En direct sur internet : Clear, loud, bright… crĂ©ation de Millepied sur Culturebox

En direct sur internet. Le nouveau ballet de Benjamin Millepied en crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra de Paris en octobre 2015. Que vaut l’Ă©criture du nouveau directeur de la danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris ? Culturebox diffuse en direct puis jusqu’en avril 2016, le nouveau ballet de Benjamin Millepied (intitulĂ© “Clear, loud, bright”… Clair, Fort, Lumineux,…), artiste amĂ©ricain plus connu Ă  New York qu’Ă  Paris, jusqu’Ă  sa rĂ©cente nomination dans la Maison parisienne… Sa nouvelle chorĂ©graphie entend rendre hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© alors qu’il Ă©tait danseur Ă  New York… Balanchine et Robbins.

 

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeVendredi 2 octobre 2015 : spectacle de danse, ” Balanchine / Millepied / Robbins “ à l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, premier spectacle inaugurant la direction de Benjamin Millepied Ă  l’OpĂ©ra de Paris au poste de Directeur de la Danse. VOIR le ballet  ” Balanchine / Millepied / Robbins ” sur Culturebox (jusqu’au 2 avril 2016). Millepied nouvel arrivant dans la maison parisienne prĂ©sente un nouveau ballet en crĂ©ation (Clear, Loud, Bright, Forward… collectif de 16 jeunes danseurs, fruit de sa collaboration avec le compositeur Nico Muhly), intercalĂ© entre les sommets chorĂ©graphiques signĂ©s Balanchine (Thème et Variations) et Robbins (Opus 19 The Dreamer), ses deux maĂ®tres amĂ©ricains. Millepied fut danseur principal du New York City Ballet oĂą Robbins participa Ă  la demande de Balanchine comme directeur artistique associĂ© Ă  partir de 1949. L’apprentissage et l’expĂ©rience amĂ©ricaine de Millepied se ressentent particulièrement dans sa nouvelle chorĂ©graphie conçue comme un hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© comme interprète et aujourd’hui comme artiste chorĂ©graphe, directeur de la Danse de l’OpĂ©ra de Paris… L’Ă©criture très dĂ©monstrative de Benjamin Millepied se dĂ©voile ici dans un langage surabondant, sophistiquĂ© et hyperesthĂ©tique, voire un rien artificiel, style voyez comme je sais faire cela, auquel rĂ©pond un souci obsessionnel de la ligne, de la pose (style “Vogue” de Madonna, annĂ©e 1990), le tout sur un rythme trĂ©pidant qui reste indiscutablement un bel hommage Ă  Balanchine. Le suresthĂ©tisme des tableaux collectifs, flattant la courbure flexible des danseurs, exige une synchronicitĂ© parfois imprĂ©cise du corps de Ballet, en particulier chez les femmes. La nouvelle gĂ©nĂ©ration de danseurs parisiens est pourtant lĂ , (LĂ©onore Baulac, Letizia Galloni, Germain Louvet, Hugo Marchand…), ambassadeurs d’un glamour de facto très new yorkais. Pas sĂ»r que cette surĂ©lĂ©gance qui aime se montrer, fasse un spectacle qui doit aussi toucher par sa profondeur. La technicitĂ©, l’esthĂ©tisme, la recherche de la pose Ă©lĂ©gante font-ils un style complet ? Le final qui singe les poses d’un dĂ©filĂ© de mode montre aussi les limites d’une telle vision. Le dĂ©coratif se suffit il Ă  lui mĂŞme ? Les amateurs de Balanchine applaudiront. Les autres, attentifs et curieux quant au devenir de la Maison parisienne ainsi reformulĂ©, pourront exprimer quelques rĂ©serves. La beautĂ© des lumières et le dispositif tout en contrastes mouvant restent eux saisissants en Ă©pure poĂ©tique. C’est un magnifique spectacle dans sa globalitĂ© qui confirme l’Ă©tonnante Ă©lasticitĂ© acrobatique et athlĂ©tique des danseurs parisiens.

 

 

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