Compte-rendu, opéra. Liège, Opéra, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Ayrton Desimpelaere / Stefano Mazzonis di Pralafera.

cimarosa il matrimonio segreto le mariqge secret 1008450-Domenico_CimarosaCompte-rendu, opĂ©ra. Liège, OpĂ©ra, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Ayrton Desimpelaere / Stefano Mazzonis di Pralafera. Fidèle Ă  son credo de prĂ©senter des « mises en scène qui respectent le public », c’est-Ă -dire Ă©loignĂ©e de la regietheater Ă  l’allemande, Stefano Mazzonis di Pralafera reprend l’un de ses tout premier spectacle prĂ©sentĂ© depuis son arrivĂ©e en 2007, en tant que directeur gĂ©nĂ©ral et artistique de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-Liège. La saison initiale de son mandat avait dĂ©montrĂ© tout son goĂ»t pour un rĂ©pertoire italien dĂ©laissĂ©, osant mettre Ă  l’affiche Cherubini, Rinaldo di Capua et Cimarosa dans trois intermezzi savoureux, avant de rendre ensuite hommage Ă  la gloire locale Gretry, avec Guillaume Tell (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-liege-opera-royal-de-wallonie-le-7-juin-2013-gretry-guillaume-tell-1791-marc-laho-guillaume-tell-anne-catherine-gillet-madame-tell-claudio-scimone-direction-stefano-mazz/) et Zemire et Azor, notamment.

1.-Ayrton-Desimpelaere-1400x1400Avec cette reprise du Mariage secret, on ne se plaindra pas de retrouver l’incontestable chef d’oeuvre (voir ici notre prĂ©sentation : http://www.classiquenews.com/il-matrimonio-segreto-de-cimarosa) de Cimarosa, dont Rossini fit son miel, mĂŞme si on aimerait aussi un intĂ©rĂŞt plus poussĂ© pour les autres ouvrages (plus de soixante-dix!) qui ont jalonnĂ© la carrière du Napolitain. Si la crĂ©ation de cette production, captĂ©e au dvd, avait fait appel Ă  l’expĂ©rimentĂ© Giovanni Antonini Ă  la baguette, la direction est cette fois confiĂ©e Ă  Ayrton Desimpelaere (nĂ© en 1990) dont c’est lĂ  la toute première production lyrique, après trois ans passĂ©s en tant qu’assistant chef d’orchestre Ă  l’OpĂ©ra de Liège. Quelques dĂ©calages, sans doute dus au stress, sont audibles en première partie, avant de se rĂ©sorber ensuite : gageons que les prochaines reprĂ©sentations sauront lui donner davantage d’assurance. Sa lecture privilĂ©gie des tempi allants qui mettent admirablement en valeur l’ivresse rythmique et le sens mĂ©lodique de Cimarosa, au dĂ©triment de certains dĂ©tails peu fouillĂ©s, ici et lĂ  – dĂ©laissant le rĂ´le de l’orchestre dans le piquant et la verve moqueuse. Peut-ĂŞtre qu’une opposition plus prononcĂ©e entre les diffĂ©rents pupitres de cordes aiderait avantageusement Ă  stimuler un orchestre très correct, mais dont on aimerait entendre davantage la personnalitĂ© et le caractère.

6.-CĂ©line-MellonLe meilleur de la soirĂ©e se trouve au niveau du plateau vocal, d’une très belle homogĂ©nĂ©itĂ©, surtout chez les femmes. MalgrĂ© les quelques interventions dĂ©calĂ©es avec la fosse, CĂ©line Mellon (Carolina / photo ci contre) s’impose au moyen d’une Ă©mission ronde et souple, permettant des vocalises d’une facilitĂ© dĂ©concertante, autour d’une interprĂ©tation toute de charme et de fraĂ®cheur. Sophie Junker n’est pas en reste dans le rĂ´le de sa soeur Elisetta, donnant davantage de mordant et de couleurs en comparaison. Annunziata Vestri (Fidalma) fait valoir de beaux graves, malgrĂ© une agilitĂ© moindre dans les phrasĂ©s. C’est lĂ  le grand point fort de Patrick Delcour (Geronimo), par ailleurs irrĂ©sistible dans ses rĂ©parties comiques. Son timbre un peu fatiguĂ© convient bien Ă  ce rĂ´le de barbon moquĂ© par tous ceux qui l’entourent. Matteo Falcier (Paolino) a pour lui une ligne gracieuse, tout en laissant entendre quelques imperfections dans l’aigu. C’est sans doute l’un des interprètes les moins Ă  l’aise de la soirĂ©e avec Mario Cassi (Comte Robinson), seul rescapĂ© de la production de 2008. Le baryton italien qui a chantĂ© avec les plus grands (Abbado, Muti…), manque de projection, compensant cette faiblesse par une ligne de chant dĂ©licate et une interprĂ©tation toujours Ă  propos.

On terminera rapidement sur la mise en scène de Stefano Mazzonis di Pralafera qui reprend décors et costumes à l’ancienne pour proposer un spectacle convenu et sans audace. S’il semble difficile de faire le choix d’une transposition ici, on aurait aimer davantage de folie et d’imagination, au moins au niveau visuel, à même de nous démontrer que cette histoire reste on ne peut plus actuelle. Quoiqu’il en soit, le travail proposé (particulièrement varié et réussi au niveau des éclairages) est d’une probité sans faille, acclamé par un public visiblement ravi en fin de représentation par les aspects bouffes mis en avant ici.

 
 
 

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A l’affiche de l’Opéra de Liège jusqu’au 27 octobre 2018, puis au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 7 novembre 2018.
 
 
 

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Compte-rendu, opéra. Liège, Opéra de Liège, le 19 octobre 2018. Cimarosa : Le Mariage secret. Patrick Delcour (Signor Geronimo), Céline Mellon (Carolina), Sophie Junker (Elisetta), Annunziata Vestri (Fidalma), Matteo Falcier (Paolino), Mario Cassi (Comte Robinson). Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, Ayrton Desimpelaere, direction musicale, / mise en scène, Stefano Mazzonis di Pralafera. A l’affiche de l’Opéra de Liège jusqu’au 27 octobre 2018, puis au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 7 novembre 2018.