Compte rendu, récital. Paris. Hôtel Dosne-Thiers, le 5 mars 2015. Thomas Enhco, pianiste jazz. Mahan Esfahani, claveciniste.

PARIS, soirĂ©e de prĂ©sentation de deux jeunes artistes Ă  l’HĂ´tel Dosne-Thiers, avec des sorties de disques imminentes. Il s’agĂ®t du jeune pianiste Jazz Thomas Enhco et du claveciniste Iranien-AmĂ©ricain Mahan Esfahani. Le beau cadre du XIXe siècle est donc amĂ©nagĂ© pour deux rĂ©citals de prĂ©sentation, intimes et dĂ©contractĂ©s.

De l’ancien au nouveau

Mahan-Esfahani_marco-borggreve_03Le jeune claveciniste Mahan Esfahani ouvre la soirĂ©e avec un rĂ©cital mĂ©langeant tradition et modernitĂ©. Dans son discours initial, il partage avec les auditeurs la passion qu’il a vers pour son instrument et son dĂ©sir de le rendre accessible Ă  un public grand et diversifiĂ©, ainsi qu’Ă  la musique contemporaine, par le biais des arrangements qu’il fait lui-mĂŞme, entre autres. Son futur album Ă©ditĂ© par ARCHIV Produktion « Time Present and Time Past », dont la sortie française est le 11 mai 2015, prĂ©sente un Ă©ventail de morceaux pour clavecin solo (y compris des arrangements) et avec le fabuleux orchestre de chambre baroque Concerto Köln, allant d’Alessandro Scarlatti jusqu’Ă  Steve Reich. Pour attiser l’Ă©coute, le jeune artiste joue du Takemitsu, mĂ©ditatif mais confondant, la Suite Anglaise de Bach, pièce de bravoure technique et Ă©motionnelle, pourtant sans prĂ©tentions, ainsi que la Suite en La de Rameau, oĂą il montre de façon exemplaire toute la modernitĂ©, celle du compositeur et de l’instrument. Il clĂ´t son rĂ©cital avec le chant particulier d’un Purcell et les feux d’artifices de La Follia de Scarlatti. L’auditoire le rĂ©compense vivement et nous croyons et adhĂ©rons Ă  son intention de rafraĂ®chir et Ă©largir le clavecin. A suivre absolument !

Après la science et l’humour du clavecin nous passons Ă  une autre salle pour le rĂ©cital du jeune pianiste Thomas Enhco, prĂ©sentant des extraits de son nouvel album « Feathers ». Quand il joue le morceau « Looking for the moose » dont il raconte l’inspiration sauvage, nous pensons aux spĂ©cificitĂ©s de la musique Ă  programme du XIXe siècle, peut-ĂŞtre Ă  cause de la libertĂ© fantaisiste et formelle associĂ©e. C’est la pièce qui ouvre son rĂ©cital « The last night of february » qui nous captive le plus par sa richesse harmonique et son accessibilitĂ©. Enhco fait preuve d’un charme quelque peu juvĂ©nile, non dĂ©pourvu d’une certaine mĂ©lancolie, qui s’accorde très bien avec le caractère de sa musique. Deux jeunes  artistes Ă  dĂ©couvrir !