COMPTE-RENDU, opéra. Paris, TCE, le 3 déc 2019. MOZART: Les Noces de Figaro. Aglatova, Gleadow, Santoni… J Rhorer / J Grey

Compte rendu, opéra. Paris. Théâtre des Champs-Elysées, 3 décembre 2019. Les Noces de Figaro, Mozart. Anna Aglatova, Robert Gleadow, Stéphane Degout, Vannina Santoni… Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction. James Gray, mise en scène. Nouvelle production des Noces de Figaro de Mozart par le cinéaste américain James Gray, réalisateur des films Little Odessa et plus récemment Ad Astra, ce chef d’oeuvre sans prétention. Production très attendue également par les talents réunis dans la distribution bouleversante de fraîcheur et la superbe direction musicale du chef Jérémie Rhorer et son orchestre Le Cercle de l’Harmonie.

 

 

 

Prima la musica…

   

 

 

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Nous apprenons dans le programme de la représentation que le réalisateur, dans sa toute première mise en scène d’opéra, voulait prendre ce parti tout à fait sage et respectable. Si les personnages de Beaumarchais et Mozart sont en effet atemporels, ils ont cette particularité de pouvoir parler à notre époque. Œuvre révolutionnaire et féministe avant son temps, elle a un grand potentiel aux niveaux des possibilités de lecture comme d’interprétation. Mais si nous savons pas comment faire parler ces personnages si riches, on peut bel et bien tout simplement les laisser chanter. Quand ils chantent aussi bien, une mise en scène extrêmement sage et peu imaginative peut réussir son but de laisser l’ouïe être protagoniste. N’oublions cependant pas que l’opéra, c’est du théâtre lyrique.

Le Noces de Figaro de Mozart est un des rares opĂ©ras dans l’histoire de la musique Ă  n’avoir jamais dĂ» subir d’absence au rĂ©pertoire international. En effet, depuis sa crĂ©ation il y a 233 ans, le monde entier n’a pas cessĂ© de solliciter et d’adorer le sublime Ă©quilibre entre la gĂ©niale musique du gĂ©nie salzbourgeois et l’Ă©lĂ©gant et amusant livret de Lorenzo da Ponte, d’après Beaumarchais.

Le couple vedette de Suzanne et Figaro est vaillamment interprété par la soprano Anna Aglatova et le baryton-basse Robert Meadow. Tous deux, remarquables dans les nombreux ensembles, vocalement toujours ; scéniquement … quand ceci peut avoir lieu. Pour la soprano, son « Deh vieni non tardar » au IVème acte est un sommet d’expression ; dans ce bijou d’amour palpitant au rythme de sicilienne, elle rayonne et impressionne par sa ravissante maîtrise de l’instrument et l’émotion contenue ma non troppo qu’elle y imprime. Le baryton-basse quant à lui est tout particulièrement pétillant sur scène, et dans son grand air au Ier acte, « Non piu andrai » : sa voix est large et seine, le timbre charmant et la présence belle.

Le couple aristocratique du Comte et de la Comtesse est tout aussi brillamment interprété par la soprano Vannina Santoni et le baryton Stéphane Degout. Ils sont excellents dans les ensembles, parfois même sublimes, comme la première dans le duo du IIIe acte « Canzonetta sull’aria », avec cet écho bouleversant qui fait encore écho dans les cœurs, tellement c’était beau. La soprano campe ses deux airs difficiles au niveau de l’expression avec beaucoup d’émotion et suscite chaque fois des applaudissements. Stéphane Degout a un magnétisme sur scène indéniable dès son entrée et un sens aigu de l’expression lyrique qui nous touche particulièrement. Son air redoutable du IIIe acte « Vedro mentr’io sospiro » est une explosion de passion et de brio, et sa voix large et belle nous captive entièrement, presque suffisamment pour oublier la mièvrerie de l’action ponctuelle que lui impose le metteur en scène à ce moment : escrime dans le vide. La mezzo-soprano Eléonore Pancrazi dans le rôle de Chérubin ravit par la beauté du timbre ; sa performance est solide et correcte, même si nous la trouvons presque trop sage.

Les nombreux rôles secondaires sont tout à fait à la hauteur des ambitions musicales de la production. Quel plaisir d’entendre Jennifer Larmore dans le rôle de Marcelline, piquante et touchante au même temps, ou encore Carlo Lepore dans le rôle de Bartolo, réactif, percutant. La Barberine de Florie Valiquette est comme une révélation ! Sa cavatine intimiste du IVème acte « L’ho perduta » est un moment où le temps s’arrête et fait place à la beauté nocturne du morceau sublimement interprété par la soprano. Remarquons également la performance heureuse du choeur Unikanti sous la direction de Gaël Darchen.

S’il y a un protagoniste dans cette production dont le seul défaut serait son propre investissement sans concession, c’est l’orchestre. Les récitatifs (avec pianoforte!) sont délicieusement interprétés par Paolo Zenzu, habillé en costume d’époque avec perruque pour l’occasion, et la direction du chef Jérémie Rhorer est d’un entrain et d’un dynamisme qui fait tout à fait honneur à la partition. L’interprétation des musiciens sur instruments d’époque est un plaisir auditif sans interruption ; leur performance est enjouée… mozartienne à souhait. L’aspect transgressif de l’oeuvre est, pour une fois, assuré par l’orchestre et non pas par la transposition scénique.

RAFFINEMENT JUDICIEUX… L’équipe artistique de James Gray est pleine de mérite. Les décors classiques de Santo Loquasto sont beaux, rappelant beaucoup l’iconique mise en scène de Giorgio Strehler, dans tous les actes sauf au IIIème avec une proposition d’apparence plus originelle. Les costumes d’époque signés Christian Lacroix sont, bien évidemment, très beaux et très nobles. Les lumières de Bertrand Couderc, efficaces, parfois poétiques même. La volonté de James Gray de respecter quelque chose paraît évidente, et dans ce sens c’est une réussite indéniable qui fait penser à la préface de l’opus par son librettiste Lorenzo Da Ponte :

« (…) Puissions-nous être ainsi parvenus à peindre fidèlement et avec diversité les divers états d’âme qui s’y manifestent et à réaliser notre intention d’offrir un genre de spectacle nouveau, en quelque sorte, à un public au goût si raffiné et au jugement si judicieux. » Ceci correspond à la belle production du réalisateur. Diffusé sur France 5 le samedi 14 décembre 2019 à 22h30. Illustrations : photos © Vincent Pontet, 2019.

 

 

   

 

 

COMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY

Mozart-portrait-chevalier-clemence-de-titus-idomeneo-mozartCOMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY. On l’attendait comme le loup blanc, mieux : comme le nouveau messie venu (enfin) renouveler le genre lyrique passablement éreinté par de faux metteurs en scène. Qu’allions nous alors (re)découvrir dans ces Nozze miraculeuses où brûle le désir et se consume l’amour en une transe collective, à la fois nostalgique et facétieuse ? Qu’apporte réellement à l’opéra, le cinéaste James Gray, lui qui à 50 ans, très marqué par le style intello esthète de l’Actor studio, a marqué le cinéma américain depuis une décennie, grâce à des cadrages et une photographie qui citent souvent … la modernité inusable d’un Degas ? En réalité… une (trop) sage mise en mouvement d’un incomparable chef d’œuvre. Et si la musique trop divine de Wolfgang rendait le défi de la représentation, définitivement stérile ? La proposition de James Gray nous paraît objectivement moins pertinente qu’au cinéma. Mais cela aurait pu être pire et tourner au détournement spatial de la part du récent réalisateur d’Ad Astra. Pourtant ayant encore vu récemment The city of Z, dont l’action inscrite de la forêt amazonienne (bolivienne) fait paraître comme d’un songe, une représentation de Cosi fan tutte, nous espérions être surpris, tout au moins touchés par le spectacle annoncé comme majeur par le TCE…

 
 

 
 

GRAY UN PEU GRIS…

  

 

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SAINE MAIS SAGE FIDELITÉ AUX TEXTES… Architecture méridionale vaguement sévillane au I ; costumes outrageusement espagnols (Lacroix) ; situations dramatiques respectueuses du livret assez sage de da Ponte, du moins plus bourgeoises que révolutionnaires de la source Beaumarchais. On est parfois même dans un pastiche kitch d’un XVIIIè exacerbé, un rien pétaradant. La vogue Marie-Antoinette, vomissant ses mouches, ses rubans et ses macarons…, sévit toujours. La lecture politique du conflit entre le Comte Almaviva qui fait valoir son droit de cuissage / jambage, et son valet Figaro, fiancé défenseur de sa future épouse Suzanne, reste une affaire strictement domestique. Observateur de la réalité, voire analyste sans l’avouer, Gray prolonge du cinéma à l’opéra, son perfectionnisme visuel presque maladif. Il agrémente la vérité des séquences grâce à quelques objets / accessoires qui disent tout, clairement, synthétiquement: miroir, guitare… qui passant de mains en mains déterminent l’idée des réseaux et des conspirations (féminines) contre le despote Almaviva. Même dans les replis de cette action fermée, entre maîtres et serviteurs, l’américain apporte une lecture pointilliste et plutôt classique qui s’intéresse de près à chaque mouvement des corps, chaque geste, toujours très signifiants. Un travail d’acteurs… de cinéma.

PLATEAU UN PEU TIEDE… Gorge serrée et naturel en berne, le Comte Almaviva de Stéphane Degout a l’intelligence d’enrichir son personnage en évitant la caricature. Le despote est moins brutal et grossier qu’ailleurs. Ouf. Profonde voix suave, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni apporte la touche de féminité complémentaire, habitée quoique parfois trop languissante, que transforme enfin, une tenue vocale très claire et lumineuse. La voix exprime le sentiment et c’est tant mieux : en l’occurrence, l’ennui et la nostalgie d’une épouse délaissée (et trompée) quoiqu’encore jeune.
Le Figaro de Robert Gleadow occupe tous les espaces et potentialités du personnage : comédien autant que chanteur, la technique a quand même du mal à canaliser un trop plein de puissance et de vibrato. Bref un acteur dévoilé, mais un chanteur très peu mozartien. Même le jeune talent attendu ici, la soprano Eléonore Pancrazi fait un Cherubin peu fluide, qui se cherche encore…
Bientôt Platée chez Rameau, le ténor percutant comme une trompette mais nuancé comme le diseur baroque qu’il est, et magnifiquement, éblouit par contre en Basilio : sorte de lâche insolent, canaille frustrée mais persiflante à souhait. Le chanteur français, lui, manifeste un plaisir évident dans le jeu théâtral, d’autant qu’ici moyens et intentions sont idéalement justes.

 

 

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Chef aux mouvements carrés mais vifs, et orchestre (sur instruments d’époque) réalisent un Mozart nuancé mais comme fonctionnarisé ; qui manque de respiration comme de souffle ; sans guère de surprise. A croire qu’une certaine âpreté ciselée par Harnoncourt n’a jamais existé ? Classique, méticuleusement respectueuse des didascalies et indications de da Ponte, cette production cinématographique de James Gray fonctionne de toute évidence. Elle ne marque pas non plus les esprits. C’est un peu tiède et trop sage.

 

 
 
 

 
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COMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. Opera biffa en quatre actes K. 492. Livret de Lorenzo Da Ponte, d’après La Folle journée ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Direction musicale : Jérémie Rhorer.
Mise en scène : James Gray.

Scénographie : Santo Loquasto. Costumes : Christian Lacroix. Lumière : Bertrand Couderc.

Avec Anna Aglatova (Suzanne),
Robert Gleadow (Figaro),
Stéphane Degout (le comte Almaviva),
Vannina Santoni (la comtesse Almaviva),
Éléonore Pancrazi (Chérubin).

 

 

 

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Photos / illustrations © Vincent Pontet / TCE service de presse

Les Noces de Figaro de James Gray

noces-de-figaro-mozart-james-gray-opera-concert-critique-classiquenews-tce-nocesFRANCE 5. MOZART : James Gray met en scène les Noces de Figaro, sam 14 dĂ©c 2019. 22h25. C’est la production dont tout le milieu parisien s’est gargarisĂ© ; annonçant le prodige grâce Ă  la (première) contribution du rĂ©alisateur au cinĂ©ma James Gray Ă  l’opĂ©ra… IL est vrai que dans son chef d’oeuvre qui traite de l’illusion qui rend fou, le hĂ©ros archĂ©ologue surprend en pleine Amazonie bolivienne, une reprĂ©sentation de Cosi fan tutte… Cette production des Noces de Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart est enregistrĂ© au Théâtre des Champs-ElysĂ©es (Paris). L’opĂ©ra buffa en quatre actes, sur un livret de Lorenzo Da Ponte d’après Le Mariage de Figaro ou La folle JournĂ©e de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1784). est donc prĂ©sentĂ© comme l’un des Ă©vĂ©nements lyriques de la rentrĂ©e 2019, Depuis son Lion d’argent Ă  la Mostra de Venise en 1994 pour son premier film, Little Odessa jusqu’à son rĂ©cent Ad Astra, le cinĂ©aste amĂ©ricain James Gray s’il a marquĂ© le cinĂ©ma amĂ©ricain, reste surtout plus connu en Europe qu’aux USA. Depuis ces vingt dernières annĂ©es, il s’est distingué par son Ă©criture, une direction d’acteurs ambitieuse et très personnelle. Sa filmographie (The Yard, Two lovers, La nuit nous appartient, The Immigrant…) est marquĂ©e par un style romanesque et un goĂ»t prononcĂ© pour les fresques et chroniques Ă  dominante sociale et familiale. Grand amateur de littĂ©rature lyrique, les Noces seront ses premiers pas de metteur en scène d’opĂ©ra.

Après Idomeneo, La Clémence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, voici le cinquième opus mozartien que Jérémie Rhorer dirige avenue Montaigne. À la tête de son ensemble, Le Cercle de L’Harmonie.

Distribution :
James Gray : mise en scène
 / Jérémie Rhorer : direction musicale
Santo Loquasto: scĂ©nographie – 
GlysleĂŻn Lefever : chorĂ©graphie
  -  Christian Lacroix : costumes   –  
Bertrand Couderc : lumière

Anna Aglatova : Suzanne  - 
Robert Gleadow : Figaro
  -  Stéphane Degout : Le Comte Almaviva
  -  Vannina Santoni : La Comtesse Almaviva  - Eléonore Pancrazi : Chérubin  -
Carlo Lepore : Bartolo  - 
Jennifer Larmore : Marceline
  -  Florie Valiquette : Barberine  -
Mathias Vidal : Basilio.
Matthieu Lécroart : Antonio  -  
Rodolphe Briand : Curzio.

Le Cercle de l’Harmonie

James GRAY met en scène les Nozze de Mozart

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS, TCE. MOZART: Nozze par James GRAY, 1er nov – 8 dĂ©c 2019. Le cinĂ©aste amĂ©ricain James Gray, bien connu pour soigner en particulier le profil psychologique de ses personnages, comme le tableau final qui les abandonne Ă  leur destin, rĂ©ussira-t-il Ă  renouveler notre perception des Nozze de Figaro de Mozart et Da Ponte, eux-mĂŞme inspirĂ©s par Beaumarchais ? Dans le trop court film d’annonce, Ă©ditĂ© sur le site du TCE, James Gray explique pourquoi il a dit oui Ă  cette aventure qui l’éloigne du cinĂ©ma, son territoire naturel. Lunettes d’intellos, faux air de mal rasĂ© sorti de son lit, – en rĂ©alitĂ© très new-yorkais, mais passionnĂ© par l’opĂ©ra, le rĂ©alisateur veut rendre hommage Ă  une partition et une pièce lyrique qu’il trouve « presque parfaite »…

GRAY, de l’espace à l’opéra
Né en 1969 (il a eu donc 50 ans en avril 2019), l’américain (d’origine ukrainienne) né à New York, James Gray met en scène Les Noces de Figaro du do mythique Mozart et Da Ponte. Adolescent, il a déserté les bancs de l’école pour occuper la rangée de fauteuil au cinéma, connaissant toutes l’histoire du genre et se passionnant aussi pour la littérature russe (Dostoievski en particulier et aussi Tolstoi) : il adapte au cinéma le sens d’une narration souvent épique, mais a le souci de la psychologie intime : ce qui le place comme le plus européen des réalisateurs américains.

Première au TCE, Paris

James Gray met en scène MOZART

De la psychologie autant que de l’action. Le réalisateur s’est taillé une très solide réputation au cinéma avec des films devenus cultes : Little Odessa conçu à 25 ans en 1994 et qui remporte le lion d’argent de Venise (chronique noire et familiale dans un quartier dont il a parfaitement connu l’ambiance et les dangers ; The Yards (2000, autre épisode noir qui décrit la maffia newyorkaise) ; la nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), surtout The Immigrant (2013 dont l’héroïne incarnée par Marion Cotillard évoque la lente descente aux enfers d’une jeune polonaise débarquant à New York) ; puis c’est le chef d’œuvre absolu, illustration d’un rêve personnel et esthétique qui adapte The Lost City of Z (2016), dramaturgie progressive qui comme dans The Immigrant, converge peu à peu vers l’éblouissement saisissant du dernier tableau, véritablement composé comme une peinture d’histoire. Aucun doute alors, James Grey est non seulement un grand narrateur, c’est aussi un esthète. Puis en 2019, le cinéaste renouvelle le genre SF depuis Alien, avec Ad Astra (vers l’étoile). Moins connu (et compris) aux USA qu’en Europe, James Gray a la passion de l’opéra. Réussira-t-il son premier coup à Paris en décembre prochain ? A t il la fibre mozartienne ?

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PARIS, TCEboutonreservation
29 nov , 1er, 3, 5, 7, 8 décembre 2019
6 représentations
Infos et réservations
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-mis-en-scene/les-noces-de-figaro

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DISTRIBUTION
Glysleïn Lefever: chorégraphie
Christian Lacroix: costumes
Bertrand Couderc: lumière
Anna Aglatova: Suzanne
Robert Gleadow: Figaro
Stéphane Degout: Le Comte Almaviva
Vannina Santoni: La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi: Chérubin
Carlo Lepore: Bartolo
Jennifer Larmore: Marceline
Florie Valiquette: Barberine
Mathias Vidal: Basilio
Matthieu LĂ©croart: Antonio
Rodolphe Briand: Curzio

Le Cercle de l’Harmonie
Unikanti :  Gaël Darchen, direction

Jérémie Rhorer: direction
James Gray: mise en scène
Santo Loquasto: scénographie

Opéra chanté en italien, surtitré en français et en anglais
Durée de l’ouvrage 2h40 environ

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mozart wolfgangMozart suit les pas de Beaumarchais : il n’oublie rien des enjeux de chaque protagoniste, 5 entités parfaitement caractérisées ; ni le contexte français de la Révolution qui couve : un climat de rébellion et de liberté à tout craint qui exalte les désirs et les pulsions de chacun… Voilà pourquoi tout tend ici à l’implosion, en particulier des codes d’une société (celle monarchiste) passablement inégalitaire et injuste. Tous sans exception souffre : les valets, Suzanne et Figaro, soumis à des règles éculées qui les renvoient toujours à leur « bassesse » sociale ; le Comtesse jouisseur invétéré qui comme Don Giovanni, « tourne en rond » ; la Comtesse son épouse, aussi frustrée, abandonnée que négligée…

Outre les défis et les attentes que suscitent le choix d’un metteur en scène de cinéma dans la réalisation de cette nouvelle production, le chef requis, mozartien diversement apprécié chez Mozart, Jérémie Rhorer poursuit son approche du théâtre mozartien au TCE (après Idomeneo, La Clémence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, ces nouvelles Nozze sont donc le cinquième opus dirigé avenue Montaigne, avec son ensemble Le Cercle de L’Harmonie sur instruments d’époque). Mais autant « d’expérience » saurait-elle égaler l’excellente et récente maîtrise mozartienne d’un autre chef Mathieu Herzog et son fabuleux collectif Appassionnata (révélés dans une fabuleuse triologie symphonique, porutant très délicate; les 38, 39 et 40èmes symphonies de Mozart, cimes orchestrales pour tout chef digne de ce nom ?
Parmi les chanteurs à suivre particulièrement, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni, déjà remarquée à l’Opéra de Tours (XX), dans un récital Beethoven et Mozart avec le Palais royal (le temps des héros)… La chanteuse saura-t-elle exprimer toute le désarroi et la solitude de Rosina, hier courtisée par Belfiore, aujourd’hui devenue épouse délaissée ? De même, le Cherubin de la pétillante Eléonore Pancrazi dans le rôle de Cherubin…

Vendredi 22 novembre 2019, 18h30
Rencontre avec Erik Orsenna, auteur de Beaumarchais, un aventurier de la liberté, Jérémie Rhorer, directeur musical, James Gray, cinéaste et metteur en scène, Frédéric Bonnaud, directeur général de la Cinémathèque française.

EntrĂ©e libre – Inscription obligatoire ICI
https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=101500458435

France Musique diffuse cet opéra le 28 décembre à 20h