COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron 2019. Lambesc, le 7 aoĂ»t 2019. SCHUMANN. Trio Wanderer.

COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’ AnthĂ©ron 2019. Lambesc. Parvis de l’église, le 7 AoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. TRIO WANDERER. Cette nuit Schumann devant le parvis de l’église de Lambesc a rassemblĂ© un vaste public. Le premier concert de notre sĂ©jour Ă  La Roque 2019 Ă©tait donnĂ© par le Trio Wanderer seul. Robert Schumann a Ă©crit trois Trio avec piano. Ils ont Ă©tĂ© jouĂ©s ce soir dans un ordre non chronologique. Le deuxiĂšme puis le troisiĂšme et enfin le premier. Ce qui frappe dans cet ordre et les choix de cette interprĂ©tation est avant tout la complexitĂ© d’écriture du deuxiĂšme et du troisiĂšme Trio comme la sĂ©duction plus immĂ©diate du premier. Avec une certaine austĂ©ritĂ© et beaucoup de concentration, les Wanderer ont mis en valeur toute la modernitĂ© contenue dans le Trio en fa majeur.

 

 

 

 

Jubilation chambriste
Les Wanderer et leurs amis magnifient SCHUMANN

  

 

Trio Wanderer-Arthur Decaris-Christophe Gaugué © Samuel CortÚs_07082019-16

  

 

Les rythmes complexes, les accords quasi tristaniens et la multiplicitĂ© des formules sont d’une extraordinaire richesse. Les mĂ©lodies moins mises en valeur ne se dĂ©ploient pas longuement, sauf dans les mouvements lents qui du coup en deviennent absolument 
 sublimes. Dans les autres mouvements, les multiples idĂ©es musicales se suivent, parfois s’entrechoquent ; l’écoute ne peut ĂȘtre vĂ©ritablement sereine devant cette complexitĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e. Le troisiĂšme Trio en sol mineur est marquĂ© par une grande douleur et l’idĂ©al recherchĂ© par Schumann d’indĂ©pendance des trois instruments est portĂ©e Ă  son comble. La rigueur des Wanderer est impressionnante et un peu intimidante par le peu de contacts visuels affichĂ© entre eux ; toute cette recherche d’équilibre, de nuances et de couleurs dans des phrasĂ©s trĂšs prĂ©cis se faisant comme par enchantement.
A nouveau, c’est la modernitĂ© et la complexitĂ© qui dominent lors de l’écoute du Trio.  Plus lyrique, le premier Trio en rĂ© mineur a presque un cotĂ© sĂ©duisant et cela rend l’écoute plus facile. Tout cela est assez Ă©loignĂ© de la version beaucoup plus lisse et pourtant trĂšs aimĂ©e du Beaux Arts Trio. Les Wanderer eux ont pris le parti de la modernitĂ©, de la complexitĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e dans une importante concentration demandĂ©e au public.

La deuxiĂšme partie de soirĂ©e a eu une toute autre allure. La venue de l’altiste Christophe GauguĂ© a apportĂ© beaucoup de vie et une prĂ©sence chaleureuse. Le Quatuor avec piano op.47 est une Ɠuvre du bonheur. Robert et Clara Schumann sont enfin mariĂ©s et le piano de Clara jubile tout au long de ces deux Ɠuvres. La complicitĂ© des Wanderer seuls se passe presque de regards et cela est trĂšs impressionnant. Avec Christophe GauguĂ©, partenaire habituel du Trio, les choses sont tout Ă  l’opposĂ©. Il appuie son jeu sur le regard Ă  ses partenaires et il ne cache pas son plaisir aux Ă©changes rĂ©ussis, il se tourne alternativement vers le partenaire avec lequel il cherche la fusion ou la complĂ©mentaritĂ©. Le Quatuor passe comme un rĂȘve de bonheur partagĂ©.

 

 

Trio Wanderer-Arthur Decaris-Christophe Gaugué © Samuel CortÚs_07082019-11

 

 

Le Quintette permet d’agrandir le cercle amical au violoniste Arthur Decaris. L’entente est tout aussi vive. Dans une construction parfaitement maĂźtrisĂ©e, la partition court vers le final fuguĂ©.  Les musiciens en vĂ©ritable osmose semblent tout pouvoir avec leurs instruments. La musique sur une base collective si passionnĂ©e est Ă  voir autant qu’à Ă©couter. Les Ă©changes visuels, les rĂ©ponses en phrases qui se suivent (violoncelle et alto), les accords subtilement Ă©quilibrĂ©s, tout a Ă©tĂ© un vĂ©ritable rĂ©gal. Et cette maniĂšre de se dĂ©chaĂźner dans le final tout en maĂźtrisant parfaitement des sonoritĂ©s apolliniennes, relĂšve du grand art. C’est le violoncelliste RaphaĂ«l Pidoux qui sera le plus dĂ©monstratif et le plus enthousiaste. Quel bonheur d’avoir pu participer Ă  cette beautĂ© totale et Ă  cette jubilation en une belle soirĂ©e d’étĂ©, sur le Parvis de cette magnifique Ă©glise en pierre de Rognes !

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Compte-rendu concert. Lambesc. Parvis de l’église Notre Dame de l’ascension, le 7 AoĂ»t 2019. Robert Schumann (1810-1856) : Trio avec  piano n° 2 en fa majeur Op.80 ; Trio avec  piano n° 3 en sol mineur Op.110 ; Trio avec  piano n° 1 en rĂ© mineur Op.63 ; Quatuor en mi bĂ©mol majeur Op.47 ; Qunitette pour piano et cordes en mi bĂ©mol majeur Op.44 ; Christophe GaugĂ©, alto ; Arthur Decaris, violon ; Trio Wanderer : Jean-Marc Phillips-VarjabĂ©dian, violon ;  RaphaĂ«l Pidoux, violoncelle ; Vincent Coq, piano – Photos : © Samuel CortĂšs.