GSTAAD : Festival Yehudi Menuhin 2019 : la location est ouverte

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582MENUHIN GSTAAD Festival 2019 (Suisse), LOCATION OUVERTE. Le premier festival musical estival en Suisse (Ă  Saanen et Ă  Gstaad lĂ  mĂȘme oĂč Yehudi Menuhin avait repĂ©rĂ© des lieux propices Ă  la musique et aux concerts) ouvre sa billetterie : il est enfin possible de rĂ©server ses places, ce pour tous les concerts de l’édition 2019 : une foison de programmes servis par les meilleurs artistes et interprĂštes de la scĂšne actuelle : chefs, pianistes, chanteurs, orchestres
 Le 63Ăš festival Menuhin allie comme Ă  son habitude l’excellence et aussi l’audace, sans omettre aux cĂŽtĂ©s de l’équilibre de ses propositions, la sensibilisation du classique Ă  tous les publics.

Le programme dĂ©taillĂ© de l’ensemble des concerts du 63e Gstaad Menuhin Festival est dĂ©sormais en ligne : assurez-vous les meilleurs places en rĂ©servant directement sur le site du Menuhin Gstaad Festival 2019, ou par tĂ©lĂ©phone au 033 748 81 82.
Du 18 juillet au 6 septembre 2019 : 60 CONCERTS Ă  l’affiche pendant presque 2 mois. Les concerts ont lieu dans les Ă©glises du canton (Ă©crins intimistes du Saanenland), ou sous la tente Ă  Gstaad,  ample vaisseau rĂ©servĂ© aux grandes cĂ©lĂ©brations symphoniques, opĂ©ratiques, Ă©vĂ©nementielles
 Il y a pour tous les goĂ»ts Ă  Gstaad chaque Ă©tĂ©.

 

 

 

le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 fĂȘte PARIS !

 

 

 

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GSTAAD MENUHIN Festival 2018

 

 

 

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gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenewsMOISSON DE TEMPERAMENTS… Cette annĂ©e le Festival suisse fĂȘte PARIS, son thĂšme fĂ©dĂ©rateur. De nombreux artistes français sont prĂ©sents mais pas seulement :
L’Ă©glise de Saanen accueille cette annĂ©e HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel dans le «Te Deum» de Charpentier (20.7), Sol Gabetta dans le 2e Concerto de Saint-SaĂ«ns (21.7), Patricia Petibon dans des airs de Mozart et de Gluck (27.7), l’organiste de Notre-Dame de Paris Olivier Latry (28.7), le trompettiste GĂĄbor Boldoczki (29.7), Andreas Ottensamer et Yuja Wang en duo (31.7), Fazil Say dans le «Clair de lune» de Debussy (2.8), Ute Lemper dans des chansons françaises et de cabaret (10.8), Bertrand Chamayou dans le 23e Concerto de Mozart (11.8), Cecilia Bartoli (23.8) ou encore Hilary Hahn dans les deux concertos pour violon de Bach avec la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen (29.8). On pourra entendre sinon David Guerrier Ă  ChĂąteau-d’ƒx (22.7), Nuria Rial (5.8), Isabelle Faust (9.8), L’Arpeggiata (15.8) et Maurice Steger (4.9) Ă  Zweisimmen, l’Ensemble Janoska et BirĂ©li LagrĂšne (8.8), Christophe Rousset (20.8) et Francesco Piemontesi (26.8) Ă  Rougemont, le Quatuor Chiaroscuro (23.7) et Christian Bezuidenhout (27.8) Ă  Lauenen. Quelques-uns parmi les plus de 60 concerts proposĂ©s en 2019


 

 

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FOCUS GRANDES FORMATIONS :Vous prĂ©fĂ©rez les grands effectifs? RĂ©servez aussi vos soirĂ©es sous la Tente de Gstaad avec Seong-Jin Cho et Manfred Honeck dans «L’Empereur» de Beethoven et la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski (17.8), «Carmen» en version de concert (24.8), Vilde Frang dans Bruch (25.8), Gautier Capuçon et Mikko Franck dans Haydn et la «Symphonie fantastique» de Berlioz (31.8), Klaus Florian Vogt dans Wagner (1.9), Yuja Wang et Myung-Whun Chung dans le 3e Concerto de Rachmaninov (6.9), qui sont en vente depuis le 20 dĂ©cembre dĂ©jĂ !

 

 

 

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Depuis 2 ans, le Menuhin GSTAAD Festival enrichit son offre numĂ©rique proposant Ă  la relecture et au visionnage permanent, de nombreux contenus vidĂ©os, au sein de son offre « GSTAAD DIGITAL FESTIVAL » – Actuellement, reportage sur l’un des laurĂ©ats de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre, organisĂ©e chaque Ă©tĂ© sous la tente / le jeune maestro Joseph Bastian, laurĂ©at du Neeme JĂ€rvi 2016 explique le fonctionnement de la «Gstaad Conducting Academy»

 

 

 

 

 

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RESERVEZ VOS PLACES

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directement sur le site du 63Ăš MENUHIN GSTAAD FESTIVAL :

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

 

 

 

 

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et aussi les concerts symphoniques spectaculaires
sous la tente de Gstaad

Nous y Ă©tions : comptes- rendus et critiques des concerts, spectacles majeurs en 2019

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Tous les spectacles Ă  l’affiche (concerts, opĂ©ras, ballets, rĂ©citals, festivals mais aussi hommages, cĂ©lĂ©brations, concours et galas …) sont minutieusement analysĂ©s par la ” RĂ©daction spectacle vivant ” de classiquenews. Voici les meilleures propositions que nous avons souhaitĂ© couvrir, oĂč nous Ă©tions, spectacles et plateaux qui mĂ©ritent un tĂ©moignage, un compte rendu, un Ă©clairage critique. A lire, pour connaĂźtre toutes les raisons pour lesquelles il fallait y ĂȘtre …

 

 

Comptes-rendus, critiques de spectacles

sommaire

 

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DISCERNEMENT, EXPLICATIONS… Ici, la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS distingue l’essentiel et le captivant, l’innovation et la prise de risque… ou bien aime remettre les choses au point sur un spectacle ou un artiste … Suivez le travail des interprĂštes : chanteurs, instrumentistes, chefs qui font l’actualitĂ© et retiennent l’attention des rĂ©dacteurs de CLASSIQUENEWS…

 

LIRE ici nos COMPTES RENDUS antérieurs : 2018, 2017 à 2013

 

 

 

2019

 

Cliquer sur l’illustration pour accĂ©der au compte rendu complet, Ă  la critique intĂ©grale

 

 

SEPTEMBRE  2019 

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laloum piano harald hoffmann concert critique classiquenewsCOMPTE-RENDU,concert.Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre, le 19 septembre 2019. BEETHOVEN. SCHUMANN. SCHUBERT. A.LALOUM. Pour ce 40Ăšme festival de Piano aux Jacobins les grands pianistes se succĂšdent Ă  un rythme soutenu et mĂȘme en choisissant avec soin, la splendeur continuellement renouvelĂ©e, ( cf. nos quatre compte rendus JACOBINS 2019 prĂ©cĂ©dents), semble un miracle de stabilitĂ© dans notre monde en folie : une diffĂ©rente sorte d’excellence chaque soir !  De telles soirĂ©es aident Ă  supporter les journĂ©es 
 Adam Laloum est peut-ĂȘtre parmi ces immenses pianistes celui qui se tient Ă  une place Ă  part, celle du coeur. Du moins pour moi ce concert l’aura Ă©tĂ©. Je connais bien la musicalitĂ© fine de ce pianiste depuis bientĂŽt dix ans et je sais comment chaque fois j’en suis Ă©merveillĂ©. Que ce soit en soliste, en chambriste, en concertiste. Le rĂ©cent festival de Lagrasse le montre en dĂ©licat chambriste, son rĂ©cent concert de concertos de Mozart Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en a Ă©bloui plus d’un par sa musicalitĂ© mozartienne Ă©panouie, (concert Ă  la rĂ©Ă©coute sur France Musique). Ce soir dans l’auguste CloĂźtre des Jacobins aprĂšs tant de somptueux artistes, Adam Laloum a offert un concert parfaitement construit, dans un rĂ©pertoire qui lui convient Ă  la perfection.

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David FrayCOMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 19 septembre 2019. W.A. MOZART. F. SCHUBERT, D.FRAY. Quelle diffĂ©rence de prĂ©sentation du jeune pianiste Ă  son public toulousain entre son dernier concert Ă  la Halle aux Grains en novembre 2018, dans les concertos de Bach pour plusieurs claviers et ce soir 
 dans ce rĂ©cital solo aux Jacobins. Si la joie et l’enthousiasme dominaient sa derniĂšre apparition, ce soir dans le CloĂźtre des Jacobins, c’est un homme sombre et tendu qui se met au clavier. Le choix du programme a dĂ» avoir son importance car les trois partitions de Mozart qui ouvrent le programme sont trĂšs particuliĂšres. Toutes trois font partie des derniĂšres piĂšces Ă©crites par Mozart pour son cher piano et si il est acquis que Mozart n’est pas vu comme un compositeur rĂ©volutionnaire, ce rondo en la mineur et surtout cette fantaisie en do mineur dans leur isolement sont des oeuvres Ă©minemment personnelles dĂ©jĂ  par leurs tonalitĂ©s mineures mais aussi dans leur forme.

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. STRASBOURG, OpĂ©ra National du Rhin, 18 septembre 2019. 4.48 psychosis. Philip Venables, compositeur. Gweneth-Ann Rand, Susanna Hurrell, Lucy Schaufer
 Membres de l’orchestre philharmonique de Strasbourg. Richard Baker, direction. Ted Huffman, mise en scĂšne. CrĂ©ation française de l’opĂ©ra contemporain « 4.48 psychosis » du compositeur queer Philip Venables, livret d’aprĂšs le texte Ă©ponyme de l’auteure anglaise Sarah Kane. La crĂ©ation française est assurĂ©e par le chef d’orchestre Richard Baker, dirigeant chanteuses et instrumentistes (un ensemble composĂ© des membres de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg). Seulement trois ans aprĂšs sa crĂ©ation mondiale au Covent Garden Ă  Londres (2016), nous avons droit Ă  cette Ɠuvre de grande justesse et intensitĂ© enfin sur le sol français !

« At 4.48, when depression visits, I shall hang myself »

/ à 4h48, quand viendra la dépression, je me pendrai


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ANGELICH-Nicolas-concert-critique-concert-piano-par-classiquenews-angelich-nicolas-recital-chopin-concert-antheron-la-roque-critique-concert-classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 17 septembre 2019.S. PROKOFIEV. J. BRAHMS. N. ANGELICH. Nicholas Angelichest un grand homme. Taille haute certes mais surtout piano portĂ© vers les plus hauts sommets de l’art. Le rĂ©cital de Nicholas Angelich ce soir est marquĂ© par une puissance expressive peu commune. Le colosse Ă  l’ñme sensible nous a livrĂ© dans un programme audacieux, une leçon d’interprĂ©tation de la musique de Prokofiev peu commune. Les Visions Fugitives qui ouvrent son programme sont un vĂ©ritable kalĂ©idoscope de sonoritĂ©s variĂ©es, de nuances extrĂȘmes, de virtuositĂ© mise au service d’une expressivitĂ© totale. Les visions se dĂ©roulent dans une fluiditĂ© constante. Cela parle de l’enfance, des pulsions qui s’expriment et de la recherche de quelque chose qui Ă©chappe. La richesse de l’écriture pour piano de Prokofiev exulte sous ses doigts qui peuvent tout.

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COMPTE-RENDU CRITIQUE FESTIVAL LES SOLISTES À BAGATELLE, Fabrizio CHIOVETTA, piano, Henri DEMARQUETTE, violoncelle, 15 septembre 2019, Mozart, Murail, Schubert, Britten, Saariaho, Brahms. Ce week-end des 14 et 15 septembre, c’est la fĂȘte Ă  Bagatelle. Celle des jardins et de l’agriculture urbaine, et celle de la musique dans l’orangerie. Un inhabituel comitĂ© d’accueil forment une haie d’honneur aux mĂ©lomanes: trois imposants et rutilants tracteurs sont au garde-Ă -vous Ă  deux pas de l’entrĂ©e, et on espĂšre seulement que tous beaux camions qu’ils sont ils sauront se taire pour la musique. On ne transige pas avec Mozart, surtout jouĂ© par Fabrizio Chiovetta
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FABRIZIO CHIOVETTA DONNE DES COULEURS À SA CARTE BLANCHE

FABRIZIO-CHIOVETTA critique compte rendu concert classiquenews c lili rose critique concert festival classiquenewsFabrizio Chiovetta originaire de GenĂšve, est un pianiste discret au parcours remarquable. Issu de la Haute Ă©cole de musique, il a Ă©tĂ© un disciple privilĂ©giĂ© de Paul Badura-Skoda. Il joue Ă  peu prĂšs partout dans le monde, et son disque Mozart (ApartĂ©, 2017) a reçu le meilleur accueil du milieu musical. C’est avec son Rondo en la mineur KV 511 qu’il ouvre son rĂ©cital. Une Ɠuvre Ă  part dans le rĂ©pertoire pianistique du compositeur. Il faut y entrer dĂšs les premiĂšres notes, les habiter dans leur dĂ©nuement, marquer le pas de cet andante sans trop en faire au risque de l’empeser, trouver la justesse, la simplicitĂ©, dĂ©shabiller les notes, le chant
La musique pour piano de Mozart est un magasin de porcelaines, oĂč le moindre faux pas
Chiovetta dans une sonoritĂ© trĂšs contrĂŽlĂ©e, sans que pour autant cela ne soit apparent, nous tient dans son intimitĂ©, attrape notre oreille avec son jeu feutrĂ©, nous transmet cette indicible et fragile Ă©motion dont seule la musique de Mozart est capable, sans Ă  aucun moment la briser, la compromettre. Il chante dans des nuances extrĂȘmement fines et dĂ©licates, dĂ©roule avec fluiditĂ© les arabesques des variations, soupire, nous plonge dans les pensĂ©es d’un Mozart qui s’adresse Ă  lui-mĂȘme, et nous touche.

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puccini-giacomo-portrait-operas-classiquenews-dossier-special-HOMEPAGE-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Bastille, 14 sept 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Ana Maria Martinez, Marie-Nicole Lemieux, Giorgio Berrugi
 Orchestre de l’opĂ©ra. Giacomo Sagripanti, direction. Robert Wilson, mise en scĂšne. Retour de la mise en scĂšne mythique de Madame Butterfly (1993) de Robert Wilson Ă  l’OpĂ©ra National de Paris ! La direction musicale de l’archicĂ©lĂšbre opus de Puccini est assurĂ© par le chef Giacomo Sagripanti. Une reprise qui n’est pas sans dĂ©faut dans l’exĂ©cution mais toujours bienvenue et heureuse grĂące Ă  la qualitĂ© remarquable de la production.

Madame Butterfly est l’opĂ©ra prĂ©fĂ©rĂ© de Puccini, « le plus sincĂšre et le plus Ă©vocateur que j’ai jamais conçu », disait-il. Il marque un retour au drame psychologique intimiste, Ă  l’observation des sentiments, Ă  la poĂ©sie du quotidien. Puccini pris par son sujet et son hĂ©roĂŻne, s’est plongĂ© dans l’étude de la musique, de la culture et des rites japonais, allant jusqu’à la rencontre de l’actrice Sada Jacco qui lui a permis de se familiariser avec le timbre des femmes japonaises ! Si l’histoire d’aprĂšs le roman de Pierre Lotti « Madame ChrysanthĂšme » fait dĂ©sormais partie de la culture gĂ©nĂ©rale et populaire, de propositions scĂ©niques comme celle de Robert Wilson ont la qualitĂ© d’immortaliser davantage et l’oeuvre, et l’expĂ©rience esthĂ©tique et artistique que sa contemplation reprĂ©sente.

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RACHMANINOV-operas-elako-le-chevalier-ladre-classiquenews-dvd-rachmaninov-troika-rachmaninov-at-the-piano-1900s-1378460638-article-0COMPTE-RENDU, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 14 septembre 2019. S. RACHMANINOV. S. PROKOFIEV. B. ABDURAIMOV. Orch.Nat.TOULOUSE. T. SOKHIEV. La rentrĂ©e de l’Orchestre du Capitole de Toulouse est toujours un Ă©vĂ©nement attendu. Cette annĂ©e il a semblĂ© un instant que le public venu si nombreux n’allait pas pouvoir entrer dans la vaste Halle-aux-Grains. Mais tout c’est bien passĂ© ; l’orchestre a pu s’installer au centre d’un public serrĂ©, attentif et heureux. Il n’est plus trĂšs bien vu de dire les qualitĂ©s de cette salle de concert depuis qu’un projet de nouvel auditorium a pris vie. Mais l’un n’empĂȘche pas l’autre et certes cette salle a ses limites mais elle a aussi de vraies qualitĂ©s. Ce soir la tempĂ©rature idĂ©ale a permis de sortir de la torpeur de la ville et de se prĂ©parer au concert. Cette prĂ©sence du public de toutes parts permet Ă  l’Orchestre de bien sentir sa prĂ©sence.

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METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzCOMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. TrĂšs rĂ©ussi et mĂȘme passionnant premier concert du National de Metz Ă  l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41Ăš faisait ainsi son entrĂ©e au rĂ©pertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes. David Reiland a dirigĂ© la 40Ăš ici mĂȘme en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, Ă©tonnamment ciselĂ©es et vivantes.

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Traviata opera garnier paris critique opera classiquenews 600x337_charles_duprat_opera_national_de_paris-la-traviata-19-20-charles-duprat-onp-22-_1Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Garnier, 12 septembre 2019. La Traviata, Verdi. Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Ludovic TĂ©zier
 Orchestre de l’opĂ©ra. Michele Mariotti, direction. Simon Stone, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre verdien, La Traviata, Ă  l’affiche pour la rentrĂ©e 2019 2020 de l’OpĂ©ra National de Paris. L’australien Simon Stone signe une transposition de l’intrigue Ă  notre Ă©poque, avec la volontĂ© Ă©vidente de parler Ă  la jeunesse actuelle. La soprano Pretty Yende dans le rĂŽle-titre fait une prise de rĂŽle magistrale, entourĂ©e des grandes voix telles que celles du tĂ©nor Benjamin Bernheim et du baryton Ludovic TĂ©zier. L’orchestre maison est dirigĂ© par le chef italien Michele Mariotti. Une nouveautĂ© riche en paillettes et perlimpinpin, bruyante et incohĂ©rente parfois, malgrĂ© la beautĂ© plastique indĂ©niable de la soprano, les nĂ©ons, les costumes hautes en couleur
 le bijou reste invisible aux yeux.

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COMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 12 septembre 2019. F. CHOPIN. L.V. BEETHOVEN. C. DEBUSSY. P. KOLESNIKOV. Il ne fait rien comme les autres, Pavel Kolesnikov,  et Ă  30 ans, ce phĂ©nomĂ©nal pianiste russe est arrivĂ© Ă  rĂ©veiller le public de Piano aux Jacobins, le sortir du rituel bien Ă©tabli des douces soirĂ©es d’étĂ©. Kolesnikov casse en effet tous les codes. Mais de cet ouragan pianistique naĂźt une vĂ©ritable nouvelle Ă©coute des Ɠuvres aimĂ©es et que le public croyait connaĂźtre.

PIANO PAVEL KOLESNIKOV copyright EVA VERMANDE portait classiquenews critique concert review classiquenewsQue neni, tout semblera neuf ! Personne ne se permet de jouer d’une traite, sans respirer, cinq morceaux de Chopin puis la sonate au clair de Lune de Beethoven. Comme en Ă©tat d’apesanteur le public, particuliĂšrement silencieux jusque dans un long silence aprĂšs la musique, exulte aprĂšs le dernier accord de la sonate. Ce qui se passe dans un tel concert est l’abolition de toute possibilitĂ© de critique, voir d’analyse. Tout est immersion sonore, piano expĂ©rimental, moderne et inclassable. Sans recherche de style, de toucher diffĂ©rent, de couleurs informĂ©es, Pavel Kolesnikov est comme en transe. Il joue avec une facilitĂ© dĂ©concertante, choisi gĂ©nĂ©ralement des tempi Ă  la limite de la rupture. Tant dans la rapiditĂ© dĂ©moniaque que la lenteur en apesanteur. Le dĂ©but de la sonate au Clair de Lune est hypnotique, le final  presto agitato furioso. Son Chopin est chaloupĂ©, dansant et Ă©tonnamment moderne dans des rythmes et des harmonies comme mise en lumiĂšre par un laser. Rien de joli ou d’agrĂ©able mais une sorte d’urgence et de fiĂšvre, une beautĂ© absolue du piano. AprĂšs l’entracte qui permet au public de retrouver ses habitudes mondaines, le retour du pianiste va le changer en public bien peu distinguĂ©, si, si 
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glass philip coffret box cd review cd critique classiquenews homepage_large.9078cd9bCompte-rendu, OpĂ©ra. GenĂšve, Grand-ThĂ©Ăątre, le 11 septembre 2019. Einstein on the beach de Philip Glass. ChƓur et Orchestre de la Haute Ecole de Musique de GenĂšve. Daniele Finzi Pasca (mise en scĂšne). Titus Engel (direction). Quasiment personne (on compte seulement une ou deux tentatives
) n’avait osĂ© s’affronter au mythe que constitue « Einstein on the Beach », Ɠuvre-monstre du duo Philipp Glass / Robert Wilson crĂ©Ă©e au Palais des Papes Ă  l’étĂ© 1976. Pour marquer d’un grand coup son premier mandat Ă  la tĂȘte du Grand-ThĂ©Ăątre de GenĂšve (aprĂšs dix annĂ©es passĂ©es Ă  celle de l’OpĂ©ra des Flandres), le suisse Aviel Cahna choisi ce titre, et a proposĂ© au Suisse Daniele Finzi Pasca (Ă  qui l’on doit les CĂ©rĂ©monies des jeux olympiques de Sotchi ou, plus rĂ©cemment, la fameuse FĂȘte des vignerons de la voisine Vevey) de mettre en images ce vĂ©ritable OLNI (Objet Lyrique Non-IdentifiĂ©).

 

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Nelson GoernerCOMPTE-RENDU, Concert. TOULOUSE, Piano aux Jacobins, le  11 sept 2019. RĂ©cital N. GOERNER, piano. F. CHOPIN. G. FAURE. I.J. PADEREWSKI. Le pianiste Argentin Nelson Goerner est un musicien que j’apprĂ©cie beaucoup et dont j’ai rĂ©guliĂšrement la chance de rendre compte. Ce soir le changement de programme bien comprĂ©hensible, les choses sont annoncĂ©es presque un an Ă  l’avance, a eu plus d’importance que prĂ©vu. Enlever toute Ɠuvre de LISZT est dĂ©cevant pour ceux qui voulaient entendre des piĂšces de ce compositeur. Mais il fallait laisser une chance au compositeur remplaçant. Il faut, et ce n’est pas lui faire injure, reconnaitre que Paderewski n’a tout simplement pas l’envergure de Liszt. Excellent pianiste, Paderewski a Ă©tĂ© un grand interprĂšte de Chopin dĂ©prit le monde et nous lui devons l’organisation de son catalogue, mais la musique de Paderewski, du moins dans cette composition, apparait bien conventionnelle et sans charme.

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COMPTE-RENDU, critique, piano. BAGATELLE, FESTIVAL LES SOLISTES À BAGATELLE, le 8 sept 2019. RĂ©cital Anastasia VOROTNAYA, Paolo RIGUTTO. Le festival Les solistes Ă  Bagatellemet du baume au cƓur des parisiens en cette rentrĂ©e de septembre, attĂ©nuant un temps la nostalgie du temps des vacances. Il fait encore beau et fouler le gravier des allĂ©es bordant la roseraie encore bien fleurie et parfumĂ©e, entre deux concerts d’aprĂšs-midi, est un plaisir dont on ne se prive pas. Le 8 septembre, deux jeunes pianistes se sont produits en rĂ©cital dans l’Orangerie : Anastasia VOROTNAYA et Paolo RIGUTTO.

anastasia vorotnayaLe festival est attachĂ© Ă  ses particularitĂ©s: celle de donner Ă  dĂ©couvrir de jeunes artistes, lors de concerts-tremplin, et celle de faire entendre au cƓur de chaque programme une Ɠuvre contemporaine. La pianiste russe Anastasia Vorotnaya à 24 ans a dĂ©jĂ  fait, ou presque, le tour du monde, invitĂ©e par de nombreuses et prestigieuses scĂšnes internationales. FormĂ©e au conservatoire de Moscou, puis auprĂšs de Dimitri Bashkirov Ă  Madrid, elle poursuit son perfectionnement actuellement Ă  Kansas City (USA). Ce samedi, on fait sa connaissance avec CĂ©sar Franck, Carl Vine, et Sergei Rachmaninoff, qu’elle a inscrits Ă  son programme. Pour commencer elle joue PrĂ©lude, Choral et Fugue de Franck. On est dĂšs lors saisi par la profondeur de ton, le climat qu’elle instaure dĂšs le dĂ©but du prĂ©lude. Elle joue dans le fond du clavier, dose admirablement les sonoritĂ©s, la progression dynamique, en retenant le jeu pour mieux l’ouvrir sur la Fugue, orchestrale.

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AOÛT  2019

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ENTRE PIERRES, MER ET CIEL : LES VOIX ANIMÉES

 

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COMPTE-RENDU, concert. TOULON, le 23 aoĂ»t 2019. Les Voix animĂ©es : Nymphes des bois. Le chant d’OrphĂ©e attendrissait les bĂȘtes, faisait pleurer les rocs. Les Voix animĂ©es animent les pierres de la Tour Royale, les font chanter.

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COMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET Paris-plage, Festival des Pianos Folies, le 18 aoĂ»t 2019. RĂ©cital Boris Berezovsky, piano.
 SCRIABINE, RACHMANINOV. Par notre envoyĂ© spĂ©cial MARCEL WEISS

 

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« Je vous appelle Ă  la vie, ĂŽ forces mystĂ©rieuses » : cette invocation, placĂ©e en exergue de la Sonate n°5 de Scriabine, semble dĂ©fier les interprĂštes assez imprudents pour partager la quĂȘte mystique de son auteur. DĂšs l’andante cantabile de son premier PoĂšme, Boris Berezovsky en tient la gageure par son jeu tout de suggestion et la dĂ©licatesse de son toucher. Les piĂšces suivantes de Scriabine flirtent avec une vision idĂ©alisĂ©e de l’érotisme, symbolisĂ©e par l’accord de Tristan Ă©noncĂ© dans la Sonate n°4, une Ɠuvre encore rĂ©solument heureuse, dĂ©bordante d’énergie, que Berezovsky empoigne Ă  bras le corps. ThĂšme amplifiĂ© dans l’arachnĂ©enne « FragilitĂ© », la valse Ă©vanescente de « Caresse dansĂ©e » et le tempĂ©tueux « DĂ©sir ».
D’un seul jet, la Sonate n°5, contemporaine du « PoĂšme de l’extase », accumule les difficultĂ©s et les indications de tempo, dans un sentiment gĂ©nĂ©ral d’urgence et de fiĂšvre, traduit avec maestria par un interprĂšte hallucinĂ©, dominant les piĂšges techniques. Celui qui se prĂ©sente parfois comme un chasseur poursuivant ces proies que seraient les notes semble en improviser le cours de maniĂšre agogique et non mĂ©canique.

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concert piano critique classiquenews Guy_© Christophe GREMIOT_17082019-6COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 17 aoĂ»t 2019. L.V. BEETHOVEN. F.F. GUY. La grande connaissance de la musique de Beethoven par François-FrĂ©dĂ©ric Guy est bien connue au concert. Il a Ă©galement enregistrĂ© probablement toute la musique de Beethoven pour piano, sonates, pour piano seul et Ă  deux, musique de chambre et concertos. Son allure calme, sa concentration sereine donnent immĂ©diatement un sentiment de sĂ©curitĂ©. Il dĂ©bute son concert avec la 16 Ăšme des 32 Sonates de Beethoven. Elle possĂšde donc une position centrale dans cette production prodigieuse. Alors qu’elle est contemporaine du dĂ©chirant texte du Testament d’Heiligenstadt ; elle paraĂźt joyeuse et pleine d’humour. Comme si le grand homme voulait bien rendre compte de son plaisir Ă  vivre en sociĂ©tĂ© que la surditĂ© le condamnait Ă  Ă©viter. Le jeu de François FrĂ©dĂ©ric Guy est justement capable de rendre cette lĂ©gĂšretĂ© et cet humour. MĂȘme si le mouvement lent se rembrunit. La beautĂ© de la sonoritĂ© nous ravit et la dĂ©licatesse des phrasĂ©s est Ă©galement admirable.

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COMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET Paris-plage, Festival des Pianos Folies, le 17 aoĂ»t 2019. RĂ©cital Benjamin Grosvenor, piano. SCHUMANN, JANACEK, LISZT
 Par notre envoyĂ© spĂ©cial au Touquet, MARCEL WEISS. Dans son apparente simplicitĂ©, le « BlumenstĂŒck » de Schumann constituait une entrĂ©e en matiĂšre idĂ©ale pour saisir le style Grosvenor : recherche de la ligne de chant appropriĂ©e, attention au dĂ©tail des diffĂ©rentes voix, le tout dans un tempo d’une grande souplesse.
Contraste pleinement assumĂ© avec – sans transition – l’attaque brutale des « Kreisleriana » et l’entrĂ©e dans l’univers tourmentĂ© d’un Schumann de 28 ans (Ă  un an  prĂšs l’ñge de son interprĂšte) Ă©cartelĂ© entre exaltation amoureuse et mĂ©lancolie morbide, dans un jeu de double – Florestan le passionnĂ© et Eusebius le rĂȘveur – dont on connait le dĂ©nouement tragique. Une bipolaritĂ© omniprĂ©sente dĂšs la premiĂšre piĂšce du recueil, ExtrĂȘmement agitĂ©, avec une section mĂ©diane rĂȘveuse rapidement balayĂ©e par la tempĂȘte de l’ñme.

Le jeu de Benjamin Grosvenor : virtuosité et poésie

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tharaud-piano-alex-tharaud-ravel-critique-concert-critique-classiquenews-festival-touquet-paris-plage-2019COMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET Paris-plage, Festival des Pianos Folies, le 16 aoĂ»t 2019. RĂ©cital Alexandre Tharaud, piano. GRIEG, BEETHOVEN, HAHN, RAVEL
 Par notre envoyĂ© spĂ©cial MARCEL WEISS
 Un rĂ©cital d’Alexandre Tharaud ressemble Ă  une conversation entre gens de bonne compagnie. Conversation qu’il ouvre par une sobre prĂ©sentation de son programme – comme toujours construit avec subtilitĂ© – et la justification de ses choix. En l’occurrence, l’envie de rassembler quatre compositeurs qu’il reconnait particuliĂšrement adorer, en un hommage Ă  la musique baroque, française notamment, dont il s’est montrĂ© par le passĂ© un talentueux interprĂšte. Grieg en premier lieu, des extraits de sa Suite Holberg dans sa version pianistique originale : Ă  la cantilĂšne sensuelle de la Sarabande succĂšdent l’andante religioso de l’Air, Ă©mouvant dans sa lumineuse simplicitĂ©, et une Ă©nergique et rustique Gavotte, sur fond de vielle Ă  roue. PremiĂšre dĂ©monstration d’un art accompli de la suggestion, fait de sonoritĂ©s impalpables, sans jamais forcer le trait.

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salzbourg vignette festivalCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. SALZBOURG / Salzburg Festspiel 2019, le 17 aoĂ»t 2019. OFFENBACH : OrphĂ©e aux enfers. Beekman, Desandre, Max Hopp
 Barrie Kosky. Avec cette nouvelle production savoureuse, Salzbourg 2019 fĂȘte Ă  son tour le bicentenaire Offenbach 2019, lĂ©gitime offrande accrĂ©ditĂ©e par la validation prĂ©alable du spĂ©cialiste JC Keck, auteur de l’édition critique des opĂ©ras du divin Jacques. OrphĂ©e apporte dans l’histoire de l’opĂ©ra, sa verve impertinent et bouffe, au dĂ©lire dĂ©jantĂ©, drĂŽlatique, dont l’australien Barrie Kosky, par ailleurs directeur du Komische Oper Berlin (l’OpĂ©ra comique berlinois), fait un spectacle en tableaux bien caractĂ©risĂ©s, dignes d’une revue musicale. TrĂšs inspirĂ© par le rire dĂ©lirant d’Offenbach, sa facĂ©tie volontiers lubrique et dĂ©braillĂ©e, Kosky prend la partition Ă  la lettre et « ose » montrer ce que la partition exprime au plus profond : le goĂ»t de la luxure, l’érotisme paillard, la dĂ©cadence orgiaque Ă  tous les Ă©tages (de l’Olympe aux enfers) ; mais de cette traversĂ©e sauvage et libertaire, l’hĂ©roĂŻne Eurydice apprentie au plaisir, apprend son Ă©mancipation ; d’objet sexuel Ă©changĂ©, entre Pluton qui l’enlĂšve Ă  Jupiter qui la butine au sens strict (dĂ©guisĂ© en mouche abeille Ă  l’acte II), la compagne ressuscitĂ©e d’OrphĂ©e se fait par sa seule volontĂ©, bacchante et maĂźtresse de son plaisir.

 

Lubrique déjanté mais Eurydice libérée

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COMPTE-RENDU, rĂ©cital de piano. La Roque d’AnthĂ©ron, le 14 aoĂ»t 2019. Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans. Oeuvres de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et Claude Debussy (1862-1928) . Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ. Grand, mince, allure de gendre idĂ©al, lunettes , costume clair, trĂšs classe, le pianiste trentenaire, originaire de Reykjavik, s’avance vers le public, micro Ă  la main et explique, en anglais, qu’il est un heureux papa depuis quatre mois, ce qui a changĂ© sa vie et l’a amenĂ© aussi Ă  modifier quelque peu le programme. On n’entendra donc pas Les Tableaux d’une exposition de Moussorgsky, initialement prĂ©vus. Deux seuls compositeurs au programme : Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et Claude Debussy (1862-1928). Ólafsson prĂ©cise qu’il adore la Provence, la France et qu’il tient dans une trĂšs haute estime ces deux compositeurs majeurs.

 

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LIEGE. JĂ©rusalem de Giuseppe Verdi Compte-rendu critique, opĂ©ra. Sanxay. ThĂ©Ăątre gallo-romain, le 14 aoĂ»t 2019. Giuseppe Verdi : Aida. Elena Guseva, Irakli Kakhidze, Olesya Petrova, Vitaly Bilyy, In-Sung Sim. Valerio Galli, direction musicale. Jean-Christophe Mast, mise en scĂšne – Vingt ans dĂ©jĂ  que, dans un coin de France dĂ©pourvu de thĂ©Ăątre lyrique, les SoirĂ©es Lyriques de Sanxay proposent chaque Ă©tĂ© une Ɠuvre du grand rĂ©pertoire dans les ruines du ThĂ©Ăątre Antique, lieu magique Ă  l’acoustique bluffante.
Vingt ans que Christophe Blugeon soigne amoureusement chaque Ă©dition et parvient, grĂące Ă  sa passion et son enthousiasme communicatif, Ă  faire venir Ă  lui des chanteurs a priori inaccessibles, rĂ©unissant ainsi des distributions dignes des plus grandes scĂšnes internationales. LĂ  aussi, on se dit que la magie n’est pas Ă©trangĂšre Ă  ce petit miracle renouvelĂ© chaque annĂ©e. Par notre envoyĂ© spĂ©cial Narcisso Fiordaliso.

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COMPTE-RENDU, concert piano. La Roque d’AnthĂ©ron, Parc du chĂąteau de Florans, le 13 aoĂ»t 2019. Benjamin Grosvenor, piano. Schumann, Chopin, Liszt
 Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ
 Depuis sa finale remportĂ©e au Concours de la BBC, Ă  l’ñge de onze ans, le jeune pianiste britannique, vingt-sept ans, originaire de Southend-on-Sea, dans le ComtĂ© de l’Essex, parcourt le monde et fascine par sa technique et sa sensibilitĂ©. Ce mardi 13 aoĂ»t 2019 au Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron, le jeune pianiste jouait des piĂšces essentiellement romantiques de Robert Schumann (1810-1856), FrĂ©dĂ©ric Chopin (1810-1839), Franz Liszt (1811-1886) et plus modernes de LeoĆĄ Janáček (1854-1928) et SergueĂŻ Prokofiev (1891-1953).

Oeuvre de jeunesse de Robert Schumann, BlumenstĂŒck, littĂ©ralement morceau de fleurs ou par prolongement bouquet de fleurs, (Blumenstrauss) est Ă©crit autour d’un seul thĂšme, inlassablement varié ; beaucoup de grĂące, de clartĂ© dans le jeu du pianiste britannique qui n’en rajoute pas pour faire plus « romantique ».. (…) puis deuxiĂšme Ɠuvre au programme : le cycle des Kreisleriana, opus 16, évoque le maĂźtre de chapelle Johannes Kreisler, personnage crĂ©Ă© par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1776-1822), familiĂšrement orthographiĂ© E.T.A Hoffmann, Ă©crivain romantique, Ă©crivain, musicien, dessinateur ; Hoffmann inspirera de nombreux artistes dont le plus cĂ©lĂšbre Jacques Offenbach qui lui consacrera son seul opĂ©ra non bouffe: Les Contes d’Hoffmann en 1881.
Schumann compose certainement, ici, ses plus belles pages pour le piano, s’identifiant tour Ă  tour au mĂ©lancolique EusĂ©bius ou au passionnĂ© Florestan, entre rĂȘverie et impulsivitĂ© qui seront ses traits de caractĂšres majeurs.

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COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron, Parc du chĂąteau de Florans, le piano-concert-critique-classiquenews-grosvenor-Grosvenor_©-Christophe-GREMIOT_13082019-613 AoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. F. CHOPIN. L. JANACEK.  S. PROKOFIEV. V. BELLINI/F. LISZT. B. GROSVENOR. Le monde du piano classique ne cesse de pouvoir compter sur cette nouvelle gĂ©nĂ©ration trĂšs prometteuse de pianistes hyper douĂ©s techniquement, venant de tous pays. C’est ainsi que la programmation des plus grands festivals est toujours renouvelĂ©e. Cette annĂ©e c’est la dĂ©couverte du prodigieux Benjamin Grosvenor. Prodige qui Ă  11 ans jouait dĂ©jĂ  avec les plus grands orchestres et a signĂ© depuis chez Decca 4 disques remarquables d’intelligence.

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COMPTE-RENDU, concert piano. Festival International de Musique de Dinard, les  11 et 12 aoĂ»t 2019. AgnĂšs Jaoui, comĂ©dienne, Claire-Marie Le Guay, Bertrand Chamayou, piano. Schumann, Ravel, Saint-SaĂ«ns, et la Comtesse de SĂ©gur. La trentiĂšme Ă©dition du Festival International de Musique de Dinard est un cru exceptionnel. Claire-Marie Le Guay, sa nouvelle directrice artistique, l’a voulue festive, « fiĂšre de son histoire et tournĂ©e vers l’avenir ». Depuis le 10 aoĂ»t et jusqu’au 18, huit journĂ©es musicales (festival off et soirĂ©es) offrent la diversitĂ© de concerts dotĂ©s chacun d’une identitĂ© particuliĂšre. De la magie du concert d’ouverture, en plein air au parc de Port-Breton, au concert de clĂŽture Ă  l’église Notre-Dame, un public de tous Ăąges, venu nombreux, aura partagĂ© de belles Ă©motions et de grands moments de joie musicale. Le 11 aoĂ»t, l’ambiance Ă©tait Ă  la fĂȘte pour les enfants, petits
et grands! Le 12 aoĂ»t, le pianiste Bertrand Chamayou donnait un mĂ©morable rĂ©cital.

EN FAMILLE AU CONCERT, AVEC CLAIRE-MARIE LE GUAY ET AGNÈS JAOUI
 

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COMPTE-RENDU, concert. Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron, le 9 aoĂ»t 2019. TCHAIKOVSKI, RACHMANINOV : A Malofeev, N Goerner. Orch Nat du Tatarstan. A Slakovsky. Le Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron nous conviait Ă  une trĂšs grande et belle Nuit du piano. Deux compositeurs russes, un jeune pianiste russe Ă©blouissant, un pianiste argentin solaire, un orchestre et un chef, exaltĂ©s. Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ.

piano-malofeev-concerto-orchestre-critique-concert-piano-classiquenews-roque-antheron-2019-critique-classiquenews-malofeev-5Une premiĂšre partie consacrĂ©e Ă  deux Ɠuvres de Piotr Ilitch TchaĂŻkovsky (1840-1893) et une deuxiĂšme Ă  deux Ɠuvres de SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943). Deux concertos, deux Ɠuvres symphoniques, Ă©quilibre parfait d’un diptyque somptueux. Alexander Malofeev, gamin surdouĂ© de dix-sept ans,  inaugure cette Nuit du piano. Premier Prix du Concours International TchaĂŻkovsky pour jeunes pianistes, saluĂ© par sa prestation exceptionnelle Ă  quatorze ans, il joue le Concerto N°2 pour piano et orchestre en sol majeur opus 44 de TchaĂŻkovsky, sous la voĂ»te spectaculaire de La Roque, et ses 121 cubes blancs qui en font l’une des acoustiques les plus jalousĂ©es des festivals de plein air. Moins cĂ©lĂšbre que l’incontournable Concerto N°1 en Si bĂ©mol Majeur avec son premier mouvement et ses immenses accords qui parcourent tout le clavier et ce thĂšme legato, d’une ligne mĂ©lodique puissante et si sensuelle, le Concerto N°2 (TchaĂŻkovsky en composera 3) est en trois mouvements, comme la plupart des concertos, dont la forme a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  la fin de l’époque baroque.

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Geniusas lukas concert critique classiquenews critique piano _© Christophe GREMIOT_08082019-3COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du chĂąteau de Florans, le 8 aoĂ»t 2019. S. RACHMANINOV. L. GENIUSAS. VARVARA. ORH DU TATARSTAN. A. SLADKOSKY. Les nuits du piano Ă  La Roque sont toujours un Ă©vĂ©nement car deux concerts se suivent. Dans un but de jouer « tout russe », en l’honneur de Rachmaninov, la soirĂ©e a Ă©tĂ© organisĂ©e avec un orchestre, un chef et deux pianistes russes. L’ Orchestre national symphonique du Tatarstan et son chef titulaire ont animĂ© toute la soirĂ©e avec beaucoup d’énergie comme de puissance. DĂ©butant le concert par le concerto le plus cĂ©lĂšbre, le n°2,  le jeune Lukas Geniusas, 29 ans, a d’emblĂ©e mis la barre trĂšs haut avec une introduction richement timbrĂ©e et un crescendo savamment organisĂ©. Las, le chef avait dĂ©cidĂ© de lĂącher toute la puissance de son orchestre, comme pour faire ses preuves. L’effet a Ă©tĂ© de noyer le soliste, sans pour autant mettre en valeur son orchestre. Il a fallu attendre le deuxiĂšme mouvement pour que le soliste et l’orchestre, sans trop d’interventions du chef, organisent un beau dialogue musical. Dommage car les sonoritĂ©s de l’orchestre sont naturellement belles, il n’est pas besoin de forcer les choses.

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COMPTE-RENDU, danse. BIARRITZ, Gare du Midi, le 8 aoĂ»t 2019. Marie-Antoinette par le Malandain Ballet Biarritz. AprĂšs avoir signĂ© des ballets somme toute plutĂŽt abstraits avec Nocturnes ou La mort du Cygne, Thierry Malandain revient Ă  une piĂšce « avec histoire » (Ă  l’image de Cendrillon ou de La Belle et la BĂȘte) avec sa derniĂšre crĂ©ation : Marie-Antoinette. CommandĂ© par Laurent Brunner pour l’OpĂ©ra Royal de Versailles oĂč la spectacle a Ă©tĂ© donnĂ© en mars dernier, il revient pour la troisiĂšme fois (en ce mois d’aoĂ»t) Ă  la fameuse Gare du midi de Biarritz (base du Malandain Ballet Biarritz), aprĂšs y avoir dĂ©jĂ  Ă©tĂ© crĂ©Ă© in loco en novembre 2018, puis repris en juin dernier.

 

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COMPTE-RENDU, concert. BIARRITZ Piano Festival, HĂŽtel du Palais et Espace Bellevue, les 6 & 7 aoĂ»t 2019. Nuron Mukami (le 6) & Arcadi Volodos (le 7). Avant d’ĂȘtre totalement paralysĂ©e par le G7 qui s’y installera dans quelques jours, la ville de Biarritz bruissait de son dĂ©sormais (trĂšs) couru Piano Biarritz Festival, qui fĂȘtait sa 10Ăšme Ă©dition entre les 29 juillet et 7 aoĂ»t derniers. Toujours ardemment dĂ©fendu par son fondateur-directeur Thomas Valverde, le pianiste français continue avec talent de mettre Ă  l’affiche autant la gĂ©nĂ©ration montante du piano international que les gloires reconnues, ce que prouvent les deux derniĂšres soirĂ©es du festival avec les venues du jeune pianiste ouzbĂšque Nuron Mukumi (23 ans) et la star du clavier russe, Arcadi Volodos.

C’est dans l’un des magnifiques salons du cĂ©lĂšbrissime HĂŽtel du Palais, construit sur les restes de la villa de l’ImpĂ©ratrice EugĂ©nie, que se produit le premier artiste, dĂ©jĂ  prĂ©sent lors de la derniĂšre manifestation basque. Dans une salle surchauffĂ©e oĂč l’on avait omis de mettre la climatisation en route, c’est autant l’instrumentiste que le public qui en souffre, au point de le verbaliser lui-mĂȘme. Est-ce ce petit alĂ©a qui rend son toucher peu musical (bien que techniquement parfait
) dans les premiĂšres piĂšces qu’il interprĂšte : Le Carnaval de Vienne de Schumann et Venezia e Napoli de Liszt (extrait des AnnĂ©es de PĂšlerinage) ? Il faut le croire puisqu’il livre, en deuxiĂšme partie, une enthousiasmante exĂ©cution de la Sonate n°1 (en do majeur) de Johannes Brahms. Elle rĂ©vĂšle, de la part de ce tout jeune artiste, une prĂ©coce et totale maĂźtrise de la forme et du son. Cette forme est pourtant particuliĂšrement complexe, avec ses quatre mouvements trĂšs habilement structurĂ©s, ses emportements et ses Ă©panchements d’un romantisme exaltĂ© ou rassĂ©rĂ©nĂ©.  … Le lendemain, rĂ©cital d’Arkadi Volodos…

 

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Trio Wanderer-Arthur Decaris-Christophe GauguĂ© © Samuel CortĂšs_07082019-16COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’ AnthĂ©ron 2019. Lambesc. Parvis de l’église, le 7 aoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. TRIO WANDERER. Cette nuit Schumann devant le parvis de l’église de Lambesc a rassemblĂ© un vaste public. Le premier concert de notre sĂ©jour Ă  La Roque 2019 Ă©tait donnĂ© par le Trio Wanderer seul. Robert Schumann a Ă©crit trois Trio avec piano. Ils ont Ă©tĂ© jouĂ©s ce soir dans un ordre non chronologique. Le deuxiĂšme puis le troisiĂšme et enfin le premier. Ce qui frappe dans cet ordre et les choix de cette interprĂ©tation est avant tout la complexitĂ© d’écriture du deuxiĂšme et du troisiĂšme Trio comme la sĂ©duction plus immĂ©diate du premier. Avec une certaine austĂ©ritĂ© et beaucoup de concentration, les Wanderer ont mis en valeur toute la modernitĂ© contenue dans le Trio en fa majeur.

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JUILLET  2019

 

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COMPTE-RENDU critique, rĂ©cital piano, Grand ThĂ©Ăątre de Provence, Aix-en-Provence, Festival International de la Roque d’AnthĂ©ron, le 28 juillet 2019. Grigory Sokolov, piano. Beethoven, Brahms. Un rĂ©cital de piano au Grand ThĂ©Ăątre de Provence hors saison, faut-il que l’interprĂšte soit un titan pour une telle exception! Grigory Sokolov n’aime pas jouer en plein air. Alors pas le choix! Il faut un lieu Ă  la mesure de ce gĂ©ant qui fut rĂ©vĂ©lĂ© Ă  l’ñge de 16 ans lorsqu’il remporta le concours TchaĂŻkovski. Ce soir du 28 juillet 2019, Ă  Aix-en-Provence, le Grand ThĂ©Ăątre a donc ouvert ses portes au plus fascinant pianiste russe, et rempli ses rangs d’orchestre et de balcons. Retour sur ce rendez-vous incontournable du Festival International de la Roque d’AnthĂ©ron.

 

GRIGORY SOKOLOV AU CƒUR DE LA MUSIQUE

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NicolasStavy_© RenaudAlouche_27072019-1COMPTE-RENDU CRITIQUE RÉCITAL NICOLAS STAVY, piano, FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE D’ANTHÉRON, 27 juillet 2019. Liszt, Haydn. Le pianiste Nicolas Stavyaime aller vers des dĂ©couvertes. Sa curiositĂ© jamais assouvie nourrit sa carriĂšre et comble le rĂ©pertoire pianistique en soi considĂ©rable de partitions oubliĂ©es, injustement dĂ©nigrĂ©es, ou retrouvĂ©es. Le programme de son rĂ©cital donnĂ© le 27 juillet Ă  l’Abbaye de Silvacane donnait justement Ă  entendre une rare version pour piano des Sept derniĂšres paroles du Christ en croix de Haydn.

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Kantorow_©-Christophe-GREMIOT_26072019-8-copie-400x225COMPTE-RENDU critique, concert piano. FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE D’ANTHÉRON, le 26 juillet 2019. ALEXANDRE KANTOROW, piano. Rachmaninov, FaurĂ©, Beethoven, Stravinsky. Le jeune pianiste Alexandre Kantorow (ĂągĂ© aujourd’hui de 22 ans), Premier Prix et Grand Prix du tout dernier concours TchaĂŻkovski, fut l’invitĂ© dĂšs l’ñge de 16 ans de la Folle JournĂ©e de Nantes et de Varsovie, oĂč il fit ses premiers pas sur les scĂšnes des festivals. Depuis il n’a cessĂ© d’emporter l’enthousiasme sans rĂ©serve de tous ceux qui l’ont entendu Ă  Paris, et partout ailleurs, ainsi qu’au disque: ces trois CD dont le dernier consacrĂ© aux concertos de Saint-SaĂ«ns, ont Ă©tĂ© unanimement saluĂ©s par la critique, et rĂ©compensĂ©s. Le 26 juillet, Il se produisait sur la scĂšne du parc du chĂąteau de Florans, au Festival de la Roque d’AnthĂ©ron. Un premier rĂ©cital trĂšs attendu en France aprĂšs son triomphe Ă  Moscou. ALEXANDRE LE MAGNIFIQUE….

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JUIN  2019


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Compte-rendu critique. OpĂ©ra. PARIS, OFFENBACH, Madame Favart, 22 juin 2019. Orchestre de Chambre de Paris, Laurent Campellone. Jamais reprĂ©sentĂ© dans la salle qui porte son nom, Madame Favart est pourtant l’une des partitions les plus abouties du « petit Mozart des Champs-ÉlysĂ©es ». La production de l’OpĂ©ra-Comique est une rĂ©ussite exemplaire qui rend justice Ă  l’art du comĂ©dien, dans un rythme effrĂ©nĂ©, sans temps mort ; une drĂŽlerie de tous les instants, magnifiĂ©e par une distribution et une direction Ă©lectrisante.

 

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SPECIAL LEIPZIG BACHfest 2019
par notre envoyé spécial Florent Coudeyrat

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’aprĂšs-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clĂŽture de la Bachfest, dĂ©diĂ© Ă  la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie Ă  craquer pour l’occasion. C’est lĂ  qu’officia le maitre de 1724 jusqu’à sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y ĂȘtre enterrĂ© au niveau du choeur. MĂȘme si l’acoustique est quelque peu Ă©touffĂ©e Ă  cet endroit, donnant une impression d’éloignement par rapport aux interprĂštes rĂ©unis sur la tribune de l’orgue Ă  l’opposĂ©, entendre la Messe en si mineur aux cotĂ©s du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Michaeliskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (IV), VOX LUMINIS. On ne remerciera pas assez la Bachfest de nous inciter Ă  quitter le centre-ville de Leipzig pour dĂ©couvrir l’Eglise Saint-Michel, situĂ©e Ă  proximitĂ© du zoo, au nord. Miraculeusement Ă©pargnĂ© par les bombardements de la DeuxiĂšme guerre mondiale, l’édifice trĂŽne au devant d’un square qui le met admirablement en valeur. Mais c’est surtout son intĂ©rieur qui surprend par sa variĂ©tĂ© de style virtuosement entremĂȘlĂ©s, relevant essentiellement du nĂ©ogothique et de l’Art nouveau, tous deux encore en vogue en 1904.

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bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Alte Börse, LEIPZIG, le 23 juin 2019. Joseph Haydn : Quatuor Ă  cordes n° 5, opus 76 / Jean-SĂ©bastien Bach : extraits d’oeuvres / Dimitri Chostakovitch : Quatuor Ă  cordes n°8, opus 110. Preuve s’il en est besoin de la variĂ©tĂ© des Ă©vĂ©nements proposĂ©s lors de la Bachfest, le prĂ©sent concert permet de dĂ©couvrir l’un des jeunes quatuors allemands parmi les plus prometteurs du moment. FormĂ© en 2014 Ă  Francfort, oĂč il est toujours en rĂ©sidence, le quatuor rassemble des solistes venus d’horizons divers : deux Russes, un Canadien et un Allemand. Entre eux, l’entente et l’écoute mutuelle semblent Ă©vidents dĂšs les premiĂšres mesures du Quatuor Ă  cordes n° 5, opus 76 (1797) de Haydn, entonnĂ©es dans l’acoustique sonore de l’ancienne bourse aux Ă©changes (reconstruite Ă  l’identique aprĂšs-guerre).

 

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bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III). A l’instar de sa voisine Dresde, Leipzig ne cesse de retrouver sa splendeur d’antan, d’annĂ©e en annĂ©e, effaçant les erreurs architecturales de l’aprĂšs-guerre par d’opportuns rehabillages ou reconstructions dans un style ancien. Pratiquement dĂ©diĂ© aux piĂ©tons, le centre-ville est d’ores et dĂ©jĂ  envahi par les touristes en cette saison estivale, tous sĂ©duits par les nombreuses terrasses Ă  chaque coin de rue. Outre l’attrait Ă©vident que reprĂ©sentent les gloires musicales locales (Bach et Mendelssohn bien sĂ»r, mais aussi
 Wagner, natif de la CitĂ©), il faudra se perdre dans les nombreux et splendides passages couverts dont l’état de conservation ne manquera pas d’impressionner les amateurs.

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BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachCompte-rendu, concert. Bachfest, Schlosskapelle in Neu Augustusburg, WEIßENFELS, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (II) / Philippe PIERLOT. “C’est un concert de la chaussure ?” commente malicieusement un touriste anglais en visitant le musĂ©e de la chaussure de Weißenfels, quelques minutes avant d’assister au concert donnĂ© dans la chapelle du ChĂąteau. Un trait d’humour Ă  mĂȘme d’animer la visite d’un musĂ©e aux murs dĂ©crĂ©pis, dont la richesse et la diversitĂ© des collections, tournĂ©es vers le monde, doivent toutefois inciter Ă  dĂ©passer ce premier regard dĂ©favorable. Cette collection passionnante rappelle les grandes heures industrielles de la ville de Weißenfels, situĂ©e Ă  mi chemin entre Weimar et Leipzig (Ă  environ trente minutes en car de cette derniĂšre).

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GetAttachmentThumbnailCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOULOUSE, ThĂ©Ăątre du Capitole, le 20 juin 2019. J. MASSENET. Werther. N. Joel. J.F. Borras. K. Deshayes. A. Heyboer. F. Valiquette . Orchestre et Choeur du ThĂ©Ăątre du Capitole. J.F. VERDIER, direction.Revoir cette belle production de Werther mĂȘle attentes et nostalgie. Je garde en effet un souvenir Ă©mu et Ă©bloui du printemps 1997 quand je dĂ©couvrais Roberto Alagna dans ce rĂŽle. Rappelons que la production Ă©tait montĂ©e pour lui et que le monde entier nous enviait cette prise de rĂŽle. Tout avait Ă©tĂ© magique avec une distribution de rĂȘve et la dĂ©couverte d’une scĂ©nographie parfaite, de dĂ©cors simples et beaux, et de costumes sublimes. Tout cet aspect scĂ©nique se retrouve et la mise en scĂšne de Nicolas Joel n’a pas pris une ride, la beautĂ© plastique reste idĂ©ale. L’ action est situĂ©e fin XVIIIĂš, tout Ă©tant de bon goĂ»t, personne ne se lasse de la retrouver. Les lumiĂšres Ă©tant peut ĂȘtre encore plus rĂ©ussies.

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. LiĂšge, OpĂ©ra royal de Wallonie-LiĂšge, le 20 juin 2019. Bellini : I puritani. Speranza Scappucci / Vincent Boussard. CrĂ©e en fin d’annĂ©e derniĂšre Ă  Francfort, la production des Puritains imaginĂ©e par Vincent Boussard fait halte Ă  LiĂšge en cette fin de saison autour d’une distribution remarquable, fort logiquement applaudie par un public enthousiaste pendant toute la soirĂ©e – et ce malgrĂ© les presque quatre heures de spectacle, avec un entracte, requis pour cette version donnĂ©e en intĂ©gralitĂ©. Les interprĂštes trouvent dans la mise en scĂšne un Ă©crin d’une remarquable pertinence, Boussard ayant la bonne idĂ©e de centrer l’action autour d’Elvira, qui semble revivre les Ă©vĂ©nements qui l’ont conduit Ă  la folie, errant comme un fantĂŽme hagard et inquiet dans les ruines d’un thĂ©Ăątre en rĂ©novation.

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Compte rendu, piano. Lille. Concert de clĂŽture Festival Piano(s) Lille, 16 juin 2019. Concerto pour piano et orchestre en si-bĂ©mol, Johannes Brahms. Orchestre National de Lille. Jean-Claude Casadesus, direction. Nelson Freire, piano. Nous voici dans la fabuleuse salle – auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille pour la clĂŽture de la 15e Ă©dition du Lille Piano(s) Festival, Ă©vĂ©nement dĂ©sormais incontournable du printemps lillois chaque annĂ©e et qui voyait cette annĂ©e d’anniversaire, la derniĂšre direction artistique de Jean-Claude Casadesus. Pour souligner 2019, le pianiste brĂ©silien Nelson Freire interprĂšte le 2e concerto pour piano et orchestre de Brahms, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction de
 Jean-Claude Casadesus. Trois jours de cĂ©lĂ©bration kalĂ©idoscopique de l’art du piano avec une conclusion sensible oĂč l’accord, la symbiose entre le piano et l’orchestre sont au rendez-vous. Nelson Freire, aprĂšs un rĂ©cital solo d’une sensibilitĂ© exquise la veille, rejoint ainsi l’Orchestre National de Lille pour le monumental concerto de Brahms. L’Ɠuvre composĂ©e 20 ans aprĂšs le premier fut trĂšs bien reçue dĂšs sa crĂ©ation. Modeste, Brahms parlait du concert comme « un petit concert en si-bĂ©mol ». Nous pouvons voir l’évolution tout Ă  fait symphonique du maĂźtre ; s’il est moins exubĂ©rant que le premier, il est plus Ă©quilibrĂ©, d’une plus grande rĂ©serve Ă©motionnelle, accouplĂ©e Ă  une plus grande maĂźtrise de l’orchestration et surtout Ă  un sens plus mĂ»r de la relation entre le soliste et l’ensemble.

 

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. METZ, OpĂ©ra, le 16 juin 2019, Carmen (Bizet) / JosĂ© Miguel PĂ©rez-Sierra – Paul-Emile Fourny. D’une vie dramatique intense, c’est la version opĂ©ra-comique qui nous est offerte, privĂ©e des dialogues comme des amputations de Guiraud. Cette nouvelle Carmen a fait l’objet d’une rĂ©Ă©criture dramatique, assortie de quelques modifications qui affectent surtout les passages parlĂ©s. Nous sommes transportĂ©s dans les annĂ©es 50, avec une transposition des fonctions qui n’altĂšre ni la psychologie des personnages, ni les ressorts du drame. Paul-Emile Fourny nous offre un dĂ©but en forme de polar, qui Ă©claire l’ouvrage d’un jour nouveau.

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. TURIN, le 15 juin 2019. CASELLA : La Giara / MASCAGNI : Cavalleria rusticana. Orchestre du Teatro Regio, Andrea Battistoni. C’est une excellente idĂ©e du Regio de Turin d’avoir associĂ©e la sur-reprĂ©sentĂ©e Cavalleria rusticana Ă  la rare Giara de Casella, compositeur turinois, dont on a pu voir, il y a deux ans, la magnifique Donna serpente. Si les diffĂ©rences – de genre, d’esthĂ©tique – sont nombreuses, la thĂ©matique littĂ©raire, populaire sicilienne, les rapproche avec pertinence. Au final, la « comĂ©die chorĂ©graphique » de Casella en ressort vainqueur.

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8adbdfb5-2488-4656-b430-34daf6c1593dCOMPTE-RENDU, thĂ©Ăątre musical. TOULOUSE, ThĂ©Ăątre Jules Julien, le 15 Juin 2019. DARIO FO. Mistero Buffo. BACH. PERGOLESE. VIVALDI. MONTEVERDI. VERDI. ABEDJEAN. DALTIN. Choeur Ă  bout de souffle. DELINCAK. Le nouveau spectacle de la compagnie A bout de Souffle est hypervitaminĂ©. L’engagement des comĂ©diens dans le texte de Dario Fo est total. Ils y croient et le montrent Ă  voir. Comme les choristes et les chanteurs qui semblent vivre chaque mot du CrĂ©do ou du Stabat Mater Ă  la lettre. Le parti pris du metteur en scĂšne, Patrick AbĂ©djean, est de rendre hommage Ă  Dario Fo.

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classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaQUÉBEC, Festival CLASSICA 2019. PalmarĂšs du RĂ©cital Concours international de MĂ©lodies françaises. Au terme de la seconde Ă©preuve 2019 (FINALE qui s’est tenue dimanche 16 juin 2019 Ă  Saint-Lambert, Paroisse Catholique) voici le palmarĂšs du 3Ăš RĂ©cital-Concours 2019:

 

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DON_GIOVANNI_Photo.KlaraBeck-0922NPressebis-362x464COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. STRASBOURG, OpĂ©ra, le 15 juin 2019, Don Giovanni / Christian Curnyn – Marie-Eve Signeyrole. Relecture ? Transposition ? DĂ©tournement ou dĂ©voiement ? Marie-Eve Signeyrole pratique depuis 2012 le dĂ©paysement de tous les ouvrages lyriques qu’elle aborde. Le livret, les didascalies sont oubliĂ©s pour transmettre le message que l’inventive metteuse en scĂšne substitue aux intentions du librettiste et du compositeur, pour le meilleur comme pour le moins bon. Ici, c’est pour le meilleur, d’une force bouleversante, oĂč le drama giocoso, avec ses deux versants, atteint une vĂ©ritĂ© dramatique exceptionnelle : L’opĂ©ra du dĂ©sir « incontrĂŽlable et incontrĂŽlé »…

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bizet-georges-582-594-portraitCOMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra, le 12 juin 2019, Carmen (Bizet) / Alain Guingal – Nicola Berloffa. Partition raffinĂ©e pour une intrigue vulgaire, un fait divers mĂ©diocre, crime passionnel dont furent et sont encore victimes tant de femmes, l’ouvrage figure toujours Ă  de nombreux menus : Carmen demeure un plat de choix, apprĂ©ciĂ© du plus grand nombre. La question que l’on se pose avant la dĂ©gustation est : Ă  quelle sauce nous sera-t-elle prĂ©sentĂ©e, tant l’imaginaire des rĂ©alisateurs-metteurs en scĂšne est infini ? Celle offerte Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne reproduit la production de Rennes (mai 2017) – oĂč Claude Schnitzler tenait la baguette – elle-mĂȘme co-production hispano-suisse.

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mozart wolfgang _doris_stockminiCompte rendu, opĂ©ra. Paris. Palais Garnier, 11 juin 2019. Don Giovanni, Mozart. Etienne Dupuis, Jacquelyn Wagner, Nicole Car, Philippe Sly
 Orchestre et choeurs de l’opĂ©ra. Philippe Jordan, direction. Ivo van Hove, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre de Mozart, Don Giovanni, Ă  l’affiche Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Le metteur en scĂšne Ivo van Hove signe un spectacle gris parpaing ; le chef Philippe Jordanassure la direction musicale de l’orchestre associĂ© Ă  une distribution fortement histrionique, rayonnante de thĂ©ĂątralitĂ©, entiĂšrement Ă©prise du mĂ©lodrame joyeux du gĂ©nie salzbourgeois !

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classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaCOMPTE-RENDU, concert. MONT-ROYAL, le 11 juin 2019. Festival CLASSICA 2019, Les Larmes de Jacqueline / BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL, HÉTU. S TĂ©treault, JP Sylvestre, Orch MĂ©tropolitain. Alain Trudel, direction. Programme plein d’audaces et voire ambitieux ne serait ce que par la prĂ©sence de deux Ɠuvres rares en concert : le Concertino pour violoncelle de Roussel et le Concerto n°2 pour piano de Jacques HĂ©tu. Pour ce 2Ăš Ă©vĂ©nement dans la ville de Mont-Royal, le Festival a souhaitĂ© profitĂ© de la prĂ©sence de l’Orchestre Metropolitain et prĂ©senter ainsi plusieurs Ɠuvres concertantes au souffle symphonique indĂ©niable.

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SOKHIEV-maestro-chef-toulouse-capitole-presentation-critique-par-classiquenews-sokhiev_c_marc_brennerCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 10 Juin 2019. A. BORODINE. S. RACHMANINOV. M. MOUSSORGSKI/M.RAVEL. ChƓurs du Capitole. Orchestre National du Capitole. G.Magee. T.SOKHIEV, direction. Ce concert trĂšs attendu n’a pas permis Ă  la vaste Halle-aux-Grains d’accueillir tout le public venu demander une place. C’est donc dans une salle bondĂ©e avec une ambiance Ă©lectrique que le concert a dĂ©butĂ©. La Cantate le Printemps de Rachmaninov pour baryton et chƓur est un hymne Ă  l’amour et au renouvellement perpĂ©tuel de la vie. Elle contient un trĂšs beau message de paix et de pardon. L’orchestration est subtile avec un Ă©veil de la nature d’une sensualitĂ© envoutante. Tugan Sokhiev dirige Ă  mains nues et semble obtenir de tous une musique aussi belle qu’émouvante. Le ChƓur du Capitole est profond dans d’admirables nuances. Le baryton Garry Magee au chant subtile et Ă  la voix naturellement belle fait un beau portait d’homme amoureux meurtri qui pardonne. Mais nous savons quel EugĂšne OnĂ©guine il a su ĂȘtre au Capitole. Il offre des interventions parfaites qui nous ont semblĂ© trop courtes. Illustration : Tugan Sokhiev © M Brenner.

 

 

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Rienzi de WagnerCOMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. NANTES, ThĂ©Ăątre Graslin, le 9 juin 2019, Der fliegende HollĂ€nder / Rudolf Piehlmayer – Rebecca et Beverly Blankenship. Si toutes les scĂšnes lyriques conduisent rĂ©guliĂšrement des opĂ©rations de promotion de leurs productions, visant Ă  diffuser l’opĂ©ra auprĂšs du plus grand nombre et Ă  inviter les profanes Ă  franchir le seuil de la salle, Angers Nantes OpĂ©ra et l’OpĂ©ra de Rennes se sont donnĂ©s les moyens d’une action d’envergure exceptionnelle : nombreux ateliers de chant prĂ©paratoires, diffusion en direct, sur des Ă©crans gĂ©ants, dans plus de quarante villes de la rĂ©gion, sans oublier …

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MAI  2019

 

 

 

tempo piano croisic romain david piano critique concert festival classiquenewsCOMPTE-RENDU, FESTIVAL TEMPO PIANO CLASSIQUE, Le Croisic, Paris, 30 mai-2 juin 2019, R. David, J.P. Gasparian, M. Gratton, N. Gouin, Trio Karenine. Comme chaque annĂ©e, le festival Tempo Piano Classique a donnĂ© rendez-vous Ă  son public le week-end de l’Ascension. Un moment toujours trĂšs attendu des croisicais, dont le pianiste Romain David, son directeur artistique, a su gagner la confiance et la fidĂ©litĂ©, avec l’appui et l’engagement de toute l’équipe du festival. Cette manifestation portĂ©e par l’association Arts et Balises prend un nouveau cap, dans la continuitĂ©, avec la prĂ©sidence de Jacques Moison qui succĂšde cette annĂ©e Ă  son fondateur Yann Barrailler-Lafond, lequel s’est vu dĂ©cerner la mĂ©daille de la Ville par madame MichĂšle Quellard, maire du Croisic. Un honneur bien mĂ©ritĂ©.

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pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1Compte-rendu, opĂ©ra. Luxembourg, Grand ThĂ©Ăątre, le 10 mai 2019. Bizet : Les PĂȘcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, JoĂ© Agemans). Conçue par l’OpĂ©ra des Flandres en fin d’annĂ©e derniĂšre, la nouvelle production des PĂȘcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte Ă  Luxembourg en ce dĂ©but de printemps avec un plateau vocal identique. Il est Ă  noter que ce spectacle de trĂšs bonne tenue sera repris dĂ©but 2020 Ă  l’OpĂ©ra de Lille avec des chanteurs et un chef diffĂ©rents : une excellente initiative, tant s’avĂšre rĂ©jouissant le travail du collectif thĂ©Ăątral anversois « FC Bergman », dont c’est lĂ  la toute premiĂšre mise en scĂšne lyrique.

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SCHUBERT-SCHUBERTIADE-concert-amitie-saison-sceaux-musique-de-chambre-la-schubertide-de-sceaux-concerts-programme-annonce-par-classiquenewsCOMPTE-RENDU, rĂ©cital, DIJON, OpĂ©ra, Auditorium, le 5 mai 2019, Le dernier Schubert, Andreas Staier  « Il y a dans la personnalitĂ© de Schubert quelque chose qui est absolument unique. Il est peut-ĂȘtre le dernier compositeur de la musique occidentale Ă  pouvoir Ă©crire une musique Ă  la fois populaire et sublime, Ă  la fois extrĂȘmement raffinĂ©e, difficile, et si touchante que, mĂȘme sans Ă©ducation musicale, on est bouleversĂ© ». Ces mots d’Andreas Staier sonnent plus justes que jamais aprĂšs l’achĂšvement de ce cycle « le dernier Schubert », inaugurĂ© en octobre dernier, avec des impromptus, les six moments musicaux, et la premiĂšre des trois derniĂšres sonates, en ut mineur (D.958). Au programme, nous avons maintenant les deux suivantes, ultimes chefs d’Ɠuvres pianistiques de sa derniĂšre annĂ©e, en la et en si bĂ©mol majeur, D. 959 et 960, dont la plĂ©nitude, le dĂ©tachement comme la fiĂšvre et l’exaltation sont la marque. Comment ne pas y voir parfois l’ombre de Beethoven, qui vient de disparaĂźtre ?

 

 

 

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AVRIL 2019

 

 

 

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux. M Lenormand
 Bleuse /Desbordes. Petite rĂ©serve tout d’abord dans la conception mĂȘme de la soirĂ©e. MalgrĂ© sa forme chaotique entre rĂ©cital de chansons, revue, volets habituels du cabaret berlinois, la premiĂšre partie de soirĂ©e (Berliner Kabarett) prĂ©sente quelques superbes mĂ©lodies aux textes tout autant savoureux ; curieusement en dĂ©pit de la prĂ©sence de l’orchestre en fond de scĂšne, c’est au piano seul que trois chanteurs Ă©grĂšnent leur juste complainte entre poĂ©sie et dĂ©sespoir, tous ont cette dĂ©sillusion enchantĂ©e qui est la marque du thĂ©Ăątre aussi politique que dĂ©lirant du duo Weill / Brecht.

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cycle-mahlerCOMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Christianne Stotijn (mezzo-soprano), Philharmonia Chorus, Choeur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal / ONL Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch(direction). La 3Ăšme Symphonie de Mahler, jouĂ©e ce soir au Nouveau SiĂšcle Ă  Lille, dĂ©livre et confirme dĂ©sormais les qualitĂ©s du cycle Ă©vĂ©nement que le chef et directeur musical du National de Lille, ALEXANDRE BLOCH, dĂ©die au compositeur (qui fut aussi un grand chef). De l’énergie, une urgence continue, une intelligence des timbres, surtout une attention particuliĂšre Ă  l’architecture interne du massif malhĂ©rien
 A contrario des conceptions plus « droites », objectives de certains chefs, plus extraverti que d’autres (comme les « grands ainĂ©s » tels Karajan, Haitink
 sans omettre Abbado), Alexandre Bloch lui ne s’économise en rien, dansant sur le podium, habitĂ©, exaltĂ© par son sujet, avec une intensitĂ© qui rappelle 
 Bernstein. Ceci nous vaut pour le dernier mouvement, le plus aĂ©rien (aux cordes surtout), des jaillissements de lyrisme flexible et amoureusement dĂ©ployĂ©, un baume pour le cƓur et l’esprit, aprĂšs avoir passĂ© tant d’épisodes si divers et contrastĂ©s. On n’oubliera pas ce 6Ăš mouvement final (« Langsam. Ruhevoll. Empfunde ») qui semble comme un choral fraternel et recueilli, embrasser tous les ĂȘtres vivants (hommes et animaux) et les couvrir d’un sentiment d’amour, irrĂ©pressible et caressant. Dans son intonation, sa pĂąte transparente, suspendue, le mouvement prĂ©figure l’Adagietto de la 5Ăš, ses amples respirations,sa couleur parsifalienne, sa ligne constante qui appelle et dessine l’infini


Sons et conscience de la Nature

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MARS 2019

 

Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 31 mars 2019. Bach-Mozart, Mendelssohn, Phil Glass, Chostakovitch, Webern, Janacek, Gershwin par le quatuor Schumann. Il existe deux quatuors Schumann
 Celui (français) qui se rĂ©fĂšre Ă  Robert, et celui dont trois des membres sont frĂšres portant ce patronyme (« Schumann Quartett »). Ce dernier, fondĂ© il y a sept ans, s’est imposĂ© depuis parmi les jeunes quatuors, dĂ©jĂ  reconnus par la critique internationale comme l’un des plus prometteurs. Comment ne pas s’enthousiasmer pour ces formations qui, en l’espace de quelques annĂ©es, parviennent Ă  se hisser au niveau des grands ancĂȘtres, voire les surpassent ?
SĂ©duisant par son originalitĂ©, le programme est gĂ©nĂ©reux, Ă©clectique, mais aussi surprenant. La premiĂšre partie introduit et ponctue d’une fugue de Bach transcrite par Mozart chacune des Ɠuvres (Mendelssohn, Glass, Chostakovitch et Webern). La seconde fait suivre le quatuor « Lettres intimes » de Janacek d’une insipide « Lullaby » de Gershwin, qui rompt l’éblouissement de ce chef-d’Ɠuvre. Un mouvement de Haydn en bis nous rĂ©conciliera. Quoi de mieux pour commencer que ces fugues de Bach, dĂ©couvertes dans la bibliothĂšque de Van Swieten par Mozart, qui les transcrivit pour quatuor Ă  cordes ?

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra-Comique, le 30 mars 2019. Adolphe Adam : Le Postillon de Lonjumeau. Michael Spyres / Michel Fau / SĂ©bastien Rouland. Le 13 octobre 1836 fut une grande date dans l’histoire de l’OpĂ©ra-Comique avec la crĂ©ation du Postillon de Lonjumeau (sans g) d’Adolphe Adam ; l’ouvrage fut accueilli triomphalement pour sa musique enjouĂ© et le talent de ses deux interprĂštes principaux. Il connut plus de 500 reprĂ©sentations pendant le XIXe siĂšcle avant de disparaĂźtre de l’affiche en 1894
 pour rĂ©apparaĂźtre enfin ces jours-ci dans l’institution qui l’a vu naĂźtre. Le Postillon d’Adam, alias Chapalou, c’est d’abord un tĂ©nor qui se doit d’affronter, avec une vocalitĂ  typiquement rossinienne, l’une des tessitures les plus pĂ©rilleuses du rĂ©pertoire. Tout est basĂ© sur sa performance : c’est en chantant son air « Mes amis, Ă©coutez l’histoire », au premier acte – dont Donizetti se souviendra peut-ĂȘtre dans sa Fille du rĂ©giment, quatre ans plus tard -, et en poussant un retentissent contre-RĂ© qu’il est engagĂ© dans la troupe de l’opĂ©ra Royal. Devenu cĂ©lĂšbre, Chapelou apparaĂźt au II sous les traits de Saint-Phar, le plus adulĂ© des tĂ©nors, qui joue les Divos en se produisant devant Louis le quinziĂšme.

 

Retour réussi du Postillon de Lonjumeau au Comique

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MONACO printemps des arts 2019 concerts festival critique piano critique compte rendu concerts opera classiquenews bianconi brahmsCompte-rendu, critique, concert. MONTE-CARLO, le 23 mars 2019. Printemps des Arts de Monaco 2019.  BRAHMS: Bianconi / Nesterowicz   Un seul concert au Printemps des Arts de Monte-Carlo suffit Ă  donner un aperçu de la singularitĂ© de ce festival, auquel son directeur artistique Marc Monnet a su imposer sa patte, originale et reconnaissable entre toutes. Comme un bon cuisinier qui cache ses secrets au cƓur de ses recettes tout en dĂ©taillant les ingrĂ©dients sur le menu, il concocte sa programmation avec une science qui lui appartient, dans des mariages hardis, inattendus ; concilie ce qui apparaĂźt au demeurant inconciliable, instille, et mĂȘme bien davantage, la musique contemporaine dans des programmes oĂč les chocs esthĂ©tiques ne sont pas exclus. L’Ɠuvre inclassable du compositeur Mauricio Kagel constitue le fil rouge de cette Ă©dition. Alexandros Markeas (nĂ© en 1965), et Yann Robin (nĂ© en 1974) y sont Ă©galement Ă  l’honneur. Le 23 mars, un copieux concert attendait son auditoire, avec, tenez-vous bien, les deux concertos pour piano de Brahms, entre autres


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Chamayou-Gabetta©MarcoBorggreveCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 11 Mars 2019. C. DEBUSSY. F. POULENC. S. RACHMANINOV . Sol Gabetta / B.Chamayou. Le duo musical Sol Gabetta et Bertrand Chamayou peut effectivement prĂ©tendre Ă  un accord parfait ; les deux jeunes musiciens se connaissent depuis bien longtemps, plus de 15 ans d’amitiĂ©, et des concerts en duo depuis dix bonnes annĂ©es. Leur retour Ă  Toulouse, en terres conquises, dans le cadre des Musicales Franco-Russes est un vrai bonheur. La grĂące diffuse autours de Sol Gabetta et le pianiste plus sage semble gagnĂ© par le feu secret ou extraverti de sa collĂšgue. La Sonate de Debussy pour violoncelle et piano est d’une grande subtilitĂ© et permet des Ă©clairages divers selon les interprĂštes. Ainsi la version de Sol Gabetta et HĂ©lĂšne Grimaud est bien connue (enregistrĂ©e par DG). Ce soir la violoncelliste, en artiste sensible, propose tout autre chose avec la complicitĂ© de Bertrand Chamayou.

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dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, ThĂ©Ăątre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts. SAINT-ETIENNE confirme son Ă©tonnante disposition Ă  dĂ©voiler des trĂ©sors oubliĂ©s de notre patrimoine. Pour ce Dante dont il n’existe q’un enregistrement (assez inĂ©gal en raison de chanteurs peu nuancĂ©s voire inintelligibles et d’un orchestre « routinier »), voici sur la scĂšne stĂ©phanoise, impliquant tous les ateliers de fabrication locaux (dĂ©cors, costumes, machinerie), la version scĂ©nique de l’ouvrage. Une rĂ©crĂ©ation mondiale car l’opĂ©ra de Benjamin Godard n’avait pas Ă©tĂ© produit sur les planches depuis sa crĂ©ation (malheureuse) en 1890. La rĂ©vĂ©lation est majeure car elle souligne un gĂ©nie du drame et de l’onirisme noir, souvent sombre, dont l’orchestre et le chƓur sont constamment sollicitĂ©s, en teintes expressives, raffinĂ©es, particuliĂšrement oniriques. L’écriture de Godard synthĂ©tise le meilleur Ă  son Ă©poque, Massenet et Verdi pour le drame, Gounod, Berlioz pour la distinction, sans omettre des couleurs et des harmonies puissantes qui rappellent Tchaikovski et annonce bientĂŽt la transparence d’un Ravel. C’est dire.

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dvorak antoninCOMPTE-RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat. Grande Ɠuvre chorale de Dvorak, au mĂȘme titre que son Requiem, ce Stabat Mater n’avait pas Ă©tĂ© donnĂ© Ă  Dijon depuis le passage, en 2015, de Philippe Herreweghe et de son Collegium Vocale, dont on conserve un souvenir mitigĂ©, liĂ© au parti pris du chef : le recueillement, une approche toute intĂ©riorisĂ©e, lisse, d’oĂč Ă©taient amoindries, voire bannies, les indications dynamiques explicites de la partition.  Aujourd’hui, malgrĂ© le retour Ă  la premiĂšre version avec piano, le flamboiement nous renvoie davantage Ă  la vision de Rafael Kubelik. Des dix numĂ©ros du Stabat Mater, sept furent Ă©crits pour soli, chƓur mixte et piano, avant que la disparition brutale d’un, puis de deux autres de ses enfants conduise le compositeur Ă  complĂ©ter la partition (numĂ©ros 5 Ă  7) et Ă  l’orchestrer.

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PESSON 3 contes opera de lille critique opera annonce opera concert musique classique news classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. LILLE, OpĂ©ra, le 10 mars 2019. PESSON : Trois contes. Georges-Elie Octors / David Lescot. PrĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Lille en 2017, La Double Coquette de Dauvergne (LIRE le compte-rendu du disque Ă©ditĂ© Ă  cette occasion) avait dĂ©jĂ  permis d’apprĂ©cier tout le goĂ»t de GĂ©rard Pesson (nĂ© en 1958) pour l’adaptation musicale. On le retrouve cette fois accompagnĂ© de l’excellent David Lescot (dont le travail dans La finta giardiniera de Mozart avait fait grand bruit ici-mĂȘme en 2014) en un spectacle au titre trompeur qui incite Ă  penser que les enfants en sont la cible. Il n’en est rien, tant les trois contes dĂ©concertent dans un premier temps par l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des sujets abordĂ©s et le sĂ©rieux manifeste du propos. Pour autant, l’idĂ©e de ce travail est bien de confronter notre regard avec les raccourcis et faux semblants propres Ă  l’imaginaire et au merveilleux, tout autant qu’à notre capacitĂ© Ă  nous illusionner pour Ă©chapper Ă  la rĂ©alitĂ©.

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts. RĂ©vĂ©lĂ© il y trois ans Ă  Munich, lors d’un mĂ©morable concert et enregistrĂ© dans la foulĂ©e avant une reprise Ă  Versailles, le Dante de Benjamin Godard reçoit enfin les honneurs d’une recrĂ©ation scĂ©nique. Mise en scĂšne et direction d’acteurs efficace pour une partition qui regorge de beautĂ©s compensant une intrigue quelque peu statique.

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OMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 1er mars 2019. R. STRAUSS: Ariane Ă  Naxos (nouvelle production). Fau, Belugou, Fabing, Hunhold, Savage, Morel, Sutphen. Orch National du Capitole. E. ROGISTER, direction. Donner l’opĂ©ra le plus Ă©lĂ©gant de Richard Strauss et Hugo von Haufmannstahl, le plus exigeant au niveau thĂ©Ăątral avec des voix hors normes, toutes surexposĂ©es, est une vĂ©ritable gageure que Christophe Ghristi, nouveau directeur de l’auguste maison toulousaine, relĂšve avec brio. Il a trouvĂ© en Michel Fau un homme de thĂ©Ăątre respectueux de la musique, capable de donner vie Ă  Ariane Ă  Naxos en un Ă©quilibre parfait entre thĂ©Ăątre et musique, entre le prologue et l’opĂ©ra lui-mĂȘme.

 

Ariane Ă  Naxos de Strauss/Hofmansthal
Production géniale à Toulouse

 

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FÉVRIER 2019

 

 

 

 

 

 

 

Tugan sokhiev direction dorchestre toulouse france russie festival 2019 compte rendu critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 28 fĂ©v. 2019. BRAHMS. DEBUSSY. TCHAÏKOVSKI. BORODINE. STRAVINSKI. Orch National du Capitole, N.Sorokin , B. Penas, E. Lee,  T. SOKHIEV, direction. C’est la 3Ăšme annĂ©e que Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole proposent à Toulouse une AcadĂ©mie de direction d’orchestre.  Le concert du soir permet aux chefs candidats de diriger devant le public dans des conditions optimales. Puis Tugan Sokhiev dirige la deuxiĂšme partie du concert. La salle de la Halle-aux-Grains est pleine et le succĂšs public est au rendez-vous de cet enseignement Ă©clairant. Les sĂ©ances de l’acadĂ©mie sont publiques et j’ai pu passer la journĂ©e de mercredi Ă  assister Ă  cette aventure extraordinaire.

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cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau SiĂšcle, le 28 fĂ©vrier 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « RĂ©surrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La premiĂšre Symphonie Titan marquait dĂ©jĂ  l’ampleur d’une Ă©criture trĂšs inspirĂ©e. Premier essai, premier coup de gĂ©nie (1). Dans la 2Ăš Symphonie, l’architecture s’élĂšve encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu Ă  peu la montagne, jusqu’à Ă©difier une cathĂ©drale
 spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de dĂ©livrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

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thumbnail_4 P1070949 photo Christian DRESSE 2019COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. MARSEILLE, OdĂ©on, le 24 fĂ©v 2019. BENATZKY : L’Auberge du cheval blanc. Conti / OlivĂ©ros. Guerre des boutons
 disons plutĂŽt des boutonnages de tuniques, le rĂ©volutionnaire, par devant, ou le rĂ©actionnaire, inversion et perversion, par derriĂšre (mĂȘme les souples chimpanzĂ©s auraient du mal Ă  s’auto-boutonner, non ?). Sur les verdoyants alpages tyroliens, vert de rage—couleur pĂąturage— risque de s’alpaguer —il en a des boutons— NapolĂ©on Bistagne, cherchant la castagne au sommet contre un contrefacteur, avisĂ© qu’il est par une walkyrienne contre(ut)factrice lui apportant par courrier recommandĂ© la sommation Ă  comparaĂźtre en procĂšs contre CĂ©sar Cubisol. Bref, Bistagne tonne, on se dĂ©boutonne, c’est la guerre des boutonnages inverses rivaux, ouverte, dĂ©clarĂ©e, entre le gĂ©nial crĂ©ateur de la combinaison « NapolĂ©on » (devant) et celui de la « CĂ©sar » (derriĂšre) auquel CĂ©sar NapolĂ©on Bistagne ne rendra pas ce qui ne lui appartient pas. Mais que va faire sur cette galĂšre alpestre le Marseillais de la rue Saint-FerrĂ©ol, rĂȘvant de Bandol et sa plage pour attaquer le plagiaire Cubisol qui jouera l’ArlĂ©sienne du Tyrol puisqu’il ne paraĂźtra jamais ?

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 22 fĂ©v 2019. BERLIOZ : Damnation de Faust (version de concert). Laho, Koch, Relyea, VĂ©ronĂšse. ChƓur et Orchestre National du Capitole. T SOHIEV. C’est la troisiĂšme fois que Tugan Sokhiev dirige cette Ɠuvre Ă  la Halle-aux-Grains depuis 2010. Il aime la musique de Berlioz et cette Damnation tout particuliĂšrement. Dans le cadre de cette premiĂšre saison des Musicales Franco-Russes et pour en assurer l’ouverture « en grand », il nous Ă©tait promis beaucoup
Et nous devons admettre que le pari fut tenu. Tugan Sokhiev a progressĂ© encore dans sa comprĂ©hension de Berlioz. Il assume la richesse des parties orchestrĂ©es touffues, comme la dĂ©licatesse des moments magiques (les Sylphes).

 

 ‹Une Damnation grandiose

 

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vincenzo-bellini-1Compte-rendu critique, opĂ©ra. GenĂšve. Grand ThĂ©Ăątre, le 22 fĂ©vrier 2019. Vincenzo Bellini : Il Pirata. Roberta Mantegna, Michael Spyres, Franco Vassallo. Daniele Callegari, direction musicale. En parallĂšle de la reprise du Ring wagnĂ©rien imaginĂ© par Dieter Dorn, la citĂ© de Calvin retrouve son Grand ThĂ©Ăątre avec une version de concert du Pirata de Bellini, une Ɠuvre qui semble avoir le vent en poupe sur les scĂšnes europĂ©ennes ces derniĂšres annĂ©es.  C’est avec un plaisir non dissimulĂ© qu’on pĂ©nĂštre dans les murs rutilants du bĂątiment sis Place de Neuve, tout en gardant nĂ©anmoins une pensĂ©e Ă©mue pour l’OpĂ©ra des Nations et son intimitĂ© aussi boisĂ©e que chaleureuse. L’un des Ă©vĂšnements de ce concert rĂ©sidait dans le couple formĂ© par Marina Rebeka et Michael Spyres, abordant tous deux pour la premiĂšre fois cet opus bellinien. Par notre envoyĂ© spĂ©cial, Narcisso Fiordaliso.

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Hagen Quartet HaraldHoffmann4Compte rendu concert. Toulouse. Auditorium Saint-Pierre des Cuisines, le 20 FĂ©vrier 2019.  Chostakovitch, Dvorak, Schubert.  Quatuor Hagen. A demeurer l’un des meilleurs du monde depuis plus de 30 ans, le Quatuor Hagen mĂ©rite toute notre admiration. La venue Ă  Toulouse du cĂ©lĂšbre quatuor salzbourgeois Ă  l’invitation des Arts renaissants, a fait salle comble. L’admirable acoustique de l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines a permis au public concentrĂ© de dĂ©guster les plus belles sonoritĂ©s possibles. L’équilibre entre les quatre instrumentistes est inhabituel, toujours mouvant mais sans Ă©tablir de hiĂ©rarchie. La personnalitĂ© gĂ©nĂ©reuse de Veronika Hagen à l’alto en particulier et sa riche sonoritĂ©, la mettant souvent  en exergue. La rondeur du son obtenue par ce quatuor, le confort, la soliditĂ© et la plĂ©nitude du jeux sont inouĂŻes. Les nuances sont incroyablement variĂ©es et toujours abordĂ©es avec une grande justesse de phrasĂ©. La construction des oeuvres devient limpide et le discours trĂšs organisĂ© emporte loin 
dans le pays de la beautĂ©. L’écoute de ces quatre musiciens procure un sentiment de bien ĂȘtre et de facilitĂ©. C’est lĂ , s’il faut avouer certaines attentes idĂ©alisĂ©es, que cette constante beautĂ© peut dĂ©ranger. Ainsi dans le quatuor de Chostakovitch plus de mordant, de sonoritĂ©s froides et de moments de dĂ©rision fĂ©roce, auraient pu ĂȘtre osĂ©s par des musiciens si douĂ©

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. MONTPELLIER, OpĂ©ra, le 20 fĂ©vrier 2019. DONIZETTI : Don Pasquale. Taddia, Muzychenko, Greenhalgh
 Spotti / Valentin Schwarz. L’opĂ©ra bouffe parisien de Donizetti, Don Pasquale, tient l’affiche de l’OpĂ©ra de Montpellier dans la production du laurĂ©at du Ring Award 2017, le jeune autrichien Valentin Schwarz et son Ă©quipe artistique. Jeunesse Ă  la baguette Ă©galement avec le chef italien Michele Spotti qui dirige l’orchestre maison avec une fougue impressionnante laquelle s’exprime aussi dans les performances de la distributions des chanteurs-acteurs. Une crĂ©ation riche en surprises !

ComĂ©die romantique, mais pas que…

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. MARSEILLE, OpĂ©ra, le 19 fĂ©vrier 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT. À reprise d’une production, reprise d’une introduction sur une Ɠuvre qui ne bouge pas, mĂȘme remuĂ©e des remous qui accueillirent Ă  Avignon cette mise en scĂšne de Nadine Duffaut, certes, dĂ©rangeante, hĂ©sitant entre symbolisme et rĂ©alisme, mais jamais indiffĂ©rente. À Marseille, au rĂŽle de Wagner prĂšs, c’est la distribution qui est renouvelĂ©e.

Diables d’hommes

 

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. OLDENBURG, le 16 fev 2019. RAMEAU : Les Paladins. de Carpentries / Kossenko. Parler de pĂšlerinage est plutĂŽt une notion d’ordre liturgique. Faire le pĂšlerinage aussi est un acte de foi, une action qui bouleverse Ă  tout jamais les individus qui l’entament. Au cƓur de la dĂ©marche, il y a un sens mystique, tout pĂšlerin est un tĂ©moin. En 1760, Rameau a 77 ans, pour l’époque c’était un vieillard, mais les gĂ©nies n’ont pas d’ñge. Dans la partition des Paladins, truffĂ©e d’hĂ©donisme et de passages d’une grande virtuositĂ©, Rameau dĂ©ploie la plus belle de ses palettes. L’intrigue, inspirĂ©e du conte erotique de Lafontaine « Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries », mĂȘme si elle est expurgĂ©e de certains passages licencieux, reste un livret empreint de sensualitĂ©. Les personnages paraissent des caricatures d’eux mĂȘmes. Le barbon, la jeune fille emprisonnĂ©e et le jeune cavalier incognito rappellent furieusement les Bartolo, Rosine et Almaviva du Barbier de Beaumarchais.

 

« Pilgrim’s progress »

 

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dalberto michel pianoportrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano. Les Concerts Parisiens accueillaient, ce vendredi 15 fĂ©vrier, un pianiste Ă  la renommĂ©e solide comme le grĂšs, un artiste sans concession ni complaisance, un musicien comme il y en a peu, dont l’étoffe semble issue des forges qui ont donnĂ© les grands du passĂ©. Un maĂźtre en somme. D’autant que ses disciples Ă©taient lĂ  aussi, dans le public. A 64 ans, Michel Dalberto fait plus que jamais autoritĂ© dans le paysage musical d’aujourd’hui.

 

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goecke-dogs-sleep-danse-ballet-opera-de-paris-garnier-crtiique-ballet-classiquenewsCOMPTE-RENDU, danse. PARIS, OpĂ©ra Garnier, le 11 fĂ©vrier 2019. Cherkaoui / Goecke / Lidberg – Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. RentrĂ©e 2019 pleine de promesses et d’écritures diverses pour le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris : ce programme en 3 signatures chorĂ©graphiques est une sorte de talisman contemporain qui concentre le gĂ©nie masculin de la danse actuelle, tel qu’il s’incarne Ă  travers le belge Sidi Larbi Cherkaoui  (reprise de Faun, crĂ©Ă© en 2009 au Sadler’s Wells de Londres) ; l’allemand Marco Goecke (crĂ©ation de Dogs Sleep) ; enfin le suĂ©dois Pontus Lidberg qui « ose » mettre en danse Les Noces de Stravinsky. Le format du spectacle est pourtant resserrĂ© : 1h10 de spectacle au total pour les 3 Ă©critures.

 

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blacher boris romeo et juliette critique opera annonce opera classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra, ThĂ©Ăątre de la Croix-Rousse, le 8 fĂ©vrier 2019. Boris Blacher : RomĂ©o et Juliette. Emmanuel Calef / Jean Lacornerie. Depuis la crĂ©ation scĂ©nique Ă  Salzbourg, sous la baguette de Krips, en 1950, ce RomĂ©o et Julietteest quelque peu tombĂ© dans un oubli injustifiĂ© : un enregistrement, puis la crĂ©ation française, ici mĂȘme, reprise ce soir avec une nouvelle distribution. Pourquoi les scĂšnes lyriques ignorent-elles cette rĂ©alisation, d’autant que l’effectif requis – huit chanteurs, neuf musiciens – autorise aisĂ©ment sa production ? Tour de force, proprement gĂ©nial, que celui de Boris Blacher en 1943 : aprĂšs avoir rĂ©duit, condensĂ©, le texte de Shakespeare en un livret d’une fidĂ©litĂ© exemplaire, le compositeur rejoint la dĂ©marche des crĂ©ateurs de l’opĂ©ra au tournant du XVIIe siĂšcle : unir toutes les composantes artistiques, y compris la danse, pour traduire la richesse intarissable du thĂ©Ăątre Ă©lisabĂ©thain, avec le langage du XXe siĂšcle. Les librettistes ne retiennent le plus souvent que l’intrigue amoureuse, en oubliant la dimension proprement politique dans laquelle elle s’insĂšre. Ici, Boris Blacher restitue le prologue, qui donne tout son sens et sa force Ă  la conclusion : pourquoi tant de haine ? « Deux amants prennent vie sous la mauvaise Ă©toile, leur malheureux Ă©croulement, trĂšs pitoyable, enterre en leur tombeau la haine de leurs parents ». Dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale, rappelĂ© opportunĂ©ment par le dernier tableau (photo des ruines de Berlin, prise du Reichstag) cette dimension prend toute sa force.

 

L’Ɠil Ă©tait dans la tombe


 

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carillac-vlaanderen-opera-flandres-jossten-critique-opera-classiquenews-annonce-opera-actualites-opera-musique-classiqueCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. ANVERS, OpĂ©ra flamand, le 8 fĂ©vrier 2019. Hindemith : Cardillac. Dmitri Jurowski / Guy Joostens. AttachĂ© Ă  l’OpĂ©ra des Flandres depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, le metteur en scĂšne Guy Joosten vient d’annoncer que la prĂ©sente production de Cardillac serait sa derniĂšre proposĂ©e dans la grande institution belge. Gageons cependant qu’il sera encore possible de revoir certaines de ses productions emblĂ©matiques (notamment ses trĂšs rĂ©ussies Noces de Figaro en 2015) à l’occasion de reprises bienvenues. En attendant, le metteur en scĂšne flamand s’attaque Ă  Cardillac (1926), tout premier opĂ©ra d’envergure de Hindemith aprĂšs ses premiers essais en un acte, notamment Sancta Susanna en 1922 (entendu notamment Ă  Lyon en 2012).

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titus-clemence-tourcoing-duffau-tilquin-boucher-mozart-critique-opera-trio-classiquenews-compte-rendu-critiqueCOMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. TOURCOING, le 7 fĂ©v 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, 
Olivier, Schiaretti. Tourcoing, fabrique lyrique unique. Presque un aprĂšs la disparition de son fondateur Jean-Claude Malgoire (le 14 avril 2018), L’Atelier Lyrique poursuit trĂšs haut cette exigence salvatrice et magicienne qui rĂ©alise l’équation tĂ©nue du chant, de la musique, et du thĂ©Ăątre. DĂ©tenteur d’un secret fĂ©dĂ©rateur, Jean-Claude Malgoire comme nul autre, savait choisir les Ɠuvres, les interprĂštes, surtout ses complices Ă  la mise en scĂšne : une intelligence globalisante unique qui a permis et permet encore aujourd’hui, de proposer des lectures toujours justes et fines des oeuvres du rĂ©pertoire ou moins connues. Une vision et une façon de travailler qui font dĂ©sormais la rĂ©putation de la ville de Tourcoing.

A Tourcoing, poursuite d’une excellence lyrique

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. AVIGNON, OpĂ©ra. Le 3 fev 2019. GALUPPI : Il Mondo alla Roversa. F Lasserre. Dans les programmations sagement ou mornement rĂ©pĂ©titives des thĂ©Ăątres lyriques, ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de dĂ©couvrir un opĂ©ra, par ailleurs signĂ©, texte et musique, de deux cĂ©lĂšbres plumes ! Les deux G : non le fameux cafĂ© XVIIIesiĂšcle d’Aix, cher Ă  son Festival en ses dĂ©buts, mais Goldoni, de Venise, et Galuppi de l’üle voisine. Non la bruyante et grouillante Murano des verriers mais, au-delĂ , la minuscule Burano, adorable Ăźlot de calme aux maisons, cubes multicolores, dont mĂȘme le linge Ă©tendu au soleil semble autant de drapeaux Ă©clatants claquant pour une fĂȘte silencieuse. Comme un caillou bariolĂ© tombĂ© sur l’eau de la lagune dont les ondes, ondulations, vagues, vaguelettes, rides, en s’éloignant Ă  l’infini de la brume, auraient atteint l’autre rivage d’une Ăźle, la rive du rĂȘve : celle des Antipodes, lieu diamĂ©tralement opposĂ© Ă  un autre, ici, au diamĂštre social de la ligne de dĂ©marcation dĂ©crĂ©tĂ©e par les hommes, puisque les femmes y rĂšgnent : une Ăźle donc aux « antipodes du bon sens », expression retenue par un dictionnaire ancien de ce temps. Puisqu’il est aussi supposĂ© que seuls les hommes sont dĂ©tenteurs du sens, du bon : de la Raison. Qui est forcĂ©ment celle du plus fort : force musculaire masculine contre le sexe dit faible.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 2 fĂ©vrier 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch. C’est dans un projet passionnant – qui est toujours aussi un dĂ©fi un peu fou
 – qu’Alexandre Bloch vient de jeter ses forces (et bien Ă©videmment celles de l’Orchestre National de Lille que le chef français dirige depuis septembre 2016) : offrir au public lillois une intĂ©grale des Symphonies de Mahler – d’ici Ă  janvier 2020 – dans leur ordre chronologique. C’est ainsi l’occasion « de suivre le parcours crĂ©atif d’un gĂ©nie musical unique, qui rĂ©volutionna l’écriture symphonique par sa dĂ©mesure visionnaire », comme l’indique si bien le programme de salle. Autre particularitĂ© de ce coup d’envoi, avec la PremiĂšre Symphonie (dite « Titan »), on assiste ce soir Ă  un concert « connecté ». En effet, aprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie (en janvier 2018) autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch renouvelle sa proposition de concert connectĂ©.  LIRE NOTRE CRITIQUE COMPLETE 

 

 

GUSTAV en smartphony
 le génie Mahlérien connecté, expliqué, magnifié

 

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLE

 

 

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Compte rendu, opĂ©ra. Sacrati : La finta pazza. Dijon, OpĂ©ra, Grand-ThĂ©Ăątre, 5 fĂ©vrier 2019. Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn / Jean Yves Ruf. C’était une sorte d’ArlĂ©sienne de l’opĂ©ra : toujours citĂ©e, jamais vue. 375 ans aprĂšs sa crĂ©ation française, Ă  l’instigation de Mazarin pour le jeune Louis XIV, Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn nous offre la production de « La Finta Pazza », redĂ©couverte qu’il signe avec Jean Yves Ruf, aprĂšs leur mĂ©morable Elena, de Cavalli.  Aux sources de l’opĂ©ra vĂ©nitien comme français, cette production est crĂ©Ă©e Ă  Dijon, au Grand-ThĂ©Ăątre, Ă  l’italienne, le plus opportun pour ce rĂ©pertoire…

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. METZ, OpĂ©ra, le 1er fĂ©v 2019. PUCCINI: Tosca. PĂ©rez-Sierra / Fourny. Il en va de Tosca comme de la Traviata ou de Carmen : Ă©ternellement jeunes, ce sont des amies de longue date dont on croit connaĂźtre tous les secrets, et que l’on retrouve toujours avec bonheur comme avec apprĂ©hension. La surabondance de propositions est loin d’en avoir Ă©puisĂ© la richesse. Une nouvelle preuve nous en est donnĂ©e avec la production que signe Paul Emile Fourny pour l’ OpĂ©ra de Metz.  Plus que beaucoup d’ouvrages vĂ©ristes, l’efficace drame de Sardou se prĂȘte Ă  la caricature expressionniste, au Grand-Guignol. Ici, le refus de transposition ou d’actualisation de l’intrigue se conjugue Ă  la volontĂ© de dĂ©passer l’anecdote pour concentrer toute l’attention sur les principaux acteurs, broyĂ©s tour Ă  tour par le drame.

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JANVIER 2019

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 30 janvier 2019. BERLIOZ : Les Troyens : Tcherniakov / Jordan. Troyens dĂ©senchantĂ©s
 et rĂ©Ă©crits. FidĂšle Ă  sa grille de lecture Ă  l’opĂ©ra, le russe agent du scandale, Dmitri Tcherniakov rĂ©Ă©crit Ă  prĂ©sent tous les opĂ©ras qu’il met en scĂšne ; c’est Ă©videmment le cas des Troyens, osant par exemple faire d’EnĂ©e, un traĂźtre Ă  sa patrie ; de Priam, un pĂšre incestueux et un dictateur ordinaire ; de Cassandre surtout, figure magistrale voire sublime dans la premiĂšre partie (La prise de Troie), une fumeuse traumatisĂ©e, qui a la haine de son pĂšre (violeur), soit une Ăąme dĂ©senchantĂ©e, dĂ©structurĂ©e, au cynisme glacial et distancĂ©. Les spectateurs et connaisseurs de Berlioz apprĂ©cieront. Si le metteur en scĂšne a libertĂ© de mettre en scĂšne toute partition, est-il juste de rĂ©Ă©crire le profil des personnages et couper dans les sĂ©quences de l’action au risque de trahir l’unitĂ© et la cohĂ©rence originelle voulues par le compositeur ? Ainsi ne faut il pas plutĂŽt Ă©crire pour prĂ©senter la production :

LES TROYENS DE TCHERNIAKOV 

d’aprùs

 BERLIOZ


 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 27 janv 2019. DONIZETTI : Lucrezia Borgia. Massis, Pancrazi
 Caiani / Sagripanti : Le bel canto romantique remis au goĂ»t du public par seulement quelques grandes voix (Callas, Sutherland, CaballĂ©) est assez rarement prĂ©sentĂ© au public en dehors de quelques titres dont Ă©merge Lucia de Lamermoor. Ainsi la trĂšs rare Lucrezia Borgia fait l’évĂ©nement Ă  Toulouse. La soprano française Annick Massis au sommet d’une carriĂšre bientĂŽt trentenaire fait une prise de rĂŽle risquĂ©e. Elle ne dĂ©mĂ©ritera pas vocalement. Prudente dans le prologue, elle Ă©volue lentement vers plus d’engagement et sait garder une marge de progression pour un final trĂšs abouti. Les exigences vocales sont sauves et la voix d’Annick Massis garde homogĂ©nĂ©itĂ© et brillant. La souplesse des phrasĂ©s fait merveille et les nuances  vocales sont dĂ©licates. Mais les emportements sont trĂšs maitrisĂ©s, peut ĂȘtre trop.

DONIZETTI BORGIA critique opera classiquenews LucrĂšce Borgia - Annick Massis (LucrĂšce Borgia) et Mert SĂŒngĂŒ (Gennaro) - crĂ©dit Patrice Nin

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. LIMOGES, OpĂ©ra, le 27 janv 2019. KORNGOLD : Die tote Stadt (La Ville morte). Baleff / Anglade. Enfant  prodige, nĂ© Ă  Bratislava en 1897, Erich Wolfgang Korngolddevait disparaĂźtre en 1957 Ă  Hollywood, Ă  peine ĂągĂ© de soixante ans. Fuyant les persĂ©cutions nazies, il s’était installĂ© dans la capitale du cinĂ©ma en 1934, y gagnant une solide rĂ©putation de compositeur de musiques de films – Captain Blood avec Errol Flynn reste l’une de ses compositions les plus cĂ©lĂšbres -, dĂ©crochant mĂȘme un oscar. Cette deuxiĂšme partie de carriĂšre ne saurait pourtant faire oublier la premiĂšre, de musicien « sĂ©rieux », couronnĂ©e par la crĂ©ation, le 4 dĂ©cembre 1920, le mĂȘme soir Ă  Hambourg et Ă  Cologne, de Die tote Stadt (La Ville morte), son plus grand succĂšs dans l’univers lyrique.

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jp_collot_piano concert critique annone classiquenewsCompte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 26 janvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano. Ce concert s’inscrit au centre d’un triptyque oĂč la musique de notre temps est confrontĂ©e Ă  la musique ancienne. Le pianiste Jean-Pierre Collotn’emprunte jamais les voies de la facilitĂ©. C’est particuliĂšrement le cas ce soir, oĂč, sous l’intitulĂ© « VirtuositĂ©s italiennes », il a choisi de faire alterner l’Italie des « AnnĂ©es de pĂšlerinage » de Liszt avec les trois premiĂšres sonates qu’avait Ă©crites Salvatore Sciarrino pour son instrument. Familier du procĂ©dĂ©, habitĂ© par la musique du compositeur italien, il avait dĂ©jĂ  mis en regard ces sonates avec la musique de Debussy dans un album enregistrĂ© en 2016. Le choix de ce soir apparaĂźt encore plus lĂ©gitime. Le voyage auquel nous sommes conviĂ©s est moins celui de l’Italie que l’immersion dans l’univers de Dante (Ă  une piĂšce prĂšs, la Canzonetta de Salvator Rosa), le rĂ©cital s’achevant de façon explicite « aprĂšs une lecture de Dante ». Toutes les piĂšces sont enchaĂźnĂ©es. L’élision des ruptures que constituent les applaudissements renforce les liens quasi gĂ©nĂ©tiques qui unissent ces piĂšces : il n’y a pas davantage de distance qu’entre une rhapsodie hongroise et une des ultimes compositions de Liszt.

 

 

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troyens berlioz opera bastille janvier 2019 critique opera classiquenews actus infos musique classique operaCompte rendu, opĂ©ra. PARIS. OpĂ©ra Bastille, le 25 janvier 2019. Hector Berlioz : Les Troyens. StĂ©phanie D’Oustrac, Ekaterina Semenchuk, Brandon Jovanovich, StĂ©phane Degout, Christian Van Horn
 Choeurs et Orchestre de l’OpĂ©ra. Philippe Jordan, direction. Dmitri Tcherniakov, mise en scĂšne. Retour des Troyens d’Hector Berlioz Ă  l’OpĂ©ra Bastille pour fĂȘter ses 30 ans ! La nouvelle production signĂ©e du russe Dimitri Tcherniakov s’inscrit aussi dans les cĂ©lĂ©brations des 350 ans de l’OpĂ©ra National de Paris. Une Ɠuvre monumentale rarement jouĂ©e en France avec une distribution fantastique dirigĂ©e par le chef de la maison, Philippe Jordan. La premiĂšre est en hommage Ă  son dĂ©funt PrĂ©sident d’Honneur, et principal financeur du bĂątiment moderne, le regrettĂ© Pierre BergĂ©. Le metteur en scĂšne quant Ă  lui dĂ©die la production Ă  GĂ©rard Mortier. Une soirĂ©e forte en Ă©motion.

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LES TROYENS -  LA PRISE DE TROIE -COMPTE RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov. DĂ©naturĂ©s ou rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ? Telle est la question face Ă  ce spectacle qui dĂ©montre moins l’opĂ©ra de Berlioz que la vision d’un homme de thĂ©Ăątre. Mal scĂšne ou rĂ©Ă©criture positive ? L’AntiquitĂ© se fait intrigue domestique et thĂ©rapie collective dont les enjeux dĂ©voilent en rĂ©alitĂ© les traumas dont chacun souffre malgrĂ© lui. La grille de lecture rĂ©Ă©crit l’opĂ©ra. Pas sur que Berlioz sorte gagnant de cette affaire
 Mais anecdotique et laide, la mise en scĂšne collectionne les idĂ©es gadgets et dĂ©jĂ  vues : Cassandre est interviewĂ©e par une Ă©quipe de tĂ©lĂ©vision …

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. LIEGE, OpĂ©ra, le 25 janvier 2019. Gounod : Faust. Patrick Davin / Stefano Poda. CrĂ©Ă©e en 2015 Ă  Turin, la production de Faust imaginĂ©e par Stefano Poda a dĂ©jĂ  fait halte Ă  Lausanne (2016) et Tel Aviv (2017), avant la reprise liĂ©geoise de ce dĂ©but d’annĂ©e. Un spectacle Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer, tant l’imagination visuelle de Poda fait mouche Ă  chaque tableau au moyen d’un immense anneau pivotant sur lui-mĂȘme et revisitĂ© pendant tout le spectacle Ă  force d’éclairages spectaculaires et variĂ©s. Ce symbole fort du pacte entre Faust et MĂ©phisto fascine tout du long, tout comme le mouvement lancinant du plateau tournant habilement utilisĂ©…

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Compte-rendu, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra, le 24 janvier 2019. Scarlatti : Il primo omicidio. RenĂ© Jacobs / Romeo Castellucci. Coup de coeur de Classiquenews en ce dĂ©but d’annĂ©e, la recrĂ©ation française d’Il primo omicidio (1707), l’un des plus fameux oratorios d’Alessandro Scarlatti (1660-1725),  est un Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer. Alessandro Scarlatti reste aujourd’hui davantage connu comme le pĂšre de son fils Domenico, cĂ©lĂšbre apĂŽtre du clavier dont on a entendu l’étĂ© dernier l’intĂ©grale des sonates en concert dans toute l’Occitanie. Pour autant, Alessandro Scarlatti fut l’un des compositeurs les plus reconnus de son temps, en tant qu’hĂ©ritier du grand Monteverdi et annonciateur de la gĂ©nĂ©ration suivante, dont celle de Haendel.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu critique. OpĂ©ra. LYON, JANACEK, De la maison des morts, 21 janvier 2019. Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Alejo PĂ©rez. DerniĂšre Ă©tape lyonnaise d’une production qui avait triomphĂ© Ă  Londres et Ă  Bruxelles en mars et novembre dernier, l’ultime opĂ©ra de Janacek oppose une orchestration rutilante et lyrique Ă  une dĂ©clamation plus austĂšre qui en fait un opĂ©ra singulier, difficilement classable, comme l’est la Donna serpente de Casella, quasiment contemporain. Warlikowski saisit l’Ɠuvre Ă  bras le corps, avec une intelligence et un engagement dramatique qui forcent le respect. Sa lecture vient s’ajouter, sans la faire oublier, Ă  la mythique production de ChĂ©reau.

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COMPTE RENDU, critique, opĂ©ra. MARSEILLE, OdĂ©on, le 20 janvier 2019. LEHAR : La veuve joyeuse. Membrey / Lepelletier. Oui, vive la Veuve ! On ne criera pas pour autant « Mort aux maris ! » par prudence, presque chacun l’étant, l’ayant Ă©tĂ© ou le sera. Encore que la disons Pension de rĂ©versionque le vieux Palmieri de Marsovie laisse en mourant Ă©lĂ©gamment trĂšs vite Ă  sa jeunesse d’épouse Missia, plus que le budget restaurĂ© de la petite principautĂ© d’Europe centrale ruinĂ©e, une constellation de millions, ferait le bonheur d’une myriade internationale de prĂ©tendants, soupirants aspirant Ă  sa main pour restaurer leur fortune, ou la faire, pour la dilapider en restaurants chics parisiens avec champagne Ă  gogo et gogo girls en campagne, dans cette capitale du monde et de la fĂȘte qu’est ce Paris de la fin du XIXesiĂšcle oĂč tout le monde se retrouve, mondains comme fripouilles, entre le Maxim’s cher dĂ©jĂ  Ă  tel PrĂ©sident d’hier, cher Ă  faire rire jaune mĂȘme un gilet d’aujourd’hui, et lieux de plaisirs racaille et canaille des hauteurs de la Butte Ă  putes de Pigalle et Montmartre.

 

VIVE LA VEUVE !

 

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Compte-rendu, opĂ©ra.  LILLE, OpĂ©ra, le 16 janvier 2019. Pygmalion de Rameau couplĂ© avec Amour et PsychĂ© de Mondonville. Emmanuelle HaĂŻm / Robyn Orlin. Spectacle coproduit entre l’OpĂ©ra de Lille, le ThĂ©Ăątre de Caen, l’OpĂ©ra de Dijon et les ThĂ©Ăątres de la ville de Luxembourg, c’est une bonne idĂ©e qu’ont eu les quatre institutions lyriques de coupler Pygmalion de Rameau (1748) et L’Amour et PsychĂ© (1758) de Mondonville, qui traite tous deux de l’éternel thĂšme de l’amour.

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Compte-rendu, OpĂ©ra. GENEVE, le 13 janv 2019. Le Voyage fantastique de Sun Wukong / OpĂ©ra de PĂ©kin. AprĂšs deux ans de bons et loyaux services (durant la durĂ©e des travaux du Grand-ThĂ©Ăątrequi rĂ©ouvrira le mois prochain avec le Ring de Wagner), la structure en bois de l’OpĂ©ra des Nations de GenĂšve est sur le point de partir pour la chine, afin de continuer sa vie, aprĂšs avoir Ă©galement servi Ă  la ComĂ©die-Française pendant le temps de rĂ©novation qu’elle avait Ă©galement subie. Bon enfant et spirituel, Tobias Richter a eu l’idĂ©e d’inviter la cĂ©lĂšbre compagnie de l’OpĂ©ra de PĂ©kin pour des adieux en forme de clin d’Ɠil, et la troupe est venue avec un des titres parmi les plus connus dans l’Empire du Milieu : Le Voyage fantastique de Sun Wukong…

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laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenews Compte rendu concert. TOULOUSE. La Halle-aux-Grains, le 12 janvier 2019. Mozart. Mahler  Adam Laloum. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Wong. Nous avons eu le bonheur de suivre l’activitĂ© intense du jeune pianiste toulousain cet Ă©tĂ© au Festival de Salon-de-Provence, La Roque d’AnthĂ©ron et Les Pages Musicales de Lagrasse. Le retour Ă  Toulouse d’Adam Laloum avec l’orchestre du Capitole devait ĂȘtre une fĂȘte et la salle de la Halle-aux-Grains comble, dans une ambiance fĂ©brile, a eu une Ă©coute des plus attentives, malgrĂ© les fĂącheux tousseurs impudents. Adam Laloum comprend le gĂ©nie mozartien de maniĂšre instinctive. Il semble ĂȘtre chez lui dans sa musique. Finesse des traits, justesse du toucher Ă  l’exact poids, beautĂ© des nuances, inventivitĂ© dans les phrasĂ©s, douceur dans l’andante  et esprit espiĂšgle dans le final. C’est un rĂ©gal de chaque instant avec une Ă©coute attentive des instruments solistes dans les moments chambristes.

 

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grimal david dissonances opera de dijon concert critique par classiquenewsCompte rendu, concert. DIJON, OpĂ©ra, Auditorium, le 12 janvier 2019. Prokofiev, Korngold, Stravinsky. Les Dissonances / David Grimal. Avant la Philharmonie de Paris, puis Le Havre (Le Volcan), l’OpĂ©ra de Dijon offre Ă  son public ce nouveau programme des Dissonances, avec David Grimal comme dĂ©miurge et soliste du concerto de Korngold. Celui-ci est prĂ©cĂ©dĂ© par la suite op 33 bis de l’Amour des trois oranges, de Prokofiev (1925) et sera suivi de la troisiĂšme suite de l’Oiseau de feu, de Stravinsky. Quand les Dissonances se concentraient sur des Ɠuvres de Mozart, on Ă©tait admiratif, Ă  juste titre. Le fait de confier la direction au violon solo, ou d’en faire l’économie, s’inscrivait dans une sorte de retour aux sources. Lorsque les musiciens de David Grimal se sont appropriĂ© le rĂ©pertoire romantique, de Beethoven Ă  Brahms, …

 

 

 

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Compte rendu, rĂ©cital, DIJON, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano
 Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprĂšte. Sophie Pacinigermano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. AprĂšs la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition. Imposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singuliĂšre que par son approche personnelle d’Ɠuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu, opus 66 de Chopin, qui ouvre le rĂ©cital. Virile en diable, mĂȘme si sa lecture conserve un aspect conventionnel,  c’est du Prokofiev dans ce qu’il y a de plus puissant, voire fĂ©roce, avec des rythmiques exacerbĂ©es, accentuĂ©es comme jamais, sans que Donizetti soit lĂ  pour le cantabile. Les affirmations impĂ©rieuses l’emportent sur les confidences, la tendresse, la mĂ©lancolie, estompĂ©es, d’autant que les tempi sont toujours trĂšs soutenus…

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. PARIS, cercle France-AmĂ©riques, le 14 janvier 2019. VĂ©ronique BONNECAZE, piano. LISZT, DEBUSSY. Il fallait bien attendre la fin de l’annĂ©e Debussy (et donc au delĂ ) pour disposer enfin d’une main sĂ»re, d’une pensĂ©e entiĂšre capable d’en comprendre et la construction rĂ©volutionnaire et l’infini poĂ©tique : si l’annĂ©e Debussy 2018 est bel et bien derriĂšre nous, janvier 2019 nous renvoie Ă  cette (triste car timide) annĂ©e de cĂ©lĂ©bration du centenaire, mais ici revivifiĂ©e avec Ă©clat et pertinence grĂące Ă  l’approche de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze. L’expĂ©rience du concert confirme la rĂ©ussite de son disque dĂ©diĂ© au grand Claude, que fait paraĂźtre le label Paraty, ce 25 janvier 2019. Le cercle France-AmĂ©riques accueille son premier concert de lancement.

 

Pictural, poétique : le Debussy de Véronique Bonnecaze

 

Le Debussy enivré, poétique de Véronique BONNECAZE

 

 

 

 

 

 

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Eleonora de la Peña  critique concert opera festival classiquenews EleoCOMPTE-RENDU, concert. MARSEILLE, le 12 janv 2019. Concert du nouvel an, LyricopĂ©ra. De la Peña, Mendoze
LyricOpĂ©ra fĂȘtait ses dix ans, ses quarante concerts, sans subventions, sans autre soutien que les dons et le dĂ©vouement sans faille de sa fondatrice Marthe Sebag. Avec son propre piano qui reste Ă  demeure, elle a fait du Temple Grignan un vĂ©ritable temple intime du lyrique et s’est gagnĂ©e le concours d’artistes dont beaucoup, jeunes, trouvent ou ont trouvĂ© en ce lieu, un premier public attentif et exigeant, avant de se lancer Ă  l’assaut de plus vastes scĂšnes et auditoires. Beaucoup de ces chanteurs honorent dĂ©sormais des lieux prestigieux nationaux et internationaux, mais fidĂšles et reconnaissants Ă  l’accueil de cet Ă©crin marseillais chaleureux, ils y reviennent pour notre bonheur. Ainsi, ce premier concert 2019 recevait, avec un vĂ©tĂ©ran, Christian Mendoze, ancien danseur Ă©toile, flĂ»tiste virtuose, fondateur, il y a plus de trente ans, du premier ensemble baroque de la rĂ©gion Musiqua Antiqua Provence qu’il a promenĂ© avec succĂšs dans toute l’Europe, jalonnant son itinĂ©raire de festival en festival, de disques couronnĂ©s de prix prestigieux, Grand Prix de l’AcadĂ©mie du Disque, Prix Radio Suisse International, ou distinguĂ©s par la critique, Recommandation Classica, Meilleur disque de l’annĂ©e, etc.

 

 

 

 

 

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mozart-zaubertflote-fribourg-opera-critique-concert-opera-la-flute-enchantee-fribourg-critique-opera-par-classiquenewsCompte-rendu, OpĂ©ra. Fribourg, ThĂ©Ăątre de l’Equilibre, le 6 janvier 2018. W. A. Mozart : Die Zauberflöte. Joan Mompart / Laurent Gendre. NĂ© de la rĂ©cente fusion de l’OpĂ©ra de Fribourg et de la compagnie lyrique OpĂ©ra Louise, le Nouvel OpĂ©ra Fribourg (NOF) s’est donnĂ© comme mission d’ « enjamber les barriĂšres isolant le lyrique de la crĂ©ation scĂ©nique contemporaine ». C’est ainsi que Julien Chavaz – directeur de l’institution romande – a eu l’idĂ©e de proposer au metteur en scĂšne (de thĂ©Ăątre) suisse Joan Mompart, de mettre en images La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart. Le rĂ©sultat est prodigieux de beautĂ© visuelle et d’intelligence formelle. Le plateau vidĂ© de tout dĂ©cor restera vide de tout dĂ©cor tout au long de la reprĂ©sentation, laissant aux images vidĂ©os – signĂ©es par Brian Torney et projetĂ©es sur de grands rideaux de tulle – le soin de porter l’imagination des spectateurs vers de lointaines contrĂ©es tant physiques que psychiques.

 

 

 

 

 

 

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KOSAVIC LEON BARYTON portrait concert par classiquenews gstaad 2019 3.jpg__300x300_q90_crop_subsampling-2_upscaleCompte-rendu, concerts. GSTAAD (Suisse), New Year Gstaad Festival, Eglises de Rougemont et Lauenen, les 4 & 5 janvier 2019. Nathalie Stutzmann, Leon Kosavic et l’Ensemble Orfeo 55 (Rougemont), puis Aleksandros Kapelis et les Barock Solisten du Berliner Philharmoniker (Lauenen) dans des Ɠuvres de J. S. Bach. La musique classique Ă  Gstaad, ce n’est pas seulement le cĂ©lĂšbre Menuhin Festival en pĂ©riode estivale et les Sommets Musicaux fin janvier, c’est aussi le Gstaad New Year Music Festival, manifestation fondĂ©e et inlassablement dĂ©fendue par la Princesse Caroline Murat, une des arriĂšre-petites-niĂšces de NapolĂ©on 1er, installĂ©e dans la cĂ©lĂšbre station alpine, pianiste renommĂ©e, mais Ă©galement co-fondatrice des non moins fameux Festival de Verbier et Sommets Musicaux susnommĂ©s…. (…)…  Leon Kosavic, prend ensuite le relais avec les arie « Ich will den Kreuzstab gerne tragen » (BWV 56) et « Jesus ist ein Schild » (BWV 56). Le jeune chanteur, que nous avions dĂ©couvert dans Les Noces de Figaro Ă  LiĂšge, la saison derniĂšre, possĂšde toutes les qualitĂ©s requises pour rendre justice Ă  cette page. Son baryton souple et flexible le destine tout naturellement aux airs de bravoure dont les redoutables vocalises ne lui posent aucune difficultĂ©, ni en prĂ©cision ni en justesse. Le velours du timbre en fait Ă©galement l’interprĂšte idĂ©al des pages plus contemplatives, …

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULON, le 1er janvier 2019. ROSSINI : Le barbier de SĂ©ville. Hempel / Sinivia. « Bravo, bravissimo », applaudissais-je aprĂšs avoir savourĂ© dans sa plĂ©nitude cette production du Barbiere di Siviglia dans le cadre grandiose du thĂ©Ăątre antique d’Orange lors des derniĂšres ChorĂ©gies, le 31 juillet. Puisque les productions tournent, se reprennent, il n’y a pas de raison de ne pas reprendre des introductions aux articles critiques d’Ɠuvres qui demeurent immuables, Ă©ternelles, malgrĂ© les traitements que leur appliquent ou infligent, malgrĂ© les temporalitĂ©s diverses que leur imposent les metteurs en scĂšne au goĂ»t du jour. En voici quelques lignes qui donneront la mesure du passage d’un plein air immense Ă  l’espace clos, plus intime, de l’OpĂ©ra de Toulon.


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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


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modigliani-quatuor-concert-annonce-festival-critique-concert-par-classiquenewsCOMPTE RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 dĂ©cembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. De toute Ă©vidence, ce qui frappe avant tout chez les Modigliani, c’est la sĂ»retĂ© de leur sonoritĂ©, l’ampleur du geste en particulier dĂ©fendu par le premier violon (Amaury Coeytaux), la volontĂ© d’unir et de fusionner une respiration claire et nuancĂ©e qui emporte et prĂ©cise le caractĂšre de chaque piĂšce. Le programme rentre bien dans la thĂ©matique cultivĂ©e depuis sa premiĂšre session par La Schubertiade de Sceaux : piliers de la musique de chambre (dont surtout la prĂ©sence pour chaque concert du samedi, d’une Ɠuvre clĂ© de Schubert) et horizon stylistique trĂšs Ă©largi, car passer ainsi ce 8 dĂ©cembre, de Schubert Ă  Mozart puis Debussy, exige chez les spectateurs comme de la part des interprĂštes, une capacitĂ© de concentration Ă©gale et mĂȘme progressive, Ă  mesure que l’on passe d’une Ă©criture Ă  l’autre.

FESTIVALS. Pierre AUdi, nouveau directeur d’Aix en Provence en 2018

AUDI Pierre 888024-pierre-audiFESTIVALS. Pierre Audi, nouveau directeur d’Aix en 2018. Il porte le nom d’une importante marque de voiture, des berlines principalement, de bonnes routiĂšres, renommĂ©e pour leur tenue de route et leur Ă©lĂ©gance
 De fait, le metteur en scĂšne franco-libanais Pierre Audi (58 ans, nĂ© en 1957 Ă  Beyrouth) et actuel directeur gĂ©nĂ©ral de l’OpĂ©ra national des Pays-Bas (depuis 1988), rĂ©oriente son itinĂ©raire sur une autre voie, celle prestigieuse, et un rien Ă©litiste, du Festival d’Aix en Provence, dont il prendra la direction au 1er septembre 2018. On lui connaĂźt des mises en scĂšne Ă©purĂ©es, parfois austĂšres, oĂč le sens du thĂ©Ăątre supplante la musique, mais sert toujours la situation dramatique. Pierre Audi succĂšde ainsi Ă  l’organiste belge Bernard Foccroule, directeur Ă  Aix depuis 2007. En 2018, l’annĂ©e de la passation, Foccroule fĂȘtera ainsi en juillet, les 70 ans d’Aix, et Audi Ă  Amsterdam, ses 30 ans de carriĂšre. Il sera intĂ©ressant de suivre les nouvelles orientations de Pierre Audi Ă  Aix en Provence.

 

Orange, Chorégies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 août 2014

Un ballo in maschera orangeOrange, ChorĂ©gies. Verdi : Nabucco, Otello. 9 juillet > 5 aoĂ»t 2014. A Orange, on « redouble » chaque Ɠuvre choisie : donc deux Nabucco, deux Otello. Un fragment de la totalitĂ© verdienne – 28 opĂ©ras – qui permet, sous le Mur romain, de contempler des  moments essentiels. Le 1er chef-d’Ɠuvre reconnu, Nabucco, une histoire biblique dont les Ă©chos vont du cĂŽtĂ© de l’UnitĂ© Italienne au XIXe (« Va pensiero » ). Et  un couronnement dramaturgique :  l’ultime tragĂ©die d’Otello, ambigu et violent rĂ©cit des aventures du More de  Venise, de sa belle DesdĂ©mone et du provocateur  Iago


Le destin

Quand Giuseppe devient Verdi, au dĂ©but des annĂ©es 1840
 Avant Nabucco, il y avait un jeune autodidacte trĂšs douĂ©, formĂ© Ă  la composition par Lavigna, et qui aprĂšs  Ă©chec pour un poste Ă  Busseto, Ă©tait allĂ© Ă  Milan commencer une carriĂšre dans la mĂ©lodie (Romanze, 1838)  et surtout l’opĂ©ra (un brouillon, Rocester, remis sure le mĂ©tier pour Oberto, accepté  par un impresario qui fait monter l’Ɠuvre avec un certain succĂšs  Ă  la Scala (1839). Tout serait bien pour ce compositeur  de 26 ans si le destin ne frappait Ă  coups redoublĂ©s : la mort de deux trĂšs jeunes enfants, puis celle – maladie foudroyante – de l’épouse, Margherita (1840), pendant que s’écrit un opĂ©ra-bouffe, Un jour de rĂšgne, qui d’ailleurs connaĂźtra un humiliant Ă©chec.

Va pensiero


Vague verdienne en juin 2014Mais Verdi est dĂ©jĂ  un vibrant patriote et veut voir se rĂ©aliser l’unitĂ© de son pays contre l’occupant autrichien ; il a Ă©tĂ© introduit dans les milieux de l’opposition libĂ©rale aristocratique (le comte et la comtesse Maffei) et il a adhĂ©rĂ© aux idĂ©es progressistes de Mazzini. C’est ainsi qu’il tombe sur un livret biblique (le drame du peuple juif en exil Ă  Babylone), Ă©crit par Temistocle Solara, dont le pĂšre avait Ă©tĂ© internĂ© au Spielberg (lĂ  oĂč le poĂšte S. Pellico avait composĂ© « Mes Prisons »). Il s’enthousiasme pour le chant des exilĂ©s soumis au travail forcĂ© loin de leur patrie : « Va, pensĂ©e, sur tes ailes dorĂ©es », qui deviendra par le vers initial « Va pensiero, sull ali adorate » hymne de ralliement Ă  la libĂ©ration des Italiens, symbole de la partition entiĂšre, et mĂȘme ce que nous appelons un « tube » Ă  vocation universelle. La composition  de l’opĂ©ra est entreprise dans la fiĂšvre.

 Le livret amalgame des faits historiques et des personnages soit imaginaires (AbigaĂŻle, prĂ©tendue fille de Nabucco  et « rĂ©elle »  esclave, devenant reine  par coup d’Etat !), soit  placĂ©s en situations  destinĂ©es Ă  provoquer l’admiration, la terreur ou la pitié  Les histoires d’amour s’y enlacent au cours historique des choses et des peuples, l’aile de la folie s’étend sur le hĂ©ros, le roi Nabucco, qui recouvrera la raison et se ralliera  au Dieu d’IsraĂ«l.  Le « vĂ©ritable »  Nabuchodonosor, souverain de l’empire nĂ©o-babylonien au dĂ©but du VIe , lui,  n’avait Ă©té que  le bĂątisseur d’une CitĂ© aux 18 kms de murailles et aux jardins suspendus.

Comme j’aimerais ĂȘtre Ă  votre place !

L’opĂ©ra fait en tout cas commencer l’immense  carriĂšre de Verdi. Le soir de la premiĂšre Ă  la Scala, « le violoncelliste Merighi dit au compositeur « caché » dans la fosse d’orchestre : Maestro, comme j’aimerais ĂȘtre Ă  votre place ! Et ce soir-lĂ  en effet, la  victoire est totale ! » (P.Favre-Tissot). Mais quelles significations en profondeur, du cĂŽtĂ© de ce qu’on n’appelle pas encore l’inconscient et qu’on apprendra dans un demi-siĂšcle Ă  sonder par la parole libĂ©rĂ©e ? « Il est curieux de noter que Nabucco prĂ©pare ce Roi Lear auquel Verdi rĂȘvera pendant tant d’annĂ©es, dont il commencera la composition et qu’il ne pourra jamais mener Ă  bien.(J.F.Labie). Et chez le Grand Will(iam Shakespeare, pierre angulaire du romantisme europĂ©en), Verdi puisera pour Macbeth, Otello et Falstaff. Comme dans Lear, Nabucco est Ă  la fois « roi et pĂšre, tyrannique, fou et humiliĂ©, tout le prĂ©pare Ă  devenir pĂšre assassin .   Et le pĂšre qui remplit mal sa fonction devient Ă  la fois meurtrier et victime en puissance. » Simone Boccanegra puis Rigoletto parleront ensuite et trĂšs  fortement du PĂšre, avec quelle intensité !

Nos RĂ©volutions et les leurs

L’autre tension plus clairement lisible, est historico-politique. Notre « qualité » de Français nombrilistes ne nous fait guĂšre prĂȘter trop d’attention Ă  la « naissance d’une nation », fĂ»t-elle de l’autre cĂŽtĂ© des Alpes. Et nous avons notre RĂ©volution – la Grande, avec ses petites soeurs du XIXe -, notre UnitĂ© hexagonale n’avait pas attendu le siĂšcle du romantisme pour se faire.Hormis donc le trĂšs cĂ©lĂšbre Viva V.E.R.D.I !, nous ne sommes pas trĂšs au fait d’une Histoire italienne qui n’avance  pas alors irrĂ©sistiblement, et plutĂŽt piĂ©tine aprĂšs ses succĂšs, voire recule (pour mieux sauter, disent les optimistes). OĂč l’imbroglio des idĂ©ologies dĂ©route : rĂ©publicains rouges et impatients (Garibaldiens), modĂ©rĂ©s se ralliant Ă  la raisonnable monarchie de PiĂ©mont-Sardaigne, contre  principautĂ©s et royaume obsolĂštes du nord et du sud. Il en va de mĂȘme pour les actions : sociĂ©tĂ©s secrĂštes, complots et attentats au dĂ©but, carte militaire d’armĂ©es traditionnelles Ă  jouer ensuite contre l’Occupant, alliances mĂȘme Ă©trangĂšres au jeu Ă©quivoque, retournements et attentismes, monarchie parlementaire et nĂ©gociatrice contre grande aventure rĂ©publicaine
 Sans oublier qu’au nombre des « tyrannies » figure la PapautĂ©, encore puissance temporelle (les Etats de l’Eglise) et qui, sauf brĂšve illusion lyrique (Pie IX, les premiers mois),joue la carte du monde ancien et rĂ©pressif, en attendant de se poser en victime « prisonniĂšre » aprĂšs 1870 et pour 60 ans dans les frontiĂšres de son village d’opĂ©rette vaticane


Le pouvoir est rassurant

Et certes en 1842, on est encore loin du moment spectaculaire oĂč le musicien V.E.R.D.I, avec jeu de lettres sur son nom, incarnera le patriotisme trahi de 859, quand NapolĂ©on III « lĂąche » les Itliens en laissant l’Autriche garder la VĂ©nĂ©tie. La dĂ©mission provisoire  du comte Cavour, rĂ©aliste serviteur de la royautĂ© piĂ©montaise, puis son idĂ©e – aprĂšs retour au pouvoir – de pousser Verdi Ă  la dĂ©putation font partie de ce qu’on dirait aujourd’hui un « bon plan de comm politique ». D’ailleurs, depuis le temps de Nabucco, Verdi est passĂ© du rĂ©publicanisme mazzinien au conservatisme « à la Vittorio-Emmanuele », comme le souligne l’historien non-conformiste de la musique J.F.Labie (Le Cas Verdi) : « La pente naturelle du caractĂšre de  Verdi, et aussi sa violence mal contenue, le poussent Ă  l’acceptation d’une puissance souveraine, non pas  par accident, mais par essence, parce que le pouvoir est rassurant  »

Discussions au-delà des clichés

La mort de Cavour (« le PromĂ©thĂ©e  de la Nation », selon le musicien)dĂšs 1861 finira par l’éloigner de la politique, et ses enthousiasmes  auront toujours Ă©tĂ© freinĂ©s par une bonne dose de prudence (conservatrice) ». AndrĂ© Segond ajoute : » En fait  Verdi  resta  farouchement hostile Ă  tous les mouvements populaires qui visaient Ă  la conquĂȘte de plus grandes libertĂ©s politiques et Ă©conomiques. » Spectateur attentif, vous voyez qu’au-delĂ  des clichĂ©s confortables, il y a bien des discussions virtuelles et dĂ©sirables sous le Mur ! LĂ , c’est le metteur en gestes et images Jean-Paul Scarpitta, le chef Pinchas Steinberg, l’Orchestre Montpelier-Languedoc (Ă  Orange pour la 1Ăšre fois), les solistes (dont Martina Serafin, en AigaĂŻlle, George Gagnidze en Nabucco et D. Belossleilskiy en Zaccaria) et les ChƓurs RĂ©gionaux, qui traduiront la jeunesse du1er chef-d’Ɠuvre verdien.

Mon gauche patois de Busseto

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

Mais n’est-ce pas un autre (nouveau ?) Verdi qui propose en 1887 (Ă©criture commencĂ©e depuis 1882) sa vision tragique –obsĂ©dante et obsĂ©dĂ©e – d’un sombre hĂ©ros shakespearien ? Arrigo Boito est alors devenu dramaturge et conseiller de Verdi, et il a « complotĂ© avec l’éditeur Ricordi pour que Verdi sorte du silence observĂ© depuis  AĂŻda (1871) puis le Requiem (1874) ». Alors, shakespeariennement   oubliĂ© le Macbeth (1846) que Verdi  avait appelĂ© « mon pĂ©chĂ© de jeunesse » 
 En rĂ©alitĂ©, il faudra quatre ans d’écriture pour Otello, « de la dĂ©pression et du secret ». En 1883, il y aura eu le choc – sinon affectif, du moins esthĂ©tique – provoquĂ© chez l’Italianissime par la mort de Wagner (son conscrit !).  Certes, comme le note AndrĂ© Gauthier, les distances auront Ă©tĂ© marquĂ©es depuis longtemps : « Nous sommes des Italiens, avait rappelĂ© Verdi : je ne veux pas transcrire la sublime polyphonie de Wagner en mon gauche patois de Busseto ! »

La crĂ©ation d’Otello sera un triomphe, et des Français « importants »  sont prĂ©sents Ă  la Scala : Massenet, Reyer, ClĂ©menceau, et mĂȘme ce Camille Bellaigue qui aura 15 ans plus tard l’inoubliable formule : « L’orchestre de PellĂ©as ne fait pas grand bruit, mais un vilain petit bruit. ». AprĂšs d’interminables  approbations du public, une foule raccompagne  l’auteur Ă  l’Albergo Milano, l’interprĂšte Tamagno entonne au balcon l’Esultate du dĂ©but de l’opĂ©ra. « La gloire, constate Verdi, la gloire.. ;Oui, mais j’aimais tant ma solitude en compagnie d’Otello et de DesdĂ©mone ! »

Le poison de la jalousie

Otello, c’est un huis-clos – une fois passĂ© le 1er  acte de tumulte chypriote, lui-mĂȘme nouveau lieu de rĂ©flexion sur le pouvoir – montrant de brĂ»lante façon que « l’enfer c’est les autres » dĂšs lors que le poison  de la jalousie est venu habiter corps et Ăąmes : dans Shakespeare dĂ©jĂ , elle Ă©tait, selon Iago, « lemonstre aux yeux verts qui produit l’aliment dont il se nourrit
Quelles damnĂ©es minutes il compte, celui qui raffole, mais doute, celui Qui soupçonne, mais aime Ă©perdument ! » L’outrance de l’Anglais et celle de l’Italien est dans l’étude quasi-voluptueuse d’une pathologie de l’extrĂȘme. Tous les clignotants d’alerte de la paranoia sont au rouge : bouffĂ©es dĂ©lirantes, manie de la persĂ©cution,  jugement faussĂ©, pulsions de mort (subie et infligĂ©e). « L’obscur objet du dĂ©sir », cadenassĂ© dans la sphĂšre-prison de propriĂ©tĂ© conjugale devient lieu gĂ©omĂ©trique d’un retour Ă  la puretĂ© par vengeance folle  aprĂšs simulacre de procĂšs. Le plaignant est le juge-exĂ©cuteur immĂ©diat de sa propre sentence.

Son lion (de Venise) superbe et généreux

Mais dans ce processus de dĂ©raison incontrĂŽlable, il est un aspect qui aura lĂ©gitimement retenu  des commentateurs modernes (ainsi dans le remarquable Avant-ScĂšne OpĂ©ra sur Otello : G. de Van, Catherine ClĂ©ment,Philippe Reliquet), c’est le caractĂšre noir (« nĂšgre » ?) d’Otello. A l’origine historique,le Morede Venise devenu gouverneur de Chypre Ă©tait un noble vĂ©nitien, Cristoforo Moro. Le « jeu de mots » aura permis le passage « choquant la biensĂ©ance de spectateurs europĂ©ens » (on le disait au XIXe !) Ă  un « teint jaune et cuivré », voire davantage, dans la confusion avec les Ottomans qui menacent Chypre (musulmans, soit, mais pas Africains !). Otello devient « l’homme aux lĂšvres Ă©paisses », voire l’esclave aux lĂšvres gonflĂ©es », « le barbare », bref celui  que sa bravoure guerriĂšre dont une douce, amoureuse et blonde DesdĂ©mone fait, dirait-on ailleurs, son « lion superbe et gĂ©nĂ©reux ».

 Mais que le mariage ait Ă©tĂ© autorisĂ© ou qu’il y ait mĂȘme eu  rapt (consenti), Otello ne peut que demeurer l’Autre, puisqu’il est 
Noir. D’oĂč   les « interpellations offensantes » sur le « barbare trĂšs fruste » portĂ©es par Iago : Otello n’est pas Ă  sa place ni en lĂ©gitime amoureux,ni en Ă©poux. La violence meurtriĂšre qu’il porte en lui, est-ce bien celle de tout humain contaminĂ© Ă  son insu par une jalousie pathologique, ou bien porte-t-il, par son origine « raciale », quelque chose qui prĂ©dispose et exacerbe, « de natura » ? Ainsi peut-on ĂȘtre amenĂ© Ă  poser la question du titre dans l’article de P.Reliquet : « Otello,drame raciste ? »

Je fus

Vague verdienne en juin 2014D’autres pistes de rĂ©flexion : si le More « est aussi la mort », n’y-a-t-il pas aussi extrĂȘme « jalouissance » tout prĂšs de tels  abĂźmes, pour reprendre le joli mot lacanien citĂ© par C.ClĂ©ment ? Et aussi, on peut cherche en tout cela des Ă©chos dans la « camera oscura » de la conscience verdienne. Car Otello est l’homme « ùgé » dans les bras de la tendre DesdĂ©mone. Pour Verdi des annĂ©es 1880, la vieillesse monte Ă  l’horizon, la jeunesse est en tout cas enfuie, « à jamais » marquĂ©e par la triple tragĂ©die de 1838-40. Il n’y a pas en lui la profondeur d’une espĂ©rance chrĂ©tienne qui pourrait  chez cet agnostique  rassurer dans une interrogation sur le nĂ©ant. Qui sait si Verdi, Ă  la fin, ne pourrait qu’avouer comme son hĂ©ros : « Otello fu », « il  fut ». Et rien d’autre ?

Son seul rival international

WAGNER EN SUISSEMais nous pourrons le consoler, notre Giuseppe : son avant-dernier acte de compositeur prouverait Ă  lui seul le gĂ©nie du « seul rival international » (c’était la formule du GĂ©nĂ©ral de Gaulle humoriste se  comparant Ă  
Tintin !) de
  Wagner. Sous le mur-rempart d’Orange, on peut en tout cas faire confiance Ă  la forme trĂšs synthĂ©tique de l’esprit Myung Whun Chung pour faire traduire par son Orchestre (le Philar de Radio-France), les ChƓurs, les solistes –en particulier  le Trio terrible :Inva Mula, DesdĂ©mone, Robert Alagna, Otello, Seng-Hyoun Ko, Iago- la complexitĂ© d’arriĂšre-plans troublants qui hantent l’opĂ©ra. Et ce devrait ĂȘtre en complet accord avec la culture et la subtilitĂ© trĂšs « orangiennes » de Nadine Duffaut, qui met  en scĂšne. Sans oublier entre les sĂ©ries de reprĂ©sentations un concert  lyrique de Patrizia Ciofi, trĂšs aimĂ©e aux ChorĂ©gies : tour d’horizon du cĂŽtĂ© de chez Gioacchino (Rossini, cinq extraits d’opĂ©ras) et Gaetano (Donizetti, six extraits), le Philharmonique de Marseille Ă©tant conduit par Luciano Acocella.

Festival des ChorĂ©gies d’Orange 2014. Giuseppe Verdi (1813-1901). Nabucco, dir.Pinchas Steinberg : 9 et 12 juillet, 21h45. Otello, dir. Myung Whun Chung, 2 et 5 aoĂ»t, 21h30. Concert lyrique Rossini et Donizetti, par Patrizia Ciofi : 4 aoĂ»t, 21h30. Information et rĂ©servation : T. 04 90 34 24 24 et www.choregies.fr

Grand reportage vidéo : le Festival Musique et Mémoire 2013 (les 20 ans)

Grand reportage vidĂ©o : Festival Musique et MĂ©moire 2013. Au cƓur du Pays des Vosges SaĂŽnoises, le festival Musique et MĂ©moire interroge les nouveaux champs crĂ©atifs de la Renaissance et du Baroque. A l’invitation de son directeur artistique et fondateur, Fabrice Creux, le Festival en laboratoire des pratiques musicales rĂ©invente le principe des rĂ©sidences d’artistes. Geste vocal, nouvelles formes de concerts, orgue en scĂšne… sont les volets d’une dĂ©marche unique en France qui recherche toujours Ă  conquĂ©rir de nouveaux publics. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS : avec Fabrice Creux (directeur artistique fondateur du Festival), Bruno Boterf (directeur musical de l’ensemble en rĂ©sidence Ludus Modalis), Jean-Charles Ablitzer (organiste associĂ© du Festival).