Reportage vidĂ©o : La Ville Morte de Korngold, 1920 au ThĂ©Ăątre Graslin de Nantes, jusqu’au 17 mars 2015

NANTES : La Ville Morte de Korngold, production Ă©vĂ©nementVIDEO, reportage. CrĂ©Ă© en 1920, l’opĂ©ra La Ville Morte de Korngold d’aprĂšs le roman de Robenbach est un sommet lyrique dont le flamboiement fait la synthĂšse entre Strauss, Lehar, Mahler, Wagner… le futur grand compositeur pour le cinĂ©ma amĂ©ricain y signe une fresque symphonique plus expressionniste que symboliste dont le scintillement permanent de l’orchestre exprime l’impuissance dĂ©pressive de son hĂ©ros, PAUL, jeune veuf inconsolable dont l’opĂ©ra reprĂ©sente le dĂ©lire et les visions fantastiques. Production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra Graslin de Nantes, les 8, 10, 13, 15 et 17 mars 2015. Entretiens avec Philipp Himmelmann, Thomas Rösner, Maria Riccarda Wesseling, Helena Juntunen, Daniel Kirch… © CLASSIQUENEWS.COM 2015

LIRE aussi notre présentation complÚte de la reprise de La Ville Morte de Korngold, au Théùtre Graslin de Nantes, 5 représentations : les 8, 10, 13, 15 et 17 mars 2015

Angers Nantes OpĂ©ra : somptueuse Ville morte de Korngold jusqu’au 17 mars 2015

korngold-villl-morte-angers-nantes-opera-plan-general-acte-I-copyright-jeff-rabillon-2015-angers-nantes-operaAngers Nantes OpĂ©ra : somptueuse Ville morte de Korngold jusqu’au 17 mars 2015. Superbe production Ă  l’opĂ©ra de Nantes en mars 2016,  premiĂšre dĂšs demain, dimanche 8 mars 2015 14h30 : La Ville morte du jeune Korngold (1920) d’aprĂšs le roman de l’Ă©crivain symboliste Rodenbach. AidĂ© par son pĂšre,  Korngold Ă  peine ĂągĂ© de 20 ans compose l’un de ses meilleurs opĂ©ras qu’Angers Nantes OpĂ©ra propose Ă  l’affiche du ThĂ©Ăątre Graslin pour 5 reprĂ©sentations absolument incontournables.  La production est bien connue des connaisseurs et amateurs, et lĂ©gitimement saluĂ©e Ă  sa crĂ©ation en 2010 (alors sur les planches de l’opĂ©ra de Nancy). C’est que le metteur en scĂšne allemand (nĂ© Ă  Bonn),  Philipp Himmelmann souligne le dĂ©lire fantastique qui assaille l’esprit du hĂ©ros,  Paul,(tĂ©nor), jeune veuf plutĂŽt catholique : Paul. En homme de thĂ©Ăątre subtil mais aussi mordant,  le metteur en scĂšne joue sur la fragmentation psychique et crĂ©e un plateau kalĂ©idoscopique dont l’action Ă©clatĂ©e dans l’espace exprime trĂšs justement l’esprit diffus,  dĂ©truit du jeune homme.

KORNGOLD-ville-morte-Nantes-Daniel-Kirch-copyright-jeff-RabillonSa rencontre rĂ©elle,  fantasmĂ©e avec la jeune comĂ©dienne Marietta nourrit sa folie dĂ©pressive, car l’actrice lui rappelle Ă©trangement son Ă©pouse perdue. Le jeu d’acteurs emprunte au thĂ©Ăątre le plus exigeant,  le dispositif scĂ©nique insiste sur l’incompatibilitĂ© des ĂȘtres acteurs dans un songe qui bascule dans le cauchemar grimaçant et angoissant.  Le tableau le plus saisissant demeure certainement l’intĂ©gration exceptionnellement rĂ©ussie de la vidĂ©o qui permet d’inscrire de façon naturelle et juste la part de magie fantastique qui se dĂ©veloppe dans l’esprit du jeune homme endeuillĂ©,  amoureux inconsolable aprĂšs la perte de son Ă©pouse Marie.

 

 

 

DĂ©pressive et flamboyante Bruges

 

korngols-ville-morte-helena-Juntunen-copyright-jeff-rabillon-205-angers-nantes-operaDans la fosse,  Thomas Rösner ici mĂȘme saluĂ© pour un Lucio Silla de Mozart orchestralement vif argent, confirme une sensibilitĂ© Ă©clatante dans l’une des partitions les plus flamboyantes du rĂ©pertoire. Korngold malgrĂ© son jeune Ăąge s’y montre en effet aussi imaginatif que furieusement sensuel,  MahlĂ©rien et Straussien inspirĂ© (La Ville morte semble en maints endroits prolonger La femme sans ombre de Strauss crĂ©Ă© en 1919),  n’hĂ©sitant jamais Ă  parfois raffiner jusqu’Ă  l’extrĂȘme et sans le surcharger l’accomplissement du drame. Le chant exaltant et postromantique de l’orchestre nourrit de magistrale façon le dĂ©lire onirique de Paul…  Cest aussi dans le prolongement du roman de Rodenbach,  un parcours hypnotique oĂč le chatoiement permanent des instruments convoque sur la scĂšne lyrique la prĂ©sence mortifĂšre, maladive mais ensorcelante de “Bruges la morte” telle que l’exprime Rodenbach dans son texte paru Ă  l’origine sous la forme de feuilleton dans les pages du Figaro. …

Voici assurĂ©ment l’un des ouvrages lyriques les plus envoĂ»tants jamais Ă©crits,  servi Ă  Nantes comme souvent,  dans une Ă©blouissante rĂ©alisation.

 

 

 

 

ANO-die-tote-stadt-mars-2015-leaderboardKorngold: La Ville Morte (crĂ©Ă© Ă  Cologne et Hambourg, 1920.)  NANTES, ThĂ©Ăątre Graslin. 5 reprĂ©sentations Ă  ne pas manquer d’autant que la distribution s’y montre particuliĂšrement convaincante-, Ă  Nantes,  ThĂ©Ăątre Graslin,  les 8 (14h30) puis 10, 13, 15 et 17 mars 2015 (Ă  20h). N’hĂ©sitez pas pour retenir votre place tant qu’il en reste encore. Choc esthĂ©tique, plateau ensorcelant, fosse Ă©ruptive et onirique : c’est le spectacle Ă  ne pas manquer cette saison, comme ce fut le cas du fabuleux Tristan und Isolde par Olivier Py, sommet dans la proposition d’Olivier Py Ă  l’opĂ©ra (et qui n’est toujours pas “montĂ©” jusqu’Ă  Paris !). La Ville morte de Korngold prĂ©sentĂ©e Ă  Nantes est un Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer. RĂ©servation, informations sur le site de l’OpĂ©ra Graslin / Angers Nantes OpĂ©ra.

 

 

LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de l’opĂ©ra La Ville morte de Korngold d’aprĂšs Rodenbach Ă  Nantes dans la mise en scĂšne de Philipp Himmelmann…

 

 

Illustrations : Jeff Rabillon © 2015 pour Angers Nantes OpĂ©ra : tableau gĂ©nĂ©ral Ă  l’acte I, le tĂ©nor Daniel Kirch et la soprano Helena Juntunen dans les Ă©crasants / hallucinants rĂŽles de Paul et de Marietta / Marie.