DVD, critique. Tricentenaire de la Galerie Dor̩e РLe Concert de la Loge (1 dvd BelAirclassique)

galerie-doree-concert-tricentenaire-julien-chauvin-dvd-critique-concert-classiquenews-concert-de-la-logeDVD, critique. Tricentenaire de la Galerie Dorée – Le Concert de la Loge (1 dvd BelAirclassique)LIEU PATRIMONIAL, EMBLEMATIQUE… Le lieu est lové au centre de Paris, et ne se visite que pour le Journée du Patrimoine. Pourtant c’est l’écrin le plus raffiné de la peinture du XVIIè, commande de 1635 par Louis Phélypeaux de La Vrillière et depuis lors appelé « Galerie La Vrillière » ou Galerie dorée : le Français fastueux et richissime voulait sa galerie de peinture selon le modèle romain de la galerie Farnèse par les Carrache (1607) ; mais ici, les artistes français dépassent leur prédécesseurs italiens : la voûte à la fresque comme à Rome est peintre par Perrier ; les ors sertissent 12 joyaux de la peinture française réalisés par les plus grands peintres d’alors, livrés pour la plus tardive en 1665 : Poussin, Guerchin, Reni, … des toiles grandioses pour une galerie devenue légendaire. A juste tire. Le plafond a disparu remplacé par une copie au XIXè ; des boiseries murales furent ajoutées pour encadrer les toiles du XVIIè… lesquelles furent ensuite dispersées dans les musées de France. Le lieu appartient aujourd’hui à la Banque de France qui fêtait en juin 2018, son tricentenaire.

UN CONCERT ECLECTIQUE… Pour se faire le violoniste Julien Chauvin, leader de son ensemble Le Concert de la Loge offrent un programme célébratif, précisant les tubes baroques contemporains des toiles souhaitées et livrées pour Phélipeaux ; ajoutant aussi des partitions romantiques, en relation avec les statues des 4 continents rajoutées en 1872… L’éventail est large, les styles évoquées aussi : Marais, Couperin, surtout Rameau dont la magie des couleurs dialogue avec les tableaux au mur. Le chant lyrique complète le cycle, celui de la soprano Jodie Devos (très convaincante Lakmé à l’Opéra de Tours) qui chante Haendel, joliment, un peu sagement : absence d’une véritable scène lyrique ? ; offre un beau minois à l’évocation de la Vierge (Stabat Mater de Boccherini)… On gardera en souvenir la précision chantante des instrumentistes, et les plans rapprochés, détaillés, généreux de la caméra sur certains éléments de la Galerie Dorée… qui n’a pas usurpé son nom.

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Programme détaillé

GALERIE DORÉE | LE CONCERT DU TRICENTAIRE
[DVD & BLU-RAY]

Jean-Baptiste Lully : Le Bourgeois gentilhomme
– « Marche pour la cérémonie des Turcs »

Joseph Haydn : Symphonie Le Matin, Hob. I:6
– Adagio et Allegro

Georg Friedrich Haendel : Semele
– « Come, Zephyrs, come » | Jodie Devos (soprano)

François Couperin : Les Barricades mystérieuses

François Couperin : Tic Toc Choc | Justin Taylor (clavecin)

Félicien David : Quatuor no 1 en fa mineur
– Allegretto | Quatuor Cambini-Paris

Marin Marais : Les Voix humaines | Thomas Dunford (luth)

Improvisation dans le style bunraku
(théâtre de marionnettes japonais) | Atsushi Sakaï (violoncelle)

Jean-Philippe Rameau : Les Indes galantes
– « Danse du grand calumet de la paix » | Justin Taylor (clavecin)

Wolfgang Amadeus Mozart : Quatuor en si b majeur, K. 458
– « La chasse », Allegro | Quatuor Cambini-Paris

Jean-Baptiste Prin : Fanfare de Chasse

Joseph Haydn : Symphonie Le Soir, Hob. I:8
– Menuet

Georg Friedrich Haendel : Trionfo del tempo e del disinganno, HWV46a – « Un pensiero nemico di pace »
Jodie Devos (soprano)

Luigi Boccherini : Stabat Mater, G 532a
– « Virgo virginum praeclara »
Jodie Devos (soprano)

Antonio Vivaldi : Il Gardellino, RV 428 – Allegro
Antonio Vivaldi : Tempesta di Mare, RV 433 – Allegro
Antonio Vivaldi : La Notte, RV 439
– « Il Sonno, fantasmi » | Tami Krausz (traverso)

Georg Friedrich Haendel : Giulio Cesare in Egitto
– « Da Tempeste » | Jodie Devos (soprano)

Marc-Antoine Charpentier : Te Deum, H. 146
– Prélude

Jean-Baptiste Lully : Le Bourgeois gentilhomme
– « Marche pour la cérémonie des Turcs »

Le Concert de la Loge
Quatuor Cambini-Paris
Violon et direction : Julien Chauvin

Soprano : Jodie Devos
Clavecin : Justin Taylor
Luth-théorbe : Thomas Dunford
Violoncelle : Atsushi Sakai
Traverso : Tami Krausz

Enregistré en juin 2018

1 Livre + DVD BelAir Classiques BAC171 – 1h17 minutes

https://belairclassiques.com/film/galerie-doree-le-concert-du-tricentenaire-concert-de-la-loge-julien-chauvin-jodie-devos-thomas-dunford-justin-taylor-dvd-blu-ray

VOIR le teaser vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=UjY4a-HNBdc&feature=emb_logo

CD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opéras (1 cd Alpha, 2018).

OFFENBACH coloratoure cd opera concert critique cd review cd classiquenewsCD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opéras (1 cd Alpha, 2018). BOF… Le programme élaboré ne manque pas de diversité mais il pêche par un manque de cohérence. Quel est au juste le fil thématique qui justifie la succession “hasardeuse” des pièces ainsi collectées ? Evidemment pour s’assurer un certain impact auprès du consommateur landa, il fallait nécessairement afficher la Barcarolle des Contes d’Hoffmann… Pour des surprises on repassera ; cependant Vert-Vert, Les Bergers, Les Bavards, Le Roi Carotte, et aussi Robinson Crusoé et Fantasio (dont deux magnifiques séquences de la princesse Elsbeth), … pour ne citer que quelques Å“uvres, méritent le détour et suscitent l’envie d’en écouter davantage. Ce qui est méritant quand même. La coloratoure chez Offenbach promettait une face cachée du compositeur : à torts réduit à ses pantalonades burlesques et fantasques, le compositeur fêté en 2019, s’est soucié comme un réel auteur sérieux, des voix et du beau chant romantique français. En témoigne l’engagement de la soprano belge Jodie Devos – précédemment distinguée par CLASSIQUENEWS pour sa superbe et irradiante incarnation dans Lakmé à l’Opéra de Tours (janvier 2017). Somptueuse production où la jeune diva se montrait particulièrement convaincante, donc troublante.
Dans cet album finalement éparpillé, la féerie dont il est question, servie par une voix souple et bien timbrée, agile et articulée (oui, oui : et c’est plutôt un bon point) s’écoute ainsi avec plaisir, à défaut d’une écoute captivée. Pourtant quelques perles rares (l’air « Je suis nerveuse » du Voyage dans la lune), ou des poncifs hier bien défendus (la Valse-Tyrolienne d’Un mari à la porte précédemment portée par la soprano fétiche de Karajan Sumi Jo)… peinent à maintenir l’écoute.
Reine de la nuit chez Mozart, Jodie Devos éblouit par la tenue ronde de ses aigus en cascades, toujours nets et précis, sans sécheresse ni tension. Mais où est la farce, la verve, cet esprit déjanté mais toujours subtile et élégant propre au Mozart des Champs Elysées ? De coloratoure il est question certes, mais … trop sage.
Il y manque un zeste de délire ou de fantaisie délurée, jamais bien éloignées chez Offenbach l’espiègle, l’amuseur des boulevards, bien sûr dans les emplois plus comiques où le 3è degré (quasi surréaliste, porté par le sens du pastiche et de la parodie facétieuse) sont de mise.
Porté par de très sérieuses institutions partenaires, pourtant spécialistes du répertoire XIXè, de l’opéra romantique français en particulier, on s’étonne de l’imprécision voire des erreurs commises dans certaines liaisons linguistiques… un coach réellement exigeant aurait-il manqué lors des répétitions et des séances de préparation ? De grâce messieurs les producteurs, respectez davantage notre français : langue délicate, langue espiègle dont Offenbach avait de son vivant la maîtrise exemplaire (cf sa correspondance et son sens de la formule publicitaire)… En tout cas cela ajoute au comique des situations (la petite fruitière dans Mesdames de la Halle). Dommage d’autant que le chef, malgré un orchestre sirupeux et épais (où sont les instruments d’époque, légers, subtilement timbrés, sautillants, nuancés…?) défend avec cÅ“ur et nerf, la vitalité délicieuse, c’est à dire, très raffinée d’un orchestre scolaire, qui heureusement dans l’ensemble, ne se limite à l’accompagnement. Pour le premier cd dédié au bicentenaire OFFENBACH 2019, ce recueil a un goût d’inachevé et d’imprécis.

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Offenbach, récital lyrique. JODIE DEVOS : Offenbach coloratoure – Münchner Rundfunkorchester – L. Campellone, direction (1 cd Alpha) / Enregistrement réalisé à Münich en juillet 2018 – 1 CD Alpha 437 – 1h

Programme / tracklisting :

« Je suis du pays vermeil » (Boule de Neige),
« Les plus beaux vers sont toujours fades… J’ai parcouru toute la France »
(Vert-Vert),
« La mort m’apparaît souriante » (Orphée aux enfers),
« J’entends, ma belle » (Un mari à la porte),
« Cachons l’ennui de mon âme… Ah ! Dans son cœur qui donc peut lire ? » (Fantasio),
« Ce sont d’étranges personnages » (Les Bavards),
« Quel bruit et quel tapage… Je suis la petite fruitière » (Mesdames de la Halle),
« Le voilà… Petites fleurs que j’ai vues naître » (Le Roi Carotte),
Ouverture (Les Bergers),
«  Voilà toute la ville en fête » (Fantasio),
« Les oiseaux dans la charmille » (Les Contes d’Hoffmann),
« Conduisez-moi vers celui que j’adore » (Robinson Crusoé),
« Souvenance de l’enfance », « Allons ! Couché » (Boule de Neige),
« Belle nuit, ô nuit d’amour » (Les Contes d’Hoffmann),
« Je suis nerveuse » (Le Voyage dans la lune)

 

 

LIRE aussi notre grand dossier OFFENBACH 2019, pour le bicentenaire de Jacques Offenbach né le 20 juin 1819