Gala Rameau 2014 dans la Galerie des glaces

Versailles. Galeries des glaces, Gala Rameau 2014. Samedi 22 novembre 2014, 21h. L’annĂ©e Rameau, assez fĂ©conde et plutĂ´t rĂ©ussie sur le plan des (re)dĂ©couvertes (Le temple de la Gloire, ZaĂŻs, Rameau, maĂ®tre Ă  danser…) s’achève officiellement ce 22 novembre 2014 Ă  21h lors d’un grand gala Rameau donnĂ© dans l’exceptionnelle Ă©crin de la Galerie des glaces du Château de Versailles, un Ă©vĂ©nement Ă  l’initiative du CMBV Centre de musique baroque de Versailles, grand coordinateur de l’annĂ©e Rameau 2014 en France. 

galerie des glaces versailles concert gala rameau 2014A l’occasion du 250ème anniversaire de sa mort, voici un programme éclectique, foisonnant, récapitulatif tel qu’on aurait pu l’écouter dans la salle du Concert Spirituel au XVIIIe siècle.  Au menu, pages sacrées et profanes. Mêlés aux partitions lyriques et théâtrales, les Grands Motets, oeuvres de jeunesse, révélant avant les opéras dont le premier est Hippolyte et Aricie en 1733, la flamboyante inspiration du jeune Rameau organiste itinérant, alors inspiré par le genre du grand motet : choeur, solistes, orchestre, Rameau maîtrise déjà tous les effectifs, toutes les combinaisons possibles, offrant dans un contexte sacré, plusieurs oeuvres particulièrement … théâtrales. Trois Grands motets en témoignent ce soir par ordre de réalisation au cours de la soirée : Laboravi, Quam dilecta, In Convertendo.

Compositeur audacieux, réformateur même jusqu’à un âge avancé (songez à son ouvrage ultime Les Boréades de 1764, l’année de sa mort d’un souffle exceptionnel sur un thème délicat : la torture…), Rameau invente, explore, expérimente toujours ; son orchestre est le plus novateur et le plus original de son temps : ainsi les Suites extraites de La Princesse de Navarre et son opéra créé en 1737, révisé en 1754 : Castor et Pollux.

Castor et Pollux de Rameau (1737-1754)Pour nous l’intérêt majeur du gala Rameau à Versailles, demeure la Suite de danses de la trop peu jouée Princesse de Navarre : l’œuvre fait partie de la commande faite en 1745 au nouveau compositeur de la Chambre du Roi : Rameau ainsi célébré et honoré devient une figure majeure de la vie musicale française à 62 ans. Le Roi lui commande quatre œuvres lyriques dont la célèbre et atypique autant que déjanté Platée, pour le mariage du Dauphin. La danse est le cadre où se libère le riche tempérament dramatique du compositeur : son écriture est aussi savante et virtuose, de plus en plus italienne comme en témoigne l’air redoutable : Vents furieux. Génie du timbre, et grand coloriste, Rameau étonne tout autant dans Castor et Pollux dans l’usage spécifique du basson, comme le montre avec éloquence, la prière funèbre et de déploration de Télaïre, pleurant la mort de son bien-aimé Castor, dans Castor et Pollux : « tristes apprêts, pâles flambeaux », un air immédiatement applaudi à la création et repris régulièrement tout au long du XVIIIème.

La galerie des glaces du Château de Versailles. Longue de 73 mètres et large de 10,50 mètres, la Galerie des Glaces, ou Grande Galerie du Château de Versailles, a Ă©tĂ© imaginĂ©e par l’architecte Jules Hardouin-Mansart et dĂ©corĂ©e par le peintre Charles Lebrun. SouhaitĂ©e par Louis XIV pour Ă©blouir ses visiteurs, elle arbore quelques 357 miroirs et 17 fenĂŞtres, elle fut construite entre 1678 et 1684. Le dĂ©cor actuel est celui rĂ©alisĂ© Ă  la fin du règne de Louis XV pour le mariage du Dauphin futur Louis XVI avec Marie-Antoinette.

Programme

La Princesse de Navarre, Suite de danses
Comédie ballet sur un livret de Voltaire, 1745
Contredanses en rondeau
Menuets
Sarabande
Prélude pour la descente de l’Amour
Gavottes
Air : Vents furieux (une Grâce)

Laboravi (motet Ă  grand choeur a capella)
Quam Dilecta (motet pour solistes, choeur et orchestre)

entracte

Castor et Pollux, extraits
Tragédie lyrique, version de 1754, initialement créée en 1737
Choeur des spartiates : Que tout gémisse
Télaïre : Tristes apprêts, pâles flambeaux…
Marche
Choeur des spartiates : Que l’enfer applaudisse
Air pour les Athlètes

In convertendo : grand motet

distribution :

Katherine Watson, dessus
Anders J. Dahlin, haute-contre
Marc Mauillon, basse-taille
Marc Labonnette, basse

Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
Olivier Schneebeli, direction
Chœur et Orchestre du Concert Spirituel
Hervé Niquet, direction

Versailles. Galeries des glaces,
Gala Rameau 2014
Samedi 22 novembre 2014, 21h.

Les 300 ans de l’OpĂ©ra-Comique : super gala sur ARTE

opéra-comique, salle favart, opéra comiqueARTE concert. Gala Opéra comique. 28 décembre 2014, 17h30. En direct sur ARTE CONCERT, le gala des 300 ans de l’Opéra-Comique à Paris. Le spectacle retrace les grandes heures de la salle Favart, petite soeur insolente du Palais Garnier, souvent plus audacieuse et novatrice sur le plan formel que l’Opéra et sa grande machine souvent lourde et poussiéreuse. Ainsi sont évoquées les partitions emblématiques de l’histoire de l’opéra comique, le genre et le lieu : Carmen de Bizet (1876), Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, Manon de Massenet, Pelléas et Mélisande de Debussy (1902), La voix humaine de Poulenc… Une distribution de tempéraments reconnus s’associent à la succession des épisodes lyriques, dans la mise en scène de Michel Fau : Patricia Petibon, Julie Fuchs, Anna Caterina Antonacci, Sabine Devielhe (sopranos), Frédéric Antoun (ténor)… les rejoignent aussi les chanteurs de l’Académie de l’Opéra Comique : Sandrine Buendia, Eléonore Pancrazi, Ronan Debois, Vianney Guyonnet… Pour l’occasion le chef François Xavier-Roth dirige son orchestre sur instruments d’époque, Les Siècles (avec le choeur Accentus). L’Opéra comique c’est autant le chant que le théâtre (grâce aux dialogues particulièrement présents entre chaque épisode chanté, complément scénique et déclamé que défendent ici Jérôme Deschamps, Michel Fau, Christian Hecq… ).

L’OpĂ©ra Comique : 300 ans d’histoire. En 1714, naĂ®t l’OpĂ©ra Comique portĂ© alors par deux petites troupes parisiennes. Le genre s’appelle d’abord « comĂ©die en vaudeville » puis « comĂ©die mĂŞlĂ©es d’ariettes », c’est un théâtre oĂą s’intercalent de nombreux Ă©pisodes parlĂ©s comme au théâtre. Il s’oppose Ă©videment Ă  l’opĂ©ra totalement chantĂ©. Dès 1715, annĂ©e de la mort du souverain Louis XIV, François Boucher, Noverre, Favart participent Ă  l’essor de l’OpĂ©ra comique; en 1783, le genre se fixe dans son propre théâtre, la salle Favart. Après de nombreux incendies en 1838, 1887, la salle 3ème salle Favart est reconstruite par Louis Bernier… LIRE notre prĂ©sentation complète du Gala des 300 ans de l’OpĂ©ra-comique.. 

 

 

 

arte_logo_2013Diffusion en direct sur France Musique
Sur Arte, Dimanche 28 décembre 2014 à 17h30.

Programme

Les Troqueurs d’Antoine Dauvergne (1753)
« Ne me rebute pas »
avec Sandrine Buendia, Eléonore Pancrazi, Ronan deBois, Vianney Guyonnet
L’oeuvre a été ressuscité par William Christie en un enregistrement toujours de référence : Dauvergne en pleine Querelle des Bouffons fait la preuve du génie français dans la veine comique douce amère, renouant avec le génie poétique de Pergolèse, dans l’esprit de Marivaux, léger, fin, mordant.

La Fée Urgèle de Sharles-Simon Favart (1765)
« Ce qui plaît aux dames »
avec Eléonore Pancrazi et Christian Hecq

La Fille du régiment de Gaetano donizetti (1840)
« c’en est donc fait »
avec Julie Fuchs

La damnation de Faust d’Hector Berlioz (1846)
«la marche de rakoczy»
« d’amour l’ardente Flamme »
avec Anna Caterina Antonacci

Carmen de Georges Bizet (1875)
« ouverture »
« habanera »
avec Anna Caterina Antonacci

Les Contes d’Hoffmann de Jacques OffenBach (1881)
« les oiseaux dans la charmille »
avec Sabine Devieilhe
« scintille, diamant »
avec Laurent Alvaro

Lakmé de Léo Delibes (1883)
« Fantaisies, ô divin mensonge »
avec Frédéric Antoun
« où va la Jeune hindoue »
avec Sabine Devieilhe

Manon de Jules Massenet (1884)
air du cour-la-reine : « Je marche sur tous les chemins »
avec Patricia Petibon
« duo de saint sulpice »
avec Patricia Petibon et Frédéric Antoun

Mignon d’Ambroise Thomas
Gavotte »

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902)
« scène de la tour »
avec Michel Fau et JĂ©rĂ´me Deschamps
« la sortie des souterrains »
avec Stéphane Degout et Laurent Alvaro

Mârouf, Savetier du Caire de Henri Rabaud (1914)
« à travers le désert »
avec Stéphane Degout

La voix humaine de Francis Poulenc (1959)
la tentative de suicide
Anna Caterina Antonacci

Les contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach (1881)
« Barcarolle »
Final avec tous les artistes

Compte-rendu : Paris. Palais des Congrès, le 1er juin 2013. Gala Noureev & Friends. Orchestre Pasdeloup. Olga Jegunova, piano. Valery Ovsianikov, direction

Nureyev portraitLe Palais des Congrès annonce une soirĂ©e vraiment extraordinaire. ” Noureev & Friends ” est un gala de danse sous le patronage de la Fondation Rudolf Noureev, cĂ©lĂ©brant le 75e anniversaire de la naissance du danseur icĂ´nique. Pour l’Ă©vĂ©nement, une quinzaine d’Étoiles des meilleures compagnies de ballet dans le monde interprètent des extraits de chorĂ©graphies liĂ©es Ă  Noureev. L’Orchestre Pasdeloup assure  la partie musicale sous la direction du chef Russe Valery Ovsianikov.

 

 

Souvenirs de Noureev

 

Charles Jude, actuel directeur du Ballet de l’OpĂ©ra National de Bordeaux crĂ©e le programme de la soirĂ©e avec David Makhateli, ancien danseur Étoile du Royal Ballet. Le programme très complet prĂ©sente les diffĂ©rent facettes de l’art de Noureev ; le chorĂ©graphe, certes, mais aussi le danseur lĂ©gendaire, reprĂ©sentant par excellence de l’hĂ©ritage classique ainsi que l’artiste assoiffĂ© de modernitĂ©. Les prestations sont entrecoupĂ©es par des tĂ©moignages vidĂ©os d’une beautĂ© rare et particulièrement touchants. Ainsi Mikhail Baryshnikov partage avec un public Ă©mu, le fait que Rudolf lui manque et qu’il pense Ă  lui tous les jours de sa vie… Nous partageons ce sentiment Ă  100%.

Les danseurs du Ballet National de Bordeaux commencent la soirĂ©e avec la Petite Mort de JirĂ­ Kylián. Nous avons vu et apprĂ©ciĂ© la reprise du ballet lors des Quatre Tendances ce printemps Ă  l’OpĂ©ra National de Bordeaux.

Ce soir, nous avons le plaisir d’entendre un Orchestre Pasdeloup immaculĂ© et le piano sensible d’Olga Jegunova dans les mouvements lents des concertos pour piano n° 21 et 23 de Mozart. Dans ce sens, l’ambiance est encore plus sensuelle et les danseurs paraissent plus expressifs et cohĂ©sifs.

CohĂ©sion et complicitĂ© s’accordent Ă  l’entrain et Ă  l’athlĂ©tisme de Maia Makhateli et Remi Wörtmeyer du Ballet National de Hollande, dans Two pieces for Het du chorĂ©graphe Hollandais Hans Van Manen. Ils font preuve d’un tempĂ©rament Ă  la fois imposant et dĂ©contractĂ© dans les deux pièces ; lui avec une sensualitĂ© et une virtuositĂ© trĂ©pidante ; elle, avec une personnalitĂ© Ă©lectrique.

Puis paraĂ®t non sans dĂ©lices, un pas de deux de La Sylphide, dans la chorĂ©graphie d’August Bournonville rarement programmĂ©e en France. Rudolf Noureev affectionnait particulièrement ce ballet de l’École Danoise. Iana Salenko et Marian Walter du Ballet de l’OpĂ©ra d’État de Berlin l’interprètent. La grâce infinie du couple se distingue très nettement, et notamment les beaux sauts et les impeccables entrechats de Marian Walter en James. Si Paris est peu habituĂ©e aux galas, elle est moins encore habituĂ©e aux ballets de Bournonville. Nous aimerions voir davantage les merveilles du style Bournonville en France, avec son Ă©paulement singulier, sa pantomime raffinĂ©e, sa batterie exquise.

Exquise est aussi la prestation de Tamara Rojo, Étoile incroyable du Royal Ballet et de l’English National Ballet, oĂą elle exerce aussi la direction artistique.  D’abord dans le pas de deux de la chambre du ballet Manon de MacMillian oĂą l’Orchestre Pasdeloup est rayonnant dans la musique somptueuse de Massenet. Tamara Rojo forme un couple ravissant avec son partenaire Federico Bonelli du Royal Ballet. Elle est tellement passionnĂ©e et passionnante dans sa performance… Son style captive par son engagement Ă©motionnel et son sens de l’abandon. Tout comme dans Marguerite et Armand, crĂ©Ă© spĂ©cialement pour Rudolf Noureev et Margot Fonteyn par le chorĂ©graphe Sir Frederick Ashton. L’occasion est rare et donc d’autant plus apprĂ©ciĂ©e de voir ce bijou chorĂ©graphique particulièrement Ă©mouvant. Le couple avec Robert Pennefather du Royal Ballet est de mĂŞme très beau, lui avec des lignes particulièrement Ă©lĂ©gantes.

L’Ă©lĂ©gance et l’excellence sont aussi au rendez-vous en ce qui concerne Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann, Étoiles du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Elle impressionne avec ses pointes irrĂ©prochables, une prĂ©sence et un charisme irrĂ©sistible dans le pas de deux de Raymonda, version Noureev. Ici ils dĂ©bordent de brio lors des variations et la coda n’est pas moins que gĂ©niale. Mathias Heymann interprète Ă©galement le solo Manfred, chorĂ©graphie rare et intense de Noureev. Le danseur français offre une prestation puissante et dramatique. Il tient l’audience en haleine avec son envol et ses sauts. La performance des deux est Ă  la hauteur de l’occasion et fait sans doute honneur au Ballet de l’OpĂ©ra de Paris.

Tout Ă  fait honorable est aussi Evgenia Obrazstova, Étoile du BolchoĂŻ. Pendant le pas de deux de La Belle au Bois dormant, elle est spectaculaire. Ses mouvements sont pleins de grâce, sa technique est parfaite ;  son expression d’une immense musicalitĂ©. Nous sommes totalement Ă©blouis par la majestĂ© et la subtilitĂ© de sa danse.

L’oeuvre qui clĂ´t le programme n’est autre que le fameux pas de deux du ballet de Petipa Le Corsaire (il s’agĂ®t Ă  l’origine d’un pas de trois). La pièce de bravoure et de virtuositĂ© est pour toujours liĂ©e Ă  Noureev, devenu cĂ©lèbre dans son adolescence en l’interprĂ©tant. Aleksandra Timofeeva du Ballet du Kremlin et Vadim Muntagirov de l’English National Ballet la dansent ce soir. Le jeune couple est Ă  couper le souffle. Lui avec ses manèges Ă©poustouflants, elle avec ses 29 fouettĂ©s enflammĂ©s. C’est la cerise de virtuositĂ© d’un gâteau d’art très bien pensĂ©.

Saluons l’initiative de la Fondation Rudolf Noureev, et l’engagement de son Ă©quipe artistique. Les danseurs extraordinaires, le programme gĂ©nĂ©reux et diversifiĂ©, l’orchestre Pasdeloup plus brillant que jamais, ont fait de cet hommage Ă  Noureev un moment inoubliable. Le dvd de ce gala mĂ©morable est annoncĂ© courant 2014.

Paris. Palais des Congrès, le 1er juin 2013. Gala Noureev & Friends. Orchestre Pasdeloup. Olga Jegunova, piano. Valery Ovsianikov, direction.