PARIS, Louvre. Le Concert de la Loge joue la Symphonie n°40 de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsPARIS, LOUVRE, ven 26 nov 2021. Le Concert de la loge. MOZART : Symphonie n°40. La sol mineur k550 est le volet central de la dernière trilogie symphonique de Wolfgang, une unité indissociable de deux symphonies qui l’encadrent. Conçue terminée à l’été 1778, elle est portée conduite indéfectiblement par une fièvre tendre, un mouvement panique échevelé dont Mozart a le secret. Le (premier) molto allegro fait bondir les cordes dans un climat exaltée, primitif, d’inquiétude incontrôlée, de perte d’équilibre… L’Andante est d’une douceur mélancolique quand le Menuetto / allegretto saisit par le raffinement pourtant naturel de sa complexité contrapuntique : un comble inédit pour un menuet dont l’énergie n’a aucune nonchalance chorégraphique… Toute la symphonie s’électrise de cette profondeur grave filigranée qui inspire au compositeur sous l’apparente activité orchestrale, un feu intérieur plus dévorant qu’il n’y paraît. L’allgero final (« assai ») frappe tout autant par la violence de son développement qui allie audace, frénésie, tension de manière inédite comme si Mozart capable d’une maturité étonnante affrontait le tragique immédiat avec repli ni faillite. Jamais compositeur n’avait su alors exprimer une telle déflagration émotionnelle. Quel contraste avec la symphonie qui suit, à l’opposé : lumineuse, construite comme une cathédrale de lumière, la 41è dite « Jupiter », en rien affligée par une houle dyonisiaque aussi hyperactive. Le génie de Mozart se déverse dans sa puissance méconnue et sa vérité franche grâce à la K 550, pilier du dernier triptyque symphonique.
Le Concert de la Loge conclut en beauté son cycle commencé en 2016 à l’auditorium du Louvre autour des Symphonies Parisiennes de Haydn créées aux Tuileries à la veille de la Révolution avec la Symphonie n°86, une des plus imaginatives du maître de Esterhaza…

VENDREDI 26 NOVEMBRE 2021 Ă  20h
PARIS, Auditorium du Musée du Louvre
LE CONCERT DE LA LOGE
Julien Chauvin, violon et direction

RÉSERVEZ VOS PLACES
https://www.louvre.fr/en-ce-moment/evenements-activites/mozart-et-haydn-en-symphonies

Au programme

Joseph HAYDN
Symphonie n°86 en ré majeur HoB.I.86
Concerto pour violon n°4 en sol majeur Hob.VIIa/4

W A MOZART
Symphonie n°40 en sol mineur K.550

Le billet du concert vous permet de bénéficier d’un accès gratuit aux collections permanentes du musée les jours de vos concerts. Réservation gratuite obligatoire sur ticketlouvre.fr

Par correspondance : À l’aide du bulletin de réservation à renvoyer à :
Billetterie de l’auditorium
Musée du Louvre
75058 Paris Cedex 01

Par téléphone : 01 40 20 55 00
du lundi au samedi (sauf mardi) de 9h Ă  17h, uniquement par carte bancaire.

Accès
Jusqu’à 17h30 : par le passage Richelieu
Après 17H30 : par la pyramide uniquement

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Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud)

actes Sud harnoncourt la parole musicale propos sur la musique romantique actes sud livres clic de classiquenews octobre 2014Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud). Coquille sur la couverture : contrairement à ce qui est indiqué, les propos recueillis ici ne concernent pas uniquement les compositeurs romantiques… A moins que Mozart (et ses ultimes Symphonies dont la centrale K550 en sol mineur) soit lui aussi romantique… ce qui nous comblerait de joie (!), car sa modernité et sa sensibilité visionnaire ne peuvent selon nous être rangées dans aucune case… trêve d’observations de détail : car c’est bien de plusieurs textes décisifs et lumineux dont il est question dans ce nouvel opus à propos de Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Bruckner et même Bizet et Verdi (mais pas de Strauss ni de Mahler : Harnoncourt n’a jamais caché qu’il les jugeait l’un et l’autre « trop bavards »). Comme directeur musical de son festival Styriarte en Autriche, Nikolaus Harnoncourt a pu aborder nombre de compositeurs, lyriques et symphoniques auxquels il a consacré des discours et présentations très détaillés, surtout très militants. Le texte liminaire le plus pertinents demeure celui sur Mozart et le sens profond de sa Symphonie axiale / centrale au sein de la trilogie des trois dernières : 39, 40 et 41 « Jupiter ». La K 550 en sol mineur résonne comme une déflagration, par sa sonorité inédite et inclassable qui fait imploser la forme elle-même et le tissu mélodique comme harmonique. Sa signification profonde s’entend avec les deux autres qui l’encadrent. Jamais Harnoncourt, exceptionnel mozartien (il a dirigé les opéras majeurs à Salzbourg) n’a été ici plus argumenté, mieux inspiré, dans un texte rédigé pour les 250 ans de Mozart au Mozarteum de Salzbourg (2006). Pour passer des intentions à la pratique le lecteur se reportera à l’excellent double cd édité simultanément chez Sony classical, dédié justement au 3 dernières Symphonies conçu comme «  un oratorio instrumental », CLIC de classiquenews du mois de septembre 2014.

CLIC_macaron_2014Au-delà de l’exercice hommage (légitime), Harnoncourt argumente en faveur du sens profond de l’art dont les grandes œuvres doivent demeurées accessibles et vivantes pour le plus grand nombre. Ainsi se précisent les valeurs d’un chef « exemplaire » qui repousse toujours plus loin l’exercice collectif (chef et orchestre) de la musique, comme une expérience humaniste et spirituelle à partager avec les publics. . A travers les textes de conférence et de présentation liés aux éditions du festival Styriarte, mais aussi grâce à l’apport de plusieurs entretiens traduits, le chef Harnoncourt aborde des thèmes variés (De Beethoven à Berg, 1990 ; la rhétorique musicale chez Beethoven, la Missa Solemnis (Salzbourg 1992), les contrastes de Schubert redécouverts… Ainsi se profile aussi une connaissance aiguë de ce qu’est une certaine musique autrichienne typiquement viennoise, de Schubert à Johann Strauss (en passant par Bruckner) : une manière d’écrire la musique et aussi un regard sur la vie où se mêle musique populaire (danses traditionnelles), élégance, nostalgie… Pour comprendre une écriture, il faut évidemment revenir à ses origines et connaître absolument le manuscrit autographe : avant l’édition qui est la variation réductrice et tronquée, les notes manuscrites du compositeurs offrent un champs polysémantique d’une richesse inouïe :la preuve en est donnée chez Bruckner et aussi ici chez Bizet dont la Carmen présente une palette exceptionnellement détaillée de nuances et d’indications dynamiques (hauteur, intensité, durée, caractère de la note ou de la phrase…).  Ailleurs pour Harnoncourt, Genoveva de Schumann est un sommet dans le genre opéra psychologique et mental, et Aida de Verdi, de la pure musique de chambre, … même Brahms y paraît tel « un vieux garçon usé ».  L’esprit de Nikolaus Harnoncourt n’a jamais cessé d’être depuis ses débuts comme pionniers des relectures baroqueuses sur instruments anciens, d’une verve neuve, en défricheur et en révolutionnaire : depuis 60 ans de pratique musicale, il ne cesse de nous ouvrir des horizons originaux et passionnants sur les œuvres. Un modèle et une personnalité à part… en ses temps de standardisation et de fadeur. Lecture indispensable.

Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale. SĂ©lection de textes, confĂ©rences, entretiens, traduits de l’allemand par Sylvain Fort.  Actes Sud Beaux Arts, Hors collection. Septembre, 2014 / 10 x 19 / 240 pages. ISBN 978-2-330-03407-8. Prix indicatif : 22, 00€