DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurĂ©ment plus traditionnelle (dĂ©cors, costumes, pantomime trĂšs inscrits dans l’esthĂ©tique d’un XVIIĂš repensĂ© par la France des classes du XIXĂš, au dĂ©but des annĂ©es 1870). Ainsi dans cette chorĂ©graphie repensĂ©e par le moderne Sergey Vikharev, d’aprĂšs Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociĂ©tale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blĂ© proclamĂ©), et son fiancĂ©, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au dĂ©but du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothĂ©ose de la ballerina, la fiancĂ©e qui a su dĂ©masquer la poupĂ©e sĂ©ductrice, la naĂŻvetĂ© de Frantz, et aussi tuer le piĂšge dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’ñme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le BolshoĂŻ, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyautĂ© pour Frantz, son dĂ©sir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compĂ©tence pour faire Ă©chouer l’Ɠuvre machiavĂ©lique et mĂ©canique de Coppelius, tout en le trompant, 
 triomphent dans l’acte III. AprĂšs la scĂšne oĂč la danseuse prend la place de la poupĂ©e – tableau d’une ambivalence dĂ©licieuse oĂč la jeune fiancĂ©e illusionne la naĂŻvetĂ© du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mĂ©canique pouvait atteindre la vie elle-mĂȘme, et donc la grĂące d’une danseuse rĂ©elle), l’acte III est un tremplin somptueux oĂč rayonne cette mĂȘme Ă©lĂ©gance d’une Swanilda, jeune Ă©pouse victorieuse. Petipa rĂ©vise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique rĂ©servait un destin diffĂ©rent au jeune couple amoureux.

La production filmĂ©e par Bel Air classiques a Ă©tĂ© diffusĂ©e en juin 2018 en direct au cinĂ©ma, depuis la scĂšne du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a dĂ©jĂ  traitĂ© parmi les grands ballets du XIXĂš : La Belle au bois dormant, La BayadĂšre, Raymonda
 en s’inspirant des tĂ©moignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante Ă  Saint-PĂ©tersbourg. On se dĂ©lecte ainsi du ballet des heures totalement restituĂ© en dĂ©ploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup Ă  la rĂ©ussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (dĂ©but du II) – Ă©lĂ©ments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. PortĂ©s par le tapis orchestral, d’un raffinement inouĂŻ, et d’une trĂšs belle tendresse mĂ©lodique (proche des valses de Strauss), les deux rĂŽles principaux brillent par un naturel Ă©lastique, aussi acrobatique qu’élĂ©gant : Margarita Shrayner dans le rĂŽle de la courageuse Swanilda captive par sa grĂące constante : lĂ©gĂšre, sincĂšre, presque naĂŻve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impĂ©riale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas Ă  pas l’évolution de son caractĂšre selon les pĂ©ripĂ©ties de l’action
 laquelle est beaucoup moins dĂ©corative qu’il n’y paraĂźt. Loin d’ĂȘtre nunuche, Swanilda ose dĂ©niaiser les mĂąles en prĂ©sence : l’amoureux transi et pĂąlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie Ă  une mĂ©canique en lui transfĂ©rant l’ñme d’un mortel
 La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorĂ©graphie qui en fait une hĂ©roĂŻne de chair, une Ăąme valeureuse qui pense et agit.  Un modĂšle du genre. L’interprĂšte requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilitĂ© admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicitĂ©, ailleurs, froide et glacĂ©e. A ses cĂŽtĂ©s, malgrĂ© la fragilitĂ© et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habituĂ© de l’Ɠuvre, convainc lui aussi, comme le rĂŽle de comĂ©dien moins de danseur, de Coppelius dont le mĂ»r Alexey Loparevich fait une figure de caractĂšre, cependant parfois un peu caricaturale.
La volontĂ© de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte Ă  manquer parfois de lĂ©gĂšretĂ© ou d’équilibre dans costumes et dĂ©cors. Pour ĂȘtre concret, l’étalage de dĂ©tails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilitĂ© des mouvements. Ce culte nostalgique d’un Ăąge d’or de la danse au BolshoĂŻ marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincĂ©ritĂ© salvatrice. A connaĂźtre indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : LĂ©o Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-LĂ©on d’aprĂšs les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
PriĂšre : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théùtre Bolchoï
ÉlĂšves de l’AcadĂ©mie ChorĂ©graphique de Moscou

Orchestre et ChƓur du ThĂ©Ăątre BolchoĂŻ
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
LumiĂšres : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théùtre du Bolchoï, 06/2018
RĂ©alisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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JUSTICE. Dialogue des Carmélites version Tcherniakov, à nouveau autorisé

poulenc dialogues des carmelites DVD presentation affaire tcherniakov par classiquenews BAC461 cover BD Dialogues CarmĂ©litesJUSTICE. La version de l’opĂ©ra de Poulenc Dialogues des CarmĂ©lites version Tcherniakov sera diffusĂ©e et Ă©ditĂ©e en DVD selon le dernier arrĂȘt de la Cour d’appel de Versailles, en date du 30 novembre 2018. Ainsi se termine une pĂ©ripĂ©tie judiciaire et artistique trĂšs passionnante. Le cas de cette production Munichoise du sommet lyrique de Poulenc avait suscitĂ© un vif dĂ©bat : la libertĂ© du metteur en scĂšne peut-elle aller jusqu’à rĂ©Ă©crire la partition et le livret originaux ? Oui dans le cas de Tcherniakov qui avait imaginĂ© une nouvelle fin pour l’opĂ©ra de Poulenc, au risque de porter atteinte Ă  sa signification et sa cohĂ©sion originelles. Ainsi selon le metteur en scĂšne russe, Blanche de la Force sauve toutes ses consƓurs du Carmel de la guillotine, alors que Poulenc respectant l’histoire, les faisait mourir, et de quelle façon, dans une fin bouleversante et terrifiante.

LibertĂ© de l’interprĂšte ou respect de l’Ɠuvre originale ?

Depuis 2012, les ayants-droit de Poulenc et de Bernanos souhaitaient interdire la diffusion TV sur la chaĂźne Mezzo et la commercialisation du DVD et du Blu-ray de l’enregistrement du spectacle captĂ© au Bayerische Staatsoper de Munich en mars 2010. La Cour d’appel de Versailles juge ces demandes « irrecevables », confirmant le jugement rendu par la Cour de Cassation en 2017, et condamne en novembre 2018, les appelants Ă  payer 2000€ Ă  chacun des dĂ©fendeurs : le Land de BaviĂšre, Bel Air Media et Mezzo au titre de l’article 700 du Code de ProcĂ©dure Civile.

Le motif invoquĂ© par la justice dĂ©fend la crĂ©ativitĂ© de l’interprĂšte, en l’occurrence celle du metteur en scĂšne : les choix artistiques et interprĂ©tatifs de Dmitri Tcherniakov n’ont pas menĂ© Ă  une « dĂ©naturation » des Ɠuvres de Poulenc et de Bernanos, la dĂ©cision faisant prĂ©valoir la libertĂ© de crĂ©ation du metteur en scĂšne.

QUE PENSER DE CE JUGEMENT ? Evidemment tout artiste ne doit pas ĂȘtre entravĂ© dans sa dĂ©marche de crĂ©ation. Mais dans le cas d’une Ɠuvre prĂ©existante (et non d’une crĂ©ation ou nouvelle Ɠuvre), il appartient aussi de respecter ce qui fait sa valeur et sa force, ce qui lui assure son sens et sa cohĂ©rence. Qu’un metteur en scĂšne veuille rĂ©viser la signification d’une oeuvre en modifiant sa conclusion certes, mais alors que les spectateurs soient clairement informĂ©s sur ce qu’ils voient et Ă©coutent. Imaginons de nouveaux spectateurs qui n’ont jamais vu Dialogues des CarmĂ©lites de Poulenc et en dĂ©couvrent l’histoire selon la version de Tcherniakov : 
 Ils risquent alors d’ĂȘtre dĂ©concertĂ©s en souhaitant ensuite dĂ©couvrir l’oeuvre originelle. Il convient donc d’expliquer et de prĂ©ciser la nature du spectacle dont il est question, qui est une « relecture » subjective. Ces choses Ă©tant dites, l’ambiguitĂ© qui fait trouble et confusion est levĂ©e. D’autres productions devraient voir le jour, suscitant des dĂ©bats aussi vifs. Pour juger sur piĂšce, il faut Ă©videmment voir la production munichoise ainsi filmĂ©e en BaviĂšre en mars 2010.

Le dvd et le blu ray sont disponibles dĂ©sormais sur le site de l’éditeur Bel Air classiques.

VOIR LE TEASER de Dialogues des Carmélites de Poulenc, version Tcherniakov 2010 :
https://www.youtube.com/watchv=IurMFTyM3M4&mc_cid=b3f375ada0&mc_eid=d3873e37bf

DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opéra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)

bernstein-wonderfull-town-opera-toulon-critiqueopera-critique-opera-classiquenews-dvd-opera-janvier-2018DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opĂ©ra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)… Toulon nous la joue sur un air de Broadway, affichant avec rĂ©ussite des affinitĂ©s maĂźtrisĂ©es avec l’esprit lĂ©ger, sĂ©duisant, irrĂ©vĂ©rencieux et souvent critique de Bernstein, nouveau gĂ©nie du musical amĂ©ricain, en particlier new yorkais. Pour preuve, aprĂšs Folies et Sweeney Todd de Stephen Sondheim, cette crĂ©ation française de Wonderful Town (1953), belle offrande hexagonale Ă  l’annĂ©e du centenaire Bernstein 2018. L’opĂ©ra devance de 4 ans le sommet West Side Story, et dĂ©jĂ  dĂ©livre une superbe dĂ©claration amoureuse pour New York. La critique sociale poind en maints endroits, laissant se dĂ©ployer le regard Ă  la fois tendre mais aussi mordant du compositeur face Ă  une ville qui gĂąche bon nombre de talents sans leur rĂ©server un emploi adaptĂ©.
La grande pomme / «  Big apple », paraĂźt donc Ă  la fois idĂ©alisĂ©e et aussi trĂšs dĂ©capĂ©e, sujet d’une sĂ©rieuse parodie
 dans ce style de fausse badinerie mais de vraie dĂ©nonciation dont Bernstein, engagĂ© et poĂšte, a toujours eu le secret.
Le parti visuel de cette production toulonnaise s’inscrit davantage dans les 70’s que l’esprit incisif et glamour des annĂ©es 1950. Plus Village People que Mad Men.

 

 

 

Wonderfull Town réussit sa création française
Broadway Ă  Toulon

 

 

 

Duo Ă©patant, Ă  la fois naĂŻf et plein d’espoir, les deux soeurs Sherwood, venues chercher fortune et carriĂšre : Jasmine Roy (Ruth l’écrivaine, beautĂ© brune plus introvertie mais moins superficielle) et RafaĂ«lle Cohen (Eileen la chanteuse blonde, sirĂšne irrĂ©sistible), cette derniĂšre fragile de silhouette; flĂ»tĂ©e de voix, cĂ©dant aussi Ă  la nostalgie de leur Ohio natal.

SĂ©ducteur, trĂšs prĂ©sent et naturel, lui aussi, Maxime de Toledo (Robert Baker) a une stature dramatique indĂ©niable qui rappelle combien ici le chant n’est rien sans les talents d’acteurs et de
 danseurs. Il faut savoir bouger son corps dans toute comĂ©die de Bernstein,
 Broadway oblige. Ce que nous rappelle la majoritĂ© de la distribution rĂ©unie ici, en grande partie anglo saxonne. Et comme stimulĂ©e, excitĂ©e par la chorĂ©graphie engageante et trĂšs bien rĂ©glĂ©e des 12 danseurs aux mouvements dessinĂ©s par le talentueux Johan Nus. VoilĂ  qui rehausse le naturel des passages entres chaque sĂ©quence, intimiste, collective, du parlĂ© au chantĂ©, de la joie pure Ă  l’esprit satirique (oĂč Trump n’est pas Ă©pargnĂ©, sa casquette vissĂ©e sur le crĂąne
).

CLIC D'OR macaron 200L’Orchestre maison sait faire crĂ©piter le swing dansant des instruments, en particulier les cuivres, trĂšs exposĂ©s et souvent entraĂźnants. EnlevĂ©e, nerveuse, jamais Ă©paisse ou ronflante, la direction de Larry Banks, familier de Broadway, conforte amplement l’enthousiasme suscitĂ© par le spectacle qui a donc relevĂ© haut la main, le dĂ©fi de la crĂ©ation française de cet opĂ©ra complet, onirique, dĂ©jantĂ©, profond. Au final, 3 ans avant West Side Story, plus sombre et tragique, c’est tout Bernstein, protĂ©iforme et poĂšte qui se dĂ©voile ici. Magistral.

 

 

 

 

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DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opĂ©ra de Toulon, janv 2018, 1 dvd Bel Air classiques). Leonard Bernstein (1918-1990) : Wonderful Town, comĂ©die musicale en deux actes sur un livret de Joseph Fields et Jerome Chodorov ; lyrics de Betty Comden et Adolphe Green, d’aprĂšs la piĂšce de Joseph Fields et Jerome Chodorov et des nouvelles de Ruth McKenney. Avec : Jasmine Roy, Ruth Sherwood ; RafaĂ«lle Cohen, Eileen Sherwood ; Dalia Constantin, Helen ; Lauren Van Kempen, Violet ; Alyssa Landry, Mrs Wade ; Maxime de Toledo, Robert Baker ; Franck Lopez, Lonigan ; Jacques Verzier, Appopolous/Premier Ă©diteur ; Scott Emerson/Speedy Valenti / Guide / DeuxiĂšme Ă©diteur / Shore Patrolman ; Sinan Bertrand, Franck Lippencott/Fletcher ; Julien Salvia, Chick Clark ; Jean-Yves Lange, un Client/un Policier ; Daniel Siccardi, Antoine Abello, Jean Delobel, Patrick Sabatier, quatre Policiers ; GrĂ©gory Garell, un Homme. ChƓur et Orchestre de l’OpĂ©ra de Toulon, direction : Larry Blank / Mise en scĂšne : Olivier BĂ©nĂ©zech. ChorĂ©graphie : Johan Nus.

DVD. Stephen Sondheim : Follies (Toulon 2013, 1 dvd Bel Air classiques)

DVD. Stephen Sondheim : Follies (Toulon 2013, 1 dvd Bel Air classiques). En 1971 pour Broadway sous couvert d’un thĂ©Ăątre qui va fermer,  Sondheim ressuscite l’esprit revue : en une immersion nostalgique pleine de tendresse les anciennes girls reprennent le chemin des planches pour une derniĂšre. .. dont Nicole Croisille qui nous fait aussi son solo sad mais digne,  velours et tĂ©nacitĂ© de celle qui aurait connu Gandhi et Ă  survĂ©cu Ă  Shirley Temple ! Un blues magnifiquement orchestrĂ©.

Ex girl des Follies

Le blues orchestral de Nicole Crosille

follies-sondiem-dvd-bel-air-classiques-classiquenews-compte-rendu-critique-opera-toulonSally Durant ex girl elle aussi, Solange le travesti et sa gouaille parisienne,   un couple de danseurs clone de Fred Astaire et Ginger Rogers, Phillys la bourgeoise alcoolique mariĂ© Ă  Ben l’ex politique cavaleur. .. Ă©maillent chacun Ă  sa façon et selon ses souvenirs d’une Ă©poque rĂ©volue, les sĂ©quences d’une grande sĂ©ance de remĂ©moration collective.
Sur scĂšne, il y a double action : le prĂ©sent des acteurs chanteurs de la revue passĂ©e,  abonnĂ©s au souvenir,  et plus haut sur une passerelle les artistes de l’Ă©poque qui surgissent du passĂ©. Sondheim travaille sur ce croisement fertile en pĂ©ripĂ©ties scĂ©niques : prĂ©sent et passĂ©.  Chacun se remĂ©more ce qu’il Ă©tait et avec qui il a fricotĂ© 30 ans auparavant.
C’est un peu la rĂ©union des anciens avec toute l’inventivitĂ© que permet le Musical dans l’alternance du parlĂ© et du chantĂ©. Tous les artifices – subtils-, du genre tend Ă  ressusciter un temps d’avant. Chacun se souvient,  l’arme Ă  l’oeil, et entone sa chanson, rĂ©sumĂ© de toute une vie comptant ses premiĂšres illusions,  ses dĂ©sirs, ses attentes frustrĂ©es… et toujours chevillĂ©e au corps/coeur,  la passion de Broadway, l’ivresse des planches comme un baume. Le temps de la reprĂ©sentation, passĂ© et prĂ©sent fusionnent. .. quand les chanteurs se confessent,  Ă©voquent un passĂ© d’insouciance trĂ©pidant, Ă©puisant, ils donnent la matiĂšre de la soirĂ©e proprement dite. D’anciennes amours sont avouĂ©es, ressurgissent (ainsi Sally et Ben), mais Sally ne regrette en rien sa vie prĂ©sente parce que son Buddy est lĂ . Pourtant cela bascule aussi dans la thĂ©rapie des couples en crise. Peu Ă  peu, l’action tourne au vinaigre domestique et les femmes rĂšglent leur compte avec leur mari narcissique
 il faut toute la magie de Loveland, au II pour comprendre que l’amour est un vaste mensonge, et qu’enfin l’esprit revue est la forme la mieux aboutie pour exprimer cette amĂšre dĂ©sillusion. Au terme de l’expĂ©rience, chacun doit assumer les choix du passĂ©. Ni plus ni moins.

CLIC D'OR macaron 200Chef enjouĂ©,   instrumentistes sensuels,   chanteurs suggestifs. .. tous jouent la carte de la suggestion fine. Pas de fautes de distribution dans cette succession de rĂ©itĂ©rations attendrie oĂč surgissent aussi des sĂ©quences dĂ©lirantes plus caractĂ©risĂ©es. .. avec point fort les 7 girls ex de la revue des Follies qui nous refont le grand numĂ©ro chantĂ© dansĂ© du miroir. .. Qui est cette femme qui rit tout en ravalant se larmes ?

Clin d’oeil nostalgique aux revues de Broadway, Follies n’est peut ĂȘtre pas le drame le plus haletant de Sondheim mais son charme nostalgique opĂšre incontestablement.

DVD. Stephen Sondheim : Follies, comĂ©die musicale en deux actes (1971). Livret de James Goldman, paroles et musique de Stephen Sondheim. Graham Bickley, Liz Robertson, JĂ©rĂŽme Pradon, Charlotte Page, Nicole Croisille, Sarah Ingram, Denis d’Archangelo… Orchestre et chƓur de l’OpĂ©ra de Toulon. David Charles Abell, direction. Olivier BĂ©nĂ©zech, mise en scĂšne. EnregistrĂ© Ă  Toulon en mars  2013, 1 dvd Bel Air classiques.

DVD, annonce : Brokeback Mountain de Charles Wuorinen d’aprĂšs Annie Proulx (1 dvd Bel Air Classiques annoncĂ© le 24 fĂ©vrier 2015).

brokeback-mountain-dvd-bel-airclassics-real-madrid-dvd-gerard-mortierDVD, annonce : Brokeback Mountain de Charles Wuorinen d’aprĂšs Annie Proulx (1 dvd Bel Air Classiques annoncĂ© le 24 fĂ©vrier 2015). L’opĂ©ra commanditĂ© par GĂ©rard Mortier n’est pas la simple adaptation du film d’Ang Lee (2005) ; c’est une recrĂ©ation lyrique de l’atmosphĂšre originale de la nouvelle oĂč le souffle des Ă©lĂ©ments (la narration s’intĂ©resse au destin de deux garçons gardiens de moutons dans le Wyoming), et la prĂ©sence permanente de la Montagne, Ă  la fois sauvage et fascinante, joue un rĂŽle fondamental. Le milieu naturel hostile et enveloppant sert de cadre Ă  l’idylle qui se noue durant l’Ă©tĂ© 1963. Pour l’opĂ©ra, la collaboration entre le compositeur et l’Ă©crivain Annie Proulx, librettiste de la partition, a permis de dĂ©velopper certains dĂ©tails et d’introduire de nouveaux personnages.

Le metteur en scĂšne Ivo van Hove aborde sans pathos l’histoire d’amour entre les deux cowboys incarnĂ©s par le baryton Daniel Okulitch (Ennis del Mar) et le tĂ©nor Tom Randle (Jack Twist).

L’opĂ©ra, dont la crĂ©ation mondiale a eu lieu Ă  Madrid le 28 janvier 2014, fut la derniĂšre commande de GĂ©rard Mortier en tant que directeur artistique du Teatro Real. La publication du dvd est dĂ©diĂ©e Ă  sa mĂ©moire. Prochaine critique dĂ©veloppĂ©e dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com au moment de la parution du dvd Brokeback mountain, soit le 24 fĂ©vrier 2015.

DVD. Verdi : Il Trovatore (Tcherniakov, 2012)

Verdi il trovatore dmitri tcherniakov La Monnaie juin 2012DVD. Verdi : Il Trovatore (Tcherniakov, 2012). Les metteurs en scĂšne passent…l’opĂ©ra rĂ©siste. Ou pas. On a connu son Macbeth (Verdi) Ă  l’opĂ©ra Bastille (2008-2009), surtout Ă  Garnier son formidable EugĂšne OnĂ©guine (TchaĂŻkovsky)… et dĂ©jĂ  beaucoup moins apprĂ©ciĂ© son Mozart (Don Giovanni), à  Aix 2013 : vrai ratage pour cause de dĂ©calage dĂ©poĂ©tique et de tempo confusionnant. Las ce TrouvĂšre de Verdi qui peut inspirer les grands metteurs en scĂšne en dĂ©pit de l’intrigue Ă  tort jugĂ©e compliquĂ©e du livret, confirme les dĂ©lires nĂ©fastes du nouvel ex gĂ©nie de la mise en scĂšne, aprĂšs les Sellars ou Zarlikovski… c’est l’Ă©ternel problĂšme sur la scĂšne lyrique : trop de thĂ©Ăątre tue l’opĂ©ra ; trop de musique dilue l’action et fait un jeu sans consistance. Pas facile de trouver l’Ă©quilibre idĂ©al. avec Tcherniakov, on sait d’emblĂ©e que l’homme de thĂ©Ăątre tire la couverture vers lui et oblige l’action lyrique Ă  rentrer dans sa grille. Pour peu que l’opĂ©ra soit surtout un thĂ©Ăątre psychologique, l’enjeu peut trouver une forme satisfaisante ; si comme ici, les Ă©pisodes et sĂ©quences dramatiques trĂšs contrastĂ©es composent les rebonds de l’intrigue, la lecture rien que thĂ©Ăątrale s’enlise. Voici donc la premiĂšre mise en scĂšne de Tcherniakov Ă  Bruxelles. Le thĂ©Ăątre prime immĂ©diatement dans un huit clos oĂč les personnages se voit recevoir par Azucena en maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie et hĂŽtesse pour un jeu de rĂŽles Ă  dĂ©finir, leur fiche indiquant clairement le rĂŽle qui leur est dĂ©volu le temps de l’opĂ©ra.

TrĂšs vite dans une sĂ©rie de confrontations orales puis physiques, les vieilles haines, jalousies, passions refont surface ; ils innervent l’action prĂ©sente d’une nouvelle violence, de sorte que l’opĂ©ra se fait rĂšglement de compte… ce qui en soit est juste et pertinent puisque le trouvĂšre raconte en rĂ©alitĂ© la rĂ©alisation d’une vengeance par enfants interposĂ©s. La BohĂ©mienne se venge de la mort de sa mĂšre et faisant en sorte que son meurtrier tue sans le savoir son propre frĂšre (qu’il ne connaissait pas comme tel pendant l’ouvrage Ă©videmment…). A trop vouloir rendre explicite les tensions souterraines, Tcherniakov produit une caricature dramatique : Luna exaspĂ©rĂ© tue Ferrando, puis le trouvĂšre Manrico bien que Leonora se soit donnĂ©e Ă  lui ; cette derniĂšre s’effondre sur le cadavre de son aĂźmĂ©. A nouveau Tcherniakov en dĂ©pit de son engagement Ă  restituer un jeu brĂ»lant, plus psychologique que dramatique, finit par agacer par confusion, le point culminant de son travail d’implosion dramaturgique Ă©tant le final du II oĂč des nombreux personnages sur scĂšne (soldats de Luna, nonnes et Leonora) on ne sait plus bien qui est contre qui et pour quelles raisons toute cette foule diffuse se prĂ©sente sur la scĂšne !
Donc sur les planches, dĂ©mentĂšlement puissant du drame verdien mais force voire violence de la reconstruction thĂ©Ăątrale, cependant dĂ©nuĂ©e de son suspens haletant car dĂšs le dĂ©part (ou presque), Azucena paraissant avec les BohĂ©miens dĂšs le 2Ăšme Ă©pisode, dĂ©voile toute la machination qui la hante donc ĂŽte Ă  ce qui suit tout son mystĂšre et sa tension. SĂ©rieux dĂ©sĂ©quilibre quand mĂȘme.

Dans la fosse, Minko fait du… Minko : direction violente, contrastĂ©e parfois trĂšs brutale et engagĂ©e. Ici Verdi n’a aucune finesse; en homme d’armes vouĂ© au service du comte Luna, Ferrando (Giovanni Furlanetto) est honnĂȘte ; mais la Leonora de Marina Poplavskaya n’a rien d’ardent ni de touchant (aigus tirĂ©s et forcĂ©s donc douloureux pour l’auditeur). Le TrouvĂšre / Manrico de Misha Didyk n’a rien lui aussi de souple et de vaillant : carrĂ© et franc comme un boxeur ; mĂȘme cosntat pour le Luna de Scott Hendricks : certes le prince n’a rien de tendre mais quand mĂȘme il souffre d’un amour incandescent que lui refuse Leonora (seul son air “Il balen del suo sorriso” : aveu de son dĂ©sir impuissant pour la jeune femme est justement placĂ© et plutĂŽt vraissemblable). Seule rayonne le diamant de l’Azucena de Sylvie Brunet : couleurs du medium ardent et profond qu’attĂ©nue cependant des aigus par toujours aisĂ©s. Mais la BohĂ©mienne ici retrouve ses droits : droit au chant rugissant et incantatoire voire hallucinĂ©, chant de vengeance et douleur haineuse…
un seul chanteur au niveau, est ce pour autant rĂ©ellement suffisant ? On reste sur notre rĂ©serve. De toute Ă©vidence, ce TrouvĂšre n’a pas la classe ni l’aplomb fantastique et onirique de la production d’Il Trovatore de Berlin (dĂ©cembre 2013) sous la direction de Barenboim, avec Anna Netrebko, incandescente et touchante Leonora (dans la mise en scĂšne trĂšs rĂ©ussie de Philippe Stölzl).

Verdi : Il Trovatore / Le TrouvÚre. Marc Minkoswki, direction. Dmitri Tcherniakov, mise en scÚne. Enregistré à la Monnaie de Bruxelles, en juin 2012.

DVD. Music lovers (Tchaïkovski revisité par Ken Russel, 1971)

DVD. Ken Russel: Music lovers (Bel Air classiques)

DVD russell music-lovers bel-air_classiquenews_Russel_tchaikovski_symphonie_pathetiqueKen Russell : The music lovers (1971, rĂ©Ă©dition). En 1971, le rĂ©alisateur provocateur Ken Russel (1927-2011) auteur des Diables (fantaisie baroque tout aussi dĂ©jantĂ©e), futur auteur de Mahler, Lisztomania et de Valentino (avec Noureev), s’empare ici de la vie de TchaĂŻkovski pour en faire un biopic psychĂ©dĂ©lique, souvent hystĂ©rique mais aussi façonnĂ© dans ses dĂ©lires exacerbĂ©s comme une comĂ©die musicale qui dĂ©borde de son propos classique vers la pure fiction dĂ©bridĂ©e version Terry Gilliam. Aujourd’hui, c’est moins l’histoire traitant d’un mythe homosexuel qui heurte que la forme dĂ©jantĂ©e de l’objet cinĂ©matographique dont bon nombre d’effets et de sĂ©quences confinent Ă  l’opĂ©ra, empruntant au genre musical des poses et des situations plutĂŽt artificielles, excessives voire parodiques : Russel semble donc pleinement assumer ses emprunts au genre parfois larmoyant d’un surromantisme sirupeux (pas une scĂšne sans ses cris, ses Ă©lans passionnĂ©s, ses dĂ©chaĂźnements en tout genre).

biopic psychédélique

Comme souvent chez Russel, l’homme y passe un scanner complet, dĂ©voilant ses tares, ses faiblesses, ses vertiges non analysĂ©s qui devant la camĂ©ra produisent la pathologie d’une dĂ©mence individuelle et collective (c’Ă©tait le mĂȘme sujet dans les Diables). Le hĂ©ros Piotr est traitĂ© tel un animal passionnĂ© donc exacerbĂ©, aux sursauts excessifs qui voisinent avec la surenchĂšre la plus dĂ©bridĂ©e. Les puristes et musicologues n’y retrouveront certes pas le compositeur, bourgeois et secret, rĂ©servĂ© et pudibond dans ce portrait au romantisme caricatural, semĂ© de visions dĂ©figurĂ©es oĂč les gros plans sur les visages, les mouvements de camĂ©ras et les nombreux plans sĂ©quences, superbement rĂ©alisĂ©s d’ailleurs, indiquent toutes les obsessions jusqu’Ă  la folie d’un ” hĂ©ros ” plutĂŽt habitĂ© par l’obsession et l’angoisse de l’Ă©chec amoureux. Piotr veut se fondre dans le moule social au risque de se perdre dans un mensonge dangereux: exit son amant fortunĂ© (Chilouski/Christopher Gable), mais mariage expĂ©diĂ© avec Antonia Milioukova (Glenda Jackson) dont Russel fait une nymphomane libĂ©rĂ©e qui aprĂšs avoir sĂ©duit un officier Ă©thylique, fait l’assaut du compositeur dĂ©jĂ  fragilisĂ© par ses pulsions mal vĂ©cues (Richard Chamberlain)… le professeur au Conservatoire de Moscou croise aussi le chemin de la Comtesse Von Mack (Izabella Telezynska) qui mĂ©lomane nĂ©vrosĂ©e s’Ă©prend elle aussi jusqu’Ă  la folie de la musique du divin Piotr. Toute la matiĂšre du film balance entre ses 3 personnages, chacun favorable et protecteur puis sombrant soit dans la haine dĂ©nonciatrice (l’amant Ă©conduit), soit dans le lynchage (la comtesse) ou la … folie (Nina).

Et la musique est omniprĂ©sente, structurant mĂȘme les dĂ©veloppements imagĂ©s, infĂ©odant Ă  la camĂ©ra ses mouvements, sa chorĂ©graphie propre; les cadrages serrant au plus prĂšs les protagonistes selon le rythme de chaque partition choisie. A l’Ă©poque oĂč Piotr rencontre et Ă©pouse Nina, il compose l’opĂ©ra EugĂšne OnĂ©guine dont la fameuse lettre des aveux Ă©crite par Tatiana (Ă  OnĂ©guine) se confond dans le film de Russel, avec celle que lui adresse alors Antonina tombĂ©e amoureuse du musicien… L’air de la lettre (chantĂ© en anglais) inspire une scĂšne parmi les plus kitsch du film confĂ©rant Ă  la sensibilitĂ© du rĂ©alisateur britannique un style proche du musical. L’imagerie de Russel nourrit les visions terrifiantes de Piotr-Chamberlain: quand ses ennemis tirent au canon dans sa direction pour mieux l’abattre… tout cela rĂ©alise une fiction expressionniste, hallucinogĂšne et magistralement dĂ©cadente, dont les tares cachĂ©es du musicien sont outrageusement dĂ©voilĂ©es sous la lorgnette du cinĂ©aste voyeur avec ce goĂ»t assumĂ© pour les envolĂ©es lyriques non dĂ©nuĂ©es d’humour et de dĂ©lire (voir la scĂšne de la nuit dans le train quand les mariĂ©s quittent saint-PĂ©tersbourg pour Moscou: chevauchĂ©e terrifiante pour le musicien confrontĂ© Ă  la nuditĂ© du corps et du sexe fĂ©minin !).

Evidemment tout cela paraĂźt un rien soit outrancier soit systĂ©matique, mais la rĂ©alisation des plans sĂ©quences, l’imaginaire si fantasque et cynique du Russel sur le motif tchaĂŻkovskien relĂšve d’une forme personnelle qui saisit par son sens du rythme et des passages contrastĂ©s : Milos Forman en fera bon usage dans son Mozart Ă  venir : l’illustration des fantasmes qu’inspirent Ă  Nina la musique de Piotr jouant son Concerto pour piano et cette chevauchĂ©e en calĂšche qui court selon la digitalitĂ© enfiĂ©vrĂ©e du compositeur est emblĂ©matique de tout le film : dĂ©lirant, dĂ©jantĂ© et finalement souvent comique.

MĂȘme si l’irrĂ©vĂ©rence du cinĂ©aste dĂ©figure l’image de TchaĂŻkovski, par sa libertĂ© formelle et ses audaces d’Ă©criture, le film de Russel reste saisissant, rĂ©ussissant en particulier le choc du cinĂ©ma et de la musique classique en une course Ă©chevelĂ©e aux visions hallucinĂ©es.

‹Ken Russell : The music lovers. La Symphonie pathĂ©tique. RĂ©Ă©dition. 1 DVD Bel Air Classiques (2012). BAC 091