Rennes. Oratorios de Carissimi et de Charpentier

caravage-saint-thomas-incredulite-582-390-uneRennes, CathĂ©drale Saint-Pierre, Histoires sacrĂ©es, le 4 novembre 2015. Carissimi et Marc-Antoine Charpentier Ă  Rennes. Au XVIIè, la ferveur religieuse s’Ă©prouve dans le cadre théâtral de l’oratorio, nouveau genre nĂ© en Italie simultanĂ©ment Ă  l’opĂ©ra : chanteurs et instrumentistes ressuscitent les grands actes hĂ©roĂŻques des premiers martyrs chrĂ©tiens. A Rome, le gĂ©nie de Carrissimi s’affirme (Jonas et JephtĂ©), Ă  tel point que les compositeurs français et europĂ©ens se pressent pour recevoir la leçon du maĂ®tre romain : Marc-Antoine Charpentier venu Ă  Rome comme peintre, dĂ©couvre la force de la musique et du chant le plus expressif et le plus sensuel (alliance rĂ©alisĂ©e quelques dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes en peinture par Caravage) : il sera compositeur et maĂ®tre de l’oratorio, genre rebaptisĂ© en France, après sa formation auprès de Carrissimi, “histoire sacrĂ©e”. En tĂ©moigne Le Reniement de Saint-Pierre, chef d’oeuvre de 1670, affirmant au moment oĂą Lully crĂ©e l’opĂ©ra français pour Louis XIV Ă  Versailles (tragĂ©die en musique), le gĂ©nie d’un Charpentier soucieux de sensualitĂ© italienne autant que de dĂ©clamation française, expressive et onirique. Pour autant Charpentier n’oublie le drame, et la structure de ses Histoires italiennes, exploitent toutes les possibilitĂ©s expressives de la musique, en particulier quand l’enchaĂ®nement des Ă©pisodes favorise caractĂ©risation, coup de théâtre, contrastes saisissants… LIRE notre prĂ©sentation complète du programme Carissimi / Charpentier par le ChĹ“ur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Stradivaria et Christian Gangneron, Ă  Rennes

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boutonreservationAngers Nantes Opéra présente Histoires Sacrées de Carissimi et Marc-Antoine Charpentier dans les églises des Pays de la Loire :

 

Rennes, Cathédrale Saint-Pierre,
Les 4 novembre 2015, 20h

Angers, Collégiale Saint-Martin,
les 15,16,18, 19 mars 2016, 20h

Angers Nantes OpĂ©ra offre ainsi un florilège spectaculaire de l’art de l’oratorio romain aux histoires sacrĂ©es françaises, excellence d’une transmission Ă©tonnante entre France et italie, Carrissimi et Charpentier.

COMPTE RENDU critique du spectacle Histoires sacrées : Carissimi et Charpentier par Angers Nantes Opéra, par Alexandre Pham (représentation à Sablé sur Sarthe, le 16 septembre 2015)

 

 

Programme : Histoires sacrées

3 oratorios de Carissimi Ă  Marc-Antoine Charpentier

Jonas de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur, cordes et basse continue. Créé à Rome.

Le Reniement de saint Pierre de Marc-Antoine Charpentier
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome ou Paris, vers 1670.

Jephté de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome, vers 1645.

Mise en scène : Christian Gangneron
costumes : Claude Masson

avec
Hervé Lamy, Jonas, Pierre, Jephté
Hadhoum Tunc, la fille de Jephté

Chœur d’Angers Nantes Opéra, dirigé par Xavier Ribes
Ensemble Stradivaria, dirigé par Bertrand Cuiller

Reprise Angers Nantes Opéra, créée le mercredi 16 septembre 2015 à Nantes, d’après la production de l’Atelier de recherche et de création pour l’art lyrique, créée à l’abbaye de Pontlevoy le 6 septembre 1985.

 

 

Illustrations : Caravage : l’IncrĂ©dulitĂ© de Saint-Thomas (DR) – Production oratorios de Carissimi, Histoires sacrĂ©es de Charpentier par Angers Nantes OpĂ©ra 2015 © Jef Rabillon

 

Rennes. Oratorios de Carissimi et de Charpentier

caravage-saint-thomas-incredulite-582-390-uneRennes, CathĂ©drale Saint-Pierre, Histoires sacrĂ©es, le 4 novembre 2015. Carissimi et Marc-Antoine Charpentier Ă  Rennes. Au XVIIè, la ferveur religieuse s’Ă©prouve dans le cadre théâtral de l’oratorio, nouveau genre nĂ© en Italie simultanĂ©ment Ă  l’opĂ©ra : chanteurs et instrumentistes ressuscitent les grands actes hĂ©roĂŻques des premiers martyrs chrĂ©tiens. A Rome, le gĂ©nie de Carrissimi s’affirme (Jonas et JephtĂ©), Ă  tel point que les compositeurs français et europĂ©ens se pressent pour recevoir la leçon du maĂ®tre romain : Marc-Antoine Charpentier venu Ă  Rome comme peintre, dĂ©couvre la force de la musique et du chant le plus expressif et le plus sensuel (alliance rĂ©alisĂ©e quelques dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes en peinture par Caravage) : il sera compositeur et maĂ®tre de l’oratorio, genre rebaptisĂ© en France, après sa formation auprès de Carrissimi, “histoire sacrĂ©e”. En tĂ©moigne Le Reniement de Saint-Pierre, chef d’oeuvre de 1670, affirmant au moment oĂą Lully crĂ©e l’opĂ©ra français pour Louis XIV Ă  Versailles (tragĂ©die en musique), le gĂ©nie d’un Charpentier soucieux de sensualitĂ© italienne autant que de dĂ©clamation française, expressive et onirique. Pour autant Charpentier n’oublie le drame, et la structure de ses Histoires italiennes, exploitent toutes les possibilitĂ©s expressives de la musique, en particulier quand l’enchaĂ®nement des Ă©pisodes favorise caractĂ©risation, coup de théâtre, contrastes saisissants… LIRE notre prĂ©sentation complète du programme Carissimi / Charpentier par le ChĹ“ur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Stradivaria et Christian Gangneron, Ă  Rennes

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Rennes, Cathédrale Saint-Pierre,
Les 4 novembre 2015, 20h

Angers, Collégiale Saint-Martin,
les 15,16,18, 19 mars 2016, 20h

Angers Nantes OpĂ©ra offre ainsi un florilège spectaculaire de l’art de l’oratorio romain aux histoires sacrĂ©es françaises, excellence d’une transmission Ă©tonnante entre France et italie, Carrissimi et Charpentier.

COMPTE RENDU critique du spectacle Histoires sacrées : Carissimi et Charpentier par Angers Nantes Opéra, par Alexandre Pham (représentation à Sablé sur Sarthe, le 16 septembre 2015)

 

 

Programme : Histoires sacrées

3 oratorios de Carissimi Ă  Marc-Antoine Charpentier

Jonas de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur, cordes et basse continue. Créé à Rome.

Le Reniement de saint Pierre de Marc-Antoine Charpentier
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome ou Paris, vers 1670.

Jephté de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome, vers 1645.

Mise en scène : Christian Gangneron
costumes : Claude Masson

avec
Hervé Lamy, Jonas, Pierre, Jephté
Hadhoum Tunc, la fille de Jephté

Chœur d’Angers Nantes Opéra, dirigé par Xavier Ribes
Ensemble Stradivaria, dirigé par Bertrand Cuiller

Reprise Angers Nantes Opéra, créée le mercredi 16 septembre 2015 à Nantes, d’après la production de l’Atelier de recherche et de création pour l’art lyrique, créée à l’abbaye de Pontlevoy le 6 septembre 1985.

 

 

Illustrations : Caravage : l’IncrĂ©dulitĂ© de Saint-Thomas (DR) – Production oratorios de Carissimi, Histoires sacrĂ©es de Charpentier par Angers Nantes OpĂ©ra 2015 © Jef Rabillon

 

Compte rendu, concert. Sablé sur Sarthe, le 16 octobre 2015. Histoires sacrées : Carissimi (Jonas, Jephté), MA Charpentier (Le reniement de Saint-Pierre). Stradivaria. Bertrand Cuiller, direction. Christian Gangneron, mis en scène.

Que donne une troupe lyrique en itinĂ©rance ? Que vaut l’expĂ©rience d’un chĹ“ur habituĂ© aux salles d’opĂ©ra, confrontĂ© comme ici aux nouveaux dĂ©fis d’un trĂ©teau placĂ© dans une Ă©glise, Ă  la rencontre de nouveaux spectateurs ? Acoustique rĂ©verbĂ©rante incontrĂ´lable, dispositif scĂ©nique alĂ©atoire dĂ©pendant de la configuration du lieu (lequel Ă  priori n’est pas conçu pour un spectacle), nouveaux profils de spectateurs… les Ă©preuves ne manquent pour cette nouvelle production dĂ©fendue par Angers Nantes OpĂ©ra et dont l’enjeu (exemplaire) est d’oser la rencontre avec de nouveaux spectateurs, hors du théâtre lyrique traditionnel et dans une forme repensĂ©e pour l’occasion. SubventionnĂ©s par les impĂ´ts des contribuables, les maisons d’opĂ©ras entretiennent souvent une routine qui ne profitent qu’Ă  ceux qui connaissent dĂ©jĂ  le lyrique (et qui donc font la route pour aller l’entendre). Ici, grâce Ă  l’initiative d’Angers Nantes OpĂ©ra, de son directeur idĂ©alement engagĂ©, Jean-Paul Davois, le principe est tout autre et mĂŞme inverse, tout en respectant l’accessibilitĂ© du spectacle pour le plus grand nombre, en particulier pour celles et ceux pour lesquels aller Ă  l’opĂ©ra est trop difficile, du seul fait de la distance pour s’y rendre. PlutĂ´t que de venir Ă  l’opĂ©ra, c’est l’opĂ©ra qui s’invite dans les villes du territoire.

 

 

 

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Angers Nantes OpĂ©ra diffuse l’opĂ©ra hors les murs

Le Lyrique dans les territoires

 

Le choix des Ĺ“uvres est rĂ©flĂ©chi : les oratorios romains de Carissimi, crĂ©ateur du genre dans la Rome du XVIIè ; les Histoires sacrĂ©es de Charpentier, son Ă©lève et tout autant gĂ©nial … les deux formes sont effectivement conçus pour l’Ă©glise et son acoustique. Rien Ă  dire donc sur la trilogie sacrĂ©e Ă  laquelle nous assistons, dans le site oĂą nous la dĂ©couvrons. L’exemple moral de Jonas, de Pierre ou de JephtĂ© – figures lumineuses (ou sombre dans le cas du traĂ®tre Pierre) de l’Ancien et du Nouveau Testament-, prend une dimension naturelle, presque Ă©vidente sous la voĂ»te de l’Ă©glise Notre-Dame de SablĂ©. C’est un prolongement aguerri Ă  SablĂ© car depuis septembre, en ouverture de sa nouvelle saison lyrique, Angers Nantes OpĂ©ra a fait tourner la production dans plusieurs Ă©glises de Nantes.

L’Ă©loquence des gestes, la succession des Ă©pisodes d’un dramatisme resserrĂ© parfois fulgurant prennent un sens rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© dans la rĂ©alisation du metteur en scène Christian Gangneron : or les obstacles ne sont pas minces pour rĂ©ussir une telle production. Le nombre des choristes en ferait pâlir plus d’un : 30 chanteurs sur la scène et prĂ©sents en totalitĂ© tout au long de chaque sĂ©quence ; il faut un solide mĂ©tier pour vaincre et Ă©carter l’effet de la masse comme de la confusion. Pari relevĂ© pourtant d’autant que chaque choriste mis en avant selon son tempĂ©rament, invitĂ© Ă  chanter et Ă  jouer, dĂ©fend trois partitions dont l’enjeu est bien la dramatisation Ă©difiante des actes de l’Histoire sacrĂ©e. Le jeu expressif prĂ©serve la surenchère et s’inscrit constamment dans une mesure qui rend intelligible chaque situation dramatique. La cohĂ©rence renforce la sĂ©duction du triptyque : l’air de Jonas, dĂ©chirant de la part de celui qui connaĂ®t mieux que personne la vacuitĂ© de la nature humaine, prĂ©figure dĂ©jĂ  en ouverture, la prière dĂ©chirante de JephtĂ© puis de sa fille, Ă  l’extrĂ©mitĂ© du spectacle. UnitĂ© stimulante du triptyque.

 

 

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Chaque drame contient un air, point fort psychologique et dramatique : sous la lumière et sur ce fond noir qui dĂ©coupe les profils, chaque sĂ©quence prend des allures de tableau vivant, convoquant la comĂ©die populaire de Latour, le tĂ©nĂ©brisme Ă©blouissant du Caravage. Christian Gangneron reprend en vĂ©ritĂ© un spectacle dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© en 1987 mais ici, dans une configuration toute autre, oĂą le nombre des acteurs chanteurs sur le plateau a considĂ©rablement modifiĂ© les moyens de rĂ©alisation. Les voix habituĂ©es au grand rĂ©pertoire lyrique (XIXème essentiellement) articulent pourtant, s’ingĂ©nient Ă  caractĂ©riser sans Ă©largir chaque intervention vocale. L’intonation est subtilement calibrĂ©e, le style remarquable d’attention Ă  l’autre ; et le format sonore global rĂ©pond malgrĂ© la forte rĂ©verbĂ©ration Ă  l’obligation d’intelligibilitĂ© (conduit par le chef des chĹ“urs d’Angers Nantes opĂ©ra, Xavier Ribes) : l’Ă©quilibre avec les instrumentistes de Stradivaria reste dĂ©lectable du dĂ©but Ă  la fin.

Vocalement, les parties solistes les plus exigeantes sont confiĂ©s Ă  3 solistes très convaincants : le tĂ©nor HervĂ© Lamy (Jonas d’abord, puis très Ă©mouvant père de JephtĂ©), l’excellent Francisco Fernández-Rueda (intense, ardent, prĂ©cis : son Pierre est humain et finement tiraillĂ©), surtout – rĂ©vĂ©lation de la soirĂ©e : la soprano d’origine algĂ©rienne Hadhoum Tunc qui Ă©blouit par sa subtilitĂ© et sa grande maĂ®trise technique dans le rĂ´le de la fille de JephtĂ©. La jeune cantatrice n’est pas seulement naturelle et idĂ©alement fluide malgrĂ© la très grande tension du rĂ´le, c’est aussi une actrice convaincante qui sait nuancer son caractère dans ce souci des Ă©quilibres prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©s.

La surprise est donc totale et la curiositĂ© comme l’enseignement moral, subtilement rĂ©alisĂ©s. Les initiatives de ce type sont rares : inĂ©dites mĂŞme dans l’Hexagone. Un ChĹ“ur qui s’engage et se dĂ©passe ;  un metteur en scène jouant finement des allusions cinĂ©matographiques et picturales pour la clarification de sommets baroques… autant de composantes qui nous font vivre le lyrique et l’expĂ©rience du spectacle vivant, diffĂ©remment, dans l’intensitĂ© et la proximitĂ©. Stimulante aventure.
La production prĂ©sentĂ©e par Angers Nantes OpĂ©ra poursuit sa tournĂ©e en novembre 2015 Ă  Rennes (CathĂ©drale, le 4 novembre) puis en 2016, Ă  Angers : incontournable. Consulter le site d’Angers Nantes OpĂ©ra pour connaĂ®tre les dernières dates des reprises du spectacle Histoires SacrĂ©es, Carissimi / Marc-Antoine Charpentier.

 

 

 

Compte rendu, concert. SablĂ© sur Sarthe, le 16 octobre 2015. Histoires sacrĂ©es : Carissimi (Jonas, JephtĂ©), MA Charpentier (Le reniement de Saint-Pierre). ChĹ“ur d’Angers Nantes opĂ©ra (Xavier Ribes, direction). Stradivaria. Bertrand Cuiller, direction. Christian Gangneron, mise en scène.

 

Illustrations : photos Jef Rabillon © Angers Nantes Opéra 2015

Carissimi et Charpentier à Sablé

caravage-saint-thomas-incredulite-582-390-uneSablĂ© sur Sarthe, CathĂ©drale, Histoires sacrĂ©es, 16 octobre 2015. Carissimi et Marc-Antoine Charpentier Ă  SablĂ© sur Sarthe. Au XVIIè, la ferveur religieuse s’Ă©prouve dans le cadre théâtral de l’oratorio, nouveau genre nĂ© en Italie simultanĂ©ment Ă  l’opĂ©ra : chanteurs et instrumentistes ressuscitent les grands actes hĂ©roĂŻques des premiers martyrs chrĂ©tiens. A Rome, le gĂ©nie de Carrissimi s’affirme (Jonas et JephtĂ©), Ă  tel point que les compositeurs français et europĂ©ens se pressent pour recevoir la leçon du maĂ®tre romain : Marc-Antoine Charpentier venu Ă  Rome comme peintre, dĂ©couvre la force de la musique et du chant le plus expressif et le plus sensuel (alliance rĂ©alisĂ©e quelques dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes en peinture par Caravage) : il sera compositeur et maĂ®tre de l’oratorio, genre rebatisĂ© en France, après sa formation auprès de Carrissimi, “histoire sacrĂ©e”. En tĂ©moigne Le Reniement de Saint-Pierre, chef d’oeuvre de 1670, affirmant au moment oĂą Lully crĂ©e l’opĂ©ra français pour Louis XIV Ă  Versailles (tragĂ©die en mussique), le gĂ©nie d’un Charpentier soucieux de sensualitĂ© italienne autant que de dĂ©clamation française, expressive et onirique. Pour autant Charpentier n’oublie le drame, et la structure de ses Histoires italiennes, exploitent toutes les possibilitĂ©s expressives de la musique, en particulier quand l’enchaĂ®nement des Ă©pisodes favorise caractĂ©risation, coup de théâtre, contrastes saisissants… A Rome au dĂ©but des annĂ©es 1660 (Ă  17 ou 18 ans), Charpentier concentre une rare expĂ©rience de l’oratorio tel qu’il Ă©tait pratiquĂ© alors par Carissimi mais aussi les frères Mazzocchi, Orazio Benevoli, Francesco Beretta : il apprend Ă  leurs cĂ´tĂ©s, Ă  maĂ®triser une langue sensuelle et dramatique d’une sĂ©duction inconnue en France. L’auteur de MĂ©dĂ©e (1693), fut nommĂ© au poste prestigieux de maĂ®tre de musique Ă  la Sainte-Chapelle de Paris (1698, Ă  55 ans) : il y compose sa fameuse Messe Assumpta est Maria, sommet de la ferveur baroque française du Grand Siècle. Molière ne s’Ă©tait pas trompĂ© en prĂ©fĂ©rant alors Charpentier Ă  Lully, pour ses comĂ©dies ballets, quand Lully prĂ©fĂ©ra s’engager avec passion dans le genre de la tragĂ©die lyrique. MĂŞme s’il n’eut aucun poste officiel Ă  Versailles, Charpentier très apprĂ©ciĂ© du parti italophile (Duc de Chartres), suscita nĂ©anmoins l’estime de Louis XIV qui la gratifia d’une pension pour service rendu aux Bourbons, entre autres pour les musiques composĂ©es pour les messes du Grand Dauphin (dĂ©but des annĂ©es 1680).

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boutonreservationAngers Nantes Opéra présente Histoires Sacrées de Carissimi et Marc-Antoine Charpentier dans les églises des Pays de la Loire :

 

Sablé sur Sarthe, Cathédrale
vendredi 16 octobre 2015, 20h

Rennes, Cathédrale Saint-Pierre,
Les 4  novembre 2015, 20h 

Angers, Collégiale Saint-Martin,
les 15,16,18, 19 mars 2016, 20h

Angers Nantes OpĂ©ra offre ainsi un florilège spectaculaire de l’art de l’oratorio romain aux histoires sacrĂ©es françaises, excellence d’une transmission Ă©tonnante entre France et italie, Carrissimi et Charpentier.

 

 

 

Programme : Histoires sacrées

3 oratorios de Carissimi Ă  Marc-Antoine Charpentier

Jonas de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur, cordes et basse continue. Créé à Rome.

Le Reniement de saint Pierre de Marc-Antoine Charpentier
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome ou Paris, vers 1670.

Jephté de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome, vers 1645.

 

 

Charpentier, Carissimi dans les Ă©glises de Nantes

 

La figure du Dieu baroque telle qu’elle est illustrĂ©e par Charpentier et Carissimi au XVIIè est une instance punitive et inflexible. Les actions reprĂ©sentĂ©es appellent Ă  l’humilitĂ©, la contrition, la soumission aux injonctions divines… Les hĂ©ros Ă©prouvĂ©s suscitent chez les “spectateurs/auditeurs”, un profond sentiment de compassion. Rien de tel pour susciter les vocations et convertir les fidèles venus en masse assister aux drames sacrĂ©s. Jonas est avalĂ© par la baleine parce qu’il avait dĂ©sobĂ©i Ă  l’ordre divin ; Pierre est ici puni voire humiliĂ© parce qu’il a reniĂ© sa foi ; surtout, chez Carissimi, JephtĂ© doit immoler son bien le plus prĂ©cieux, sa propre fille (un thème que l’on retrouve dans d’autres Ă©pisodes Ă  l’OpĂ©ra : Abraham sacrifiant son fils Isaac, ou IdomĂ©nĂ©e devant tuer son fils Idamante… mais Ă  la diffĂ©rence de JephtĂ© dĂ©finitivement perdue, une main salvatrice vient au dernier moment sauver l’innocente victime). Ainsi les dieux ont soif : il leur faut du sang humain, preuve de la soumission terrestre au ciel rageur et avide. DĂ©veloppĂ© puis perfectionnĂ© pour les Oratoriens de Philippe de NĂ©ri (dont l’ordre fut officialisĂ© par le Pape GrĂ©goire XIII en 1575), la forme de l’oratorio prolonge les premières expĂ©riences de chants expressifs (polyphonies doxologiques ou laudes). Avec Carissimi, la musique offre un cadre et un rythme dramatique au texte ; son impact sur les foules suscite l’adhĂ©sion des croyants, ainsi l’oratorio romain est-il favorisĂ© par le pape pour convertir les âmes perdues depuis la RĂ©forme. Dans les annĂ©es 1640, Carissimi reprend Ă  son compte les modèles de musique sacrĂ©e théâtrale fixĂ©e par Emilio de’Cavalieri et Monteverdi, au dĂ©but du XVIIè : il en dĂ©coule cette langue sensuelle et expressive que Charpentier exporte Ă  Paris Ă  la fin des annĂ©es 1660 : continuitĂ©, transmission, sublimation.

 

 

 

Mise en scène : Christian Gangneron
costumes : Claude Masson

avec
Hervé Lamy, Jonas, Pierre, Jephté
Hadhoum Tunc, la fille de Jephté

Chœur d’Angers Nantes Opéra, dirigé par Xavier Ribes
Ensemble Stradivaria, dirigé par Bertrand Cuiller

Reprise Angers Nantes Opéra, créée le mercredi 16 septembre 2015 à Nantes, d’après la production de l’Atelier de recherche et de création pour l’art lyrique, créée à l’abbaye de Pontlevoy le 6 septembre 1985.

 

 

Illustration : Caravage : l’IncrĂ©dulitĂ© de Saint-Thomas, Marie-Madeleine pĂ©nitente (DR)

 

 

Angers Nantes Opéra. Oratorios de Carissimi et Histoires sacrées de Charpentier dans les églises de Nantes

caravage-saint-thomas-incredulite-582-390-uneAngers Nantes OpĂ©ra. Baroque, Histoires sacrĂ©es, 16 septembre-3 octobre 2015. Carrissimi et Marc-Antoine Charpentier. Au XVIIè, la ferveur religieuse s’Ă©prouve dans le cadre théâtral de l’oratorio, nouveau genre nĂ© en Italie simultanĂ©ment Ă  l’opĂ©ra : chanteurs et instrumentistes ressuscitent les grands actes hĂ©roĂŻques des premiers martyrs chrĂ©tiens. A Rome, le gĂ©nie de Carrissimi s’affirme (Jonas et JephtĂ©), Ă  tel point que les compositeurs français et europĂ©ens se pressent pour recevoir la leçon du maĂ®tre romain : Marc-Antoine Charpentier venu Ă  Rome comme peintre, dĂ©couvre la force de la musique et du chant le plus expressif et le plus sensuel (alliance rĂ©alisĂ©e quelques dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes en peinture par Caravage) : il sera compositeur et maĂ®tre de l’oratorio, genre rebatisĂ© en France, après sa formation auprès de Carrissimi, “histoire sacrĂ©e”. En tĂ©moigne Le Reniement de Saint-Pierre, chef d’oeuvre de 1670, affirmant au moment oĂą Lully crĂ©e l’opĂ©ra français pour Louis XIV Ă  Versailles (tragĂ©die en mussique), le gĂ©nie d’un Charpentier soucieux de sensualitĂ© italienne autant que de dĂ©clamation française, expressive et onirique. Pour autant Charpentier n’oublie le drame, et la structure de ses Histoires italiennes, exploitent toutes les possibilitĂ©s expressives de la musique, en particulier quand l’enchaĂ®nement des Ă©pisodes favorise caractĂ©risation, coup de théâtre, contrastes saisissants… A Rome au dĂ©but des annĂ©es 1660 (Ă  17 ou 18 ans), Charpentier concentre une rare expĂ©rience de l’oratorio tel qu’il Ă©tait pratiquĂ© alors par Carissimi mais aussi les frères Mazzocchi, Orazio Benevoli, Francesco Beretta : il apprend Ă  leurs cĂ´tĂ©s, Ă  maĂ®triser une langue sensuelle et dramatique d’une sĂ©duction inconnue en France. L’auteur de MĂ©dĂ©e (1693), fut nommĂ© au poste prestigieux de maĂ®tre de musique Ă  la Sainte-Chapelle de Paris (1698, Ă  55 ans) : il y compose sa fameuse Messe Assumpta est Maria, sommet de la ferveur baroque française du Grand Siècle. Molière ne s’Ă©tait pas trompĂ© en prĂ©fĂ©rant alors Charpentier Ă  Lully, pour ses comĂ©dies ballets, quand Lully prĂ©fĂ©ra s’engager avec passion dans le genre de la tragĂ©die lyrique. MĂŞme s’il n’eut aucun poste officiel Ă  Versailles, Charpentier très apprĂ©ciĂ© du parti italophile (Duc de Chartres), suscita nĂ©anmoins l’estime de Louis XIV qui la gratifia d’une pension pour service rendu aux Bourbons, entre autres pour les musiques composĂ©es pour les messes du Grand Dauphin (dĂ©but des annĂ©es 1680).

 

boutonreservationAngers Nantes OpĂ©ra dans les Ă©glises de Nantes dès le 16 septembre et jusqu’au samedi 3 octobre 2015, puis et Ă  Angers Ă  la CollĂ©giale Saint-Martin, les 15,16,18, 19 mars 2016 (20h) offre un florilège spectaculaire de l’art de l’oratorio romain aux histoires sacrĂ©es françaises, excellence d’une transmission Ă©tonnante entre France et italie, Carrissimi et Charpentier.

 

 

 

Programme : Histoires sacrées

3 oratorios de Carissimi Ă  Marc-Antoine Charpentier

Jonas de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur, cordes et basse continue. Créé à Rome.

Le Reniement de saint Pierre de Marc-Antoine Charpentier
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome ou Paris, vers 1670.

Jephté de Giacomo Carissimi
Oratorio pour solistes, chœur et basse continue. Créé à Rome, vers 1645.

 

 

Charpentier, Carissimi dans les Ă©glises de Nantes

 

La figure du Dieu baroque telle qu’elle est illustrĂ©e par Charpentier et Carissimi au XVIIè est une instance punitive et inflexible. Les actions reprĂ©sentĂ©es appellent Ă  l’humilitĂ©, la contrition, la soumission aux injonctions divines… Les hĂ©ros Ă©prouvĂ©s suscitent chez les “spectateurs/auditeurs”, un profond sentiment de compassion. Rien de tel pour susciter les vocations et convertir les fidèles venus en masse assister aux drames sacrĂ©s. Jonas est avalĂ© par la baleine parce qu’il avait dĂ©sobĂ©i Ă  l’ordre divin ; Pierre est ici puni voire humiliĂ© parce qu’il a reniĂ© sa foi ; surtout, chez Carissimi, JephtĂ© doit immoler son bien le plus prĂ©cieux, sa propre fille (un thème que l’on retrouve dans d’autres Ă©pisodes Ă  l’OpĂ©ra : Abraham sacrifiant son fils Isaac, ou IdomĂ©nĂ©e devant tuer son fils Idamante… mais Ă  la diffĂ©rence de JephtĂ© dĂ©finitivement perdue, une main salvatrice vient au dernier moment sauver l’innocente victime). Ainsi les dieux ont soif : il leur faut du sang humain, preuve de la soumission terrestre au ciel rageur et avide. DĂ©veloppĂ© puis perfectionnĂ© pour les Oratoriens de Philippe de NĂ©ri (dont l’ordre fut officialisĂ© par le Pape GrĂ©goire XIII en 1575), la forme de l’oratorio prolonge les premières expĂ©riences de chants expressifs (polyphonies doxologiques ou laudes). Avec Carissimi, la musique offre un cadre et un rythme dramatique au texte ; son impact sur les foules suscite l’adhĂ©sion des croyants, ainsi l’oratorio romain est-il favorisĂ© par le pape pour convertir les âmes perdues depuis la RĂ©forme. Dans les annĂ©es 1640, Carissimi reprend Ă  son compte les modèles de musique sacrĂ©e théâtrale fixĂ©e par Emilio de’Cavalieri et Monteverdi, au dĂ©but du XVIIè : il en dĂ©coule cette langue sensuelle et expressive que Charpentier exporte Ă  Paris Ă  la fin des annĂ©es 1660 : continuitĂ©, transmission, sublimation.

 

 

 

Mise en scène : Christian Gangneron
costumes : Claude Masson

avec
Hervé Lamy, Jonas, Pierre, Jephté
Hadhoum Tunc, la fille de Jephté

Chœur d’Angers Nantes Opéra, dirigé par Xavier Ribes
Ensemble Stradivaria, dirigé par Bertrand Cuiller

Reprise Angers Nantes Opéra, créée le mercredi 16 septembre 2015 à Nantes, d’après la production de l’Atelier de recherche et de création pour l’art lyrique, créée à l’abbaye de Pontlevoy le 6 septembre 1985.

 

 

Illustration : Caravage : l’IncrĂ©dulitĂ© de Saint-Thomas, Marie-Madeleine pĂ©nitente (DR)