LIVRE événement, critique. Le grand opéra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (éditions RMN).

grand-opera-francais-exposition-1828-1867-spectacle-de-l-histoire-catalogue-livre-evenement-critique-opera-livre-classiquenews-CLIC-de-CLASSIQUENEWSLIVRE événement, critique. Le grand opéra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (éditions RMN). Pour le 350ème anniversaire de l’Opéra de Paris, le Palais Garnier (Bibilothèque-Musée) affiche une exposition consacrée au grand opéra français, genre intimement lié à un siècle, le XIXe, et à une ville, Paris. Le catalogue se propose de retrace l’évolution du genre musical, de ses origines (sous l’Empire) à son essor quand les grands compositeurs étrangers Wagner et Verdi viennent dans la Capitale pour se tailler une réputation et faire représenter leurs opéras sur le première scène d’Europe : c’est le cas du dernier ouvrage traité ici, DON CARLOS en français de Giuseppe Verdi (1867). Médée de Cherubini et La Vestale de Spontini font figure d’œuvres pionnières. En 1828, Auber, avec La Muette de Portici, porte véritablement le grand opéra français sur les fonts baptismaux. Rossini s’y essaie lui aussi, avec Guillaume Tell (1829). C’est toutefois Meyerbeer (autre étranger) qui ouvre l’âge d’or du grand opéra dans les années 1830, et qui donne au grand opéra ses lettres de noblesse : Robert le Diable, Les Huguenots et Le Prophète sont autant de triomphes. Privilégiant les sujets historiques, le grand opéra est alors l’expression des passions du temps : la France de Louis- Philippe, sous l’impulsion de personnalités telles que Mérimée, Guizot ou Viollet-le-Duc, part à la découverte de son passé et de son patrimoine.
Le parcours regroupe sur la thématique une centaine d’œuvres (manuscrits, esquisses, peintures, maquettes de décor…). Autant de facettes d’un genre spectaculaire par les effectifs et les moyens requis dont le présent catalogue est le miroir fidèle : une mise en page originale et élégante, de très nombreuses illustrations dont la majorité des documents exposés, explique l’histoire de l’opéra français au XIXè. Un âge d’or où l’opéra s’est comparé à la peinture d’histoire : musique et danse en complément. Passionnante rétrospective sur un sujet que l’on croit connaître, que l’on critique toujours pour son emphase et la lourdeur de son décorum ; dont les sommets restent toujours écartés des scènes lyriques y compris de l’Opéra de Paris. Ainsi Auber et Meyerbeer à Paris refont surface par la galerie musée du Palais Garnier plutôt que sur sa scène lyrique : la situation ne manque pas de cynisme. A quand La Muette ou Gustave III / Robert le diable ou Le Prophète à l’affiche de la « grande boutique » (comme disait Verdi en parlant de l’Opéra parisien, à l’époque la Salle Le Peletier) ? Pour nous consoler, la lecture de ce catalogue s’avère passionnante, en préparation à la visite de l’exposition événement, jusqu’au 2 février 2020.
 

 

 

Sommaire

1 – Aux sources du grand opéra
Auber, Meyerbeer, Halévy
De la scène aux barricades : La Muette de Portici, opéra révolutionnaire
Portrait de Giacomo Meyerbeer, « un homme de son siècle »

2 – La Fabrique du grand opéra
Au commencement le verbe : celui du librettiste Eugène Scribe
Les voix du grand opéra
L’art de l’effet, l’effet de l’art : une architecture pour la scène
Ballet de l’Opéra / dans l’opéra
La scène des Nonnes de Robert Le Diable, premier ballet romantique blanc ?
Economie du grand opéra : la stratégie du directeur Véron

3 – le grand opéra, témoin de l’Histoire / fédérateur des arts
Miroir du pouvoir
les écrivains et le grand opéra
Arts de la scène au prisme de l’Histoire
De la peinture historique aux fresques du grand opéra
Perpectives théâtrales contemporaine pour le grand opéra

4- Splendeurs et misères du grand opéra
Les Italiens à Paris
Wagner dans l’étau du genre
le cas de Berlioz
Charles Gounod
Rayonnement du grand opéra dans l’Europe romantique
Postérité du grand opéra

 

 

 

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LIVRE événement, critique. Le grand opéra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire / Catalogue de l’Exposition à la Bibliothèque- musée de l’Opéra – Palais Garnier du 24 octobre 2019 au 2 février 2020 – Français – 192 pages / 100 illustrations – Éditions Rmn-Grand Palais – 39 €

https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/catalogues-d-exposition/le-grand-opera-1828-1867-le-spectacle-de-l-histoire-catalogue-d-exposition/17599.html

 

 

 

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EXPOSITION : LE GRAND OPÉRA, 1828 – 1867, LE SPECTACLE DE L’HISTOIRE, les 5 volets clés de l’exposition

exposition-grand-opera-specacle-de-l-histoire-palais-garnier-BNF-opera-de-paris-annonce-critique-visite-presentation-classiquenews-CLASSIQUENEWSEXPOSITION : LE GRAND OPÉRA, 1828 – 1867, LE SPECTACLE DE L’HISTOIRE – PARCOURS DE L’EXPOSITION ; les 5 volets clés de l’exposition parisienne. Amorcé sous le Consulat, le grand opéra à la française se précise à mesure que le régime politique affine sa propre conception de la représentation spectaculaire, image de son prestige et de son pouvoir, instrument phare de sa propagande. Le genre mûrit sous l’Empire avec Napoléon, puis produit ses premiers exemples aboutis, équilibrés
à la veille de la Révolution de 1830. La « grande boutique » comme le dira Verdi à l’apogée du système, offre des moyens techniques et humains considérables – grands chœurs, ballet et orchestre, digne de sa création au XVIIè par Louis XIV.
Les sujets ont évolué, suivant l’évolution de la peinture d’histoire : plus de légendes antiques, car l’opéra romantique français préfère les fresques historiques du Moyen Âge et de la Renaissance.
Louis-Philippe efface l’humiliation de Waterloo et du Traité de Vienne et cultive la passion du patrimoine et de l’Histoire, nationale évidemment. Hugo écrit Notre-Dame de Paris ; Meyerbeer compose Robert le Diable et Les Huguenots. Les héros ne sont plus mythologiques mais historiques : princes et princesses du XVIè : le siècle romantique est passionnément gothique et Renaissance.

A l’opéra, les sujets et les moyens de la peinture d’Histoire

Comme en peinture toujours, les faits d’actualité et contemporain envahissent la scène lyrique ; comme Géricault fait du naufrage de la Méduse une immense tableau d’histoire (Le Radeau de la Méduse), dans « Gustave III », Auber et Scribe narrent l’assassinat du Roi de Suède, survenu en 1792, tout juste quarante ans auparavant. Cela sera la trame d’un Bal Masqué de Verdi.

Après la Révolution de 1848, l’essor pour le grand opéra historique faiblit sensiblement. Mais des œuvres capitales après Meyerbeer sont produites, souvent par des compositeurs étrangers soucieux d’être reconnus par leur passage dans la « grande boutique », sous la Deuxième République et le Second Empire. Le wagnérisme bouleverse la donne en 1861 avec la création parisienne de Tannhäuser, qui impressionne l’avant garde artistique parisienne, de Baudelaire à fantin-Latour, et dans le domaine musical, Joncières, militant de la première heure.
Le goût change : Verdi et son Don Carlos (en français) hué Salle Le Peletier en 1867 (5 actes pourtant avec ballet), est oublié rapidement ; car 6 mois plus tard, le nouvel opéra Garnier et sa façade miraculeuse, nouvelle quintessence de l’art français est inaugurée. C’est l’acmé de la société des spectacles du Second Empire, encore miroitante pendant 3 années jusqu’au traumatisme de Sedan puis de la Commune (1870).

 

 

Le parcours de l’exposition est articulé en 5 séquences.

1. GÉNÉALOGIE DU GRAND OPÉRA
2. LA RÉVOLUTION EN MARCHE
3. MEYERBEER : LES TRIOMPHES DU GRAND OPÉRA
4. DERNIÈRES GLOIRES
5. UN MONDE S’ÉTEINT

 

 
 

 

Illustration : Esquisse de décor pour Gustave III ou Le bal masqué, acte V, tableau 2, opéra, plume, encre brune, lavis d’encre et rehauts de gouache. BnF, département de la Musique, Bibliothèque- musée de l’Opéra © BnF / BMO

 

 
 

 

DATES ET HORAIRES
Du 24 octobre 2019 au 2 février 2020
Tous les jours de 10h à 17h (accès jusqu’à 16h30), sauf fermetures exceptionnelles.
LIEU
Bibliothèque-musée de l’Opéra
Palais Garnier – Paris 9e
Entrée à l’angle des rues Scribe et Auber
INFORMATIONS PRATIQUES
TARIFS
Plein Tarif : 14€ Tarif Réduit : 10€

 

 

 

Paris, Berlioz 2019 : Nouveaux Troyens à Bastille

berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasPARIS, Bastille. BERLIOZ : LES TROYENS. 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production attendue à l’Opéra Bastille, temps fort de l’année BERLIOZ 2019 : 150è anniversaire de sa mort (en 1869). L’ouvrage en 5 actes et 9 tableaux remonte à 1863. Il a été créé en morceaux et de façon incomplète du vivant de son auteur, qui le considérait comme son grand œuvre, et aussi l’objet de son amertume car non réconnu à sa juste mesure, celui qu’admirait Liszt et Wagner, ne connut jamais la gloire espérée. D’après Virgile, Berlioz régénère la noblesse de la tragédie inspirée par la Mythologie. Ses modèles sont évidemment Gluck, – élégance et raffinement de la déclamation, expressivité dramatique inféodant toute l’architecture musicale, – surtout Berlioz s’inspire de Rameau et de ses tragédies en musique, parmi les plus achevées : Hippolyte, Cator et Pollux, Les Boréades… Berlioz prolonge le goût des timbres, le chant de l’orchestre, la souveraineté de la musique, valeurs très affirmées chez le Dijonais baroque. En deux parties imposantes et expressives, où c’est le texte et son intelligibilité, où s’imposent les mouvements de l’orchestre, Les Troyens s’articulent d’abord par « La Prise de Troie » où Cassandre se distingue par son humanité tragique ; puis dans « Les Troyens à Carthage », volet final qui doit sa puissance poétique au portrait du couple maudit car impossible, Didon et Énée. Berlioz renouvelle aussi la leçon de Meyerbeer, ce grand opéra à la française, comprenant divertissement, ballets, de grands tableaux collectifs qui contrastent avec l’intimité de duos, trios déchirants. Comme chez Meyerbeer, l’opéra de Berlioz est tragique et moral : rien ne résiste à la marche de l’Histoire ; les grandes amoureuses (Didon) y sont sacrifiées, et laissées suicidaire face au héros (Enée) qui suit son devoir, coûte que coûte. L’opéra s’achève sur la mort de Didon, en un vaste incendie qui signifie la fin d’un monde, quand un autre se précise : Rome car Enée quitte Didon pour fonder la nouvelle dominatrice de l’Europe…
Il est des productions qui affirment dans les deux rôles moteurs de Cassandre puis Didon, la même interprète, gageure pour la chanteuse, – défi annoncé qui s’est souvent révélé … suicidaire.

Heureusement à notre avis, l’Opéra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprètes : Stéphanie d’Oustrac en Cassandre ; Elina Garanca d’abord programmée ayant déclarée forfait le 31 déc 2018, est remplacée par Ekaterina Semenchuk, pour le rôle de Didon. Chacune a son aimé, Chorèbe, mâle martial habité par la grâce et la tendresse (Stéphane Degout) ; Didon aime sans retour Enée (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scène attendue certes, devrait décevoir à cause du metteur en scène choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturé et très confus devrait obscurcir la lisibilité du drame, cherchant souvent une grille complexe, là où la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez déroutant ; sa Carmen plus récente, qui connaissait une fin réécrite… ont quand même déconcerté. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scène, plutôt que l’on écoute la beauté de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre…

LIRE notre dossier BERLIOZ 2019, 150 ans de la mort de Berlioz
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lestroyens