CD, critique compte rendu. Schubert : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011)

abbado-schubert-the-great-la-grande-symphony-9-cd-critique-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-juin-2015CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011). Après une Symphonie n°9 de Bruckner (Lucerne, 2013) sublime par ses élans et vertiges spirituels malgré la massivité de l’effectif, également éditée par Deutsche Grammophon (CLIC de classiquenews de juillet 2014), voici une autre gravure de septembre 2011 à Bologne où le maestro avait depuis 2004 fondé l’Orchestre Mozart, famille d’instrumentistes mêlant talents chevronnés et jeunes apprentis déjà très expérimentés : de cette équipe à double profil, si complémentaire (les vertus de la transmission transgénérationnelle), Abbado fait une équipe lumineuse animée par une cohérence exceptionnelle, d’une énergie mesurée et nuancée qui fait littéralement merveille dans une vision attendrie, palpitante, instrumentalement et architecturalement … totalement superlative : malgré l’ampleur là aussi de l’orchestre, Abbado sait distiller une claire électricité des cordes, ce fruité langoureux et nostalgique, sachant constamment balancer entre énergie, noblesse, gravité et détachement tendre, voire jaillissement poétique entre le rêve inespéré et l’innocence recouvré (par la voix de la clarinette et du hautbois dans l’Andante con moto.

 

 

 

En septembre 2011 à Bologne, Claudio Ababdo retrouve son Orchestra Mozart

Le Schubert étincelant du dernier Abbado

 

 

Le chef (qui devait s’éteindre 3 années après ce concert le 20 janvier 2014 des suites d’un cancer) apporte sa profonde connaissance du massif symphonique composé par Schubert entre 1825, et qui réalise un chef d’oeuvre dans l’art du romantisme symphonique immédiatement après Beethoven. L’urgence qu’il imprime au dernier mouvement, allegro, se fait danse subtilement mesurée, avec un soin pour les détails dans la combinaison des timbres, une intelligence de la clarté et de la transparence entre les pupitres qui s’avèrent bénéfiques. Le feu jamais épais, son énergie d’un raffinement inouï, font les délices de cette réalisation de surcroît un live où c’est le geste complice, amoureux, et si perfectionniste du chef qui rayonne après sa mort. L’Å“uvre est un poncif dans son catalogue : il l’a abordé tôt dans sa carrière, dès 1966 à La Haye, et affinité secrète et continuelle avec Franz, le jeune Claudio avait remporté le Concours Koussevitsky (le grand chef créateur et défenseur des Symphonies de Sibelius) en 1958 avec une autre Symphonie schubertienne, la troublante et énigmatique “Inachevée”. Ici, avec la même finesse poétique, Abbado dévoile dans une version complète comprenant toutes les reprises (soit un peu plus d’une heure en durée), la versatilité structurelle de Schubert entre l’allant inextinguible et le recul introspectif, d’une tendresse infinie. L’écart aurait paru acrobatique ailleurs : ici il est générateur d’accomplissement et de jaillissement constant. Une fête savoureuse, des timbres en accord, un chef au sommet de la connivence. Magistral. CLIC de classiquenews.

 

 

CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011 – Réf.: 00289 479 4652).