25Ăš Festival ALBERT ROUSSEL : Sam 16 et Dim 17 oct 2021

Sam 16 et Dim 17 oct 2021. 25Ăš FESTIVAL Albert ROUSSEL. Deux concerts Ă©vĂ©nements tiennent l’affiche du Festival Albert Roussel dans les Hauts de Seine. Samedi 16 oct 2021 : rĂ©cital du guitariste Vitor Garbelotto – puis dim 17 oct, le lendemain, rĂ©cital de piano (sur l’instrument d’Albert Roussel, un Pleyel dĂ©but du XXĂš), par Diane Andersen. Au programme de ces concerts plusieurs Ɠuvres de ROussel et de ses contemporains


 

 

 

RĂ©cital Vitor Garbelotto, guitarewww.vitorgarbelotto.com-1
samedi 16 octobre Ă  20h
Eglise Saint-Omer – Bavinchove
Johann Sebastian BACH : PrĂ©lude BWV 998 – (transc. Vitor Garbelotto)
Francisco TÁRREGA : Capricho Árabe
Isaac ALBENIZ : Asturias (transc. Andres Segovia)
Andres SEGOVIA : Estudio sin Luz
Albert ROUSSEL : Segovia op. 29
Abel CARLEVARO : Preludios Americanos n°3 Campo
Agustin BARRIOS : Las Abejas
Heitor VILLA-LOBOS : Preludes 1 & 3, Études 1 & 7
RadamĂšs GNATTALI : Caminho da Saudade ( Arr. Vitor Garbelotto)
Anibal Augusto Sardinha-Garoto : Lamentos do morro (Arr. Vitor Garbelotto)
entrée : 10 euros

 

 

 

diane-andersen-webRĂ©cital Diane Andersen
Dimanche 17 octobre Ă  17h
ChĂątellerie de Schoebeque – Cassel
Albert Roussel : Rustiques op.5 / Rustiques opus 5 (1904-1905), tĂ©moigne de l’exquise sensibilitĂ© de Roussel face au motif naturel ; une acuitĂ© poĂ©tique qui se rĂ©vĂšle dans une Ă©criture extrĂȘmement ciselĂ©e, dans le sillon des Ă©vocations pastorales et « montagnardes » tracĂ© par D’indy (qui fut son maĂźtre Ă  la Schola Cantorum de Paris), SĂ©verac, Magnard ; le cycle comporte Ă  l’origine 4 piĂšces ou promenades ; oĂč l’ñme converse avec le paysage qui en est le miroir, le double rĂ©vĂ©lateur.

Armand Ferté : Barcarolle
Michael Slayton : Untitled création
Damien Top : Trois nocturnes
Vincent d’Indy : ThĂšme variĂ©, fugue et chanson op.85
en prĂ©sence de la famille d’Albert Roussel
concert et cocktail : 15 euros
PROCHAIN CONCERT : Dim 24 oct 2021, Cassel Ă  17h : RĂ©cital de piano : Galina Ermakova.

 

 

 

 

 

 

 

 

INFOS et RESERVATIONS ici :

CIAR-ROUSSEL-2021-bandeau-resa-concert-25e-festival-international-Albert-roussel-classiquenews

 

 

 

Chaque concert comporte au moins une piĂšce de Roussel qui dialogue avec celle de ses contemporains. Pour certains programmes, l’offre billetterie propose en plus du concert, le cocktail et la visite du lieu d’accueil
 sauf exception, la majoritĂ© des Ă©vĂ©nements ont lieu Ă  Cassel (ChĂątellerie de Schoebeque), le dimanche Ă  17h.

 

 

 

 

 

25Ăš Festival ALBERT ROUSSEL, jusqu’au 28 nov 2021. La 25Ăš Ă©dition du Festival portĂ©, conçu, rĂ©alisĂ© depuis sa crĂ©ation en 1997, par Damien Top, musicologue et baryton, grand spĂ©cialiste du compositeur, en particulier son biographe inspirĂ© (1), affiche une sĂ©rie de concerts prometteurs, jouĂ©s sur le piano d’Albert Roussel lui-mĂȘme
 Albert Roussel nĂ© Ă  Tourcoing (le conservatoire porte son nom) doit Ă  Damien Top, la poursuite de son rayonnement dans les Hauts de France et Ă  l’international grĂące Ă  un rĂ©seau de partenaires Ă  prĂ©sent fidĂ©lisĂ©s : depuis le Centre International Albert Roussel (CIAR) fixĂ© Ă  CASSEL, le chanteur – musicologue cultive ce goĂ»t du partage et de la curiositĂ© musicale, retraçant la carriĂšre de Roussel en lien avec ses contemporains
 d’oĂč une formidable collection d’enregistrements dĂ©diĂ©s, autant de cd sous Ă©tiquette CIAR classics, qui tĂ©moignent de l’exceptionnelle richesse artistique que Roussel a su suscitĂ© de son vivant.

DouĂ© d’une sensibilitĂ© instrumentale et d’une acuitĂ© rythmique au moins Ă©gale Ă  celle de son contemporain Ravel, Roussel qui fut officier de la Marine (jusqu’en Inde
 d’oĂč son orientalisme d’une finesse poĂ©tique inouĂŻe), a su redĂ©finir le symphonisme français au dĂ©but du XXĂš siĂšcle (Ă©couter ici sa 3Ăš Symphonie, sommet du genre alors). Il partage avec l’auteur de Daphnis et ChloĂ© et du BolĂ©ro, un sens irrĂ©sistible de la couleur, du timbre
 qualitĂ©s et vertus spĂ©cifiquement françaises.

Le 25Ăš Festival International Albert Roussel propose ainsi un cycle de concerts chambristes oĂč le piano roi, donc celui historique de Roussel lui-mĂȘme, met en avant les pianistes Eliane Reyes (10 oct), Diane Andersen (17 oct), Galina Ermakova (24 oct), Alain RaĂ«s (7 nov), Jean-Michel Dayez (21 nov)
 d’autres instruments sont conviĂ©s Ă  cette fĂȘte rousselienne : le basson de Laura Bennett (30 et 31 oct), le violon de FrĂ©dĂ©ric Pelassy (14 nov), sans omettre le rĂ©cital du guitariste Victor Garbelotto (16 oct) : oui, Roussel composa aussi pour la guitare.

En clĂŽture, le duo composĂ© de Galina Ermakova (piano) et Damien Top (baryton) cĂ©lĂšbre la mĂ©moire de Pierick Houdy et de Roussel Ă©videmment, dans un choix de partitions qui furent composĂ©es sur le piano d’Albert Roussel. L’instrument, fabriquĂ© dans les ateliers Pleyel) fut achetĂ© par le compositeur en mars 1910. C’est Pierick Houdy qui en fut ensuite l’heureux propriĂ©taire ; aprĂšs le dĂ©cĂšs du compositeur (dĂ©but 2021), Damien Top en devint Ă  son tour dĂ©tenteur : il dĂ©cide naturellement d’en faire la vedette du 25Ăš Festival Albert Roussel. L’instrument Ă©tant fragile, les concerts ont lieu majoritairement Ă  Cassel ; le prix moyen des rĂ©citals est de 15 euros, un ticket plus que raisonnable.

INFOS : visitez le site du CIAR  /  Tél.: 09 53 63 32 08.

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(1) Biographie ALBERT ROUSSEL par Damien TOP (Bleu Nuit Ă©diteur) – CLIC de CLASSIQUENEWS 2016 – lire ici notre critique complĂšte :

https://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/

roussel par damien top albert roussel biographie clic de classiquenews novembre 2016 critique livres albert roussel 9782358840620_200x286A l’époque des Ballets Russes, quand Debussy, Ravel, Stravinsky conçoivent leurs oeuvres maĂźtresses entre ballets et pages purement symphoniques, Roussel aborde les mĂȘmes genres et formats, inspirĂ© par un souci d’élĂ©gance, de raffinement, comme de nouveauté  Toutes les oeuvres maĂźtresses de Roussel sont Ă©voquĂ©es, restituĂ©es dans leur contexte, – enjeux et innovations esthĂ©tiques Ă©tant Ă©lucidĂ©s, rĂ©inscrits dans le parcours personnel du concepteur : Soir d’étĂ© (1904), Le marchand de sable, la Suite en fa, le Concerto pour piano, les Quatre (passionnantes) Symphonies (surtout la TroisiĂšme : sommet du genre), le Festin de l’AraignĂ©e, le ballet Bacchus et Ariane
 sans omettre l’opĂ©ra comique d’une intelligence Ă  rĂ©estimer, « Le testament de la tante Caroline » de 1936 (une sorte de testament artistique de la fin, aux cĂŽtĂ©s du ballet Aeneas, mais sur le mode faussement lĂ©ger et facĂ©tieux.. soit ce qu’est Falstaff pour Verdi)
 autant d’accomplissements majeurs qui placent Roussel parmi les crĂ©ateurs les plus complets de son temps, pionnier, avec Koechlin ou Milhaud, de la polytonalitĂ©.

CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016)

paul_parayCD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016). Sur le mĂ©tier d’une prochaine biographie de Claude Delvincourt (1888-1954), Damien Top, directeur du CIAR et biographe de Roussel, Ă©claire les liens avec Paul Paray (1886-1979). Condisciples au Conservatoire de Paris, Prix de Rome tous les deux (Paray en 1911 et Delvincourt en 1913), ils ont des attaches sur la CĂŽte d’AlbĂątre (Le TrĂ©port et Dieppe)
 Ce cd majeur dĂ©voile un compositeur que l’on doit absolument faire sortir de l’ombre : PAUL PARAY. Rien de glacĂ© ni d’acadĂ©mique au sens de pompier ici ; mais la vibration d’une Ă©criture sincĂšre que la premiĂšre guerre enrichira encore d’une profondeur immĂ©diate ; ce qui distingue sa premiĂšre maniĂšre subtilement Ă©lĂ©gante de la Sonate pour violon, de sa seconde inspiration : plus resserrĂ©e, plus Ăąpre aussi, telle qu’elle s’épanouit dans la Sonate pour violoncelle de 1920


PAUL PARAY, génial compositeur

Le cd dĂ©diĂ© Ă  la musique de chambre (cordes et piano) de Paul Paray dĂ©voile un chef d’oeuvre absolu, par la grĂące de son inspiration et l’élĂ©gance harmonique de l’écriture, la Sonate pour violon et piano, ici dĂ©fendue par le violoniste bruxellois Eliot Lawson : la flexibilitĂ© Ă©loquente et claire de sa ligne, son jeu tout en finesse, sa vocalitĂ© libre et naturelle (Ă©lĂ©ment si essentiel chez le compositeur) souligne chez Paray, cette subtilitĂ© supĂ©rieure acquise ainsi dĂšs 1908, qui dĂ©signe dĂ©jĂ  le Prix de Rome (obtenu en 1911 avec la cantate Yanitza, aprĂšs un second prix en 1910) et aussi sa grande culture oĂč une discrĂšte mais Ă©vidente filiation le relie Ă  FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns, Franck, tant la sĂ©duction de son style n’écarte jamais la profondeur. Ainsi l’élĂ©gance digne d’un Massenet, traverse-t-elle le long Allegro moderato, intense, enivrĂ©, architecturalement Ă©quilibrĂ© ; auquel succĂšde l’Allegro amabile d’un caractĂšre rustique, cadencĂ©, oĂč l’élĂ©gance et l’esprit de facĂ©tie se rappellent du cake-walk de Debussy (Children’s Corner). Ce qui frappe dans ce second mouvement c’est son Ă©pisode central, d’une envoĂ»tante introspection : un appel au rĂȘve et Ă  une mystĂ©rieuse sensualitĂ© proche de Roussel
 Le dernier mouvement Molto vivo caracole telle une tarentelle progressive : s’y entrelacent science de l’écriture et Ă©lĂ©gance mĂ©lodique digne d’un FaurĂ©. La maturitĂ© et la musicalitĂ© de Paray Ă©tonnent, saisissent par leur justesse. Belle rĂ©vĂ©lation.

La Sonate pour violoncelle et piano, plus tardive (crĂ©Ă©e en janvier 1920, et dĂ©diĂ©e au peintre des falaises du TrĂ©port GĂ©rard Hekking) confirme la mĂȘme qualitĂ© d’écriture de Paray, que d’aucun, d’une Ă©coute absente et imparfaite continue de cataloguer dans un postacadĂ©misme bon teint : rien de tel car chez Paray, qui comme un Dubois, touche par sa sincĂ©ritĂ© et la justesse de sa construction harmonique.
Le violoncelliste Samuel Magill emporte toute la partition par son engagement, sachant fusionner avec le piano souverain de Diane Andersen, partenaire familiÚre des enregistrements révélateurs préparés, édités par Damien Top. La Sonate pour violoncelle est beaucoup plus courte que celle pour violon et à notre avis, moins riche harmoniquement
 mais non moins touchante par sa sincérité.
L’Andante quasi allegretto s’impose par son caractĂšre chantant, libre, qui respire et exulte – en une puissance Ă  la Brahms et une architecture trĂšs efficace – la partie du soliste est constamment volubile, proche de la parole, change de climats et de caractĂšres : fantaisiste, passionnĂ©, ardent ; d’une tendresse complice avec le piano qui accompagne moins qu’il ne chante. L’agitation partagĂ©e nourrit une sensualitĂ© heureuse qui grandit jusqu’à la plĂ©nitude finale.  L’Andante respire encore davantage, s’alanguit, en creusant un questionnement profond voire grave ; c’est une question toujours suspendus qui recherche la rĂ©sonance presque abstraite, comme celle d’un rĂȘve intime. Le dernier Allegro est bien scherzando, fluide, chantant, presque enivrĂ© et sans l’introspection prĂ©cĂ©dente, dans la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’un Ă©noncĂ© presque insouciant, dĂ©bonnaire, purement joyeux. Il faut infiniment de finesse pour exprimer la sensibilitĂ© tĂ©nue de chaque piĂšce. Autant de qualitĂ©s que rĂ©vĂšle l’évidente complicitĂ© entre les interprĂštes. VoilĂ  qui Ă©claire tout un pan de la vie de Paul Paray comme compositeur, alors que son activitĂ© de chef d’orchestre reste dans la mĂ©moire des mĂ©lomanes. Pour un bref rĂ©sumĂ© de la vie de Paul Paray comme chef : lire ci aprĂšs « approfondir ».

Outre les deux Sonates, la ROMANCE initialement pour piano (1909) est ici adaptĂ©e pour violon et violoncelle (par le pĂšre Eduard Perrone en 2005) Ă©nonce les mĂȘmes qualitĂ©s d’une Ă©criture juste et enivrĂ©e : somptueuses envolĂ©es lyriques et mĂ©lodiques, suretĂ© et maĂźtrise de l’architecture qui soutient tout le morceau. La Romance sait fusionner les deux voix du violon / violoncelle avec toute la tendresse et la douceur nostalgique requises.

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical) – Paul Paray (1886-1979) : Sonate pour violon et piano ; SĂ©rĂ©nade op. 20 pour violon et piano ; Humoresque, pour violon et piano ; Nocturne pour violoncelle et piano ; Sonate pour violoncelle et piano ; Romance, pour violon, violoncelle et piano. Eliot Lawson, violon. Samuel Magill, violoncelle. Diane Andersen, piano. 1 CD Azur Classical. EnregistrĂ© au Studio RĂ©cital B (Tihange) en nov et dĂ©c 2016. DurĂ©e : 1h06 – CLIC de CLASSIQUENEWS

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paul parayPaul Paray
est surtout connu comme chef d’orchestre. AdoptĂ©e par la fille de Charles Lamoureux, Marguerite en 1924 (il a 38 ans). Le Prix de Rome 1911 est enrolĂ© pendant la premiĂšre guerre : fait prisonnier Ă  Darmstadt, il reste profondĂ©ment marquĂ© par ses 4 annĂ©es de captivitĂ©. PrivĂ© d’instrument, il compose par l’esprit, puis Ă©crira aprĂšs sa libĂ©ration (son fameux Quatuor publiĂ© en 1919, qui deviendra ensuite la Symphonie d’archets). Paray vient Ă  la direction d’orchestre par l’orchestre Lamoureux dont le chef d’alors, Camille Chevillard, Ă©poux de Marguerite Lamoureux, le nomme directeur adjoint dĂšs 1920. Paul Paray dirige ensuite l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo (1928-1932), le prestigieux Orchestre Colonne (jusqu’à l’Occupation)
l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris (dans des oeuvres de Wagner, selon le goĂ»t de Charles Lamoureux). Connu dĂšs l’Occupation aux USA, Paray accepte de diriger le Detroit Symphony Orchestra (oct 1951-1962) rĂ©alisant un cycle d’enregistrements mythiques de 1956 Ă  1963 pour la firme Mercury (dans la technique Living presence, Ă©ditĂ© en Europe sous Ă©tiquette Philips)

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CD
paray-paul-maestro-mercury-living-presence-1960CD,coffret, compte rendu critique : Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). De mĂȘme l’intuition gĂ©niale du dĂ©fricheur Paul Paray dĂ©fenseur comme un certain Martinon outre atlantique (Ă  Chicago avec le Symphonique local Ă  peu prĂšs dans les mĂȘmes annĂ©es 1960) d’un certain romantisme français dĂ©fendu avec une vitalitĂ© inouĂŻe et sans instruments d’époque
 la sensibilitĂ© analytique et fiĂ©vreuse Ă©tonne encore comme sa science fluide qui sait caractĂ©riser chaque Ă©pisode, emporte l’adhĂ©sion ; le geste est sĂ»r, la tension dramatique palpable, l’articulation claire et prĂ©cise
 : Ă©coutez le cd 30 (ouverture du Roy d’Ys de Lalo, Suite du ballet Namouna exceptionnel et mĂ©sestimĂ©, Symphonie de  Chausson. 
: qui ose aujourd’hui programmer une telle succession?  Aucune salle parisienne
 Paray osait tout  Ă  Detroit en 1956 et 1957). Incroyable audace visionnaire. Comme d’ailleurs Dorati qui en 1959  enregistre le symphonisme virtuose et d’atmosphĂšre de la Giselle d’Adam, cycle achevé  par Fistoulari).
Au sein du corpus Paray, saluons tout autant, la fiĂšvreuse Symphonie n°2 de Sibelius, Ă  la fois ciselĂ©e et Ă©chevelĂ©e, d’une ivresse sensible et prĂ©cise phĂ©nomĂ©nale : Ă  l’heure oĂč tant d’audace et de rage nuancĂ©e font dĂ©faut, la direction de Paray, exaltĂ©e, vive, palpitante, dĂ©terminĂ©e comme poĂ©tique et profonde, servie par une prise de son qui en accuse chaque accent, projette chaque pulsion, fait figure de modĂšle. Quel tempĂ©rament et quelle intelligence (cd 28, Detroit Symphony Orchestra, 1959). Paray exalte la matiĂšre sonore en un crĂ©pitement de plus en plus Ă©nergique et lumineux, matiĂšre Ă  fusion ou Ă  Ă©lĂ©vation. La rĂ©ussite est totale. MĂȘme ivresse sonore et dramatisme percutant, incisif dans un formidable programme Wagner de 1956 et 1960, comprenant dans le cd 35 : musique du feu et adieux de Wotan de la Walkyrie, ouverture de Rienzi, Voyage de Siegfried sur le Rhin du CrĂ©puscule des dieux, Siegfried Idyll, prĂ©lude de l’acte III de Tristan und Isolde
 De sorte que Paray s’inscrit dans la lignĂ©e de Charles Lamoureux, wagnĂ©rien de la premiĂšre heure Ă  paris, au dĂ©but des annĂ©es 1890

LIRE l’intĂ©gralitĂ© de la prĂ©sentation critique du coffret « Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). :
http://www.classiquenews.com/tag/paul-paray/

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Illustration : Paul PARAY © Bob Martin / 1972