Reportage vidĂ©o. RIO de JANEIRO (BrĂ©sil): Bruno Procopio jouer Mondonville avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© (UNIRIO)

procopio-mondonville-rio-septembre-2015Reportage vidĂ©o. RIO de JANEIRO (BrĂ©sil): Comment jouer Mondonville Ă  RIO ?LES FRANCAIS BAROQUES A RIO… PĂ©dagogue et passeur hors-pair, entre deux mondes, le chef et claveciniste Bruno Procopio joue Mondonville avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© (UNIRIO). Reportage vidĂ©o. En septembre 2015, le chef et claveciniste Bruno Procopio pilote la rencontre pĂ©dagogique entre le CMBV et les instrumentistes de l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio de Janeiro. Jouer Mondonville et Leclair Ă  Rio… les musiciens baroques français au BrĂ©sil. Une expĂ©rience transculturelle et pĂ©dagogique exceptionnelle. Reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.COM 2016. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham. Avec le soutien du Bureau Export

CD, compte rendu critique. Leclair : Scylla & Glaucus (d’HĂ©rin, 2014, 3 cd Alpha)

leclair cd glaucus et scylla sebastien d herin les nouveaux caracteres cd review cd critique compte rendu classiquenews decembre 2015CD, compte rendu critique. Leclair : Scylla  & Glaucus (d’HĂ©rin, 2014, 3 cd Alpha). Sommet du tragique baroque français, Glaucus de Leclair  (1746) affirme au cĂŽtĂ© de Rameau un gĂ©nie dramatique puissant qui s’affirme surtout par le souffle symphonique de la partition : qu’il s’agisse de l’imprĂ©cation infernale de CircĂ© dans le IV, surtout de la mort bouleversante de Scylla au V puis l’adieu dĂ©chirant des amants qui en dĂ©coule (et qui impose le triomphe final de l’enchanteresse Ă©cartĂ©e), tout conspire  pour l’Ă©mancipation exceptionnelle de la texture orchestrale car or de tout prĂ©texte chorĂ©graphique, l’orchestre nouvellement sollicitĂ© exprime la grandeur spectaculaire des Ă©lĂ©ments ou l’intensitĂ© tragique et sombre des situations psychologiques. Une telle dramatisation contrastĂ©e, resserrĂ©e, d’une cohĂ©rence impressionnante relĂšve d’un cerveau supĂ©rieur.  Cette esthĂ©tique d’une modernitĂ© folle et impĂ©tueuse affirme Leclair comme le seul rival de Rameau. C’est dire.

Et si Scylla et Glaucus de Leclair Ă©tait un chef d’oeuvre mĂ©sestimĂ© ?

Scylla et Glaucus, l’opĂ©ra tragique et symphonique

Que pensez de l’interprĂ©tation offerte Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles en novembre 2014 ? HĂ©las, le dĂ©sĂ©quilibre de la rĂ©alisation n’est pas Ă  la hauteur de ce chef d’oeuvre absolu, incroyablement ignorĂ©e des salles de thĂ©Ăątres (comme c’est le cas aussi des opĂ©ras du gĂ©nial mais minorĂ© Rameau).

Leclair_Jean_Marie2Saluons cependant le geste impĂ©tueux et intensĂ©ment dramatique du chef des Nouveaux CaractĂšres : la tenue des instruments se montrent Ă  la hauteur d’une partition symphonique ; en cela la lecture mĂ©rite un trĂšs bon accueil : les ballets sont finement enlevĂ©s et vifs ; les interludes, ouverture, prĂ©ludes sont intensĂ©ment suggestifs. On sera nettement plus rĂ©servĂ©s sur le travail du chƓur (mou et parfois dĂ©calĂ©). De mĂȘme le plateau vocal ne dĂ©ploie pas les mĂȘmes qualitĂ©s. DĂ©ception constante pour la CircĂ© de Caroline Mutel : trop lisse et linĂ©aire dans la caractĂ©risation des Ă©pisodes, aux aigus mal tenus, vibrĂ©s, tirĂ©s, difficiles, souvent faux. Quel dommage car son rĂŽle est l’un des plus captivants et noirs du thĂ©Ăątre baroque : figure emblĂ©matique des personnages Ă  baguettes, sorciĂšre amoureuse pleine de haine et de ressentiments, une entitĂ© entre la CybĂšle d’Atys, et les futures MĂ©dĂ©e ou Armide brossĂ©e par Sacchini ou Cherubini, quarante ans plus tard. Mieux tenu le rĂŽle en opposition avec la chaste et pure Scylla aurait renforcĂ© l’attrait de cette version : et dans ce rĂŽle, mĂȘme si son intonation trouve de superbes accents sombres et prenants dans qu mort au V, Emöke Barath déçoit elle aussi car son français est paresseux et alĂ©atoire: une faute impardonnable pour une nouvelle lecture de Leclair.

Reste le Glaucus bien articulĂ© du tĂ©nor Anders J. Dahlin, toujours chantant et placĂ© quoique parfois sonnant petit, serrĂ© voire prĂ©cieux. Mais les petites dĂ©faillances ainsi relevĂ©es n’empĂȘchent pas de repĂ©rer ici une partition Ă©poustouflante, prenante, littĂ©ralement gĂ©niale, si bien Ă©quilibrĂ©e entre les registres dĂ©veloppĂ©s (pathĂ©tique, tragique, spectaculaire, fantastique). Un modĂšle d’opĂ©ra français Ă  l’époque baroque que les dĂ©fenseurs actuels et leurs programmateurs devraient replacer sous les projecteurs. Saluons donc l’audace des Nouveaux CaractĂšres de rĂ©tablir la place et la valeur d’une oeuvre ailleurs Ă©cartĂ©e, somme somptueuse d’un auteur de 49 ans (que l’ont dit Ă  juste titre fondateur de l’Ă©cole française de violon), en son unique et splendide opĂ©ra.

CD, compte rendu critique. Leclair : Scylla & Glaucus (SĂ©bastien d’HĂ©rin, 2014, 3 cd Alpha)