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ANDRIS NELSONS vienna philharmonic neujahrskonzert new year concert 2020 cd reviex dvd blu ray classiquenewsCD, DVD, Blu ray, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction (SONY CLASSICAL). Le concert du NOUVEL AN à VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les débuts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien déjà familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistré l’intégrale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivités des 150 ans de la création du Musikverein, salle mythique, dite la boîte à chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont déroulés.

Polka rapide composée par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux côtés de Johann II et Josef ; celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractère général de cette année est dévoilé dès la première œuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblée sans préambule une joie militaire, galop à la Offenbach, un rien pétaradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop décorative et narrative pour un début : la sonorité est un rien tendue qui manque de détente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit à l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maîtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frères ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (Liebesgrüße), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et épaisse ; le maestro a choisi surtout des pièces d’inspiration et de caractère nettement militaire comme l’atteste la pièce qui suit du même Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire énoncée comme un quadrille enlevé qui semble évoquer la superbe des armées, en leurs parades de rangs serrés, parfaitement alignés. Le geste pourtant clairs et précis confine à la mécanique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la première oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux équilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef à mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselés. Mais le geste demeure généreux et avare en gradations infimes, en phrasés pourtant inscrits et si délectable dans le cas de Johann II. Puis du même Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blüh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le début a la flamboyance d’un début wagnérien : cor et flûte enchantés ; c’est un lever de rideau, comme dans un rêve qui dure encore au moment du réveil. Visiblement, maestro Nelsons allège le trait, change son allure militaire et carrée, pour une souplesse quasi naturelle. Même geste fluide et trépidant dans la dernière pièces, courte et enlevée qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainés trop écrasants… Enfin la pétillance du champagne emmenée en une frénésie certes un peu clinquante se livre à nous par un orchestre en incandescence.

La deuxième partie débute par une ouverture fameuse pour son rythme trépidant et ses couleurs frénétiques dont la cadence et l’orchestration rappellent … Rossini (celui du Guillaume Tell, à l’ouverture elle aussi, trépidante et très suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von Suppé confirme une écriture taillée pour le drame et le théâtre ; les cors sont à la fête, d’une effervescence exacerbée ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facétie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien à la frénésie conquérante de la musique de Suppé.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas éblouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modéré (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) où souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavité élégantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’Opéra de Vienne, est la très belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, où l’orchestre joue la partition d’une séquence filmée (le concert est comme chaque année retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la résidence d’hiver du prince Eugène de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rêve éveillé d’une jeune femme qui revêt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorégraphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilité d’une musique entêtante à souhait ; la voici notre équation réussie du kitsch à la viennoise ; temps suspendu que permet la féerie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les pièces se succèdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maîtrisés réactivent la délicatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirés de cette danse héritée du XVIIIè ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusé, de jouer du clairon car il a commencé sa carrière de musicien en jouant cette partie… Là encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquérant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil à l’anniversaire Beethoven en 2020 (250è anniversaire de la naissance en 1770 à Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les pièces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 Contretänze WoO 14. C’est un festival de courtes pièces d’une rare frénésie chorégraphiques en effet et qui se prêtent idéalement à leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’Opéra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont très mozartiennes ; dont certaine ont une mélodie qui sera repris dans le ballet « Les Créatures de Promothée » ; avec cette trépidation rythmique, si emblématique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le génie de Ludwig est concentré, avec ce goût de la variation, cette nervosité virile d’un Beethoven traversé par une fougue primitive.
Le concert se déroule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mélodique des ainés de la fratrie, aussi inspirés l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 écrite et jouée ici même pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trépidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjoué, d’une séduction irrésistible.

Tout concert du Nouvel An à Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signés des deux Johann, le fils et le père : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le début est à peine esquissé pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du père, Johann I), qui permet au public, conquis à ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains … le rituel est rodé ; il est devenu parfaitement huilé. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuité, ce concert du Nouvel An à Vienne ne dépare pas de la perspective déjà écoutée. On y relève cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilité dont ont été capables en leur occasion, les maestros précédents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst… Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grâce ont laissé la place à l’intensité et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

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CD, DVD, BLU RAY, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

En savoir plus, visitez le site de SONY CLASSICAL :
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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN à VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An à Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittés ici même le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et très précis maestro : le plus jeune alors depuis des décennies à diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goût spécifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout médiatique de l’événement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les télévisions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilà assurément à un moment important de célébration collective, le moment musical et symphonique le plus médiatisé au monde. En plus des talents déjà avérés des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est évidemment le nouvel invité, pilote de la séquence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos précédents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN à VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An à VIENNE 2015
L’hommage au génie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An à VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An à VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges Prêtre / Concert du nouvel AN à VIENNE 2010

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE 2021 : Riccardo MUTI à la barre le 1er janvier 2021 pour la … 6è fois !

CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE 2021 : Riccardo MUTI à la barre le 1er janvier 2021 pour la … 6è fois !
musikverein saal concert du nouvel an 2016njk14_TRY_0497Le Concert du Nouvel An à Vienne 2021 (1er janvier 2021) sera dirigé (encore: pour la sixième fois), par Riccardo Muti. Après Willi Boskovsky (depuis 1955) puis Lorin Maazel (5 fois), l’idée de confier les rennes du Philharmonique de Vienne au Nouvel An à un chef différent avait fait son chemin. Ainsi au fil des années, se sont succédé Herbert von Karajan (1987), Claudio Abbado (1988 et 1991), Carlos Kleiber (1989 et 1992), Zubin Mehta (5 fois : 1990, 1995, 1998, 2007, 2015), Riccardo Muti (5 fois : 1993, 1997, 2000, 2004, 2018), Nikolaus Harnoncourt (2001 et 2003), Seiji Ozawa (2002), Mariss Jansons (2006, 2012, 2016), Georges Prêtre (2008 et 2010), Daniel Barenboim (2009 et 2014), Franz Welser-Möst (2011 et 2013), Gustavo Dudamel (2017), Christian Thielemann (2019) et Andris Nelsons (2020). Martial souvent carré, mais toujours furieusement dramatique car c’est aussi un chef lyrique doué pour la mise en place, Riccardo Muti revient donc pour la 6è fois au Musikverein de Vienne. Ce n’est pourtant pas les jeunes talents qui manquent aujourd’hui.
LIRE notre critique du concert du Nouvel An à Vienne 2020, 1er janvier 2020, direction : Andris Nelsons (grisant mais pas éblouissant)

Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2020

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE 2, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An à VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’événement international organisé par l’Union Européenne de Radio-Télévision et diffusé dans près de 100 pays à travers le monde, le concert du nouvel an à Vienne par la phalange orchestrale la plus élégante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimée à plus de 50 millions de téléspectateurs, dont 3 millions de téléspectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurément le classique a de beaux jours devant lui ; l’expérience vaut d’être vécue, coupe de champagne et petits fours à disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fêter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE à VIENNE… France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans à présent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, à 14h, et dans la foulée du concert, touristique et patrimonial, à la découverte de la Vienne historique, culturelle, mélomane. Stéphane Bern a donc pour mission d’emmener les téléspectateurs à la découverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblématiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se déclarerait-elle amoureuse de sa consœur européenne, la plus mélomane en réalité ?

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Le concert du Nouvel An à VIENNE 2020
en direct à partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprète déjà remarqué dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intégrale est déjà parue chez DG. Ce n’est donc pas la première fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligé pour tout grand maestro digne de ce nom… Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprétées par des instrumentistes de rêve, parfaits héritiers d’une tradition très ancienne célébrée dans le monde entier.
L’année nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siège de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espérance pour l’année à venir, un message d’amitié et de paix.Une leçon de fraternité concrète, telle que l’aurait assurément cautionné Beethoven lui-même. Andris Nelsons, 41 ans, est né à Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistré les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

Première partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : Ouvertüre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, Liebesgrüße
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blüh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

Deuxième partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: Ouvertüre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 Contretänze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, père et fils

La Marche de Radetski (du père, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern…

Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au théâtre An Der Wien, S Bern s’essaie à la direction d’orchestre à la Haus der Musik, avant de partager une spécialité autrichienne emblématique, le Kaiserschmarrn au café de l’Opéra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dévoilent un étonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. Éloïse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante démonstration, à identifier les mécanismes de la valse viennoise.

Curiosité, gourmandise, exploration… Stéphane Bern rejoint le cœur de la ville, où il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une église, à la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communauté religieuse transformées par Erich Emberger en restaurant-musée dédié à la famille impériale ; à la splendide bibliothèque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installée à Vienne… Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixième année consécutive, « la ville la plus agréable du monde ».

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DVD, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1 dvd SONY classical)

DVD-SONY-concert-critique-orchestre-symphonique-thelemann-critique-dvd-opera-concert-par-classiquenews-Thielemann-DVD-SONY-concert-du-nouvel-an-71YL6q6bHkL._SL1200_DVD et Blu ray, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN  (1 dvd SONY classical). A 59 ans, le wagnérien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habitué de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, … possède-t-il réellement le sens de l’élégance viennoise, celle des Johann Strauss fils et père, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et épisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit léger, et davantage, appellent un caractère spécifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilité qui doit éblouir non pas dans cette « légèreté » partout annoncée (qu’est ce que cette musique dite “légère” en réalité ? Le vocable comprend une infinité d’acceptations…). Ici, dans l’écrin désigné du rituel Straussien, le Musikverein de Vienne, il ne doit être question que de finesse, subtilité mélodique, orchestration raffinée, ivresse évocatoire…

 

 

 

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Après les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayée, le directeur du festival de Pâques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien étaient présents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme o combien festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placées en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, véritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblématiques par des basses ainsi exposées. Le chef a déjà dirigé les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptême orchestral. Le programme d’emblée est très classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invités (comme l’a fait Karajan à son époque, à la fin des années 1980, avec entre autres l’inoubliable autant qu’impossible Kathleen Battle). Mis à l’honneur aux côtés des frères Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, père et fils…

Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncé résolument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donné, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composé opérettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, déployant un caractère ronflant, fort en panache démonstratif, à la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyée, rythme et accents prussiens à l’envi; baguette épaisse et ronde, d’une martialité trop revendiquée, Thielemann n’est guère dans le style élégantissime qui a fait les meilleurs chefs qui l’ont précédé dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élégance de sa programmation et la finesse des auteurs programmés. On craint le pire pour la suite…

strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf à Vienne avec la très belle valse qui suit, la première du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (à 43 ans) : l’ingénieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (à 23 ans car son ainé Johann est lui-même épuisé) – mort éreinté en tournée en Pologne…  Or le génie de Josef musicalement est aussi élevé que celui de Johann : on s’en aperçoit à chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait même souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé… De fait, Transactions Wazl s’affiche immédiatement plus sombre, et grave au début, pour mieux faire surgir le thème principal, dans le raffinement des timbres des bois, énoncé par les cordes et des flûtes aériennes : la finesse s’invite enfin, enivrée dans cette séquence, qui s’avance à pas feutrée en pleine magie… saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mélodie principale, délicate nostalgie grâce à un équilibre très subtil entre cordes et les bois… avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilité étonnante de Josef Strauss fauché trop tôt, son aptitude spécifique pour le développement symphonique, à la fois dramatique et allusif, et aussi de façon générale, une réflexion sur le sens même de la valse, entre désir et mort. Josef nous paraît plus sombre encore que Johann II. Un maître de la profondeur à mieux connaître et plus écouter assurément.

Thielemann nous réserve ensuite une surprise qui pourrait être révélation : de Josef Hellmesberger (fils) : Elfin Dance. Immédiatement saisissante, la finesse étincelante grâce aux nuances aiguës, vibrées, rondes du « xylophone » d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilité. Éthéré et aérien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont très sensuels (pizz des cordes, doublées par les flûtes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’été (envol et boucle aérienne de Puck)? Thielemann est dans son élément : ambassadeur d’une musique pleine d’élégance et de finesse, résolument et littéralement « légère ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effréné, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervosité un peu sèche ; un rien hystérique (là encore systématique et trop appuyée) de Thielemann qui dirige comme un …prussien, vif, nerveux, droit. de toute évidence, et dans ce tableau précis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du même Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord développe écriture et texture orchestrales. L’épisode symphonique à l’essence poétique et chorégraphique débute dans le sombre … déroulant un premier tapis envoûté, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mélodie (wagnérien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblée Thielemann le wagnérien est à son affaire ici) : on admire le métier du chef, capable d’heureux équilibres sonores, la finesse des flûtes, le chant ciselé des clarinettes parfaitement détaillées, comme enivrées, caressantes…
Pourtant à l’inverse, et dans le même temps, regrettons quelques écarts de conduite dans la direction : des contrastes trop marqués, et appuyés : la frénésie du geste empoigne la valse avec une dureté prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aîné le regretté Nikolaus Harnoncourt (né en 1929 et décédé en 2016), spécialiste et passionné de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, à 2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgré les trouvailles sonores évoquées précédemment. Sa baguette manque de fluidité malgré le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frère, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainé : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisèle la coupe et l’esprit de syncope (évocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann détaille certes l’instrumentation mais manque de précision comme d’imagination: sa direction relève d’un système métrique, militaire dans cette cadence au galop, trépidant, trop mécanique…
STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’héritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spécifique, comparée à celle de ses deux frères ainés, par une écriture plus frénétique, qui s’est spécialisé dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». Rongé par le ressentiment contre ses frères, et pourtant héritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journées (honteuses) d’octobre 1907, brûle nombre de papiers, manuscrits et forcément partitions de ses frères Strauss : destruction catastrophique d’un héritier insensé devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumée.  L’histoire de la famille Strauss relève d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgré le succès populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune série télévisée ne soit encore emparé de leur saga. A suivre…

Après la pause de la mi journée (le concert a commencé à 11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opérettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhorté le Viennois à composer des opérettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane… la plus célèbre avec celle de La Chauve Souris, … ainsi le motif de la valse dépasse la seule occurrence épisodique, pour atteindre une évocation pleine de nostalgie … tzigane et purement symphonique (par le motif ourlé de la clarinette) ; dans cette pièce de caractère, à l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un très bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. Là encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se détache ensuite finesse et légèreté dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, détachés, retenus… véritable hymne à la souplesse élastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’Opéra de Vienne s’invite au concert : comme un réveil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’Opéra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bâtiment : l’élégance et la facétie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifié évidemment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des décors et intérieurs de l’Opéra viennois. L’institution fête ses 150 ans en 2019, ayant été inauguré en 1869. Prestige revendiqué et histoire célébrée au moment où ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant général et l’ex danseur étoile à Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrée dans cette page très raffinée qui est l’objet d’une réalisation télévisuelle audacieuse (plans inclinés de la caméra dont jouent les danseurs, très complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera Soirée » / Une soirée à l’opéra est une polka française op. 162 (à deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyé que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus…  : Une soirée à l’opéra semble mieux convenir à la carrure prussienne de Thielemann – sans écarter facétie ni délicatesse avec une palette de nuances (piccolo) très finement détaillées ; voici la séquence où le chef dévoile une direction plus nettement enjouée, pleine de sous entendue comme d’élégance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opéra Le Chevalier Pazman se distingue en un début magnifique (somptuosité profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse atténuée comme un rêve, une réitération onirique liée au personnage d’Eva dans l’opérette de Johann II. C’est Cendrillon réinventée, sa présentation au bal… puis du même opéra, Thielemann a sélectionné une nouvelle pièce de caractère, extrait du même opéra : « Csárdás ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet à la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pâmoison, et aussi à la soprano requise, d’éblouir par sa virtuosité profonde, voici une autre facette du génie de Johann II, pleine de facétie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grâce et de finesse. Le Concert télévisé étant aussi une carte postale soulignant les trésors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’Opéra de Vienne, soit dans un château de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, décalé qui s’ennuie puis s’éveille à la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. Là encore reconnaissons que la réalisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idéalement complémentaire, dans un tableau qui s’achève en extérieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempés, où règne la noblesse du thème hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), joué selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils règne en maître absolu avec la Marche égyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractérisés et utilisés à bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystérieuse, cordes voluptueuse : c’est une séquence entonnée comme une marche militaire, mais enchantée – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouï, qui égale le meilleur Saint-Saëns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une décontraction affichée, assumée ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chÅ“ur du motif égyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achève dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, après “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une délicatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati délicats des violons), celle d’un rêve éveillé, auquel Thielemann réserve son attention la plus nuancé, ce sont deux pages parmi les plus raffinées des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne féministe qui tombe à pic après nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) où règnent flûtes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrésistible élégance et souveraine retenue… en un équilibre impeccable cordes et cuivres)… et le rythme très lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphères opus 235 du cadet tout aussi génial, Josef : grande valse, et la plus inspirée du compositeur, où flûtes / harpe se détachent, signifiant là aussi une aube qui se lève… pourtant, le bas blesse : à la délicatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par être ennuyeuse, et même agaçante du chef, … trop pompier, ignorant volontaire de toute légèreté. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. Après proclamer les vÅ“ux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prédécesseurs commençaient les premières mesures, puis prononçaient les vÅ“urs, enfin reprenaient à son début la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblème de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait écarter toute épaisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rêve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’où ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grâce – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une éloquence et sublime manière, comme chant légitimement célébré de l’élégance viennoise à l’international.

Oui certains nous rétorquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit à répondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le père : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frénésie rythmique d’un tube plus que célébré. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette séquence car la partition fut composée pour célébrer la victoire sur des manifestants et étudiants tués outrageusement contre leur appel à liberté. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilité instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand même, dans ce concert qui sans être mémorable – ceux de Georges Prête, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont été – , nous permet de marquer dans la légèreté moyenne, à défaut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’année nouvelle 2019.

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DVD, BLU RAY. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opéras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger… (1 dvd, Blu ray SONY CLASSICAL)

 

 

 

 

 

 

 

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 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel…

mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An réalise un rêve cathodique et solidaire : succès planétaire depuis des décennies pour ce rendez vous diffusé en direct par toutes les chaînes nationales du monde et qui le temps des fêtes, rassemblent toutes les espérances du monde, en une très large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues à un prix exorbitant destiné aux fortunés de la planète) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette année c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (résident à Saint-Pétersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempé qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’événement célèbre l’insouciance par la finesse et l’élégance, celle des valses des Strauss, Johann père et fils bien sûr, ce dernier particulièrement à l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frères (tout aussi talentueux que leur ainé), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les télévisions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilà assurément à un moment important de célébration collective, le moment musical et symphonique le plus médiatisé au monde. En plus des talents déjà avérés des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est évidemment le nouvel invité, pilote de la séquence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vénézuélien a concocté un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invité à conduire l’orchestre dans son histoire médiatique, crée une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trépidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intérieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrôle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delà de l’orchestre, comme habité par une claire idée de la sonorité ciblée, une couleur très suggestive, mesurée, intérieure qui s’inscrit dans la réflexion et la nostalgie…? Voilà qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempérament débridé, affirme ici, en complicité explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimétrée, infiniment suggestive, d’une subtilité absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilité introspective. De toute évidence, le maestro vénézuélien, enfant du Sistema, nous épate et convainc de bout en bout. Relevons quelques réussites emblématiques de sa maestrià viennoise. En lire PLUS

 

 

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Zubin Mehta / Concert du Nouvel An à VIENNE 2015
L’hommage au génie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An à VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An à VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges Prêtre / Concert du nouvel AN à VIENNE 2010