ses dĂ©buts attendus Ă  New York. Aux cĂ´tĂ©s de la wagnĂ©rienne Nina Stemme, l’immense Waltraud Meier reprend le rĂ´le de la mère fauve, hallucinĂ©e (Klytemnestre), cepedant que Adrianne Pieczonka et le baryton basse Eric Owen, incarnent les personnages non sans profondeur et d’une humanitĂ© bouleversante, CrysotĂ©mis et Oreste). Ainsi la terrible lĂ©gende des Atrides peut se dĂ©ployer en un théâtre de sang et de terreur sublime sur la scène du Metropolitan. La vision essentiellement théâtrale de ChĂ©reau, son travail sur le profil de chaque silhouette, en restituant la place du théâtre sur la scène lyrique, bascule l’opĂ©ra de Strauss vers une arène haletante, Ă  la tension irrĂ©sistible. Au centre de cette furieuse imprĂ©cation fĂ©minine, les retrouvailles de la soeur et du frère : Elektra / Oreste, sont un sommet de vĂ©ritĂ©, un rencontre bouleversante.

LIRE aussi notre critique dĂ©veloppĂ©e du DVD ELEKTRA (Aix en Provence 2013) – Elektra : Evelyn Herlitzius – Klytämnestra : Waltraud Meier
Chrysothemis : Adrianne Pieczonka – Orest : Mikhail Petrenko… Essa Pekka Salonen, direction.

EXTRAIT de la critique du dvd, en 2013 : L’espace scĂ©nique et ses dĂ©cors (monumentaux/intimes) reste Ă©touffant et ne laisse aucune issue Ă  ce drame tragique familial. Chacun des protagonistes, chacun des figurants exprime idĂ©alement cette fragilitĂ© inquiète, ce dĂ©sĂ©quilibre inhĂ©rent Ă  tout ĂŞtre humain. Le doute, l’effroi, la panique intĂ©rieure font partie des cartes habituelles de ChĂ©reau (une marque qu’il partage avec les rĂ©alisations de la chorĂ©graphes Pina Bausch) : l’homme de théâtre aura tout apportĂ© pour la vĂ©ritĂ© de l’opĂ©ra, ciselant le moindre dĂ©tail du jeu de chaque acteur. Dans la fosse, disposant d’un orchestre qui n’est pas le mieux chantant, Salonen sculpte la matière musicale avec une Ă©pure tranchante, un sens souvent jubilatoire de l’acuitĂ© expressionniste. Volcan qui Ă©ructe ou dragon qui souffle et respire avant l’attaque et le brasier, l’orchestre se met au diapason de cette vision scĂ©nographie Ă  jamais historique. On regrette d’autant plus ChĂ©reau Ă  l’opĂ©ra qu’aucun jeune scĂ©nographe après lui, parmi les nouveaux noms, ne semblent partager un tel sens du théâtre… (Benjamin Ballifh)

+ D’INFOS sur le site du Metropolitan Opera de New York, page dĂ©diĂ©e ELEKTRA