GSTAAD : Festival Yehudi Menuhin 2019 : la location est ouverte

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582MENUHIN GSTAAD Festival 2019 (Suisse), LOCATION OUVERTE. Le premier festival musical estival en Suisse (Ă  Saanen et Ă  Gstaad lĂ  mĂȘme oĂč Yehudi Menuhin avait repĂ©rĂ© des lieux propices Ă  la musique et aux concerts) ouvre sa billetterie : il est enfin possible de rĂ©server ses places, ce pour tous les concerts de l’édition 2019 : une foison de programmes servis par les meilleurs artistes et interprĂštes de la scĂšne actuelle : chefs, pianistes, chanteurs, orchestres
 Le 63Ăš festival Menuhin allie comme Ă  son habitude l’excellence et aussi l’audace, sans omettre aux cĂŽtĂ©s de l’équilibre de ses propositions, la sensibilisation du classique Ă  tous les publics.

Le programme dĂ©taillĂ© de l’ensemble des concerts du 63e Gstaad Menuhin Festival est dĂ©sormais en ligne : assurez-vous les meilleurs places en rĂ©servant directement sur le site du Menuhin Gstaad Festival 2019, ou par tĂ©lĂ©phone au 033 748 81 82.
Du 18 juillet au 6 septembre 2019 : 60 CONCERTS Ă  l’affiche pendant presque 2 mois. Les concerts ont lieu dans les Ă©glises du canton (Ă©crins intimistes du Saanenland), ou sous la tente Ă  Gstaad,  ample vaisseau rĂ©servĂ© aux grandes cĂ©lĂ©brations symphoniques, opĂ©ratiques, Ă©vĂ©nementielles
 Il y a pour tous les goĂ»ts Ă  Gstaad chaque Ă©tĂ©.

 

 

 

GSTAAD suisse vaches r faux copyright annonce concert menuhin gstaad festival and academy 2018 classiquenews

 

 

GSTAAD MENUHIN Festival 2018

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenewsMOISSON DE TEMPERAMENTS… Cette annĂ©e le Festival suisse fĂȘte PARIS, son thĂšme fĂ©dĂ©rateur. De nombreux artistes français sont prĂ©sents mais pas seulement :
L’Ă©glise de Saanen accueille cette annĂ©e HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel dans le «Te Deum» de Charpentier (20.7), Sol Gabetta dans le 2e Concerto de Saint-SaĂ«ns (21.7), Patricia Petibon dans des airs de Mozart et de Gluck (27.7), l’organiste de Notre-Dame de Paris Olivier Latry (28.7), le trompettiste GĂĄbor Boldoczki (29.7), Andreas Ottensamer et Yuja Wang en duo (31.7), Fazil Say dans le «Clair de lune» de Debussy (2.8), Ute Lemper dans des chansons françaises et de cabaret (10.8), Bertrand Chamayou dans le 23e Concerto de Mozart (11.8), Cecilia Bartoli (23.8) ou encore Hilary Hahn dans les deux concertos pour violon de Bach avec la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen (29.8). On pourra entendre sinon David Guerrier Ă  ChĂąteau-d’ƒx (22.7), Nuria Rial (5.8), Isabelle Faust (9.8), L’Arpeggiata (15.8) et Maurice Steger (4.9) Ă  Zweisimmen, l’Ensemble Janoska et BirĂ©li LagrĂšne (8.8), Christophe Rousset (20.8) et Francesco Piemontesi (26.8) Ă  Rougemont, le Quatuor Chiaroscuro (23.7) et Christian Bezuidenhout (27.8) Ă  Lauenen. Quelques-uns parmi les plus de 60 concerts proposĂ©s en 2019


 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-jeunes-talents-concerts-annonce-festivals-musique-classique-actualites-classiquenews

 

________________________________________________________________________________________________

FOCUS GRANDES FORMATIONS :Vous prĂ©fĂ©rez les grands effectifs? RĂ©servez aussi vos soirĂ©es sous la Tente de Gstaad avec Seong-Jin Cho et Manfred Honeck dans «L’Empereur» de Beethoven et la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski (17.8), «Carmen» en version de concert (24.8), Vilde Frang dans Bruch (25.8), Gautier Capuçon et Mikko Franck dans Haydn et la «Symphonie fantastique» de Berlioz (31.8), Klaus Florian Vogt dans Wagner (1.9), Yuja Wang et Myung-Whun Chung dans le 3e Concerto de Rachmaninov (6.9), qui sont en vente depuis le 20 dĂ©cembre dĂ©jĂ !

 

 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-orchestre-tente-annonce-classiquenews-location-ouverte

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Depuis 2 ans, le Menuhin GSTAAD Festival enrichit son offre numĂ©rique proposant Ă  la relecture et au visionnage permanent, de nombreux contenus vidĂ©os, au sein de son offre « GSTAAD DIGITAL FESTIVAL » – Actuellement, reportage sur l’un des laurĂ©ats de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre, organisĂ©e chaque Ă©tĂ© sous la tente / le jeune maestro Joseph Bastian, laurĂ©at du Neeme JĂ€rvi 2016 explique le fonctionnement de la «Gstaad Conducting Academy»

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

RESERVEZ VOS PLACES

boutonreservation

directement sur le site du 63Ăš MENUHIN GSTAAD FESTIVAL :

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

 

 

 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenews

 

et aussi les concerts symphoniques spectaculaires
sous la tente de Gstaad

 
 
 

Comptes-rendus …. nous y Ă©tions : les critiques concerts, opĂ©ras, festivals 2019 par classiquenews

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Tous les spectacles Ă  l’affiche (concerts, opĂ©ras, ballets, rĂ©citals, festivals mais aussi hommages, cĂ©lĂ©brations, concours et galas …) sont minutieusement analysĂ©s par la ” RĂ©daction spectacle vivant ” de classiquenews. Voici les meilleures propositions que nous avons souhaitĂ© couvrir, oĂč nous Ă©tions, spectacles et plateaux qui mĂ©ritent un tĂ©moignage, un compte rendu, un Ă©clairage critique. A lire, pour connaĂźtre toutes les raisons pour lesquelles il fallait y ĂȘtre …

 

 

Comptes-rendus, critiques de spectacles

sommaire

 

________________________________________________________________________________________________

DISCERNEMENT, EXPLICATIONS… Ici, la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS distingue l’essentiel et le captivant, l’innovation et la prise de risque… ou bien aime remettre les choses au point sur un spectacle ou un artiste … Suivez le travail des interprĂštes : chanteurs, instrumentistes, chefs qui font l’actualitĂ© et retiennent l’attention des rĂ©dacteurs de CLASSIQUENEWS…

 

LIRE ici nos COMPTES RENDUS antérieurs : 2018, 2017 à 2013

 

 

 

2019

 

Cliquer sur l’illustration pour accĂ©der au compte rendu complet, Ă  la critique intĂ©grale

 

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

 

FÉVRIER 2019

 

 

 

 

 

 

 

dalberto michel pianoportrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano. Les Concerts Parisiens accueillaient, ce vendredi 15 fĂ©vrier, un pianiste Ă  la renommĂ©e solide comme le grĂšs, un artiste sans concession ni complaisance, un musicien comme il y en a peu, dont l’étoffe semble issue des forges qui ont donnĂ© les grands du passĂ©. Un maĂźtre en somme. D’autant que ses disciples Ă©taient lĂ  aussi, dans le public. A 64 ans, Michel Dalberto fait plus que jamais autoritĂ© dans le paysage musical d’aujourd’hui.

 

________________________________________________________________________________________________

 

 

blacher boris romeo et juliette critique opera annonce opera classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra, ThĂ©Ăątre de la Croix-Rousse, le 8 fĂ©vrier 2019. Boris Blacher : RomĂ©o et Juliette. Emmanuel Calef / Jean Lacornerie. Depuis la crĂ©ation scĂ©nique Ă  Salzbourg, sous la baguette de Krips, en 1950, ce RomĂ©o et Julietteest quelque peu tombĂ© dans un oubli injustifiĂ© : un enregistrement, puis la crĂ©ation française, ici mĂȘme, reprise ce soir avec une nouvelle distribution. Pourquoi les scĂšnes lyriques ignorent-elles cette rĂ©alisation, d’autant que l’effectif requis – huit chanteurs, neuf musiciens – autorise aisĂ©ment sa production ? Tour de force, proprement gĂ©nial, que celui de Boris Blacher en 1943 : aprĂšs avoir rĂ©duit, condensĂ©, le texte de Shakespeare en un livret d’une fidĂ©litĂ© exemplaire, le compositeur rejoint la dĂ©marche des crĂ©ateurs de l’opĂ©ra au tournant du XVIIe siĂšcle : unir toutes les composantes artistiques, y compris la danse, pour traduire la richesse intarissable du thĂ©Ăątre Ă©lisabĂ©thain, avec le langage du XXe siĂšcle. Les librettistes ne retiennent le plus souvent que l’intrigue amoureuse, en oubliant la dimension proprement politique dans laquelle elle s’insĂšre. Ici, Boris Blacher restitue le prologue, qui donne tout son sens et sa force Ă  la conclusion : pourquoi tant de haine ? « Deux amants prennent vie sous la mauvaise Ă©toile, leur malheureux Ă©croulement, trĂšs pitoyable, enterre en leur tombeau la haine de leurs parents ». Dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale, rappelĂ© opportunĂ©ment par le dernier tableau (photo des ruines de Berlin, prise du Reichstag) cette dimension prend toute sa force.

 

L’Ɠil Ă©tait dans la tombe


 

blacher-romeo-et-juliette-critique-opera-annonce-actualite-opera-sur-classiquenews-3

 

________________________________________________________________________________________________
carillac-vlaanderen-opera-flandres-jossten-critique-opera-classiquenews-annonce-opera-actualites-opera-musique-classiqueCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. ANVERS, OpĂ©ra flamand, le 8 fĂ©vrier 2019. Hindemith : Cardillac. Dmitri Jurowski / Guy Joostens. AttachĂ© Ă  l’OpĂ©ra des Flandres depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, le metteur en scĂšne Guy Joosten vient d’annoncer que la prĂ©sente production de Cardillac serait sa derniĂšre proposĂ©e dans la grande institution belge. Gageons cependant qu’il sera encore possible de revoir certaines de ses productions emblĂ©matiques (notamment ses trĂšs rĂ©ussies Noces de Figaro en 2015) à l’occasion de reprises bienvenues. En attendant, le metteur en scĂšne flamand s’attaque Ă  Cardillac (1926), tout premier opĂ©ra d’envergure de Hindemith aprĂšs ses premiers essais en un acte, notamment Sancta Susanna en 1922 (entendu notamment Ă  Lyon en 2012).

________________________________________________________________________________________________

 

titus-clemence-tourcoing-duffau-tilquin-boucher-mozart-critique-opera-trio-classiquenews-compte-rendu-critiqueCOMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. TOURCOING, le 7 fĂ©v 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, 
Olivier, Schiaretti. Tourcoing, fabrique lyrique unique. Presque un aprĂšs la disparition de son fondateur Jean-Claude Malgoire (le 14 avril 2018), L’Atelier Lyrique poursuit trĂšs haut cette exigence salvatrice et magicienne qui rĂ©alise l’équation tĂ©nue du chant, de la musique, et du thĂ©Ăątre. DĂ©tenteur d’un secret fĂ©dĂ©rateur, Jean-Claude Malgoire comme nul autre, savait choisir les Ɠuvres, les interprĂštes, surtout ses complices Ă  la mise en scĂšne : une intelligence globalisante unique qui a permis et permet encore aujourd’hui, de proposer des lectures toujours justes et fines des oeuvres du rĂ©pertoire ou moins connues. Une vision et une façon de travailler qui font dĂ©sormais la rĂ©putation de la ville de Tourcoing.

A Tourcoing, poursuite d’une excellence lyrique

TITUS-clemence-MOZART-atelier-lyrique-tourcoing-Publio-Marc-boucher-tito-jeremy-duffaut-opera-annonce-critique-opera-sur-classiquenews

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 2 fĂ©vrier 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch. C’est dans un projet passionnant – qui est toujours aussi un dĂ©fi un peu fou
 – qu’Alexandre Bloch vient de jeter ses forces (et bien Ă©videmment celles de l’Orchestre National de Lille que le chef français dirige depuis septembre 2016) : offrir au public lillois une intĂ©grale des Symphonies de Mahler – d’ici Ă  janvier 2020 – dans leur ordre chronologique. C’est ainsi l’occasion « de suivre le parcours crĂ©atif d’un gĂ©nie musical unique, qui rĂ©volutionna l’écriture symphonique par sa dĂ©mesure visionnaire », comme l’indique si bien le programme de salle. Autre particularitĂ© de ce coup d’envoi, avec la PremiĂšre Symphonie (dite « Titan »), on assiste ce soir Ă  un concert « connecté ». En effet, aprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie (en janvier 2018) autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch renouvelle sa proposition de concert connectĂ©.  LIRE NOTRE CRITIQUE COMPLETE 

 

 

GUSTAV en smartphony
 le génie Mahlérien connecté, expliqué, magnifié

 

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLE

________________________________________________________________________________________________

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Sacrati : La finta pazza. Dijon, OpĂ©ra, Grand-ThĂ©Ăątre, 5 fĂ©vrier 2019. Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn / Jean Yves Ruf. C’était une sorte d’ArlĂ©sienne de l’opĂ©ra : toujours citĂ©e, jamais vue. 375 ans aprĂšs sa crĂ©ation française, Ă  l’instigation de Mazarin pour le jeune Louis XIV, Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn nous offre la production de « La Finta Pazza », redĂ©couverte qu’il signe avec Jean Yves Ruf, aprĂšs leur mĂ©morable Elena, de Cavalli.  Aux sources de l’opĂ©ra vĂ©nitien comme français, cette production est crĂ©Ă©e Ă  Dijon, au Grand-ThĂ©Ăątre, Ă  l’italienne, le plus opportun pour ce rĂ©pertoire…

sacrati-finta-pazza-alarcon-opera-dijon-critique-opera-compte-rendu-opera-classiquenews-3

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. METZ, OpĂ©ra, le 1er fĂ©v 2019. PUCCINI: Tosca. PĂ©rez-Sierra / Fourny. Il en va de Tosca comme de la Traviata ou de Carmen : Ă©ternellement jeunes, ce sont des amies de longue date dont on croit connaĂźtre tous les secrets, et que l’on retrouve toujours avec bonheur comme avec apprĂ©hension. La surabondance de propositions est loin d’en avoir Ă©puisĂ© la richesse. Une nouvelle preuve nous en est donnĂ©e avec la production que signe Paul Emile Fourny pour l’ OpĂ©ra de Metz.  Plus que beaucoup d’ouvrages vĂ©ristes, l’efficace drame de Sardou se prĂȘte Ă  la caricature expressionniste, au Grand-Guignol. Ici, le refus de transposition ou d’actualisation de l’intrigue se conjugue Ă  la volontĂ© de dĂ©passer l’anecdote pour concentrer toute l’attention sur les principaux acteurs, broyĂ©s tour Ă  tour par le drame.

TOSCA-opera-critique-fourny-sierra-govi-te-deum-scarpia-critique-opera-review-opera-classiquenews-2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________

 

JANVIER 2019

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 30 janvier 2019. BERLIOZ : Les Troyens : Tcherniakov / Jordan. Troyens dĂ©senchantĂ©s
 et rĂ©Ă©crits. FidĂšle Ă  sa grille de lecture Ă  l’opĂ©ra, le russe agent du scandale, Dmitri Tcherniakov rĂ©Ă©crit Ă  prĂ©sent tous les opĂ©ras qu’il met en scĂšne ; c’est Ă©videmment le cas des Troyens, osant par exemple faire d’EnĂ©e, un traĂźtre Ă  sa patrie ; de Priam, un pĂšre incestueux et un dictateur ordinaire ; de Cassandre surtout, figure magistrale voire sublime dans la premiĂšre partie (La prise de Troie), une fumeuse traumatisĂ©e, qui a la haine de son pĂšre (violeur), soit une Ăąme dĂ©senchantĂ©e, dĂ©structurĂ©e, au cynisme glacial et distancĂ©. Les spectateurs et connaisseurs de Berlioz apprĂ©cieront. Si le metteur en scĂšne a libertĂ© de mettre en scĂšne toute partition, est-il juste de rĂ©Ă©crire le profil des personnages et couper dans les sĂ©quences de l’action au risque de trahir l’unitĂ© et la cohĂ©rence originelle voulues par le compositeur ? Ainsi ne faut il pas plutĂŽt Ă©crire pour prĂ©senter la production :

LES TROYENS DE TCHERNIAKOV 

d’aprùs

 BERLIOZ


 

troyens-berlioz-opera-bastille-critique-opera-actualite-musique-classique-opera-festivals-concerts-critique-opera-classiquenews

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 27 janv 2019. DONIZETTI : Lucrezia Borgia. Massis, Pancrazi
 Caiani / Sagripanti : Le bel canto romantique remis au goĂ»t du public par seulement quelques grandes voix (Callas, Sutherland, CaballĂ©) est assez rarement prĂ©sentĂ© au public en dehors de quelques titres dont Ă©merge Lucia de Lamermoor. Ainsi la trĂšs rare Lucrezia Borgia fait l’évĂ©nement Ă  Toulouse. La soprano française Annick Massis au sommet d’une carriĂšre bientĂŽt trentenaire fait une prise de rĂŽle risquĂ©e. Elle ne dĂ©mĂ©ritera pas vocalement. Prudente dans le prologue, elle Ă©volue lentement vers plus d’engagement et sait garder une marge de progression pour un final trĂšs abouti. Les exigences vocales sont sauves et la voix d’Annick Massis garde homogĂ©nĂ©itĂ© et brillant. La souplesse des phrasĂ©s fait merveille et les nuances  vocales sont dĂ©licates. Mais les emportements sont trĂšs maitrisĂ©s, peut ĂȘtre trop.

DONIZETTI BORGIA critique opera classiquenews LucrĂšce Borgia - Annick Massis (LucrĂšce Borgia) et Mert SĂŒngĂŒ (Gennaro) - crĂ©dit Patrice Nin

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. LIMOGES, OpĂ©ra, le 27 janv 2019. KORNGOLD : Die tote Stadt (La Ville morte). Baleff / Anglade. Enfant  prodige, nĂ© Ă  Bratislava en 1897, Erich Wolfgang Korngolddevait disparaĂźtre en 1957 Ă  Hollywood, Ă  peine ĂągĂ© de soixante ans. Fuyant les persĂ©cutions nazies, il s’était installĂ© dans la capitale du cinĂ©ma en 1934, y gagnant une solide rĂ©putation de compositeur de musiques de films – Captain Blood avec Errol Flynn reste l’une de ses compositions les plus cĂ©lĂšbres -, dĂ©crochant mĂȘme un oscar. Cette deuxiĂšme partie de carriĂšre ne saurait pourtant faire oublier la premiĂšre, de musicien « sĂ©rieux », couronnĂ©e par la crĂ©ation, le 4 dĂ©cembre 1920, le mĂȘme soir Ă  Hambourg et Ă  Cologne, de Die tote Stadt (La Ville morte), son plus grand succĂšs dans l’univers lyrique.

limoges opera korngold die tote stadt ville morte anglade opera critique classiquenews

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

jp_collot_piano concert critique annone classiquenewsCompte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 26 janvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano. Ce concert s’inscrit au centre d’un triptyque oĂč la musique de notre temps est confrontĂ©e Ă  la musique ancienne. Le pianiste Jean-Pierre Collotn’emprunte jamais les voies de la facilitĂ©. C’est particuliĂšrement le cas ce soir, oĂč, sous l’intitulĂ© « VirtuositĂ©s italiennes », il a choisi de faire alterner l’Italie des « AnnĂ©es de pĂšlerinage » de Liszt avec les trois premiĂšres sonates qu’avait Ă©crites Salvatore Sciarrino pour son instrument. Familier du procĂ©dĂ©, habitĂ© par la musique du compositeur italien, il avait dĂ©jĂ  mis en regard ces sonates avec la musique de Debussy dans un album enregistrĂ© en 2016. Le choix de ce soir apparaĂźt encore plus lĂ©gitime. Le voyage auquel nous sommes conviĂ©s est moins celui de l’Italie que l’immersion dans l’univers de Dante (Ă  une piĂšce prĂšs, la Canzonetta de Salvator Rosa), le rĂ©cital s’achevant de façon explicite « aprĂšs une lecture de Dante ». Toutes les piĂšces sont enchaĂźnĂ©es. L’élision des ruptures que constituent les applaudissements renforce les liens quasi gĂ©nĂ©tiques qui unissent ces piĂšces : il n’y a pas davantage de distance qu’entre une rhapsodie hongroise et une des ultimes compositions de Liszt.

 

 

________________________________________________________________________________________________

troyens berlioz opera bastille janvier 2019 critique opera classiquenews actus infos musique classique operaCompte rendu, opĂ©ra. PARIS. OpĂ©ra Bastille, le 25 janvier 2019. Hector Berlioz : Les Troyens. StĂ©phanie D’Oustrac, Ekaterina Semenchuk, Brandon Jovanovich, StĂ©phane Degout, Christian Van Horn
 Choeurs et Orchestre de l’OpĂ©ra. Philippe Jordan, direction. Dmitri Tcherniakov, mise en scĂšne. Retour des Troyens d’Hector Berlioz Ă  l’OpĂ©ra Bastille pour fĂȘter ses 30 ans ! La nouvelle production signĂ©e du russe Dimitri Tcherniakov s’inscrit aussi dans les cĂ©lĂ©brations des 350 ans de l’OpĂ©ra National de Paris. Une Ɠuvre monumentale rarement jouĂ©e en France avec une distribution fantastique dirigĂ©e par le chef de la maison, Philippe Jordan. La premiĂšre est en hommage Ă  son dĂ©funt PrĂ©sident d’Honneur, et principal financeur du bĂątiment moderne, le regrettĂ© Pierre BergĂ©. Le metteur en scĂšne quant Ă  lui dĂ©die la production Ă  GĂ©rard Mortier. Une soirĂ©e forte en Ă©motion.

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

LES TROYENS -  LA PRISE DE TROIE -COMPTE RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov. DĂ©naturĂ©s ou rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ? Telle est la question face Ă  ce spectacle qui dĂ©montre moins l’opĂ©ra de Berlioz que la vision d’un homme de thĂ©Ăątre. Mal scĂšne ou rĂ©Ă©criture positive ? L’AntiquitĂ© se fait intrigue domestique et thĂ©rapie collective dont les enjeux dĂ©voilent en rĂ©alitĂ© les traumas dont chacun souffre malgrĂ© lui. La grille de lecture rĂ©Ă©crit l’opĂ©ra. Pas sur que Berlioz sorte gagnant de cette affaire
 Mais anecdotique et laide, la mise en scĂšne collectionne les idĂ©es gadgets et dĂ©jĂ  vues : Cassandre est interviewĂ©e par une Ă©quipe de tĂ©lĂ©vision …

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, opĂ©ra. LIEGE, OpĂ©ra, le 25 janvier 2019. Gounod : Faust. Patrick Davin / Stefano Poda. CrĂ©Ă©e en 2015 Ă  Turin, la production de Faust imaginĂ©e par Stefano Poda a dĂ©jĂ  fait halte Ă  Lausanne (2016) et Tel Aviv (2017), avant la reprise liĂ©geoise de ce dĂ©but d’annĂ©e. Un spectacle Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer, tant l’imagination visuelle de Poda fait mouche Ă  chaque tableau au moyen d’un immense anneau pivotant sur lui-mĂȘme et revisitĂ© pendant tout le spectacle Ă  force d’éclairages spectaculaires et variĂ©s. Ce symbole fort du pacte entre Faust et MĂ©phisto fascine tout du long, tout comme le mouvement lancinant du plateau tournant habilement utilisĂ©…

FAUST-GOUNOD-opera-royal-liege-critique-opera-par-classiquenews-photo-1-compte-rendu-opera-critique-opera-musique-classique-concerts-festivals

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra, le 24 janvier 2019. Scarlatti : Il primo omicidio. RenĂ© Jacobs / Romeo Castellucci. Coup de coeur de Classiquenews en ce dĂ©but d’annĂ©e, la recrĂ©ation française d’Il primo omicidio (1707), l’un des plus fameux oratorios d’Alessandro Scarlatti (1660-1725),  est un Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer. Alessandro Scarlatti reste aujourd’hui davantage connu comme le pĂšre de son fils Domenico, cĂ©lĂšbre apĂŽtre du clavier dont on a entendu l’étĂ© dernier l’intĂ©grale des sonates en concert dans toute l’Occitanie. Pour autant, Alessandro Scarlatti fut l’un des compositeurs les plus reconnus de son temps, en tant qu’hĂ©ritier du grand Monteverdi et annonciateur de la gĂ©nĂ©ration suivante, dont celle de Haendel.

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu critique. OpĂ©ra. LYON, JANACEK, De la maison des morts, 21 janvier 2019. Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Alejo PĂ©rez. DerniĂšre Ă©tape lyonnaise d’une production qui avait triomphĂ© Ă  Londres et Ă  Bruxelles en mars et novembre dernier, l’ultime opĂ©ra de Janacek oppose une orchestration rutilante et lyrique Ă  une dĂ©clamation plus austĂšre qui en fait un opĂ©ra singulier, difficilement classable, comme l’est la Donna serpente de Casella, quasiment contemporain. Warlikowski saisit l’Ɠuvre Ă  bras le corps, avec une intelligence et un engagement dramatique qui forcent le respect. Sa lecture vient s’ajouter, sans la faire oublier, Ă  la mythique production de ChĂ©reau.

JANACEK maison des morts warlikowski opera de lyon critique opera classiquenews critique classiquenews opera musique classique

 

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

COMPTE RENDU, critique, opĂ©ra. MARSEILLE, OdĂ©on, le 20 janvier 2019. LEHAR : La veuve joyeuse. Membrey / Lepelletier. Oui, vive la Veuve ! On ne criera pas pour autant « Mort aux maris ! » par prudence, presque chacun l’étant, l’ayant Ă©tĂ© ou le sera. Encore que la disons Pension de rĂ©versionque le vieux Palmieri de Marsovie laisse en mourant Ă©lĂ©gamment trĂšs vite Ă  sa jeunesse d’épouse Missia, plus que le budget restaurĂ© de la petite principautĂ© d’Europe centrale ruinĂ©e, une constellation de millions, ferait le bonheur d’une myriade internationale de prĂ©tendants, soupirants aspirant Ă  sa main pour restaurer leur fortune, ou la faire, pour la dilapider en restaurants chics parisiens avec champagne Ă  gogo et gogo girls en campagne, dans cette capitale du monde et de la fĂȘte qu’est ce Paris de la fin du XIXesiĂšcle oĂč tout le monde se retrouve, mondains comme fripouilles, entre le Maxim’s cher dĂ©jĂ  Ă  tel PrĂ©sident d’hier, cher Ă  faire rire jaune mĂȘme un gilet d’aujourd’hui, et lieux de plaisirs racaille et canaille des hauteurs de la Butte Ă  putes de Pigalle et Montmartre.

 

VIVE LA VEUVE !

 

LEHAR-veuve-joyeuse-odeon-critique-opera-classiquenews-1

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, opĂ©ra.  LILLE, OpĂ©ra, le 16 janvier 2019. Pygmalion de Rameau couplĂ© avec Amour et PsychĂ© de Mondonville. Emmanuelle HaĂŻm / Robyn Orlin. Spectacle coproduit entre l’OpĂ©ra de Lille, le ThĂ©Ăątre de Caen, l’OpĂ©ra de Dijon et les ThĂ©Ăątres de la ville de Luxembourg, c’est une bonne idĂ©e qu’ont eu les quatre institutions lyriques de coupler Pygmalion de Rameau (1748) et L’Amour et PsychĂ© (1758) de Mondonville, qui traite tous deux de l’éternel thĂšme de l’amour.

RAMEAU MONDONVILLE haim opera de lille 2019 critique classiquenews opera Pygmalion-4-728x382

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, OpĂ©ra. GENEVE, le 13 janv 2019. Le Voyage fantastique de Sun Wukong / OpĂ©ra de PĂ©kin. AprĂšs deux ans de bons et loyaux services (durant la durĂ©e des travaux du Grand-ThĂ©Ăątrequi rĂ©ouvrira le mois prochain avec le Ring de Wagner), la structure en bois de l’OpĂ©ra des Nations de GenĂšve est sur le point de partir pour la chine, afin de continuer sa vie, aprĂšs avoir Ă©galement servi Ă  la ComĂ©die-Française pendant le temps de rĂ©novation qu’elle avait Ă©galement subie. Bon enfant et spirituel, Tobias Richter a eu l’idĂ©e d’inviter la cĂ©lĂšbre compagnie de l’OpĂ©ra de PĂ©kin pour des adieux en forme de clin d’Ɠil, et la troupe est venue avec un des titres parmi les plus connus dans l’Empire du Milieu : Le Voyage fantastique de Sun Wukong…

GENEVE-OPERA-critique-opera-par-classiquenews-PEKIN-OPERA-OPERA-DE-GENEVE-annonce-critique-classiquenews-critique-opera-Havoc_in_Heavenly_Kingdom_610x413

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenews Compte rendu concert. TOULOUSE. La Halle-aux-Grains, le 12 janvier 2019. Mozart. Mahler  Adam Laloum. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Wong. Nous avons eu le bonheur de suivre l’activitĂ© intense du jeune pianiste toulousain cet Ă©tĂ© au Festival de Salon-de-Provence, La Roque d’AnthĂ©ron et Les Pages Musicales de Lagrasse. Le retour Ă  Toulouse d’Adam Laloum avec l’orchestre du Capitole devait ĂȘtre une fĂȘte et la salle de la Halle-aux-Grains comble, dans une ambiance fĂ©brile, a eu une Ă©coute des plus attentives, malgrĂ© les fĂącheux tousseurs impudents. Adam Laloum comprend le gĂ©nie mozartien de maniĂšre instinctive. Il semble ĂȘtre chez lui dans sa musique. Finesse des traits, justesse du toucher Ă  l’exact poids, beautĂ© des nuances, inventivitĂ© dans les phrasĂ©s, douceur dans l’andante  et esprit espiĂšgle dans le final. C’est un rĂ©gal de chaque instant avec une Ă©coute attentive des instruments solistes dans les moments chambristes.

 

________________________________________________________________________________________________

grimal david dissonances opera de dijon concert critique par classiquenewsCompte rendu, concert. DIJON, OpĂ©ra, Auditorium, le 12 janvier 2019. Prokofiev, Korngold, Stravinsky. Les Dissonances / David Grimal. Avant la Philharmonie de Paris, puis Le Havre (Le Volcan), l’OpĂ©ra de Dijon offre Ă  son public ce nouveau programme des Dissonances, avec David Grimal comme dĂ©miurge et soliste du concerto de Korngold. Celui-ci est prĂ©cĂ©dĂ© par la suite op 33 bis de l’Amour des trois oranges, de Prokofiev (1925) et sera suivi de la troisiĂšme suite de l’Oiseau de feu, de Stravinsky. Quand les Dissonances se concentraient sur des Ɠuvres de Mozart, on Ă©tait admiratif, Ă  juste titre. Le fait de confier la direction au violon solo, ou d’en faire l’économie, s’inscrivait dans une sorte de retour aux sources. Lorsque les musiciens de David Grimal se sont appropriĂ© le rĂ©pertoire romantique, de Beethoven Ă  Brahms, …

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte rendu, rĂ©cital, DIJON, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano
 Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprĂšte. Sophie Pacinigermano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. AprĂšs la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition. Imposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singuliĂšre que par son approche personnelle d’Ɠuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu, opus 66 de Chopin, qui ouvre le rĂ©cital. Virile en diable, mĂȘme si sa lecture conserve un aspect conventionnel,  c’est du Prokofiev dans ce qu’il y a de plus puissant, voire fĂ©roce, avec des rythmiques exacerbĂ©es, accentuĂ©es comme jamais, sans que Donizetti soit lĂ  pour le cantabile. Les affirmations impĂ©rieuses l’emportent sur les confidences, la tendresse, la mĂ©lancolie, estompĂ©es, d’autant que les tempi sont toujours trĂšs soutenus…

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, concert. PARIS, cercle France-AmĂ©riques, le 14 janvier 2019. VĂ©ronique BONNECAZE, piano. LISZT, DEBUSSY. Il fallait bien attendre la fin de l’annĂ©e Debussy (et donc au delĂ ) pour disposer enfin d’une main sĂ»re, d’une pensĂ©e entiĂšre capable d’en comprendre et la construction rĂ©volutionnaire et l’infini poĂ©tique : si l’annĂ©e Debussy 2018 est bel et bien derriĂšre nous, janvier 2019 nous renvoie Ă  cette (triste car timide) annĂ©e de cĂ©lĂ©bration du centenaire, mais ici revivifiĂ©e avec Ă©clat et pertinence grĂące Ă  l’approche de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze. L’expĂ©rience du concert confirme la rĂ©ussite de son disque dĂ©diĂ© au grand Claude, que fait paraĂźtre le label Paraty, ce 25 janvier 2019. Le cercle France-AmĂ©riques accueille son premier concert de lancement.

 

Pictural, poétique : le Debussy de Véronique Bonnecaze

 

Le Debussy enivré, poétique de Véronique BONNECAZE

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

Eleonora de la Peña  critique concert opera festival classiquenews EleoCOMPTE-RENDU, concert. MARSEILLE, le 12 janv 2019. Concert du nouvel an, LyricopĂ©ra. De la Peña, Mendoze
LyricOpĂ©ra fĂȘtait ses dix ans, ses quarante concerts, sans subventions, sans autre soutien que les dons et le dĂ©vouement sans faille de sa fondatrice Marthe Sebag. Avec son propre piano qui reste Ă  demeure, elle a fait du Temple Grignan un vĂ©ritable temple intime du lyrique et s’est gagnĂ©e le concours d’artistes dont beaucoup, jeunes, trouvent ou ont trouvĂ© en ce lieu, un premier public attentif et exigeant, avant de se lancer Ă  l’assaut de plus vastes scĂšnes et auditoires. Beaucoup de ces chanteurs honorent dĂ©sormais des lieux prestigieux nationaux et internationaux, mais fidĂšles et reconnaissants Ă  l’accueil de cet Ă©crin marseillais chaleureux, ils y reviennent pour notre bonheur. Ainsi, ce premier concert 2019 recevait, avec un vĂ©tĂ©ran, Christian Mendoze, ancien danseur Ă©toile, flĂ»tiste virtuose, fondateur, il y a plus de trente ans, du premier ensemble baroque de la rĂ©gion Musiqua Antiqua Provence qu’il a promenĂ© avec succĂšs dans toute l’Europe, jalonnant son itinĂ©raire de festival en festival, de disques couronnĂ©s de prix prestigieux, Grand Prix de l’AcadĂ©mie du Disque, Prix Radio Suisse International, ou distinguĂ©s par la critique, Recommandation Classica, Meilleur disque de l’annĂ©e, etc.

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

mozart-zaubertflote-fribourg-opera-critique-concert-opera-la-flute-enchantee-fribourg-critique-opera-par-classiquenewsCompte-rendu, OpĂ©ra. Fribourg, ThĂ©Ăątre de l’Equilibre, le 6 janvier 2018. W. A. Mozart : Die Zauberflöte. Joan Mompart / Laurent Gendre. NĂ© de la rĂ©cente fusion de l’OpĂ©ra de Fribourg et de la compagnie lyrique OpĂ©ra Louise, le Nouvel OpĂ©ra Fribourg (NOF) s’est donnĂ© comme mission d’ « enjamber les barriĂšres isolant le lyrique de la crĂ©ation scĂ©nique contemporaine ». C’est ainsi que Julien Chavaz – directeur de l’institution romande – a eu l’idĂ©e de proposer au metteur en scĂšne (de thĂ©Ăątre) suisse Joan Mompart, de mettre en images La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart. Le rĂ©sultat est prodigieux de beautĂ© visuelle et d’intelligence formelle. Le plateau vidĂ© de tout dĂ©cor restera vide de tout dĂ©cor tout au long de la reprĂ©sentation, laissant aux images vidĂ©os – signĂ©es par Brian Torney et projetĂ©es sur de grands rideaux de tulle – le soin de porter l’imagination des spectateurs vers de lointaines contrĂ©es tant physiques que psychiques.

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

KOSAVIC LEON BARYTON portrait concert par classiquenews gstaad 2019 3.jpg__300x300_q90_crop_subsampling-2_upscaleCompte-rendu, concerts. GSTAAD (Suisse), New Year Gstaad Festival, Eglises de Rougemont et Lauenen, les 4 & 5 janvier 2019. Nathalie Stutzmann, Leon Kosavic et l’Ensemble Orfeo 55 (Rougemont), puis Aleksandros Kapelis et les Barock Solisten du Berliner Philharmoniker (Lauenen) dans des Ɠuvres de J. S. Bach. La musique classique Ă  Gstaad, ce n’est pas seulement le cĂ©lĂšbre Menuhin Festival en pĂ©riode estivale et les Sommets Musicaux fin janvier, c’est aussi le Gstaad New Year Music Festival, manifestation fondĂ©e et inlassablement dĂ©fendue par la Princesse Caroline Murat, une des arriĂšre-petites-niĂšces de NapolĂ©on 1er, installĂ©e dans la cĂ©lĂšbre station alpine, pianiste renommĂ©e, mais Ă©galement co-fondatrice des non moins fameux Festival de Verbier et Sommets Musicaux susnommĂ©s…. (…)…  Leon Kosavic, prend ensuite le relais avec les arie « Ich will den Kreuzstab gerne tragen » (BWV 56) et « Jesus ist ein Schild » (BWV 56). Le jeune chanteur, que nous avions dĂ©couvert dans Les Noces de Figaro Ă  LiĂšge, la saison derniĂšre, possĂšde toutes les qualitĂ©s requises pour rendre justice Ă  cette page. Son baryton souple et flexible le destine tout naturellement aux airs de bravoure dont les redoutables vocalises ne lui posent aucune difficultĂ©, ni en prĂ©cision ni en justesse. Le velours du timbre en fait Ă©galement l’interprĂšte idĂ©al des pages plus contemplatives, …

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULON, le 1er janvier 2019. ROSSINI : Le barbier de SĂ©ville. Hempel / Sinivia. « Bravo, bravissimo », applaudissais-je aprĂšs avoir savourĂ© dans sa plĂ©nitude cette production du Barbiere di Siviglia dans le cadre grandiose du thĂ©Ăątre antique d’Orange lors des derniĂšres ChorĂ©gies, le 31 juillet. Puisque les productions tournent, se reprennent, il n’y a pas de raison de ne pas reprendre des introductions aux articles critiques d’Ɠuvres qui demeurent immuables, Ă©ternelles, malgrĂ© les traitements que leur appliquent ou infligent, malgrĂ© les temporalitĂ©s diverses que leur imposent les metteurs en scĂšne au goĂ»t du jour. En voici quelques lignes qui donneront la mesure du passage d’un plein air immense Ă  l’espace clos, plus intime, de l’OpĂ©ra de Toulon.


marseille-toulon-opera-barbier-de-seville-critique-opera-critique-concert-actu-musique-classique-classiquenews

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


LIRE notre compte rendu complet

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

2018

 

 

 

 

modigliani-quatuor-concert-annonce-festival-critique-concert-par-classiquenewsCOMPTE RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 dĂ©cembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. De toute Ă©vidence, ce qui frappe avant tout chez les Modigliani, c’est la sĂ»retĂ© de leur sonoritĂ©, l’ampleur du geste en particulier dĂ©fendu par le premier violon (Amaury Coeytaux), la volontĂ© d’unir et de fusionner une respiration claire et nuancĂ©e qui emporte et prĂ©cise le caractĂšre de chaque piĂšce. Le programme rentre bien dans la thĂ©matique cultivĂ©e depuis sa premiĂšre session par La Schubertiade de Sceaux : piliers de la musique de chambre (dont surtout la prĂ©sence pour chaque concert du samedi, d’une Ɠuvre clĂ© de Schubert) et horizon stylistique trĂšs Ă©largi, car passer ainsi ce 8 dĂ©cembre, de Schubert Ă  Mozart puis Debussy, exige chez les spectateurs comme de la part des interprĂštes, une capacitĂ© de concentration Ă©gale et mĂȘme progressive, Ă  mesure que l’on passe d’une Ă©criture Ă  l’autre.

FESTIVALS. Pierre AUdi, nouveau directeur d’Aix en Provence en 2018

AUDI Pierre 888024-pierre-audiFESTIVALS. Pierre Audi, nouveau directeur d’Aix en 2018. Il porte le nom d’une importante marque de voiture, des berlines principalement, de bonnes routiĂšres, renommĂ©e pour leur tenue de route et leur Ă©lĂ©gance
 De fait, le metteur en scĂšne franco-libanais Pierre Audi (58 ans, nĂ© en 1957 Ă  Beyrouth) et actuel directeur gĂ©nĂ©ral de l’OpĂ©ra national des Pays-Bas (depuis 1988), rĂ©oriente son itinĂ©raire sur une autre voie, celle prestigieuse, et un rien Ă©litiste, du Festival d’Aix en Provence, dont il prendra la direction au 1er septembre 2018. On lui connaĂźt des mises en scĂšne Ă©purĂ©es, parfois austĂšres, oĂč le sens du thĂ©Ăątre supplante la musique, mais sert toujours la situation dramatique. Pierre Audi succĂšde ainsi Ă  l’organiste belge Bernard Foccroule, directeur Ă  Aix depuis 2007. En 2018, l’annĂ©e de la passation, Foccroule fĂȘtera ainsi en juillet, les 70 ans d’Aix, et Audi Ă  Amsterdam, ses 30 ans de carriĂšre. Il sera intĂ©ressant de suivre les nouvelles orientations de Pierre Audi Ă  Aix en Provence.

 

Orange, Chorégies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 août 2014

Un ballo in maschera orangeOrange, ChorĂ©gies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 aoĂ»t 2014. A Orange, on « redouble » chaque Ɠuvre choisie : donc deux Nabucco, deux Otello. Un fragment de la totalitĂ© verdienne – 28 opĂ©ras – qui permet, sous le Mur romain, de contempler des  moments essentiels. Le 1er chef-d’Ɠuvre reconnu, Nabucco, une histoire biblique dont les Ă©chos vont du cĂŽtĂ© de l’UnitĂ© Italienne au XIXe (« Va pensiero » ). Et  un couronnement dramaturgique :  l’ultime tragĂ©die d’Otello, ambigu et violent rĂ©cit des aventures du More de  Venise, de sa belle DesdĂ©mone et du provocateur  Iago


Le destin

Quand Giuseppe devient Verdi, au dĂ©but des annĂ©es 1840
 Avant Nabucco, il y avait un jeune autodidacte trĂšs douĂ©, formĂ© Ă  la composition par Lavigna, et qui aprĂšs  Ă©chec pour un poste Ă  Busseto, Ă©tait allĂ© Ă  Milan commencer une carriĂšre dans la mĂ©lodie (Romanze, 1838)  et surtout l’opĂ©ra (un brouillon, Rocester, remis sure le mĂ©tier pour Oberto, accepté  par un impresario qui fait monter l’Ɠuvre avec un certain succĂšs  Ă  la Scala (1839). Tout serait bien pour ce compositeur  de 26 ans si le destin ne frappait Ă  coups redoublĂ©s : la mort de deux trĂšs jeunes enfants, puis celle – maladie foudroyante – de l’épouse, Margherita (1840), pendant que s’écrit un opĂ©ra-bouffe, Un jour de rĂšgne, qui d’ailleurs connaĂźtra un humiliant Ă©chec.

Va pensiero


Vague verdienne en juin 2014Mais Verdi est dĂ©jĂ  un vibrant patriote et veut voir se rĂ©aliser l’unitĂ© de son pays contre l’occupant autrichien ; il a Ă©tĂ© introduit dans les milieux de l’opposition libĂ©rale aristocratique (le comte et la comtesse Maffei) et il a adhĂ©rĂ© aux idĂ©es progressistes de Mazzini. C’est ainsi qu’il tombe sur un livret biblique (le drame du peuple juif en exil Ă  Babylone), Ă©crit par Temistocle Solara, dont le pĂšre avait Ă©tĂ© internĂ© au Spielberg (lĂ  oĂč le poĂšte S. Pellico avait composĂ© « Mes Prisons »). Il s’enthousiasme pour le chant des exilĂ©s soumis au travail forcĂ© loin de leur patrie : « Va, pensĂ©e, sur tes ailes dorĂ©es », qui deviendra par le vers initial « Va pensiero, sull ali adorate » hymne de ralliement Ă  la libĂ©ration des Italiens, symbole de la partition entiĂšre, et mĂȘme ce que nous appelons un « tube » Ă  vocation universelle. La composition  de l’opĂ©ra est entreprise dans la fiĂšvre.

 Le livret amalgame des faits historiques et des personnages soit imaginaires (AbigaĂŻle, prĂ©tendue fille de Nabucco  et « rĂ©elle »  esclave, devenant reine  par coup d’Etat !), soit  placĂ©s en situations  destinĂ©es Ă  provoquer l’admiration, la terreur ou la pitié  Les histoires d’amour s’y enlacent au cours historique des choses et des peuples, l’aile de la folie s’étend sur le hĂ©ros, le roi Nabucco, qui recouvrera la raison et se ralliera  au Dieu d’IsraĂ«l.  Le « vĂ©ritable »  Nabuchodonosor, souverain de l’empire nĂ©o-babylonien au dĂ©but du VIe , lui,  n’avait Ă©té que  le bĂątisseur d’une CitĂ© aux 18 kms de murailles et aux jardins suspendus.

Comme j’aimerais ĂȘtre Ă  votre place !

L’opĂ©ra fait en tout cas commencer l’immense  carriĂšre de Verdi. Le soir de la premiĂšre Ă  la Scala, « le violoncelliste Merighi dit au compositeur « caché » dans la fosse d’orchestre : Maestro, comme j’aimerais ĂȘtre Ă  votre place ! Et ce soir-lĂ  en effet, la  victoire est totale ! » (P.Favre-Tissot). Mais quelles significations en profondeur, du cĂŽtĂ© de ce qu’on n’appelle pas encore l’inconscient et qu’on apprendra dans un demi-siĂšcle Ă  sonder par la parole libĂ©rĂ©e ? « Il est curieux de noter que Nabucco prĂ©pare ce Roi Lear auquel Verdi rĂȘvera pendant tant d’annĂ©es, dont il commencera la composition et qu’il ne pourra jamais mener Ă  bien.(J.F.Labie). Et chez le Grand Will(iam Shakespeare, pierre angulaire du romantisme europĂ©en), Verdi puisera pour Macbeth, Otello et Falstaff. Comme dans Lear, Nabucco est Ă  la fois « roi et pĂšre, tyrannique, fou et humiliĂ©, tout le prĂ©pare Ă  devenir pĂšre assassin .   Et le pĂšre qui remplit mal sa fonction devient Ă  la fois meurtrier et victime en puissance. » Simone Boccanegra puis Rigoletto parleront ensuite et trĂšs  fortement du PĂšre, avec quelle intensité !

Nos RĂ©volutions et les leurs

L’autre tension plus clairement lisible, est historico-politique. Notre « qualité » de Français nombrilistes ne nous fait guĂšre prĂȘter trop d’attention Ă  la « naissance d’une nation », fĂ»t-elle de l’autre cĂŽtĂ© des Alpes. Et nous avons notre RĂ©volution – la Grande, avec ses petites soeurs du XIXe -, notre UnitĂ© hexagonale n’avait pas attendu le siĂšcle du romantisme pour se faire.Hormis donc le trĂšs cĂ©lĂšbre Viva V.E.R.D.I !, nous ne sommes pas trĂšs au fait d’une Histoire italienne qui n’avance  pas alors irrĂ©sistiblement, et plutĂŽt piĂ©tine aprĂšs ses succĂšs, voire recule (pour mieux sauter, disent les optimistes). OĂč l’imbroglio des idĂ©ologies dĂ©route : rĂ©publicains rouges et impatients (Garibaldiens), modĂ©rĂ©s se ralliant Ă  la raisonnable monarchie de PiĂ©mont-Sardaigne, contre  principautĂ©s et royaume obsolĂštes du nord et du sud. Il en va de mĂȘme pour les actions : sociĂ©tĂ©s secrĂštes, complots et attentats au dĂ©but, carte militaire d’armĂ©es traditionnelles Ă  jouer ensuite contre l’Occupant, alliances mĂȘme Ă©trangĂšres au jeu Ă©quivoque, retournements et attentismes, monarchie parlementaire et nĂ©gociatrice contre grande aventure rĂ©publicaine
 Sans oublier qu’au nombre des « tyrannies » figure la PapautĂ©, encore puissance temporelle (les Etats de l’Eglise) et qui, sauf brĂšve illusion lyrique (Pie IX, les premiers mois),joue la carte du monde ancien et rĂ©pressif, en attendant de se poser en victime « prisonniĂšre » aprĂšs 1870 et pour 60 ans dans les frontiĂšres de son village d’opĂ©rette vaticane


Le pouvoir est rassurant

Et certes en 1842, on est encore loin du moment spectaculaire oĂč le musicien V.E.R.D.I, avec jeu de lettres sur son nom, incarnera le patriotisme trahi de 859, quand NapolĂ©on III « lĂąche » les Itliens en laissant l’Autriche garder la VĂ©nĂ©tie. La dĂ©mission provisoire  du comte Cavour, rĂ©aliste serviteur de la royautĂ© piĂ©montaise, puis son idĂ©e – aprĂšs retour au pouvoir – de pousser Verdi Ă  la dĂ©putation font partie de ce qu’on dirait aujourd’hui un « bon plan de comm politique ». D’ailleurs, depuis le temps de Nabucco, Verdi est passĂ© du rĂ©publicanisme mazzinien au conservatisme « à la Vittorio-Emmanuele », comme le souligne l’historien non-conformiste de la musique J.F.Labie (Le Cas Verdi) : « La pente naturelle du caractĂšre de  Verdi, et aussi sa violence mal contenue, le poussent Ă  l’acceptation d’une puissance souveraine, non pas  par accident, mais par essence, parce que le pouvoir est rassurant  »

Discussions au-delà des clichés

La mort de Cavour (« le PromĂ©thĂ©e  de la Nation », selon le musicien)dĂšs 1861 finira par l’éloigner de la politique, et ses enthousiasmes  auront toujours Ă©tĂ© freinĂ©s par une bonne dose de prudence (conservatrice) ». AndrĂ© Segond ajoute : » En fait  Verdi  resta  farouchement hostile Ă  tous les mouvements populaires qui visaient Ă  la conquĂȘte de plus grandes libertĂ©s politiques et Ă©conomiques. » Spectateur attentif, vous voyez qu’au-delĂ  des clichĂ©s confortables, il y a bien des discussions virtuelles et dĂ©sirables sous le Mur ! LĂ , c’est le metteur en gestes et images Jean-Paul Scarpitta, le chef Pinchas Steinberg, l’Orchestre Montpelier-Languedoc (Ă  Orange pour la 1Ăšre fois), les solistes (dont Martina Serafin, en AigaĂŻlle, George Gagnidze en Nabucco et D. Belossleilskiy en Zaccaria) et les ChƓurs RĂ©gionaux, qui traduiront la jeunesse du1er chef-d’Ɠuvre verdien.

Mon gauche patois de Busseto

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Mais n’est-ce pas un autre (nouveau ?) Verdi qui propose en 1887 (Ă©criture commencĂ©e depuis 1882) sa vision tragique –obsĂ©dante et obsĂ©dĂ©e – d’un sombre hĂ©ros shakespearien ? Arrigo Boito est alors devenu dramaturge et conseiller de Verdi, et il a « complotĂ© avec l’éditeur Ricordi pour que Verdi sorte du silence observĂ© depuis  AĂŻda (1871) puis le Requiem (1874) ». Alors, shakespeariennement   oubliĂ© le Macbeth (1846) que Verdi  avait appelĂ© « mon pĂ©chĂ© de jeunesse » 
 En rĂ©alitĂ©, il faudra quatre ans d’écriture pour Otello, « de la dĂ©pression et du secret ». En 1883, il y aura eu le choc – sinon affectif, du moins esthĂ©tique – provoquĂ© chez l’Italianissime par la mort de Wagner (son conscrit !).  Certes, comme le note AndrĂ© Gauthier, les distances auront Ă©tĂ© marquĂ©es depuis longtemps : « Nous sommes des Italiens, avait rappelĂ© Verdi : je ne veux pas transcrire la sublime polyphonie de Wagner en mon gauche patois de Busseto ! »

La crĂ©ation d’Otello sera un triomphe, et des Français « importants »  sont prĂ©sents Ă  la Scala : Massenet, Reyer, ClĂ©menceau, et mĂȘme ce Camille Bellaigue qui aura 15 ans plus tard l’inoubliable formule : « L’orchestre de PellĂ©as ne fait pas grand bruit, mais un vilain petit bruit. ». AprĂšs d’interminables  approbations du public, une foule raccompagne  l’auteur Ă  l’Albergo Milano, l’interprĂšte Tamagno entonne au balcon l’Esultate du dĂ©but de l’opĂ©ra. « La gloire, constate Verdi, la gloire.. ;Oui, mais j’aimais tant ma solitude en compagnie d’Otello et de DesdĂ©mone ! »

Le poison de la jalousie

Otello, c’est un huis-clos – une fois passĂ© le 1er  acte de tumulte chypriote, lui-mĂȘme nouveau lieu de rĂ©flexion sur le pouvoir – montrant de brĂ»lante façon que « l’enfer c’est les autres » dĂšs lors que le poison  de la jalousie est venu habiter corps et Ăąmes : dans Shakespeare dĂ©jĂ , elle Ă©tait, selon Iago, « lemonstre aux yeux verts qui produit l’aliment dont il se nourrit
Quelles damnĂ©es minutes il compte, celui qui raffole, mais doute, celui Qui soupçonne, mais aime Ă©perdument ! » L’outrance de l’Anglais et celle de l’Italien est dans l’étude quasi-voluptueuse d’une pathologie de l’extrĂȘme. Tous les clignotants d’alerte de la paranoia sont au rouge : bouffĂ©es dĂ©lirantes, manie de la persĂ©cution,  jugement faussĂ©, pulsions de mort (subie et infligĂ©e). « L’obscur objet du dĂ©sir », cadenassĂ© dans la sphĂšre-prison de propriĂ©tĂ© conjugale devient lieu gĂ©omĂ©trique d’un retour Ă  la puretĂ© par vengeance folle  aprĂšs simulacre de procĂšs. Le plaignant est le juge-exĂ©cuteur immĂ©diat de sa propre sentence.

Son lion (de Venise) superbe et généreux

Mais dans ce processus de dĂ©raison incontrĂŽlable, il est un aspect qui aura lĂ©gitimement retenu  des commentateurs modernes (ainsi dans le remarquable Avant-ScĂšne OpĂ©ra sur Otello : G. de Van, Catherine ClĂ©ment,Philippe Reliquet), c’est le caractĂšre noir (« nĂšgre » ?) d’Otello. A l’origine historique,le Morede Venise devenu gouverneur de Chypre Ă©tait un noble vĂ©nitien, Cristoforo Moro. Le « jeu de mots » aura permis le passage « choquant la biensĂ©ance de spectateurs europĂ©ens » (on le disait au XIXe !) Ă  un « teint jaune et cuivré », voire davantage, dans la confusion avec les Ottomans qui menacent Chypre (musulmans, soit, mais pas Africains !). Otello devient « l’homme aux lĂšvres Ă©paisses », voire l’esclave aux lĂšvres gonflĂ©es », « le barbare », bref celui  que sa bravoure guerriĂšre dont une douce, amoureuse et blonde DesdĂ©mone fait, dirait-on ailleurs, son « lion superbe et gĂ©nĂ©reux ».

 Mais que le mariage ait Ă©tĂ© autorisĂ© ou qu’il y ait mĂȘme eu  rapt (consenti), Otello ne peut que demeurer l’Autre, puisqu’il est 
Noir. D’oĂč   les « interpellations offensantes » sur le « barbare trĂšs fruste » portĂ©es par Iago : Otello n’est pas Ă  sa place ni en lĂ©gitime amoureux,ni en Ă©poux. La violence meurtriĂšre qu’il porte en lui, est-ce bien celle de tout humain contaminĂ© Ă  son insu par une jalousie pathologique, ou bien porte-t-il, par son origine « raciale », quelque chose qui prĂ©dispose et exacerbe, « de natura » ? Ainsi peut-on ĂȘtre amenĂ© Ă  poser la question du titre dans l’article de P.Reliquet : « Otello,drame raciste ? »

Je fus

Vague verdienne en juin 2014D’autres pistes de rĂ©flexion : si le More « est aussi la mort », n’y-a-t-il pas aussi extrĂȘme « jalouissance » tout prĂšs de tels  abĂźmes, pour reprendre le joli mot lacanien citĂ© par C.ClĂ©ment ? Et aussi, on peut cherche en tout cela des Ă©chos dans la « camera oscura » de la conscience verdienne. Car Otello est l’homme « ùgé » dans les bras de la tendre DesdĂ©mone. Pour Verdi des annĂ©es 1880, la vieillesse monte Ă  l’horizon, la jeunesse est en tout cas enfuie, « à jamais » marquĂ©e par la triple tragĂ©die de 1838-40. Il n’y a pas en lui la profondeur d’une espĂ©rance chrĂ©tienne qui pourrait  chez cet agnostique  rassurer dans une interrogation sur le nĂ©ant. Qui sait si Verdi, Ă  la fin, ne pourrait qu’avouer comme son hĂ©ros : « Otello fu », « il  fut ». Et rien d’autre ?

Son seul rival international

WAGNER EN SUISSEMais nous pourrons le consoler, notre Giuseppe : son avant-dernier acte de compositeur prouverait Ă  lui seul le gĂ©nie du « seul rival international » (c’était la formule du GĂ©nĂ©ral de Gaulle humoriste se  comparant Ă  
Tintin !) de
  Wagner. Sous le mur-rempart d’Orange, on peut en tout cas faire confiance Ă  la forme trĂšs synthĂ©tique de l’esprit Myung Whun Chung pour faire traduire par son Orchestre (le Philar de Radio-France), les ChƓurs, les solistes –en particulier  le Trio terrible :Inva Mula, DesdĂ©mone, Robert Alagna, Otello, Seng-Hyoun Ko, Iago- la complexitĂ© d’arriĂšre-plans troublants qui hantent l’opĂ©ra. Et ce devrait ĂȘtre en complet accord avec la culture et la subtilitĂ© trĂšs « orangiennes » de Nadine Duffaut, qui met  en scĂšne. Sans oublier entre les sĂ©ries de reprĂ©sentations un concert  lyrique de Patrizia Ciofi, trĂšs aimĂ©e aux ChorĂ©gies : tour d’horizon du cĂŽtĂ© de chez Gioacchino (Rossini, cinq extraits d’opĂ©ras) et Gaetano (Donizetti, six extraits), le Philharmonique de Marseille Ă©tant conduit par Luciano Acocella.

Festival des ChorĂ©gies d’Orange 2014. Giuseppe Verdi (1813-1901). Nabucco, dir.Pinchas Steinberg : 9 et 12 juillet, 21h45. Otello, dir. Myung Whun Chung, 2 et 5 aoĂ»t, 21h30. Concert lyrique Rossini et Donizetti, par Patrizia Ciofi : 4 aoĂ»t, 21h30. Information et rĂ©servation : T. 04 90 34 24 24 et www.choregies.fr

Grand reportage vidéo : le Festival Musique et Mémoire 2013 (les 20 ans)

Grand reportage vidĂ©o : Festival Musique et MĂ©moire 2013. Au cƓur du Pays des Vosges SaĂŽnoises, le festival Musique et MĂ©moire interroge les nouveaux champs crĂ©atifs de la Renaissance et du Baroque. A l’invitation de son directeur artistique et fondateur, Fabrice Creux, le Festival en laboratoire des pratiques musicales rĂ©invente le principe des rĂ©sidences d’artistes. Geste vocal, nouvelles formes de concerts, orgue en scĂšne… sont les volets d’une dĂ©marche unique en France qui recherche toujours Ă  conquĂ©rir de nouveaux publics. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS : avec Fabrice Creux (directeur artistique fondateur du Festival), Bruno Boterf (directeur musical de l’ensemble en rĂ©sidence Ludus Modalis), Jean-Charles Ablitzer (organiste associĂ© du Festival).