BICENTENAIRE FLAUBERT 1821 – 2021 : Flaubert Ă  l’opĂ©ra

BICENTENAIRE FLAUBERT : 1821 – 2021. Le 12 dĂ©cembre 2021 marquera le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert. Une annĂ©e souhaitons le riche en initiatives, Ă©vĂ©nements et cĂ©lĂ©brations. CLASSIQUENEWS s’interroge sur les Ĺ“uvres de l’écrivain portĂ©es sur la scène lyrique.

FLAUBERT 2021 : l'opĂ©ra, le goĂ»t musical de GustaveLe solitaire de Croisset, Gustave Flaubert (1821 – 1880), dans sa Normandie prĂ©servĂ©e sut se retirer au vert pour ne s’adonner qu’à sa seule passion terrestre : l’écriture. Pour lui seul importe la vĂ©ritĂ© servie par une forme esthĂ©tique qui se rĂ©vèle dans la beautĂ© du style. La haine de la platitude, il la doit Ă  son admiration pour Chateaubriand dont il admire les Ă©lans de l’extravagance et les vertiges lyriques de la pensĂ©e critique. Bien que de contexture fragile – il n’a que 22 ans, en octobre 1843, lorsque la maladie nerveuse le terrasse, Gustave sait nĂ©anmoins se conserver et mĂŞme voyager. Au retour d’un sĂ©jour en Egypte, il se consacre corps et âme pendant 53 mois, Ă  la conception d’un roman rĂ©aliste, Madame Bovary, inspirĂ© d’un fait rĂ©el – comme Berg et son Wozzek ; le texte publiĂ© en 1857, après un procès retentissant dont il sort vainqueur, le rend brusquement cĂ©lèbre. Le bal chez le marquis de la Vaubyessard concentre alors tous les Ă©garements fantasques d’une petite provinciale, Ă©levĂ©e Ă  la ferme, qui se rĂŞve princesse et vit comme une Ă©lue mĂ©connue qui attend son chevalier servant… Le bovarysme est nĂ© : dĂ©nonçant les ravages des illusions inconscientes dans l’esprit des ĂŞtres trop fantasques.

EMMA Ă  l’opĂ©ra… Flaubert aime l’opĂ©ra, du moins en a t-il mesurĂ© tous les enjeux sociaux et littĂ©raires, puisant dans ce spectacle humain, salle et scène, – comme avant lui Balzac, les ressources utiles pour Ă©voquer ce théâtre des passions rĂ©aliste qui l’intĂ©resse. Ainsi, pour approfondir encore le portrait de son hĂ©roĂŻne romantique et fantasque, Flaubert dĂ©crit Emma Bovary Ă  l’OpĂ©ra de Rouen pour une reprĂ©sentation de Lucia di Lammermoor. Deux figures fĂ©minines romantiques et tragiques… qui finissent par mourir : le parallèle est Ă©videmment Ă©loquent et la frontière illusion théâtrale et vie rĂ©elle, tĂ©nue.

Puis le voyage en Tunisie (1858) prépare à la composition de Salammbô, fresque colorée voire saturée, au réalisme archéologique; dédiée à un épisode guerrier et mystique de l’Antiquité carthaginoise. Dans les jardins d’Hamilcar Barca, les mercenaires qui attendent leur solde, voit, sidérés, la belle prêtresse Salammbô, corps érotique pourtant dévolue au culte de Tanit / Astarté, l’Aphrodite orientale… C’est l’un d’entre eux qui séduira la belle vierge dont l’esprit ainsi révélé ne se remettra pas après l’éxécution de son aimé : elle meurt évanouie à la fin du drame. Le roman édité en 1862 n’a pas le succès escompté, certes somptueusement écrit, fouillé dans ses évocations antiques mais trop lourd et statique.
A l’inverse, un autre sommet de la littérature française Trois contes (1877) dont fait partie Un cœur simple et surtout Herodias, nouvelle évocation d’un Orient saturée de couleurs érotiques, marque les esprits et la critique pour la beauté et le travail du style. Dans la lignée d’un Balzac, analyste de la nature humaine, avant Zola et les naturalistes qui le considèrent comme un modèle, Flaubert a cette obsession de l’exactitude documentaire, scintillement de détails saisissants d’acuité poétique, qui émaillent son récit et lui apportent le relief et le mordant de la vie elle-même. Mais nature sceptique voire fataliste sur la nature humaine et sa vanité essentielle, Flaubert aime à décrire les illusions et fantasmes de ses héros pour mieux les railler. Tel est le pessimisme fondamental de l’ermite de Croisset. Pour autant, son écriture a ouvert les portes d’un imaginaire littéraire inédit dont la puissance évocatrice, jusqu’à la musicalité propre, suscite l’admiration.

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Les textes de Flaubert mis en musique à l’opéra. Deux figures orientales traitées par l’écrivain (Hérodias, Salammbô) ont inspiré les compositeurs à l’opéra : Massenet, Reyer, Strauss…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HERODIAS

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salome_titien_tiziano_salome_5-Salome-1512-Tiziano-TitianHérodias : devenue Hérodiade chez Jules Massenet (1881). Le compositeur brosse le portrait d’Hérodiade, épouse ambitieuse du Tétrarque Hérode qu’elle manipule en sacrifiant sa propre fille Salomé ; la danse érotique de la jeune fille envoûte le pervers qui consent à exécuter celui que Salomé a dénoncé : le prophète Jokanaan. Ainsi se venge la mère Hérodiade, furieuse que ce même Jokanaan l’ait critiqué ouvertement, invectivant ses turpitudes et son esprit maléfique… (Jean la traite de « Jezabel » , l’étrangère vicieuse et malfaisante). Contrairement à la Salomé de Strauss / Wilde qui s’intéressent surtout au profil sensuel de la jeune femme, à son corps provoquant, l’ouvrage de Massenet préfère le profil plus mûr et réfléchi d’une amoureuse, éprise de Jean / Jokanaan : pour le prophète, elle donne sa vie, implore sa mère de gracier son aimé ; puis déjouant les manipulations d’Hérodiade, Salomé est prête à tuer sa propre mère. En réalité elle se suicide en fin d’ouvrage, pour rejoindre Jokanaan.

Du même texte de Flaubert, Oscar Wilde fait une pièce de théâtre (1891), intitulée Salomé que Richard Strauss en 1905 adapte pour la scène lyrique avec l’immense réussite que l’on sait. La danse des 7 voiles, point d’orgue symphonique du drame (où se concentre le désir du tétrarque et la lascivité innocente du corps pubère et dansant), de même que la scène finale où Salomé baise la bouche de Jokanaan décapité avant d’être elle-même étouffée par les boucliers des soldats horrifiés… restent deux épisodes parmi les plus marquants de toute expérience lyrique.

Production de l’Opéra de Saint-Etienne, 2018 : Pichon / Ossonce
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-saint-etienne-le-18-nov-2018-massenet-herodiade-elodie-hache-ossonce-pichon/

Production de l’Opéra de Marseille, mars 2018 : Pichon / Vanoosten
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-marseille-opera-le-23-mars-2018-massenet-herodiade-1881-v-vanoosten-j-l-pichon/

LIRE aussi HĂ©rodiade de Massenet
https://www.classiquenews.com/confinement-opera-chez-soi-ballets-a-la-maison-concerts-en-direct/

 

 

 

 

 

SALAMMBĂ”

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rosa-caron-salambo-bonnat-1896-dossier-opera-classiquenews-opera-concert-classiquenewsErnest Reyer (marseillais né en 1823) adapte en 1890, Salammbô de Flaubert. L’opéra est un ouvrage riche et spectaculaire, proche de sa Sigurd (1885), autre évocation légendaire, elle néowagnérienne, mais inspirée des légendes scandinaves que vénérera dès sa création le peintre Degas, familier du Palais Garnier à Paris. C’est Camille du Locle, librettiste chevronné de Don carlos puis d’Aida de Verdi, qui adapte Flaubert pour Reyer. Salammbô est ainsi créé à Bruxelles en 1890. Le musicien formé entre autres par sa tante, -l’excellente pianiste et compositrice, Louise Farrenc-, s’illustre d’abord en mettant en musique plusieurs textes de Théophile Gautier (dont la Symphonie Le Sélam ou le ballet Sacountalâ de 1858…). Avec Salammbô, Reyer retrouve et réalise ses aspirations musicales pour le rêve et l’exotisme: un orientalisme de plus en plus prononcé (Sacountala est d’inspiration hindoue, et son premier succès lyrique, La statue de 1861, prend prétexte des Mille et une nuits) qui porte son inspiration la plus réussie. Illustration : Rose Caron dans le rôle de Salammbô de Reyer, portrait de Bonnat, 1896 (DR).

Le chantier
Du reste, tous les commentaires louent la science des mélodies originales, un refus de toute complaisance et lieux communs, des harmonies “fraîches”, l’orchestration à la fois savante et personnelle. A l’origine de Salammbô, auquel Reyer pense dès 1864, Flaubert accepte une mise en musique, mais il songe d’abord à Verdi, dans une adaptation de Théophile Gautier… Ce dernier meurt en 1872,… sans avoir rien écrit. Flaubert se tourne alors vers Catulle Mendès. Heureusement, Reyer reprend la main et suggère à Flaubert, Camille du Locle : l’auteur de Salammbô accepte. Le chantier peut donc commencer. Il sera encore interrompu quand meurt Flaubert en 1880, laissant un temps, Reyer, comme démuni. Mais les éléments du drame lyrique se précisent. Ils modifient par exemple la mort de Salammbô, laquelle se poignarde (alors que dans l’ouvrage originel, la jeune femme meurt évanouie, à la vue du coeur arraché de son amant, Mathô).
Au final la partition laisse toute la place à l’héroïne, offrant à la créatrice du rôle, à Bruxelles, Rose Caron, une incarnation spectaculaire, même si Reyer fusionne solos et récitatifs en un flux continu: pas d’airs isolés, ni de scène fermées. Grand admirateur de Berlioz et aussi de Gluck, Reyer soigne la lisibilité du chant déclamé auquel il associe un orchestre somptueux, d’un dramatisme efficace. C’est un tissu à la couleur permanente qui produit ce que les critiques de l’époque n’ont pas manqué de relever: mysticisme, rêverie, climat d’extase et de ravissement… Au centre de la partition, point culminant de l’orientalisme rêvé par Reyer, les rituels lunaires de l’acte II, où la prêtresse plus langoureuse que jamais, célèbre Tanit, où paraît Mathô (venu dérobé le Zaïmph, voile sacré de la déesse) que Salammbô, saisie, comme envoûtée, prend pour un dieu soudainement révélé… En lire plus : dossier Salammbô de Reyer
https://www.classiquenews.com/ernest-reyer-1823-1909-salammb-1890marseille-opra-du-27-septembre-au-5-octobre-2008/

LIRE aussi notre compte rendu de Salammbô de Reyer à l’Opéra de Marseille, octobre 2008 :
https://www.classiquenews.com/marseille-opra-le-5-octobre-2008-ernest-reyer-salammb/

COMPTE-RENDU, critique, opéra. NANCY, le 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Frédéric Chaslin (version de concert).

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsCompte-rendu, opĂ©ra. Nancy, OpĂ©ra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. FrĂ©dĂ©ric Chaslin (version de concert). Pour fĂŞter le centenaire de la construction de son théâtre actuel, idĂ©alement situĂ© sur la place Stanislas Ă  Nancy, l’OpĂ©ra de Lorraine a eu la bonne idĂ©e de plonger dans ses archives pour remettre au goĂ»t du jour le rare Sigurd (1884) d’Ernest Reyer (1823-1909) – voir notre prĂ©sentation dĂ©taillĂ©e de l’ouvrage http://www.classiquenews.com/sigurd-de-reyer-a-nancy/ Qui se souvenait en effet que le chef d’oeuvre du compositeur d’origine marseillaise avait Ă©tĂ© donnĂ© en 1919 pour l’ouverture du nouveau théâtre nancĂ©ien ? Cette initiative est Ă  saluer, tant le retour de ce grand opĂ©ra sur les scènes contemporaines reste timide, de Montpellier en 1994 Ă  Genève en 2013, Ă  chaque fois en version de concert. On notera que FrĂ©dĂ©ric Chaslin et Marie-Ange Todorovitch sont les seuls rescapĂ©s des soirĂ©es donnĂ©es Ă  Genève voilĂ  six ans.

D’emblĂ©e, la fascination de Reyer pour Wagner se fait sentir dans le choix du livret, adaptĂ© de la saga des Nibelungen : pour autant, sa musique spectaculaire n’emprunte guère au maĂ®tre de Bayreuth, se tournant davantage vers les modèles Weber, Berlioz ou Meyerbeer. La prĂ©sence monumentale des choeurs et des interventions en bloc homogène traduit ainsi les influences germaniques, tandis que l’instrumentation manque de finesse, se basant principalement sur l’opposition rigoureuse des pupitres de cordes, avec une belle assise dans les graves et des bois piquants en ornementation. La première partie guerrière tombe ainsi dans le pompiĂ©risme avec les mĂ©lodies faciles des nombreux passages aux cuivres, il est vrai aggravĂ© par la direction trop vive de FrĂ©dĂ©ric Chaslin, … aux attaques franches et peu diffĂ©renciĂ©es. Le chef français se rattrape par la suite, dans les trois derniers actes, lorsque l’inspiration gagne en richesse de climats, tout en restant prĂŞte Ă  s’animer de la verticalitĂ© des inĂ©vitables conflits. MalgrĂ© quelques parties de remplissage dans les quelques 3h30 de musique ici proposĂ©es, Reyer donne Ă  son ouvrage un souffle Ă©pique peu commun, qui nĂ©cessite toutefois des interprètes Ă  la hauteur de l’évĂ©nement.

SIGURD Ă  Nancy
un souffle Ă©pique peu commun
un superbe plateau…

 

 

C’est prĂ©cisĂ©ment le cas avec le superbe plateau entièrement francophone (Ă  l’exception du rĂ´le-titre) rĂ©uni pour l’occasion : le tĂ©nor britannique Peter Wedd (Sigurd) fait valoir une diction très satisfaisante, Ă  l’instar d’un Michael Spyres (entendu dans un rĂ´le Ă©quivalent cet Ă©tĂ© pour Fervaal https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-montpellier-le-24-juil-2019-dindy-fervaal-spyres-schonwandt). Les quelques passages en force, bien excusables tant le rĂ´le multiplie les difficultĂ©s, sont d’autant plus comprĂ©hensibles que  Peter Wedd multiplie les prises de risque, en un engagement dramatique constant. On lui prĂ©fère toutefois le Gunter de Jean-SĂ©bastien Bou, toujours impeccable dans l’Ă©loquence et l’intelligence des phrasĂ©s. Des qualitĂ©s Ă©galement audibles chez JĂ©rĂ´me Boutillier (Hagen), avec quelques couleurs supplĂ©mentaires, mais aussi un manque de tessiture grave en certains endroits dans ce rĂ´le.

Vivement applaudie, Catherine Hunold (Brunehild) fait encore valoir toute sa sensibilitĂ© et ses nuances au service d’une interprĂ©tation toujours incroyable de vĂ©ritĂ© dramatique, bien au-delĂ  des nĂ©cessitĂ©s requises par une version de concert. On ne dira jamais combien cette chanteuse aurait pu faire une carrière plus Ă©clatante encore si elle avait Ă©tĂ© dotĂ©e d’une projection plus affirmĂ©e, notamment dans les accĂ©lĂ©rations. L’une des grandes rĂ©vĂ©lations de la soirĂ©e nous vient de la Hilda de Camille Schnoor, dont le veloutĂ© de l’Ă©mission et la puissance ravissent tout du long, en des phrasĂ©s toujours nobles. A l’inverse, Marie-Ange Todorovitch (Uta) fait valoir son tempĂ©rament en une interprĂ©tation plus physique, en phase avec son rĂ´le de mère blessĂ©e, faisant oublier un lĂ©ger vibrato et une ligne parfois hachĂ©e par un sens des couleurs et des graves toujours aussi mordants. On soulignera enfin les interventions superlatives de Nicolas Cavallier et Eric Martin-Bonnet dans leurs courts rĂ´les, tandis que les choeurs des OpĂ©ras de Lorraine et d’Angers Nantes se montrent très prĂ©cis tout du long, surtout cotĂ© masculin.

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. Nancy, OpĂ©ra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. Peter Wedd (Sigurd), Jean-SĂ©bastien Bou (Gunter), JĂ©rĂ´me Boutillier (Hagen), Catherine Hunold (Brunehild), Camille Schnoor (Hilda), Marie-Ange Todorovitch (Uta), Nicolas Cavallier (Un prĂŞtre d’Odin), Eric Martin-Bonnet (Un barde), Olivier Brunel (Rudiger), ChĹ“ur de l’OpĂ©ra national de Lorraine, Merion Powell (chef de chĹ“ur), ChĹ“ur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Xavier Ribes (chef de chĹ“ur), Orchestre de l’OpĂ©ra national de Lorraine, FrĂ©dĂ©ric Chaslin (version de concert). A l’affiche de l’OpĂ©ra national de Lorraine les 14 et 17 octobre 2019. Photo : OpĂ©ra national de Lorraine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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APPROFONDIR (NDLR)*
L’actuelle exposition Ă  Paris : DEGAS Ă  l’opĂ©ra a mis en lumière le goĂ»t musical du peintre indĂ©pendant qui a exposĂ© avec les impressionnistes. Degas a applaudi Ă©perdument la soprano ROSA CARON crĂ©atrice du rĂ´lede Brunnhilde dans SIGURD  de REYER. L’enthousiasme du peintre, inventeur de l’art moderne en peinture Ă  l’extrĂŞme fin du XIXè fut tel que Degas Ă©crivit mĂŞme un poème pour exprimer l’émotion qui lui procurait Sigurd (applaudi plus de 36 fois Ă  l’OpĂ©ra de Paris)… Degas Ă©tait partisan du grand opĂ©ra Ă  la française quand beaucoup d’intellectuels parisiens prĂ©fĂ©raient alors l’opĂ©ra “du futur”, celui de Wagner…  LIRE notre prĂ©sentation de l’exposition « DEGAS Ă  l’opĂ©ra » jusqu’au janvier 2020 :

http://www.classiquenews.com/degas-a-lopera-presentation-de-lexposition-a-orsay/

* note / ajout de la RĂ©daction

SIGURD de REYER Ă  NANCY

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’OpĂ©ra national de Lorraine met Ă  l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est Ă©crit l’histoire du Palais Hornecker – CrĂ©Ă© d’abord au Théâtre de la Monnaie Ă  Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pĂ©pite lyrique totalisant 250 reprĂ©sentations Ă  l’OpĂ©ra de Paris jusque dans les annĂ©es 1930. Comme Wagner et sa TĂ©tralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle Ă©pique, passions Ă©prouvĂ©es, surnaturel, et style du grand opĂ©ra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement PellĂ©as et MĂ©lisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le mĂŞme fonds lĂ©gendaire, crosient les destinĂ©es d’un opĂ©ra Ă  l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquĂ©rant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinĂ©e de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyautĂ©. IncarnĂ©e Ă  la crĂ©ation par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita Ă  l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, Ă  l’époque du wagnĂ©risme envahissant,… que ne goĂ»tait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opĂ©ra de Paris. A Nancy, une wagnĂ©rienne Ă©blouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposĂ©e par Nancy pour son centenaire.

 

 

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boutonreservationNANCY, Opéra national de Lorraine
Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 Ă  19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-SĂ©bastien Bou
Hagen : JĂ©rĂ´me Boutillier
Le Grand PrĂŞtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La TĂ©tralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du hĂ©ros idĂ©al (quoique trop naĂŻf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armĂ©, tue le hĂ©ros et Ă©pouse celle qui lui Ă©tait pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la mĂŞme clairvoyance quant Ă  la barbarie humaine propre Ă  tromper et Ă  voler, Ă  mentir et Ă  assassiner. Mais mĂŞme s’il arrive Ă  ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les hĂ©ros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiĂ©s sans mĂ©nagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SIGURD de REYER, l’opĂ©ra de Degas

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’OpĂ©ra national de Lorraine met Ă  l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est Ă©crit l’histoire du Palais Hornecker – CrĂ©Ă© d’abord au Théâtre de la Monnaie Ă  Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pĂ©pite lyrique totalisant 250 reprĂ©sentations Ă  l’OpĂ©ra de Paris jusque dans les annĂ©es 1930. Comme Wagner et sa TĂ©tralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle Ă©pique, passions Ă©prouvĂ©es, surnaturel, et style du grand opĂ©ra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement PellĂ©as et MĂ©lisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le mĂŞme fonds lĂ©gendaire, crosient les destinĂ©es d’un opĂ©ra Ă  l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquĂ©rant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinĂ©e de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyautĂ©. IncarnĂ©e Ă  la crĂ©ation par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita Ă  l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, Ă  l’époque du wagnĂ©risme envahissant,… que ne goĂ»tait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opĂ©ra de Paris. A Nancy, une wagnĂ©rienne Ă©blouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposĂ©e par Nancy pour son centenaire.

 

 

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Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 Ă  19h
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https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-SĂ©bastien Bou
Hagen : JĂ©rĂ´me Boutillier
Le Grand PrĂŞtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La TĂ©tralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du hĂ©ros idĂ©al (quoique trop naĂŻf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armĂ©, tue le hĂ©ros et Ă©pouse celle qui lui Ă©tait pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la mĂŞme clairvoyance quant Ă  la barbarie humaine propre Ă  tromper et Ă  voler, Ă  mentir et Ă  assassiner. Mais mĂŞme s’il arrive Ă  ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les hĂ©ros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiĂ©s sans mĂ©nagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020

affiche13_300PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020. C’est l’expo phare de cette rentrée 2019 et l’accrochage à ne pas manquer pour la fin d’année et la nouvelle année 2020. Créateur atypique à l’époque des impressionnistes (il est l’ami de Manet dont il croque le profil à plusieurs reprises), Edgar Degas (1834-1917), célibataire endurci, fils de banquier, observe, analyse et réinterprète la réalité ; celle de Paris, du Second Empire à la IIIè République, réussissant là où on ne l’attend jamais. Il réussit très tôt comme portraitiste. Son dessin dans la suite d’Ingres sait condenser l’expression, la situation, l’essence d’une présence.

 

 

LA FOSSE ET LE BALLET PLUTOT QUE LA SCENE LYRIQUE… Le musĂ©e d’Orsay s’intĂ©resse Ă  son travail Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Pas une seule reprĂ©sentation d’un ouvrage lyrique, aucun chanteur d’opĂ©ra (pourtant le baryton vedette Jean-Baptiste FAURE lui commandera nombre de peintures sur le thème de l’opĂ©ra)… ce qui intĂ©resse le peintre ce sont des portraits quasi instantanĂ©s de musiciens, dans la fosse de l’orchestre de l’opĂ©ra de Paris, Salle Le Peletier puis OpĂ©ra Garnier ; des moments de spectacles… toujours liĂ©s Ă  la prĂ©sence des danseuses du Ballet de l’opĂ©ra. Elles sont d’ailleurs davantage en rĂ©pĂ©titions, corps Ă©reintĂ©s, en tension – rarement dĂ©ployĂ©es, aĂ©riennes… plutĂ´t dans une pause, après l’effort, reprenant dans des poses cassĂ©es, douloureuses, un semblant de souffle et d’élasticitĂ©.

 
 

 
 

4 clés révélées pour mieux comprendre
l’exposition DEGAS Ă  l’OPERA…

 

 

 

 

 

DANSEUSES ÉREINTÉES… Il en découle nombre de tableaux et dessins fixant les traits d’instrumentistes (violoncellistes, bassonistes, et même guitariste avec dans ce cas le seul et rare portrait de son père tant aimé, mais déjà vieux et fatigué, qui encouragea toujours les efforts de fils artiste), surtout de danseuses avec tutu, éreintées donc, au comble de l’effort ; esclaves modernes d’un divertissement devenu épreuves permanentes. Rares les figures heureuses et épanouies. Même son grand portrait (le plus grand format exposé dans ce genre) de la danseuse Eugénie Fiocre, souvenir du ballet la Source, est rêveuse, absente : songe-t-elle à un autre monde que celui fatiguant voire plus, de la danse et du spectacle à l’opéra ? Il est certain qu’elle a retiré les chaussons et les pointes, pour reposer ses petits pieds fatigués. Belle image d’une jeune âme déjà éprouvée, nostalgique d’un milieu qu’elle ignore…

Car Degas, peintre audacieux, aux cadrages inédits, parfois déconcertants, mais très inspirés de la photographie (qu’il pratique), épingle une réalité tout autre ; celle des abonnés en hauts de forme, éperviers noirs, prédateurs sexuels qui dans les coulisses séduisent et monnayent les charmes des belles nymphes chorégraphiques. Tout est représenté dans ce réalisme certes esthétique mais tout autant sociologique. Même les mères des jeunes filles, jouent volontiers les entremetteuses, prêtes à tout pour extraire quelques pièces de ce rapprochement abonnés / danseuses, guère candide.

 

 

orsay-exposition-degas-a-l-opera-opera-350-ans-exposition-presentation-classiquenews-annonce-synthese-comprendre-l-exposition-par-classiquenews-degas-danseuseCORPS, FORMES, MATIERES… En définitive, maître de son crayon et des couleurs, Degas, contemporains et proche des impressionnistes, peint l’abstraction avant l’abstraction. Comme esthète, Degas tire ces corps vers le haut et le beau idéal : le corps de la danseuse lui rappelle l’équilibre de la plastique grecque antique. On ne saurait mieux faire du moderne dans le souvenir de l’ancien. C’est qu’il est diablement cultivé ; aimant copier les peintures du Louvre comme aucun autre avant lui… Degas s’émancipe bientôt, multiplie les techniques, libère son coup de crayon, de plus en plus sûr et synthétique, des dessins aux monotypes, jusqu’aux traits noirs sur papier calque, où l’architecture du corps préfigure les Matisse et les Mondrian à venir. En 1900, les figures ne sont plus lignes mais matière iridescentes, qui se décomposent comme par implosion à travers les couleurs « orgiaques » des pastels. C’est que le sujet intéresse autant l’artiste que la réflexion sur la forme qu’il autorise.

 

 

Ainsi pendant près de 40 annĂ©es, des annĂ©es 1960 au dĂ©but des annĂ©es 1900, Degas note, dessine tout ce qu’il voit et bouge Ă  l’OpĂ©ra. Le théâtre est devenu sa « chambre Ă  lui ». Un atelier, un laboratoire aux resources et rĂ©serves de motifs, infinies. Salle et scène, loges, foyer et salle de danse – sont les lieux de cette quĂŞte de la forme qui danse, dans un espace de plus en plus abstrait.

LYRICOPHILE, DEGAS divinise la jeune DANSEUSE…. Evidemment il y a explicité le goût de Degas à l’opéra (Sigurd de Reyer, applaudie 30 fois !), ceux qui l’ont introduit dans l’institution (son ami le librettiste et compositeur Halévy)… au centre de l’exposition, manifestation la plus aboutie de cette recherche d’absolu autour du thème de la danseuse, la sculpture hyperréaliste de la Petite Danseuse de 14 ans (entre 1865 / 1881) avec son vrai tutu en tulle et son ruban de satin rose dans les cheveux de bronze : en une effigie, Edgar Degas peintre et observateur devenu sculpteur, est le Pygmalion de sa propre quête : il adore son œuvre ainsi personnifiée ; il portraiture la danseuse idéale (les pieds en quatrième position), adolescente et jeune fille, (en réalité un vrai modèle qui a posé dans son atelier : Marie van Goethem) sujet de tous les regards et de tous les fantasmes d’alors : une Salomé statufiée, troublante et bouleversante. C’est de toute évidence, dans la position du corps qui reste digne et pudique, mystérieux même, un hommage du peintre à son modèle, son intégrité sanctuarisé, fière et énigmatique, divinisé, malgré la réalité crue et sexuellement infecte qui régnait alors dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Passionnant.

  

 

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EXPOSITION : Degas Ă  l’OpĂ©ra. Paris, MusĂ©e d’Orsay. Jusqu’au 19 janvier 2020.

Du 24 septembre au 31 dĂ©cembre : du mardi au dimanche et fĂŞtes de 9h30 Ă  18h, nocturne jeudi fĂŞtes jusqu’Ă  21h45. FermĂ© le 25 dĂ©cembre. ; Du 1er janvier au 19 janvier 2020 : du mardi au dimanche et fĂŞtes de 9h30 Ă  18h, nocturne jeudi fĂŞtes jusqu’Ă  21h45.

MusĂ©e d’Orsay
1 rue de la LĂ©gion-d’Honneur
75007 Paris
Du mardi 24 septembre 2019 au dimanche 19 janvier 2020

INFOS et réservations privilégiées

 

  

 

Livre événement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais être illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « Découvertes »).

degas gallimard decouvertes expositon deags a l opera de apris musee d orsay exposition 23 sept fevrier 2020 classiquenews A76087Livre Ă©vĂ©nement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « DĂ©couvertes »). CHANTRE DE LA MODERNITÉ… PrĂ©sentation par l’éditeur : « «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu», disait Edgar Degas. Illustre, il l’est, par ses danseuses, ses jockeys, ses femmes au bain. Inconnu, Ă©galement, tant ces thèmes occultent le reste de l’Ĺ“uvre, peintures d’histoire, portraits, paysages, tant l’Ĺ“uvre a dĂ©vorĂ© la vie privĂ©e. Sur une carrière de soixante ans dont Henri Loyrette restitue la richesse et la cohĂ©rence, on dĂ©couvre alors l’insatiable curiositĂ© technique, la constante recherche d’expressions nouvelles, l’Ă©vidente continuitĂ© de la ligne mĂ©lodique ».
Notre avis… Le fils d’une famille aisée, de banquiers, doit cependant à son père (Auguste) d’être encouragé dans sa vocation artistique. Ce n’est pas tant, la ligne (cultivée toujours selon les préceptes de son « maître et idôle » Ingres), la couleur (digne des Impressionnistes dont il sera toujours très proche), la puissance de la palette et du trait (qui le rapproche d’un Manet, son ami), que son œil, qui se révèle dans son cas, déterminant. Degas méprise le milieu académique et donc le Prix de Rome : dépassé, conservateur. Il a bien raison. La modernité n’est jamais venue en peinture de ce réseau politique formaté. Degas développe une acuité de conception hors du commun à son époque. Son œil décortique l’espace (d’où des cadrages et des points de vue inédits et donc résolument « modernes »), déconstruit la forme, pour en extraire le squelette expressif, l’ossature synthétique, essentiel (d’où ce qu’il voit et capte dans le sujet des danseuses : des corps qui souffrent, des lignes qui fléchissent, des mouvements qui éreintent et forcent… au bord du claquage.

 

 

Degas moderne
L’œil déconstruit, reconstruit…

 

 

danseuses degas

 

Deux danseuses (DR)

 

Beaucoup de scènes de répétitions, de gestes et attitudes répétées, de détente aussi (dont même des danseuses qui baillent…) Entre réalisme et familiarité, jamais cela n’avait été représenté avant lui. De sorte que l’on contemple un autre Degas : non pas le peintre obsédé par les danseuses en tutu, mais l’analyste qui décrypte le dénuement et la misère de jeunes artistes démunies et souffrantes, qui phénomène que l’on commence à expliciter, sont les proies des prédateurs sexuels dans la coulisse.
affiche13_300Degas a conçu tout cela, remarquablement expliqué dans ce petit livre immanquable, indispensable viatique préparatoire pour l’exposition actuelle au Musée d’Orsay : « DEGAS à L’OPERA », jusqu’en janvier 2020. Car au juste qu’a peint Degas de l’Opéra ? La réponse est loin d’être évidente. Car Degas est un créateur tout sauf conformiste. On peut affirmer qu’en plein wagnérisme, au cœur de la France nationaliste, opposée à l’hégémonie prussienne, Degas, se passionna pour la Sigurd du marseillais Reyer, le « petit Wagner de la Canebière » (au point de la voir 30 fois à l’Opéra le Peletier, à partir de sa création à l’Opéra de paris le 12 juin 1885). Wagnérien, Reyer dans Sigurd offre une véritable alternative française au romantisme musical, puisant après Berlioz, chez Gluck, sachant colorer aussi son orchestre par des éclats fantastiques empruntés à Weber. Les amateurs du Ring, retrouvent certes les personnages de Hagen, Gunter et aussi Brünnhilde… Mais si le sujet est emprunté aux légendes nordiques, comme la Tétralogie, la conception elle est bien française.
Comme Reyer à l’opéra, Degas incarne une spécificité française, « moderne », antiacadémique, foncièrement avant-gardiste, entre 1880 et 1910. Un cas à part, et une œuvre à redécouvrir aujourd’hui.

 

 

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Livre Ă©vĂ©nement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « DĂ©couvertes ») – 160 pages, ill., sous couverture illustrĂ©e, 125 x 178 mm
Genre : Documents et reportages Thème : arts en gĂ©nĂ©ral /peinture CatĂ©gorie > Sous-catĂ©gorie : Connaissance > Arts en gĂ©nĂ©ral – Époque : XXe-XXIe siècle – ISBN : 9782070760879 – Gencode : 9782070760879 – Code distributeur : A76087 – Première parution en 1988 -
CoĂ©dition Gallimard/RMN – Grand Palais. Nouvelle Ă©dition en 2012.
Collection Découvertes Gallimard (n° 36), Série Arts, Gallimard. CLIC de CLASSIQUENEWS