VidĂ©o, clip : Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours, dĂ©cembre 2014

Épatante Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursVIDEO,clip. Tours, OpĂ©ra : nouvelle Chauve Souris. Dialogues en français, airs chantĂ©s en allemand, la nouvelle production de La Chauve-Souris de Johann Strauss II prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours les 27,28,30 et 31 dĂ©cembre 2014 rĂ©tablit l’Ă©lĂ©gance, la finesse d’une partition musicalement irrĂ©sistible et thĂ©Ăątralement pĂ©tillante : l’acteur et metteur en scĂšne Jacques Duparc rĂ©invente la saveur des situations sans les dĂ©naturer, dans la fosse, Jean-Yves Ossonce fait briller couleurs et caractĂšres des danses Ă©crites par Strauss, chez les Eisenstein, au bal du Prince Orlofsky, dans la prison de Franck oĂč chacun abat son masque… nuit de folie, nuit d’ivresse et de travestissements, La Chauve Souris est aussi la rĂ©alisation d’une vengeance, celle de Falke au dĂ©triment d’Eisenstein, dindon de la farce : le sĂ©ducteur impuni est dĂ©voilĂ© par sa femme Rosalinde masquĂ©e en comtesse hongroise… Au sein d’une distribution trĂšs homogĂšne et scĂ©niquement impliquĂ©e, brille le soprano suave et gĂ©nĂ©reux de Vannina Santoni (AdĂšle/Olga), rĂ©vĂ©lation de la production. Clip vidĂ©o © classiquenews.tv. Reportage vidĂ©o Ă  venir.

LIRE aussi notre compte rendu de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours (dĂ©cembre 2014)

Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Tours, OpĂ©ra. Johann Strauss II : La Chauve Souris. Les 27,28,30, 31 dĂ©cembre 2014. FĂȘtez la fin 2014 avec La Chauve Souris de Johann Strauss fils : la finesse des situations rĂ©pond ici au raffinement d’une partition orchestrale totalement enivrante et pĂ©tillante comme une flĂ»te de champagne. Au dĂ©part, il s’agit d’une vengeance, celle de Falke qui ridiculisĂ© par Eisenstein : – il fut obligĂ© de traverser toute la ville habillĂ© en chauve souris avec un bec jaune -, invite son « ami » devenu cible au bal du prince Orlofsky : Eisenstein croit y sĂ©duire de nouvelles sirĂšnes (alors qu’il est mariĂ© Ă  Rosalinde) mais il tombera dans un piĂšge dĂ©voilant sa nature infidĂšle.

 

 

 

FĂȘtez le passage 2014-2015 Ă  l’OpĂ©ra de Tours

La Chauve souris, joyau de Johann Strauss II

 

prinet 1905 le_balconSa propre Ă©pouse grimĂ©e en princesse hongroise se laisse sĂ©duire par lui et accepte qu’il lui offre sa montre : un objet qui permettra Ă  la jeune femme de dĂ©montrer l’infidĂ©litĂ© crasse de son mari
 Au terme d’un soirĂ©e grisante oĂč l’on change d’identitĂ© comme de partenaires, oĂč la soubrette AdĂšle (servante des Eisenstein) s’émancipe en actrice dĂ©lurĂ©e (Olga)-, Falke et son parieur Orlofsky rient d’Eisenstein copieusement ridiculisĂ© mais trompĂ© finalement en un dernier chƓur oĂč l’ivresse et l’insouciance collective apportent une conclusion apparemment festive et apaisĂ©e. Pourtant rien n’est rĂ©solu
 MalgrĂ© la rĂ©jouissance affichĂ©e et la rĂ©conciliation des amis, Rosalinde est plus que jamais dĂ©sireuse de divorcer de son Ă©poux volage.

Nouvelle Chauve Souris de Johann II Strauss Ă  l'OpĂ©ra de ToursRien n’égale le double jeu, les apparences trompeuses, l’ambivalence d’une partition d’une sĂ©duction infinie. Au cƓur de la rĂ©ussite de La Chauve Souris, se dĂ©ploie le gĂ©nie mĂ©lodique et orchestral de Johann Strauss, heureux rival de son pĂšre, et qui ne reconnaissait qu’un seul maĂźtre : son propre frĂšre, Josef dont on s’obstine Ă  Ă©carter toujours valses et poĂšmes symphoniques. Le roi de la valse, Johann II, a toujours reconnu la supĂ©rioritĂ© du gĂ©nie de son cadet Josef, alors que ce dernier aurait prĂ©fĂ©rĂ© s’adonner Ă  la recherche et l’ingĂ©nierie. Quoiqu’il en soit de la valeur de Johann II ou de Josef, La Chauve Souris est une opĂ©rette parmi les mieux Ă©crites de tout le rĂ©pertoire lyrique ; sous sa sĂ©millante lĂ©gĂšretĂ© se cachent des joyaux d’élĂ©gance et de raffinement. Une comĂ©die ciselĂ©e qui n’a jamais perdu de son charme ni de sa profondeur depuis sa crĂ©ation en avril 1874 Ă  Vienne. Toute nouvelle production de La Chauve Souris offre une immersion dans l’ivresse musicale la plus exquise. Gageons que cette promesse se rĂ©alise particuliĂšrement Ă  l’OpĂ©ra de Tours en dĂ©cembre 2014


 

Jean-Beraud-An-Argument-in-the-Corridors-of-the-Opera-1889

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition BĂ€renreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : sĂ©rie E (de 7€ Ă  65€) le 31/12/2014 : sĂ©rie E+ (de 7€ Ă  70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours
ChƓurs de l’OpĂ©ra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théùtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scÚne : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* DĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 
Nouvelle Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Illustration : une scĂšne Ă  l’OpĂ©ra par Jean BĂ©raud, 1889. Une soirĂ©e, 1878 (DR)

Nouvelle Chauve Souris Ă  Tours

Johann_Strauss_IITours, OpĂ©ra. La Chauve Souris : 27>31 dĂ©cembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris
 Elle avance masquĂ©e,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂŽles dĂ©jantĂ©s travestis, à l’orchestre grĂące Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e,  qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂč Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un thĂ©Ăątre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine,  hypocrite,  hiĂ©rarchisĂ©e. C’est une parodie satire d’aprĂšs le thĂ©Ăątre de boulevard parisien oĂč perce aussi la guerre des sexes. D’astucieuses jeunes femmes, la bonne (AdĂšle), l’Ă©pouse (Rosalinde) entendent se venger d’un Ă©poux/patron libidineux infidĂšle (Eisenstein)…

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Les choeurs virtuoses,  la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss,  sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂȘte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Souhaitons que la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours rĂ©unisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohĂ©rence du plateau vocal rĂ©alisent d’indiscutables rĂ©ussites Ă  Tours.

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition BĂ€renreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : sĂ©rie E (de 7€ Ă  65€) le 31/12/2014 : sĂ©rie E+ (de 7€ Ă  70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours
ChƓurs de l’OpĂ©ra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théùtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* DĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théùtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis

Tout commence quelques mois auparavant, quand, un matin de bringue, revenant tous deux d’un bal masquĂ©, le rentier Gabriel von Eisenstein contraignit son ami Dr Falke, notaire, Ă  traverser la ville, revĂȘtu d’un dĂ©guisement de Chauve-souris. Le Dr Falke tout feignant d’en rire, jure de se venger
.

Acte I : Ă  Pontoise chez Gabriel von Eisenstein

Une altercation avec un garde-champĂȘtre a valu Ă  Gabriel von Eisenstein huit jours de prison. Il dĂ©cide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon dĂźner avec sa femme Rosalinde. Son ami, Dr Falke, lui rend visite et lui propose de passer cette derniĂšre soirĂ©e en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gabriel von Eisenstein enthousiaste accepte et aprĂšs un petit mensonge Ă  son Ă©pouse : Rosalinde, part soit disant pour « la prison » !

Rosalinde est bouleversĂ©e quand tout Ă  coup elle reçoit la visite d’un ami d’enfance, ex et toujours amoureux « transi » , Alfred qui s’invite illico au diner en tentant de sĂ©duire celle qu’il aime encore ! Ils sont surpris par Franck, le directeur de la prison qui en fait, vient chercher le prisonnier Eisenstein. Alfred ne voulant pas rĂ©vĂ©ler son identitĂ©, doit achever la soirĂ©e en prison, sous le nom de Gabriel von Eisenstein.

Rosalinde apprend par la soubrette AdĂšle que son mari n’est pas parti pour la prison mais pour un bal masquĂ© avec de jolies filles. Elle dĂ©cide d’y aller pour confondre son mari : elle se fera passer pour une princesse hongroise.

 

 

Acte II : Chez le Prince Orlofsky

Gabriel von Eisenstein sous un faux nom, se retrouve donc Ă  la soirĂ©e du Prince Orlofsky avec son ami le Dr Falke. Le Directeur de la prison, Franck, est aussi invitĂ©. Sous un faux nom Ă©galement, il fait la connaissance de Mr Gabriel Von Eisenstein. Arrive la « princesse Hongroise » ! Gabriel Von Eisenstein, fait une cour assidue Ă  la prĂ©tendue Comtesse sans se rendre compte qu’il s’agit de sa propre femme ! Rosalinde se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient pourtant beaucoup. Elle confondra son Ă©poux en lui montrant l’objet ainsi « offert ».

 

 

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube

Le lendemain Ă  l’aube, Franck revient Ă  sa prison, encore gris du champagne de la veille. Gabriel von Eisenstein arrive lui aussi Ă  la prison pour faire ses « 8 jours » au grand Ă©bahissement de Franck qui lui dĂ©clare que le « vrai » Gabriel von Eisenstein est enfermĂ© depuis la veille. Eisenstein trĂšs intriguĂ© se fait passer pour son avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Rosalinde, munie de la montre, arrive Ă  son tour avec Dr Falke. Von Eisenstein est confondu et ne peut que s’excuser auprĂšs de Rosalinde. Le Dr Falke avoue ĂȘtre l’auteur de cette machination en reprĂ©sailles de Gabriel von Eisenstein qui se souvient alors de cette fameuse blague du dĂ©guisement de « Chauve Souris » ! Honteux et confus Gabriel ne sera pas le dernier Ă  en rire.

en LIRE + : prĂ©sentation complĂšte de la nouvelle production de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Johann Strauss II : La Chauve Souris Ă  Nice

Strauss Johann IINice, OpĂ©ra: La Chauve Souris. Du 17 au 23 janvier 2014. Nouvelle production en 4 dates. A l’initiative du nouveau directeur artistique, Marc Adam (depuis novembre 2012), l’OpĂ©ra de Nice confirme sa nouvelle orientation lyrique et artistique et prĂ©sente sa nouvelle production de La Chauve souris Ă  partir du 17 janvier 2014. L’oeuvre la plus cĂ©lĂšbre de la scĂšne viennoise de la fin du XIX Ăšme siĂšcle fut Ă©crite par un libĂ©ral, convaincu par les idĂ©aux rĂ©volutionnaires. Johann Strauss fils fut un ĂȘtre sanguin, passionnĂ© par la musique, violoniste virtuose (comme son pĂšre qui tenta d’empĂȘcher toujours mais vainement sa carriĂšre), travailleur acharnĂ©, cĂ©lĂšbre de Vienne Ă  Saint-PĂ©tersbourg. Sa vie affective est digne d’un roman fleuve. sa premiĂšre opĂ©rette immĂ©diatement applaudie dans toute l’Europe, La Chauve Souris resplendit et s’envole de nouveau, cycle habituel au moment des fĂȘtes: il y est question d’une sociĂ©tĂ© plus Ă©prises de divertissements et de champagne que de sacrifice et de tragĂ©die hĂ©roĂŻque.

Nice, Opéra
Johann Strauss II
La Chauve Souris, 1874
Die Fledermaus
Nouvelle production
4 dates : les 17, 21 et 23 janvier 2014 Ă  20h, le 19 janvier Ă  15h.

boutonreservationInformations et rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Nice

 

 

Nouvelle Chauve souris Ă  Nice

 

Opérette en trois actes
Livret de Karl Haffner et Richard GenĂ©e d’aprĂšs le vaudeville de Meilhac et HalĂ©vy Le rĂ©veillon
Créée à Vienne le 5 avril 1874
Texte chanté et dialogue en français
Adaptation Robin Belfond

Johann Strauss fils (1825-1899)
La Chauve souris, 1874
NOUVELLE PRODUCTION en coopération avec le Salzburger Landestheater

Direction musicale Bruno Ferrandis
Mise en scĂšne Andreas Gergen
DĂ©cors Court Watson
Costumes Regina Schill
LumiĂšres Patrick MĂ©eĂŒs
Chorégraphie Pascale Sabine Chevroton

Orchestre Philharmonique de Nice
Choeur de l’OpĂ©ra de Nice

Eisenstein Fabrice Dalis
Rosalinde Sophie Marin-Degor
Franck Bernard Imbert
Prince Orlofsky Karine Ohanyan
Alfred Christian Baumgaertel
Docteur Falke Boris Grappe
Docteur Blind Frédéric Diquero
AdĂšle Melody Louledjian
Ida Virginie Maraskin-Berrou
Frosch Noëlle Perna

 

 

 

L’Ă©lĂ©gant rebelle

 

Strauss Johann IIJohann Strauss fils a 49 ans lorsque, aprĂšs avoir composĂ© un catalogue inĂ©galĂ© de valses, qui a fait de lui l’empereur de la danse viennoise, il Ă©crit sa premiĂšre opĂ©rette La Chauve Souris, en 1874. A l’époque oĂč les impressionnistes prĂ©parent la rĂ©volution chromatique qui rĂ©formera la perception de la peinture, le “directeur des bals de la Cour”, admirĂ© de Wagner, Brahms et Liszt, enchante Ă  nouveau son public au thĂ©Ăątre. Strauss s’inspire d’un vaudeville rĂ©digĂ© par les librettistes d’Offenbach (lequel a alors composĂ© la majoritĂ© de son oeuvre lyrique). En effet, Meillac et HalĂ©vy lui “offrent” le prĂ©texte Ă  rebondissements d’une piĂšce, Le RĂ©veillon, dont l’action est elle-mĂȘme tirĂ©e de la piĂšce allemande de Benedix, La Prison. Au dĂ©part, il s’agit de la vengeance d’un notaire (qui deviendra le Docteur Falke dans la piĂšce de Strauss): maĂźtre Duparquet souhaite en effet punir son ami Gaillardin de l’avoir obligĂ© Ă  rentrer costumĂ©, Ă  l’aube, aprĂšs une soirĂ©e bien arrosĂ©e, semant le ridicule sur son passage. Le notaire invite son ami au dĂźner d’un prince russe oĂč sont Ă©galement rĂ©unis le directeur de la prison oĂč il doit sĂ©journer, ainsi que quelques “cocottes”.

Strauss et son librettiste, Richard GenĂ©e, transforment l’intrigue et les personnages: Gaillardin, le sujet de la vengeance devient Eisenstein et le dĂźner russe fait place Ă  une grande cĂ©rĂ©monie masquĂ©e, conduisant Ă  un bal typiquement viennois chez un prince, Orlofsky, riche et dĂ©sabusĂ©. Au souper paraissent l’épouse d’Eisenstein (Rosalinde), dĂ©guisĂ©e en comtesse hongroise (superbe prĂ©texte pour le compositeur Ă  composer un air typique) et aussi sa femme de chambre (AdĂšle), qui se prĂ©sente comme une grande actrice. Au final, comme portĂ© par l’élan des rythmes suscitĂ©s par la composition, Strauss Ă©crit sa Chauve Souris en 43 jours, en en faisaint un hymne irrĂ©pressible Ă  la valse et au “roi”champagne. Au-delĂ  de la comĂ©die des masques, Strauss, comme Offenbach vis Ă  vis de la sociĂ©tĂ© du Second Empire, brosse un portrait critique de la sociĂ©tĂ© de son Ă©poque, en particulier la facultĂ© de la classe moyenne et bourgeoise Ă  rompre toute licence pour “oublier” l’infamie et les misĂšres suscitĂ©s par le krach boursier contemporain, comme Ă  s’élever socialement et prĂ©tendre au divertissement aristocratique. L’oeuvre est crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre en der Wien, le 5 avril 1874.

Les Johann Strauss, le fils contre le pĂšre
Il y a comme toujours dans l’oeuvre lĂ©gĂšre de la sĂ©dition et une pointe acerbe tendue contre les dĂ©rĂšglements de la sociĂ©tĂ© contemporaine. L’univers de la prison, dans la Chauve Souris, met en vĂ©ritĂ©, l’accent sur des tares qu’il faudra bien rĂ©gler un jour. La contestation et l’esprit de la revanche, comme celui de la vengeance, animent tout l’ouvrage: sous l’action du dĂ©guisement, il s’agit bien de donner une leçon contre celui qui produit l’humiliation. Y aurait-il des liens avec la propre vie de Johann Strauss fils qui fut toujours opposĂ© Ă  son pĂšre? En effet, tous deux ne se sont jamais entendus. Le pĂšre abandonne trĂšs tĂŽt la cellule familiale pour convoler avec sa maĂźtresse Emilie: Johann fils n’a que 10 ans (1835). Sa mĂšre Anna demande le divorce et Ă©duque seule ses enfants avec une petite pension allouĂ©e par son ancien mari, alors que celui-ci mĂšne bon train avec sa maĂźtresse. Pire, le pĂšre interdit Ă  son fils de jouer (comme lui) du violon et de devenir musicien, quand sa mĂšre l’encourage dans ses Ă©tudes et recopie mĂȘme ses compositions. Il tentera mĂȘme de saboter la premiĂšre soirĂ©e de concert officielle de son fils en 1844, mais vainement. AprĂšs la rĂ©volution de 1848, les deux Johann, pĂšre et fils deviennent des ennemis politique: le premier, dans la marche de Radetszy entonne une hymne monarchiste pour celui qui a rĂ©primĂ© dans le sang les rĂ©voltĂ©s lombards, le second est le porte-parole de la force Ă©tudiante, ralliĂ© aux rĂ©volutionnaires et libĂ©ral. Le 3 dĂ©cembre 1848, Johann le fils fait jouer La Marseillaise, ce qui lui vaut d’ĂȘtre inquiĂ©tĂ© par la police de l’Empereur d’Autriche et d’ĂȘtre mis sous contrĂŽle. AprĂšs la mort de son pĂšre (1849), Johann fils dirige toute la musique Ă  Vienne, hĂ©ritant de son orchestre et de ses fonctions: il est fait rĂ©gent des bals de la Cour ImpĂ©riale, et au terme d’une tournĂ©e qui le mĂšne de Dresde Ă  Hambourg, est retrouvĂ© inconscient en 1852, pour surmenage.

Vie de Johann Strauss fils
SimultanĂ©ment Ă  Vienne, Johann Strauss suscite un immense succĂšs en Russie: invitĂ© Ă  Pavlosk, prĂšs de Saint-PĂ©tersbourg, il y signe un contrat annuel pour donner des concerts de musique viennoise (1855). En 1858, il rencontre une aristocrate russe Olga Smirnitzkaya qui devient sa maĂźtresse et qu’il voudrait Ă©pouser, mais deux annĂ©es plus tard, ils doivent se sĂ©parer, la famille de la jeune femme refusant qu’il Ă©pouse un roturier. De retour Ă  Vienne, Johann rencontre la cantatrice Jetty Treffz (1861) au cours d’une soirĂ©e dont le Baron Mortiz Todesco qui est aussi l’amant de Jetty, a le secret: le bal masquĂ© de la Chauve Souris recrĂ©erait-il ces fastes Ă©phĂ©mĂšres qu’a rĂ©ellement connus Strauss? Jetty dĂ©cide d’épouser Johann Strauss en 1862. L’orchestre familial compte deux autres chefs, les deux frĂšres de Johann, Josef et Eduard Strauss. La position de Johann s’élĂšve encore: en Ă©tant nommĂ© en 1863 (au moment oĂč Offenbach connaĂźt lui aussi une ascension musicale Ă  Paris progressive), Hofball Musikdirektor, il renonce Ă  jouer dans les faubourgs.

 

Ses frĂšres, Josef et Eduard crĂ©ent une nouvelle sociĂ©tĂ© de musique. ParallĂšlement Ă  ses activitĂ©s de chef et de compositeur, Johann s’intĂ©resse Ă  la musique contemporaine: il dirige Wagner dĂšs 1854 (ouverture de TannhĂ€user), rencontre Brahms en 1862, dirige aussi la musique de TchaĂŻkovsky (1865, l’annĂ©e oĂč Offenbach fait jouer La Belle HĂ©lĂšne). En 1867, il donne Le beau Danube Bleu, sans succĂšs!, puis participe Ă  l’Exposition universelle de Paris, pour laquelle Offenbach a composĂ© La Grande Duchesse de GĂ©rolstein et surtout La Vie Parisienne. Les annĂ©es 1870 sont noires: Johann perd sa mĂšre, Anna, puis son frĂšre Josef, de santĂ© fragile et surmenĂ© dĂšs 1865.
En 1873, un krach boursier ruine les bourgeois et une grande partie de la noblesse viennoise. La banquier juif Rotschild qui a senti le vent venir, a transfĂ©rĂ© tous sesa voirs avant la crise: il a sauvĂ© sa fortune, ce qui sĂšme une levĂ©e d’antisĂ©mitisme. C’est Ă  cette Ă©poque que Johann Strauss crĂ©e Die Fledermaus, La Chauve Souris qui recueille un succĂšs assez tiĂšde. En 1877, succĂšs du Baron Tzigane, non pas Ă  Vienne mais Ă  Paris. Johann retrouve le cadavre de son Ă©pouse Jetty dans leur maison: pris de panique, le compositeur s’enfuit en Italie. En 1878, le compositeur Ă©pouse Angelica Dietrich: leur liaison ne durera pas, et Johann rencontre AdĂšle Deutsch, jeune veuve de 21 ans. Il en a 53. 1883: double premiĂšre Ă  Berlin et Ă  Vienne d’Une nuit Ă  Venise. Johann Strauss est devenu une personalitĂ© reconnue: pour les 40 ans de sa carriĂšre viennoise, en 1884, il est nommĂ© “citoyen de Vienne”. En 1885, Ă  50 ans, Johann quitte l’Autriche: il se convertit au protestantisme pour Ă©pouser AdĂšle (1887). EN 1894, cĂ©lĂ©bration du jubilĂ© de Johann Strauss comme compositeur: Ă  Hambourg, Mahler joue Die Fledermaus, et Richard Strauss dirige Perpetuum mobile au Concert Philharmonique de Berlin. L’ annĂ©e de sa mort, le compositeur assiste (et participe) au 25Ăšme anniversaire de La Chauve Souris (22 mai, Hofoper), puis s’éteint le 3 juin suivant. Le 25 octobre 1899, une cĂ©rĂ©monie funĂšbre est organisĂ©e: le Requiem allemand de Brahms est interprĂ©tĂ©. En 1907, Eduard Strauss aui a dissoud l’orchestre familiale en 1901, fait brĂ»ler l’ensemble des partitions de la sociĂ©tĂ© familial dont des manuscrits inĂ©dits et prĂ©cieux.3 Je ne peux pas faire autrement”, dira-t-il Ă©nigmatique. Il meurt en 1916. AdĂšle Strauss survivra Ă  son Ă©poux jusqu’en 1930.

Crédit photographique: Johann Strauss et Johannes Brahms (DR)