Jélyotte ressuscité à Musique & Mémoire

musique et memoire 2022 festival annonce critique classiquenewsVOSGES DU SUD, Luxeuil-les-Bains. RAMEAU / JĂ©liote, le 16 juil 2022, 21h. Pour le Festival Musique & MĂ©moire, le tĂ©nor Reinoud van Mechelen ressuscite le rĂ©pertoire incarnĂ© Ă  l’époque de Rameau par son haute-contre favori, JĂ©liote. Eloquence, style, souplesse, agilitĂ©, JĂ©liote, interprĂšte du gĂ©nie français du XVIIIĂš, est devenu une lĂ©gende dans l’histoire de l’opĂ©ra. Il mĂ©ritait d’ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© dans un programme qui lui est dĂ©diĂ©.

 

 

 

Reinoud van Mechelen célÚbre le chant ramélien à Musique & Mémoire

JĂ©lyotte, star de l’opĂ©ra français
égérie de Rameau

 

 

 

Mechelen-jelyotte-jeliote-rameau-haute-contre-concert-musique-et-memoire-concert-critique-classiquenewsAprĂšs Dumesny, haute-contre de Lully (ressuscitĂ© en juillet 2021), a nocte temporis s’intĂ©resse au haute-contre de l’histoire, Pierre de JĂ©liote du BĂ©arn (nĂ© Ă  Lasseube, Occitanie) qui fut aussi guitariste, thĂ©orbiste, violoncelliste, compositeur (de Motets). AprĂšs des dĂ©buts remarquĂ©s (Ă  20 ans) en tant que ” Suivant d’Amour ” dans le prologue d’Hippolyte et Aricie, premier opĂ©ra de Jean-Philippe Rameau (1733), JĂ©liote doit attendre la retraite de son prĂ©dĂ©cesseur, Tribou, pour chanter les premiers rĂŽles : ” Daphnis ” dans Daphnis et Alcimadure, opĂ©ra en langue occitane de Jean-Joseph CassanĂ©a de Mondonville (chantĂ© dans la langue maternelle de l’auteur en Narbonais) ; Abaris dans les rĂ©pĂ©titions des BorĂ©ades, derniĂšre oeuvre de Rameau jamais crĂ©Ă©e au XVIIIe siĂšcle (1764) en raison de la mort du compositeur. RetraitĂ©, JĂ©liote se retire dans les PyrĂ©nĂ©es. Au programme de ce concert attendu : cĂ©lĂšbres pages de Rameau, quelques airs en occitan de Mondonville, extraits de Dauvergne, La Borde, Colin de Blamont, et un air extrait de ZĂ©ilisca, opĂ©ra composĂ© par le chanteur lui-mĂȘme, agrĂ©mentĂ©s de piĂšces instrumentales, ouvertures et danses, extraites d’opĂ©ras crĂ©Ă©s par Pierre de JĂ©liote.

« La voix de ce divin chanteur
Est tantĂŽt un ZĂ©phir qui vole dans la plaine,
Et tantĂŽt un volcan qui part, enlĂšve, entraĂźne.
Et dispute de force avec l’art de l’auteur. »
Louis de Boissy, 1735

 

 

 

Pierre_Jelyotte Dardanus Rameau jeliottePour Jean-Philippe Rameau, Pierre de JĂ©liote / Pierre JĂ©lyotte, nĂ© en terres occitanes (1713-1797), chante les rĂŽles les plus difficiles et les plus fascinant : aprĂšs Dardanus (1739), JĂ©lyotte est nommĂ© « premeir sujet » Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique en 1741 (28 ans) et crĂ©e les grands personnages ramĂ©liens : PlatĂ©e (1745), Zoroastre (1749), Acante et CĂ©phise (1751), 
 Sa cĂ©lĂ©britĂ© est immense jusqu’à son retrait de la scĂšne en 1755 (Ă  42 ans). « Voix de l’amour », JĂ©lyotte Ă©tait aussi piĂštre acteur que son timbre Ă©tait argentin, vaillant, flexible, d’une technicitĂ© et d’un style « italien ». TrĂšs en cour, habile courtisan, JĂ©lyotte chante devant la famille royale jusqu’en 1765.

 

 

 

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Samedi 16 juillet 2022boutonreservation
LUXEUIL-LES-BAINS, 21h,

Basilique Saint-Pierre et Saint-Paul,
a nocte temporis, JĂ©liote, haute-contre de Rameau
: R V Mechelen

LIRE notre présentation Festival Musique & Mémoire 2022 : ici

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Festival Musique & MĂ©moire 2022 : https://musetmemoire.com/

 

 

 

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Vidéo : Rameau, « Charmes trop dangereux » Abaris  / Les Boréades.
RV Mechelen chante et dirige :
https://youtu.be/BPHmJ6n6uQo

 

 

 

 

 

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CD. Rameau : Zoroastre (Christie, 2001)

CD. Rameau : Zoroastre (Christie, 2001)   …   En ces temps de cĂ©lĂ©bration Rameau (2014 marque le 250Ăšme anniversaire de sa mort en 1764), oĂč les grands projets lyriques se font rares – aucune grande tragĂ©die lyrique du Dijonais n’est Ă  l’affiche ni l’OpĂ©ra de Paris, hĂ©ritiĂšre de l’institution pour laquelle le compositeur a Ă©crit tous ses opĂ©ras (AcadĂ©mie royale de musique), ni mĂȘme Ă  l’OpĂ©ra de Dijon (qui ne manque pas de moyens pour cĂ©lĂ©brer son plus grand gĂ©nie musical et patrimonial), le disque remplit opportunĂ©ment notre soif et comble d’une certaine façon notre attente.
D’autant qu’avec la renaissance du label Erato en 2013, nous voici en prĂ©sence de deux rĂ©fĂ©rences absolues dans l’histoire de l’interprĂ©tation des opĂ©ras de Rameau : Zoroastre (2001) et Hippolyte et Aricie (1996) par William Christie et ses Arts Florissants.

Zoroastre (version 1756)

RAMEAU_zoroastre_cd_christie_ERATOEn 2001, Les Arts Florissants frappent un grand coup et démontre des affinités incroyables avec la science et la passion du théùtre de Rameau.
Il ne faut Ă©couter que l’ouverture, formidable machine infernale dĂšs le dĂ©but avec ses pointes sardoniques (annonçant le rituel noir et dĂ©moniaque de l’acte IV) pour comprendre le propos de Rameau sublimĂ© par l’enchanteur ” Bill ” : une impressionnante architecture musicale et dramatique, des tĂ©nĂšbres vers la lumiĂšre.
Le compositeur met en pratique dans Zoroastre, sa conception encyclopĂ©dique des passions humaines (l’opposition noire et si malĂ©fique du couple haineux et cynique Abramane et Érinice, et leurs pendants lumineux Zoroastre et AmĂ©lite), mais aussi sa propre thĂ©orie du thĂ©Ăątre musical : une formidable machinerie suscitant Ă©merveillement, spectaculaire voire fĂ©erie tout au moins onirisme. Le thĂ©Ăątre d’opĂ©ra suscite chez Rameau, une sĂ©rie de visions recomposant les phĂ©nomĂšnes de la nature. C’est aussi fidĂšle Ă  son gĂ©nie polymorphe une trĂšs fine approche de caractĂšres, ajoutant au souffle de la fresque, l’acuitĂ© de situations psychologiques brĂ»lantes : ainsi, ÉrĂ©nice comme la Vittelia de La ClĂ©mence de Titus, bascule soudain de la cruautĂ© barbare Ă  la compassion la plus humaine  … car elle aime certes vainement Zoroastre ; mais touchĂ©e par la valeur morale du hĂ©ros, l’hĂ©roĂŻne se mĂ©tamorphose Ă  son contact (dĂ©but du V).
Le fondateur des Arts Florissants comprend si bien la langue de Rameau qu’il en exprime cette magie Ă©lĂ©gante, ce raffinement si tendre : toute la part de l’humain sous le feu de la science. Et sous la fureur du sujet dĂ©moniaque, le chef des plus inspirĂ©s en distille l’essence tendre et humaine. La nervositĂ© trĂ©pidante et l’allant irrĂ©pressible des danses pointĂ©es, l’Ă©lĂ©gie qui se rĂ©vĂšle soudain en un rondeau d’une ineffable nostalgie, toute l’articulation organique d’une vivacitĂ© aĂ©rienne qui semble toujours inspirĂ© par le sentiment de l’innocence font la valeur de la vision d’un William Christie qui sait avec quelle justesse rĂ©vĂ©ler sous la machinerie ramĂ©lienne, sa riante facĂ©tie, une gaietĂ© souveraine qui transcende le sĂ©rieux apparent du drame originel.  C’est une comprĂ©hension unique Ă  ce jour de l’univers ramĂ©lien.

La mĂȘme intelligence veille ici sur la distribution, finement caractĂ©risĂ©e comme toujours avec ce respect palpitant de l’Ă©loquence linguistique, travail central de toute l’esthĂ©tique de William Christie. Anna Maria Panzarella Ă©blouit dans le rĂŽle machiavĂ©lique d’Érinice : Ăąme implacable et rien que haineuse qui suscite les dĂ©mons et les gĂ©nies cruels contre sa rivale AmĂ©lite… VoilĂ  bien le rĂŽle central de l’opĂ©ra.  MalgrĂ© son accent british, Mark Padmore demeure exactement et continĂ»ment dans la vĂ©ritĂ© du rĂŽle hĂ©roĂŻque de Zoroastre, touchĂ© par la grĂące de l’amour, conduit par OromasĂšs, vĂ©ritable instance paternelle.  Mais c’est comme pour son Hippolyte et Aricie, une science incomparable de la vitalitĂ© orchestrale qui restitue Ă  Rameau sa formidable imagination pour l’orchestre : un foisonnement singulier et une activitĂ© complexe que le maestro dĂ©mĂȘle avec subtilitĂ© et un naturel irrĂ©sistible. Ecoutez cette nervositĂ© incandescente des instruments et ce dĂšs l’ouverture (dĂ©cidĂ©ment Ă  tomber) et vous succomberez comme nous Ă  la poĂ©tique ramĂ©lienne. Mozart, celui de La FlĂ»te y Ă  puiser toute la fascination de son thĂ©Ăątre : les forces malĂ©fiques Ă  l’oeuvre, le couple des Ă©lus pourtant Ă©prouvĂ©s, la figure juste de la grĂące paternelle (OromasĂšs)… Tout cela est magnifiquement exprimĂ© par le plus grand ramĂ©lien Ă  ce jour. Du trĂšs grand Rameau. DĂ©cidĂ©ment inĂ©galĂ©. Rameau : Zoroastre, version 1756. Enregistrement rĂ©alisĂ© en 2001.  3 cd Erato