TOURCOING. La Cambiale di Matrimonio de ROSSINI Ă  L’Atelier Lyrique

TOURCOING, ROSSINI : La Cambiale di Matrimonio, 20 – 24 mars 2020. Fidèle Ă  LA COMMEDIA DELL’ARTE, l’opera buffa de Rossini met en musique le fameux trio loufoque, tragicomique du barbon Ă©pais, rustre auquel sont opposĂ©s un couple de jeunes amoureux…
rossini-portrait-gioachino-rossini-bigDe fait, l’histoire met en scène un riche négociant anglais qui vend par correspondance sa fille unique (amoureuse d’un pauvre) à un riche propriétaire canadien… ce dernier au début de l’opéra, débarque du nouveau monde, dans l’ancien pour prendre possession de son « bien ». D’une situation assez choquante, surgissent maints effets de théâtre, ceux que Rossini adore : quiproquos, menace de mort, coups de théâtre, duel aux pistolets, en un délire effréné et jubilatoire. La farce même si elle se termine bien, produit plusieurs situations tendues voire touchante, qui révèlent le cœur et l’âme de certains personnages.
Rossini aime les renversements salvateurs : ainsi le jeune et pauvre amoureux deviendra riche et épousera la belle ; tandis que permanence des positions sociales âprement défendues, depuis des lustres, « les vieux riches » (le négociant et le Canadien) seront certes déçus, mais toujours riches ! précise Laurent Serrano, metteur en scène.

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ROSSINI : La Cambiale di Matrimonio
reprise du spectacle présenté en 2016
Vendredi 20 mars 2020 / 20 h
Dimanche 22 mars 2020 / 15 h 30
Mardi 24 mars 2020 / 20 h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

RÉSERVEZ VOS PLACESboutonreservation
directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-cambiale-di-matrimonio/

 

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Gioacchino Rossini (1792-1868)
La Cambiale di matrimonio
Le Mariage par lettre de change
Farce créée au Théâtre San Moisè à Venise en 1810
Livret de Gaetano Rossi
Création Atelier Lyrique de Tourcoing  2016

Direction musicale : Emmanuel Olivier
Mise en scène : Laurent Serrano

Tobia Mill, un commerçant anglais : Sergio Gallardo
Fanny, fille de Mill : Clémence Tilquin
Edoardo, amant de Fanny : Jérémy Duffau
Slook, agent de Mill au Canada : Nicolas Rivenq
Norton, caissier de Mill : Ugo Guagliardo
Clarina, secrétaire : Pauline Sabatier

La Grande Écurie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

CD. Catel : Les Bayadères, 1810 (Talpain, 2012)

CD-CATEL-BAYADERES-Talpian-Bru-zane-cd-Chantal-Santon-Vidal-do-1810-ediciones-singulares-glossaCD. Catel: Les Bayadères, 1810. Deux annĂ©es après un Amadis pĂ©tillant et lĂ©ger (2010), d’un dramatisme finement ciselĂ©, -coup de gĂ©nie du fils Bach invitĂ© en France Ă  servir le genre tragique en 1779-,  le chef Didier Talpain nous revient dans cet enregistrement de la mĂŞme eau, dĂ©voilant un Catel datĂ© de 1810 : fresque lyrique Ă  grand effectif, d’un orientalisme enchanteur pour lequel l’Ă©quipe de musiciens rĂ©unis renouvelle un sans faute ; le chef retrouve la quasi mĂŞme Ă©quipe de chanteurs et surtout le formidable orchestre Musica Florea, articulĂ©, jamais Ă©pais ni lourd, d’une expressivitĂ© naturelle indiscutablement idĂ©al s’agissant d’un opĂ©ra nĂ©omozartien (les 3 Bayadères rappellent les 3 dames de La FlĂ»te entre autres), regardant aussi du cĂ´tĂ© de Haydn, dont l’enjeu entend renouveler l’hĂ©ritage trop rĂ©ducteur et contraignant de l’inĂ©vitable Gluck… Talpain Ă©claire cet orientalisme oĂą l’Orient rĂŞvĂ© et ses bayadères, convoquent une Inde fantaisiste – qui proche de l’ouvrage contemporain de Weber (Abu Hassan, 1811), renouvelle la trame sentimentale du cadre théâtral : s’il est question d’orientalisme, la question est plutĂ´t d’Ă©mouvoir et de s’alanguir… dans l’esprit des comĂ©dies et opĂ©ras ballets galants de Rameau. La danseuse inaccessible, LamĂ©a, protagoniste et rĂ´le impressionnant, offre peu Ă  peu un portrait de femme amoureuse admirable, inspirĂ©e par des qualitĂ©s morales au dĂ©but insoupçonnables.

Nouveau jalon rĂ©estimĂ© de l’opĂ©ra romantique français

Grâce héroïque des Bayadères de Catel

CLIC_macaron_2014CATEL Charles-Simon_CatelAlors que règne l’impressionnante lyre terrible et frĂ©nĂ©tique d’un Spontini, vrai champion de l’opĂ©ra hĂ©roĂŻque impĂ©rial, – La Vestale (1807)-, Charles-SImon Catel et ses Bayadères fascinent alors de la mĂŞme façon par le dĂ©ploiement souple et remarquablement agencĂ© des scènes et tableaux aux effectifs impressionnants : on ne compte plus les choeurs, les danses, les affrontements et les situations les plus contrastĂ©s convoquant tout ce qu’un opĂ©ra peut offrir en possibilitĂ©s vocales, chorales, orchestrales… le style est cependant toujours parfaitement Ă©lĂ©gant comme si l’Ă©criture de Catel ne se laissait jamais aller Ă  la solennitĂ© ni Ă  l’Ă©paisseur d’un dĂ©corum naturellement prĂ©sent par l’ambition des dĂ©cors et machineries: l’Inde Ă©voquĂ©e, aux riches effets visuels fait partie de ce spectacle qui annonce dĂ©jĂ  le grand opĂ©ra Ă  venir (celui de Meyerbeer)… harem du Rajah au I, son palais au III, la place Ă  BĂ©narès au II. La direction du chef restitue dans sa continuitĂ© souple la succession des Ă©pisodes ; tout cela s’enchaĂ®ne avec une grâce inhabituelle d’autant plus mĂ©ritante dans le genre officiel voire solennel.
D’une distribution sans dĂ©faillance notable, la LamĂ©a de Chantal Santon se distingue par son intensitĂ© sensuelle, sa diction enivrante, la clartĂ© brillante du timbre, sa tenue Ă©gale malgrĂ© l’exigence du rĂ´le principal oĂą brilla avant elle la fameuse Caroline Branchu, Ă©toile du chant français dramatique et tragique, tout aussi convaincante chez Gluck puis Spontini. Chantal Santon exprime la dignitĂ© puissante de la danseuse sacrĂ©e attachĂ©e au culte de Brahma et montre un engagement respectueux de cette fine caractĂ©risation vocale dont fait preuve Catel dans le portrait de son hĂ©roĂŻne…

santon chantalL’opĂ©ra reproduit allusivement la fonction de la tragĂ©die lyrique du XVIIIè : le hĂ©ros DĂ©maly, objet de l’amour victorieux de Lamea, par sa prĂ©sence lumineuse et les vertus morales qui le font triompher, incarne symboliquement la figure du guide Ă  aimer : NapolĂ©on lui-mĂŞme. Outre la marche du III (claire assimilation des pauses introspectives de La FlĂ»te mozartienne), on reconnaĂ®t le raffinement gĂ©nĂ©ral d’une partition qui sait ĂŞtre dramatique.
La plupart des personnages n’ont pas d’airs dĂ©veloppĂ©s autonomes (surtout au III) mais un rĂ©citatif souple et intense qui accĂ©lère le flux de l’action ; de ce point de vu la dĂ©clamation dĂ©fendue par Mathias Vidal se rĂ©vèle exemplaire. MĂŞme constat pour Chantal Santon qui comme nous l’avons dit, dessine avec sensibilitĂ©, naturel et sincĂ©ritĂ©, le portrait de la vĂ©ritable hĂ©roĂŻne de la partition : Lamea. A ses cĂ´tĂ©s, Demaly paraĂ®t souvent lourd et systĂ©matique dans un verbe outrĂ©, si peu nuancĂ© : quel dommage car le timbre est sĂ©duisant. Question de style : le tĂ©nor en aurait Ă  apprendre auprès de Mathias Vidal.
On regrette aussi l’imprĂ©cision linguistique comme parfois l’Ă©paisseur du choeur qui visiblement ne maĂ®trise pas la langue française.

Cependant, le bon goĂ»t qui prĂ©side Ă  la rĂ©alisation, le souci des Ă©quilibres dĂ©fendu par le chef manifestement inspirĂ© par la rĂ©surrection de l’Ĺ“uvre, l’implication d’une soprano sĂ©duisante et expressive dans le rĂ´le de la danseuse loyale et courageuse… suscitent notre enthousiasme. Les Bayadères de Catel de 1810 prĂ©parent au grand opĂ©ra de Meyebeer ; c’est ainsi par le disque, un nouveau jalon rĂ©estimĂ© de l’opĂ©ra romantique français Ă  l’Ă©poque de NapolĂ©on. RedĂ©couverte marquante.

Charles-Simon Catel (1773-1830) : Les Bayadère, 1810. Chantal Santon (LamĂ©a), Philippe Do, Andre Heyboer, Mathias Vidal, Katia Velletaz, Jennifer Borghi. ChĹ“ur Solamente Naturali, Musica Florea. Didier Talpain, direction. 2 cd Singulares.  Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  sofia en novembre 2012. Collection “OpĂ©ra français”.