CONFINEMENT. OPERAS & CONCERTS CHEZ VOUS : les perles du net

OPERAS & CONCERTS CHEZ VOUS. Internet ne cesse de prouver ses bienfaits en ces temps difficiles où confinement et isolement font peser un lourd traitement pour chacun. CLASSIQUENEWS repère pendant l’obligation de rester chez soi, les perles du net et les offres de concerts à ne pas manquer, en particulier les événements en direct. Le festival 1001 Notes a ouvert la voie grâce à son cycle intitulé « AUX NOTES CITOYENS », un moyen intelligent et créatif de rester connecté au monde et aux autres. Voici deux initiatives qui méritent elles aussi le meilleur accueil : captation de la production de l’ETOILE de CHABRIER, chef d’oeuvre d’impertinence savoureuse, subtile et poétique, présentée par l’Atelier lyrique de Tourcoing ; et ce soir, samedi 28 mars 2020, dès 20h30 : récital LANG LANG (concert enregistré à la Fondation L Vuitton du 29 octobre 2014 – présenté par DG Deutsche Grammophon) :

 

 

 

 

 

A VOIR SUR LE NET

 

 

 

Récital Lang Lang

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lang-lang-582-piano-recital-concert-classiquenews-critique-582VISIONNEZ dès maintenant le récital LANG LANG
https://www.youtube.com/watch?v=7j36IbYG2NE
Durée : 1h – Programme : Å“uvres de Mozart, Chopin, Liszt, Tchaïkovski

AUTRE vidéo FLV Fondation Louis Vuitton à venir : Classe du violoncelliste Gautier Capuçon : première, visionnage à partir du dim 29 mars 2020 à 18h30
https://www.youtube.com/watch?v=9oSaP_ueN_0

 

 

 

 

 

 

L’ÉTOILE de CHABRIER par l’Atelier Lyrique de Tourcoing

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Dernière création lyrique par L’ATELIER LYRIQUE de TOURCOING : L’étoile de Chabrier

 

ETOILE CHABRIER tourcoing opera critique fev 2020 ambroisine bre kossenko le duo Lazuli laoula opera critique le duo amour chabrier Simon-Gosselin-2-15-ConvertImageEn février 2020, l’Atelier Lyrique de Tourcoing a créé l’opéra L’ÉTOILE de Chabrier. Voir la vidéo qui a été réalisée au cours des dernières répétitions, avec les moyens de l’ATELIER LYRIQUE. Offrir au plus grand nombre l’accès à ce spectacle poétique, loufoque et drôle qui a ravi quelques 1500 spectateurs reste l’objectif de l’institution lyrique à Tourcoing. Sous la direction du flûtiste et chef d’orchestre Alexis Kossenko, les instrumentistes de la Grand Ecurie et la Chambre du Roy prolongent l’esprit d’ouverture et de défrichement inculqué et cultivé par leur fondateur Jean-Claude Malgoire dont l’engagement continue d’être moteur.

 

VOIR la production complète sur le site web www.atelierlyriquedetourcoing.fr ou notre page Facebook :

 

ACTE I
https://www.youtube.com/watch?v=RWbKTm5lBVY

 

ACTE II
https://www.youtube.com/watch?v=b2fAhi3g29k&t=699s

 

ACTE III
https://www.youtube.com/watch?v=n7E7IK2mA98&t=515s

 

 

 

 

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REPORTAGE VIDEO L’ETOILE de Chabrier

Classiquenews était aussi présent lors de la préparation de la nouvelle production à Tourcoing. VOIR ici notre reportage exclusif dédié à la singularité d’un ouvrage lyrique français romantique au délire poétique inouï – entretiens avec les interprètes, extraits du spectacle

https://www.youtube.com/watch?v=vkJh9FjgyII
http://www.classiquenews.com/reportage-letoile-de-chabrier-par-latelier-lyrique-de-tourcoing-fev-2020/

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Un indécrottable auvergnat soucieux de réformer les codes de l’Opéra à Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

 

 

 

Voir aussi le reportage sur VIMEO :
https://www.youtube.com/watch?v=vkJh9FjgyII

Pendant le confinement savourez nos sélections “Perles du net” by © classiquenews.com

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COMPTE-RENDU, critique opéra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fév 2020. CHABRIER : L’Etoile. Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGCOMPTE-RENDU, critique opéra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fév 2020. CHABRIER : L’Etoile.  Avec Carl Ghazarossian, Alain Buet, Ambroisine Bré, Nicolas Rivenq… Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux… A l’occasion d’une visite dans les Hauts-de-France, on ne saurait trop conseiller de faire halte à Tourcoing, troisième ville de la région après Lille et Amiens ; qui peut s’enorgueillir d’avoir vu naître des compositeurs aussi illustres que Gustave Charpentier ou Albert Roussel. Indissociable de la personnalité charismatique de son fondateur Jean-Claude Malgoire (1940-2018),  l’Atelier lyrique de Tourcoing donne depuis 1981 une résonance internationale à cette ancienne capitale du textile, reconnue pour cette ambition artistique de haut niveau. Désormais, il revient à François-Xavier Roth (né en 1971) de prendre la relève du regretté Malgoire à la direction artistique de l’Atelier lyrique, tandis qu’Alexis Kossenko (né en 1977) fait de même à la tête de l’orchestre sur instruments d’époque, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy.

 

 

 

ETOILE CHABRIER tourcoing opera critique fev 2020 ambroisine bre kossenko le duo Lazuli laoula opera critique le duo amour chabrier Simon-Gosselin-2-15-ConvertImage

 

Lazuli / Laoula : Ambroisine Bré et Anara Khassenova  © Simon Gosselin

 

 

 

C’est précisément le jeune flûtiste et chef d’orchestre français que l’on retrouve à Tourcoing pour l’une des productions les plus attendue de la saison, l’ébouriffante Etoile (1877) d’Emmanuel Chabrier (voir notre présentation : https://www.classiquenews.com/letoile-de-chabrier-a-tourcoing/). On avoue ne pas comprendre pourquoi un tel chef d’œuvre de malice et d’intelligence ne figure pas plus souvent au répertoire hexagonal – au moins pendant les fêtes de fin d’année, aux côtés des grands succès d’Offenbach. On se réjouit par conséquent de cette heureuse initiative, et ce d’autant plus que le plateau vocal réuni se montre d’un niveau proche de l’idéal.
Ainsi de la rayonnante Ambroisine Bré qui donne à son Lazuli un brio vocal d’une rare conviction dans l’équilibre entre vérité théâtrale et raffinement vocal, tandis que Carl Ghazarossian (Ouf 1er) ne lui cède en rien dans sa composition désopilante, entre morgue cruelle et lassitude feinte. Si Anara Khassenova (la Princesse Laoula) affiche également un haut niveau, Juliette Raffin-Gay (Aloès) est plus en retrait du fait d’une émission parfois étroite, hormis dans son air bien travaillé au II. La production doit beaucoup à l’aisance comique des impayables Alain Buet (très solide Siroco), Nicolas Rivenq (superbe d’autodérision) ou Denis Mignien (à la folie douce-amère). Les chœurs un rien timides au début, avec quelques décalages notables, se montrent de plus en plus affirmés tout au long de la soirée, avant de pleinement convaincre.

tourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenewsMais c’est peut-être plus encore l’énergie insufflé dans la fosse qui impressionne par son à-propos : si vous n’avez jamais su ce que voulait dire « faire chanter un orchestre », écoutez Alexis Kossenko (photo ci contre) ! Autant les attaques sèches que la précision et la virtuosité des affrontements entre pupitres donnent des accents inouïs de vitalité, le tout au service d’une expression dramatique qui n’en oublie jamais de faire ressortir les détails humoristiques de l’orchestration. Ce tourbillon de bon humeur répond à la non moins réussie mise en scène de Jean-Philippe Desrousseaux – dont le travail pour Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg avait déjà été récompensé en 2017 par le prix du Meilleur créateur d’éléments scéniques, décerné par l’Association professionnelle de la critique, théâtre, danse et musique. Desrousseaux revisite son décor unique pendant toute la représentation avec maestria, autant par un travail sur les éclairages qu’une mise en valeur des éléments scéniques. Son imaginative direction d’acteur donne beaucoup de plaisir par son double regard qui s’adresse autant aux plus petits qu’à leurs ainés : on retient notamment les nombreux gags visuels intemporels façon Iznogoud ou les délicieux animaux exotiques animés à l’ancienne par deux comédiens. Les rires des tout petits ne trompent pas quant à la réussite du projet, vivement applaudi par le chaleureux public de Tourcoing.

   

 
 
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Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er) © Simon Gosselin

 

    
 

 

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Compte-rendu, opéra. Tourcoing, Atelier lyrique, le 9 février 2020. Chabrier : L’Etoile. Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Juliette Raffin-Gay(Aloès), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er), Alain Buet (Siroco), Nicolas Rivenq (Hérisson de Porc-Epic), Denis Mignien (Tapioca), Denis Duval  (le chef de la police). Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, La Grande écurie et la Chambre du Roy, Alexis Kossenko (direction musicale) / Jean-Philippe Desrousseaux (mise en scène). A l’affiche de l’Atelier lyrique de Tourcoing, du 7 au 11 février 2020. Photo : © Simon Gosselin / Atelier Lyrique de Tourcoing, service de presse.

 

 

 

VOIR aussi notre TEASER et notre REPORTAGE VIDEO de l’Étoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING Kossenko / Desrousseaux, fév 2020

 

 

TOURCOING. L’Etoile de Chabrier, 1877, à l’affiche de l’Atelier Lyrique, les 7, 9, 11 février 2020

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie déjantée du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Un indécrottable auvergnat soucieux de réformer les codes de l’Opéra à Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

LIRE aussi notre présentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’événement lyrique porté par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 février 2020

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VOIR LE REPORTAGE VIDEO

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie déjantée du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Un indécrottable auvergnat soucieux de réformer les codes de l’Opéra à Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

LIRE aussi notre présentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’événement lyrique porté par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 février 2020

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REPORTAGE : L’Etoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING (7, 9 et 11 fév 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie déjantée du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Un indécrottable auvergnat soucieux de réformer les codes de l’Opéra à Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

LIRE aussi notre présentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’événement lyrique porté par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 février 2020

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TOURCOING : l’Atelier Lyrique joue L’Étoile de Chabrier (7,9,11 février 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGTEASER. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! – TEASER @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

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TOURCOING, 7 – 11 fév 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production

LIRE notre présentation complète de L’Étoile de Chabrier (1877) à l’affiche de l’Atelier Lyrique de TOURCOING – la nouvelle production scelle la collaboration entre l’orchestre sur instruments d’époque La Grande Ecurie et la Chambre du Roi, et le chef et flûtiste Alexis Kossenko qui vient d’être nommé directeur de la phalange fondé par Jean-Claude Malgoire

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théâtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Bré
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
Aloès Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
Hérisson de Porc-épic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande écurie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scène : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scène :  Denis Duval

Décors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

Lumières : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

L’Etoile de Chabrier à TOURCOING

TOURCOING : Nouvelle production de l'Etoile de ChabrierTOURCOING, 7 – 11 fév 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque, fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original,  iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empâlé !

 

 

Sous le règne du rire et de la poésie…
La fabrique du Nord
L’Atelier Lyrique de Tourcoing
présente une nouvelle production de L’Etoile de Chabrier

 

 

Au pays de l’absurde, qui épingle en réalité la folie humaine, Chabrier durcit le portrait du potentat insupportable : le souverain est fou d’astrologie, plus enclin à suivre ce que disent les astres, plutôt que de servir son peuple.

Car le compositeur qui connaît ses classiques français comme Wagner et la mécanique du bel canto, écrit un cycle de perles lyriques inoubliables comme La Romance de l’étoile de Lazuli, les Couplets du pal (le supplice officiel). La nouvelle production à Tourcoing devrait laisser se déployer la finesse d’une écriture taillée pour la surprise poétique, le vertige facétieux… l’insolence et la sincérité.

 

 

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théâtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Br
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
Aloès Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
Hérisson de Porc-épic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoingtourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenews
La Grande écurie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scène : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scène :  Denis Duval

Décors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

Lumières : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

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Emmanuel Alexis Chabrier

C’est l’ami des peintres et des poètes (de Manet, Baudelaire et Verlaine), Emmanuel Chabrier, fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a la verve facile et met en musique son esprit facétieux, jugé par ses contemporains « vulgaire ». En réalité, sa musique comme ses livrets sont aussi touchants et subtils que ceux d’Offenbach qui l’a précédé sur le mode fantasque, comique voire scabreux. Mais l’époque a changé : exit l’esprit léger, licencieux du Second Empire. Chabrier incarne la veine légère l’époque su wagnérisme bientôt incontournable (avec l’initiative de Charles Lamoureux, créateur de Lohengrin et de Tristan und Isolde à Paris, à partir de 1887 et surtout 1891/92…). Double voire triple lecture, Chabrier manie le verbe et la note avec génie ; un tempérament proche de l’ineffable et du sublime, tel que les aimait… Ravel (grand admirateur de Chabrier). « Je veux que ça pète » proclame l’auteur de l’Etoile.

 

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AUTOUR DU PIANO… tableau d’Henri Fantin-Latour (1885)

huile sur toile – H. 1.6 ; L. 2.22  -  Musée d’Orsay, Paris

Autour du piano, 8 personnalités, proches du peintre et représentants de l’active vie culturelle parisienne ; de gauche à droite :
Assis : Emmanuel Chabrier au piano, Edmond Maître et, en retrait, Amédée Pigeon.

Debout : Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille Benoît, Antoine Lascoux et Vincent d’Indy.

 

 

CD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les Siècles, FX Roth – (1 CD – Harmoni mundi / – Avril 2018)

ravel mamere loye oye critique cd review cd les siecles fx roth maestro clic de classiquenews compte rendu critique cd classqiue news musique classique newsCD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les Siècles, FX Roth – (1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018). Ma Mère L’Oye, ici, dans sa version complète est ce ballet féerique dont chef et instrumentistes soulignent la richesse inouïe, appelant le rêve, l’innocence et l’émerveillement total ; les interprètes montrent combien Ravel inscrit la fable instrumentale dans l’intimité et la pudeur les plus ciselées, dans cette sensibilité active dont il a le secret. Rien n’est dit : tout est suggéré et nuancé avec le goût le plus discret mais le plus précis.
La partition de 1912 marque une révolution dans l’esthétique symphonique française, – marquante par la cohérence et l’ambition du langage instrumental, marquante surtout par l’extrême raffinement de l’écriture qui explore et réinvente, après Rameau, Berlioz, les notions de couleurs, de nuances, de phrasés. Ravel est un peintre, d’une éloquence vive, soucieux de drame comme de sensualité dans la forme. Il veille aussi à la spatialité des pupitres, imagine de nouveaux rapports instrumentaux : c’est tout cela que l’étonnante lecture des Siècles et de leur chef fondateur François-Xavier Roth nous invite à mesurer et comprendre.

Ravel enchante les contes de Perrault
Magie des instruments historiques

 

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsDès le début, l’orchestre chante l’onirisme par ses couleurs détaillés, la pudeur des secrets par des nuances infimes et murmurées ; cette élégance dans l’intonation qui fait de Maurice Ravel, le souverain français du récit et du conte. La douceur magicienne se dévoile avec une puissance d’évocation irrésistible (par la seule magie des bois : Pavane puis Entretiens de la Belle et de la Bête) ; ainsi se précise cette énigme poétique qui est au coeur de la musique, dans les plis et replis d’une Valse, claire et immédiate évocation d’un passé harmonique révolu ?, en sa volupté languissante et dansante.
Le geste du chef, les attaques des instrumentistes cultivent la transparence, la clarté, un nouvel équilibre sonore qui transforment le flux en musical en respirations, élans, désirs caressés, pensées, souvenirs… FX Roth sur le sillon tracé par Ravel fait surgir l’activité des choses enfouies qui ne demandaient qu’à ressusciter sous un feu aussi amoureusement sculpté. Même tendresse et mystère ineffable de « Petit Poucet » (hautbois puis cor anglais nostalgiques, précédant les bruits de la nature la nuit,… très court tableau qui préfigure ce que Ravel développera dans L’Enfant et les sortilèges). Même climat du rêve pour « Laideronnette, impératrice des Pagodes », autre songe enivré dont la matière annonce la texture de Daphnis et Chloé…
Voici assurément une page emblématique de cet âge d’or des la facture française des instruments à vents (Roussel écrit à la même période Le Festin de l’Araignée ; et Stravinksyn bientôt son Sacre printanier, lui aussi si riche en couleurs et rythmes mais dans un caractère tout opposé à la pudeur ravélienne).

La direction de François-Xavier Roth éblouit par sa constance détaillée, murmurée, enveloppante et caressante : un idéal de couleurs sensuelles et de nuances ténues, d’une pudeur enivrante.
D’un tempérament suggestif et allusif, Ravel atteint dans la version pour orchestre et dans le finale « Apothéose / le jardin féerique », un autre climat idéal, berceau d’interprétations multiples, entre plénitude et ravissement. La concrétisation d’un rêve où l’innocence et l’enfance s’incarnent dans le solo du violon… céleste, d’une tendresse enfouie (avant l’explosion de timbres en une conclusion orgiaque).

Magistral apport des instruments d’époque. A tel point désormais que l’on ne peut guère imaginer écouter ce chef d’œuvre absolu, sans le concours d’un orchestre avec cordes en boyau, bois et cuivres historiques.

Plus onctueuse encore et d’une légèreté badine qui enchante par la finesse de son intonation, la suite d’orchestre « Le Tombeau de Couperin », saisit elle aussi par la justesse du geste comme de la conception globale. L’orchestre se fait aussi arachnéen et précis qu’un… clavecin du XVIIIè français, mais avec ce supplément de couleurs et d’harmonies qui sont propres à un orchestre raffiné, d’autant plus suggestif sur instruments historiques. Le caractère de chaque danse héritée du siècle de Rameau (Forlane, Menuet, surtout le Rigaudon final qui est révérence à Charbier et sa Danse villageoise…) s’inscrit dans une étoffe filigrané, intensifiant le timbre et l’élégance dans la suggestion. Là encore, exigence esthétique de Ravel, le retour aux danses baroques s’accompagnent aussi d’une révérence aux amis décédés, comme un portrait musical et caché : à chaque danse, l’être auquel pense Ravel. D’où l’orthodoxie musicale du compositeur vis à vis du genre : le Tombeau est bien cet hommage posthume au défunt estimé (« tombé sur le champs de bataille »). On peine à croire que ces pièces initialement pour piano, trouve ainsi dans la parure orchestrale, une nouvelle vie. Leur identité propre, magnifiée par le chatoiement nuancé des instruments historiques. Magistrale réalisation. Avec le cd Daphnis et Chloé, l’un des meilleurs (également salué par un CLIC de CLASSIQUENEWS).

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CLIC D'OR macaron 200CD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin. 1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018 – CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de mars 2019.

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tracklisting :

Ma mère l’Oye
Ballet (1911-12)
1 – Prélude. Très lent / 3’05
2 – Premier tableau : Danse du rouet et scène. Allegro / 1’58
3 – Interlude. Un peu moins animé / 1’15
4 – Deuxième tableau : Pavane de la Belle au bois dormant. Lent / 1’38
5 – Interlude. Plus lent / 0’50
6 – Troisième tableau : Les Entretiens de la Belle et de la Bête. Mouvement de valse modéré / 4’00
7 – Interlude. Lent / 0’40
8 – Quatrième tableau : Petit Poucet. Très modéré / 3’32
9 – Interlude. Lent / 1’20
10 – Cinquième tableau : Laideronnette, impératrice des pagodes. Mouvement de marche / 3’24
11 – Interlude. Allegro / 1’07
12 – Apothéose : le jardin féerique. Lent et grave / 3’35

13 – Shéhérazade : Ouverture de féerie (1898) / 13’13

Le Tombeau de Couperin
Suite d’orchestre (1914-1917)
14 – I. Prélude. Vif : 3’00
15 – II. Forlane. Allegretto : 5’39
16 – III. Menuet. Allegro moderato : 4’42
17 – IV. Rigaudon. Assez vif : 3’16

Compte rendu, opéra. Montpellier. Opéra, le 29 mars 2014. Chabrier : L’Etoile. Samy Camps, Héloïse Mas, solistes et choeurs Opéra Junior. Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon. Jérôme Pillement, direction musicale. Benoït Bénichou, mise en scène.

chabrier étoile montpellier opéra junior mars 2014L’Étoile (1877), opéra-bouffe en trois actes d’Emmanuel Chabrier est certainement le meilleur ouvrage lyrique de son auteur voire l’un des joyaux du genre. Le livret signé Eugène Leterrier et Albert Vanloo raconte l’histoire d’un despote qui cherche parmi ses sujets celui qui se fera empaler pour une fête publique annuelle… réjouissante perspective. Mais un astrologue prévient le monarque qu’il mourra 24 heures après sa victime… S’enchaînent donc péripéties et confusions amoureuses assez invraisemblables mais d’une grande et bonne humeur. Une réserve d’effets et de surprises dramatiques, propices au délire et à la poésie les plus délectables.

 

 

L’exubérante Etoile de l’Opéra Junior

 

Opéra Junior propose aux jeunes de Montpellier et de sa région une formation lyrique, dès la première jeunesse. Fondé en 1990 par Vladimir Kojoukharov, l’atelier académie est dirigé depuis 2009 par Jérôme Pillement, qui dirige en l’occurrence l’ Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon pour les deux représentations uniques de cette nouvelle production. Le jeune metteur en scène Benoît Bénichou crée un spectacle très proche de l’univers théâtral d’un Sivadier, où le parti-pris est celui d’une comédie invraisemblable plutôt très kitsch.

L’idée de Bénichou (et de son prédécesseur) est de faire du théâtre dans le théâtre, un parti scénique qui s’accorde bien à l’occasion. Surtout parce que tous les rôles sauf les 2 principaux sont tenus par des enfants et des adolescents. Ainsi tout se passe dans les coulisses d’un théâtre (décors d’Amélie Kiritze-Topor, costumes protéiformes et colorés de Bruno Fatalot) qui est littéralement envahi par une bande de jeunes qui s’amusent donc à jouer L’Etoile sur scène.

Samy Camp dans le rôle du Roi Ouf 1er est un acteur formidable, il donne un je ne sais quoi à son personnage avec son investissement théâtral, cependant il captive plus avec son jeu d’acteur qu’avec son timbre. Héloïse Mas, comme d’habitude, incarne son rôle d’une façon très engagée et engageante. Elle joue le rôle travesti de Lazuli, le pauvre amoureux qui devrait mourir pour la nation, mais dont le destin fait que sa vie devient d’une extrême importance pour le monarque. Le personnage de Sirocco, l’astrologue du roi, est souvent chanté par une voix de baryton-basse, mais aujourd’hui c’est une fille qui l’interprète : Clara Vallet paraît complètement à l’aise dans le rôle. Hérisson de Porc-Epic est chanté par le jeune Guillaume René à la belle présence, il trouve un bel équilibre entre son jeu d’acteur, charismatique, et sa voix en plein développement. Petit bijou lyrique dans la veine comique, le chef d’oeuvre pose autant de difficultés au metteur en scène qu’il comble de plaisirs et de séductions, les oreilles des spectateurs.
Chabrier demeure un bel exemple (peut-être pas assez reconnu) de la musique française, fantasque et vaporeuse, divertissante et sérieuse, parfois délicate parfois forte, toujours charmante.

Jérôme Pillement dirige un orchestre pompeux. La musique d’une grande humour doit sans doute beaucoup à Offenbach. Nous remarquons le travail de la couleur orchestrale raffinée. Le chef accorde l’orchestre aux voix des jeunes chanteurs. Impossible de ne pas adhérer aux intentions d’un projet comme celui d’Opéra Junior dont l’objectif social, pédagogique, artistique n’est pas sans rappeler le célèbre « Sistema » le système d’éducation musicale au Venezuela. Espérons qu’Opéra Junior puisse continuer sa belle et noble mission pour longtemps, il est devenu désormais une composante de la programmation de l’Opéra de Montpellier, et nous sommes convaincus, qu’avec son potentiel et sa grande valeur, ceci portera ses fruits, révélant des vocations encore fragiles parfois mais décisives pour le développement des jeunes intéressés. Chantier et apprentissage à suivre.

 

Montpellier. Opéra Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon, le 29 mars 2014. Chabrier : L’Etoile. Samy Camps, Héloïse Mas, solistes et choeurs du Jeune Opéra/Opera Junior. Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon. Jérôme Pillement, direction musicale. Benoït Bénichou, mise en scène.

Illustrations : © M. Ginot 2014

 

L’Étoile de Chabrier à l’Opéra de Montpellier

chabrier_etoile_opera-junior-opera-montpellierMontpellier, Opéra Comédie. Chabrier : L’Étoile. Les 29 et 30 mars 2014. Nouvelle production. Entre facétie et raffinement, Emmanuel Chabrier (1841-1894) cultive en toute liberté et avec un génie personnel très affirmé, le fantasque et le poétique : du bain béni pour l’opéra. Son ouvrage L’Etoile en témoigne : à chaque production, l’étonnement surclasse l’enthousiasme face à une partition brillante, jamais creuse ni strictement décorative. L’opéra fait partie des rares œuvres terminées par l’auteur : le succès est immédiat comme l’indique la quarantaine de représentations qui suit la création, aux Bouffes Parisiens (le théâtre du drame léger, temple parisien du Second Empire, créé en 1855 par Offenbach), le 28 novembre 1877. Danses furtives, mélodies entraînantes, cocasserie festive… la recette est connue et fait les délices d’un genre qu’a marqué avant Chabrier, Offenbach bien sûr ou Charles Lecocq.

Dans un climat propre au conte à la fois féerique et absurde, Chabrier se délecte musicalement à ciseler les climats de l’Etoile. Le titre reprécise l’accomplissement d’une destinée protectrice : alors qu’il a ravi le coeur de celle qui devait épouser le Roi Ouf Ier, la princesse Laoula, le colporteur Lazuli auquel était destiné le supplice du pal, se voit anobli et élevé à la dignité de prince, depuis que l’astrologue de la cour Siroco confirme que le destin des deux hommes sont liés. Le ciel a révélé l’impensable : le destin du roi Ouf et du pauvre Lazuli sont indissociables : si le miséreux meurt, le roi aussi. Fauré, Messager, Duparc et Reynaldo Hahn expriment leur admiration pour l’oeuvre d’un génie. 3 ans après la création de L’Etoile, après l’écoute de Tristan une Isolde de Wagner, Chabrier cesse sons activité de fonctionnaire et décide en 1880 de se consacrer à la musique. Suivent des chefs d’oeuvre : España, l’opéra Gwendoline (1886, au wagnérisme explicite), Le Roi malgré lui (1887)… Rongé par un mal incurable, Chabrier le plus original de compositeurs de la fin du XIXè en France, meurt trop tôt, laissant un œuvre atypique, saisissant voire fulgurant dont on commence seulement à mesurer l’unicité fascinante.

La mise en scène de Benoît Bénichou exploite l’occasion offerte à l’ouvrage d’être revisité par une joyeuse troupe de jeunes interprètes. L’homme de théâtre prend prétexte de la juvénilité et de la curiosité des interprètes d’Opéra Junior pour favoriser l’éclat, l’imaginaire, l’inventivité… autant de caractères qui innervent le tissu de la partition et l’inscrivent ici dans le monde des enfants – adolescents toujours prêts à vivre  ou à imaginer de nouvelles aventures. Dans cet univers infantile mais pas innocent, la figure de Ouf, traitée comme un tyran violent et barbare garde sa verve satirique, un pied de nez à tous les pouvoirs qui sur le mode du conte, dénonce l’inhumanité d’une société soumise à la cruauté d’un seul être.  Ainsi, dans la bouche des jeunes dénonciateurs, le metteur en scène aime à déclarer  : «  arrêtons les extrémismes, arrêtons les dictatures, arrêtons la violence, il faut rallumer les étoiles ». De sorte que dans ce nouveau regard, la poésie esthétique de Chabrier et son insolence filigranée ressuscitent à propos sur la scène de l’Opéra de Montpellier.

 
 
 

Emmanuel Chabrier (1841-1894)

L’Étoile

Opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo

créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 novembre 1877

Samedi 29 mars 2014 – 15h
Dimanche 30 mars 2014 – 15h
Opéra Comédie

Jérôme Pillement direction musicale

Benoît Bénichou mise en scène

Amélie Kiritzé -Topor scénographie

Anne Lopez chorégraphie

Vincent Recolin chef des chœurs

Bruno Fatalot costumes

Thomas Costerg lumières

Samy Camps Le Roi Ouf 1er

Héloïse Mas Lazuli

 

Nina Le Floch / Marie Sénié La Princesse Laoula

Lisa Barthélémy / Apolline Raï Aloès

Guillaume René Hérisson de Porc-Epic

Camille Poirier Tapioca

Clara Vallet Siroco

1h30 sans entracte

Nouvelle production

Opéra Junior / Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon

 
 

Compte-rendu : Fontdouce. Abbaye, 20ème festival estival, le 26 juillet 2013. Concert inaugural. Baptiste Trotignon, Natalie Dessay, Philippe Cassard. Mélodies françaises.

philippe cassard et natalie dessay à fontdouceSaint-Bris des Bois en Charente-Maritime accueille l’inauguration du 20ème Festival de l’Abbaye de Fontdouce. L’endroit magique datant du 12e siècle concentre beauté et mystère. Le concert exceptionnel d’ouverture se déroule en deux parties à la fois contrastées et cohérentes. Il commence de façon tonique avec le pianiste jazz Baptiste Trotignon et se termine avec un duo de choc, la soprano Natalie Dessay et Philippe Cassard au piano !

 

 

Festival de l’Abbaye de Fontdouce,
le secret le mieux gardé de l’été !

 

Située entre Cognac et Saintes, à deux pas de Saint-Sauvant, l’un des plus beaux villages de France, l’ancienne Abbaye Royale obtient le classement de Monument Historique en 1986. Elle fait ainsi partie du riche patrimoine naturel et culturel de la région. Elle en est sans doute l’un de ses bijoux, voire son secret le mieux gardé ! Le maître du lieu (et président du festival Thibaud Boutinet) a comme mission de partager la beauté et faire connaître l’histoire et les milles bontés du site acquis par sa famille il y a presque 200 ans. Après notre séjour estival et musical à l’Abbaye de Fontdouce, toute l’équipe met du coeur à l’ouvrage et le festival est une indéniable réussite !

Le Festival comme le site historique acceptent avec plaisir la modernité et font plaisir aussi aux amateurs des musiques actuelles. L’artiste qui ouvre le concert est un pianiste jazz de formation classique : Baptiste Trotignon régale l’audience avec un jeu à l’expressivité vive, presque brûlante, qui cache pourtant une véritable démarche intellectuelle. Notamment en ce qui concerne sa science du rythme, très impressionnante. Le pianiste instaure une ambiance d’une gaîté dansante, décontractée, contagieuse avec ses propres compositions ; il fait de même un clin d’oeil à la musique classique avec ses propres arrangements « dérangeants » d’après deux valses de Chopin. Mais son Chopin transfiguré va très bien avec son éloquence subtilement jazzy. La musique du romantique  d’une immense liberté formelle, se prête parfaitement aux aventures euphoriques et drolatiques de Trotignon. Un début de concert tout en chaleur et fort stimulant qui prépare bien pour la suite classique ou l’où explore d’autres sentiments.

L’entracte tonique est l’occasion parfaite pour une promenade de découverte, tout en dégustant les boissons typiques du territoire. Le sensation de beauté paisible au long du grand pré, l’effet saisissant et purement gothique de la salle capitulaire, les couleurs et les saveurs du patrimoine qui font vibrer l’âme… Tout prépare en douceur pour le récital de mélodies par Natalie Dessay et Philippe Cassard.

Ils ont déjà collaboré pour le bel album des mélodies de Debussy « Clair de Lune » paru chez Virgin Classics. Pour ce concert d’exception, les deux artistes proposent Debussy mais aussi Duparc, Poulenc, Chabrier, Fauré, Chausson… Un véritable délice auditif et poétique, mais aussi sentimental et théâtral. Natalie Dessay chante avec la véracité psychologique et l’engagement émotionnel qui lui sont propres. Un registre grave limité et un mordant moins évident qu’auparavant n’enlèvent rien à la profondeur du geste vocal. Elle est en effet ravissante sur scène et s’attaque aux mélodies avec un heureux mélange d’humour et de caractère. La diva interprète « Le colibri » de Chausson  avec une voix de porcelaine : la douceur tranquille qu’elle dégage est d’une subtilité qui caresse l’oreille. Philippe Cassard est complètement investi au piano : il s’accorde merveilleusement au chant avec sensibilité et rigueur. La « Chanson pour Jeanne » de Chabrier, la plus belle chanson jamais écrite selon Debussy, est en effet d’une immense beauté. Les yeux de la cantatrice brillent en l’interprétant ; nous sommes éblouis et émus, au point d’avoir des frissons, par la délicatesse de ses nuances et par la finesse arachnéenne de ses modulations. « Il vole » extrait des Fiançailles pour Rire de Poulenc est tout sauf strictement humoristique. La complicité entre les vers de Louise de Vilmorin et la musique du compositeur impressionne autant que celle entre le pianiste et la soprano. Sur scène, ils s’éclatent, font des blagues, quelques fausses notes aussi, se plaignent du bruit des appareils photo… ils mettent surtout leurs talents combinés au service de l’art de la mélodie française, pour le grand bonheur du public enchanté.

Découvrir ainsi la magie indescriptible de l’Abbaye de Fontdouce et déguster sans modération les musiques de son festival d’été reste une expérience mémorable !

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