DVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann)

wagner tristan und isolde DVD wagner review compte rendu dvd critique vignette deutsche grammophonDVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann). Deutsche Grammophon édite le 8 juillet prochain, le dvd de la production du nouveau Tristan und Isolde créé en juillet 2015… Que vaut cette production polémique qui positionne l’arrière petite fille et codirectrice du Festival de Bayreuth, telle une metteure en scène de poids, habile ou inspirée à défendre le génie dramatique et théâtrale de son ascendant ? Après une lecture iconoclaste et finalement superficielle car gadget des Maitres Chanteurs de Nuremberg (2011), ce Tristan und Isolde de 2015 vaut adoubement. Une réussite éloquente qui a le mérite d’être claire, parfois épurée et suscite des tableaux puissants qui laissent la séduction du plateau vocal s’épanouir en un jeu dramatique naturel… Prochaine critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

 

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DVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann avec Stephen Gould (Tristan). Avec Evelyn Herlitzius (Isolde), Georg Zeppenfelds (König/Le Roi Marke), Iain Paterson (Kurwenal), Raimund Nolte (Melot), Christa Mayer (Brangäne), Tansel Akzeybek (Ein Hirt/Un berger), Kay Stiefermann (Ein Steuermann), Tansel Akzeybek (Junger Seemann / Jeune matelot), Bayreuth Festival Orchestra / Christian Thielemann, direction.Katharina Wagner, Stage Director / mise en scène. Production créée à Bayreuth le 25 juillet 2015.

 

 

 

wagner-tristan-und-isolde-thielemann-katarina-wagnerBAYREUTH 2016… Cette année, Bayreuth semble – enfin- renouer avec les grandes années; rétablissant la place des distributions cohérentes et surtout écartant l’outrance néfaste des mises en scènes décalées et gadgets. Les Temps forts sont évidemment la nouvelle production de Parsifal signée Uwe Eric Laufenberg, sous la conduite du très efficace Hartmut Haenchen, avec l’angélique, ardent, lumineux Klaus Florian Vogt dans le rôle titre (les 25 juillet qui est l’ouverture du Festival de Bayreuth 2016, puis 2, 6, 15, 24 et 28 août) ; Le Ring musicalement prometteur sous la direction de Marek Janwski (à défaut d’une mise en scène déjà vue et plutôt consternante, pour le coup très gadget de Frank Castorf… rien que provocante et anecdotique).
La production de Tristan und Isolde version Katharina Wagner est à l’affiche cette année pour 6 dates : les 1er, 5, 9, 13, 17, et 22 août 2016. Stephen Gould, Tristan élégant et nuancé chante aux côtés de l’Isolde de Petra Lang (comme Stephen Gould, Christa Mayer est toujours présente dans le rôle de Brangaine)… Consulter le site du Festival de Bayreuth : http://www.bayreuther-festspiele.de/english/programme_157.html

 

 

Bayreuth 2015 : Katharina pousse dehors Eva. Ambiance délétère sur la Colline Verte

Festspielhaus BayreuthIntrigues, exclusions… Rien ne va plus sur la Colline. Bayreuth a-t-il perdu son âme ? On connaissait les tractations cyniques des Gibichungen dans le Crépuscule des dieux : en étant devenu le cadre des règlements de compte et des querelles à répétitions, le temple lyrique wagnérien dépasse les prédictions… Le nouveau Tristan du Bayreuth 2015 est dévoilé depuis samedi 25 juillet, soirée d’ouverture du festival de Bayreuth 2015. En ouverture du festival estival, l’arrière petite fille de Richard, codirectrice (un peu malgré elle depuis 2009), a dévoilé sa mise en scène du chef d’oeuvre de 1865, Tristan une Isolde : tout le gratin politico médiatique que compte l’Allemagne, premier créancier de la Grêce exsangue, est présent, Chancelière Merkel en tête (d’autant plus motivée cet été que pourtant passionnée d’opéras et de Wagner, la Chancelière n’avait pas pu faire le déplacement l’an dernier, une absence remarquée…). La reine K : Katharina Wagner, 37 ans, va bientôt régner en maîtresse absolue (après le retrait annoncé opérationnel à la fin de cet été, de sa belle soeur co directrice Eva Wagner-Pasquier, 70 ans). Qu’a fait l’élue jusque là pour mériter un tel héritage ? Peu de chose en vérité et des velléités de mises en scène plutôt bancales. Jeu de filiations et d’adoubement, Katharina a préalablement mis en scène Les Maîtres chanteurs ici même dans un dispositif passablement encombré, confus, riche en gadgets, avare en idées… la magie Bayreuth en a souffert et continue d’en souffrir. La Colline verte, c’est un fait, semble renouer avec les pires années de son histoire, à l’heure où (Cosima, l’autre femme exclusive et conservatrice) dirigeait le Festival de son époux défunt, en se repliant sur une activité jalouse, réductrice, bien peu glorieuse pour le renom du théâtre dessiné par Richard et totalement financé par Louis II. Aujourd’hui, Bayreuth n’est plus que l’ombre d’elle même : une coquille vide, tenue par une direction brouillonne et sans projets visionnaires. Or pour maintenir l’opéra et soutenir la musique, il faut faire rêver, public comme mécènes. Force est de constater que toutes les productions scénographiées depuis 20 ans à Bayreuth restent anecdotiques et tristan-2015-pressefotos-nur-fuer-wams-ku-4-petitement provocatrices, éreintant la beauté de la musique wagnérienne : on ne compte plus les réalisations scéniques invitant accessoires en plastic et costumes décalés dans des visions modernisés… à grand renfort d’effets vidéos les uns plus kitch que les autres (voir ici le très contesté Ring actuellement programmé depuis 4 éditions, signé Frank Castorf qui semble prendre un malin plaisir à non pas servir Wagner mais s’en servir pour recycler tout ce que le Regie theater a compté de symboles contestataires depuis l’après guerre – certes on a connu des Ring « scandaleux » et vivement critiqués, mais celui là n’a pas le souffle poétique ni la pertinence politique du duo Boulez/Chéreau de 1976 (aussi sifflé à ses débuts qu’aujourd’hui devenu légendaire) … Plus grave, les grands chanteurs, à part quelques têtes d’affiches (Les Lohengrin récents de Klaus Florian Vogt ou de Jonas Kaufmann), ou quelques maestros d’ampleur (Kiril Petrenko) attirent l’attention : mais quelques pépites peuvent-elles accomplir ce théâtre total rêvé par Richard ? (Illustration : le nouveau Tristan une Isolde à Bayreuth 2015)

Intrigues et conflits : Katharina pousse dehors Eva

Wagner Katharina Bayreuth Eva WagnerPoeple et gossips obligent, les pires intrigues ont sévi sur la Colline verte en cet été 2015 : justement autour de ce nouveau Tristan : chef (Christian Thieleman qui semble avoir une revanche à prendre au sujet de Wagner) et Katharina en personne, forment le nouveau tendem, assurant d’une main de fer, la direction artistique du Festival ; ils ont oeuvré de concert pour empêcher la codirectrice Eva d’assister aux répétitions de la nouvelle production (histoire d’éviter les fuites et stopper les premières critiques assassines ?) ; plus significatif, le chef Kiril Petrenko, si discret jusque là, a vivement critiqué la façon avec laquelle le ténor canadien Lance Ryan (correct Siegfried du Ring qu’il dirige) a été brutalement congédié à quelques jours des premières représentations). De même, Anja Kampe compagne de Petrenko, prévue dans le rôle d’Yseult, a été également remerciée (au profit d’Evelyn Herlitzius : lire ci-après)… ambiance sur la Colline. La récente nomination de Petrenko comme nouveau directeur musical du Philharmonque de Berlin (à la succession de Simon Rattle) serait-elle liée à cet abandon ? On sait Thielemann particulièrement jaloux de son confrère. On vous l’a dit : Bayreuth égale les manigances et conflits à peine masqués que l’on peut dénicher dans le propre Ring de Wagner (Illustration : les deux codirectrices du Festival de Bayreuth : Katharina Wagner et Eva Wagner).

wagner bayreuth plastic toc sur la collineBayreuth à l’heure d’internet. Heureux wagnériens internautes : sur les 60 000 tickets en vente chaque été, 45.000 sont proposés à la vente, dont plus de 20.000 sont proposés sur la billetterie en ligne, quand 15.000 sont automatiquement destinés aux amis du Festival.  Armez vous de patience cependant car les places filent très vite (en dépit des réalisations douteuses et provocantes, des distributions bancales, l’acoustique du théâtre dessinée par Wagner lui-même vaut toujours le déplacement et attire les foules), avec jusqu’10 ans d’attente sur certains spectacles. Evidemment, en font partie Parsifal et… Tristan une Isolde. A Bayreuth, règne désormais un Wagner kitch, toc et superficiel…

tristan und isolde 2015 bayreuth 2015 043_dpa-pa_150723-99-08328_dpaiNoir, sans issue et foncièrement cynique, le nouveau Tristan und Isolde (qui devrait sévir ainsi pendant au moins 3 éditions à Bayreuth) est dans la vision dépoétisée de Katharina Wagner, une leçon de désenchantement amoureux. Dans le rôle d’Yseult, morte d’amour absolu, Evelyn Herlitzius, choisie tardivement après la désaffection de la soprano initialement prévue, a été sifflée à la fin du spectacle…

Prochaine critique du nouveau Tristan und Isolde du Bayreuth 2015 à venir sur classiquenews.com.

Nouveau Tristan und Isolde à Bayreuth

Festspielhaus BayreuthBayreuth. Tristan und Isolde : les 25 juillet-2,7,13,18 et 23 août 2015. L’événement de ce Bayreuth 2015 reste côté nouvelles productions, le tristan version Katharina Wagner, co directrice plutôt critiquée depuis 2008. Sous la baguette fédérarice, honnête de Christian Thieleman, la nouvelle production de tristan conçue par l’arrière petite fille du compositeur réussira-t-elle à convaincre véritablement ? On se souvient que sa mise en scène des Maîtres Chanteurs n’avait guère ébloui par son intelligence et son esthétisme… Reste que pour Tristan, sommet lyrique de 1865 qui scelle aussi la relation de Louis II de Bavière et de Richard en Bavière, il faut un certain onirisme certes pas gadgétisé ou décalé comme c’est le cas dans les réalisations scéniques à Bayreuth depuis des années. triste tendance qui sacrifie la poésie sur l’autel de la provocation. Côté voix : Stephen Gould (Tristan), Evelyn Herlitzius (Isolde), Georg Zeppenfeld (Marke), Iain Paterson (Kurwenal), Christa Mayer (Brangäne) devraient assurer de leur côté, une défense engagée de la partition amoureuse, vénéneuse du chef d’oeuvre de Wagner.

Ce nouveau Tristan ouvre l’édition du Bayreuth 2015 dès le 25 juillet. La réponse sera claire dès le premier soir : Katharina Wagner à défaut d’avoir les idées pour un festival digne du futur, est-elle une metteure en scène pertinente ?

LIRE la page Tristan und Isolde sur le site du Festival de Bayreuth

LIRE aussi notre chronique : Bayreuth 2015 : triste routine

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DOSSIER : Tristan und Isolde de Wagner

tristanandisoldewiththepotion_circa1916Wagner : Tristan und Isolde. Toute nouvelle production du sommet lyrique de Wagner créé à Munich grâce à l’aide financière du jeune Louis II de Bavière en 1865, laisse espérer une réalisation à la hauteur de la partition, la plus envoûtante (ivresse extatique de l’acte II) de Wagner. Ici le mensonge du jour et le miracle de la nuit suscitent une manière de rêve éveillé qui ose concevoir une extase amoureuse sans équivalent dont la musique somptueuse et hypnotique, exprime les élans et les aspirations les plus profondes. Musique de la psyché enfin dévoilée, mais avec quel raffinement orchestral, le Tristan wagnérien ne laisse rien dans l’ombre : le poison vénéneux et fatal de l’amour qui unit la belle Isolde au chevalier venu la chercher pour qu’elle épouse le Roi Mark. Or dès leur rencontre, les deux âmes s’abandonnent au désir qui les enchaînent en particulier dans le II. Après l’enchantement des sentiments mis à nu, véritable mystique de l’amour (et sur le plan lyrique, duo amoureux irrésistible), Wagner souligne le mal qui suit l’extase : la souffrance de Mark, la solitude et l’errance de Tristan sur son île, dépossédé de celle qu’il aime (III). Voué à la mort, expirant, le chevalier exsangue voit une dernière fois Isolde qui chante alors en un hymne universel l’ivresse de l’amour total qui s’il n’est pas réalisable sur Terre, promet une sublimation finale à tous ceux qui sincères en ont ressenti le miracle.

 

 

 

wagner grand formatDans la vie de Wagner, la création de Tristan und Isolde correspond aussi à un double miracle : Richard emménage avec la compagne tant espérée : Cosima, la fille de Franz Liszt. Il est devenu aussi le protégé du jeune roi de Bavière lequel lui assure désormais protection et nouveaux moyens financiers. Celui qui dut fuir ses créanciers, devenu persona non grata en Allemagne (après sa participation aux révolutions de 1848), est enfin sauvé, miraculé : il peut se dédier sans inquiétudes d’aucune sorte à l’accomplissement de son grand œuvre musical et lyrique dont le Théâtre de Bayreuth conçu spécialement pour ses opéras et inauguré en 1876, marque l’aboutissement. Le théâtre après bien des avatars est édifié là encore grâce à l’appui financier du jeune souverain.