Hansel et Gretel sur France Musique

logo_francemusiqueFrance Musique. Humperdinck : Hansel et Gretel. Samedi 26 décembre 2015, 19h. Enregistré depuis l’Opéra Graslin de Nantes, la production dirigée par l’efficace et impétueux Thomas Rösner défend le chef d’oeuvre poétique d’Humperdinck avec conviction et profondeur. Programmée par Angers Nantes Opéra du 11 décembre 2015 au 6 janvier 2015, voici la nouvelle production événement de cette fin d’année, Hansel et Gretel dirigée par Thomas Rösner auquel on doit déjà de précédentes indiscutables réussites dont pour le même Opéra, Lucia Silla, La Ville Morte de Korngold… La partition d’Humperdinck est loin d’être un ouvrage anodin : son orchestration est digne de Strauss et Wagner, et sa construction dramatique relève d’un esprit exigeant et supérieurement poétique…

Un conte pour enfants
devenu opéra post wagnérien, féerique et onirique

 

Hansel et Gretel, l'opéra féerique d'HumperdinkLa misère produit dans l’esprit des âmes enfantines, innocentes des prodiges d’imagination pour conjurer la morsure de la faim ou l’enfer des nuits glaciales : ainsi le frère et la soeur Hansel et Gretel échafaudent en un délire onirique et grotesque un conte de sucrerie et de chocolat où se joue leur rapport au monde et leur relation à l’autorité, incarnés ici dans la personne de la vorace et terrifiante Sorcière Grignote.

Otkrytoe Pismo  Hamperdink Postcard-1910Plutôt que de plonger dans l’adaptation un rien trop terrifiante des frères Grimm, Humperdink préfère intégrer la vision d’Adelheid Wette, sa sÅ“ur dont la sensibilité apporte une douceur tendre qui manquait à la légende originelle. L’opéra qui en découle par sa musique alliant puissance et raffinement porte la connaissance aiguë et plutôt très admirative de Richard Wagner, d’autant que Humperdink ne fait pas que renouveler le dramatisme symphonique et hypnotique de Wagner : il sait le renouveler ; il a travaillé avec le maître de Bayreuth participant à la création de Parsifal en 1882 à 26 ans seulement (peut-on se remettre d’une telle expérience ?). A la mort de son mentor et maître, le 14 février 1883, Humperdink reste inconsolable. L’histoire allait montrer que Humperdink pouvait assimiler, transposer, renouveler l’art wagnérien au théâtre : immense défi éprouvé par les plus grands compositeurs germaniques et français… dont peu surent en effet réaliser ce projet.

En 1890 quand se précise l’idée d’Hansel et Gretel, Humperdink doit se réconcilier avec un milieu hostile à ses prises de position wagnériennes: sa soeur Adelheid lui propose de mettre en musique un conte pour les enfants qu’elle a elle même écrit, pour l’anniversaire de son mari. D’un pari familial à peine pris au sérieux, l’opéra à naître prend peu à peu forme, devenant même pour le jeune compositeur nostalgique de Wagner, voire dépressif, une sorte de baume salvateur.
Passéiste : oh que non ! La partition s’impose immédiatement sur les scènes d’abord allemandes, devenant  l’opéra des fêtes par excellence : apportant à son auteur un pactole enviable à une époque où composer un opéra pouvait encore faire recettes :  soit deux millions de marks-or, rien qu’entre 1900 et 1910 pour son auteur.

Une voix et non des moindres sut dès 1893 reconnaître l’incroyable talent du jeune wagnérien et mesurer dans ses justes proportions, sa fabuleuse originalité, Richard Strauss :  « Quel humour rafraîchissant, quelle exquise naïveté mélodique, quel art et quelle finesse dans le traitement de l’orchestre, quelle perfection dans la construction de l’ensemble, quelle invention florissante, quelle merveilleuse polyphonie, et le tout original ; nouveau et si véritablement allemand. »

L’on ne saurait être plus pertinent et élogieux : si la valeur des grands chefs d’oeuvre se mesure à leur reconnaissance immédiate et surtout populaire, Humperdink par sa fraîcheur musicale renoue avec le Mozart de La Flûte enchantée, féerique et pourtant philosophique, s’adressant autant aux enfants qu’à leurs parents. Une qualité que comporte en tout points le génial Humperdink et son inusable, Hansel et Gretel.

 

Hansel  et Gretel d’Humperdink, 1893
Présenté par Angers Nantes Opéra
Conte musical en 3 tableaux
Nouvelle production
7 dates événements,
Du 11 décembre 2015 au 5 janvier 2016

Livret de Adelheid Wette, d’après Hänsel und Gretel, conte populaire recueilli par les frères Grimm dans le premier volume des Contes de l’enfance et du foyer [Kinder-und Hausmärchen].
Créé au Théâtre Grand-Ducal de la cour de Weimar, le 23 décembre 1893.

boutonreservationNANTES, Théâtre Graslin
Vendredi 11 décembre, 20h
Dimanche 13 décembre, 14h30
Mardi 15 décembre, 20h
Jeudi 17 décembre, 20h
Vendredi 18 décembre 2015, 20h

ANGERS, Le Quai
Mardi 5 janvier 2016, 20h
Mercredi 6 janvier 2016, 20h

réservez vos places

THOMAS RÖSNER, direction
EMMANUELLE BASTET, mise en scène

Vincent Le Texier, Pierre
Eva Vogel, Gertrude
Marie Lenormand
Norma Nahoun
Jeannette Fischer
Dima Bawab, Le Marchand de sable

Maîtrise de la Perverie
Gilles Gérard, direction

Chœur d’Angers Nantes Opéra
Xavier Ribes, direction
Orchestre National des Pays de la Loire

Nouvelle production Angers Nantes Opéra
[Opéra en allemand avec surtitres français

Angers Nantes Opéra. Nouvelle production d’Hansel et Gretel

Hansel et Gretel, l'opéra féerique d'HumperdinkAngers Nantes Opéra. Humperdink : Hansel et Gretel, 11 décembre 2015>6 janvier 2015. C’est la nouvelle production événement de cette fin d’année, présentée par Angers Nantes Opéra où devrait se confirmer la talent pour la clarté dramatique, d’une metteur en scène particulièrement inspirée : Emmanuelle Bastet. C’est une partenaire conviée par Angers Nantes Opéra et qui a signé auparavant, Lucio Silla (esthétique, d’une efficacité tranchée), un sublime Orphée et Eurydice, entre réalisme et onirisme, La Traviata, et plus récemment Pelléas et Mélisande (transposé avec un sens cinématographique très léché, dans une réalisation qui pourrait être un film d’Hitchcok). Qu’en sera-t-il pour Hansel et Gretel, conte féerique qui ne s’adresse pas qu’aux enfants : la musique y est aussi raffinée et pensée que les œuvres de Wagner (le modèle d’Humperdink) ou Richard Strauss (qui fut immédiatement fasciné par la musique d’Hansel et Gretel). La nouvelle production présentée par Angers Nantes Opéra s’annonce comme l’événement lyrique de cette fin d’année 2015.

Un conte pour enfants
devenu opéra post wagnérien, féerique et onirique

 

La misère produit dans l’esprit des âmes enfantines, innocentes des prodiges d’imagination pour conjurer la morsure de la faim ou l’enfer des nuits glaciales : ainsi le frère et la soeur Hansel et Gretel échafaudent en un délire onirique et grotesque un conte de sucrerie et de chocolat où se joue leur rapport au monde et leur relation à l’autorité, incarnés ici dans la personne de la vorace et terrifiante Sorcière Grignote.

Otkrytoe Pismo  Hamperdink Postcard-1910Plutôt que de plonger dans l’adaptation un rien trop terrifiante des frères Grimm, Humperdink préfère intégrer la vision d’Adelheid Wette, sa sÅ“ur dont la sensibilité apporte une douceur tendre qui manquait à la légende originelle. L’opéra qui en découle par sa musique alliant puissance et raffinement porte la connaissance aiguë et plutôt très admirative de Richard Wagner, d’autant que Humperdink ne fait pas que renouveler le dramatisme symphonique et hypnotique de Wagner : il sait le renouveler ; il a travaillé avec le maître de Bayreuth participant à la création de Parsifal en 1882 à 26 ans seulement (peut-on se remettre d’une telle expérience ?). A la mort de son mentor et maître, le 14 février 1883, Humperdink reste inconsolable. L’histoire allait montrer que Humperdink pouvait assimiler, transposer, renouveler l’art wagnérien au théâtre : immense défi éprouvé par les plus grands compositeurs germaniques et français… dont peu surent en effet réaliser ce projet.

En 1890 quand se précise l’idée d’Hansel et Gretel, Humperdink doit se réconcilier avec un milieu hostile à ses prises de position wagnériennes: sa soeur Adelheid lui propose de mettre en musique un conte pour les enfants qu’elle a elle même écrit, pour l’anniversaire de son mari. D’un pari familial à peine pris au sérieux, l’opéra à naître prend peu à peu forme, devenant même pour le jeune compositeur nostalgique de Wagner, voire dépressif, une sorte de baume salvateur.
Passéiste : oh que non ! La partition s’impose immédiatement sur les scènes d’abord allemandes, devenant  l’opéra des fêtes par excellence : apportant à son auteur un pactole enviable à une époque où composer un opéra pouvait encore faire recettes :  soit deux millions de marks-or, rien qu’entre 1900 et 1910 pour son auteur.

Une voix et non des moindres sut dès 1893 reconnaître l’incroyable talent du jeune wagnérien et mesurer dans ses justes proportions, sa fabuleuse originalité, Richard Strauss :  « Quel humour rafraîchissant, quelle exquise naïveté mélodique, quel art et quelle finesse dans le traitement de l’orchestre, quelle perfection dans la construction de l’ensemble, quelle invention florissante, quelle merveilleuse polyphonie, et le tout original ; nouveau et si véritablement allemand. »

L’on ne saurait être plus pertinent et élogieux : si la valeur des grands chefs d’oeuvre se mesure à leur reconnaissance immédiate et surtout populaire, Humperdink par sa fraîcheur musicale renoue avec le Mozart de La Flûte enchantée, féerique et pourtant philosophique, s’adressant autant aux enfants qu’à leurs parents. Une qualité que comporte en tout points le génial Humperdink et son inusable, Hansel et Gretel.

 

Hansel  et Gretel d’Humperdink, 1893
Présenté par Angers Nantes Opéra
Conte musical en 3 tableaux
Nouvelle production
7 dates événements,
Du 11 décembre 2015 au 5 janvier 2016

Livret de Adelheid Wette, d’après Hänsel und Gretel, conte populaire recueilli par les frères Grimm dans le premier volume des Contes de l’enfance et du foyer [Kinder-und Hausmärchen].
Créé au Théâtre Grand-Ducal de la cour de Weimar, le 23 décembre 1893.

boutonreservationNANTES, Théâtre Graslin
Vendredi 11 décembre, 20h
Dimanche 13 décembre, 14h30
Mardi 15 décembre, 20h
Jeudi 17 décembre, 20h
Vendredi 18 décembre 2015, 20h

ANGERS, Le Quai
Mardi 5 janvier 2016, 20h
Mercredi 6 janvier 2016, 20h

réservez vos places

THOMAS RÖSNER, direction
EMMANUELLE BASTET, mise en scène

Vincent Le Texier, Pierre
Eva Vogel, Gertrude
Marie Lenormand
Norma Nahoun
Jeannette Fischer
Dima Bawab, Le Marchand de sable

Maîtrise de la Perverie
Gilles Gérard, direction

Chœur d’Angers Nantes Opéra
Xavier Ribes, direction
Orchestre National des Pays de la Loire

Nouvelle production Angers Nantes Opéra
[Opéra en allemand avec surtitres français

Compte rendu, opéra. Paris. Opéra de Paris, le 20 novembre 2014. Engelbert Humperdinck : Hansel et Gretel. Andrea Hill, Bernarda Bobro, Imgard Vilsmaier, Doris Lamprecht, Jochen Schmeckenbecher… Orchestre et choeur d’enfants de l’Opéra de Paris. Yves Abel, direction. Mariame Clément, mise en scène

humperdinck-palais-garnier-paris-nov-dec-2014-operaOpéra incontournable du Noël outre-Rhin, l’opéra féerique Hansel et Gretel d’Engelbert Humperdinck, sur le livret d’Adelheid Wette d’après le célèbre conte des frères Grimm, revient à l’Opéra National de Paris un an après son entrée au répertoire de l’illustre maison. En 2013, soit 120 ans après la création de l’œuvre, Mariame Clément signe la mise en scène qui est reprise cette saison. Le chef Yves Abel assure la direction musicale de l’orchestre et d’une distribution des chanteurs-acteurs d’une qualité remarquable.

 

 

 

délectable et joyeux mélange de lourdeur et de légèreté

 

humperdinck_03Engelbert Humperdinck (1854 – 1921) a composé plusieurs Å“uvres lyriques, la première et la plus célèbre aujourd’hui est Hänsel und Gretel, « festival sacré pour les enfants ». Sa composition est plutôt accidentelle au début. En fait, Humperdinck commence des études d’architecture à l’université de Cologne quand le compositeur Ferdinand Hiller le convainc de se consacrer à la composition. En 1879, il gagne le Prix Mendelssohn qui lui permet de séjourner en Italie où il rencontre Richard Wagner ; ce dernier, par la suite l’invite à Bayreuth pour l’assister à la préparation de Parsifal (NDLR: créé en 1882). Humperdinck avait composé des Å“uvres chorales et orchestrales, mais tient en fait un poste de professeur de musique quand sa sÅ“ur Adelheid Wette lui demande d’écrire 4 chansons pour la pièce pour enfants qu’elle a écrit d’après le conte de Hansel et Gretel des frères Grimm. Au début réticent, le compositeur finit par être si fasciné par l’histoire qu’il crée une partition lyrique intégrale qu’il envoie à Richard Strauss pour recueillir son avis. Strauss répond à Humperdinck : « Ton opéra m’a enchanté. C’est véritablement un chef d’oeuvre ; il y a longtemps que je n’avais pas vu un ouvrage d’une telle importance. J’admire la profusion mélodique, la finesse, la richesse polyphonique de l’orchestration (…) tout cela est neuf, original, vraiment allemand. ».

En effet, Humperdinck se sert de l’orchestre romantique wagnérien et des procédés musicaux que Wagner a popularisé, pour mettre en musique le conte fantastique du frère et de la soeur perdus dans la forêt et séquestrés par une sorcière qui veux les manger. Pour se faire, il se sert des sources folkloriques, des rythmes dansants et des thèmes de contines. Le succès incontestable repose sur l’écriture savante, complexe, sans aucune concession, mais qui demeure accessible par la riche inspiration mélodique issue des musiques populaires. Une façon d’équilibrer les extrêmes, d’un côté l’aspect sombre et psychologique du conte, qui gagne en puissance dramatique grâce à l’orchestre ; de l’autre, la naïveté, la magie, les jeux de l’enfance imaginée, évoqués continûment par le chant.

hansel gretel opera garnier 2014Impossible qu’une telle Å“uvre laisse le public parisien indifférent, si attiré par la psychanalyse et si wagnérien, mais aussi tellement amateur de clarté et de légèreté. Dans ce sens, l’œuvre de Mariame Clément s’accorde savamment à l’opus, ma non troppo. Avec sa scénographe fétiche Julia Hansen, elle présente l’action du point de vue des enfants. Le décors unique de la maison scindée représente très directement l’idée omniprésente du dédoublement. Nous avons droit alors à la « réalité » et à la vérité des enfants, au même plan, mais en parallèle, séparé par les arbres anonymes de la forêt légèrement évoquée. Une idée qui a le bizarre potentiel de faire couler des litres d’ancre ou absolument rien du tout, puisque qui pourra faire un jugement de valeur de l’enfance, d’une enfance, de la période la plus fantasmée et idéalisée de l’imaginaire collectif ? Comme souvent chez la jeune metteure en scène, le travail d’acteur est remarquable, et le parti pris esthétique, souvent très intellectuel, est tout à fait réussi.

La chevauchée humoristique de la Sorcière au 3ème acte, avec ces clones dansant le cabaret, est d’une justesse non négligeable, en ce qui concerne la musique et le texte, et surtout très divertissant. Les jeux des perspectives est parfois utilisé de façon humoristique également, comme lorsque la Sorcière nourrit le petit Hansel prisonnier dans une chambre à faire friser les arachnophobes (clin d’œil aux araignées de l’artiste Louise Bourgeois). Si le propos si sympathique de Clément se distingue par son inscription évidente dans l’époque actuelle (grâce à l’approche cinématographique et à la différence des mises en scènes passéistes et néo-avant-gardistes si courantes), sa réalisation laisse parfois perplexe.

Au point qu’il existe presque parfois un décalage trop flagrant entre les deux réalités présentées … C’est comme si un effet miroir (et donc d’imitation précise) était recherché, et pourtant jamais réussi ; ailleurs les différences sont si clairement explicitées, souvent par le décor seul, que cela doit être fait exprès. Par moment,  il se passe beaucoup de choses sur le plateau, ceci n’enlève rien à la musique ni au texte, bien heureusement… mais qu’apporte concrètement cette agitation ?

Néanmoins, globalement, il s’agit d’une production de grande valeur, dont l’appréciation peu être mitigée, mais ne justifiant absolument pas les quelques huées vers l’équipe artistique pendant les saluts, des cris vulgaires qui ne font qu’enlaidir un palais de beauté.

La musique, véritable protagoniste de l’œuvre, a sans doute eu l’effet à la fois apaisant et enchanteur qu’on attendait. Hansel et Gretel sont interprétés par les jeunes Andrea Hill et Bernarda Bobro respectivement. Leur prestation est remarquable tous points de vue confondus. Leurs voix s’accordent d’une très belle façon, avec une facilité et un naturel qui rehaussent la fraîcheur de l’œuvre.

Leurs nombreux duos repartis tout au long des trois actes sont un mélange de douceur champêtre, de vivacité, d’humour, de tendresse, mais pas que. Les parents, quoi que moins présents, sont tout aussi investis. Jochen Schmeckenbecher et Irmgard Vilsmaier sont très crédibles, le premier a un timbre presque solaire qui sied parfaitement à l’image d’un père aimant ; la seconde, une allure et une couleur imposante d’humanité. La Sorcière de Doris Lamprecht a un je ne sais quoi typique des vilaines charmantes, un parti-pris qui ne plaît pas à tout le monde, mais que nous trouvons tout à fait délicieux ! Dans ce sens sa performance est plus magnétique qu’électrisante, et tant mieux, puisque sa musique, en dépit de la pesanteur wagnérienne, est de nature folklorique et populaire.

Remarquons également le Petit Bonhomme Rosée d’Olga Seliverstova, pour ses débuts à l’Opéra de Paris, pétillant, ou encore les petits chanteurs de la Maîtrise des Hauts-de-Seine et du Choeur d’enfants de l’Opéra National de Paris qui réalisent un sommet de tendresse à la fin du troisième et dernier acte. Le chef Yves Abel, quant à lui, trouve un équilibre idéal entre le plateau et l’orchestre. Un fait pas du tout anodin tenant en compte les spécificités de la partition. Dès l’ouverture, la beauté somptueuse et mystérieuse des cuivres et des bois, sous le fond des cordes modulantes très wagnérien, captive. S’enchaîne ensuite une série des chansons populaires allemandes plus ou moins transfigurées par Humperdinck. L’orchestre arrive à établir l’atmosphère du conte, sombre et pesante, sans pour autant perdre en brio et en vivacité ! Les instrumentistes font preuve d’une complicité superbe qui se traduit par une performance pleine d’éclat et des nuances.

humperdinck-palais-garnier-paris-nov-dec-2014-operaUn spectacle formidable, souvent savoureux, toujours tendre ; un plat de Noël gourmand et raffiné, à consommer sans modération au Palais Garnier, encore les 25 et 28 novembre ainsi que les 1er, 4, 9, 11, 14, 16, 18 décembre 2014.