TOURCOING : Philippe Jaroussky chante Les Nuits d’Ă©tĂ©

malgoire_jean_claudeTOURCOING. P. Jaroussky chante Les Nuits d’étĂ©, 14, 16 octobre 2016. Pour fĂŞter les 50 ans de la crĂ©ation de son orchestre sur instruments d’époque, en cela pionnier visionnaire avant l’heure, Jean-Claude Malgoire dirige un programme 100% Berlioz Ă  Tourcoing : rĂŞverie, obsession, folie de la Symphonie Fantastique, vĂ©ritable festival de couleurs et de timbres judicieusement combinĂ©s, spĂ©cifiquement français, et aussi manifeste du romantisme français (1830) ; furie italienne dans l’Ouverture de Benvenuto Cellini et cycle prosodique intimiste et miniaturiste avec Les Nuits d’étĂ©, sommet de la mĂ©lodie française avec orchestre, dĂ©clamĂ©es par le contre-tĂ©nor Philippe Jaroussky, lequel depuis quelques annĂ©es abandonne l’agilitĂ© des vocalises baroques pour approfondir un nouveau travail sur le texte français romantique… C’est donc une nouvelle version des Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz, non pas pour soprano mais ici, tĂ©nor et orchestre, option permise par Berlioz lui-mĂŞme qui n’a jamais fermĂ© la distribution de son cycle gĂ©nial…

 

 

 

Concert Berlioz, 50ème anniversaire
de la Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Mercredi 12 octobre 2016 Ă  20h
Vendredi 14 octobre 2016 Ă  20h
TOURCOING, Théâtre Municipal R. Devos

Programme :
Symphonie fantastique Op. 14
Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23
Les Nuits d’été / 
Hector Berlioz (1803-1869)
Philippe Jaroussky, contre-ténor
Direction musicale : Jean Claude Malgoire / 
La Grande écurie et la Chambre du Roy

RESERVATIONS, INFORMATIONS 

 

 

Symphonie fantastique Op. 14
(créée le 5 décembre 1830 ). En janvier 1830, avant de composer la Symphonie fantastique, Berlioz décrit à sa soeur la joie qu’il éprouve à la pensée « des champs vierges de la musique » qui s’ouvrent à lui. Des champs que les préjugés académiques ont laissé « incultes jusqu’à présent » et qu’il considère, depuis son « émancipation » due à Beethoven, comme son domaine. C’est le caractère révolutionnaire de l’oeuvre et son exploration hardie d’un nouveau territoire sonore et expressif qui frappèrent ses premiers auditeurs… Aujourd’hui encore, cette création romantique impressionne par sa modernité.

Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23 (créé le 10 septembre 1838). L’ouverture de cet opéra est une symphonie qui nous place d’emblée devant la redoutable destinée qui attend le héros de l’histoire : le célèbre orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini (1500-1571) dont Berlioz avait son héros. Au-delà de son amour (fou) pour Teresa – premier thème de cette intrigue – Benvenuto est d’abord un personnage sulfureux. Il se débattait avec les grands de ce monde, desquels il recevait de fastueuses commandes et une immunité passablement scandaleuse vu les vols, duels, meurtres qu’il commit… Une confrontation perceptible dès les premières mesures dont le rythme nerveux et l’emportement traduisent un irrésistible assaut, les dérèglements d’un psychisme tendu, nerveux, agité…

Les Nuits d’été
berlioz-hector-dessin-michael-leonard-1980Voici l’un des joyaux de l’oeuvre de Berlioz. Dans ses Mémoires ou sa correspondance, le bouillant romantique ne fait aucune allusion à la genèse de ces six mélodies écrites sur des poèmes de son ami Théophile Gautier (La Comédie de la mort). L’orchestre structure ici la musique du compositeur français bien plus qu’il ne l’habille. Il donne un lustre particulier à chaque tableau, exaltant le relief des plans sonores, magnifiant le dessin splendide, intime et pudique, nostalgique voire lugubre (« Ma belle amie est morte »…) qui porte chaque mélodie. Les thèmes qui y sont développés sont ceux d’une sensibilité que la mort a frappé, enivre, exalte au delà du désespoir. Et c’est avec L’Île inconnue, le dernier des épisodes, une terre inaccessible mais présente dans la pensée du héros, qui s’affirme, telle la quête vital d’un idéal inaccessible…

 

 

Atelier Lyrique de Tourcoing, saison 2016 – 2017

atelier lyrique de tourcoing jeanc laude malgoire saison 16 17 cambiale rossini jean bernard mache mongol orlando furioso vivaldi israel en egypte handel oratorio presentation classiquenews anais_1617ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING, saison 2016 – 2017. Pour les 50 ans de son orchestre sur instruments d’époque, – La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, originellement les deux phalanges crĂ©Ă©s par François Ier dès le XVIème siècle-, Jean-Claude Malgoire redouble d’ouverture d’esprit, d’imagination et d’expĂ©rimentation ; de sorte que cette 35ème saison lyrique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing (ALT) porte haut les promesses d’un centre unique en France en rĂ©sidence au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, une fabrique oĂą dans un esprit de troupe, le chef charismatique sait Ă©lectriser les Ă©nergies pour produire de nouvelles productions saisissantes. Le nord peut ĂŞtre fier de compter ainsi un foyer de crĂ©ativitĂ© et de crĂ©ation (un opĂ©ra en crĂ©ation mondial cette saison) dĂ©diĂ© au spectacle totale : l’opĂ©ra.

50 ans de défrichement orchestral

Programme inaugural dĂ©volu aux instruments de l’orchestre, d’abord, le concert des 12 et 14 octobre 2016 est dĂ©diĂ© au gĂ©nie instrumental et symphonique de Berlioz : Symphonie Fantastique (1830), ouverture de Benvenuto Cellini (1838) et cerise sur le gâteau, Les Nuits d’étĂ© d’après le poèmes de ThĂ©ophile Gautier, avec en soliste, le contre tĂ©nor Philippe Jaroussky, lequel n’en est plus Ă  un nouveau vocal près.

malgoire_jean_claudeLes délices lyriques de l’Atelier à Tourcoing se dévoilent surtout en 2017. 4 productions événements sont à l’affiche, rappelant qu’aux côtés de la Lille et son opéra bénéficiant d’autres moyens, une équipe à Tourcoing sait depuis 35 ans, nous séduire, et nous enchanter par son engagement et sa capacité à charmer. Premier volet, en facétie et subtilité, La Cambiale di Matrimonio de Rossini (1810). Jean-Claude Malgoire revient chaque saison au maître de Pesaro ; un retour aux sources du bel canto, promesse à chaque saison d’un nouvel accomplissement entre fluidité de l’orchestre et beau chant dramatique. Les 5, 7 et 9 février 2017 à Tourcoing, puis en version de concert, le 26 février 2017 au TCE, Paris. (Laurent Serrano, mise en scène). La production souligne la grâce
juvénile et le génie théâtral d’un Rossini très facétieux à Venise (San Moise) d’avant son chef d’oeuvre comique, Le Barbier de Séville de 1816…

En mars 2017, création mondiale de l’opéra de François-Bernard Mâche (né en 1935), Qaraqorum, Voyage dans l’Empire Mongol, les 2,3, 5 mars 2017. Au XIIIè, l’envoyé de Louis IX (Saint-Louis), le franciscain Guillaume de Rubrouck découvre en 1253, la cité capitale de Qaraqorum, ville mongol, cité idéale où toutes les religions vivent en paix… A la cour du petit fils de Gengis Khan, Mangu Khan, le chrétien découvre comment bouddhistes, chamans, musulmans ont appris à dialoguer et à se respecter.
Alain Platès, mise en scène. Musique et livret de François-Bernard Mâche.

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1En mars et avril, Jean-Claude Malgoire retrouve Christian Schiaretti pour un Vivaldi lui aussi saisissant et d’une justesse émotionnelle irrésistible : Orlando Furioso d’après L’Arioste (créé au san Angelo de Venise en 1727). L’Arioste avant Shakespeare échafaude un labyrinthe des cœurs où la raison s’égare… Car le paladin Orlando (chanté par une femme) aime la belle Angelica qui lui préfère cependant Medoro. Sur l’île d’Alcina, la sorcière, Ruggiero oublie l’amour qui le liait à Bradamante (chanté par un homme)… trouble sentimentaux, identités croisées, travestissements et illusions… tout dans cet Orlando vivaldien, exprime les vertiges du théâtre baroque, d’autant que la musique es l’une des plus flamboyantes qui soit… avec Amaya Dominguez (Orlando), Clémence Tilquin (Alcina), … 4 dates événements : les 31 mars, 2 et 4 avril 2017 à Tourcoing. Le 19 avril en version de concert au TCE, Paris. Enfin, pour conclure la saison, Jean-Claude Malgoire aborde un sommet de l’oratorio anglais de Handel à Londres, Israël en Egypte de 1739, fresque habile et profonde qui souligne le génie du compositeur saxon devenu britannique dans l’édification des architectures chorales et sonores, comme l’introspection individuelle des âmes inquiètes et solitaires. Les 19 et 21 mai 2017 au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing.

 

 

 

INFOS, RESERVATIONS
sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
saison 2016 – 2017 – 35ème saison

 

 

 

 

 

TOURCOING. Jean-Claude Malgoire dirige L’Italienne Ă  Alger

TOURCOING italienne a alger malgoire opera presentation compte rendu classiquenews italienneTOURCOING, ALT : Rossini : L’Italienne Ă  Alger, les 20, 22, 24 mai 2016. Nouveau Rossini subtil et facĂ©tieux Ă  Tourcoing, pour lequel Jean-Claude Malgoire retrouve le metteur en scène Christian Schiaretti, soit 10 ans de coopĂ©ration inventive, colorĂ©e, poĂ©tique. La production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing est prĂ©sentĂ©e telle une “crĂ©ation prometteuse” : Malgoire retrouve ainsi la verve rossinienne, après l’immense succès de son Barbier de SĂ©ville qui en 2015 avait soulignĂ© la 30ème saison de l’ALT (Atelier Lyrique de Tourcoing). Pour le chef Fondateur de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, revenir Ă  Rossini c’est renouer avec l’adn de sa fine Ă©quipe de musiciens et de chanteurs : Cyrus Ă  Babylone, Tancrède / Tancredi (2012) L’échelle de soie en marquent les jalons prĂ©cĂ©dents. Pour L’Italienne Ă  Alger (crĂ©Ă© en 1813 Ă  Venise par un jeune auteur de … 21 ans), le chef aborde une nouvelle perle théâtrale et lyrique qui diffuse le goĂ»t exotique pour le Moyen Orient et les Indes, un monde lointain et fantasmatique qui fascine et intrigue Ă  la fois… curiositĂ© tenace depuis l’Enlèvement au SĂ©rail de Mozart et avant, Les Indes Galantes de Rameau, pour le XVIIIè, sans compter Indian Queen, ultime opĂ©ra (laissĂ© inachevĂ©) de Purcell Ă  la fin du XVIIè. On voit bien que l’orientalisme Ă  l’opĂ©ra fait recette, mais Rossini le traite avec une finesse jubilatoire et spirituelle de première qualitĂ©. Jean-Claude Malgoire a Ă  cĹ“ur de caractĂ©riser la couleur comique et poĂ©tique de l’ouvrage (bien audible dans la banda turca, les instruments de percussion mĂ©talliques : cymbale, triangle, etc…). DĂ©lirant et souverainement critique, Rossini produit un pastiche oriental – comme Ingres dans sa Grande Odalisque, mais revisitĂ© sous le prisme de sa fabuleuse imagination. Avec Schiaretti, prĂ©cĂ©dent partenaire de L’Echelle de soie, Jean-Claude Malgoire ciblera l’intelligence rossinienne, faite d’Ă©conomie et de justesse expressive. Soulignons dans le rĂ´le centrale d’Isabella, la jeune mezzo Anna Reinhold et son veloutĂ© flexible dĂ©jĂ  applaudie au jardin des Voix de William Christie, et rĂ©cemment clĂ© de voĂ»te du cd / programme intitulĂ© Labirinto d’Amore d’après Kapsberger (CLIC de classiquenews de juillet 2014)

L’italienne à Alger
Opéra — création
Opéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868)
Livret d’Angelo Anelli
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise

Direction musicale : Jean Claude Malgoire
Mise en scène : Christian Schiaretti

Isabella, Anna Reinhold
Lindoro, Artavazd Sargsyan
Taddeo, Domenico Balzani
Mustafa, Sergio Gallardo
Elvira, Samantha Louis-Jean
Haly, Renaud Delaigue
Zulma, Lidia Vinyes-Curtis

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Vendredi 20 mai 2016, 20h
Dimanche 22 mai 2016, 15h30
Mardi 24 mai 2016, 20h
TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos

Mercredi 8 juin 2016 19h30
Vendredi 10 juin 2016 19h30
PARIS, Théâtre des Champs Elysées

Représentation du vendredi 20 mai en partenariat avec EDF
Représentation du mardi 24 mai en partenariat avec la Banque Postale
Tarifs de 33 Ă  45€ / 6€ – 18 ans /10€ – 26 ans / 15€ demandeurs d’emploi

RENSEIGNEMENTS /RÉSERVATIONS
03.20.70.66.66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

 

 

SYNOPSIS. Orient / occident : une sexualitĂ© pimentĂ©e, renouvelĂ©e, terreau fertile aux rebondissements comiques. Si Rossini dans sa musique recherche des couleurs orientalisantes (percussions et cuivres très prĂ©sents), le bey d’Alger, Mustafa (basse) s’Ă©tant lassĂ© de son Ă©pouse en titre (Elvira) recherche plutĂ´t une nouvelle compagne italienne (Isabella, alto) afin de pimenter son quotidien domestique / Ă©rotique. Mais cette dernière aime Lindoro (tĂ©nor) qui comme elle, est prisonnier de l’oriental. Au sĂ©rail, les deux amants italiens parviennent Ă  s’Ă©chapper grâce Ă  la confusion d’une mascarade fortement alcoolisĂ©e : après avatars divers et moult quiproquos, en fin d’action, Mustafa revenu Ă  la raison, retrouve sa douce Elvira, dĂ©laissĂ©e certes, mais toujours amoureuse…

La verve comique, la saveur trĂ©pidante, l’esprit et la finesse sont les qualitĂ©s d’une partition gĂ©niale, oĂą le jeune et prĂ©coce Rossini sait mĂŞler le pur comique bouffon, souvent dĂ©lirant et dĂ©calĂ© (trio truculent de la grosse farce du trio “Pappatacci”), et la profondeur psychologique qui approche le seria tragique. Le profil d’Isabella, Ă  la fĂ©minitĂ© noble, les airs virtuoses pour tĂ©nor (Lindoro) saisissent par leur profondeur et leur justesse, d’autant que les couleurs de l’orchestre rossinien, touchent aussi par leur raffinement nouveau. Après l’Italienne, Rossini affirme son jeune gĂ©nie et la prĂ©cocitĂ© de ses dons lyriques versatiles dans l’ouvrage suivant Il Turco in Italia (1813), autre bouffonnerie d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible. Toujours en avance sur les tendances du goĂ»t, la musique marque ainsi une curiositĂ© que Delacroix (Les femmes d’Alger, 1834) ou Ingres (Le Bain turc, 1864), illustreront Ă  leur tour selon leur goĂ»t, mais des dĂ©cennies plus tard.

 

femmesdalgerdansleurappartement-delacroix-peinture-rossini-l'italienne-a-alger

Tannhäuser, Wagner sur instruments d’Ă©poque

tannhauserTOURCOING. Wagner : Tannhäuser. JC Malgoire, les 2, 4 fĂ©vrier 2016. Wagner sur instruments d’Ă©poque. Quel et le format original de l’orchestre wagnĂ©rien ? Quels en sont les caractères instrumentaux ? L’Atelier lyrique de Tourcoing poursuit sa quĂŞte des sonoritĂ©s mĂ©connues avec le souci d’approfondissement et de pertinence qui le caractĂ©rise : son fondateur Jean-Claude Malgoire repousse encore les frontières d’un geste audacieux, risquĂ©, expĂ©rimental entre tous, modèle dans son genre : jouer Tannhäuser de Wagner, l’opĂ©ra romantique et gothique de Wagner sur instruments d’Ă©poque. VoilĂ  des annĂ©es qu’on en rĂŞvait : aucun chef avant lui ne s’y Ă©tait risquĂ©. L’ouvrage dĂ©diĂ© Ă  la propre conception de l’artiste dans la sociĂ©tĂ© dĂ©fendue par Wagner devrait y gagner une nouvelle expressivitĂ©, une cohĂ©rence renforcĂ©e oĂą l’orchestre, l’Ă©quilibre voix / fosse, le jeu des timbres et l’orchestration mĂŞme de la partition devraient ĂŞtre Ă©clairĂ©s diffĂ©remment. La ciselure et la caractĂ©risation instrumentale plutĂ´t que la puissance sonore : ne serait ce pas cela le nouveau dĂ©fi de Wagner pour les annĂ©es Ă  venir… On se souvient que mĂŞme Karajan dans son lĂ©gendaire enregistrement de la TĂ©tralogie prĂ´nait une lecture chambriste, aux Ă©quilibres tĂ©nus, favorisant des chanteurs diseurs, et non pas “haut-parleurs”. Qu’en sera-t-il Ă  Tourcoing les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 prochains ? D’autant que dans le rĂ´le titre, un chanteur connu se prĂŞte Ă  l’exercice, fidèle partenaire de Malgoire et pour lui grand baryton articulĂ©, hallucinĂ©, expressif (hier superbe narrateur du Combt de Tancrède de Monteverdi) : Nicolas Rivenq… Pour Jean-Claude Malgoire, il s’agit de retrouver le choc esthĂ©tique Ă©prouvĂ© par les parisiens quand ils dĂ©couvrirent l’opĂ©ra de Wagner dans son jus, suscitant alors, une nouvelle passion musicale dont Baudelaire, chantre du wagnĂ©risme europĂ©en, allait devenir le porte parole avec le lyrisme poĂ©tique que l’on sait.

boutonreservationTannhäuser de Wagner à Tourcoing
Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser
en version de concert
Tourcoing (Théâtre Municipal), 
les 2 et 4 février 2016 à 20h

Tannhäuser : Nicolas Rivenq
Elisabeth
: Axelle Fanyo,
VĂ©nus
: Juliette Raffin-Gay,
Wolfram : Alain Buet,
Landgrave
: Geoffroy Buffière,
le berger
: Liliana Faraon
Choeur RĂ©gional Nord-Pas de Calais

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Jean Claude Malgoire,
Conception visuelle et scénographie : Jacky Lautem

RĂ©servation, renseignements : 03 20 70 66 66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

malgoire_jean_claudeWagner sur instruments d’origine. Jean-Claude Malgoire a toujours eu unt emps d’avance sur ses contemporains… Qui ose aujourd’hui rĂ©tablir le format originel de l’orchestre wagnĂ©rien, avec les timbres d’Ă©poque ? VoilĂ  un nouveau tabou qui s’effondre : et si Wagner pouvait rimer avec subtilitĂ© et finesse chambriste plutĂ´t vocifĂ©ration et grosse caisse ? A Tourcoing (Théâtre Municipal), les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 Ă  20h, Tannhäuser de Wagner, concert vision dirigĂ© par Jean Claude Malgoire est l’un des temps forts de la saison 2015-2016 de l’Atelier lyrique. Le travail de recherche pilotĂ© par Jean-Claude Malgoire permet d’entendre l’oeuvre avec les instruments d’origine, telle que le MaĂ®tre allemand l’avait proposĂ©e aux parisiens, bouleversant les codes et provoquant un vĂ©ritable choc esthĂ©tique. Afin de profiter pleinement et de plonger dans cet univers particulier, un dispositif vidĂ©o est mis en place par Jacky Lautem. Qu’apporte vĂ©ritablement l’image vidĂ©o Ă  la performance des musiciens ? RĂ©ponse les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 Ă  Tourcoing. Version incontournable pour qui aime Wagner ou s’intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  l’aventure lyrique dĂ©fendue par Jean-Claude Magoire Ă  Tourcoing. Wagner a plusieurs fois prĂ©sentĂ© au public parisien des extraits choisis de ses opĂ©ras afin de le familiariser avec sa musique,  « moderne » pour l’époque, et de ce fait parfois dĂ©routante pour ses auditeurs. Ce fut le cas en 1860 au Théâtre-Italien oĂą il donna trois concerts. Baudelaire assista Ă  l’un d’eux. Il y entendit notamment l’ouverture de Tannhäuser. En 1861, la Princesse de Metternich, ayant vu l’oeuvre complète Ă  Dresde, insista auprès de NapolĂ©on III pour qu’elle soit montĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris. A cette occasion, Wagner introduit un ballet, une bacchanale, dès la première scène  oĂą VĂ©nus tente toujours d’ensorceler le jeune poète et chanteur Tannhäuser grâce aux plaisirs voluptueux qu’elle lui rĂ©serve. Les larges extraits de Tannhäuser que Jean Claude Malgoire a choisi sont tirĂ©s de la version de Paris qui se chante maintenant dans la langue de Goethe, car Wagner fut très mĂ©content de la traduction en français, en vers comme on l’exigeait Ă  l’époque pour l’opĂ©ra. Pour remonter ce Tannhäuser historique, l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une manière concert vision, qui illustre aussi par la projection vidĂ©o et en musique les personnages principaux de l’opĂ©ra qui  suscita la source du wagĂ©nrisme en France et en Europe : Tannhäuser, son ami Wolfram von Eschenbach (qui aime en secret Elisabeth), Elisabeth (l’aimĂ©e de Tannhäseur dont la mort sacrificielle permet au hĂ©ros d’ĂŞtre sauvĂ©)… Mais les instrumentistes de La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy, souhaite faire entendre, grâce aux instruments utilisĂ©s par Wagner en 1860, la musique telle que l’ont entendue les oreilles de l’époque. Une version respectant le charme et la vraie balance car l’orchestre d’alors produisait nettement moins de bruit que les grands effectifs d’aujourd’hui destinĂ© il est vrai Ă  des salles plus grandes.

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Théâtre Municipal, le 23 avril 2015. Debussy : Pelléas et Mélisande. Guillaume Andrieux, Sabine Devieilhe, Alain Buet… La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction. Christian Schiaretti, mise en scène.

PellĂ©as et MĂ©lisande de choc Ă  l’Atelier Lyrique de Tourcoing ! Le chef d’oeuvre absolu de Debussy est interprĂ©tĂ© avec les instruments d’Ă©poque de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy dirigĂ© par Jean-Claude Malgoire. Une jeune distribution avec des Ă©toiles ascendantes et une mise en scène ouvertement théâtrale, riche en qualitĂ©s signĂ©e Christian Schiaretti, directeur du Théâtre National Populaire.

Un Pelléas et Mélisande pas comme les autres

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsL’histoire est celle de la pièce de théâtre symboliste homonyme de Maurice Maeterlinck. La spĂ©cificitĂ© littĂ©raire et dramaturgique de l’œuvre originelle permet plusieurs lectures de l’opĂ©ra. La puissance Ă©vocatrice du texte est superbement traduite en musique par Debussy. Ici, Golaud, prince d’Allemonde, perdu dans une forĂŞt, retrouve une fille belle et Ă©trange, MĂ©lisande, qu’il Ă©pouse. Elle tombera amoureuse de son beau-frère PellĂ©as. Peu d’action et beaucoup de descriptions font de la pièce une vĂ©ritable raretĂ©. Golaud tue son frère et bat MĂ©lisande, la poussant Ă  la mort et Ă  la naissance prĂ©maturĂ©e d’une petite fille. Dans cette production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, le livret est quelque peu retouchĂ© tout comme la partition. Les longs interludes sont abrĂ©gĂ©s et on y ajoute une scène supplĂ©mentaire, la première du dernier acte que Debussy n’a pas utilisĂ©e, oĂą quatre servantes (quatre comĂ©diennes) Ă©clairent quelque peu le mystère avant la scène finale de l’opĂ©ra. L’approche de Schiaretti est très intĂ©ressante. Elle intègre un je ne sais quoi de Shakespearien dans sa plastique (il y signe les dĂ©cors Ă©galement ; les fabuleux costumes d’Ă©poque sont de Thibaut Welchlin) et dans le travail d’acteur, et dans le flux dramaturgique. Les inspirations protĂ©iformes du metteur en scène se rĂ©alisent dans l’unicitĂ© indicible du théâtre symboliste, et c’est d’une grande cohĂ©rence. Les chanteurs-acteurs sont donc Ă  la fois des ĂŞtres mystĂ©rieux non dĂ©pourvus d’un certain mysticisme, comme ils sont des archĂ©types atemporels qui veulent se dĂ©barrasser de leurs contraintes mais qui n’y arriveront jamais. Une tension perpĂ©tuelle habite la salle, un art dĂ©clamatoire très français baigne l’auditoire. Le trio des protagonistes investit les personnages avec une intensitĂ© Ă©tonnante.

Guillaume Andrieux dans une prise de rĂ´le est un jeune PellĂ©as Ă  la fois affirmĂ© dans un certain dĂ©sir de libertĂ© comme il est ambigu dans la rĂ©alisation de ses dĂ©sirs. Mi-charmant, mi-nerveux, il est surtout très beau Ă  regarder. Il arrive au sommet de l’expression dans un IV acte passionnĂ©, ou l’Ă©lan puissant de sa musique ultime paraĂ®t le pousser Ă  la perfection. Un PellĂ©as parfois tremblant (dans les notes aiguĂ«s notamment) mais qui Ă  son tour fait aussi trembler. La MĂ©lisande de Sabine Devieilhe (prise de rĂ´le Ă©galement!) est d’une grande valeur. La jeune soprano incarne une MĂ©lisande complexe ; humaine, ma non troppo, Ă©trange mais jamais caricaturale. Elle se montre excellente comĂ©dienne, et mĂŞme si le rĂ´le n’a pas de vĂ©ritable virtuositĂ© technique, elle campe une performance tout Ă  fait virtuose par la force de son investissement, une musicalitĂ© Ă  la hauteur de la dĂ©clamation et du texte, une bonne entente avec ses partenaires et l’orchestre. Mi-absente, mi-troublante, la MĂ©lisande de Devieilhe inspire tout une sĂ©rie d’Ă©motions grâce Ă  une articulation sans reproches et un engagement théâtral des plus convaincants. Tout aussi engagĂ© est le Golaud d’Alain Buet. S’il est plutĂ´t rĂ©servĂ© et en retrait, loin des caricatures barbares et Ă  la limite de l’expressionnisme qu’on voit souvent, il est peut-ĂŞtre un peu trop dans la souffrance (est donc moins dans l’amour, la passion, la rage, l’horreur…). Pour un personnage si complexe, nous trouvons qu’il Ă©tait souvent dans la douceur, non sans affectation. Musicalement ce fut très beau, et pourtant un peu mou au niveau de la gradation dramatique.

pelleas-golaud-yniold-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015De la Geneviève de Geneviève LĂ©vesque, comme d’ailleurs de l’Arkel de Renaud Delaigue, nous retenons surtout la prĂ©sence scĂ©nique imposante. Elle paraĂ®t quelque peu dĂ©passĂ©e par la scène de la lettre, et y brille uniquement pour des raisons, Ă  notre avis, superficielles. Un bon effort. Delaigue a une voix large, qui caresse les oreilles dans le grave peut-ĂŞtre trop dĂ©licieux pour un vieux Roi, mais qui est aussi tremblante et instable dans l’aigu. L’Yniold de Liliana Faraon est un brin expressionniste dans le chant, mais au niveau du jeu d’acteur, elle compose un petit garçon isolĂ© tout Ă  fait inquiĂ©tant.

Et Debussy sur instruments d’Ă©poque ? L’approche de Malgoire, figure importante du baroque, est aussi très intĂ©ressante. Avec Schiaretti, ils dĂ©cident de rapprocher davantage l’oeuvre de son Ă©poque et son lieu de crĂ©ation (l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris) par l’utilisation de la langue parlĂ©e ici et lĂ , au lieu du chant. DĂ©jĂ  ainsi une couche supplĂ©mentaire d’expression s’installe, s’accordant aux qualitĂ©s des instruments anciens, au volume peu puissant. Regrettons pourtant les cuivres, souvent approximatifs, parfois faux. Le vibrato sĂ©lectif des cordes fait que l’oeuvre est en l’occurrence moins atmosphĂ©rique, mais beaucoup plus abstraite, ce qui aide forcĂ©ment les chanteurs (ou leur donne davantage d’importance, selon le point de vue), jamais couverts par l’orchestre. Si les couleurs sont moins fortes, le contraste est gagnant.

VOIR aussi notre reportage vidéo en 2 volets : Pelléas et Mélisande sur instruments d’époque avec Sabine Devielhe (Mélisande) à Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire.

Illustrations : Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe (PellĂ©as et MĂ©lisande dans la scène de la grotte, cherchant l’anneau perdu). Yniold et Golaud © CLASSIQUENEWS.TV 2015

Reportage vidéo : le nouveau Pelléas de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing (1/2)

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenews

Reportage vidĂ©o PellĂ©as 1. Les 19,21 et 23 avril 2015, Jean-Claude Malgoire relit PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy portant ses fidèles Ă©quipes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing et une très solide distribution dont Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Alain Buet, chacun rĂ©alisant une prise de rĂ´les pour les personnages de MĂ©lisande, PellĂ©as et Golaud. Trio vainqueur dans la mise en scène de Christian Schiaretti. Entretiens avec Jean-Claude Malgoire, Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Christian Schiaretti : retour sur instruments d’Ă©poque ; ce qu’ils apportent ; qui sont PellĂ©as et MĂ©lisande… nĂ©e Ă  midi, cette dernière porte en elle des gènes dĂ©moniaques… RĂ©aliser un PellĂ©as incarnĂ© sur un rythme shakespearien… © CLASSIQUENEWS.TV 2015. VOIR directement le reportage PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire sur VIMEO

VOIR le clip Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing, LIRE aussi notre présentation complète de Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

 

 

 

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenews

 

Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe : Pelléas et Mélisande à Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire © classiquenews 2015

 

VIDEO,clip. Le nouveau Pelléas et Mélisande de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing, 19,21,23 avril 2015

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsVideo clip : Pelléas et Mélisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015. Atelier Lyrique de Tourcoing © CLASSIQUENEWS.TV 2015. Réalisation : Philippe-Alexandre Pham. Tourcoing: nouvelle production de Pelléas et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. Défricheur constant et surprenant, Jean-Claude Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait défaut ailleurs. Il est même étonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing défende avec toujours autant d’énergie et de cohérence une programmation aussi éclectique et pourtant exemplairement équilibrée : la baroque, le classique, le romantisme… le défrichement et les œuvres du répertoire… le maestro jongle avec les esthétiques ; la saison dernière, il nous régalait de l’opéra orientaliste et humaniste d’après Chateaubriant : Aben Hamet de Théodore Dubois… rare offrande lyrique mélodiquement savoureuse dont il avait restitué la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau dĂ©fi propre Ă  l’opĂ©ra français Ă  la fois rĂ©solument moderne et symboliste, PellĂ©as et Melisande de Debussy (1902). Pour Ă©clairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une Ă©quipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa première MĂ©lisande; prise de rĂ´le aussi pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et dĂ©chirant Golaud; et hier Aben Hamet, le baryton Guillaume Andrieux chante PellĂ©as. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015

Nouveau Pelléas choc à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

malgoire_jean_claudeAnnonce. Tourcoing: nouvelle production de PellĂ©as et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. DĂ©fricheur constant et surprenant, Jean-Claude  Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait dĂ©faut ailleurs. Il est mĂŞme Ă©tonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing dĂ©fende avec toujours autant d’Ă©nergie et de cohĂ©rence une programmation aussi Ă©clectique et pourtant exemplairement Ă©quilibrĂ©e : la baroque, le classique, le romantisme… le dĂ©frichement et les Ĺ“uvres du rĂ©pertoire… le maestro jongle avec les esthĂ©tiques ; la saison dernière, il nous rĂ©galait de l’opĂ©ra orientaliste et humaniste d’après Chateaubriant : Aben Hamet de ThĂ©odore Dubois… rare offrande lyrique mĂ©lodiquement savoureuse dont il avait restituĂ© la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau dĂ©fi propre Ă  l’opĂ©ra français Ă  la fois rĂ©solument moderne et symboliste,  PellĂ©as et Melisande de Debussy (1902). Pour Ă©clairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une Ă©quipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa première MĂ©lisande;  prise de rĂ´le aussi  pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et dĂ©chirant Golaud;  et hier Aben Hamet,  le baryton Guillaume Andrieux chante PellĂ©as.

 

 

 

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenews

 

Guillaume Andrieux (Pelléas) et Sabine Devielhe (Mélisande) : deux interprètes fins et subtils qui font à Tourcoing deux formidables prises de rôles (© CLASSIQUENEWS.COM)

 

 

Aux rĂ©sonances rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es de l’orchestre rĂ©unissant selon le voeu du maestro, que des instruments d’Ă©poque, rĂ©pond la mise en scène claire et limpide de Christian Schiaretti qui en homme de théâtre fait souffler dans la succession des tableaux, un rythme « shakespearien », proche du verbe et du sĂ©quançage des tableaux. Il en rĂ©sulte une Ă©pure symboliste sans “bruits visuels” qui reste concentrĂ©e sur l’articulation Ă©nigmatique du verbe.  Maestro et metteur en scène ont retirĂ© les intermèdes symphoniques les plus tardifs pour rĂ©tablir la version originale, celle du premier projet de 1898. Le profil de chaque personnage comme la tension des situations en gagnent une intensitĂ© nouvelle.

D’autant que Christian Schiaretti rĂ©tablit la place des servantes de scène dont il fait des figures permanentes (sirènes noires Ă©mergeant de l’ombre, filles sĹ“urs discrètes mais agissantes, ou Parques tissant le fil des destinĂ©es…). Elles assurent la fluiditĂ© des enchaĂ®nements, rĂ©alisent le symbolisme de la partition, jouent avant la dernière scène (celle de la mort de MĂ©lisande), une sĂ©quence purement théâtrale provenant de la pièce originale de Maeterlinck (et que Debussy n’avait pas mise en musique) : le texte du dramaturge Ă©claire davantage l’atmosphère Ă©touffante d’Allemonde et le secret qui enserre ses habitants…

 

 

pelleas-golaud-yniold-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015

 

Alain Buet incarne Golaud, le beau frère de PellĂ©as, Ă©poux maladivement jaloux, vrai pilier du drame et pour le baryton français, prise de rĂ´le exemplaire (© CLASSIQUENEWS.TV 2015 : ici avec l’Yniold de Lillana Faraon). La prĂ©sence du théâtre, le choix des solistes, l’activitĂ© spĂ©cifique de l’orchestre font un PellĂ©as captivant Ă  Tourcoing, nouvel Ă©vĂ©nement lyrique d’avril 2015.

A Tourcoing, théâtre municipal Raymond Devos, les 19, 21, 23 avril 2015.

Illustrations : Pelléas et Mélisande de Debussy par l’Atelier lyrique de Tourcoing ©CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

 

Tourcoing : Nouveau PellĂ©as et MĂ©lisande par l’Atelier Lyrique

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : PellĂ©as et MĂ©lisande. 19,21,23 avril 2015. CrĂ©ation. Au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire rĂ©unit sa fine Ă©quipe dont de nouvelles voix dĂ©jĂ  confirmĂ©es qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa première MĂ©lisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier PellĂ©as). La nouvelle production lyrique prĂ©sentĂ© par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’ĂŞtre un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprète.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si PellĂ©as et MĂ©lisande, le seul opĂ©ra intĂ©gralement abouti de Debussy, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des ĂŞtres qui se dĂ©robent, la souveraine activitĂ© de la musique? Force et Ă©nergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’Ă©clairer le psychisme profond des ĂŞtres handicapĂ©s, impuissants, dĂ©munis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delĂ  des solitudes et des mensonges.
Poésie, musique: on parle souvent d’une fusion étroite et mystérieuse qui cisèle l’articulation et le phrasé du texte, qui ouvrage comme nul part, la déclamation du verbe… La prose de Maeterlinck, dont la portée symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical témoigne. Qui est Mélisande? D’où vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action Ă©nigmatique de PellĂ©as et MĂ©lisande, l’opĂ©ra de la modernitĂ©, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalitĂ©s suspendues et irrĂ©solues, dans le sillon tracĂ© par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes dĂ©calĂ©es de MĂ©lisande et de PellĂ©as, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamnĂ© Ă  l’anĂ©antissement et Ă  la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais dĂ©chirante et faible, Ă©pouse MĂ©lisande sans la connaĂ®tre : il tue son demi frère, trop jaloux de la grâce que ces deux enfants produisent malgrĂ© eux. LIRE notre prĂ©sentation complète du nouveau PellĂ©as Ă  Tourcoing par Jean-Claude Malgoire. LIRE aussi “retrouver l’orchestre de Debussy” par Jean-Claude Malgoire

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’après Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
MĂ©lisande, Sabine Devielhe
Geneviève, Geneviève Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy Buffière
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scène et lumières, Christian Schiaretti

 
 

 

Pelléas et Mélisande
Claude debussy
Synopsis

Acte I. Après l’avoir sauvĂ©e dans la forĂŞt du royaume d’Allemonde, le prince Golaud, fils du roi Arkel, a Ă©pousĂ© la jeune et mystĂ©rieuse MĂ©lisande. En prĂ©sence de Geneviève, du roi Arkel et d’Yniold le premier fils de Golaud, enfant de son mariage prĂ©cĂ©dent, MĂ©lisande rencontre PellĂ©as qui doit partir le lendemain.

Acte II. A la fontaine des aveugles, PellĂ©as qui est restĂ©, et MĂ©lisande jouent ; MĂ©lisande fait tomber dans l’onde sa bague d’Ă©pouse, offerte par Golaud. Puis MĂ©lisande qui dit son malheur, soigne Golaud tombĂ© de cheval pendant la chasse : dĂ©couvrant l’absence de la bague au doigt de MĂ©lisande, Golaud la somme d’aller la rechercher avec PellĂ©as. Dans la grotte oĂą ils cherchent en vain l’anneau, MĂ©lisande et PellĂ©as dĂ©couvrent 3 aveugles…

Acte III. Du haut de sa tour, Mélisande peigne sa longue chevelure, cependant que resté au bas, Pelléas avoue son amour pour la belle et jeune mystérieuse. Golaud les surprend.
Il emmène PellĂ©as dans les souterrains du château… Puis Golaud presse son fils Yniold de lui dire ce que font les deux adolescents (nouvelle scène de sadisme de la part de Golaud).

Acte IV. MalgrĂ© les soupçons et la violence de Golaud, PellĂ©as qui peut enfin partir, retrouve MĂ©lisande, l’Ă©treint mais Golaud tue PellĂ©as et poursuit MĂ©lisande dans la forĂŞt.

Acte V. MĂ©lisande Ă  l’agonie qui vient d’accoucher, est pressĂ©e par Golaud qui veut son pardon. En vain, la jeune femme meurt sans s’expliquer…

 

 

 

 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scène)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’Ă©poque, Les Siècles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opĂ©ra orientlaiste de ThĂ©odre Dubois d’après Chateaubriand (mars avril 2014)

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : PellĂ©as et MĂ©lisande. 19,21,23 avril 2015. CrĂ©ation. Au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire rĂ©unit sa fine Ă©quipe dont de nouvelles voix dĂ©jĂ  confirmĂ©es qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa première MĂ©lisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier PellĂ©as). La nouvelle production lyrique prĂ©sentĂ© par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’ĂŞtre un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprète.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si PellĂ©as et MĂ©lisande, le seul opĂ©ra intĂ©gralement abouti de Debussy, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des ĂŞtres qui se dĂ©robent, la souveraine activitĂ© de la musique? Force et Ă©nergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’Ă©clairer le psychisme profond des ĂŞtres handicapĂ©s, impuissants, dĂ©munis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delĂ  des solitudes et des mensonges.
Poésie, musique: on parle souvent d’une fusion étroite et mystérieuse qui cisèle l’articulation et le phrasé du texte, qui ouvrage comme nul part, la déclamation du verbe… La prose de Maeterlinck, dont la portée symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical témoigne. Qui est Mélisande? D’où vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action Ă©nigmatique de PellĂ©as et MĂ©lisande, l’opĂ©ra de la modernitĂ©, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalitĂ©s suspendues et irrĂ©solues, dans le sillon tracĂ© par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes dĂ©calĂ©es de MĂ©lisande et de PellĂ©as, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamnĂ© Ă  l’anĂ©antissement et Ă  la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais dĂ©chirante et faible, Ă©pouse MĂ©lisande sans la connaĂ®tre : il tue son demi frère, trop jaloux de la grâce que ces deux enfants produisent malgrĂ© eux.

 

 

 

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’après Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
MĂ©lisande, Sabine Devielhe
Geneviève, Geneviève Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy Buffière
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scène et lumières, Christian Schiaretti

 

 

 PelllĂ©as sur instruments d’Ă©poque et en version originale

Jean-Claude Malgoire : retrouver l’orchestre de Debussy

TOURCOING : le nouveau PellĂ©as et MĂ©lisande de JC MalgoireDĂ©barrassĂ©e des interludes, dans sa version originelle du 30 avril 1902,  la nouvelle production de PellĂ©as et MĂ©lisande proposĂ©e par Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing mĂ©rite toute l’attention : le chef fondateur de l’Atelier lyrique de Tourcoing revient aux fondamentaux d’un opĂ©ra dont on oublie l’essence innovatrice et scandaleuse : son absence d’airs, la place prĂ©pondĂ©rante de l’orchestre. Le chant symphonique exprime davantage que le texte, de nature symboliste. La matière et vaporeuse, post wagnĂ©rienne, aux couleurs ocĂ©anes Ă©minemment françaises. La France n’allait pas connaĂ®tre de choc aussi brutal et dĂ©cisif que 11 ans plus tard avec Le Sacre du Printemps de Stravinsky, Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Paris. Dans un monde qui est Ă  l’agonie, les instruments font jaillir la source première et miraculeuse, rĂ©gĂ©nĂ©ratrice de l’amour, celui qui aimante peu Ă  peu les deux adolescents, PellĂ©as et MĂ©lisande. Tout s’agite et se construit sur leur rencontre, leur reconnaissance, leur fusion et quand meurt PellĂ©as assassinĂ© par Golaud, son demi frère, le monde enchantĂ©, ivre de MĂ©lisande, s’effondre Ă  nouveau : il se renferme dans le mystère auquel demeure totalement Ă©tranger Golaud. Debussy a le choc prĂ©alable du texte théâtral : en le lisant Ă  partir de 1893, le compositeur qui recherche une autre forme lyrique que l’opĂ©ra bourgeois ou rĂ©aliste, est fascinĂ© par la portĂ©e introspective de la langue, une fenĂŞtre vers les profondeurs encore inconnues de l’âme : dĂ©sir, haine, jalousie, mĂ©lancolie collective, dĂ©pression silencieuse…
Pour retrouver le grain et la sonoritĂ© qu’a probablement Ă©coutĂ© Debussy pour la crĂ©ation de son opĂ©ra, Jean-Claude Malgoire resssucite l’orchestre de 1902 : cordes en boyau dont le format sonore s’accorde mieux aux autres pupitres (bois, cuivres) et aux voix. En Ă©tudiant les  matĂ©riels d’orchestres, le chef a redĂ©couvert le jeu d’archet (le poussĂ©, le tirĂ©…) propre au dĂ©but du XXè et constatĂ© qu’alors, les instrumentistes ne jouaient pas ensemble. Il en dĂ©coule un son plus lumineux… que le jeune Malgoire avait dĂ©jĂ  remarquĂ© chez son maĂ®tre Karajan (qui tenait cette pratique lui-mĂŞme de Furtwängler). En privilĂ©giant surtout les cordes et 2 cors, Debussy opte pour un orchestre au format mozartien, approfondissant ainsi une sonoritĂ© suave et transparente… liquide. Plus fluide et dĂ©licat, l’orchestre de Debussy Ă©tait aussi mieux caractĂ©risĂ© : serrĂ©, contrastĂ© et aussi feutrĂ© (les perces des cuivres – le diamètre des tuyaux, Ă©tait plus petits : leur sonoritĂ© moins puissante, mais très typĂ©e et colorĂ©e).

 

 
 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scène)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’Ă©poque, Les Siècles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opĂ©ra orientlaiste de ThĂ©odre Dubois d’après Chateaubriand (mars avril 2014)

 

 
 

 

CD, annonce. Aben Hamet (1884), l’opéra orientaliste de Théodre Dubois ressuscité par Jean-Claude Malgoire

CD, annonce. Aben Hamet (1884), l’opéra orientaliste de Théodre Dubois ressuscité par Jean-CLaude Malgoire. Représenté en version scénique en mars 2014, Aben Hamet créait l’événement au printemps dernier : d’après les Aventures du dernier Abencérages de Chateaubriand, l’ouvrage évoque l’ambition avortée d’Aben Hamet, dernier héritier parti de Carthage pour Grenade avec l’espoir de lever les Maures d’Espagne pour reconquérir la Péninsule au nom d’Allah. Mais le musulman tombe amoureux de la chrétienne Bianca : malgré leur désir réciproque, aucun ne souhaite abjurer sa foi. Et Aben mourra sous le coup des épées espagnoles. Que peut la sincérité des cœurs contre la guerre des religions ?

Aben et Bianca pourront-ils s’aimer ?

 

aben-hamet-dubois-cd-jean-claude-malgoire-theodore-dubois-guillaume-andrieux-cd-CLIC-de-classiquenewsFidèle à son intuition souvent visionnaire, Jean-Claude Malgoire révèle une partition éloquente et colorée composée par Théodore Dubois, fameux pour son traité d’harmonie comme l’orthodoxie musicale classique qu’il a professé au Conservatoire. A partir de la partition piano et chant, le chef fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing imagine la version pour orchestre, en soignant particulièrement le raffinement instrumental, la lisibilité du contrepoint, la suavité très pudique qui fonde la sensualité orientalisante d’un Dubois, assimilateur de Gounod et de Massenet. A partir des partitions du Paradis Perdu (récemment ressuscité), des Symphonies également, Jean-Claude Malgoire propose une immersion complète dans l’imaginaire instrumental de Dubois où comme pour ses contemporains et comme l’attestent les traités d’orchestration d’époque, priment la harpe, le saxophone et aussi l’ophicléide (basse de cuivre) entre autres… C’est une peinture très complète du motif espagnol arabisant, à la façon des tableaux contemporain de l’excellent Gérôme : Jean-Claude Malgoire a surtout puisé dans la seconde version d’Aben Hamet, celle que Dubois a préparé dès 1888 : plus courte, plus équilibrée dramatiquement; l’impossibilité des deux coeurs de religion différente de s’unir, y gagne en force, comme le montraient déjà Atala et René de Chateaubriand. C’est le poids des guerres aveugles et répétitives, mais aussi la folie des ascendants pris dans l’enfer de la fatalité guerrière qui sont particulièrement épinglés ici : la propre mère d’Aben, Zuléma ne cesse d’exhorter son fils à la conquête armée, pour venger son père Boabdil, reconquérir Grenade signifie effacer l’outrage du Cid, ce chrétien irrésistible, vainqueur des Maures au XIème siècle.  Que peuvent deux jeunes amoureux contre la guerre et la haine qui opposent leurs familles respectives ? Le thème renvoie aussi à la légende de Roméo et Juliette.

malgoire_jean_claudeLa distribution rĂ©unie par Jean-Claude Malgoire est l’autre argument en faveur de cette recrĂ©ation majeure aujourd’hui Ă©ditĂ© par l’Atelier Lyrique de Tourcoing (et donc disponible sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing) : Guillaume Andrieu, baryton chante Aben aux cĂ´tĂ©s de Ruth Rosique, Hasnaa Bennani, Marc Boucher et Nora Sourouzian… Prochaine grande critique du cd Aben Hamet par Jean-Claude Malgoire et l’Atelier Lyrique de Tourcoing dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com. Lors de la crĂ©ation française de la production d’aben Hamet Ă  Tourcoing, les Ă©quipes vidĂ©o du studio classiquenews.com Ă©taient prĂ©sentes et ont rĂ©alisĂ© un reportage vidĂ©o exclusif : VOIR le reportage vidĂ©o Aben Hamet recrĂ©Ă© Ă  Tourcoing en mars 2014

video-aben-hamet-par-jean-claude-magloire-atelier-lyrique-de-tourcoing-cd-video-grand-reportage-classiquenews-mars-2014

Tourcoing : Jean-Claude Malgoire joue la Messe en si

Tourcoing. JS Bach : Messe en si. JC Malgoire. Les 16 et 18 janvier 2015. Jean-Claude Malgoire et ses troupes abordent la montagne magique du Baroque sacrĂ© : un massif spectaculaire et intime, juste et profond d’une diversitĂ© d’approche souvent dĂ©concertante. MĂŞme hĂ©tĂ©roclite, composĂ©e de multiples partitions d’Ă©poque diverses, l’Ĺ“uvre qui en rĂ©sulte et que Bach n’a jamais Ă©coutĂ©e comme nous aujourd’hui d’une seule traite, captive par son unitĂ© et sa cohĂ©rence.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impĂ©tueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressĂ© au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flĂ»tes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intĂ©rieure, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et inquiĂ©tude (Benedictus pour tĂ©nor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de dĂ©fis, de risques Ă  surmonter, d’Ă©preuves Ă  vaincre, d’options Ă  assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs Ă  un par voix)…

Il faut bien l’expĂ©rience et le feu sacrĂ© d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrĂ©e baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux annĂ©es 1730).

Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonoritĂ©, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensitĂ© de la prière collective ou solistique.

 

 

 

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

malgoire_jean_claudeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une Ă©criture et d’une expĂ©rience musicale portĂ©e tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal.  Bach y dĂ©pose toute sa science et sa sensibilitĂ©, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les Ă©glises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des Ă©lèves Ă  Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les Ă©vĂ©nements de la vie social. On comprend aisĂ©ment que le compositeur fut capable d’une organisation mĂ©thodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisĂ©e selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondĂ© par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette annĂ©e 1733, Rameau fait son entrĂ©e Ă  l’opĂ©ra avec son chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, FrĂ©dĂ©ric Auguste Ier, prince Ă©lecteur de Saxe, meurt le 1er fĂ©vrier. Le deuil instituĂ© pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

 

 

Un poste Ă  Dresde…
Le changement de prince rĂ©gnant laisse espĂ©rer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payĂ©s, car comme Monteverdi Ă  Mantoue au siècle passĂ©, Bach a du mal Ă  se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi dĂ©cide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dĂ©diĂ©e Ă  son nouveau protecteur, FrĂ©dĂ©ric-Auguste II. De Leipzig oĂą il se sent Ă  l’Ă©troit non reconnu, comme relĂ©guĂ©, Bach adresse sa partition nouvelle Ă  Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son dĂ©sir d’ĂŞtre membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu Ă  Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique cĂ©lèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dĂ©paysĂ© par la liturgie catholique car dans le cadre luthĂ©rien peuvent ĂŞtre aussi Ă©coutĂ©s Magnificat et Sanctus Ă  NoĂ«l, pour Pâques, Ă  la PentecĂ´te. Le Kyrie (perfection du style fuguĂ©) et le Credo ainsi livrĂ©s en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brĂŞve selon l’usage luthĂ©rien, c’est Ă  dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitiĂ© de notre actuelle Messe en si.  Bach y recycle des choeurs dĂ©jĂ  Ă©crits provenant des cantates BXV 29 et 46.

 

 

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liĂ©e Ă  la NativitĂ©, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagĂ© dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les annĂ©es 1748/1749, Ă©crit la seconde moitiĂ© de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les Ă©critures dont Ă©tait capable le musicien, l’ensemble concentre la maĂ®trise d’un Bach universel, encyclopĂ©dique, synthĂ©tique. Peut-ĂŞtre destinait-il son oeuvre Ă  Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privĂ©e dont la monumentalitĂ© est liĂ©e au goĂ»t et Ă  la volontĂ© du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mĂ©lomane, membre de la Cour impĂ©riale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quĂŞte de projets audacieux.

 

 

 

J.-S. Bach : Messe en si
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction

boutonreservationvendredi 16 janvier 2015, 20h
dimanche 18 janvier 2015, 15h30
Tourcoing, Théâtre Municipal Raymond Devos

Lundi 16 mars 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées

Olga Pasichnyk, soprano
Anne Magouët, 2ème soprano
Jean-Michel Fumas, contreténor
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton-basse

 

 

Dominique Visse dirige David et Jonathas Ă  Tourcoing

visseTourcoing. Charpentier : David et Jonathas. Les 10, 12 octobre 2014. Jean-Claude Malgoire invite Dominique Visse pour ressusciter l’intense action dramatique (oratorio) conçu au XVIIème par Charpentier, ce dernier d’autant plus expressif et mordant qu’il vient de Rome où il a assimilé le sublime théâtre des passions sacrées du génial Carissimi. Dans l’église Saint-Christophe de Tourcoing, tous les effectifs engagés depuis des décennies par Jean-CLaude Malgoire répondent à la direction du chanteur piquant et atypique Dominique Visse : le spectacle devrait répondre  à notre attente : relief théâtral et langueur sacrée irrésistibles. La tragédie en musique en un prologue et 5 actes, créée en 1688, donc contemporaine des meilleures créations de Purcell, illustre l’apogée de l’art musical français, aussi raffiné, sensuel, dramatique que la source première, italienne. L’amour fraternel qui unit David et Jonathas se dresse contre la fatalité des rivalités claniques. Saül le père de Jonathas est ici obsédé par la figure victorieuse du jeune David, d’autant que la prophétie lui a précisé qu’il perdrait le pouvoir au profit du jeune homme, véritable aiguillon menaçant son autorité.  C’est justement dans le rôle de la Pythonisse, annonciatrice des événements futurs, que Dominique Visse a chanté l’oratorio, alors sous la direction de Wiliam Christie avec la complicité de ses Arts Florissants. A son origine, l’amour de David pour Jonathas illustrait symboliquement  l’union harmonique entre Jésus et les chrétiens ; aujourd’hui, les mises en scènes récentes, exploitent plutôt la connotation homoérotique du lien unissant les deux adolescents. Dominique Visse met en lumière en particulier l’intervention riche et omniprésente des chœurs ; dans une partition moins théâtrale et dramatique que dense et symbolique (proche en cela de l’écriture de l’oratorio), le contre ténor qui chante la Pythonisse, soigne surtout l’équilibre entre déroulement musical, polyphonie et théâtre. Sans omettre cette clair et ardente articulation française d’un texte qui reste essentiel dans l’unité et la cohésion de la partition. Pour sa première direction d’une oeuvre ambitieuse comptant 6 protagonistes et 12 choristes, Dominique Visse s’appuie sur son expérience aguerrie, célébrée comme partenaire de longue date des Arts Florissants. Production événement à Tourcoing.

David et Jonathas
Marc Antoine Charpentier
(1643-1704)
Tragédie en musique en un prologue et 5 actes
créée en 1688
Livret du Père François Bretonneau

David : Pascal Charbonneau
SaĂĽl : Renaud Delaigue
Jonathas : Amel Brahim-Djelloul
Joabel : Hugues Primard
L’Ombre de Samuel : Geoffroy Buffière
une Pythonisse : Dominique Visse
Ensemble vocal
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Dominique Visse, direction

Vendredi 10 octobre 2014 20h
Dimanche 12 octobre 2014 15h
TOURCOING, Eglise St Christophe

Voir la saison 2014-2015 de l’Atelier lyrique de Tourcoing

VIDEO, reportage. ThĂ©odore Dubois : Aben Hamet, recrĂ©ation par l’Atelier Lyrique de Tourcoing

ABEN-hamet-theodore-dubois-575-jean-claude-malgoireVIDEO, reportage. Aben Hamet de ThĂ©odore Dubois. Jean-Claude Malgoire implique ses troupes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing pour la recrĂ©ation en version scĂ©nique de l’opĂ©ra oubliĂ© de ThĂ©odore Dubois : ABEN HAMET d’après Le dernier AbencĂ©rage de Chateaubriand. Après la Reconquista, Aben Hamet tente de reconquĂ©rir depuis Grenade, l’ancien Califat de ses ancĂŞtres, poussĂ© par sa mère Zulema… Mais accostant en Espagne chrĂ©tienne, il tombre amoreux de la fille du Conte de Santa Fe, Bianca. Il est musulman, elle est chrĂ©tienne : les rivalitĂ©s religieuses auront elles raison de leur amour ? Grand reportage vidĂ©o de la recrĂ©ation rĂ©alisĂ©e Ă  Tourcoing par Jean-Claude Malgoire qui a rĂ©orchestrĂ© la partition en s’inspirant minutieusement des autres partitions autographes de Dubois… Grand reportage video CLASSIQUENEWS.COM, entretiens avec Jean-Claude Malgoire, Alita Baldi (mise en scène) et les chanteurs : Guillaume Andrieux (Aben Hamet), Marc Boucher (le duc de Santa Fe)…

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Atelier Lyrique, le 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Nora Sourouzian, Hasnaa Bennani. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Alita Baldi, mise en scène

TOURCOING: Aben Hamet (1884) de Théodore Dubois, ressuscité!Initiative courageuse de la part de l’Atelier Lyrique de Tourcoing que de redonner vie au rarissime Aben Hamet de Theodore Dubois. Créé dans la langue de Dante au Théâtre Italien de Paris le 16 décembre 1884, avec dans le rôle-titre le légendaire Victor Maurel, créateur pour Verdi des rôles de Iago et Falstaff, et à ses côtés rien moins qu’Edouard de Reszké et Emma Calvé, cet ouvrage lyrique s’inspire du Dernier des Abencérages écrit par Châteaubriand. L’intrigue nous raconte comment Aben Hamet, fils du roi Boabdil, part vers Grenade pour soulever les musulmans demeurés en Espagne et reprendre le pouvoir. Suivi en secret par sa mère Zulema et sa promise Alfaïma, le jeune homme rencontre la belle Bianca, fille du Duc de Santa-Fe, dont il tombe instantanément amoureux. Mais elle est catholique alors qu’il est musulman, et leur amour demeure impossible, la barrière de la religion séparant leurs cœurs.

Le maure oublié

Elève de François Bazin et Ambroise Thomas, Théodore Dubois a développé dans cette œuvre un vrai talent de mélodiste, puisant dans la grande tradition française, où l’on reconnait parfois l’ombre de Gounod, l’air d’entrée d’Aben Hamet rappelant irrésistiblement Le Roi de Lahore de Massenet.
Quant à l’orchestration, demeurée perdue – du moins jusqu’à quelques jours avant la première représentation, la BNF annonçant qu’elle renfermait peut-être l’instrumentation originale –, elle a fait l’objet de toute l’imagination de Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer, tous deux ayant puisé dans les traits d’harmonie de l’époque de Dubois, afin d’en restituer les couleurs de la façon la plus plausible. Un travail de titan qui se doit d’être salué, tant le résultat se révèle probant, faisant la part belle aux cordes, ainsi qu’au saxophone et aux percussions orientales.
Après une version de concert de l’autre côté de l’Atlantique, à Saint-Lambert (Canada) en juin 2013, il était temps d’offrir un écrin scénique à cette redécouverte, utilisant la traduction française de l’original italien.
Alita Bladi fait de nécessité vertu, imaginant un cadre simple, délicatement orientalisant sans excès, laissant à la musique une place prépondérante.
Dans le rôle-titre, Guillaume Andrieux fait de son mieux, et met son baryton léger, presque ténorisant parfois, au service d’une vocalité qui, à notre sens, appelle un instrument plus large et plus vaillant – l’enregistrement qu’en a fait Jean Noté dans les années 1910 en donne un aperçu convainquant –, mais le jeune artiste se jette dans la bataille avec un enthousiasme communicatif et un beau sens musical.
Ruth Rosique incarne une sensible Bianca, le charnu et délicat soprano de la chanteuse espagnole convenant parfaitement à la vocalité du personnage, sensible sans mièvrerie.
En mère autoritaire, Nora Sourouzian fait fulminer son mezzo corsé et donne un beau relief à Zulema, notamment dans son arioso du premier acte, tandis que la douce Alfaïma apparaît sous les traits charmants et la vocalité pure de la jeune Hasnaa Bennani, dont nous suivons toujours de loin la carrière.
Aux côtés du Duc de Sante-Fe parfaitement à sa place de Marc Boucher, les chœurs participent avec passion à ce moment important pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Toujours seul maître à bord, Jean-Claude Malgoire galvanise les musiciens de sa Grande Ecurie et la Chambre du Roy, chacun mesurant l’enjeu de ce projet ambitieux.
Une redécouverte courageuse, qui donne envie d’entendre l’œuvre à nouveau, cette fois avec l’orchestration originale de Dubois et les formats vocaux pressentis, le rôle du Maure ne pouvant qu’intéresser les barytons de notre époque, ainsi que – pourquoi pas ? – dans la version initiale en italien.

Tourcoing. Atelier Lyrique, 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières. Avec Aben Hamet : Guillaume Andrieux ; Bianca : Ruth Rosique ; Zulema : Nora Sourouzian ; Alfaïma : Hasnaa Bennani ; Le Duc de Sante-Fe : Marc Boucher. Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Mise en scène : Alita Baldi ; Scénographie : Alain Lagarde ; Costumes : Christine Rabot-Pinson ; Lumières : Enrico Bagnoli ; Orchestration : Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer ; Chef de chant : Martin Surot

VIDEO. Reportage : Platée de Rameau par Paul Agnew et Jean-Claude Malgoire (2013)

VIDEO. Reportage : Platée de Rameau par Paul Agnew et Jean-Claude Malgoire. Platée 2013… Chef-d’oeuvre lyrique du règne de Louis XV, et à vrai dire d’un genre poétique totalement inclassable, Platée de Jean-Philippe Rameau (1745) reprend du service dans la mise en scène et l’univers visuel du
chorégraphe François Raffinot. Le créateur plasticien avait déjà réalisé une première production de l’ouvrage avec Jean-Claude Malgoire… en 1988. Le directeur et fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing parle de “beauté infernale”, soulignant le bouillonnement inventif et volcanique de l’orchestre ; François Raffinot s’intéresse au profil humain, pathétique et touchant de Platée comme à la charge barbare et cynique de l’ouvrage où s’impose la figure centrale et omniprésente de la Folie. Entre mouvements incessants des danseurs, superbe incarnation de Paul Agnew dans le rôle-titre, et fosse d’une irrésistible invention, la nouvelle production de Platée confirme le génie inclassable de Rameau…

VIDEO. TOURCOING: Jean-Claude Malgoire ressuscite Aben Hamet de Théodore Dubois (clip vidéo)

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirTourcoing: Théodore Dubois, Aben Hamet, 1884.Les 14,16,18 mars 2014. CLIP VIDEO. D’après Chateaubriand (Le dernier Abencérage), l’académicien Théodore Dubois et ses librettistes abordent la passion amoureuse sur fond d’inquisition et de guerres religieuses. Aben Hamet poussé par sa mère Zuléma tente de reconquérir pour la foi de ses ancêtres l’Espagne depuis Grenade : restaurer l’ancien Califat dont son père était le roi. Chrétiens et musulmans s’affrontent mais le maure Aben tombe amoureux de la belle chrétienne Bianca : défiant la fatalité des antagonismes héréditaires, leur amour foudroyant sera cependant vaincu par l’opposition des religions.

 

 

ABEN-hamet-theodore-dubois-575-jean-claude-malgoire

 

 

 

CLIC_macaron_2014Audace et raffinement harmoniques, subtilitĂ© mĂ©lodique avec un usage très subtil des leitmotiv, puretĂ© stylistique et suprĂŞme Ă©lĂ©gance, l’opĂ©ra Aben Hamet (crĂ©Ă© en 1884) nous est restituĂ© dans une nouvelle orchestration, rĂ©alisĂ©e par Jean-Claude Malgoire d’après la version chant / piano originale. C’est l’occasion de savourer cet orientalisme français d’une irrĂ©sistible sĂ©duction (oĂą rayonne le timbre de la harpe, du saxophone…) : Aben Hamet poursuit la claire et lumineuse vision de Carmen de Bizet. Mais Dubois y ajoute aussi sa parfaite connaissance de l’opĂ©ra hĂ©ritĂ© de Gounod, FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns, Massenet. Sa sensualitĂ© et sa finesse annoncent mĂŞme Debussy. C’est dire l’importance de cette rĂ©surrection. A Tourcoing, Jean-Claude Malgoire  rĂ©unit une distribution convaincante oĂą rayonne le timbre clair et juvĂ©nile du baryton Guillaume Andrieux dans le rĂ´le-titre : Ă  Grenade, le jeune prince dĂ©couvre l’amour mais doit affronter l’extrĂ©misme : il mourra sur le champ de bataille. Dans une mise en scène Ă©purĂ©e, Ă  la fois suggestive et abstraite (signĂ©e Alita Baldi), l’action lyrique suit son cours, sans faiblir jusqu’à la superbe scène finale d’un romantisme prĂ©servĂ©. Production Ă©vĂ©nement, Tourcoing les 14, 16 et 18 mars 2014. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM

 

Lire notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra ABEN HAMET de ThĂ©odore Dubois (1884)

Toutes les infos sur le site de L’Atelier Lyrique de Tourcoing 

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

 

boutonreservation

 

Vendredi 14 mars 2014 Ă  20h
Dimanche 16 mars 2014 Ă  15h30
Mardi 18 mars 2014 Ă  20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

 

TOURCOING. Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recrĂ©ation. Les 14,16,18 mars 2014. CrĂ©ation mondiale en version scĂ©nique. Après en avoir proposĂ© la version de concert au Canada (en juin 2013 Ă  Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidèle Ă©quipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirĂ©es la crĂ©ation en français et mise en scène de l’opĂ©ra Aben Hamet du compositeur classique acadĂ©mique ThĂ©odore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier AbencĂ©rage (Aben Hamet, lui-mĂŞme fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prĂŞt en accostant Ă  Grenade a reconquĂ©rir l’Espagne (malgrĂ© la dĂ©faite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et dĂ©cors orientalisants Ă  la manière du peintre GĂ©rĂ´me (lui-mĂŞme pompier et acadĂ©mique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et Ă©preuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnĂ©ment Ă©pris de la belle chrĂ©tienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sĂ©pare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cĹ“urs contre la fatalitĂ© des conflits sĂ©culaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opĂ©ra crĂ©Ă© en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polĂ©mique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement Ă©cartĂ© et mis dans l’ombre très vite. Le chef en propose sa version personnelle d’après un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opĂ©ra crĂ©Ă© en italien est ici chantĂ© en français. Et la partition d’orchestre a Ă©tĂ© totalement rĂ©Ă©crite Ă  partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arrière-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRĂ©orchester Aben. A partir des traitĂ©s d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rĂ©tabli une pâte sonore aux Ă©vocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consultĂ© la matière disponible aujourd’hui, c’est Ă  dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu rĂ©cemment ressuscitĂ©, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. ThĂ©odore Dubois Ă©tait alors plus connu comme compositeur Ă  l’Ă©glise qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaĂ®tre l’orchestrateur Ă©lĂ©gant, sensible, raffinĂ© et transparent que fut Dubois : une personnalitĂ© musicale du milieu parisien très estimĂ©e. Dans la fosse d’opĂ©ra, Ă  l’Ă©poque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inĂ©vitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophiclĂ©ide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserrĂ© le livret français tout en adaptant les mots et les rĂ©fĂ©rences religieuses selon notre propre sensibilitĂ© ; s’agissant d’un terrain toujours polĂ©mique, les choix linguistiques et lexicaux ont Ă©tĂ© particulièrement soignĂ©s afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualitĂ©. Pour se faire, la seconde version validĂ©e par l’auteur en 1888, – pour d’Ă©ventuelles reprises, après la crĂ©ation de 1884, a Ă©tĂ© adoptĂ©e, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scène ultime oĂą la mère d’Aben, ZulĂ©ma, voix de la fatalitĂ© guerrière et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils Ă  rĂ©aliser par devoir, son destin politique : venger l’âme de son père en conquĂ©rant Grenade : or comment pourrait-il honorer son père le roi Boabdil s’il Ă©pouse une chrĂ©tienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilitĂ© des deux amants de vivre leur amour face Ă  l’antagonisme religieux et politique hĂ©ritĂ© de leurs aĂ®nĂ©s.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

boutonreservation

 

Vendredi 14 mars 2014 Ă  20h
Dimanche 16 mars 2014 Ă  15h30
Mardi 18 mars 2014 Ă  20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

RecrĂ©ation d’Aben Hamet de Dubois Ă  Tourcoing

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing : Aben Hamet de Dubois, recrĂ©ation. Les 14,16,18 mars 2014. CrĂ©ation mondiale en version scĂ©nique. Après en avoir proposĂ© la version de concert au Canada (en juin 2013 Ă  Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidèle Ă©quipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirĂ©es la crĂ©ation en français et mise en scène de l’opĂ©ra Aben Hamet du compositeur classique acadĂ©mique ThĂ©odore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier AbencĂ©rage (Aben Hamet, lui-mĂŞme fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prĂŞt en accostant Ă  Grenade a reconquĂ©rir l’Espagne (malgrĂ© la dĂ©faite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et dĂ©cors orientalisants Ă  la manière du peintre GĂ©rĂ´me (lui-mĂŞme pompier et acadĂ©mique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et Ă©preuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnĂ©ment Ă©pris de la belle chrĂ©tienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sĂ©pare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cĹ“urs contre la fatalitĂ© des conflits sĂ©culaires…  En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opĂ©ra crĂ©Ă© en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polĂ©mique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement Ă©cartĂ© et mis dans l’ombre très vite. Le chef en propose sa version personnelle d’après un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opĂ©ra crĂ©Ă© en italien est ici chantĂ© en français. Et la partition d’orchestre a Ă©tĂ© totalement rĂ©Ă©crite Ă  partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arrière-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRĂ©orchester Aben. A partir des traitĂ©s d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rĂ©tabli une pâte sonore aux Ă©vocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consultĂ© la matière disponible aujourd’hui, c’est Ă  dire les partitions des oratorios de Dubois :  Le Paradis Perdu rĂ©cemment ressuscitĂ©, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. ThĂ©odore Dubois Ă©tait alors plus connu comme compositeur Ă  l’Ă©glise qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaĂ®tre l’orchestrateur Ă©lĂ©gant, sensible, raffinĂ© et transparent que fut Dubois : une personnalitĂ© musicale du milieu parisien très estimĂ©e. Dans la fosse d’opĂ©ra, Ă  l’Ă©poque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inĂ©vitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophiclĂ©ide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserrĂ© le livret français tout en adaptant les mots et les rĂ©fĂ©rences religieuses selon notre propre sensibilitĂ© ; s’agissant d’un terrain toujours polĂ©mique, les choix linguistiques et lexicaux ont Ă©tĂ© particulièrement soignĂ©s afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualitĂ©. Pour se faire, la seconde version validĂ©e par l’auteur en 1888, – pour d’Ă©ventuelles reprises, après la crĂ©ation de 1884, a Ă©tĂ© adoptĂ©e, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scène ultime oĂą la mère d’Aben, ZulĂ©ma, voix de la fatalitĂ© guerrière et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils Ă  rĂ©aliser par devoir, son destin politique : venger l’âme de son père en conquĂ©rant Grenade : or comment pourrait-il honorer son père le roi Boabdil s’il Ă©pouse une chrĂ©tienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilitĂ© des deux amants de vivre leur amour face Ă  l’antagonisme religieux et politique hĂ©ritĂ© de leurs aĂ®nĂ©s.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

 

boutonreservation

 

Vendredi 14 mars 2014 Ă  20h
Dimanche 16 mars 2014 Ă  15h30
Mardi 18 mars 2014 Ă  20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy