ON LILLE : Alexandre BLOCH explique et présente la 7Úme de MAHLER

BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsMAESTRO, VIDEO inĂ©dite. ON LILLE / Alexandre BLOCH : que se passe-t-il dans la tĂȘte du chef ? Directeur musical de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch profite du confinement pour s’interroger sur sa fonction et sa finalitĂ©, sur les enjeux et les moyens du chef d’orchestre au moment du concert. Un tĂ©moignage inĂ©dit et passionnant sur le travail du chef confrontĂ© aux partitions puis aux instrumentistes de l’orchestre pour les jouer

Dans le cadre du cycle des symphonies de Gustav Mahler, dirigĂ©es pendant l’annĂ©e 2019, Alexandre Bloch a rĂ©alisĂ© Ă  partir des images des captations des concerts, en particulier pendant la prĂ©paration et la rĂ©alisation de la Symphonie n°7, l’une des plus profondes, intimes et autobiographiques du compositeur, son propre montage ; comme un journal de bord oĂč le maestro sur l’estrade et en temps rĂ©el, tĂ©moigne de son Ă©tat d’esprit, de ses Ă©motions, de son rythme cardiaque en cours de reprĂ©sentation (avec bonus, le spectre de ses Ă©motions successives)
 C’est un document passionnant qui immerge dans l’esprit du chef, avec en voix off, ses impressions personnelles, tout ce que se passe dans sa tĂȘte mesure aprĂšs mesure
 pour chaque entrĂ©e des pupitres : horntĂ©nor, bois, cordes (violon 2, violon 1), trompettes
 les harpes (13 mn le dĂ©but de la symphonie! ).

 

 
 

 

Alexandre Bloch : Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?

Le chef est aux commandes…

 

 

bloch-alexandre-orchestre-national-de-lille-reportage-video-dans-la-tete-du-chef-symphonie-7-gustav-mahler-critique-presentation-classiquenewsC’est un conducteur idĂ©al pour mieux mesurer l’implication, la concentration, les moyens qu’a le chef pour communiquer avec chaque instrumentiste pour obtenir ce qui a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© (dont les effets de texture sonore liĂ©s Ă  l’accomplissement des dissonances, des nuances de danse dont le tango, des citations dont « Intermarché » (mais oui !!!),« Ah vous dirai-je maman » ou God save the queen, des changements de tempos
 autant de dĂ©tails / nuances indiquĂ©s sur la partition, laquelle apparaĂźt Ă  l’écran). Le concert fut un triomphe dans le vaste Auditorium Nouveau SiĂšcle Ă  Lille. Revivre ainsi certains extraits de la symphonie (dĂ©but et fin du Premier mouvement), avec les remarques personnelles du chef est un grand moment de dĂ©lectation symphonique
 Ainsi grĂące aux remarques du chef, l’auditeur peut mieux comprendre toutes les interactions en cours, la formidable horlogerie collective qui se produit dans la fabuleuse partition de Mahler
 On prend conscience de ce que souhaite le chef, comparĂ© Ă  ce que produisent simultanĂ©ment les musiciens de l’Orchestre lillois. La promesse des vertiges voire de l’ivresse orchestrale (manifeste grĂące Ă  l’euphorie Ă©nergisante des cordes et des cloches) se rĂ©alisent enfin grĂące Ă  la passion d’un chef qui malgrĂ© son extĂ©nuation dĂ©clarĂ©e
 aime partager, vibrer, expliquer. Lumineux, gĂ©nĂ©reux, indispensable.

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Visionner le tĂ©moignage vidĂ©o « ”Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?” Alexandre Bloch et la 7Ăšme symphonie de Mahler »

Lien vers la vidéo Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=Nt_z6TlYQ8U

Durée : 11mn
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VOIR la vidĂ©o ”Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?” Alexandre Bloch et la 7Ăšme symphonie de Mahler » :

 


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CD Ă  venir
L’enregistrement de la 7Ăšme Symphonie par de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch est annoncĂ©e en septembre 2020 (1 cd Alpha). Sortie trĂšs attendue. Prochaine critique cd dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

 

 

 

 

Livres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel)

muti riccardo prima la musicaLivres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel). On se souvient qu’en mars 2011, Ă  Rome, alors qu’il dirige Nabucco de Verdi et son choeur des esclaves, le chef septuagĂ©naire Riccardo Muti (nĂ© en 1941) jamais en reste d’une action fracassante propre Ă  dĂ©fendre l’art et la musique, regrettant l’Italie perdue, bissait le choeur fameux avec la complicitĂ© du public debout, explicitement hostile Ă  Berlusconi, Ă  l’instar des rĂ©voltĂ©s rĂ©publicains de 1840. La musique Ă©tait devenu hymne politique contre un pouvoir Ă©tranger Ă  tout essor culturel. L’anecdote souligne les positions d’un chef dĂ©terminĂ© voire sec et despotique qui incarne aprĂšs Toscanini et Nino Votto (son maĂźtre direct, avant que Karajan ne l’appelle Ă  Salzbourg pour y diriger Mozart au dĂ©but des annĂ©es 1980 (Cosi
), le mythe du chef charismatique, guide et visionnaire pour tous. De fait, sa plume, Ă  l’honneur dans ce carnet de commentaires, pensĂ©es, suggestions sur sa carriĂšre ne manque pas de phrases pĂ©nĂ©trantes, souvent superfĂ©tatoires voire autosatisfaites lorsqu’il s’agit d’évoquer telle ou telle production, tel ou tel concert. FĂ©lin mordant et jaloux de sa gloire, Muti semble souvent dresser la liste de ses rĂ©alisations comme s’il s’agissait de dĂ©montrer tous ses mĂ©rites dans un procĂšs imaginaire.

Le titre «  Prima la musical! » donne l’indice d’un musicien qui laisse toute la place Ă  l’orchestre et au chant ; face aux mises en scĂšne dont Muti dĂ©nonce souvent les dĂ©calages, les glissements dangereux, l’incomprĂ©hension, le chef dĂ©fend ses chanteurs et ses instrumentistes. Il n’est guĂšre que quelques scĂ©nographes dignes de son engagement et de son exigence : Ronconi ou Strehler.
Passion Verdi. C’est essentiellement au chapitre verdien que la plume se rĂ©vĂšle la plus passionnante : Muti l’inflexible se montre trĂšs inspirĂ© dans le travail sur les opĂ©ras de Verdi : rajeunir La Traviata (avec Alagna), dĂ©poussiĂ©rer Le TrouvĂšre, retrouver les silences de Macbeth (et ses pianissimos souhaitĂ©s par Verdi), opter pour le diapason 432 pour Otello
 Autant d’options bien argumentĂ©es et expliquĂ©es qui fondent ici une connaissance profonde et intime d’une Ă©criture si proche de sa sanguinitĂ© artistique.
L’affaire de sa dĂ©mission obligĂ©e de La Scala (dont il est directeur de 1986 Ă  2005) aprĂšs la rĂ©sistance d’un personnel de plus en plus rĂ©ticent face Ă  la droiture fiĂšre et souvent supĂ©rieure d’un maestro drapĂ© comme un dieu grec est Ă©videmment Ă©voquĂ©e
 Ă  la faveur du dĂ©missionnaire.
Outre les Ă©vocations positives des Ă©pisodes de la vie musicale, plusieurs figures paraissent ici : Karajan (le pĂšre spirituel), Pavarotti (et ses aigus satinĂ©s dans un Don Carlos mĂ©morable), Strehler, Jessye Norman, Fellini, Toscanini, mais aussi Callas (pressentie espĂ©rĂ©e mais finalement inaccessible) ou Nino Rota et Sviatoslav Richter, duo de solistes pour ses noces
 A l’heure des rĂ©volutions stylistiques permises par le jeu sur instruments d’époque, Muti fait cependant figure de chef d’un monde rĂ©volu. Quel grand metteur en scĂšne voudrait d’ailleurs travailler avec lui ? L’Italien magnifique, comme un lion aguerri, ne semble plus ĂȘtre aussi convaincant Ă  l’opĂ©ra et demeure surtout invitĂ© pour quelques cycles symphoniques et des messes exigeant souffle fervent, solennitĂ© d’un autre Ăąge.

Livres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel). 19,95 €. ISBN : 9782809805390. 236 pages. Parution : 12 mars 2014.

Jean-Claude Casadesus : le goût des autres. Portrait

casadesus_jean_claude_portrait_290TĂ©lĂ©. Jean-Claude Casadesus : le goĂ»t des autres. Portrait d’un chef engagĂ©, passionnĂ©, humaniste, gĂ©nĂ©reux … Chef d’orchestre de renommĂ©e internationale, et depuis de nombreuses annĂ©es, directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus se rĂ©vĂšle Ă  travers ce documentaire intime et proche tel un artiste humaniste, douĂ© de sagesse, tĂ©moignant sans cesse de sa solidaritĂ© envers ceux qui sont en marge de la sociĂ©tĂ©. La musique est un baume pour l’Ăąme et le cƓur : l’activitĂ© multiple engagĂ©e du maestro lillois nous le montre avec passion et gĂ©nĂ©rositĂ©.

Il Ă©voque avec beaucoup d’émotion son enfance Ă  Montmartre, ses parents, ses enfants, ses rencontres. Il nous fait part des liens trĂšs forts qui l’unissent Ă  ses musiciens de l’Orchestre national de Lille et dĂ©finit le rĂŽle du chef, en charge de cette grande famille que constitue l’orchestre.
Notre avis. Enfant d’une famille de musiciens (et de comĂ©diens) – qui a mĂȘme sa place Ă  Montmartre, Jean-Claude Casadesus honore la tradition familiale: le chef d’orchestre qui conduit avec gĂ©nĂ©rositĂ©, amour, patience et surtout humilitĂ©, le destin des 100 musiciens du National de Lille, se livre devant la camĂ©ra Ă  l’occasion de concerts Ă  Lille (Symphonie n°5 de Schubert, Symphonie n°9 de Dvorak), de rĂ©pĂ©titions autour de Ravel … Pourquoi devenir chef ? Pour l’envie voire la passion de partager la magie de la musique.
Il est passĂ© par tous les instruments avant la baguette : violon, piano, contrebasse et timbalier (un poste privilĂ©giĂ© pour observer ce qui se passe Ă  l’orchestre : j’Ă©tais au coeur du rĂ©acteur… face aux chefs, un avant poste idĂ©al pour analyser leurs gestes, les bons comme les moins convaincants). Alors Ă  quoi consiste le mĂ©tier de chef ? Battre la mesure et tenir le rythme (Ă  la main droite) ; exprimer, souligner, inflĂ©chir un caractĂšre Ă  la main gauche… Mais toujours ĂȘtre habitĂ©.
Dans son appartement parisien non loin de Montmartre, le maestro prĂ©sente une partie de ses objets chers  dont un intĂ©rĂȘt pour les lettres de musiciens (Stravinsky qu’il a approchĂ©, Berlioz dont il souligne la bipolaritĂ© attachante, Ă©reintante, Darius Milhaud, voisin de quartier trĂšs estimĂ© … ). Le chef est un berger, celui qui prĂ©pare l’action simultanĂ©e des instrumentistes de l’orchestre pour susciter une lĂ©vitation Ă©motionnelle collective. Ainsi il faut servir la partition, oser certains partis personnels (comme le rubato, ce temps prĂ©cipitĂ© ou ralenti, offrant la sensation oxygĂ©nante du flux et du reflux, de la tension et de la dĂ©tente…), et obtenir…  Un chef d’envergure ne commande pas : il invite chaque musicien Ă  Ă©couter les autres et Ă  se dĂ©passer.
Pour autant, le maestro ne reste pas dans sa bulle artistique : l’art musical est un art vivant qui doit demeurer en contact avec la vie ; c’est pourquoi il est montrĂ© dans le docu, chef et musiciens se dĂ©placent jusque dans les prisons et maisons d’arrĂȘt pour y faire souffler un vent d’espĂ©rance, y donner une perspective positive. La musique rend meilleur. Comme on aimerait le croire. Bravo maestro ! Portrait simple, direct, Ă©loquent.

 

france2-logo_2013« Au clair de la lune », documentaire
Jean-Claude Casadesus, le goût des autres
France 2
Mardi 26 novembre 2013 Ă  00h30

Documentaire de 54’
Réalisé par : Claude Couderc

Produit par : Skopia Films – Eric Bitoun et Adùle Menard
UnitĂ© Musique et Spectacles vivants : Nicolas Auboyneau – Brice Chappey