Gala Rameau Ă  la Galerie des glaces de Versailles

Castor et Pollux de Rameau (1737-1754)Versailles, Galerie des glaces. Gala Rameau, le 22 novembre 2014, 21h. Les 250 ans de la mort de Rameau mĂ©ritaient une fin en apothĂ©ose dans l’écrin le plus spectaculaire de Versailles, sa galerie des glaces que le Dijonais a pu voir et traverser lui qui livra tant de divertissements et opĂ©ras suprĂȘmes pour la Cour de Louis XV. Faiseur d’opĂ©ras merveilleux et fantastiques (ses actes infernaux, ses tempĂȘtes et cataclysmes demeurent le plus impressionnants de la scĂšne française baroque), Jean-Philippe Rameau n’eut de cesse de renouveler les formes musicales appliquĂ©es au thĂ©Ăątre : opĂ©ra ballet, comĂ©die, tragĂ©die Ă©videmment mais aussi et dĂšs sa jeunesse non encore versaillaise, mais provinciale, grands motets sous la voĂ»te sacrĂ©e. Pour celle de la galerie des glaces, mĂȘlant peintures de guerre de Lebrun, ors et miroirs Ă  foison, le gala Rameau, qui clĂŽt officiellement l’annĂ©e Rameau 2014 (il reste encore quelques Ă©vĂ©nements Rameau jusqu’au 31 dĂ©cembre 2014 en vĂ©ritĂ©), prĂ©sente une maniĂšre d’éventail, rĂ©vĂ©lant les genres divers, profanes et sacrĂ©s, dans lesquels Jean-Philippe s’illustra de façon gĂ©niale.

voltaire portraitAux cĂŽtĂ©s de Samson (finalement censurĂ©), et du Temple de la gloire rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© Ă  l’OpĂ©ra royal (version de 1746 sous la baguette Ă©lĂ©gante et ductile de Guy Van Waas, le 14 octobre dernier), voici le troisiĂšme opus de Rameau sur un livret de Voltaire : La Princesse de Navarre (1745). La partition marque le sommet de l’inspiration de Rameau Ă  Versailles, c’est l’annĂ©e oĂč il livre la sĂ©ditieuse et inclassable PlatĂ©e. Le programme sĂ©lectionne une Suite d’aprĂšs la partition intĂ©grale : premiĂšre et deuxiĂšme contredanses en rondeur, menuets, sarabande, gavottes air d’une GrĂące
 toute la sensualitĂ© de Rameau accordĂ©e au spectacle de danse s’y dĂ©voile en libertĂ© et en Ă©lĂ©gance.

AprĂšs l’entracte, autre opĂ©ra, autre Suite qui s’en dĂ©duit : Castor et Pollux (version de 1754) : chƓur des Spartiates, air de TĂ©laĂŻre qui lui succĂšde dans l’opĂ©ra, marche, air pour les athlĂštes
 le nerf dramatique de Rameau, inspirĂ© par Mars et surtout VĂ©nus, peint en teintes funĂšbres la lĂ©gende des frĂšres Dioscures, Castor le tĂ©nor et Pollux le baryton. Castor et Pollux demeure la tragĂ©die lyrique la plus jouĂ©e et reprise du vivant de Rameau et aprĂšs sa mort. Un succĂšs lĂ©gendaire.

Et pour complĂ©ter ce brillant assemblage de pages symphoniques et lyriques, les interprĂštes jouent les 3 Grands Motets, dĂ©jĂ  jouĂ©s en octobre dernier par Les Arts Florissants et l’inĂ©galable William Christie dans un rĂ©pertoire qu’il avait l’intelligence de servir avec les Grands Motets du suiveur gĂ©nial de Rameau, Mondonville. D’abord Laboravi (motet pour le chƓur seul) puis Quam dilecta succĂšdent Ă  la Suite de la Princesse de Navarre ; In convertendo ensuite, en Ă©pisode final, aprĂšs la Suite de Castor et Pollux.

Versailles, galerie des Glaces
Gala Rameau 2014
samedi 22 novembre 2014, 21h
2 h (entracte inclus)

Katherine Watson, dessus
Anders J. Dahlin, haute-contre
Marc Mauillon, basse-taille
Marc Labonnette, basse
Les Chantres du Centre de musique de Versailles
Le Concert spirituel. Hervé Niquet, direction