COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 13 mars 2019. RACHMANINOV. Choeur du Théâtre BOLCHOÏ / V. Borisov

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 13 Mars 2019. P.I. TCHAIKOVSKI.  S. RACHMANINOV. Choeur du Théâtre BOLCHOÏ de Moscou. V. Borisov. Point d’orgue des Musicales Franco-Russes, les trois concerts des forces du Bolchoï, comme en résidence à Toulouse, ont motivé un public nombreux dès ce premier concert du seul Choeur du Bolchoï. Un programme d’un grande cohérence et d’une grande intelligence a fait la par belle à des oeuvres de la charnière entre les XIX ème et le XX ème siècles. La tradition vocale en Russie est millénaire mais a connu son apogée en cette époque.  Les exactions du communisme n’ont pas osé éteindre ce feu sacré d’amour pour le chant choral aussi riche en musique sacrée que profane.

 

 

La majesté du Choeur du Bolchoï enchante Toulouse

 

 

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La tradition a été conservée par les moines mais également les simples chanteurs, et tel un Phénix revit une nouvelle splendeur.  Ce voyage d’une rare émotion a été parfaitement dirigé par Valery Borisov, très strict dans sa gestuelle. Il a obtenu une perfection inouïe de ses 50 choristes. Dès le premier numéro (Vêpres de Rachmaninov), les superbes nuances, quasi abyssales, ont profondément marqué le public. Sans véritablement pouvoir juger ce qui se déroulait, une succession de beautés sonores a véritablement submergé l’audience. Les nuances sont précises et profondément creusées et les couleurs sont quasiment dignes des icônes les plus vives dans des lumières variées. Les voix russes sont extrêmement timbrées, différentes et complémentaires, elles offrent un son de pupitre, plein de chair et de force. Les basses célèbres pour leur gravité sépulcrale sont fidèles à leur réputation ! Les sopranos sont d’une puissance et d’une rondeur de son, supersoniques. Les ténors très présents, sont comme des flèches dardées et les alto dans une rondeur de timbre envoûtante, donnent un appui incroyable aux sopranos pour planer haut.
De nombreux moments ont permis de découvrir des choristes dignes des solistes le plus compétents avec des timbres très différents et un engagement parfois hypnotique. Ainsi chaque voix pouvait être reconnue mais dans un ensemble parfaitement musical et une union parfaite. Les forte sont apocalyptiques et ont tonné dans la vaste Halle-aux-Grains comme rarement. Mais c’est surtout la qualité des sons  piano qui est oeuvre d’art incroyable. Un son si piano et si timbré, si riche en harmoniques, si émouvant par son mélange de fragilité et de force,  est inoubliable.
Les toulousains aiment le chant choral; ils ont su particulièrement, par leurs applaudissements nourris, remercier les choristes russes, tous d’un niveau de solistes (un tiers est venu saluer au final comme solistes à un moment ou un autre) sans oublier leur chef Valery Borisov ; dans une main de fer, il sait obtenir des moments de tendresse bouleversants.  Comme sur un petit nuage la plus grande partie du public s’est réjoui  de la suite de ce festival Franco-Russe … soit d’autres sommets annoncés avec deux opéras en version de concert ou le chœur allait jouer sa partie parfaitement.

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COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 13 Mars 2019. Ouevres  A Capella de Piotr Illich .Tchaikovskï (1840-1893) : Liturgie de Saint Jean Chrisostome op.40 (extraits). Serge Rachmaninov (1873-1943) : Vêpres op. 37 ( extraits) et autres oeuvres russes sacrées ou profanes « A Capella ». Choeur du Théâtre BOLCHOÏ de Moscou. Chef de Choeur : Valery Borisov.

Photo du chœur  : © Damir-Yusupov