Livre cd, compte rendu critique. GOUNOD : Cinq-Mars, 1877. Vidal, Gens, Christoyannis, … (2 cd 2015)

gounod cinq mars cd opera critique review account of classiquenews ulf schirmer mathias videl veronique gens cd 1507-1Livre cd, compte rendu critique. GOUNOD : Cinq-Mars, 1877. Vidal, Gens, Christoyannis, … (2 cd 2015). DĂšs l’ouverture, les couleurs vĂ©nĂ©neuses, viscĂ©ralement tragiques, introduites par la couleur tĂ©nue de la clarinette dans le premier motif, avant l’implosion trĂšs wĂ©bĂ©rienne du second motif, s’imposent Ă  l’Ă©coute et attestent d’une lecture orchestralement trĂšs aboutie. Du reste l’orchestre munichois, affirme un bel Ă©noncĂ© du mystĂšre Ă©voquĂ©, Ă©clairĂ© par une clartĂ© transparente continue, qui quand il ne sature pas dans les tutti trop appuyĂ©s, se montre d’une onctuositĂ© dĂ©lectable. Tant de joyaux dans l’Ă©criture Ă©clairent la place aujourd’hui oubliĂ©e de Charles Gounod dans l’Ă©closion et l’Ă©volution du romantisme français. Et en 1877, Ă  l’Ă©poque du wagnĂ©risme envahissant, (le dernier) Gounod, dans Cinq-Mars d’aprĂšs Vigny, impose inĂ©luctablement un classicisme Ă  la française qui s’expose dans le style et l’Ă©lĂ©gance de l’orchestre (premiĂšre scĂšne : Cinq-Mars et le chƓur masculin). D’emblĂ©e c’est le style trĂšs racĂ© de la direction (nuancĂ© et souple Ulf Schirmer), des choristes (excellentissimes dans l’articulation d’un français Ă  la fois dĂ©licat et parfaitement intelligible) qui Ă©claire constamment l’Ă©criture lumineuse d’un compositeur jamais Ă©pais, orchestrateur raffinĂ© (flĂ»te, harpe, clarinette, hautbois toujours sollicitĂ©s quand le compositeur dĂ©veloppe l’ivresse enivrĂ©e de ses protagonistes).

 

 

 

Cinq-Mars Ă©claire le raffinement du dernier Gounod

 

 

Justesse immĂ©diate dĂšs la premiĂšre scĂšne et surtout la seconde entre De Thou et Cinq Mars : timbres suaves et naturellement articulĂ©s du tĂ©nor et du baryton ainsi fusionnĂ©s, Cinq-Mars et son aĂźnĂ© (paternel) De Thou, soit l’excellent Mathias Vidal et Tassis Christoyannis : vrai duo viril, l’Ă©quivalent français en effusion et tendre confession mĂȘlĂ©e, du duo verdien : Carlos et Posa, dans Don Carlo. Le mĂȘme duo revient d’ailleurs pour fermer l’Ă©pisode tragique, juste avant l’exĂ©cution de Cinq-Mars par Richelieu, Ă  la fin du drame en 4 actes.

TENOR EN OR : Mathias Vidal Ă©blouit chez MondonvilleForce vocale palpitante, liant tout le dĂ©roulement de l’action, la prise de rĂŽle de Mathias Vidal en Cinq-Mars engagĂ© et nuancĂ©, relĂšve du miracle lyrique et dramatique : un tempĂ©rament ardent et juvĂ©nile, au style impeccable qui renouvelle sa fabuleuse partie dans les Grands Motets de Mondonville rĂ©vĂ©lĂ©s par le chef hongrois Gyorgy Vashegy (LIRE notre critique du cd Grands Motets de Mondonville, CLIC de classiquenews de mai 2016).

 

Intriguant sombre, persifleur grave et insidieux, le pĂšre Joseph (Ă©minence grise de l’ombre, crĂ©ature Ă  la solde de Richelieu), Andrew Foster-Williams captive aussi par la vraisemblance de son incarnation ; mĂȘme Ă©paisseur psychologique pour la Marie de Gonzague de l’aĂźnĂ©e de tous, VĂ©ronique Gens, Ă  la diction idĂ©ale, creusant l’ambition de la princesse, immĂ©diatement saisie par son avenir de Reine… on note cependant une certaine tension dans les aigus vibrĂ©s mais comme c’est le cas de l’autre soprano française, d’une Ă©tonnante longĂ©vitĂ© – Sandrine Piau, VĂ©ronique Gens convainc ici par le contrĂŽle de son instrument; par son style sans effet, sa grande vĂ©ritĂ© directe et fluide : bel angĂ©lisme de son air “Nuit silencieuse” au caractĂšre d’ivresse suave Ă©perdue.

 

 

CLIC_macaron_2014La cohĂ©rence Ă©vidente de cette magnifique lecture rend hommage au gĂ©nie de Gounod inspirĂ© par le Cinq mars de Vigny (1826). 50 ans aprĂšs Vigny, Gounod conçoit ce Cinq Mars oĂč brille et scintille l’enchantement d’un orchestre dĂ©licat et raffinĂ© auquel la direction aĂ©rĂ©e et souple, globalement somptueusement suggestive de l’expĂ©rimentĂ© Ulf Schirmer, exprime les facettes irrĂ©sistibles, toutes sans exception, dramatiquement trĂšs efficaces. Avant Cinq-Mars, Gounod n’avait pas composĂ© d’opĂ©ras depuis 10 ans : son retour pour l’OpĂ©ra-Comique dirigĂ© par LĂ©on Carvalho, est traversĂ© par l’intelligence, cette limpiditĂ© (dont parle le critique et compositeur JonciĂšres pourtant trĂšs wagnĂ©rien), ce souci du coloris et une sensualitĂ© dont il a conservĂ© le secret. D’un opĂ©ra historique dĂ©ployant les intrigues politiques et courtisanes qui opposent Richelieu et les princes qui conspirent dont le Marquis de Cinq-Mars, Gounod fait un drame sentimental poignant qui touche par la justesse des sĂ©quences, tant collectives qu’intimistes et individuelles.
GOUNOD charles-gounod-2On s’incline devant une partition aussi bien ficelĂ©e, devant une lecture ciselĂ©e, attentive Ă  sa subtile texture, autant instrumentale que vocale. Superbe rĂ©alisation, de loin, l’une des mieux conçues de tous les titres jusque lĂ  parus dans la dĂ©sormais riche et fondamentale collection “OpĂ©ra français” (Ă©coutez aussi dans la mĂȘme tenue artistique et pour mesurer un autre chef d’Ɠuvre oubliĂ© : l’oratorio romantique La Mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer, source de l’admiration sans borne de Berlioz, paru en 2010). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai / juin 2016. Si la publication au disque est opportune et tout Ă  fait lĂ©gitime, on regrette qu’aucun opĂ©ra en France ne prenne l’initiative de programmer ce sommet lyrique romantique français : les interprĂštes sont prĂȘts et l’orchestre, sur instruments d’Ă©poque, existe. Le dossier de presse accompagnant le titre mentionne  la prochaine production scĂ©nique de la partition Ă  l’OpĂ©ra de Leipzig (20, 27 mai puis 11 juin 2017). Quid en France ?  Le public français a toute compĂ©tence pour juger de la valeur d’un telle perle lyrique. On commet une grossiĂšre erreur Ă  l’en priver.

 

 

 

Livre cd, compte rendu critique. GOUNOD : Cinq Mars, 1877. Vidal, Gens, Christoyannis, … 2 cd Ediciones Singulares — Palazzeto Bru Zane, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Munich en janvier 2015

 

LIRE aussi notre dossier prĂ©sentation et synopsis de Cinq-Mars de Gounod, lors de sa recrĂ©ation en janvier 2015 Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles

 

 

Opéra, annonce : Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

 

 

 

gounod cahrles par Henry LehmannLa cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..  LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod. Illustration ci dessous : Charles Gounod par Henry Lehmann.

 

 

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod

 

 

Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

La cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..

 

 

 

un opĂ©ra historique nĂ©obaroque d’aprĂšs Vigny

 

GĂ©rĂŽme_Eminence_grise_1873PrĂ©sentation de l’oeuvre… TrĂšs amateur des opĂ©ras de Gounod et plutĂŽt convaincu par sa conception dramatique,  le nouveau directeur de l’ opĂ©ra comique, Carvalho qui prend ses fonctions en 1876, sollicite immĂ©diatement le compositeur pour un nouvel opĂ©ra.  Il s’agit de faire suite aux ouvrages dĂ©jĂ  montĂ©s et dont il a pilotĂ© la crĂ©ation: Faust, Mireille, RomĂ©o et Juliette  au ThĂ©Ăątre Lyrique.  AchevĂ© en trois mois, dĂ©but janvier 1877, Cinq-Mars est crĂ©Ă© le 5 avril suivant. Le roman d’Alfred de Vigny (publiĂ© en 1826) a dĂ©jĂ  inspirĂ© un livret d’opĂ©ra Ă  Saint-Georges qui le soumit Ă  Meyerbeer en 1837, sans succĂšs.  Essentiellement Ă  partir du chapitre XXII du roman de Vigny, la nouvelle adaptation de Paul Poirson, versifiĂ©e par Louis Gallet inspire Ă  Gounod l’un de ses ouvrages les plus dramatiques.

L’action du chapitre XXII se concentre sur des donnĂ©es psychologiques : elle se passe chez Marion Delorme et se focalise sur la conspiration. Dans l’Ă©criture comme Massent le fait dans Manon,  Gounod regarde du cĂŽtĂ© du baroque Français avec une finesse neoclassique donc qui est particuliĂšrement rĂ©ussie (le divertissement avec ses archaĂŻsmes scarlatine zĂšbre autres, chez Marion Delorme citĂ© Ă©videmment les divertissements des opĂ©ras de Lully,  Campra
.

Quelques passages remarquables. Le prĂ©lude en rĂ© mineur plutĂŽt sombre qui annonce le dĂ©nouement tragique, est encore enrichi (pour la reprise en novembre 1877, d’une sĂ©quence centrale dont le motif emprunte au duo du dernier acte. Le choeur d’hommes Ă  quatre voix « Allez par la nuit claire », sommet d’Ă©lĂ©gance harmonique et de lĂ©gĂšretĂ© plutot entraĂźnant puis la CantilĂšne de Marie « Nuit resplendissante », dĂ©jĂ  distinguĂ©e affirme ici la meilleure inspiration de Gounod, celui des mĂ©lodies enivrĂ©s et sensuelles, marques de l’opĂ©ra romantique français prĂ©figurant Massent ; c’est le Gounod irrĂ©sistible de  « Salut demeure chaste et pure » dans Faust ou « Ah, lĂšve-toi, soleil » dans RomĂ©o : le chant vocal est magistralemnt soutenu par le tissu transpzrent et caractĂ©risĂ© de l’orchestre. VoilĂ  qui confirme le mĂ©tier de Gounod comme orchestrateur talentueux. .. digne successeur de Berlioz.

Au II, plutĂŽt bellinien,  le duo dialoguĂ© entre Marie et Cinq-Mars, « Faut-il donc oublier », se dĂ©tache trĂšs nettement par la puretĂ© de son inspiration. Puis aprĂšs le Divertissement, le deuxiĂšme air de Marion, « Parmi les fougĂšres », vocalise sans limitation Ă  la façon de la reine dans Les Huguenots de Meyerbeer, source lyrique que Gounod a toujours Ă  l’esprit.  Le trĂšs court acte III suit le rythme et les pĂ©ripĂ©ties de la chasse royale (le choeurs des chasseurs revisite les choeurs d’Euryanthe et du FreischĂŒtz de Weber, un compositeur que Gounod admire rĂ©ellement). Marie forcĂ©e par le pĂšre Joseph Ă  la trahison y est la vĂ©ritable proie.

Au IV, tout aussi court, se dĂ©tache la Cavatine de Cinq-Mars, « Ô chĂšre et vivante image », assez dĂ©veloppĂ©e, d’une sensibilitĂ© elle aussi bel-cantiste — comme le duo de l’acte II. Ici prime l’action et son prĂ©cipitĂ© dramatique comme l’atteste, point culminant de la tension : le mĂ©lodrame au cours duquel on vient annoncer la sentence aux prisonniers puis dans la marche au supplice d’oĂč jaillit la dĂ©termination inĂ©luctable des hĂ©ros sacrifiĂ©s : Cinq mars et de Thou.

La crĂ©ation, le 5 avril 1877 promet d’ĂȘtre largement suivie : pas moins de 10 000 demandes de places ! pour une production dont les costumes ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par les propres recherches du peintre acadĂ©mique historiciste Ă  la mode, GĂ©rĂŽme (grand ami de Massenet et comme le compositeur, passionnĂ© de reconstitution archĂ©ologique minutieuse). Gounod dirige lui-mĂȘme l’orchestre jusqu’au 21 mai suivant.

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

 

 

synopsis

 

Marquis_Cinq_MarsL’action se situe en 1642, Ă  la fin du rĂšgne de Louis XIII . Le pouvoir arbitraire du cardinal de Richelieu divise la cour. Par fidĂ©litĂ© au roi, certains seigneurs et courtisans forment bientĂŽt le projet d’une conspiration. La rĂ©solution de cet Ă©pisode de l’histoire est restĂ© sous le nom Ă©loquent de « JournĂ©e des dupes ». Deux clans s’opposent : l’arrogances des princes et des aristos contre le parti du Cardinal de Richelieu : entre les deux tribus, Marie de Gonzague et le marquis de Cinq Mars se voient dĂ©chirĂ©s. En s’opposant au Cardinal, Cinq-Mars qui a toute la confiance du Roi Louis XIII signe son arrĂȘt de mort


 

 

 

ACTE I. Le chĂąteau du marquis de Cinq-Mars.

Un choeur de nobles cĂ©lĂšbre l’importance imminente que va prendre Cinq-Mars ; certains suggĂšrent qu’il doit son ultime dette d’allĂ©geance au cardinal de Richelieu, d’autres au Roi. Pour sa part, Cinq-Mars se montre indiffĂ©rent aux questions d’ordre politique : seul avec son ami le plus proche, de Thou, il confesse qu’il aime la princesse Marie de Gonzague. Ils reconnaissent tous deux intuitivement que cette liaison finira mal. Les invitĂ©s reparaissent : parmi eux figure cette fois le PĂšre Joseph, porte-parole du cardinal de Richelieu, et la princesse Marie de Gonzague. Le premier annonce que Cinq-Mars est appelĂ© Ă  la cour royale et qu’un mariage est arrangĂ© entre la princesse Marie et le roi de Pologne. Cinq-Mars et Marie conviennent de se retrouver plus tard dans la soirĂ©e. AprĂšs le dĂ©part des invitĂ©s, Marie – troublĂ©e – confesse son Ă©moi dans le calme de la nuit. Cinq-Mars entre et lui dĂ©clare son amour ; avant son dĂ©part, elle lui retourne sa dĂ©claration.

ACTE II. Premier Tableau : les appartements du roi.

AprĂšs avoir exaltĂ© la beautĂ© de la courtisane Marion Delorme, Fontrailles, MontrĂ©sor, Montmort, de Brienne, Monglat et d’autres nobles discutent de l’influence croissante de Cinq-Mars auprĂšs du roi. Les courtisans sont mĂ©contents du pouvoir immodĂ©rĂ© que s’est arrogĂ© le cardinal de Richelieu et se demandent si Cinq-Mars rejoindra finalement leur cause. Marion rapporte que le cardinal menace de l’exiler ; Fontrailles est surpris et il est sĂ»r que la ville de Paris deviendrait bien ennuyeuse sans ses Ă©lĂ©gants salons. La luthiste-courtisane annonce qu’elle organisera un bal le lendemain, lequel fournira l’occasion de jeter les bases d’une intrigue pour Ă©vincer le cardinal. Cinq-Mars paraĂźt. Marie de Gonzague vient d’arriver Ă  la cour et les deux amoureux sont rĂ©unis. Mais le PĂšre Joseph vient annoncer que, malgrĂ© l’accord de principe du Roi, le Cardinal refuse de sanctionner leur union, prĂ©fĂ©rant plutĂŽt suivre le plan originel et faire Ă©pouser Ă  Marie le Roi de Pologne.

Second Tableau : chez Marion Delorme.

La soirĂ©e dĂ©bute par la lecture du dernier roman de Madeleine de ScudĂ©ry, ClĂ©lie, suivie d’un long divertissement masquĂ©. C’est Ă  ce moment que les conspirateurs fomentent leur plan : Fontrailles assure Ă  tous que Cinq-Mars va se joindre Ă  eux. Comme il l’a prĂ©dit, Cinq-Mars arrive bientĂŽt. Il dĂ©clare que le Roi ne contrĂŽle plus totalement le pays et que l’éviction du Cardinal est une mission juste ; la guerre civile est imminente et il assure ses acolytes qu’il a arrangĂ© un traitĂ© avec l’Espagne, laquelle engage ses armĂ©es Ă  intervenir de leur cĂŽtĂ©. De Thou l’interrompt soudain et l’avertit de ne pas ouvrir le sol français Ă  une puissance Ă©trangĂšre, mais Cinq-Mars demeure rĂ©solu.

ACTE III Le lendemain. À l’extĂ©rieur d’une chapelle.

Une rĂ©union des conspirateurs est imminente ; Marie apparaĂźt contre toute attente et convient avec Cinq-Mars d’échanger sur-le-champ des voeux de mariage. Ils sont secrĂštement Ă©coutĂ©s par Eustache, espion du PĂšre Joseph, qui raconte tout Ă  son maĂźtre. L’ecclĂ©siastique savoure le pouvoir qu’il dĂ©tient sur le destin de Cinq-Mars. Il confronte Marie Ă  l’annonce de la pendaison imminente du Marquis qui a trahi son pays en traitant indĂ©pendamment avec une puissance Ă©trangĂšre ; l’ambassadeur polonais reviendra bientĂŽt d’une partie de chasse avec le Roi et il conseille Ă  Marie de lui rĂ©pondre favorablement, en Ă©change de quoi Cinq-Mars sera Ă©pargnĂ©. Lorsqu’arrive la suite royale, Marie capitule Ă  contrecoeur.

ACTE IV. Une prison.

En attendant son exĂ©cution, Cinq-Mars dĂ©plore que Marie l’ait abandonnĂ©e ; nĂ©anmoins, sa derniĂšre heure venue, il Ă©voque son image en guise de consolation. Marie entre, explique la ruse du PĂšre Joseph et assure qu’elle aime toujours Cinq-Mars. De Thou trace les grandes lignes du plan qui a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© pour permettre Ă  Cinq-Mars de s’échapper le lendemain. Mais le Chancelier et le PĂšre Joseph viennent annoncer que le Marquis devra mourir avant l’aube, ruinant l’espoir d’une Ă©vasion. Avant que Cinq-Mars ne soit amenĂ© au gibet, il entonne avec de Thou une derniĂšre priĂšre.