COMPTE-RENDU, livre événement. Gilles CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel)

JS BACH Cantagrel critique classiquenews Sur-les-traces-de-J-S-Bach BUCHET CHASTEL CLIC de classiquenewsCOMPTE-RENDU, livre Ă©vĂ©nement. Gilles CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel). Remarquable Ă  maints titres ce nouvel essai thĂ©matisé aborde la vie, la personnalitĂ©, l’Ɠuvre bien sĂ»r du gĂ©nie baroque germanique Ă  travers plusieurs thĂ©matiques souvent originales ; toutes se sont prĂ©sentĂ©es Ă  l’auteur au cours de ses rencontres ; elles dĂ©voilent souvent des pans peu connus ou souvent passĂ©s rapidement ou superficiellement dans les mains de biographes ou de spĂ©cialistes trop rapides voire schĂ©matiques. Le mythe BACH a voilĂ© plusieurs aspects d’une vie bien remplie ; « contrevĂ©ritĂ©s », « incomprĂ©hensions » sont ainsi corrigĂ©es, nuancĂ©es ; elles ne concernent pas seulement Bach lui-mĂȘme, mais aussi ses proches, tels sa veuve Anna Magdalena Ă  laquelle rien ne fut Ă©pargnĂ© aprĂšs la mort de son mari en 1750


 

 

JS BACH DÉVOILÉ, RÉESTIMÉ
Sa vie, son Ɠuvre, sa fortune critique, ses proches, son hĂ©ritage


 

 

L’érudition libre et prĂ©cise aborde le mythe JS BACH comme d’un regard neuf qui rend plus attachant encore le monument musical ainsi reconsidĂ©rĂ© voire rĂ©Ă©valuĂ©. 16 chapitres trĂšs fluides et accessibles (en lecture), trĂšs complets (par l’argumentation des idĂ©es, comme la richesse des anecdotes) reconsidĂšrent les Ă©tapes de la vie de Jean SĂ©bastien BACH et aussi les thĂ©matiques fondamentales qu’exprime son Ɠuvre : depuis la Thuringe et la Wartburg ; les villes oĂč il sĂ©journa (de Ohrdruf, LĂŒneburg, Arnstadt Ă  LĂŒbeck, Weimar, Coethen ou Erfurt
 bien sĂ»r Leipzig (Ă  laquelle tout un chapitre est dĂ©diĂ© : «  le petit Paris ») ; sa cĂ©citĂ© (Bach comme Haendel Ă  la fin de sa vie Ă©prouva des difficultĂ©s immenses sur le plan physique qui le rendent plus proche encore de nous) ; la foi, entre pĂ©dagogie et prĂ©dication ; l’hĂ©ritage et la fortune critique de son Ɠuvre ; les pionniers de sa « redĂ©couverte », en particulier Ă  Leipzig, et en France (de 1800 Ă  1950).

CLIC D'OR macaron 200Les chapitres les plus intĂ©ressants, aux cĂŽtĂ©s des approches de l’Ɠuvre, demeure les « affaires » que Bach mena pour sauver son intĂ©rĂȘt voire son honneur (« Dans son bon droit » : affaires, querelles, conflits
), comme le « grand silence » (lassitude et maturation), Ă©vocation des atermoiements du compositeur, ou pourquoi Bach connut-il des pĂ©riodes de silence puis de retours Ă  la crĂ©ation ? Passionnant. L’auteur n’omet pas non plus, propre au baroque et son esthĂ©tique des passions, l’opĂ©ra chez Bach : lĂ  encore le regard est Ă©rudit, pertinent, prĂ©cis
 et comme l’aurait dit Bach lui-mĂȘme, penseur et croyant avant tous, 
 lumineux. Livre Ă©vĂ©nement. Un nouvel incontournable dans la bibliothĂšque de CLASSIQUENEWS.COM. Evidemment le titre Ă©ditĂ© par Buchet Chastel dĂ©croche naturellement le CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2021.

 

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COMPTE-RENDU, LIVRE Ă©vĂ©nement. GILLES CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel). Parution : fĂ©vrier 2021 – ISBN 978-2-283-03425-5 – en lire plus sur le site de Buchet Chastel

CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca)

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca). C’est avant tout la rencontre (Ă©blouissante) d’un chef et d’un orchestre : l’aventure entre Riccardo Chailly et les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig se poursuit sous les cieux enchantĂ©s comme ce nouvel opus en tĂ©moigne : Brahms va idĂ©alement au chef et Ă  l’orchestre allemand : ainsi ses deux SĂ©rĂ©nades, composĂ©es entre 1858 et 1860, dont la force et la vitalitĂ© de l’approche ici feraient presque oublier parfois leur dĂ©sĂ©quilibre structurel, entre Ă©pisodes profondĂ©ment inspirĂ©s et vraies longueurs un rien artificielle de musique pure. Le maestro milanais montre Ă  quel point l’Ă©criture raffinĂ©e, furieuse, bondissante (Ă  la fois doublement viennoise, mozartienne et beethovĂ©nienne) de Brahms regarde en dĂ©finitive vers la symphonie (la SĂ©rĂ©nade 1 est rĂ©visĂ©e et achevĂ©e simultanĂ©ment Ă  la Symphonie n°1 et elle partage aussi d’indiscutables affinitĂ©s avec la Symphonie n°3 de Johannes)… Brahms revisite en hommage Ă  Mozart, cet esprit de l’Ă©lĂ©gance virtuose mozartienne, esprit de divertissement trĂšs habilement Ă©crit lĂ©guĂ© par le XVIIIĂš. L’Ă©lan chorĂ©graphique, la vitalitĂ© dansante, l’exaltation toujours lĂ©gĂšre et transparente attestent de l’excellente santĂ© du Gewandhaus. D’un prĂ©jugĂ© tenace les tenants pour des Ɠuvres austĂšres, voire secondaires et d’un moindre fini vis Ă  vis des Symphonies, voici que Chailly trĂšs inspirĂ©, capable de galvaniser ses troupes, montre toute l’Ă©nergie imprĂ©visible des deux SĂ©rĂ©nades qui dans les mouvements lents, savent aussi exprimer une dĂ©chirante nostalgie : les deux Adagios non troppo (celui de la SĂ©rĂ©nade 1 frappe par sa caresse mĂ©ditative en si bĂ©mol majeur ; tandis que celui en la mineur de la 2, convainc irrĂ©sistiblement par sa densitĂ© grave et aĂ©rĂ©e). Souffler un vent puissant et exaltĂ©, d’une impĂ©rieuse juvĂ©nilitĂ© : voilĂ  l’un des aspects et non des moindres de cette lecture en tout point convaincante. La quasi intĂ©grale Brahms par Chailly chez Decca s’affirme bel et bien comme l’une des meilleures rĂ©ussites symphoniques rĂ©centes en Allemagne.

Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénades 1 (opus 11)  et 2 (opus 16). Gewandhausorchester. Riccardo Chailly, direction. Enregistré à Leipzig en 2014. 1 cd Decca  0289 478 6775 3.