CD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust : Spyres, Courjal, NELSON (2 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019)

BERLIOZ-DAMNATION-FAUST-NELSON-DIDONATO-SPYRES-COURJAL-critique-opera-classiquenews-annonce-critique-dossierCD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust : Spyres, Courjal, NELSON (3 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019). EnregistrĂ©e sur le vif Ă  Strasbourg en avril 2019, la production rĂ©unie sous la baguette Ă©lĂ©gante, exaltĂ©e sans pesanteur de l’amĂ©ricain John Nelson, rĂ©ussit un tour de force et certainement le meilleur accomplissement discographique et artistique pour l’annĂ©e BERLIOZ 2019. Du tact, de la pudeur aussi (subtilitĂ© caressante de l’air de Faust : « Merci doux crĂ©puscule » qui ouvre la 3Ăš partie), l’approche est dramatique et d’une finesse superlative. Elle sait aussi caractĂ©riser avec mordant comme le profil des Ă©tudiants et des buveurs Ă  la taverne de Leipzig, vraie scĂšne de genre, populaire Ă  la Brueghel, entre ripailles et grivoiseries sous un lyrisme libre. Il est vrai que la distribution atteint la perfection, en particulier parmi les hommes : sublime Faust de Michael Spyres, articulĂ©, nuancĂ© (aristocratique et poĂ©tique dans la lignĂ©e de Nicolas Gedda en son temps, et qui donc renouvelle le miracle de son EnĂ©e dans Les Troyens prĂ©cĂ©dents) auquel rĂ©pond en dialogues hallucinĂ©s, contrastĂ©s, fantastiques, le MĂ©phisto mordant et subtil de l’excellent Nicolas Courjal (dont on comprend toutes les phrases, chaque mot) ; leur naturel ferait presque passer l’ardeur de la non moins sublime Joyce DiDonato, un rien affectĂ© : il est vrai que son français sonne affectĂ© (et pas toujours exact). Manque de prĂ©paration certainement ; dommage lorsque l’on sait le perfectionnisme de la diva amĂ©ricaine, soucieuse du texte et de chaque intonation.

 

 

 

et de deux !, aprĂšs Les Troyens en 2017,
John Nelson réussit son Faust
pour l’annĂ©e BERLIOZ 2019

 

 

 

Son air du roi de ThulĂ©, musicalement rayonne, mais souffre d’un français pas toujours intelligible. Mais la soie troublĂ©e, ardente que la cantatrice creuse et cisĂšle pour le personnage, fait de sa Marguerite, un tempĂ©rament romantique passionnĂ©, possĂ©dĂ©, qui vibre et s’embrase littĂ©ralement. Quel chant ! VoilĂ  qui nous rappelle une autre incarnation fabuleuse et lĂ©gendaire celle de Cecilia Bartoli dans la mĂ©lodie de la Mort d’OphĂ©lie

Le chƓur portugais (Gulbenkian) reste impeccable : prĂ©cis, articulĂ© lui aussi. L’Orchestre strasbourgeois resplendit lui aussi, comme il l’avait fait dans le coffret prĂ©cĂ©dent Les Troyens (il y a 2 ans, 2017). Il n’est en rien ce collectif de province et rien que rĂ©gional ici et lĂ  prĂ©sentĂ© (!) : FrĂ©missements, Ă©clairs, hululements
 les instrumentistes, sous une direction prĂ©cise et qui respire, prend de la distance, confirme dans l’écriture berliozienne, cette conscience Ă©largie qui pense la scĂšne comme un thĂ©Ăątre universel, souvent Ă  l’échelle du cosmos (avant Mahler). Version superlative nous l’avons dit et qui rend hommage Ă  Berlioz pour son annĂ©e 2019.
CLIC_macaron_2014Les plus puristes regretteront ce français amĂ©ricanisĂ© aux faiblesses linguistiques si pardonnables quand on met dans la balance la justesse de l’intonation et du style des deux protagonistes (Spyres / DiDonato). L’attention au texte, le souci de prĂ©cision dans l’émission et l’articulation restent louables. La conception chambriste prime avant toute chose, restituant la jubilation linguistique du trio Faust / Marguerite / MĂ©phisto qui conclut la 3Ăš partie… Ailleurs expĂ©diĂ©e et vocifĂ©rĂ©e sans prĂ©cision. A Ă©couter de toute urgence et Ă  voir aussi puisque le coffret comprend aussi en 3Ăš galette, le dvd de la performance d’avril 2019 Ă  Strasbourg. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’hiver 2019.

 

 

  

 

 

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CD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust (3 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019).

LĂ©gende dramatique en quatre parties,
livret du compositeur d’aprùs Goethe
CrĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique le 6 dĂ©cembre 1846

Joyce DiDonato : Marguerite
Michael Spyres : Faust
Nicolas Courjal : MéphistophélÚs
Alexandre Duhamel : Brander

ChƓur de la Fondation Gulbenkian
Les petits chanteurs de Strasbourg

Orchestre philharmonique de Strasbourg
John Nelson, direction

 

 

 

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Enregistré à Strasbourg en novembre 2018
2 cd + 1 dvd – ref ERATO 9482753, 2h

LIRE aussi notre critique complĂšte des TROYENS de BERLIOZ par John Nelson, Michael Spyres, Joyce DiDonato, StĂ©phane Degout (2017)… :

 

 

 

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berlioz-les-troyens-didonato-spyres-nelson-3-cd-ERATO-annonce-cd-premieres-impressions-par-classiquenewsCD, compte rendu, critique. BERLIOZ : Les Troyens. John Nelson (4 cd + 1 dvd / ERATO – enregistrĂ© en avril 2017 Ă  Strasbourg). Saluons d’emblĂ©e le courage de cette intĂ©grale lyrique, en plein marasme de l’industrie discographique, laquelle ne cesse de perdre des acheteurs
 Ce type de rĂ©alisation pourrait bien relancer l’attractivitĂ© de l’offre, car le rĂ©sultat de ces Troyens rĂ©pond aux attentes, l’ambition du projet, les effectifs requis pour la production n’affaiblissant en rien la pertinence du geste collectif, de surcroit pilotĂ© par la clartĂ© et le souci dramatique du chef architecte, John Nelson. Le plateau rĂ©unit au moment de l’enregistrement live Ă  Strasbourg convoque les meilleurs chanteurs de l’heure Spyres DiDonato, Crebassa, Degout, Dubois
 Petite rĂ©serve cependant pour Marie-Nicole Lemieux qui s’implique certes, mais ne contrĂŽle plus la prĂ©cision de son Ă©mission (en Cassandre), diluant un français qui demeure, hĂ©las, incomprĂ©hensible. MĂȘme DiDonato d’une justesse Ă©motionnelle exemplaire, peine elle aussi : ainsi en est-il de notre perfection linguistique. Le Français de Berlioz vaut bien celui de Lully et de Rameau : il exige une articulation lumineuse.

 

 

 
 

 

 

GOUNOD : La Nonne sanglante.

gounod-dossier-annee-2018-dossier-concerts-gounod-festival-gounod-classiquenews-operas-recreations-actualites-gounod-2018FRANCE 2, lun 28 oct 2019, 00h15. GOUNOD : La nonne sanglante. En 1854, Charles Gounod, plus connu pour ses opĂ©ras romantiques et amoureux Ă  venir RomĂ©o et Juliette puis Faust, les plus applaudis Ă  son Ă©poque, se risque dans le genre fantastique et surnaturel, dans l’esprit des romans anglais Ă  fantĂŽmes. FilmĂ© Ă  l’OpĂ©ra Comique en juin 2018, le spectacle marquerait-il une rĂ©estimation de l’écriture de Gounod et de son apport Ă  l’opĂ©ra romantique français ? Il est vrai qu’en 2018, c’était l’annĂ©e du bicentenaire Gounod.

Présentation

gounod la nonne sanglante opera presentation par classiquenewsSur les 12 opĂ©ras signĂ©s Charles Gounod, 3 restent Ă  l’affiche : Mireille, un peu ; surtout RomĂ©o et Juliette, et Faust. Pour 2018, annĂ©e du bicentenaire de la naissance Gounod, l’OpĂ©ra Comique ressuscite fort opportunĂ©ment La Nonne sanglante. Le livret inspirĂ© du « Moine » de Lewis, roman gothique trĂšs Ă  la mode stimule davantage le romantique Gounod : La Nonne sanglante, son deuxiĂšme opĂ©ra, suscita le scandale et comme toujours l’horreur du directeur de l’OpĂ©ra qui la retira vite de l’affiche
 Pourtant la partition « raffinĂ©e, sombre et labyrinthique », articule un texte qui fait la part belle Ă  des pulsions encore inexplorĂ©es.
La NONNE est dite sanglante car elle erre comme un spectre haineux : son dĂ©sir ? Etre vengĂ©e et voir son assassin plus mort qu’elle. Le jeune hĂ©ros Rodolphe se lie Ă  la Nonne sanglante, un fantĂŽme qu’il croise, le prenant pour sa propre fiancĂ©e (AgnĂšs). Pour se libĂ©rer du serment ainsi profĂ©rer, Rodolphe doit tuer celui qui a assassinĂ© la Nonne : le propre pĂšre de Rodolphe, Luddorf. Heureusement le pĂšre se sacrifie et permet Ă  son fils, d’épouser AgnĂšs.

En BohĂȘme au Moyen-Age, Rodolphe brave son pĂšre et dĂ©fie ses ancĂȘtres par amour pour la fille du clan rival, offerte en gage de paix Ă  son propre frĂšre. Or « AgnĂšs » ressemble Ă  la crĂ©ature fantomatique qui hante le chĂąteau des Moldaw

france2-logoL’argument de cette production attendue au mĂ©rite lĂ©gitime en cette anniversaire, reste surtout moins la direction musicale (terne et lisse), le dĂ©cor (trop classique) que la distribution qui comprend le meilleur tĂ©nor amĂ©ricain dans le chant romantique français : Michael Spyres (Rodolphe) ; et deux jeunes divas françaises Ă  suivre absolument : Vannina Santoni (AgnĂšs), Marion LebĂšgue (La Nonne). FRANCE 2, lun 28 oct 2019, 00h15. GOUNOD : La nonne sanglante

Argument :

I. Au XIe siĂšcle en BohĂšme, un conflit hĂ©rĂ©ditaire oppose les Moldaw et les Luddorf. Dans la perspective de la croisade, l’ermite Pierre obtient des deux seigneurs qu’ils s’allient en mariant leurs enfants : ThĂ©obald de Luddorf Ă©pousera AgnĂšs de Moldaw. Tous s’apprĂȘtent Ă  cĂ©lĂ©brer le projet dans le chĂąteau de Moldaw. Or AgnĂšs et Rodolphe, le cadet des Luddorf, s’aiment. Rodolphe tenant tĂȘte Ă  son pĂšre, est chassĂ©. Les amants prĂ©voient de s’enfuir Ă  la faveur de l’apparition rituelle d’un fantĂŽme, celui d’une Nonne sanglante.

II. Au cƓur de la nuit, tandis que son page Arthur prĂ©pare sa fuite, Rodolphe guette AgnĂšs. À la femme voilĂ©e qui paraĂźt, il jure une fidĂ©litĂ© Ă©ternelle avant de l’emmener dans le chĂąteau abandonnĂ© de ses ancĂȘtres. Or Ă  leur arrivĂ©e, les ruines se raniment, un riche banquet apparaĂźt, les fantĂŽmes des aĂŻeux prennent place Ă  table : la femme voilĂ©e n’est autre que la Nonne sanglante qui entend Ă  prĂ©sent Ă©pouser Rodolphe.

III. Rodolphe s’est rĂ©fugiĂ© chez des paysans mais reste hantĂ©, chaque nuit, par la Nonne sanglante qui rĂ©clame son dĂ». Arthur vient lui annoncer la mort de son frĂšre au combat. Rodolphe pourrait Ă©pouser AgnĂšs, n’était le serment qui le lie au fantĂŽme. Or la malĂ©diction de la Nonne ne sera levĂ©e qu’à la mort du meurtrier dont elle fut la victime. Il s’engage Ă  le tuer lorsqu’elle le lui dĂ©signera.

IV. En pleine fĂȘte nuptiale, sur le point d’épouser AgnĂšs, Rodolphe voit paraĂźtre la Nonne sanglante qui lui dĂ©signe son propre pĂšre, Luddorf. ÉpouvantĂ©, Rodolphe quitte la cĂ©rĂ©monie, ce qui ranime l’animositĂ© entre les deux clans.

V. PrĂšs de l’ermitage, le comte de Luddorf est prĂȘt Ă  payer de ses crimes pour sauver son fils. Il surprend un projet de guet-apens des Moldaw Ă  l’égard de Rodolphe, puis entend la confession de Rodolphe Ă  AgnĂšs : maudit par la Nonne, incapable de tuer son pĂšre, il veut s’exiler Ă  jamais. Le pĂšre se jette dans le piĂšge tendu Ă  son fils. Il meurt sur la tombe de la Nonne qui implore la clĂ©mence de Dieu et dĂ©livre enfin Rodolphe de ses vƓux.

LA NONNE SANGLANTE de Charles Gounod  -  Opéra en cinq actes (1854)
Musique de Charles Gounod
Livret de EugĂšne Scribe et Germain Delavigne

Équipe artistique

Dramaturgie: David Bobée, Laurence Equilbey
Décors :David Bobée, Aurélie Lemaignen
Costumes :Alain Blanchot
LumiÚres :Stéphane Babi Aubert
Vidéo :José Gherrak

ChƓur Accentus
Orchestre Insula Orchestra
Direction musicale: Laurence Equilbey
Mise en scÚne: David Bobée

Distribution
Rodolphe :Michael Spyres
AgnÚs: Vannina Santoni
La Nonne: Marion LebÚgue
Le Comte de Luddorf: JérÎme Boutillier
Arthur :Jodie Devos
Pierre l’Ermite: Jean Teitgen
Le baron de Moldaw: Luc Bertin-Hugault
Fritz, Le Veilleur de nuit: Enguerrand de Hys
Anna: Olivia Doray

Durée :2 h23 »
Année 2018
Réalisation : François Roussillon

LIRE aussi notre critique de LA NONNE SANGLANTE
LIRE aussi notre présentation de la Nonne sanglante

Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. STRASBOURG, le 25 avril 2019. BERLIOZ : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato
 Orch Phil Strasbourg, J Nelson. On Ă©tait sorti Ă©bloui du Palais de la Musique de Strasbourg – il y a deux ans- aprĂšs l’exĂ©cution des Troyens de Berlioz donnĂ©s en version de concert dans le cadre d’un enregistrement effectuĂ© pour le label Erato. Deux ans plus tard, aprĂšs l’incroyable succĂšs de l’entreprise (le coffret a obtenu une avalanche de rĂ©compenses discographiques Ă  sa sortie), c’est au tour de La Damnation de Faust d’ĂȘtre gravĂ© en public, dans la mĂȘme salle, avec le mĂȘme chef (John Nelson), le mĂȘme orchestre (le Philharmonique de Strasbourg), et les deux hĂ©ros de la premiĂšre captation : Michael Spyres en Faust et Joyce Di Donato en Marguerite.

 

 

 

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A peine sorti des reprĂ©sentations du Postillon de Lonjumeau Ă  l’OpĂ©ra-Comique (nous y Ă©tions / 30 mars 2019) oĂč il vient de triompher dans le rĂŽle-titre, l’extraordinaire tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres subjugue Ă  nouveau ce soir, en dĂ©pit d’une fatigue perceptible en fin de soirĂ©e, qui l’empĂȘche de dĂ©livrer le redoutable air « Nature immense » avec le mĂȘme incroyable aplomb que tout le reste. On admire nĂ©anmoins chez lui l’homogĂ©nĂ©itĂ© de la tessiture, un timbre de toute beautĂ©, la perfection de la diction, la suavitĂ© des accents et sa capacitĂ© Ă  passer de la douceur Ă  l’Ă©clat. Il est et reste – Ă  n’en pas douter – LE tĂ©nor berliozien de sa gĂ©nĂ©ration. Apparaissant sur scĂšne dans une magnifique robe en soie bleue nuit, la grande Joyce Di Donato offre une Marguerite comme on l’attendait : sensuelle, ardente, d’une superbe ampleur, graduant avec soin son abandon dans sa romance du IV. Ses « hĂ©las ! » qui concluent le sublime « D’amour l’ardente flamme » donnent le frisson (et font mĂȘme monter les larmes de certains…), et c’est un triomphe aussi incroyable que mĂ©ritĂ© qu’elle rĂ©colte au moment des saluts. Quant Ă  la formidable basse française Nicolas Courjal, il se hisse au mĂȘme niveau que ses partenaires, en composant un magistral MĂ©phisto. Outre le fait de coller admirablement Ă  la vocalitĂ© grandiose requise par le rĂŽle, l’artiste ravit Ă©galement par sa voix somptueusement et puissamment timbrĂ©e, son phrasĂ© incisif et sa musicalitĂ© impeccable, Ă  la ligne scrupuleusement contrĂŽlĂ©e. Diable extraverti, insinuant, sardonique, inquiĂ©tant, menaçant, Nicolas Courjal possĂšde beaucoup de charisme, comme il vient Ă©galement de le prouver dans sa magnifique incarnation de Bertram dans Robert le Diable de Meyerbeer au Bozar de Bruxelles le mois dernier. Dans la partie de Brander, l’excellent baryton français Alexandre Duhamel n’est pas en reste qui, en vrai chanteur et vrai comĂ©dien qu’il est, renouvelle entiĂšrement ce rĂŽle bref, souvent saccagĂ©es par des voix Ă©puisĂ©es.

 

 

 

SPYRES, DI DONATO, COURJAL
Grand trio berliozien Ă  Strasbourg

 

 

 

BERLIOZ damnation de faust marguerite di donato joyce la diva berliozienne strasbourg nelson critique opera critique concert par classiquenews 362x536Grand chef berliozien devant l’Eternel, l’amĂ©ricain John Nelson dispose avec l’Orchestre Philharmonique se Strasbourg une phalange d’une ductilitĂ© parfaite, avec notamment des cordes d’un incroyable raffinement, des cuivres acĂ©rĂ©s et des harpes Ă©thĂ©rĂ©es, mais surtout un alto et un cor solo capables d’une infinie tendresse lors des interventions de Marguerite, devenant ainsi de vrais protagonistes du drame. De leur cĂŽtĂ©, le ChƓur Gulbenkian (dirigĂ© par Jorge Matta) ainsi que Les Petits chanteurs de Strasbourg et la MaĂźtrise de l’OpĂ©ra national du Rhin (dirigĂ©s par Luciano Bibiloni) mĂ©ritent eux aussi des Ă©loges sans rĂ©serves. On retiendra l’humour dont le premier fait preuve dans la fameuse fugue des Ă©tudiants, dĂ©livrant l’ « Amen » avec des sons nasillards et moqueurs, tandis que les seconds, spatialisĂ©s dans la salle pour les derniers accords, font preuve d’une douceur proprement angĂ©lique dans l’envolĂ©e finale.

Comme pour Les Troyens, le dĂ©lire gagne la salle aprĂšs de longues secondes d’un silence absolu qui est une plus belle rĂ©compense encore, et les rappels se multiplieront avant que l’audience ne se dĂ©cide Ă  enfin quitter les lieux
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Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

 

 

 

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APPROFONDIR

LIRE aussi :

CRITIQUE, CD : Les Troyens de Berlioz par John Nelson (ERATO) - enregistrement live avril 2017

Compte rendu, opĂ©ra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 RochĂ© – une autre incarnation de Faust par Michale Spyres en sept 2017 Ă  NANTES

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, le 30 mars 2019. ADAM : Le Postillon de Lonjumeau. Spyres / Fau / Rouland.

ADAM critiqie opera critique concert critique festival _postillon_de_lonjumeau_3_dr_stefan_brionCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra-Comique, le 30 mars 2019. Adolphe Adam : Le Postillon de Lonjumeau. Michael Spyres / Michel Fau / SĂ©bastien Rouland. Le 13 octobre 1836 fut une grande date dans l’histoire de l’OpĂ©ra-Comique avec la crĂ©ation du Postillon de Lonjumeau (sans g) d’Adolphe Adam ; l’ouvrage fut accueilli triomphalement pour sa musique enjouĂ© et le talent de ses deux interprĂštes principaux. Il connut plus de 500 reprĂ©sentations pendant le XIXe siĂšcle avant de disparaĂźtre de l’affiche en 1894
 pour rĂ©apparaĂźtre enfin ces jours-ci dans l’institution qui l’a vu naĂźtre. Le Postillon d’Adam, alias Chapalou, c’est d’abord un tĂ©nor qui se doit d’affronter, avec une vocalitĂ  typiquement rossinienne, l’une des tessitures les plus pĂ©rilleuses du rĂ©pertoire. Tout est basĂ© sur sa performance : c’est en chantant son air « Mes amis, Ă©coutez l’histoire », au premier acte – dont Donizetti se souviendra peut-ĂȘtre dans sa Fille du rĂ©giment, quatre ans plus tard -, et en poussant un retentissent contre-RĂ© qu’il est engagĂ© dans la troupe de l’opĂ©ra Royal. Devenu cĂ©lĂšbre, Chapelou apparaĂźt au II sous les traits de Saint-Phar, le plus adulĂ© des tĂ©nors, qui joue les Divos en se produisant devant Louis le quinziĂšme.

 

  

 

Retour réussi du Postillon de Lonjumeau au Comique

De sauts d’octaves en contre-rĂ©,
Michael Spyres rayonne en Postillon

 

 

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Pour rendre crĂ©dible un tel livret et donner Ă  sa musique sa vĂ©ritable identitĂ©, il fallait le plus expert des interprĂštes, notamment sur le plan vocal. Le nom de Michael Spyres, qui a dĂ©jĂ  connu d’immenses succĂšs sur cette mĂȘme scĂšne et dans rĂ©pertoire proche, s’est imposĂ© Ă  Olivier Mantei, et le moins que l’on puisse dire est que le tĂ©nor amĂ©ricain n’a pas déçu les attentes. Avec sa diction française impeccable (mais un petit accent charmant dans les dialogues parlĂ©s), son style parfait, il impressionne surtout par ses sauts d’octaves et ses contre-RĂ© Ă©mis sans effort, qui ont fait dĂ©lirer le public. A ses cĂŽtĂ©s, la jeune soprano quĂ©bĂ©coise Florie Valiquette, avec sa voix fraĂźche et bien timbrĂ©e, trouve des accents d’un beau pathĂ©tisme, surtout Ă  la fin du I oĂč cet opĂ©ra-comique (qui annonce dĂ©jĂ  l’opĂ©rette de demain
) bascule dans le drame semi-serio, Ă  l’image du meilleur Rossini. Au II, elle a le piquant et l’espiĂšglerie de Madeleine, l’épouse dĂ©laissĂ©e par Chapelou, transformĂ©e, grĂące Ă  un riche hĂ©ritage, en Ă©lĂ©gante Madame de Latour, dont elle possĂšde la tierce aiguĂ« et l’abattage. De son cĂŽtĂ©, l’inĂ©narrable Frank LeguĂ©rinel campe le plus crĂ©dible des Marquis de Corcy, mĂ©prisant et cruel Ă  souhait, et vocalement d’une diction exemplaire. Enfin, le baryton wallon Laurent Kubla, Ă  l’émission franche et sonore, est Ă  la fois le jaloux Biju, rival en amour du Postillon, puis Alcindor, le cocasse compagnon de route de Saint-Phar. (Illustration ci dessus : Frank LeguĂ©rinel et Michael Spyres)

 

 

ADAM le postillon_de_lonjumeau_2_dr_stefan_brion critique classiquenews critique opera critique concertsAprĂšs ses succĂšs dans l’univers lyriques – Ciboulette de Hahn ici-mĂȘme / avril 2015 ; ou Ariadne auf naxos tout derniĂšrement au ThĂ©Ăątre du Capitole / mars 2019 -, Michel Fau signe une production qui respecte Ă  la fois certaines rĂšgles propres Ă  l’opĂ©ra-comique, mais en les revoyant par le prisme de son propre univers, kitsch et fellinien Ă  la fois. Les dĂ©cors colorĂ©s et acidulĂ© d’Emmanuel Charles, la plupart sous formes d’immenses toiles peintes, font penser Ă  l’univers des cĂ©lĂšbres photographes Pierre et Gilles, tandis que les costumes baroques de Christian Lacroix sont un rĂ©gal pour les yeux. Travesti en Rose, la suivante de Madame de Latour, Michel Fau nous fait son habituel numĂ©ro, mais avec moins de gĂ©nie que de coutume ici, l’hilaritĂ© qu’il suscite Ă©tant plus souvent forcĂ©e que naturelle.

 

 


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A la tĂȘte d’un Orchestre de l’OpĂ©ra de Rouen chatoyant, le jeune chef français SĂ©bastien Rouland n’a pas peur de s’engager corps et Ăąme dans une Ɠuvre aux visages multiples, et accompagne avec amour ses chanteurs, tout en restituant la verve des pages les plus savoureuses et pĂ©tillantes.

Une heureuse rĂ©surrection qu’il ne faut surtout pas manquer à Paris
 ou Ă  Rouen oĂč le spectacle sera repris pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©es 2019 ! 

  

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Comique, le 30 mars 2019. ADAM : Le Postillon de Lonjumeau. Michael Spyres / Michel Fau / SĂ©bastien Rouland. Illustrations : © S Brion 2019 - A l’affiche de l’OpĂ©ra-Comique Ă  PARIS, jusqu’au 9 avril 2019 – Diffusion sur France Musique, le 28 avril 2019, 20h