GSTAAD : Festival Yehudi Menuhin 2019 : la location est ouverte

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-présentation-classiquenews-582MENUHIN GSTAAD Festival 2019 (Suisse), LOCATION OUVERTE. Le premier festival musical estival en Suisse (à Saanen et à Gstaad là même où Yehudi Menuhin avait repéré des lieux propices à la musique et aux concerts) ouvre sa billetterie : il est enfin possible de réserver ses places, ce pour tous les concerts de l’édition 2019 : une foison de programmes servis par les meilleurs artistes et interprètes de la scène actuelle : chefs, pianistes, chanteurs, orchestres… Le 63è festival Menuhin allie comme à son habitude l’excellence et aussi l’audace, sans omettre aux côtés de l’équilibre de ses propositions, la sensibilisation du classique à tous les publics.

Le programme dĂ©taillĂ© de l’ensemble des concerts du 63e Gstaad Menuhin Festival est dĂ©sormais en ligne : assurez-vous les meilleurs places en rĂ©servant directement sur le site du Menuhin Gstaad Festival 2019, ou par tĂ©lĂ©phone au 033 748 81 82.
Du 18 juillet au 6 septembre 2019 : 60 CONCERTS à l’affiche pendant presque 2 mois. Les concerts ont lieu dans les églises du canton (écrins intimistes du Saanenland), ou sous la tente à Gstaad,  ample vaisseau réservé aux grandes célébrations symphoniques, opératiques, événementielles… Il y a pour tous les goûts à Gstaad chaque été.

 

 

 

le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 fĂŞte PARIS !

 

 

 

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GSTAAD MENUHIN Festival 2018

 

 

 

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gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenewsMOISSON DE TEMPERAMENTS… Cette annĂ©e le Festival suisse fĂŞte PARIS, son thème fĂ©dĂ©rateur. De nombreux artistes français sont prĂ©sents mais pas seulement :
L’Ă©glise de Saanen accueille cette annĂ©e HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel dans le «Te Deum» de Charpentier (20.7), Sol Gabetta dans le 2e Concerto de Saint-SaĂ«ns (21.7), Patricia Petibon dans des airs de Mozart et de Gluck (27.7), l’organiste de Notre-Dame de Paris Olivier Latry (28.7), le trompettiste Gábor Boldoczki (29.7), Andreas Ottensamer et Yuja Wang en duo (31.7), Fazil Say dans le «Clair de lune» de Debussy (2.8), Ute Lemper dans des chansons françaises et de cabaret (10.8), Bertrand Chamayou dans le 23e Concerto de Mozart (11.8), Cecilia Bartoli (23.8) ou encore Hilary Hahn dans les deux concertos pour violon de Bach avec la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen (29.8). On pourra entendre sinon David Guerrier Ă  Château-d’Ĺ’x (22.7), Nuria Rial (5.8), Isabelle Faust (9.8), L’Arpeggiata (15.8) et Maurice Steger (4.9) Ă  Zweisimmen, l’Ensemble Janoska et BirĂ©li Lagrène (8.8), Christophe Rousset (20.8) et Francesco Piemontesi (26.8) Ă  Rougemont, le Quatuor Chiaroscuro (23.7) et Christian Bezuidenhout (27.8) Ă  Lauenen. Quelques-uns parmi les plus de 60 concerts proposĂ©s en 2019…

 

 

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FOCUS GRANDES FORMATIONS :Vous prĂ©fĂ©rez les grands effectifs? RĂ©servez aussi vos soirĂ©es sous la Tente de Gstaad avec Seong-Jin Cho et Manfred Honeck dans «L’Empereur» de Beethoven et la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski (17.8), «Carmen» en version de concert (24.8), Vilde Frang dans Bruch (25.8), Gautier Capuçon et Mikko Franck dans Haydn et la «Symphonie fantastique» de Berlioz (31.8), Klaus Florian Vogt dans Wagner (1.9), Yuja Wang et Myung-Whun Chung dans le 3e Concerto de Rachmaninov (6.9), qui sont en vente depuis le 20 dĂ©cembre dĂ©jĂ !

 

 

 

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Depuis 2 ans, le Menuhin GSTAAD Festival enrichit son offre numĂ©rique proposant Ă  la relecture et au visionnage permanent, de nombreux contenus vidĂ©os, au sein de son offre « GSTAAD DIGITAL FESTIVAL » – Actuellement, reportage sur l’un des laurĂ©ats de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre, organisĂ©e chaque Ă©tĂ© sous la tente / le jeune maestro Joseph Bastian, laurĂ©at du Neeme Järvi 2016 explique le fonctionnement de la «Gstaad Conducting Academy»

 

 

 

 

 

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RESERVEZ VOS PLACES

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directement sur le site du 63è MENUHIN GSTAAD FESTIVAL :

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

 

 

 

 

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et aussi les concerts symphoniques spectaculaires
sous la tente de Gstaad

Comptes-rendus …. nous y Ă©tions : les critiques concerts, opĂ©ras, festivals 2019 par classiquenews

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Tous les spectacles Ă  l’affiche (concerts, opĂ©ras, ballets, rĂ©citals, festivals mais aussi hommages, cĂ©lĂ©brations, concours et galas …) sont minutieusement analysĂ©s par la ” RĂ©daction spectacle vivant ” de classiquenews. Voici les meilleures propositions que nous avons souhaitĂ© couvrir, oĂą nous Ă©tions, spectacles et plateaux qui mĂ©ritent un tĂ©moignage, un compte rendu, un Ă©clairage critique. A lire, pour connaĂ®tre toutes les raisons pour lesquelles il fallait y ĂŞtre …

 

 

Comptes-rendus, critiques de spectacles

sommaire

 

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DISCERNEMENT, EXPLICATIONS… Ici, la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS distingue l’essentiel et le captivant, l’innovation et la prise de risque… ou bien aime remettre les choses au point sur un spectacle ou un artiste … Suivez le travail des interprètes : chanteurs, instrumentistes, chefs qui font l’actualitĂ© et retiennent l’attention des rĂ©dacteurs de CLASSIQUENEWS…

 

LIRE ici nos COMPTES RENDUS antérieurs : 2018, 2017 à 2013

 

 

 

2019

 

Cliquer sur l’illustration pour accĂ©der au compte rendu complet, Ă  la critique intĂ©grale

 

JUIN  2019


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Compte-rendu critique. Opéra. PARIS, OFFENBACH, Madame Favart, 22 juin 2019. Orchestre de Chambre de Paris, Laurent Campellone. Jamais représenté dans la salle qui porte son nom, Madame Favart est pourtant l’une des partitions les plus abouties du « petit Mozart des Champs-Élysées ». La production de l’Opéra-Comique est une réussite exemplaire qui rend justice à l’art du comédien, dans un rythme effréné, sans temps mort ; une drôlerie de tous les instants, magnifiée par une distribution et une direction électrisante.

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SPECIAL LEIPZIG BACHfest 2019
par notre envoyé spécial Florent Coudeyrat

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’après-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clôture de la Bachfest, dédié à la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie à craquer pour l’occasion. C’est là qu’officia le maitre de 1724 jusqu’à sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y être enterré au niveau du choeur. Même si l’acoustique est quelque peu étouffée à cet endroit, donnant une impression d’éloignement par rapport aux interprètes réunis sur la tribune de l’orgue à l’opposé, entendre la Messe en si mineur aux cotés du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Michaeliskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Cantates de Weimar (IV), VOX LUMINIS. On ne remerciera pas assez la Bachfest de nous inciter à quitter le centre-ville de Leipzig pour découvrir l’Eglise Saint-Michel, située à proximité du zoo, au nord. Miraculeusement épargné par les bombardements de la Deuxième guerre mondiale, l’édifice trône au devant d’un square qui le met admirablement en valeur. Mais c’est surtout son intérieur qui surprend par sa variété de style virtuosement entremêlés, relevant essentiellement du néogothique et de l’Art nouveau, tous deux encore en vogue en 1904.

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bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Alte Börse, LEIPZIG, le 23 juin 2019. Joseph Haydn : Quatuor à cordes n° 5, opus 76 / Jean-Sébastien Bach : extraits d’oeuvres / Dimitri Chostakovitch : Quatuor à cordes n°8, opus 110. Preuve s’il en est besoin de la variété des événements proposés lors de la Bachfest, le présent concert permet de découvrir l’un des jeunes quatuors allemands parmi les plus prometteurs du moment. Formé en 2014 à Francfort, où il est toujours en résidence, le quatuor rassemble des solistes venus d’horizons divers : deux Russes, un Canadien et un Allemand. Entre eux, l’entente et l’écoute mutuelle semblent évidents dès les premières mesures du Quatuor à cordes n° 5, opus 76 (1797) de Haydn, entonnées dans l’acoustique sonore de l’ancienne bourse aux échanges (reconstruite à l’identique après-guerre).

 

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bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Cantates de Weimar (III). A l’instar de sa voisine Dresde, Leipzig ne cesse de retrouver sa splendeur d’antan, d’année en année, effaçant les erreurs architecturales de l’après-guerre par d’opportuns rehabillages ou reconstructions dans un style ancien. Pratiquement dédié aux piétons, le centre-ville est d’ores et déjà envahi par les touristes en cette saison estivale, tous séduits par les nombreuses terrasses à chaque coin de rue. Outre l’attrait évident que représentent les gloires musicales locales (Bach et Mendelssohn bien sûr, mais aussi… Wagner, natif de la Cité), il faudra se perdre dans les nombreux et splendides passages couverts dont l’état de conservation ne manquera pas d’impressionner les amateurs.

 

 
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BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachCompte-rendu, concert. Bachfest, Schlosskapelle in Neu Augustusburg, WEIßENFELS, le 22 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Cantates de Weimar (II) / Philippe PIERLOT. “C’est un concert de la chaussure ?” commente malicieusement un touriste anglais en visitant le musée de la chaussure de Weißenfels, quelques minutes avant d’assister au concert donné dans la chapelle du Château. Un trait d’humour à même d’animer la visite d’un musée aux murs décrépis, dont la richesse et la diversité des collections, tournées vers le monde, doivent toutefois inciter à dépasser ce premier regard défavorable. Cette collection passionnante rappelle les grandes heures industrielles de la ville de Weißenfels, située à mi chemin entre Weimar et Leipzig (à environ trente minutes en car de cette dernière).

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GetAttachmentThumbnailCOMPTE-RENDU, Opéra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole, le 20 juin 2019. J. MASSENET. Werther. N. Joel. J.F. Borras. K. Deshayes. A. Heyboer. F. Valiquette . Orchestre et Choeur du Théâtre du Capitole. J.F. VERDIER, direction.Revoir cette belle production de Werther mêle attentes et nostalgie. Je garde en effet un souvenir ému et ébloui du printemps 1997 quand je découvrais Roberto Alagna dans ce rôle. Rappelons que la production était montée pour lui et que le monde entier nous enviait cette prise de rôle. Tout avait été magique avec une distribution de rêve et la découverte d’une scénographie parfaite, de décors simples et beaux, et de costumes sublimes. Tout cet aspect scénique se retrouve et la mise en scène de Nicolas Joel n’a pas pris une ride, la beauté plastique reste idéale. L’ action est située fin XVIIIè, tout étant de bon goût, personne ne se lasse de la retrouver. Les lumières étant peut être encore plus réussies.

 

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Compte-rendu, opéra. Liège, Opéra royal de Wallonie-Liège, le 20 juin 2019. Bellini : I puritani. Speranza Scappucci / Vincent Boussard. Crée en fin d’année dernière à Francfort, la production des Puritains imaginée par Vincent Boussard fait halte à Liège en cette fin de saison autour d’une distribution remarquable, fort logiquement applaudie par un public enthousiaste pendant toute la soirée – et ce malgré les presque quatre heures de spectacle, avec un entracte, requis pour cette version donnée en intégralité. Les interprètes trouvent dans la mise en scène un écrin d’une remarquable pertinence, Boussard ayant la bonne idée de centrer l’action autour d’Elvira, qui semble revivre les événements qui l’ont conduit à la folie, errant comme un fantôme hagard et inquiet dans les ruines d’un théâtre en rénovation.

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Compte rendu, piano. Lille. Concert de clôture Festival Piano(s) Lille, 16 juin 2019. Concerto pour piano et orchestre en si-bémol, Johannes Brahms. Orchestre National de Lille. Jean-Claude Casadesus, direction. Nelson Freire, piano. Nous voici dans la fabuleuse salle – auditorium du Nouveau Siècle à Lille pour la clôture de la 15e édition du Lille Piano(s) Festival, événement désormais incontournable du printemps lillois chaque année et qui voyait cette année d’anniversaire, la dernière direction artistique de Jean-Claude Casadesus. Pour souligner 2019, le pianiste brésilien Nelson Freire interprète le 2e concerto pour piano et orchestre de Brahms, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction de… Jean-Claude Casadesus. Trois jours de célébration kaléidoscopique de l’art du piano avec une conclusion sensible où l’accord, la symbiose entre le piano et l’orchestre sont au rendez-vous. Nelson Freire, après un récital solo d’une sensibilité exquise la veille, rejoint ainsi l’Orchestre National de Lille pour le monumental concerto de Brahms. L’œuvre composée 20 ans après le premier fut très bien reçue dès sa création. Modeste, Brahms parlait du concert comme « un petit concert en si-bémol ». Nous pouvons voir l’évolution tout à fait symphonique du maître ; s’il est moins exubérant que le premier, il est plus équilibré, d’une plus grande réserve émotionnelle, accouplée à une plus grande maîtrise de l’orchestration et surtout à un sens plus mûr de la relation entre le soliste et l’ensemble.

 

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. METZ, Opéra, le 16 juin 2019, Carmen (Bizet) / José Miguel Pérez-Sierra – Paul-Emile Fourny. D’une vie dramatique intense, c’est la version opéra-comique qui nous est offerte, privée des dialogues comme des amputations de Guiraud. Cette nouvelle Carmen a fait l’objet d’une réécriture dramatique, assortie de quelques modifications qui affectent surtout les passages parlés. Nous sommes transportés dans les années 50, avec une transposition des fonctions qui n’altère ni la psychologie des personnages, ni les ressorts du drame. Paul-Emile Fourny nous offre un début en forme de polar, qui éclaire l’ouvrage d’un jour nouveau.

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. TURIN, le 15 juin 2019. CASELLA : La Giara / MASCAGNI : Cavalleria rusticana. Orchestre du Teatro Regio, Andrea Battistoni. C’est une excellente idée du Regio de Turin d’avoir associée la sur-représentée Cavalleria rusticana à la rare Giara de Casella, compositeur turinois, dont on a pu voir, il y a deux ans, la magnifique Donna serpente. Si les différences – de genre, d’esthétique – sont nombreuses, la thématique littéraire, populaire sicilienne, les rapproche avec pertinence. Au final, la « comédie chorégraphique » de Casella en ressort vainqueur.

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8adbdfb5-2488-4656-b430-34daf6c1593dCOMPTE-RENDU, théâtre musical. TOULOUSE, Théâtre Jules Julien, le 15 Juin 2019. DARIO FO. Mistero Buffo. BACH. PERGOLESE. VIVALDI. MONTEVERDI. VERDI. ABEDJEAN. DALTIN. Choeur à bout de souffle. DELINCAK. Le nouveau spectacle de la compagnie A bout de Souffle est hypervitaminé. L’engagement des comédiens dans le texte de Dario Fo est total. Ils y croient et le montrent à voir. Comme les choristes et les chanteurs qui semblent vivre chaque mot du Crédo ou du Stabat Mater à la lettre. Le parti pris du metteur en scène, Patrick Abédjean, est de rendre hommage à Dario Fo.

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classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaQUÉBEC, Festival CLASSICA 2019. Palmarès du Récital Concours international de Mélodies françaises. Au terme de la seconde épreuve 2019 (FINALE qui s’est tenue dimanche 16 juin 2019 à Saint-Lambert, Paroisse Catholique) voici le palmarès du 3è Récital-Concours 2019:

 

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DON_GIOVANNI_Photo.KlaraBeck-0922NPressebis-362x464COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. STRASBOURG, OpĂ©ra, le 15 juin 2019, Don Giovanni / Christian Curnyn – Marie-Eve Signeyrole. Relecture ? Transposition ? DĂ©tournement ou dĂ©voiement ? Marie-Eve Signeyrole pratique depuis 2012 le dĂ©paysement de tous les ouvrages lyriques qu’elle aborde. Le livret, les didascalies sont oubliĂ©s pour transmettre le message que l’inventive metteuse en scène substitue aux intentions du librettiste et du compositeur, pour le meilleur comme pour le moins bon. Ici, c’est pour le meilleur, d’une force bouleversante, oĂą le drama giocoso, avec ses deux versants, atteint une vĂ©ritĂ© dramatique exceptionnelle : L’opĂ©ra du dĂ©sir « incontrĂ´lable et incontrĂ´lé »…

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bizet-georges-582-594-portraitCOMPTE-RENDU, critique, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 12 juin 2019, Carmen (Bizet) / Alain Guingal – Nicola Berloffa. Partition raffinée pour une intrigue vulgaire, un fait divers médiocre, crime passionnel dont furent et sont encore victimes tant de femmes, l’ouvrage figure toujours à de nombreux menus : Carmen demeure un plat de choix, apprécié du plus grand nombre. La question que l’on se pose avant la dégustation est : à quelle sauce nous sera-t-elle présentée, tant l’imaginaire des réalisateurs-metteurs en scène est infini ? Celle offerte à l’Opéra de Saint-Etienne reproduit la production de Rennes (mai 2017) – où Claude Schnitzler tenait la baguette – elle-même co-production hispano-suisse.

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mozart wolfgang _doris_stockminiCompte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier, 11 juin 2019. Don Giovanni, Mozart. Etienne Dupuis, Jacquelyn Wagner, Nicole Car, Philippe Sly… Orchestre et choeurs de l’opéra. Philippe Jordan, direction. Ivo van Hove, mise en scène. Nouvelle production du chef-d’œuvre de Mozart, Don Giovanni, à l’affiche à l’Opéra de Paris. Le metteur en scène Ivo van Hove signe un spectacle gris parpaing ; le chef Philippe Jordanassure la direction musicale de l’orchestre associé à une distribution fortement histrionique, rayonnante de théâtralité, entièrement éprise du mélodrame joyeux du génie salzbourgeois !

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classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaCOMPTE-RENDU, concert. MONT-ROYAL, le 11 juin 2019. Festival CLASSICA 2019, Les Larmes de Jacqueline / BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL, HÉTU. S Tétreault, JP Sylvestre, Orch Métropolitain. Alain Trudel, direction. Programme plein d’audaces et voire ambitieux ne serait ce que par la présence de deux œuvres rares en concert : le Concertino pour violoncelle de Roussel et le Concerto n°2 pour piano de Jacques Hétu. Pour ce 2è événement dans la ville de Mont-Royal, le Festival a souhaité profité de la présence de l’Orchestre Metropolitain et présenter ainsi plusieurs œuvres concertantes au souffle symphonique indéniable.

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SOKHIEV-maestro-chef-toulouse-capitole-presentation-critique-par-classiquenews-sokhiev_c_marc_brennerCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 10 Juin 2019. A. BORODINE. S. RACHMANINOV. M. MOUSSORGSKI/M.RAVEL. Chœurs du Capitole. Orchestre National du Capitole. G.Magee. T.SOKHIEV, direction. Ce concert très attendu n’a pas permis à la vaste Halle-aux-Grains d’accueillir tout le public venu demander une place. C’est donc dans une salle bondée avec une ambiance électrique que le concert a débuté. La Cantate le Printemps de Rachmaninov pour baryton et chœur est un hymne à l’amour et au renouvellement perpétuel de la vie. Elle contient un très beau message de paix et de pardon. L’orchestration est subtile avec un éveil de la nature d’une sensualité envoutante. Tugan Sokhiev dirige à mains nues et semble obtenir de tous une musique aussi belle qu’émouvante. Le Chœur du Capitole est profond dans d’admirables nuances. Le baryton Garry Magee au chant subtile et à la voix naturellement belle fait un beau portait d’homme amoureux meurtri qui pardonne. Mais nous savons quel Eugène Onéguine il a su être au Capitole. Il offre des interventions parfaites qui nous ont semblé trop courtes. Illustration : Tugan Sokhiev © M Brenner.

 

 

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Rienzi de WagnerCOMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. NANTES, Théâtre Graslin, le 9 juin 2019, Der fliegende Holländer / Rudolf Piehlmayer – Rebecca et Beverly Blankenship. Si toutes les scènes lyriques conduisent rĂ©gulièrement des opĂ©rations de promotion de leurs productions, visant Ă  diffuser l’opĂ©ra auprès du plus grand nombre et Ă  inviter les profanes Ă  franchir le seuil de la salle, Angers Nantes OpĂ©ra et l’OpĂ©ra de Rennes se sont donnĂ©s les moyens d’une action d’envergure exceptionnelle : nombreux ateliers de chant prĂ©paratoires, diffusion en direct, sur des Ă©crans gĂ©ants, dans plus de quarante villes de la rĂ©gion, sans oublier …

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MAI  2019

 

 

 

tempo piano croisic romain david piano critique concert festival classiquenewsCOMPTE-RENDU, FESTIVAL TEMPO PIANO CLASSIQUE, Le Croisic, Paris, 30 mai-2 juin 2019, R. David, J.P. Gasparian, M. Gratton, N. Gouin, Trio Karenine. Comme chaque année, le festival Tempo Piano Classique a donné rendez-vous à son public le week-end de l’Ascension. Un moment toujours très attendu des croisicais, dont le pianiste Romain David, son directeur artistique, a su gagner la confiance et la fidélité, avec l’appui et l’engagement de toute l’équipe du festival. Cette manifestation portée par l’association Arts et Balises prend un nouveau cap, dans la continuité, avec la présidence de Jacques Moison qui succède cette année à son fondateur Yann Barrailler-Lafond, lequel s’est vu décerner la médaille de la Ville par madame Michèle Quellard, maire du Croisic. Un honneur bien mérité.

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pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans). Conçue par l’Opéra des Flandres en fin d’année dernière, la nouvelle production des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte à Luxembourg en ce début de printemps avec un plateau vocal identique. Il est à noter que ce spectacle de très bonne tenue sera repris début 2020 à l’Opéra de Lille avec des chanteurs et un chef différents : une excellente initiative, tant s’avère réjouissant le travail du collectif théâtral anversois « FC Bergman », dont c’est là la toute première mise en scène lyrique.

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SCHUBERT-SCHUBERTIADE-concert-amitie-saison-sceaux-musique-de-chambre-la-schubertide-de-sceaux-concerts-programme-annonce-par-classiquenewsCOMPTE-RENDU, récital, DIJON, Opéra, Auditorium, le 5 mai 2019, Le dernier Schubert, Andreas Staier… « Il y a dans la personnalité de Schubert quelque chose qui est absolument unique. Il est peut-être le dernier compositeur de la musique occidentale à pouvoir écrire une musique à la fois populaire et sublime, à la fois extrêmement raffinée, difficile, et si touchante que, même sans éducation musicale, on est bouleversé ». Ces mots d’Andreas Staier sonnent plus justes que jamais après l’achèvement de ce cycle « le dernier Schubert », inauguré en octobre dernier, avec des impromptus, les six moments musicaux, et la première des trois dernières sonates, en ut mineur (D.958). Au programme, nous avons maintenant les deux suivantes, ultimes chefs d’œuvres pianistiques de sa dernière année, en la et en si bémol majeur, D. 959 et 960, dont la plénitude, le détachement comme la fièvre et l’exaltation sont la marque. Comment ne pas y voir parfois l’ombre de Beethoven, qui vient de disparaître ?

 

 

 

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AVRIL 2019

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand… Bleuse /Desbordes. Petite réserve tout d’abord dans la conception même de la soirée. Malgré sa forme chaotique entre récital de chansons, revue, volets habituels du cabaret berlinois, la première partie de soirée (Berliner Kabarett) présente quelques superbes mélodies aux textes tout autant savoureux ; curieusement en dépit de la présence de l’orchestre en fond de scène, c’est au piano seul que trois chanteurs égrènent leur juste complainte entre poésie et désespoir, tous ont cette désillusion enchantée qui est la marque du théâtre aussi politique que délirant du duo Weill / Brecht.

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cycle-mahlerCOMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau Siècle, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Christianne Stotijn (mezzo-soprano), Philharmonia Chorus, Choeur maîtrisien du Conservatoire de Wasquehal / ONL Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch(direction). La 3ème Symphonie de Mahler, jouée ce soir au Nouveau Siècle à Lille, délivre et confirme désormais les qualités du cycle événement que le chef et directeur musical du National de Lille, ALEXANDRE BLOCH, dédie au compositeur (qui fut aussi un grand chef). De l’énergie, une urgence continue, une intelligence des timbres, surtout une attention particulière à l’architecture interne du massif malhérien… A contrario des conceptions plus « droites », objectives de certains chefs, plus extraverti que d’autres (comme les « grands ainés » tels Karajan, Haitink… sans omettre Abbado), Alexandre Bloch lui ne s’économise en rien, dansant sur le podium, habité, exalté par son sujet, avec une intensité qui rappelle … Bernstein. Ceci nous vaut pour le dernier mouvement, le plus aérien (aux cordes surtout), des jaillissements de lyrisme flexible et amoureusement déployé, un baume pour le cœur et l’esprit, après avoir passé tant d’épisodes si divers et contrastés. On n’oubliera pas ce 6è mouvement final (« Langsam. Ruhevoll. Empfunde ») qui semble comme un choral fraternel et recueilli, embrasser tous les êtres vivants (hommes et animaux) et les couvrir d’un sentiment d’amour, irrépressible et caressant. Dans son intonation, sa pâte transparente, suspendue, le mouvement préfigure l’Adagietto de la 5è, ses amples respirations,sa couleur parsifalienne, sa ligne constante qui appelle et dessine l’infini…

Sons et conscience de la Nature

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MARS 2019

 

Compte rendu, concert. Dijon, Opéra, Auditorium, le 31 mars 2019. Bach-Mozart, Mendelssohn, Phil Glass, Chostakovitch, Webern, Janacek, Gershwin par le quatuor Schumann. Il existe deux quatuors Schumann… Celui (français) qui se réfère à Robert, et celui dont trois des membres sont frères portant ce patronyme (« Schumann Quartett »). Ce dernier, fondé il y a sept ans, s’est imposé depuis parmi les jeunes quatuors, déjà reconnus par la critique internationale comme l’un des plus prometteurs. Comment ne pas s’enthousiasmer pour ces formations qui, en l’espace de quelques années, parviennent à se hisser au niveau des grands ancêtres, voire les surpassent ?
Séduisant par son originalité, le programme est généreux, éclectique, mais aussi surprenant. La première partie introduit et ponctue d’une fugue de Bach transcrite par Mozart chacune des œuvres (Mendelssohn, Glass, Chostakovitch et Webern). La seconde fait suivre le quatuor « Lettres intimes » de Janacek d’une insipide « Lullaby » de Gershwin, qui rompt l’éblouissement de ce chef-d’œuvre. Un mouvement de Haydn en bis nous réconciliera. Quoi de mieux pour commencer que ces fugues de Bach, découvertes dans la bibliothèque de Van Swieten par Mozart, qui les transcrivit pour quatuor à cordes ?

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COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 30 mars 2019. Adolphe Adam : Le Postillon de Lonjumeau. Michael Spyres / Michel Fau / Sébastien Rouland. Le 13 octobre 1836 fut une grande date dans l’histoire de l’Opéra-Comique avec la création du Postillon de Lonjumeau (sans g) d’Adolphe Adam ; l’ouvrage fut accueilli triomphalement pour sa musique enjoué et le talent de ses deux interprètes principaux. Il connut plus de 500 représentations pendant le XIXe siècle avant de disparaître de l’affiche en 1894… pour réapparaître enfin ces jours-ci dans l’institution qui l’a vu naître. Le Postillon d’Adam, alias Chapalou, c’est d’abord un ténor qui se doit d’affronter, avec une vocalità typiquement rossinienne, l’une des tessitures les plus périlleuses du répertoire. Tout est basé sur sa performance : c’est en chantant son air « Mes amis, écoutez l’histoire », au premier acte – dont Donizetti se souviendra peut-être dans sa Fille du régiment, quatre ans plus tard -, et en poussant un retentissent contre-Ré qu’il est engagé dans la troupe de l’opéra Royal. Devenu célèbre, Chapelou apparaît au II sous les traits de Saint-Phar, le plus adulé des ténors, qui joue les Divos en se produisant devant Louis le quinzième.

 

Retour réussi du Postillon de Lonjumeau au Comique

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MONACO printemps des arts 2019 concerts festival critique piano critique compte rendu concerts opera classiquenews bianconi brahmsCompte-rendu, critique, concert. MONTE-CARLO, le 23 mars 2019. Printemps des Arts de Monaco 2019.  BRAHMS: Bianconi / Nesterowicz   Un seul concert au Printemps des Arts de Monte-Carlo suffit à donner un aperçu de la singularité de ce festival, auquel son directeur artistique Marc Monnet a su imposer sa patte, originale et reconnaissable entre toutes. Comme un bon cuisinier qui cache ses secrets au cœur de ses recettes tout en détaillant les ingrédients sur le menu, il concocte sa programmation avec une science qui lui appartient, dans des mariages hardis, inattendus ; concilie ce qui apparaît au demeurant inconciliable, instille, et même bien davantage, la musique contemporaine dans des programmes où les chocs esthétiques ne sont pas exclus. L’œuvre inclassable du compositeur Mauricio Kagel constitue le fil rouge de cette édition. Alexandros Markeas (né en 1965), et Yann Robin (né en 1974) y sont également à l’honneur. Le 23 mars, un copieux concert attendait son auditoire, avec, tenez-vous bien, les deux concertos pour piano de Brahms, entre autres…

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Chamayou-Gabetta©MarcoBorggreveCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 11 Mars 2019. C. DEBUSSY. F. POULENC. S. RACHMANINOV . Sol Gabetta / B.Chamayou. Le duo musical Sol Gabetta et Bertrand Chamayou peut effectivement prétendre à un accord parfait ; les deux jeunes musiciens se connaissent depuis bien longtemps, plus de 15 ans d’amitié, et des concerts en duo depuis dix bonnes années. Leur retour à Toulouse, en terres conquises, dans le cadre des Musicales Franco-Russes est un vrai bonheur. La grâce diffuse autours de Sol Gabetta et le pianiste plus sage semble gagné par le feu secret ou extraverti de sa collègue. La Sonate de Debussy pour violoncelle et piano est d’une grande subtilité et permet des éclairages divers selon les interprètes. Ainsi la version de Sol Gabetta et Hélène Grimaud est bien connue (enregistrée par DG). Ce soir la violoncelliste, en artiste sensible, propose tout autre chose avec la complicité de Bertrand Chamayou.

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dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théâtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor… Vesperini / Gerts. SAINT-ETIENNE confirme son étonnante disposition à dévoiler des trésors oubliés de notre patrimoine. Pour ce Dante dont il n’existe q’un enregistrement (assez inégal en raison de chanteurs peu nuancés voire inintelligibles et d’un orchestre « routinier »), voici sur la scène stéphanoise, impliquant tous les ateliers de fabrication locaux (décors, costumes, machinerie), la version scénique de l’ouvrage. Une récréation mondiale car l’opéra de Benjamin Godard n’avait pas été produit sur les planches depuis sa création (malheureuse) en 1890. La révélation est majeure car elle souligne un génie du drame et de l’onirisme noir, souvent sombre, dont l’orchestre et le chœur sont constamment sollicités, en teintes expressives, raffinées, particulièrement oniriques. L’écriture de Godard synthétise le meilleur à son époque, Massenet et Verdi pour le drame, Gounod, Berlioz pour la distinction, sans omettre des couleurs et des harmonies puissantes qui rappellent Tchaikovski et annonce bientôt la transparence d’un Ravel. C’est dire.

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dvorak antoninCOMPTE-RENDU, concert. DIJON, église Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. Chœur de l’opéra de Dijon. Anass Ismat. Grande œuvre chorale de Dvorak, au même titre que son Requiem, ce Stabat Mater n’avait pas été donné à Dijon depuis le passage, en 2015, de Philippe Herreweghe et de son Collegium Vocale, dont on conserve un souvenir mitigé, lié au parti pris du chef : le recueillement, une approche toute intériorisée, lisse, d’où étaient amoindries, voire bannies, les indications dynamiques explicites de la partition.  Aujourd’hui, malgré le retour à la première version avec piano, le flamboiement nous renvoie davantage à la vision de Rafael Kubelik. Des dix numéros du Stabat Mater, sept furent écrits pour soli, chœur mixte et piano, avant que la disparition brutale d’un, puis de deux autres de ses enfants conduise le compositeur à compléter la partition (numéros 5 à 7) et à l’orchestrer.

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PESSON 3 contes opera de lille critique opera annonce opera concert musique classique news classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. LILLE, Opéra, le 10 mars 2019. PESSON : Trois contes. Georges-Elie Octors / David Lescot. Présentée à l’Opéra de Lille en 2017, La Double Coquette de Dauvergne (LIRE le compte-rendu du disque édité à cette occasion) avait déjà permis d’apprécier tout le goût de Gérard Pesson (né en 1958) pour l’adaptation musicale. On le retrouve cette fois accompagné de l’excellent David Lescot (dont le travail dans La finta giardiniera de Mozart avait fait grand bruit ici-même en 2014) en un spectacle au titre trompeur qui incite à penser que les enfants en sont la cible. Il n’en est rien, tant les trois contes déconcertent dans un premier temps par l’hétérogénéité des sujets abordés et le sérieux manifeste du propos. Pour autant, l’idée de ce travail est bien de confronter notre regard avec les raccourcis et faux semblants propres à l’imaginaire et au merveilleux, tout autant qu’à notre capacité à nous illusionner pour échapper à la réalité.

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts. Révélé il y trois ans à Munich, lors d’un mémorable concert et enregistré dans la foulée avant une reprise à Versailles, le Dante de Benjamin Godard reçoit enfin les honneurs d’une recréation scénique. Mise en scène et direction d’acteurs efficace pour une partition qui regorge de beautés compensant une intrigue quelque peu statique.

DANTE godard paul gaugler frederic caton

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OMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 1er mars 2019. R. STRAUSS: Ariane à Naxos (nouvelle production). Fau, Belugou, Fabing, Hunhold, Savage, Morel, Sutphen. Orch National du Capitole. E. ROGISTER, direction. Donner l’opéra le plus élégant de Richard Strauss et Hugo von Haufmannstahl, le plus exigeant au niveau théâtral avec des voix hors normes, toutes surexposées, est une véritable gageure que Christophe Ghristi, nouveau directeur de l’auguste maison toulousaine, relève avec brio. Il a trouvé en Michel Fau un homme de théâtre respectueux de la musique, capable de donner vie à Ariane à Naxos en un équilibre parfait entre théâtre et musique, entre le prologue et l’opéra lui-même.

 

Ariane Ă  Naxos de Strauss/Hofmansthal
Production géniale à Toulouse

 

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FÉVRIER 2019

 

 

 

 

 

 

 

Tugan sokhiev direction dorchestre toulouse france russie festival 2019 compte rendu critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 28 fév. 2019. BRAHMS. DEBUSSY. TCHAÏKOVSKI. BORODINE. STRAVINSKI. Orch National du Capitole, N.Sorokin , B. Penas, E. Lee,  T. SOKHIEV, direction. C’est la 3ème année que Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole proposent à Toulouse une Académie de direction d’orchestre.  Le concert du soir permet aux chefs candidats de diriger devant le public dans des conditions optimales. Puis Tugan Sokhiev dirige la deuxième partie du concert. La salle de la Halle-aux-Grains est pleine et le succès public est au rendez-vous de cet enseignement éclairant. Les séances de l’académie sont publiques et j’ai pu passer la journée de mercredi à assister à cette aventure extraordinaire.

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cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau Siècle, le 28 février 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La première Symphonie Titan marquait déjà l’ampleur d’une écriture très inspirée. Premier essai, premier coup de génie (1). Dans la 2è Symphonie, l’architecture s’élève encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu à peu la montagne, jusqu’à édifier une cathédrale… spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de délivrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

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thumbnail_4 P1070949 photo Christian DRESSE 2019COMPTE-RENDU, critique, opéra. MARSEILLE, Odéon, le 24 fév 2019. BENATZKY : L’Auberge du cheval blanc. Conti / Olivéros. Guerre des boutons… disons plutôt des boutonnages de tuniques, le révolutionnaire, par devant, ou le réactionnaire, inversion et perversion, par derrière (même les souples chimpanzés auraient du mal à s’auto-boutonner, non ?). Sur les verdoyants alpages tyroliens, vert de rage—couleur pâturage— risque de s’alpaguer —il en a des boutons— Napoléon Bistagne, cherchant la castagne au sommet contre un contrefacteur, avisé qu’il est par une walkyrienne contre(ut)factrice lui apportant par courrier recommandé la sommation à comparaître en procès contre César Cubisol. Bref, Bistagne tonne, on se déboutonne, c’est la guerre des boutonnages inverses rivaux, ouverte, déclarée, entre le génial créateur de la combinaison « Napoléon » (devant) et celui de la « César » (derrière) auquel César Napoléon Bistagne ne rendra pas ce qui ne lui appartient pas. Mais que va faire sur cette galère alpestre le Marseillais de la rue Saint-Ferréol, rêvant de Bandol et sa plage pour attaquer le plagiaire Cubisol qui jouera l’Arlésienne du Tyrol puisqu’il ne paraîtra jamais ?

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COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 22 fév 2019. BERLIOZ : Damnation de Faust (version de concert). Laho, Koch, Relyea, Véronèse. Chœur et Orchestre National du Capitole. T SOHIEV. C’est la troisième fois que Tugan Sokhiev dirige cette œuvre à la Halle-aux-Grains depuis 2010. Il aime la musique de Berlioz et cette Damnation tout particulièrement. Dans le cadre de cette première saison des Musicales Franco-Russes et pour en assurer l’ouverture « en grand », il nous était promis beaucoup…Et nous devons admettre que le pari fut tenu. Tugan Sokhiev a progressé encore dans sa compréhension de Berlioz. Il assume la richesse des parties orchestrées touffues, comme la délicatesse des moments magiques (les Sylphes).

 

 
Une Damnation grandiose

 

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vincenzo-bellini-1Compte-rendu critique, opĂ©ra. Genève. Grand Théâtre, le 22 fĂ©vrier 2019. Vincenzo Bellini : Il Pirata. Roberta Mantegna, Michael Spyres, Franco Vassallo. Daniele Callegari, direction musicale. En parallèle de la reprise du Ring wagnĂ©rien imaginĂ© par Dieter Dorn, la citĂ© de Calvin retrouve son Grand Théâtre avec une version de concert du Pirata de Bellini, une Ĺ“uvre qui semble avoir le vent en poupe sur les scènes europĂ©ennes ces dernières annĂ©es.  C’est avec un plaisir non dissimulĂ© qu’on pĂ©nètre dans les murs rutilants du bâtiment sis Place de Neuve, tout en gardant nĂ©anmoins une pensĂ©e Ă©mue pour l’OpĂ©ra des Nations et son intimitĂ© aussi boisĂ©e que chaleureuse. L’un des Ă©vènements de ce concert rĂ©sidait dans le couple formĂ© par Marina Rebeka et Michael Spyres, abordant tous deux pour la première fois cet opus bellinien. Par notre envoyĂ© spĂ©cial, Narcisso Fiordaliso.

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Hagen Quartet HaraldHoffmann4Compte rendu concert. Toulouse. Auditorium Saint-Pierre des Cuisines, le 20 Février 2019.  Chostakovitch, Dvorak, Schubert.  Quatuor Hagen. A demeurer l’un des meilleurs du monde depuis plus de 30 ans, le Quatuor Hagen mérite toute notre admiration. La venue à Toulouse du célèbre quatuor salzbourgeois à l’invitation des Arts renaissants, a fait salle comble. L’admirable acoustique de l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines a permis au public concentré de déguster les plus belles sonorités possibles. L’équilibre entre les quatre instrumentistes est inhabituel, toujours mouvant mais sans établir de hiérarchie. La personnalité généreuse de Veronika Hagen à l’alto en particulier et sa riche sonorité, la mettant souvent  en exergue. La rondeur du son obtenue par ce quatuor, le confort, la solidité et la plénitude du jeux sont inouïes. Les nuances sont incroyablement variées et toujours abordées avec une grande justesse de phrasé. La construction des oeuvres devient limpide et le discours très organisé emporte loin …dans le pays de la beauté. L’écoute de ces quatre musiciens procure un sentiment de bien être et de facilité. C’est là, s’il faut avouer certaines attentes idéalisées, que cette constante beauté peut déranger. Ainsi dans le quatuor de Chostakovitch plus de mordant, de sonorités froides et de moments de dérision féroce, auraient pu être osés par des musiciens si doué

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COMPTE-RENDU, opéra. MONTPELLIER, Opéra, le 20 février 2019. DONIZETTI : Don Pasquale. Taddia, Muzychenko, Greenhalgh… Spotti / Valentin Schwarz. L’opéra bouffe parisien de Donizetti, Don Pasquale, tient l’affiche de l’Opéra de Montpellier dans la production du lauréat du Ring Award 2017, le jeune autrichien Valentin Schwarz et son équipe artistique. Jeunesse à la baguette également avec le chef italien Michele Spotti qui dirige l’orchestre maison avec une fougue impressionnante laquelle s’exprime aussi dans les performances de la distributions des chanteurs-acteurs. Une création riche en surprises !

ComĂ©die romantique, mais pas que…

 

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COMPTE-RENDU, opéra. MARSEILLE, Opéra, le 19 février 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT. À reprise d’une production, reprise d’une introduction sur une œuvre qui ne bouge pas, même remuée des remous qui accueillirent à Avignon cette mise en scène de Nadine Duffaut, certes, dérangeante, hésitant entre symbolisme et réalisme, mais jamais indifférente. À Marseille, au rôle de Wagner près, c’est la distribution qui est renouvelée.

Diables d’hommes

 

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. OLDENBURG, le 16 fev 2019. RAMEAU : Les Paladins. de Carpentries / Kossenko. Parler de pèlerinage est plutôt une notion d’ordre liturgique. Faire le pèlerinage aussi est un acte de foi, une action qui bouleverse à tout jamais les individus qui l’entament. Au cœur de la démarche, il y a un sens mystique, tout pèlerin est un témoin. En 1760, Rameau a 77 ans, pour l’époque c’était un vieillard, mais les génies n’ont pas d’âge. Dans la partition des Paladins, truffée d’hédonisme et de passages d’une grande virtuosité, Rameau déploie la plus belle de ses palettes. L’intrigue, inspirée du conte erotique de Lafontaine « Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries », même si elle est expurgée de certains passages licencieux, reste un livret empreint de sensualité. Les personnages paraissent des caricatures d’eux mêmes. Le barbon, la jeune fille emprisonnée et le jeune cavalier incognito rappellent furieusement les Bartolo, Rosine et Almaviva du Barbier de Beaumarchais.

 

« Pilgrim’s progress »

 

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dalberto michel pianoportrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, récital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano. Les Concerts Parisiens accueillaient, ce vendredi 15 février, un pianiste à la renommée solide comme le grès, un artiste sans concession ni complaisance, un musicien comme il y en a peu, dont l’étoffe semble issue des forges qui ont donné les grands du passé. Un maître en somme. D’autant que ses disciples étaient là aussi, dans le public. A 64 ans, Michel Dalberto fait plus que jamais autorité dans le paysage musical d’aujourd’hui.

 

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goecke-dogs-sleep-danse-ballet-opera-de-paris-garnier-crtiique-ballet-classiquenewsCOMPTE-RENDU, danse. PARIS, Opéra Garnier, le 11 février 2019. Cherkaoui / Goecke / Lidberg – Ballet de l’Opéra de Paris. Rentrée 2019 pleine de promesses et d’écritures diverses pour le Ballet de l’Opéra de Paris : ce programme en 3 signatures chorégraphiques est une sorte de talisman contemporain qui concentre le génie masculin de la danse actuelle, tel qu’il s’incarne à travers le belge Sidi Larbi Cherkaoui  (reprise de Faun, créé en 2009 au Sadler’s Wells de Londres) ; l’allemand Marco Goecke (création de Dogs Sleep) ; enfin le suédois Pontus Lidberg qui « ose » mettre en danse Les Noces de Stravinsky. Le format du spectacle est pourtant resserré : 1h10 de spectacle au total pour les 3 écritures.

 

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blacher boris romeo et juliette critique opera annonce opera classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. LYON, Opéra, Théâtre de la Croix-Rousse, le 8 février 2019. Boris Blacher : Roméo et Juliette. Emmanuel Calef / Jean Lacornerie. Depuis la création scénique à Salzbourg, sous la baguette de Krips, en 1950, ce Roméo et Julietteest quelque peu tombé dans un oubli injustifié : un enregistrement, puis la création française, ici même, reprise ce soir avec une nouvelle distribution. Pourquoi les scènes lyriques ignorent-elles cette réalisation, d’autant que l’effectif requis – huit chanteurs, neuf musiciens – autorise aisément sa production ? Tour de force, proprement génial, que celui de Boris Blacher en 1943 : après avoir réduit, condensé, le texte de Shakespeare en un livret d’une fidélité exemplaire, le compositeur rejoint la démarche des créateurs de l’opéra au tournant du XVIIe siècle : unir toutes les composantes artistiques, y compris la danse, pour traduire la richesse intarissable du théâtre élisabéthain, avec le langage du XXe siècle. Les librettistes ne retiennent le plus souvent que l’intrigue amoureuse, en oubliant la dimension proprement politique dans laquelle elle s’insère. Ici, Boris Blacher restitue le prologue, qui donne tout son sens et sa force à la conclusion : pourquoi tant de haine ? « Deux amants prennent vie sous la mauvaise étoile, leur malheureux écroulement, très pitoyable, enterre en leur tombeau la haine de leurs parents ». Dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale, rappelé opportunément par le dernier tableau (photo des ruines de Berlin, prise du Reichstag) cette dimension prend toute sa force.

 

L’œil était dans la tombe…

 

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carillac-vlaanderen-opera-flandres-jossten-critique-opera-classiquenews-annonce-opera-actualites-opera-musique-classiqueCOMPTE-RENDU, opéra. ANVERS, Opéra flamand, le 8 février 2019. Hindemith : Cardillac. Dmitri Jurowski / Guy Joostens. Attaché à l’Opéra des Flandres depuis le début des années 1990, le metteur en scène Guy Joosten vient d’annoncer que la présente production de Cardillac serait sa dernière proposée dans la grande institution belge. Gageons cependant qu’il sera encore possible de revoir certaines de ses productions emblématiques (notamment ses très réussies Noces de Figaro en 2015) à l’occasion de reprises bienvenues. En attendant, le metteur en scène flamand s’attaque à Cardillac (1926), tout premier opéra d’envergure de Hindemith après ses premiers essais en un acte, notamment Sancta Susanna en 1922 (entendu notamment à Lyon en 2012).

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titus-clemence-tourcoing-duffau-tilquin-boucher-mozart-critique-opera-trio-classiquenews-compte-rendu-critiqueCOMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. TOURCOING, le 7 fév 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, …Olivier, Schiaretti. Tourcoing, fabrique lyrique unique. Presque un après la disparition de son fondateur Jean-Claude Malgoire (le 14 avril 2018), L’Atelier Lyrique poursuit très haut cette exigence salvatrice et magicienne qui réalise l’équation ténue du chant, de la musique, et du théâtre. Détenteur d’un secret fédérateur, Jean-Claude Malgoire comme nul autre, savait choisir les œuvres, les interprètes, surtout ses complices à la mise en scène : une intelligence globalisante unique qui a permis et permet encore aujourd’hui, de proposer des lectures toujours justes et fines des oeuvres du répertoire ou moins connues. Une vision et une façon de travailler qui font désormais la réputation de la ville de Tourcoing.

A Tourcoing, poursuite d’une excellence lyrique

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COMPTE-RENDU, opéra. AVIGNON, Opéra. Le 3 fev 2019. GALUPPI : Il Mondo alla Roversa. F Lasserre. Dans les programmations sagement ou mornement répétitives des théâtres lyriques, ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de découvrir un opéra, par ailleurs signé, texte et musique, de deux célèbres plumes ! Les deux G : non le fameux café XVIIIesiècle d’Aix, cher à son Festival en ses débuts, mais Goldoni, de Venise, et Galuppi de l’île voisine. Non la bruyante et grouillante Murano des verriers mais, au-delà, la minuscule Burano, adorable îlot de calme aux maisons, cubes multicolores, dont même le linge étendu au soleil semble autant de drapeaux éclatants claquant pour une fête silencieuse. Comme un caillou bariolé tombé sur l’eau de la lagune dont les ondes, ondulations, vagues, vaguelettes, rides, en s’éloignant à l’infini de la brume, auraient atteint l’autre rivage d’une île, la rive du rêve : celle des Antipodes, lieu diamétralement opposé à un autre, ici, au diamètre social de la ligne de démarcation décrétée par les hommes, puisque les femmes y règnent : une île donc aux « antipodes du bon sens », expression retenue par un dictionnaire ancien de ce temps. Puisqu’il est aussi supposé que seuls les hommes sont détenteurs du sens, du bon : de la Raison. Qui est forcément celle du plus fort : force musculaire masculine contre le sexe dit faible.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau Siècle, le 2 février 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch. C’est dans un projet passionnant – qui est toujours aussi un défi un peu fou… – qu’Alexandre Bloch vient de jeter ses forces (et bien évidemment celles de l’Orchestre National de Lille que le chef français dirige depuis septembre 2016) : offrir au public lillois une intégrale des Symphonies de Mahler – d’ici à janvier 2020 – dans leur ordre chronologique. C’est ainsi l’occasion « de suivre le parcours créatif d’un génie musical unique, qui révolutionna l’écriture symphonique par sa démesure visionnaire », comme l’indique si bien le programme de salle. Autre particularité de ce coup d’envoi, avec la Première Symphonie (dite « Titan »), on assiste ce soir à un concert « connecté ». En effet, après une première expérience réussie (en janvier 2018) autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch renouvelle sa proposition de concert connecté.  LIRE NOTRE CRITIQUE COMPLETE 

 

 

GUSTAV en smartphony… le génie Mahlérien connecté, expliqué, magnifié

 

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLE

 

 

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Compte rendu, opĂ©ra. Sacrati : La finta pazza. Dijon, OpĂ©ra, Grand-Théâtre, 5 fĂ©vrier 2019. Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn / Jean Yves Ruf. C’était une sorte d’ArlĂ©sienne de l’opĂ©ra : toujours citĂ©e, jamais vue. 375 ans après sa crĂ©ation française, Ă  l’instigation de Mazarin pour le jeune Louis XIV, Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn nous offre la production de « La Finta Pazza », redĂ©couverte qu’il signe avec Jean Yves Ruf, après leur mĂ©morable Elena, de Cavalli.  Aux sources de l’opĂ©ra vĂ©nitien comme français, cette production est crĂ©Ă©e Ă  Dijon, au Grand-Théâtre, Ă  l’italienne, le plus opportun pour ce rĂ©pertoire…

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. METZ, Opéra, le 1er fév 2019. PUCCINI: Tosca. Pérez-Sierra / Fourny. Il en va de Tosca comme de la Traviata ou de Carmen : éternellement jeunes, ce sont des amies de longue date dont on croit connaître tous les secrets, et que l’on retrouve toujours avec bonheur comme avec appréhension. La surabondance de propositions est loin d’en avoir épuisé la richesse. Une nouvelle preuve nous en est donnée avec la production que signe Paul Emile Fourny pour l’ Opéra de Metz.  Plus que beaucoup d’ouvrages véristes, l’efficace drame de Sardou se prête à la caricature expressionniste, au Grand-Guignol. Ici, le refus de transposition ou d’actualisation de l’intrigue se conjugue à la volonté de dépasser l’anecdote pour concentrer toute l’attention sur les principaux acteurs, broyés tour à tour par le drame.

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JANVIER 2019

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 30 janvier 2019. BERLIOZ : Les Troyens : Tcherniakov / Jordan. Troyens désenchantés… et réécrits. Fidèle à sa grille de lecture à l’opéra, le russe agent du scandale, Dmitri Tcherniakov réécrit à présent tous les opéras qu’il met en scène ; c’est évidemment le cas des Troyens, osant par exemple faire d’Enée, un traître à sa patrie ; de Priam, un père incestueux et un dictateur ordinaire ; de Cassandre surtout, figure magistrale voire sublime dans la première partie (La prise de Troie), une fumeuse traumatisée, qui a la haine de son père (violeur), soit une âme désenchantée, déstructurée, au cynisme glacial et distancé. Les spectateurs et connaisseurs de Berlioz apprécieront. Si le metteur en scène a liberté de mettre en scène toute partition, est-il juste de réécrire le profil des personnages et couper dans les séquences de l’action au risque de trahir l’unité et la cohérence originelle voulues par le compositeur ? Ainsi ne faut il pas plutôt écrire pour présenter la production :

LES TROYENS DE TCHERNIAKOV 

d’après

 BERLIOZ…

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 27 janv 2019. DONIZETTI : Lucrezia Borgia. Massis, Pancrazi… Caiani / Sagripanti : Le bel canto romantique remis au goût du public par seulement quelques grandes voix (Callas, Sutherland, Caballé) est assez rarement présenté au public en dehors de quelques titres dont émerge Lucia de Lamermoor. Ainsi la très rare Lucrezia Borgia fait l’événement à Toulouse. La soprano française Annick Massis au sommet d’une carrière bientôt trentenaire fait une prise de rôle risquée. Elle ne déméritera pas vocalement. Prudente dans le prologue, elle évolue lentement vers plus d’engagement et sait garder une marge de progression pour un final très abouti. Les exigences vocales sont sauves et la voix d’Annick Massis garde homogénéité et brillant. La souplesse des phrasés fait merveille et les nuances  vocales sont délicates. Mais les emportements sont très maitrisés, peut être trop.

DONIZETTI BORGIA critique opera classiquenews Lucrèce Borgia - Annick Massis (Lucrèce Borgia) et Mert Süngü (Gennaro) - crédit Patrice Nin

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COMPTE-RENDU, opéra. LIMOGES, Opéra, le 27 janv 2019. KORNGOLD : Die tote Stadt (La Ville morte). Baleff / Anglade. Enfant  prodige, né à Bratislava en 1897, Erich Wolfgang Korngolddevait disparaître en 1957 à Hollywood, à peine âgé de soixante ans. Fuyant les persécutions nazies, il s’était installé dans la capitale du cinéma en 1934, y gagnant une solide réputation de compositeur de musiques de films – Captain Blood avec Errol Flynn reste l’une de ses compositions les plus célèbres -, décrochant même un oscar. Cette deuxième partie de carrière ne saurait pourtant faire oublier la première, de musicien « sérieux », couronnée par la création, le 4 décembre 1920, le même soir à Hambourg et à Cologne, de Die tote Stadt (La Ville morte), son plus grand succès dans l’univers lyrique.

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jp_collot_piano concert critique annone classiquenewsCompte rendu, récital, Dijon, Opéra, Auditorium, le 26 janvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano. Ce concert s’inscrit au centre d’un triptyque où la musique de notre temps est confrontée à la musique ancienne. Le pianiste Jean-Pierre Collotn’emprunte jamais les voies de la facilité. C’est particulièrement le cas ce soir, où, sous l’intitulé « Virtuosités italiennes », il a choisi de faire alterner l’Italie des « Années de pèlerinage » de Liszt avec les trois premières sonates qu’avait écrites Salvatore Sciarrino pour son instrument. Familier du procédé, habité par la musique du compositeur italien, il avait déjà mis en regard ces sonates avec la musique de Debussy dans un album enregistré en 2016. Le choix de ce soir apparaît encore plus légitime. Le voyage auquel nous sommes conviés est moins celui de l’Italie que l’immersion dans l’univers de Dante (à une pièce près, la Canzonetta de Salvator Rosa), le récital s’achevant de façon explicite « après une lecture de Dante ». Toutes les pièces sont enchaînées. L’élision des ruptures que constituent les applaudissements renforce les liens quasi génétiques qui unissent ces pièces : il n’y a pas davantage de distance qu’entre une rhapsodie hongroise et une des ultimes compositions de Liszt.

 

 

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troyens berlioz opera bastille janvier 2019 critique opera classiquenews actus infos musique classique operaCompte rendu, opéra. PARIS. Opéra Bastille, le 25 janvier 2019. Hector Berlioz : Les Troyens. Stéphanie D’Oustrac, Ekaterina Semenchuk, Brandon Jovanovich, Stéphane Degout, Christian Van Horn… Choeurs et Orchestre de l’Opéra. Philippe Jordan, direction. Dmitri Tcherniakov, mise en scène. Retour des Troyens d’Hector Berlioz à l’Opéra Bastille pour fêter ses 30 ans ! La nouvelle production signée du russe Dimitri Tcherniakov s’inscrit aussi dans les célébrations des 350 ans de l’Opéra National de Paris. Une œuvre monumentale rarement jouée en France avec une distribution fantastique dirigée par le chef de la maison, Philippe Jordan. La première est en hommage à son défunt Président d’Honneur, et principal financeur du bâtiment moderne, le regretté Pierre Bergé. Le metteur en scène quant à lui dédie la production à Gérard Mortier. Une soirée forte en émotion.

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LES TROYENS -  LA PRISE DE TROIE -COMPTE RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov. DĂ©naturĂ©s ou rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ? Telle est la question face Ă  ce spectacle qui dĂ©montre moins l’opĂ©ra de Berlioz que la vision d’un homme de théâtre. Mal scène ou rĂ©Ă©criture positive ? L’AntiquitĂ© se fait intrigue domestique et thĂ©rapie collective dont les enjeux dĂ©voilent en rĂ©alitĂ© les traumas dont chacun souffre malgrĂ© lui. La grille de lecture rĂ©Ă©crit l’opĂ©ra. Pas sur que Berlioz sorte gagnant de cette affaire… Mais anecdotique et laide, la mise en scène collectionne les idĂ©es gadgets et dĂ©jĂ  vues : Cassandre est interviewĂ©e par une Ă©quipe de tĂ©lĂ©vision …

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. LIEGE, OpĂ©ra, le 25 janvier 2019. Gounod : Faust. Patrick Davin / Stefano Poda. CrĂ©Ă©e en 2015 Ă  Turin, la production de Faust imaginĂ©e par Stefano Poda a dĂ©jĂ  fait halte Ă  Lausanne (2016) et Tel Aviv (2017), avant la reprise liĂ©geoise de ce dĂ©but d’annĂ©e. Un spectacle Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer, tant l’imagination visuelle de Poda fait mouche Ă  chaque tableau au moyen d’un immense anneau pivotant sur lui-mĂŞme et revisitĂ© pendant tout le spectacle Ă  force d’éclairages spectaculaires et variĂ©s. Ce symbole fort du pacte entre Faust et MĂ©phisto fascine tout du long, tout comme le mouvement lancinant du plateau tournant habilement utilisĂ©…

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Compte-rendu, opéra. PARIS, Opéra, le 24 janvier 2019. Scarlatti : Il primo omicidio. René Jacobs / Romeo Castellucci. Coup de coeur de Classiquenews en ce début d’année, la recréation française d’Il primo omicidio (1707), l’un des plus fameux oratorios d’Alessandro Scarlatti (1660-1725),  est un événement à ne pas manquer. Alessandro Scarlatti reste aujourd’hui davantage connu comme le père de son fils Domenico, célèbre apôtre du clavier dont on a entendu l’été dernier l’intégrale des sonates en concert dans toute l’Occitanie. Pour autant, Alessandro Scarlatti fut l’un des compositeurs les plus reconnus de son temps, en tant qu’héritier du grand Monteverdi et annonciateur de la génération suivante, dont celle de Haendel.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu critique. Opéra. LYON, JANACEK, De la maison des morts, 21 janvier 2019. Orchestre de l’opéra de Lyon, Alejo Pérez. Dernière étape lyonnaise d’une production qui avait triomphé à Londres et à Bruxelles en mars et novembre dernier, l’ultime opéra de Janacek oppose une orchestration rutilante et lyrique à une déclamation plus austère qui en fait un opéra singulier, difficilement classable, comme l’est la Donna serpente de Casella, quasiment contemporain. Warlikowski saisit l’œuvre à bras le corps, avec une intelligence et un engagement dramatique qui forcent le respect. Sa lecture vient s’ajouter, sans la faire oublier, à la mythique production de Chéreau.

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COMPTE RENDU, critique, opéra. MARSEILLE, Odéon, le 20 janvier 2019. LEHAR : La veuve joyeuse. Membrey / Lepelletier. Oui, vive la Veuve ! On ne criera pas pour autant « Mort aux maris ! » par prudence, presque chacun l’étant, l’ayant été ou le sera. Encore que la disons Pension de réversionque le vieux Palmieri de Marsovie laisse en mourant élégamment très vite à sa jeunesse d’épouse Missia, plus que le budget restauré de la petite principauté d’Europe centrale ruinée, une constellation de millions, ferait le bonheur d’une myriade internationale de prétendants, soupirants aspirant à sa main pour restaurer leur fortune, ou la faire, pour la dilapider en restaurants chics parisiens avec champagne à gogo et gogo girls en campagne, dans cette capitale du monde et de la fête qu’est ce Paris de la fin du XIXesiècle où tout le monde se retrouve, mondains comme fripouilles, entre le Maxim’s cher déjà à tel Président d’hier, cher à faire rire jaune même un gilet d’aujourd’hui, et lieux de plaisirs racaille et canaille des hauteurs de la Butte à putes de Pigalle et Montmartre.

 

VIVE LA VEUVE !

 

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Compte-rendu, opéra.  LILLE, Opéra, le 16 janvier 2019. Pygmalion de Rameau couplé avec Amour et Psyché de Mondonville. Emmanuelle Haïm / Robyn Orlin. Spectacle coproduit entre l’Opéra de Lille, le Théâtre de Caen, l’Opéra de Dijon et les Théâtres de la ville de Luxembourg, c’est une bonne idée qu’ont eu les quatre institutions lyriques de coupler Pygmalion de Rameau (1748) et L’Amour et Psyché (1758) de Mondonville, qui traite tous deux de l’éternel thème de l’amour.

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Compte-rendu, OpĂ©ra. GENEVE, le 13 janv 2019. Le Voyage fantastique de Sun Wukong / OpĂ©ra de PĂ©kin. Après deux ans de bons et loyaux services (durant la durĂ©e des travaux du Grand-Théâtrequi rĂ©ouvrira le mois prochain avec le Ring de Wagner), la structure en bois de l’OpĂ©ra des Nations de Genève est sur le point de partir pour la chine, afin de continuer sa vie, après avoir Ă©galement servi Ă  la ComĂ©die-Française pendant le temps de rĂ©novation qu’elle avait Ă©galement subie. Bon enfant et spirituel, Tobias Richter a eu l’idĂ©e d’inviter la cĂ©lèbre compagnie de l’OpĂ©ra de PĂ©kin pour des adieux en forme de clin d’œil, et la troupe est venue avec un des titres parmi les plus connus dans l’Empire du Milieu : Le Voyage fantastique de Sun Wukong…

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laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenews Compte rendu concert. TOULOUSE. La Halle-aux-Grains, le 12 janvier 2019. Mozart. Mahler  Adam Laloum. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Wong. Nous avons eu le bonheur de suivre l’activité intense du jeune pianiste toulousain cet été au Festival de Salon-de-Provence, La Roque d’Anthéron et Les Pages Musicales de Lagrasse. Le retour à Toulouse d’Adam Laloum avec l’orchestre du Capitole devait être une fête et la salle de la Halle-aux-Grains comble, dans une ambiance fébrile, a eu une écoute des plus attentives, malgré les fâcheux tousseurs impudents. Adam Laloum comprend le génie mozartien de manière instinctive. Il semble être chez lui dans sa musique. Finesse des traits, justesse du toucher à l’exact poids, beauté des nuances, inventivité dans les phrasés, douceur dans l’andante  et esprit espiègle dans le final. C’est un régal de chaque instant avec une écoute attentive des instruments solistes dans les moments chambristes.

 

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grimal david dissonances opera de dijon concert critique par classiquenewsCompte rendu, concert. DIJON, OpĂ©ra, Auditorium, le 12 janvier 2019. Prokofiev, Korngold, Stravinsky. Les Dissonances / David Grimal. Avant la Philharmonie de Paris, puis Le Havre (Le Volcan), l’OpĂ©ra de Dijon offre Ă  son public ce nouveau programme des Dissonances, avec David Grimal comme dĂ©miurge et soliste du concerto de Korngold. Celui-ci est prĂ©cĂ©dĂ© par la suite op 33 bis de l’Amour des trois oranges, de Prokofiev (1925) et sera suivi de la troisième suite de l’Oiseau de feu, de Stravinsky. Quand les Dissonances se concentraient sur des Ĺ“uvres de Mozart, on Ă©tait admiratif, Ă  juste titre. Le fait de confier la direction au violon solo, ou d’en faire l’économie, s’inscrivait dans une sorte de retour aux sources. Lorsque les musiciens de David Grimal se sont appropriĂ© le rĂ©pertoire romantique, de Beethoven Ă  Brahms, …

 

 

 

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Compte rendu, rĂ©cital, DIJON, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano… Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprète. Sophie Pacinigermano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. Après la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition. Imposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singulière que par son approche personnelle d’œuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu, opus 66 de Chopin, qui ouvre le rĂ©cital. Virile en diable, mĂŞme si sa lecture conserve un aspect conventionnel,  c’est du Prokofiev dans ce qu’il y a de plus puissant, voire fĂ©roce, avec des rythmiques exacerbĂ©es, accentuĂ©es comme jamais, sans que Donizetti soit lĂ  pour le cantabile. Les affirmations impĂ©rieuses l’emportent sur les confidences, la tendresse, la mĂ©lancolie, estompĂ©es, d’autant que les tempi sont toujours très soutenus…

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. PARIS, cercle France-Amériques, le 14 janvier 2019. Véronique BONNECAZE, piano. LISZT, DEBUSSY. Il fallait bien attendre la fin de l’année Debussy (et donc au delà) pour disposer enfin d’une main sûre, d’une pensée entière capable d’en comprendre et la construction révolutionnaire et l’infini poétique : si l’année Debussy 2018 est bel et bien derrière nous, janvier 2019 nous renvoie à cette (triste car timide) année de célébration du centenaire, mais ici revivifiée avec éclat et pertinence grâce à l’approche de la pianiste Véronique Bonnecaze. L’expérience du concert confirme la réussite de son disque dédié au grand Claude, que fait paraître le label Paraty, ce 25 janvier 2019. Le cercle France-Amériques accueille son premier concert de lancement.

 

Pictural, poétique : le Debussy de Véronique Bonnecaze

 

Le Debussy enivré, poétique de Véronique BONNECAZE

 

 

 

 

 

 

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Eleonora de la Peña  critique concert opera festival classiquenews EleoCOMPTE-RENDU, concert. MARSEILLE, le 12 janv 2019. Concert du nouvel an, Lyricopéra. De la Peña, Mendoze…LyricOpéra fêtait ses dix ans, ses quarante concerts, sans subventions, sans autre soutien que les dons et le dévouement sans faille de sa fondatrice Marthe Sebag. Avec son propre piano qui reste à demeure, elle a fait du Temple Grignan un véritable temple intime du lyrique et s’est gagnée le concours d’artistes dont beaucoup, jeunes, trouvent ou ont trouvé en ce lieu, un premier public attentif et exigeant, avant de se lancer à l’assaut de plus vastes scènes et auditoires. Beaucoup de ces chanteurs honorent désormais des lieux prestigieux nationaux et internationaux, mais fidèles et reconnaissants à l’accueil de cet écrin marseillais chaleureux, ils y reviennent pour notre bonheur. Ainsi, ce premier concert 2019 recevait, avec un vétéran, Christian Mendoze, ancien danseur étoile, flûtiste virtuose, fondateur, il y a plus de trente ans, du premier ensemble baroque de la région Musiqua Antiqua Provence qu’il a promené avec succès dans toute l’Europe, jalonnant son itinéraire de festival en festival, de disques couronnés de prix prestigieux, Grand Prix de l’Académie du Disque, Prix Radio Suisse International, ou distingués par la critique, Recommandation Classica, Meilleur disque de l’année, etc.

 

 

 

 

 

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mozart-zaubertflote-fribourg-opera-critique-concert-opera-la-flute-enchantee-fribourg-critique-opera-par-classiquenewsCompte-rendu, Opéra. Fribourg, Théâtre de l’Equilibre, le 6 janvier 2018. W. A. Mozart : Die Zauberflöte. Joan Mompart / Laurent Gendre. Né de la récente fusion de l’Opéra de Fribourg et de la compagnie lyrique Opéra Louise, le Nouvel Opéra Fribourg (NOF) s’est donné comme mission d’ « enjamber les barrières isolant le lyrique de la création scénique contemporaine ». C’est ainsi que Julien Chavaz – directeur de l’institution romande – a eu l’idée de proposer au metteur en scène (de théâtre) suisse Joan Mompart, de mettre en images La Flûte enchantée de Mozart. Le résultat est prodigieux de beauté visuelle et d’intelligence formelle. Le plateau vidé de tout décor restera vide de tout décor tout au long de la représentation, laissant aux images vidéos – signées par Brian Torney et projetées sur de grands rideaux de tulle – le soin de porter l’imagination des spectateurs vers de lointaines contrées tant physiques que psychiques.

 

 

 

 

 

 

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KOSAVIC LEON BARYTON portrait concert par classiquenews gstaad 2019 3.jpg__300x300_q90_crop_subsampling-2_upscaleCompte-rendu, concerts. GSTAAD (Suisse), New Year Gstaad Festival, Eglises de Rougemont et Lauenen, les 4 & 5 janvier 2019. Nathalie Stutzmann, Leon Kosavic et l’Ensemble Orfeo 55 (Rougemont), puis Aleksandros Kapelis et les Barock Solisten du Berliner Philharmoniker (Lauenen) dans des Ĺ“uvres de J. S. Bach. La musique classique Ă  Gstaad, ce n’est pas seulement le cĂ©lèbre Menuhin Festival en pĂ©riode estivale et les Sommets Musicaux fin janvier, c’est aussi le Gstaad New Year Music Festival, manifestation fondĂ©e et inlassablement dĂ©fendue par la Princesse Caroline Murat, une des arrière-petites-nièces de NapolĂ©on 1er, installĂ©e dans la cĂ©lèbre station alpine, pianiste renommĂ©e, mais Ă©galement co-fondatrice des non moins fameux Festival de Verbier et Sommets Musicaux susnommĂ©s…. (…)…  Leon Kosavic, prend ensuite le relais avec les arie « Ich will den Kreuzstab gerne tragen » (BWV 56) et « Jesus ist ein Schild » (BWV 56). Le jeune chanteur, que nous avions dĂ©couvert dans Les Noces de Figaro Ă  Liège, la saison dernière, possède toutes les qualitĂ©s requises pour rendre justice Ă  cette page. Son baryton souple et flexible le destine tout naturellement aux airs de bravoure dont les redoutables vocalises ne lui posent aucune difficultĂ©, ni en prĂ©cision ni en justesse. Le velours du timbre en fait Ă©galement l’interprète idĂ©al des pages plus contemplatives, …

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOULON, le 1er janvier 2019. ROSSINI : Le barbier de Séville. Hempel / Sinivia. « Bravo, bravissimo », applaudissais-je après avoir savouré dans sa plénitude cette production du Barbiere di Siviglia dans le cadre grandiose du théâtre antique d’Orange lors des dernières Chorégies, le 31 juillet. Puisque les productions tournent, se reprennent, il n’y a pas de raison de ne pas reprendre des introductions aux articles critiques d’œuvres qui demeurent immuables, éternelles, malgré les traitements que leur appliquent ou infligent, malgré les temporalités diverses que leur imposent les metteurs en scène au goût du jour. En voici quelques lignes qui donneront la mesure du passage d’un plein air immense à l’espace clos, plus intime, de l’Opéra de Toulon.


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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnérien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habitué de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, … possède-t-il réellement le sens de l’élégance viennoise, celle des Johann Strauss fils et père, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et épisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit léger, et davantage, appellent un caractère spécifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilité qui doit éblouir non pas dans cette « légèreté » partout annoncée (qu’est ce que cette musique dite “légère” en réalité ? Le vocable comprend une infinité d’acceptations…). Ici, dans l’écrin désigné du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit être question que de finesse, subtilité mélodique, orchestration raffinée, ivresse évocatoire…

LIRE notre compte rendu complet

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2018

 

 

 

 

modigliani-quatuor-concert-annonce-festival-critique-concert-par-classiquenewsCOMPTE RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. De toute évidence, ce qui frappe avant tout chez les Modigliani, c’est la sûreté de leur sonorité, l’ampleur du geste en particulier défendu par le premier violon (Amaury Coeytaux), la volonté d’unir et de fusionner une respiration claire et nuancée qui emporte et précise le caractère de chaque pièce. Le programme rentre bien dans la thématique cultivée depuis sa première session par La Schubertiade de Sceaux : piliers de la musique de chambre (dont surtout la présence pour chaque concert du samedi, d’une œuvre clé de Schubert) et horizon stylistique très élargi, car passer ainsi ce 8 décembre, de Schubert à Mozart puis Debussy, exige chez les spectateurs comme de la part des interprètes, une capacité de concentration égale et même progressive, à mesure que l’on passe d’une écriture à l’autre.

FESTIVALS. Pierre AUdi, nouveau directeur d’Aix en Provence en 2018

AUDI Pierre 888024-pierre-audiFESTIVALS. Pierre Audi, nouveau directeur d’Aix en 2018. Il porte le nom d’une importante marque de voiture, des berlines principalement, de bonnes routières, renommée pour leur tenue de route et leur élégance… De fait, le metteur en scène franco-libanais Pierre Audi (58 ans, né en 1957 à Beyrouth) et actuel directeur général de l’Opéra national des Pays-Bas (depuis 1988), réoriente son itinéraire sur une autre voie, celle prestigieuse, et un rien élitiste, du Festival d’Aix en Provence, dont il prendra la direction au 1er septembre 2018. On lui connaît des mises en scène épurées, parfois austères, où le sens du théâtre supplante la musique, mais sert toujours la situation dramatique. Pierre Audi succède ainsi à l’organiste belge Bernard Foccroule, directeur à Aix depuis 2007. En 2018, l’année de la passation, Foccroule fêtera ainsi en juillet, les 70 ans d’Aix, et Audi à Amsterdam, ses 30 ans de carrière. Il sera intéressant de suivre les nouvelles orientations de Pierre Audi à Aix en Provence.

 

Orange, Chorégies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 août 2014

Un ballo in maschera orangeOrange, Chorégies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 août 2014. A Orange, on « redouble » chaque œuvre choisie : donc deux Nabucco, deux Otello. Un fragment de la totalité verdienne – 28 opéras – qui permet, sous le Mur romain, de contempler des  moments essentiels. Le 1er chef-d’œuvre reconnu, Nabucco, une histoire biblique dont les échos vont du côté de l’Unité Italienne au XIXe (« Va pensiero »…). Et  un couronnement dramaturgique :  l’ultime tragédie d’Otello, ambigu et violent récit des aventures du More de  Venise, de sa belle Desdémone et du provocateur  Iago…

Le destin

Quand Giuseppe devient Verdi, au début des années 1840… Avant Nabucco, il y avait un jeune autodidacte très doué, formé à la composition par Lavigna, et qui après  échec pour un poste à Busseto, était allé à Milan commencer une carrière dans la mélodie (Romanze, 1838)  et surtout l’opéra (un brouillon, Rocester, remis sure le métier pour Oberto, accepté  par un impresario qui fait monter l’œuvre avec un certain succès  à la Scala (1839). Tout serait bien pour ce compositeur  de 26 ans si le destin ne frappait à coups redoublés : la mort de deux très jeunes enfants, puis celle – maladie foudroyante – de l’épouse, Margherita (1840), pendant que s’écrit un opéra-bouffe, Un jour de règne, qui d’ailleurs connaîtra un humiliant échec.

Va pensiero…

Vague verdienne en juin 2014Mais Verdi est déjà un vibrant patriote et veut voir se réaliser l’unité de son pays contre l’occupant autrichien ; il a été introduit dans les milieux de l’opposition libérale aristocratique (le comte et la comtesse Maffei) et il a adhéré aux idées progressistes de Mazzini. C’est ainsi qu’il tombe sur un livret biblique (le drame du peuple juif en exil à Babylone), écrit par Temistocle Solara, dont le père avait été interné au Spielberg (là où le poète S. Pellico avait composé « Mes Prisons »). Il s’enthousiasme pour le chant des exilés soumis au travail forcé loin de leur patrie : « Va, pensée, sur tes ailes dorées », qui deviendra par le vers initial « Va pensiero, sull ali adorate » hymne de ralliement à la libération des Italiens, symbole de la partition entière, et même ce que nous appelons un « tube » à vocation universelle. La composition  de l’opéra est entreprise dans la fièvre.

 Le livret amalgame des faits historiques et des personnages soit imaginaires (Abigaïle, prétendue fille de Nabucco  et « réelle »  esclave, devenant reine  par coup d’Etat !), soit  placés en situations  destinées à provoquer l’admiration, la terreur ou la pitié… Les histoires d’amour s’y enlacent au cours historique des choses et des peuples, l’aile de la folie s’étend sur le héros, le roi Nabucco, qui recouvrera la raison et se ralliera  au Dieu d’Israël.  Le « véritable »  Nabuchodonosor, souverain de l’empire néo-babylonien au début du VIe , lui,  n’avait été…que  le bâtisseur d’une Cité aux 18 kms de murailles et aux jardins suspendus.

Comme j’aimerais être à votre place !

L’opéra fait en tout cas commencer l’immense  carrière de Verdi. Le soir de la première à la Scala, « le violoncelliste Merighi dit au compositeur « caché » dans la fosse d’orchestre : Maestro, comme j’aimerais être à votre place ! Et ce soir-là en effet, la  victoire est totale ! » (P.Favre-Tissot). Mais quelles significations en profondeur, du côté de ce qu’on n’appelle pas encore l’inconscient et qu’on apprendra dans un demi-siècle à sonder par la parole libérée ? « Il est curieux de noter que Nabucco prépare ce Roi Lear auquel Verdi rêvera pendant tant d’années, dont il commencera la composition et qu’il ne pourra jamais mener à bien.(J.F.Labie). Et chez le Grand Will(iam Shakespeare, pierre angulaire du romantisme européen), Verdi puisera pour Macbeth, Otello et Falstaff. Comme dans Lear, Nabucco est à la fois « roi et père, tyrannique, fou et humilié, tout le prépare à devenir père assassin .   Et le père qui remplit mal sa fonction devient à la fois meurtrier et victime en puissance. » Simone Boccanegra puis Rigoletto parleront ensuite et très  fortement du Père, avec quelle intensité !

Nos RĂ©volutions et les leurs

L’autre tension plus clairement lisible, est historico-politique. Notre « qualité » de Français nombrilistes ne nous fait guère prêter trop d’attention à la « naissance d’une nation », fût-elle de l’autre côté des Alpes. Et nous avons notre Révolution – la Grande, avec ses petites soeurs du XIXe -, notre Unité hexagonale n’avait pas attendu le siècle du romantisme pour se faire.Hormis donc le très célèbre Viva V.E.R.D.I !, nous ne sommes pas très au fait d’une Histoire italienne qui n’avance  pas alors irrésistiblement, et plutôt piétine après ses succès, voire recule (pour mieux sauter, disent les optimistes). Où l’imbroglio des idéologies déroute : républicains rouges et impatients (Garibaldiens), modérés se ralliant à la raisonnable monarchie de Piémont-Sardaigne, contre  principautés et royaume obsolètes du nord et du sud. Il en va de même pour les actions : sociétés secrètes, complots et attentats au début, carte militaire d’armées traditionnelles à jouer ensuite contre l’Occupant, alliances même étrangères au jeu équivoque, retournements et attentismes, monarchie parlementaire et négociatrice contre grande aventure républicaine… Sans oublier qu’au nombre des « tyrannies » figure la Papauté, encore puissance temporelle (les Etats de l’Eglise) et qui, sauf brève illusion lyrique (Pie IX, les premiers mois),joue la carte du monde ancien et répressif, en attendant de se poser en victime « prisonnière » après 1870 et pour 60 ans dans les frontières de son village d’opérette vaticane…

Le pouvoir est rassurant

Et certes en 1842, on est encore loin du moment spectaculaire où le musicien V.E.R.D.I, avec jeu de lettres sur son nom, incarnera le patriotisme trahi de 859, quand Napoléon III « lâche » les Itliens en laissant l’Autriche garder la Vénétie. La démission provisoire  du comte Cavour, réaliste serviteur de la royauté piémontaise, puis son idée – après retour au pouvoir – de pousser Verdi à la députation font partie de ce qu’on dirait aujourd’hui un « bon plan de comm politique ». D’ailleurs, depuis le temps de Nabucco, Verdi est passé du républicanisme mazzinien au conservatisme « à la Vittorio-Emmanuele », comme le souligne l’historien non-conformiste de la musique J.F.Labie (Le Cas Verdi) : « La pente naturelle du caractère de  Verdi, et aussi sa violence mal contenue, le poussent à l’acceptation d’une puissance souveraine, non pas  par accident, mais par essence, parce que le pouvoir est rassurant… »

Discussions au-delà des clichés

La mort de Cavour (« le Prométhée  de la Nation », selon le musicien)dès 1861 finira par l’éloigner de la politique, et ses enthousiasmes  auront toujours été freinés par une bonne dose de prudence (conservatrice) ». André Segond ajoute : » En fait  Verdi  resta  farouchement hostile à tous les mouvements populaires qui visaient à la conquête de plus grandes libertés politiques et économiques. » Spectateur attentif, vous voyez qu’au-delà des clichés confortables, il y a bien des discussions virtuelles et désirables sous le Mur ! Là, c’est le metteur en gestes et images Jean-Paul Scarpitta, le chef Pinchas Steinberg, l’Orchestre Montpelier-Languedoc (à Orange pour la 1ère fois), les solistes (dont Martina Serafin, en Aigaïlle, George Gagnidze en Nabucco et D. Belossleilskiy en Zaccaria) et les Chœurs Régionaux, qui traduiront la jeunesse du1er chef-d’œuvre verdien.

Mon gauche patois de Busseto

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Mais n’est-ce pas un autre (nouveau ?) Verdi qui propose en 1887 (Ă©criture commencĂ©e depuis 1882) sa vision tragique –obsĂ©dante et obsĂ©dĂ©e – d’un sombre hĂ©ros shakespearien ? Arrigo Boito est alors devenu dramaturge et conseiller de Verdi, et il a « complotĂ© avec l’éditeur Ricordi pour que Verdi sorte du silence observĂ© depuis  AĂŻda (1871) puis le Requiem (1874) ». Alors, shakespeariennement   oubliĂ© le Macbeth (1846) que Verdi  avait appelĂ© « mon pĂ©chĂ© de jeunesse » … En rĂ©alitĂ©, il faudra quatre ans d’écriture pour Otello, « de la dĂ©pression et du secret ». En 1883, il y aura eu le choc – sinon affectif, du moins esthĂ©tique – provoquĂ© chez l’Italianissime par la mort de Wagner (son conscrit !).  Certes, comme le note AndrĂ© Gauthier, les distances auront Ă©tĂ© marquĂ©es depuis longtemps : « Nous sommes des Italiens, avait rappelĂ© Verdi : je ne veux pas transcrire la sublime polyphonie de Wagner en mon gauche patois de Busseto ! »

La création d’Otello sera un triomphe, et des Français « importants »  sont présents à la Scala : Massenet, Reyer, Clémenceau, et même ce Camille Bellaigue qui aura 15 ans plus tard l’inoubliable formule : « L’orchestre de Pelléas ne fait pas grand bruit, mais un vilain petit bruit. ». Après d’interminables  approbations du public, une foule raccompagne  l’auteur à l’Albergo Milano, l’interprète Tamagno entonne au balcon l’Esultate du début de l’opéra. « La gloire, constate Verdi, la gloire.. ;Oui, mais j’aimais tant ma solitude en compagnie d’Otello et de Desdémone ! »

Le poison de la jalousie

Otello, c’est un huis-clos – une fois passé le 1er  acte de tumulte chypriote, lui-même nouveau lieu de réflexion sur le pouvoir – montrant de brûlante façon que « l’enfer c’est les autres » dès lors que le poison  de la jalousie est venu habiter corps et âmes : dans Shakespeare déjà, elle était, selon Iago, « lemonstre aux yeux verts qui produit l’aliment dont il se nourrit…Quelles damnées minutes il compte, celui qui raffole, mais doute, celui Qui soupçonne, mais aime éperdument ! » L’outrance de l’Anglais et celle de l’Italien est dans l’étude quasi-voluptueuse d’une pathologie de l’extrême. Tous les clignotants d’alerte de la paranoia sont au rouge : bouffées délirantes, manie de la persécution,  jugement faussé, pulsions de mort (subie et infligée). « L’obscur objet du désir », cadenassé dans la sphère-prison de propriété conjugale devient lieu géométrique d’un retour à la pureté par vengeance folle  après simulacre de procès. Le plaignant est le juge-exécuteur immédiat de sa propre sentence.

Son lion (de Venise) superbe et généreux

Mais dans ce processus de déraison incontrôlable, il est un aspect qui aura légitimement retenu  des commentateurs modernes (ainsi dans le remarquable Avant-Scène Opéra sur Otello : G. de Van, Catherine Clément,Philippe Reliquet), c’est le caractère noir (« nègre » ?) d’Otello. A l’origine historique,le Morede Venise devenu gouverneur de Chypre était un noble vénitien, Cristoforo Moro. Le « jeu de mots » aura permis le passage « choquant la bienséance de spectateurs européens » (on le disait au XIXe !) à un « teint jaune et cuivré », voire davantage, dans la confusion avec les Ottomans qui menacent Chypre (musulmans, soit, mais pas Africains !). Otello devient « l’homme aux lèvres épaisses », voire l’esclave aux lèvres gonflées », « le barbare », bref celui  que sa bravoure guerrière dont une douce, amoureuse et blonde Desdémone fait, dirait-on ailleurs, son « lion superbe et généreux ».

 Mais que le mariage ait été autorisé ou qu’il y ait même eu  rapt (consenti), Otello ne peut que demeurer l’Autre, puisqu’il est …Noir. D’où   les « interpellations offensantes » sur le « barbare très fruste » portées par Iago : Otello n’est pas à sa place ni en légitime amoureux,ni en époux. La violence meurtrière qu’il porte en lui, est-ce bien celle de tout humain contaminé à son insu par une jalousie pathologique, ou bien porte-t-il, par son origine « raciale », quelque chose qui prédispose et exacerbe, « de natura » ? Ainsi peut-on être amené à poser la question du titre dans l’article de P.Reliquet : « Otello,drame raciste ? »

Je fus

Vague verdienne en juin 2014D’autres pistes de réflexion : si le More « est aussi la mort », n’y-a-t-il pas aussi extrême « jalouissance » tout près de tels  abîmes, pour reprendre le joli mot lacanien cité par C.Clément ? Et aussi, on peut cherche en tout cela des échos dans la « camera oscura » de la conscience verdienne. Car Otello est l’homme « âgé » dans les bras de la tendre Desdémone. Pour Verdi des années 1880, la vieillesse monte à l’horizon, la jeunesse est en tout cas enfuie, « à jamais » marquée par la triple tragédie de 1838-40. Il n’y a pas en lui la profondeur d’une espérance chrétienne qui pourrait  chez cet agnostique  rassurer dans une interrogation sur le néant. Qui sait si Verdi, à la fin, ne pourrait qu’avouer comme son héros : « Otello fu », « il  fut ». Et rien d’autre ?

Son seul rival international

WAGNER EN SUISSEMais nous pourrons le consoler, notre Giuseppe : son avant-dernier acte de compositeur prouverait à lui seul le génie du « seul rival international » (c’était la formule du Général de Gaulle humoriste se  comparant à …Tintin !) de…  Wagner. Sous le mur-rempart d’Orange, on peut en tout cas faire confiance à la forme très synthétique de l’esprit Myung Whun Chung pour faire traduire par son Orchestre (le Philar de Radio-France), les Chœurs, les solistes –en particulier  le Trio terrible :Inva Mula, Desdémone, Robert Alagna, Otello, Seng-Hyoun Ko, Iago- la complexité d’arrière-plans troublants qui hantent l’opéra. Et ce devrait être en complet accord avec la culture et la subtilité très « orangiennes » de Nadine Duffaut, qui met  en scène. Sans oublier entre les séries de représentations un concert  lyrique de Patrizia Ciofi, très aimée aux Chorégies : tour d’horizon du côté de chez Gioacchino (Rossini, cinq extraits d’opéras) et Gaetano (Donizetti, six extraits), le Philharmonique de Marseille étant conduit par Luciano Acocella.

Festival des Chorégies d’Orange 2014. Giuseppe Verdi (1813-1901). Nabucco, dir.Pinchas Steinberg : 9 et 12 juillet, 21h45. Otello, dir. Myung Whun Chung, 2 et 5 août, 21h30. Concert lyrique Rossini et Donizetti, par Patrizia Ciofi : 4 août, 21h30. Information et réservation : T. 04 90 34 24 24 et www.choregies.fr

Grand reportage vidéo : le Festival Musique et Mémoire 2013 (les 20 ans)

Grand reportage vidĂ©o : Festival Musique et MĂ©moire 2013. Au cĹ“ur du Pays des Vosges SaĂ´noises, le festival Musique et MĂ©moire interroge les nouveaux champs crĂ©atifs de la Renaissance et du Baroque. A l’invitation de son directeur artistique et fondateur, Fabrice Creux, le Festival en laboratoire des pratiques musicales rĂ©invente le principe des rĂ©sidences d’artistes. Geste vocal, nouvelles formes de concerts, orgue en scène… sont les volets d’une dĂ©marche unique en France qui recherche toujours Ă  conquĂ©rir de nouveaux publics. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS : avec Fabrice Creux (directeur artistique fondateur du Festival), Bruno Boterf (directeur musical de l’ensemble en rĂ©sidence Ludus Modalis), Jean-Charles Ablitzer (organiste associĂ© du Festival).