DVD Ă©vĂ©nement, annonce. CAVALLI : Giasone (Alarcon, Genève, janv 2017 – 1 dvd ALPHA)

cavalli-giasone-opera-critique-annonce-dvd-alpha-critiqie-opera-larcon-giasone-par-classiquenews-alphaalpha718DVD Ă©vĂ©nement, annonce. CAVALLI : Giasone (Alarcon, Genève, janv 2017 – 1 dvd ALPHA). FilmĂ© en janvier 2017, et amplement critiquĂ© dans nos colonnes alors (LIRE notre critique de GIASONE de Cavalli par Alarcon Ă  Genève), voici ce Giasone de Cavalli, partition dĂ©lirante qui fut un immense succès au XVIIè, repris Ă  maintes reprises en Europe après sa crĂ©ation. Le chef argentin Leonardo Garcia Alarcon poursuit son exploration de la lyre vĂ©nitienne baroque  Ă  Genève avec ce Giasone pĂ©tillant, plutĂ´t riche en gags, dont la partition autographe (du moins l’un des manuscrits d’époque) se trouve toujours Ă  la Bibliothèque Marciana de Venise (face au Palais des doges). Le mythe de la toison d’or contant le chef des Argonautes partis Ă  sa recherche, Jason, y gagne en rebondissements et sĂ©quences contrastĂ©es, selon la libre invention propre Ă  l’opĂ©ra vĂ©nitien, l’un des plus imaginatifs depuis l’arrivĂ©e in loco du gĂ©nie du genre, Claudio Monteverdi Ă  partir de 1613. ComposĂ© en 1649 soit quasiment au milieu du Seicento (XVIIè italien), Il Giasone trouve ici un habillage fantaisiste dont les nombreux gadgets et rĂ©fĂ©rences Ă  toutes les Ă©poques, de la Renaissance Ă  notre modernitĂ©, soulignent ce goĂ»t des VĂ©nitiens pour le mĂ©lange des genres, voire un Ă©clectisme (comique voire scabreux, tragique et dĂ©ploratif, sentimental ou hĂ©roĂŻque…) qui n’oublie pas aussi une leçon mordante de rĂ©alisme psychologique. La mythologie et ses avatars est un prĂ©texte Ă  peindre la folie humaine mais sur un mode facĂ©tieux et satirique.
Que vaut cette production présentée en création à Genève il y a deux ans déjà ? Nul doute que dans cette arène délirante et onirique, le contre-ténor sopraniste vedette Valer Sabadus, accrédite toute la réalisation en répondant au geste toujours hyperactif voire coloré du chef Alarcon… A suivre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, notre grande critique mise en ligne le 20 février 2019.

 

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Approfondir

LIRE notre compte rendu de GIASONE de Cavalli par Alarcon, Capella Mediterranea / Mise en scène : Serena Sinigaglia

Dramma musicale en un prologue et 3 actes. Livret de Giacinto Andrea Cicognini. Créé le 5 janvier 1649, Venise, Teatro San Cassiano. Version remaniée par Leonardo García Alarcón. Serena Sinigaglia, mise en scène. Nouvelle production.

 

CD, compte rendu critique. Valer Sabadus : Caldara (1 cd Sony classical, 2015)

valer sabadus cladara cd review compte rendu critique classiquenews cdCD, compte rendu critique. Valer Sabadus : Caldara (1 cd Sony classical, 2015). Et de deux : après son prĂ©cĂ©dent album Ă©ditĂ© par Sony classical Ă©galement (dĂ©diĂ© Ă  Gluck), Valer Sabadus surprend et convainc en soulignant le gĂ©nie d’un compositeur oubliĂ© : Antonio Caldara, nĂ© vĂ©nitien (circa 1670), chanteur Ă  Saint-Marc oĂą il est Ă©lève de Legrenzi, devient compositeur d’oratorios et d’opĂ©ras, en particulier Ă  la fin de sa vie, Ă  la Cour de Vienne comme vice-kapellmeister, fonction très honorifique et particulièrement convoitĂ©e (obtenue finalement en 1717 quand Fux succède Ă  Ziani au poste de Kapellmeister) ; jusqu’en 1736 (quand il meurt le 28 dĂ©cembre prĂ©cisĂ©ment), Caldara incarne le style impĂ©rial viennois, son raffinement et sa sĂ©duction virtuose très italienne. Lyre caldarienne… Le rĂ©cital met en lumière l’art lyrique, celui très raffinĂ© du quinquagĂ©naire, qui avant sa nomination Ă  la Cour impĂ©riale de Vienne, a travaillĂ© pour les Cours prestigieuses d’Europe : duc de Mantoue (Charles Ferdinand de Gonzague, 1699-1707), patriciens de Rome (Ottoboni, Ruspoli… c’est Ă  Rome en 1711 qu’il Ă©pouse la contralto Caterina Petrolli)), sans omettre l’archiduc Charles de Habsbourg, frère de l’Empereur Joseph Ier…

Instruments solistes. Trait marquant, le rĂ©cital offre une place privilĂ©giĂ©e aux instruments solistes, en liaison avec la manière de Caldara, très sensible aux instruments au format proche de la voix (luths, seul ou Ă  deux), et surtout, instrument vedette ici, le psaltĂ©rion très prĂ©sent dans les deux airs les plus longs extraits de Sedecia et de Isaia, sans omettre le dernier air de David Umiliato, 1731 (“Ti daro laude, o Dio”, dernière plage 16) oĂą s’exprime et croĂ®t une sagesse politique nouvelle qui annonce les opĂ©ras des Lumières. Le psaltĂ©rion y Ă©voque Ă©videmment la harpe de David, chantre royal, ici en plaine action de grâce. L’orchestre de la Cour impĂ©riale intègre alors des solistes renommĂ©s pour le luth, le psaltĂ©rion (cithare sur table)-, mais aussi le violoncelle, comme en tĂ©moigne l’Ă©nergique et subtile Concerto da camera… Caldara Ă  Vienne assure aussi l’Ă©ducation musicale des membres de la famille impĂ©riale. L’ensemble sus instruments ancien Nuovo Aspetto fait preuve d’une Ă©gale subtilitĂ© dans l’expressivitĂ© et l’intonation des sĂ©quences instrumentales, assurant de fait une bonne part de la rĂ©ussite de l’album.

Concernant la tenue vocale du contre tĂ©nor Valer Sabadus, l’audace assumĂ©e dans le choix dĂ©licat des airs sĂ©lectionnĂ©s, finement mis en parallèle avec la personnalitĂ© des instruments solistes confirme le tempĂ©rament du chanteur :

Se distingue en particulier, l’Ă©tonnante plasticitĂ© de la voix appelĂ©e Ă  exprimer et Ă  transfigurer les longs airs de dĂ©ploration des âmes blessĂ©es (cf. aria: “Ahi! Come quella un tempo cittĂ ”, extrait de Sedecia, 1732) de plus de 8 m, oĂą les arabesques vocales introspectives en dialogue avec le psaltĂ©rion, exacerbent et transcendent la lamentation de JĂ©rĂ©mie Ă  propos de la destruction de JĂ©rusalem.

Avec deux luths,rĂ©tablissant une balance d’Ă©poque proche de l’intime, l’air “Ah se toccasse a me”, (plage 7, extrait d’Il Giuoco del quadriglio, 1734) :impose  l’âpretĂ© du timbre, aux rĂ©sonances dans l’aigu qui expriment l’hypersensibilitĂ© d’une âme saisie elle aussi ; en l’occurrence, celle d’une joueuse de carte, qui espère voir le roi. Une Ĺ“uvre purement circonstancielle qui cependant gagne une sensibilitĂ© d’Ă©criture remarquablement poĂ©tique malgrĂ© son sujet imposĂ©.

Le programme rappelle ainsi la très grande finesse instrumentale d’un Caldara qui annonce par son sens de la caractĂ©risation intĂ©rieure de chaque situation et la sobriĂ©tĂ© dramatique du chant, le grand Haendel (pour lequel la source italienne, romaine et vĂ©nitienne dĂ©termine dĂ©finitivement la vocation opĂ©ratique) : ainsi le prĂ©lude et air extraits de Tirsi e Nigella de 1726 (avec flĂ»te et chalumeau) : l’air port la plainte digne et pudique, d’un caractère pastoral, de la nymphe Nigella enivrĂ©e, langoureuse oĂą le doux gazouillis des bois se mĂŞle Ă  la voix de la jeune femme vivant au bord de l’onde et qui exprime dans un style purement galant, la tristesse d’ĂŞtre Ă©cartĂ©e (plages 8 et 9).

Le second air ambitieux (ici sur un livret de Zeno, le rĂ©formateur de l’opĂ©ra au dĂ©but du XVIIIè), est une vraie scène dramatique oĂą règne Ă©galement le psaltĂ©rion (miroir lumineux voire solaire mais purement instrumental du cĹ“ur humain) : “Reggimi, o tu, che sola” ; c’est une autre première mondiale, extrait de l’oratorio Le Profezie evangeliche di Isaia, 1723) : chant proche du texte, mordante articulation, aigus chaleureux, voire savoureux impose toujours la justesse d’un interprète très sĂ©duisant par l’unicitĂ© de son timbre, par l’originalitĂ© de son rĂ©pertoire, par la combinaison voix, instruments obligĂ©s finement dĂ©veloppĂ©e dans un rĂ©cital qui dĂ©diĂ© au compositeur vĂ©nitien Caldara, gĂ©nie entre les deux siècles, XVIIè et XVIIIè, est très rĂ©ussi.

CD, compte rendu critique. Valer Sabadus : Caldara (1 cd Sony classical, 2015).

Enregistrement réalisé en juillet 2015 à Cologne.

CD. Valer Sabadus, haute-contre. Gluck, Sacchini (De Marchi, 2014)

sabadus valer le belle imagineCD. Valer Sabadus, contre-tĂ©nor. Gluck, Sacchini: Le Belle imagine (1 cd Sony classical). Parmi les Ă©toiles du chant de tĂŞte, incarnation actuelle des castrats mythiques style Farinelli ou Cafarelli, plusieurs jeunes chanteurs de la nouvelle gĂ©nĂ©ration se sont rĂ©cemment affirmĂ©s sur la scène : Ă©videmment Franco Fagioli, David Hansen et aussi, en troisième position mais très prometteur, Valer Sabadus : les trois contre tĂ©nors ont fait la rĂ©ussite de l’excellente production recrĂ©atrice initiĂ©e par leur aĂ®nĂ© et confrère, Max Emanuel Cencic : Artaserse de Leonardo Vinci (1730). Magistrale production oĂą s’impose pour l’Ă©clat de la vocalitĂ© virtuose du seria napolitain, le chant maĂ®trisĂ© des voix de fausset enfin accordĂ© Ă  un jeu scĂ©nique cohĂ©rent… et des tempĂ©raments dramatiques d’une nouvelle profondeur.
Et puis, il y eut ensuite, au festival d’Aix 2014, Ă©galement publiĂ© en dvd, l’Ă©blouissante et trouble Elena de Cavalli (1659), opĂ©ra des travestissements et de la sensualitĂ© masquĂ©e enivrante oĂą s’est confirmĂ© un talent immense pour la fasinante fusion des sexes : le Menelas de… Valer Sabadus, un rĂ´le d’une force Ă©rotique majeure, rĂ©vĂ©lant la puissante lyre suave et volptueuse du compositeur vĂ©nitien… comme l’intensitĂ© diamantine d’une voix singulière.

CLIC D'OR macaron 200Aujourd’hui, pour Sony classical, le contre tĂ©nor qui est devenu simplement Valer Sabadus (après s’ĂŞtre appelĂ© Valer Barna-Sabadus) affirme une mĂŞme autoritĂ© vocale, agile et caractĂ©risĂ©e chez Gluck et Sacchini, deux auteurs du plein XVIIIè, Ă©lĂ©gantisismes mais pas moins humains et profonds pour autant.. Le chanteur opère une glissement chronologique, ouvertement tournĂ© vers la seconde moitiĂ© du XVIIIè, ce moment viennois d’importance oĂą le chevalier Gluck confirme sa rĂ©forme au dĂ©but des annĂ©es 1770, passant du baroque au nĂ©oclassicisme, … oĂą se prĂ©cise un style expressif, essentiellement dramatique (c’est Ă  dire centrĂ© sur l’intelligence des situations moins sur la seule performance vocale), tout autant servi par l’EuropĂ©en Antonio Sacchini, qui d’ailleurs retrouvera en France le mĂŞme Gluck. Valer Sabadus chante de Gluck,  entre autres le Cid (crĂ©Ă© Ă  Londres en 1773) comme le Paris de Paris et HĂ©lène crĂ©Ă© Ă  Vienne en 1770, Ă©criture lyrique prolongeant sa Semiramide riconosciuta (Vienne, 1748).

 

 

 

PortĂ© par la direction fine et subtile d’Alessandro De Marchi…

Valer Sabadus chante Gluck : Ă©blouissant !

 

Saluons au dĂ©but de ce rĂ©cital lyrique, l’Ă©lĂ©gie tendre de l’aria de Paride (oh, del mio dolce ardor) en dialogue avec le hautbois, instrument d’une âme dĂ©voilĂ©e, saisi par Cupidon, dĂ©sirante : legato et passage aisĂ©s qui laisse se dĂ©ployer une voix aux aigus charnus, taillĂ©s pour les personnages blessĂ©es, en souffrance mais dignes (le fonds de commerce futur de notre excellent soliste).

Gluck s’affirme dans sa franche coupe orchestrale d’un dramatisme direct, d’un souffle irrĂ©sistible qui semble annoncer et Mozart et Beethoven : l’ouverture des fĂŞtes d’Apollon (acte d’OrphĂ©e, Vienne 1769) confirme le tempĂ©rament du Chevalier pour une fureur nouvelle mais Ă©lĂ©gante, très viennoise – prĂ©haydnienne. D’un maintien et d’une tenue mesurĂ©e dĂ©fendue par la nervositĂ© scintillante du chef, l’orchestre sait ĂŞtre prĂ©cis et mordant Ă  souhait. Une Ă©criture intesĂ©ment dramatique Ă  mettre en parallèle Ă©videmment avec le Mozart de Don Giovanni.

En Orfeo, La voix se fait Ă©cho de sa propre errance, avec la flĂ»te en rĂ©sonance (Chiamo il mio ben cosi)… Timbre corsĂ© et clair mais d’une brillance blessĂ©e qui exprime idĂ©alement le tourment des hĂ©ros sacrifiĂ©s dĂ©munis tel OrphĂ©e : ainsi le poète face au choeur infernal.
On retrouve ici ce que sera les futurs mouvements les plus rĂ©ussis de l’OrphĂ©e et Euridice de Gluck Ă  Paris au dĂ©but des annĂ©es 1770 : mais ici, l’Ă©poque est aux annĂ©es 1760 : et le futur ballet des furies, s’intitule Danza des spectres et des furies, intĂ©grĂ© dans Don Juan ou le festin de Pierre (Vienne 1761) : une page vivaldienne par sa fureur Ă©lectrisante, son souffle orchestral oĂą perce le chant alternĂ© et combinĂ© des cordes et des cuivres. PrĂ©cis, Ă©quilibrĂ©, chatoyant aussi par des couleurs finement tissĂ©es, l’orchestre sait tempĂ©rer et calibrer idĂ©alement ses effets dramatiques avec un souci constant de la clartĂ© : un maĂ®tre mot que n’aurait pas reniĂ© Gluck soi-mĂŞme.

Dans le second air extrait du mĂŞme Paris inaugural, Valer Sabadus accroche chaque verbe du rĂ©citatif comme une brĂ»lure ardente, sachant conduire l’air proprement dit avec une gravitĂ© souterraine, l’expression d’une psychĂ© qui grâce Ă  l’exigence de Gluck se colore et se nourrit diffĂ©remment, hors des cascades de notes et de vocalises essentiellement extĂ©rieures. En 1770, l’air “le belle immagini…” qui donne son titre au rĂ©cital est d’une noblesse tendre, irrĂ©sistible, d’autant que chanteur et instrumentistes y rĂ©alisent une belle complicitĂ© expressive : au chef revient ce souci des Ă©quilibres et du format tĂ©nu, vĂ©hicule du sentiment, non plus de la passion dĂ©monstrative. Le climat est proche de Mozart. Si son Paride est hallucinĂ©, crĂ©pusculaire, voire lugubre, son Rodrigo (Cid, Londres 1773) est amoureusement tendre, d’autant plus lumineux avec le concours de la flĂ»te affectueuse. Saber Sabadus, pour cette première mondiale, dĂ©voile un Sacchini au style europĂ©en, vraie cĂ©lĂ©britĂ© Ă  son Ă©poque, et vedette Ă  Londres et Ă  Paris (oĂą il est justement exposĂ© en challenger de Piccinni, les deux napolitains Ă©tant comparĂ©s systĂ©matiquement Ă  Gluck dans les annĂ©es 1780 soit sous le règne de Marie-Antoinette) : l’Ă©criture de ce Cid est très sentimentale, ciselĂ©e, pudique, langoureuse mais humaine, touchĂ©e constamment par la grâce et l’Ă©lĂ©gance du genre seria (agilitĂ© virtuose du “Placa lo sdegno o cara” oĂą l’abattage de Sabadus fait mouche, comme l’air qui suit d’une sensibilitĂ© Ă©lĂ©giaque attendrie lĂ  encore). De plus le timbre juvĂ©nile de Valer Sabadus, intense, incarne idĂ©alement l’ardent dĂ©sir volcanique du jeune amant audacieux (ample air : Ecco,o cara… se pietĂ  tu senti al core…”) qui en maĂ®tre de ses sentiments, est prĂŞt au pardon, Ă  la tendresse obligĂ©e : cet air est une prière irrĂ©sistible.

Dommage de terminĂ©e sur une note plus artificielle, – quoique subtilement ornementĂ©e au violon / violoncelle-, celle de l’air de Scitalce de Semiramide reconosciuta : un air proche du pathos napolitain, plus convenu, et après la franchise introspective de Paride ou de Rodrigo, semble empĂŞtrĂ© dans une cascade obligĂ©e de vocalises de bon ton. MĂŞme si l’on reconnaĂ®t comme on a dit l’imbrication très dĂ©licate des deux instruments obligĂ©s dans le chant du soliste.

Le travail du chef et des instrumentistes doit ĂŞtre particulièrement saluĂ© par sa finesse et son Ă©tonnante richesse agogique (un raffinement qui devrait inspirer certains chefs conquĂ©rants du mĂŞme rĂ©pertoire tels Christophe Rousset, infiniment moins profond). Une telle balance entre instrumentistes et voix relève d’un chef qui depuis des annĂ©es a rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©tonnante voire saisissante maĂ®trise dans le rĂ©pertoire du baroque tardif et romantisme naissant, Ă  l’Ă©poque du XVIIIè, servieur particulièrement zĂ©lĂ© par exemple de Jommelli (un compositeur nĂ© en 1714 dont le tricentenaire est passĂ© totalement sous silence).

Outre les considĂ©rations musicologiques sur la valeur intrinsèque de chaque air, ce rĂ©cital du contre-tĂ©nor Valer Sabadus est une totale rĂ©ussite. Le chanteur est bien de la gĂ©nĂ©ration des interprètes fins et originaux, d’une musicalitĂ© sĂ»re, d’autant plus convaincant qu’il est accompagnĂ© par un superbe chef et un orchestre aux couleurs d’une subtilitĂ© saisissante. C’est avec ses confrères et contemporains Franco Fagioli et David Hansen, le champion actuel du chant de contre-tĂ©nor, alliant, finesse, puissance, originalitĂ©, personnalitĂ©. Notre Ă©poque est merveilleuse : que les directeurs et producteurs d’opĂ©ras sachant employer chacun avec intelligence et discernement, sans omettre le chef que l’on entend si rarement en France.

 

Valer Sabadus, contre-ténor. Hofkapelle München. Alessandro de Marchi, direction. Gluck, Sacchini: Le Belle imagine (1 cd Sony classical). enregistrement réalisé à Munich en février 2014.