COMPTE-RENDU, critique, opéra. NANCY, le 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Frédéric Chaslin (version de concert).

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsCompte-rendu, opéra. Nancy, Opéra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. Frédéric Chaslin (version de concert). Pour fêter le centenaire de la construction de son théâtre actuel, idéalement situé sur la place Stanislas à Nancy, l’Opéra de Lorraine a eu la bonne idée de plonger dans ses archives pour remettre au goût du jour le rare Sigurd (1884) d’Ernest Reyer (1823-1909) – voir notre présentation détaillée de l’ouvrage http://www.classiquenews.com/sigurd-de-reyer-a-nancy/ Qui se souvenait en effet que le chef d’oeuvre du compositeur d’origine marseillaise avait été donné en 1919 pour l’ouverture du nouveau théâtre nancéien ? Cette initiative est à saluer, tant le retour de ce grand opéra sur les scènes contemporaines reste timide, de Montpellier en 1994 à Genève en 2013, à chaque fois en version de concert. On notera que Frédéric Chaslin et Marie-Ange Todorovitch sont les seuls rescapés des soirées données à Genève voilà six ans.

D’emblée, la fascination de Reyer pour Wagner se fait sentir dans le choix du livret, adapté de la saga des Nibelungen : pour autant, sa musique spectaculaire n’emprunte guère au maître de Bayreuth, se tournant davantage vers les modèles Weber, Berlioz ou Meyerbeer. La présence monumentale des choeurs et des interventions en bloc homogène traduit ainsi les influences germaniques, tandis que l’instrumentation manque de finesse, se basant principalement sur l’opposition rigoureuse des pupitres de cordes, avec une belle assise dans les graves et des bois piquants en ornementation. La première partie guerrière tombe ainsi dans le pompiérisme avec les mélodies faciles des nombreux passages aux cuivres, il est vrai aggravé par la direction trop vive de Frédéric Chaslin, … aux attaques franches et peu différenciées. Le chef français se rattrape par la suite, dans les trois derniers actes, lorsque l’inspiration gagne en richesse de climats, tout en restant prête à s’animer de la verticalité des inévitables conflits. Malgré quelques parties de remplissage dans les quelques 3h30 de musique ici proposées, Reyer donne à son ouvrage un souffle épique peu commun, qui nécessite toutefois des interprètes à la hauteur de l’événement.

SIGURD à Nancy
un souffle épique peu commun
un superbe plateau…

 

 

C’est précisément le cas avec le superbe plateau entièrement francophone (à l’exception du rôle-titre) réuni pour l’occasion : le ténor britannique Peter Wedd (Sigurd) fait valoir une diction très satisfaisante, à l’instar d’un Michael Spyres (entendu dans un rôle équivalent cet été pour Fervaal https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-montpellier-le-24-juil-2019-dindy-fervaal-spyres-schonwandt). Les quelques passages en force, bien excusables tant le rôle multiplie les difficultés, sont d’autant plus compréhensibles que  Peter Wedd multiplie les prises de risque, en un engagement dramatique constant. On lui préfère toutefois le Gunter de Jean-Sébastien Bou, toujours impeccable dans l’éloquence et l’intelligence des phrasés. Des qualités également audibles chez Jérôme Boutillier (Hagen), avec quelques couleurs supplémentaires, mais aussi un manque de tessiture grave en certains endroits dans ce rôle.

Vivement applaudie, Catherine Hunold (Brunehild) fait encore valoir toute sa sensibilité et ses nuances au service d’une interprétation toujours incroyable de vérité dramatique, bien au-delà des nécessités requises par une version de concert. On ne dira jamais combien cette chanteuse aurait pu faire une carrière plus éclatante encore si elle avait été dotée d’une projection plus affirmée, notamment dans les accélérations. L’une des grandes révélations de la soirée nous vient de la Hilda de Camille Schnoor, dont le velouté de l’émission et la puissance ravissent tout du long, en des phrasés toujours nobles. A l’inverse, Marie-Ange Todorovitch (Uta) fait valoir son tempérament en une interprétation plus physique, en phase avec son rôle de mère blessée, faisant oublier un léger vibrato et une ligne parfois hachée par un sens des couleurs et des graves toujours aussi mordants. On soulignera enfin les interventions superlatives de Nicolas Cavallier et Eric Martin-Bonnet dans leurs courts rôles, tandis que les choeurs des Opéras de Lorraine et d’Angers Nantes se montrent très précis tout du long, surtout coté masculin.

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. Nancy, Opéra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. Peter Wedd (Sigurd), Jean-Sébastien Bou (Gunter), Jérôme Boutillier (Hagen), Catherine Hunold (Brunehild), Camille Schnoor (Hilda), Marie-Ange Todorovitch (Uta), Nicolas Cavallier (Un prêtre d’Odin), Eric Martin-Bonnet (Un barde), Olivier Brunel (Rudiger), ChÅ“ur de l’Opéra national de Lorraine, Merion Powell (chef de chÅ“ur), ChÅ“ur d’Angers Nantes Opéra, Xavier Ribes (chef de chÅ“ur), Orchestre de l’Opéra national de Lorraine, Frédéric Chaslin (version de concert). A l’affiche de l’Opéra national de Lorraine les 14 et 17 octobre 2019. Photo : Opéra national de Lorraine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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APPROFONDIR (NDLR)*
L’actuelle exposition à Paris : DEGAS à l’opéra a mis en lumière le goût musical du peintre indépendant qui a exposé avec les impressionnistes. Degas a applaudi éperdument la soprano ROSA CARON créatrice du rôlede Brunnhilde dans SIGURD  de REYER. L’enthousiasme du peintre, inventeur de l’art moderne en peinture à l’extrême fin du XIXè fut tel que Degas écrivit même un poème pour exprimer l’émotion qui lui procurait Sigurd (applaudi plus de 36 fois à l’Opéra de Paris)… Degas était partisan du grand opéra à la française quand beaucoup d’intellectuels parisiens préféraient alors l’opéra “du futur”, celui de Wagner…  LIRE notre présentation de l’exposition « DEGAS à l’opéra » jusqu’au janvier 2020 :

http://www.classiquenews.com/degas-a-lopera-presentation-de-lexposition-a-orsay/

* note / ajout de la Rédaction

SIGURD de REYER à NANCY

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’Opéra national de Lorraine met à l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est écrit l’histoire du Palais Hornecker – Créé d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pépite lyrique totalisant 250 représentations à l’Opéra de Paris jusque dans les années 1930. Comme Wagner et sa Tétralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle épique, passions éprouvées, surnaturel, et style du grand opéra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement Pelléas et Mélisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le même fonds légendaire, crosient les destinées d’un opéra à l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquérant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinée de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyauté. Incarnée à la création par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita à l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, à l’époque du wagnérisme envahissant,… que ne goûtait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opéra de Paris. A Nancy, une wagnérienne éblouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposée par Nancy pour son centenaire.

 

 

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boutonreservationNANCY, Opéra national de Lorraine
Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 à 19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-Sébastien Bou
Hagen : Jérôme Boutillier
Le Grand Prêtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La Tétralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du héros idéal (quoique trop naïf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armé, tue le héros et épouse celle qui lui était pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la même clairvoyance quant à la barbarie humaine propre à tromper et à voler, à mentir et à assassiner. Mais même s’il arrive à ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les héros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiés sans ménagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

________________________________________________________________________________________________

ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SIGURD de REYER, l’opéra de Degas

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’Opéra national de Lorraine met à l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est écrit l’histoire du Palais Hornecker – Créé d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pépite lyrique totalisant 250 représentations à l’Opéra de Paris jusque dans les années 1930. Comme Wagner et sa Tétralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle épique, passions éprouvées, surnaturel, et style du grand opéra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement Pelléas et Mélisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le même fonds légendaire, crosient les destinées d’un opéra à l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquérant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinée de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyauté. Incarnée à la création par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita à l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, à l’époque du wagnérisme envahissant,… que ne goûtait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opéra de Paris. A Nancy, une wagnérienne éblouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposée par Nancy pour son centenaire.

 

 

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Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 à 19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-Sébastien Bou
Hagen : Jérôme Boutillier
Le Grand Prêtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La Tétralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du héros idéal (quoique trop naïf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armé, tue le héros et épouse celle qui lui était pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la même clairvoyance quant à la barbarie humaine propre à tromper et à voler, à mentir et à assassiner. Mais même s’il arrive à ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les héros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiés sans ménagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020

affiche13_300PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020. C’est l’expo phare de cette rentrée 2019 et l’accrochage à ne pas manquer pour la fin d’année et la nouvelle année 2020. Créateur atypique à l’époque des impressionnistes (il est l’ami de Manet dont il croque le profil à plusieurs reprises), Edgar Degas (1834-1917), célibataire endurci, fils de banquier, observe, analyse et réinterprète la réalité ; celle de Paris, du Second Empire à la IIIè République, réussissant là où on ne l’attend jamais. Il réussit très tôt comme portraitiste. Son dessin dans la suite d’Ingres sait condenser l’expression, la situation, l’essence d’une présence.

 

 

LA FOSSE ET LE BALLET PLUTOT QUE LA SCENE LYRIQUE… Le musée d’Orsay s’intéresse à son travail à l’Opéra de Paris. Pas une seule représentation d’un ouvrage lyrique, aucun chanteur d’opéra (pourtant le baryton vedette Jean-Baptiste FAURE lui commandera nombre de peintures sur le thème de l’opéra)… ce qui intéresse le peintre ce sont des portraits quasi instantanés de musiciens, dans la fosse de l’orchestre de l’opéra de Paris, Salle Le Peletier puis Opéra Garnier ; des moments de spectacles… toujours liés à la présence des danseuses du Ballet de l’opéra. Elles sont d’ailleurs davantage en répétitions, corps éreintés, en tension – rarement déployées, aériennes… plutôt dans une pause, après l’effort, reprenant dans des poses cassées, douloureuses, un semblant de souffle et d’élasticité.

 
 

 
 

4 clés révélées pour mieux comprendre
l’exposition DEGAS à l’OPERA…

 

 

 

 

 

DANSEUSES ÉREINTÉES… Il en découle nombre de tableaux et dessins fixant les traits d’instrumentistes (violoncellistes, bassonistes, et même guitariste avec dans ce cas le seul et rare portrait de son père tant aimé, mais déjà vieux et fatigué, qui encouragea toujours les efforts de fils artiste), surtout de danseuses avec tutu, éreintées donc, au comble de l’effort ; esclaves modernes d’un divertissement devenu épreuves permanentes. Rares les figures heureuses et épanouies. Même son grand portrait (le plus grand format exposé dans ce genre) de la danseuse Eugénie Fiocre, souvenir du ballet la Source, est rêveuse, absente : songe-t-elle à un autre monde que celui fatiguant voire plus, de la danse et du spectacle à l’opéra ? Il est certain qu’elle a retiré les chaussons et les pointes, pour reposer ses petits pieds fatigués. Belle image d’une jeune âme déjà éprouvée, nostalgique d’un milieu qu’elle ignore…

Car Degas, peintre audacieux, aux cadrages inédits, parfois déconcertants, mais très inspirés de la photographie (qu’il pratique), épingle une réalité tout autre ; celle des abonnés en hauts de forme, éperviers noirs, prédateurs sexuels qui dans les coulisses séduisent et monnayent les charmes des belles nymphes chorégraphiques. Tout est représenté dans ce réalisme certes esthétique mais tout autant sociologique. Même les mères des jeunes filles, jouent volontiers les entremetteuses, prêtes à tout pour extraire quelques pièces de ce rapprochement abonnés / danseuses, guère candide.

 

 

orsay-exposition-degas-a-l-opera-opera-350-ans-exposition-presentation-classiquenews-annonce-synthese-comprendre-l-exposition-par-classiquenews-degas-danseuseCORPS, FORMES, MATIERES… En définitive, maître de son crayon et des couleurs, Degas, contemporains et proche des impressionnistes, peint l’abstraction avant l’abstraction. Comme esthète, Degas tire ces corps vers le haut et le beau idéal : le corps de la danseuse lui rappelle l’équilibre de la plastique grecque antique. On ne saurait mieux faire du moderne dans le souvenir de l’ancien. C’est qu’il est diablement cultivé ; aimant copier les peintures du Louvre comme aucun autre avant lui… Degas s’émancipe bientôt, multiplie les techniques, libère son coup de crayon, de plus en plus sûr et synthétique, des dessins aux monotypes, jusqu’aux traits noirs sur papier calque, où l’architecture du corps préfigure les Matisse et les Mondrian à venir. En 1900, les figures ne sont plus lignes mais matière iridescentes, qui se décomposent comme par implosion à travers les couleurs « orgiaques » des pastels. C’est que le sujet intéresse autant l’artiste que la réflexion sur la forme qu’il autorise.

 

 

Ainsi pendant près de 40 années, des années 1960 au début des années 1900, Degas note, dessine tout ce qu’il voit et bouge à l’Opéra. Le théâtre est devenu sa « chambre à lui ». Un atelier, un laboratoire aux resources et réserves de motifs, infinies. Salle et scène, loges, foyer et salle de danse – sont les lieux de cette quête de la forme qui danse, dans un espace de plus en plus abstrait.

LYRICOPHILE, DEGAS divinise la jeune DANSEUSE…. Evidemment il y a explicité le goût de Degas à l’opéra (Sigurd de Reyer, applaudie 30 fois !), ceux qui l’ont introduit dans l’institution (son ami le librettiste et compositeur Halévy)… au centre de l’exposition, manifestation la plus aboutie de cette recherche d’absolu autour du thème de la danseuse, la sculpture hyperréaliste de la Petite Danseuse de 14 ans (entre 1865 / 1881) avec son vrai tutu en tulle et son ruban de satin rose dans les cheveux de bronze : en une effigie, Edgar Degas peintre et observateur devenu sculpteur, est le Pygmalion de sa propre quête : il adore son œuvre ainsi personnifiée ; il portraiture la danseuse idéale (les pieds en quatrième position), adolescente et jeune fille, (en réalité un vrai modèle qui a posé dans son atelier : Marie van Goethem) sujet de tous les regards et de tous les fantasmes d’alors : une Salomé statufiée, troublante et bouleversante. C’est de toute évidence, dans la position du corps qui reste digne et pudique, mystérieux même, un hommage du peintre à son modèle, son intégrité sanctuarisé, fière et énigmatique, divinisé, malgré la réalité crue et sexuellement infecte qui régnait alors dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Passionnant.

  

 

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EXPOSITION : Degas à l’Opéra. Paris, Musée d’Orsay. Jusqu’au 19 janvier 2020.

Du 24 septembre au 31 décembre : du mardi au dimanche et fêtes de 9h30 à 18h, nocturne jeudi fêtes jusqu’à 21h45. Fermé le 25 décembre. ; Du 1er janvier au 19 janvier 2020 : du mardi au dimanche et fêtes de 9h30 à 18h, nocturne jeudi fêtes jusqu’à 21h45.

Musée d’Orsay
1 rue de la Légion-d’Honneur
75007 Paris
Du mardi 24 septembre 2019 au dimanche 19 janvier 2020

INFOS et réservations privilégiées

 

  

 

Livre événement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais être illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « Découvertes »).

degas gallimard decouvertes expositon deags a l opera de apris musee d orsay exposition 23 sept fevrier 2020 classiquenews A76087Livre événement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais être illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « Découvertes »). CHANTRE DE LA MODERNITÉ… Présentation par l’éditeur : « «Je voudrais être illustre et inconnu», disait Edgar Degas. Illustre, il l’est, par ses danseuses, ses jockeys, ses femmes au bain. Inconnu, également, tant ces thèmes occultent le reste de l’Å“uvre, peintures d’histoire, portraits, paysages, tant l’Å“uvre a dévoré la vie privée. Sur une carrière de soixante ans dont Henri Loyrette restitue la richesse et la cohérence, on découvre alors l’insatiable curiosité technique, la constante recherche d’expressions nouvelles, l’évidente continuité de la ligne mélodique ».
Notre avis… Le fils d’une famille aisée, de banquiers, doit cependant à son père (Auguste) d’être encouragé dans sa vocation artistique. Ce n’est pas tant, la ligne (cultivée toujours selon les préceptes de son « maître et idôle » Ingres), la couleur (digne des Impressionnistes dont il sera toujours très proche), la puissance de la palette et du trait (qui le rapproche d’un Manet, son ami), que son œil, qui se révèle dans son cas, déterminant. Degas méprise le milieu académique et donc le Prix de Rome : dépassé, conservateur. Il a bien raison. La modernité n’est jamais venue en peinture de ce réseau politique formaté. Degas développe une acuité de conception hors du commun à son époque. Son œil décortique l’espace (d’où des cadrages et des points de vue inédits et donc résolument « modernes »), déconstruit la forme, pour en extraire le squelette expressif, l’ossature synthétique, essentiel (d’où ce qu’il voit et capte dans le sujet des danseuses : des corps qui souffrent, des lignes qui fléchissent, des mouvements qui éreintent et forcent… au bord du claquage.

 

 

Degas moderne
L’œil déconstruit, reconstruit…

 

 

danseuses degas

 

Deux danseuses (DR)

 

Beaucoup de scènes de répétitions, de gestes et attitudes répétées, de détente aussi (dont même des danseuses qui baillent…) Entre réalisme et familiarité, jamais cela n’avait été représenté avant lui. De sorte que l’on contemple un autre Degas : non pas le peintre obsédé par les danseuses en tutu, mais l’analyste qui décrypte le dénuement et la misère de jeunes artistes démunies et souffrantes, qui phénomène que l’on commence à expliciter, sont les proies des prédateurs sexuels dans la coulisse.
affiche13_300Degas a conçu tout cela, remarquablement expliqué dans ce petit livre immanquable, indispensable viatique préparatoire pour l’exposition actuelle au Musée d’Orsay : « DEGAS à L’OPERA », jusqu’en janvier 2020. Car au juste qu’a peint Degas de l’Opéra ? La réponse est loin d’être évidente. Car Degas est un créateur tout sauf conformiste. On peut affirmer qu’en plein wagnérisme, au cœur de la France nationaliste, opposée à l’hégémonie prussienne, Degas, se passionna pour la Sigurd du marseillais Reyer, le « petit Wagner de la Canebière » (au point de la voir 30 fois à l’Opéra le Peletier, à partir de sa création à l’Opéra de paris le 12 juin 1885). Wagnérien, Reyer dans Sigurd offre une véritable alternative française au romantisme musical, puisant après Berlioz, chez Gluck, sachant colorer aussi son orchestre par des éclats fantastiques empruntés à Weber. Les amateurs du Ring, retrouvent certes les personnages de Hagen, Gunter et aussi Brünnhilde… Mais si le sujet est emprunté aux légendes nordiques, comme la Tétralogie, la conception elle est bien française.
Comme Reyer à l’opéra, Degas incarne une spécificité française, « moderne », antiacadémique, foncièrement avant-gardiste, entre 1880 et 1910. Un cas à part, et une œuvre à redécouvrir aujourd’hui.

 

 

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Livre événement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais être illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « Découvertes ») – 160 pages, ill., sous couverture illustrée, 125 x 178 mm
Genre : Documents et reportages Thème : arts en général /peinture Catégorie > Sous-catégorie : Connaissance > Arts en général – Époque : XXe-XXIe siècle – ISBN : 9782070760879 – Gencode : 9782070760879 – Code distributeur : A76087 – Première parution en 1988 -
Co̩dition Gallimard/RMN РGrand Palais. Nouvelle ̩dition en 2012.
Collection Découvertes Gallimard (n° 36), Série Arts, Gallimard. CLIC de CLASSIQUENEWS